‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 236 sur 741 · Hemmer · texte numérisé non relu

Hemmer

8. BENOIT Vlll, pape, successeur de Serge IV, élu en 1012, mort le 9 avril 1024.

Théophylacte, qui prit le nom de Benoit VIII, était le troisième fils de (irégoire, chef de la maison de Tusculum qui se rattachait, comme celle des Crescentius, à l'ancienne famille du prince Albéric, et ,qui cherchait à supplanter les Crescentius dans le gouvernement de l'État romain en se mettant à la tête du parti ger-

BENOIT VIII — lîEXOIT XI

manique. A la mort de Serge IV, Grégoire, IVlu de la faction crescentienne, et Théophylacte, fils du comte ■de Tusculum, invoquèrent également la protection du roi de Germanie, Henri II. Ce prince, arrivé en Italie seulement en 1013, trouva Benoit installé et fortement soutenu dans Rome par sa famille ; il se déclara pour lui et reçut de sa main, ainsi que la reine Cuné- ^onde, la couronne impériale (li février 1014).

L'entente des seigneurs de Tusculum avec l'empereur garantissait l'ordre dans Rome dont le gouvernement temporel, en l'absence de l'empereur, était tout entier aux mains du senatoronuiiuiii Ronianorum, qui n'était autre que Romain, frère du pape, deuxième fils du comte de Tusculum. Benoit eut ainsi le loisir de s'occuper des affaires ecclésiastiques : un synode tenu à Rome en présence de l'empereur confirma la déposition d'Adalbert, archevêque de Ravenne, et d'après Ber- Bon, abbé de Reichenau, qui s'y trouvait, Henri II y «btint de Benoit VIII qu'il admit le Credo ou symbole dans la liturgie de la messe romaine. De off. missx, ■c. Il, P. L., t. cxui, col. 1060; un voyage du pape à Bamberg auprès de l'empereur fut l'occasion d'un renouvellement du privilège accordé par Otlon à l'Église romaine; dans un synode qui réunit le pape et l'empereur à Pavie en 1022, Henri II fit adopter pour l'Italie divers projets de réforme, tels que la défense pour les prêtres de se marier et celle de dissiper les biens d'Église. La mort du pape et de l'empereur la même année (9 avril et 13 juin lOii) empêcha de donner suite au projet d'entrevue avec le roi de France Robert le Pieux et d'extension de la réforme à son royaume.

Jaffi!. Regesta pontiflcum, t. i, p. 506; Duchesne, Liber pontiflcalis, t. Il, p. 268; Watterich, Punti/icum romanorum vils;, t. I, p. 62, 700; Hefele. Cnnrilietnipxrhirhie. 2- («dit., t. iv, p. 67n;\Valtenbach, Genrhi.i.t. ,;,.v ,-,,■, ,nK,l,p„ T>n,,«iiu,„x Hcriin, 1876, p. 102; Han. i ' (, „r„ i.„,,.(,

Lei^iig. -1896, t. III.p. ;.l- '

unter Heinrich 11,3 ' : /

lungHeinrichslIzur h. .. .: . I. ii . i i = /i 1. 1. Paris, 1901; Sickel, Das l'nvikyiuu, UUus 1 fur dic rœniuicUc Kirche, Inspruck, 1883.

H. Hemmer.

9. BENOIT IX, pape, successeur de Jean XIX, élu «n 1(J33, démis du pontificat en lOiô, mort vers 1048.

Fils d'Albéric de Tusculum, neveu par conséquent de Benoit VIII et de Jean XIX, Théophylacte avait de dix à dDu/e ans quand son père le fit élever sur le siège pontifical sous le nom de Benoit IX. Ce fut un pape malfaisant, aussi dissolu dans ses mœurs que Jean XII. Il se procura l'appui des deux empereurs, Conrad II et Henri III, en mettant son pouvoir au service de leur politique.

l'ne révolte des Romains chassa Benoit dans l'automne de l'année lOii et le remplaça en lOiô par Jean, évêque de Sabine, sous le nom de Silvestre III. Benoit Téinlronisé par la force, se démit, le !"■ mai 1045, du pontifical qu'il vendit pour une somme d'environ mille livres d'argent à Jean Gratien, archiprêtre de Saint-Jean- Portc-Laline. Le nouveau pape, Grégoire VI, fut déposé comme simoniaque par Henri III, au concile de Sutri (lOifii, aussi bien que Silvestre III, et fut remplacé par Cléinenl II (.Noël, lOki). Ce pape mourut à Pesarodès le 9 octobre 1047, on soupçonne Benoit IX de l'avoir fait empoisonner; en tout cas il essaya de reprendre le pontifical et il se maintint à Rome du mois de novembre 1047 au 16 juillet lOiS. Chassé de la ville par ordre de Henri III qui avait nommé pape l'évêque de Brixen (Damase 11), Benoit disparut et l'on conjecture qu'il prit le froc ou plus probablement qu'il mourut prématurément par suite de ses désordres.

