BENOIT V, pape en 964, déchu la même année, mort en
Ce pape n'a point de numéro d'ordre dans la liste communément reçue des souverains pontifes, où il figure en même temps et peut-être à meilleur titre que Léon VIII. L'empereur Otton I" avait déposé Jean XII en synode, le 4 décembre 963, et les Romains, avec son assentiment, l'avaient remplacé par Léon Vlll. Ils avaient juré précédemment de ne plus élire ni ordonner aucun pape sans l'aveu de l'empereur ou de son fils. Une première fois renversé par l'émeute et rétabli par ■Otton, Léon venait d'être chassé pour la seconde fois de Rome et condamné par un synode en février 964, lorsque Jean XII mourut le 14 mai. Sans attendre l'intervention de l'empereur et sans se rallier à Léon VIII, les Romains élurent aussitôt le diacre Benoit, homme de bon renom, qui fut consacré probablement le 22 mai. L'empereur mécontent mit le siège devant Rome, qui lui livra bientôt le malheureux pape, le 23 juin 964. Benoit fut déposé, privé des fonctions sacerdotales et •envoyé en Germanie sous la garde de l'archevêque de Hambourg, Adalgag, qui le traita avec considération. Benoit mourut à Hambourg en 966.
Jaffé, Regesia pontificum, t. i, p. 469; Ductiesne, Liber pontificalis, t. II, p. 251 ; Watterich, Pontificum romanorum vitœ. t. I, p. 45 ; Langen, p. 351, et Gregorovius, 2" édit., t. m, p. 364, mentionnés pour Benoit I" ; Duchesne, Les premiers temps de l'État pontifical, dans la Revue d'hist. et de litt. relig., 1896, p. 513; Lorenz, Papstwahl und Kaisertum, Berlin, 1874, p. 60. H. Hemmer.
6. BENOIT VI, pape, successeur de Jean XIII, élu dans le dernier quart de l'année 972, consacré le 19 janvier 973, mort étranglé en juillet 974.
Le cardinal-diacre Benoit fut l'élu à Rome du parti impérial et le délai prolongé de son ordination vient sans doute de ce que l'on attendit, pour le consacrer, l'assentiment d'Otton I". Après la mort de ce grand prince, tandis qu'Otton II était occupé eu Allemagne, une révolution éclata à Rome sous la conduite de Crescentius, fils de Théodora et frère du défunt Jean XIII. Le siège pontifical fut donné par le parti « national » à un intrus, le diacre Franco, qui devint Boniface VIL Les protestations du missvs impérial ne furent point écoutées. Benoît fut étranglé dans sa prison (juillet 974).
La principale décision donnée par Benoit a trait à la rivalité de l'archevêque de Salzbourg et de l'évêque de Passau, qui se disputaient la juridiction sur la Pannonie. L'évêque Piligrim de Passau prétendait faire restaurer à son profit l'archevêché légendaire de Lorsch (Laureacum des Bomains) et les diocèses de Pannonie et de Mésie. Les pièces fausses de son dossier, Jaffé, 767, 2566, 3602, 3614, 3644, ne sont peut-être point toutes de son invention; il est possible qu'il s'en trouve d'une fal.rirafinii plus ancienne. D'après une pièce faussf, .1 illi , :I77I, lirnoit VI aurait fait un partage et donnn ;i I ,11 . II. v/rlir lie Salzbourg les diocèses de Pannonie ^ii|i. 1 1, niv. a 1 archevêché de Lorsch les diocèses de Pannonie inférieure et de Mésie. Il semble, au contraire, que Benoît établit Frédéric, archevêque de Salzbourg, comme son vicaire dans la Norique et dans les deux provinces de Pannonie. JaÛé, 3767.
Jalfé, Regesta pontificum., t. i, p. 477; Duchesne, Liber pontificalis, t. II, p. 255; Watterich, Pontificum romanorum vitx, t. I, p. 65 ; Langen, p. 364 ; Gregorovius, 2- édit., t. lu, p. 3s7, mentionnés pour Benoit I" ; Dummler, Piligrim von Passau, Leipzig, 1854; Haxxck, Kirchengeschichte Deutschlfinds, Leipzig, 1896, t. m, p. 161, 181.
H. Hemmer.
7. BENOIT Vil, pape, successeur de Benoit VI, élu en octolire 974, mort en 983.
Le comte Sicco, missus impérial, qui n'avait pu protéger Benoît VI contre le prétendu Boniface VII, réussit à l'approche d'Otton II, à faire élire le fils d'un Romain, évêque de Sutri, qui fut le pape Benoit VIL Franco gagna Constantinople et y attendit une heure plus favorable. Les circonstances de cette élévation expliquent l'hostilité que rencontra Benoit VII, et dont quelques chroniques parlent en termes vagues et l'extrême complaisance du pape pour l'épiscopat allemand ; il accorda divers privilèges à des monastères d'Allemagne et des faveurs personnelles à l'archevêque Dietrich, de Trêves, et à Willigis, archevêque de Mayence.
Benoît était un pontife estimable; il condamna la simonie dans un synode de 981. Jallé, 3804. Il précéda de quelques mois dans la tombe son protecteur Otton II, dont l'appui lui permit d'achever