JalTiS. negcêlupiinliflcum, I. i, p. 519; Walterlcli, Puiili/lcuiii romutionim vilir, 1. i, p. 71, 711; Grogoroviua, Geach. itcr Slndl nom ini Mtllrlallcr, 4- .îdil., t. iv, p. 39; Hefelo, Conci- UeiiucHcliicliU', 2-<:dlt., I. iv, p. 706; Uucliosno, Les premiers

UICT, DE TIIÉOI,. CATIIOL.

temps de l'État pontifical, dans la Reeue d'hist. et de litt. retiy., 1897, p. 2(6-212 (Urage à paît, Paris, 1898); Haack, Kirchengescliichte Deutschlands, Leipzig, 189G, t. m, p. 559; Lorenz, Papstwahl und Kaisertum, Berlin, 1874, p. 69; Giesebrecht, Gesch. der deutschen Kaiserzeit, 4' êdit., Brunswick, 1875, t. II.

H. Hemmer.

10. BENOIT X, pape, successeur d'Etienne IX (X), élu en 10.58, déchu en 1059, mort vers 1080.

Le parti national romain s'était résigné de mauvaise grâce à accepter de la main des empereurs d'Allemagne une série de papes réformateurs. A la mort d'Etienne IX, tandis qu'Hildebrand était encore en Germanie, le parti des nobles, réunissant cette fois les Crescentius et les Tusculains, intronisa, le 5 avril 1058, l'évêque de Yelletri, Jean, dit « le Mince », qui prit le nom de Benoit X. L'élection avait été faite en violation formelle du serment prêté à Etienne de n'en faire aucune avant le retour d'Hildebrand. Les chefs du clergé romain s'étaient abstenus et avaient pris la fuite. Réunis autour d'Hildebrand à Sienne, au mois de décembre, ils élurent comme pape Gérard, évêque de Florence, qui fut Nicolas II; assemblés à Sutri en janvier 1059, ils déposèrent Benoit X et bientôt après le chassèrent de Rome, .attaqué dans Galeria, Benoit se remit entre les mains de ses ennemis qui le confinèrent dans le monastère de Sainte- Agnès où il vécut, dit-on, encore vingt ans dans une étroite surveillance.

Jatré, Regesta pontificiim, t. i, p. 556; Duchesne, Liber pontiflcalia, t. ii, p. 279; Wattericti, Pontiflcum romanorum vitx, t. I, p. 203, 738; Gregorovius, Gesch. der Stadt Rom im Mittelalter, 4- édit., t. iv, p. 107; Hefele, Concitiengeschichte, 2' édit., t. IV, p. 798, 828; Hauck, p. 679; Giesebrecht, t. m. p. 24, mentionnés pour Benoit IX.

H. Hemmer.

11. BENOÎT Xî, pape, successeur de Boniface VIII, I'. I JJ I il I i':;. mort le 7 juillet 1304.

^- iî I II I -in. Nicolas Roccasini entra chez les

il'ii 1111 I I ij- ili' quatorze ans, devint général des

fWirs précluurs i-n 1296, cardinal en 1298, cardinalévêque d'Ostie en 1300. Sa fidélité à Boniface VIII et la fermeté dont il fit preuve à Anagni lui valurent la tiare dans le conclave qui se tint au Vatican, après la mort de Boniface, sous la protection du roi de Xaples, Charles II. Il fut élu à l'unanimité.

Le souci principal de son pontificat fut de mettre fin à la guerre religieuse en France. Sa bonté et son adresse naturelles lui en firent trouver le moyen sans qu'il en coûtât à la dignité du saint-siège. Les Colonna, alliés à Rome de Philippe le Bel, reçurent leur absolution et la restitution de leurs biens sinon de tous leurs honneurs ecclésiastiques, mais comme des coupables auxquels on pardonne (23 décembre 1303). Les démarches du roi de France lui-même furent accueillies avec faveur : le pape accorda successivement au roi l'absolution do l'excommunication qu'il avait encourue (25 mars 1304), à l'université de Paris la collation dos grades, à tous les sujets du roi l'absolution des censures prononcées contre eux. Il n'excepta de cette mesure gracieuse que Guillaume de Nogaret. Ce dernier fut invité ;'t comparaître ainsi que tous les Italiens qui avaient pris une part directe à l'attentat d'Anagni contre Boniface VIII, afin de subir le jugement du saint-siège (7 juin 1304).

La mort soudaine du pape à Pérousc (7 juillet 1304) donna lieu à des bruits d'empoisonnement qui ne manquent pas tout à fait de raisons et dont le soupçon tombe avec le plus de vraisemblance sur Guillaume de Nogaret.

Benoit XI a laissé un commenlaire sur une partie des Psaumes et sur l'Évangile de saint Matthieu, un petit ouvrage sur les usages ecclésiastiques, enfin des discours. Il favorisa les ordres mendiants au profit desquels il révoqua les mesures restrictives de son prédécesseur, mais ses propres décisions furent annulées par son successeur, Clément V, à cause dos dissensions

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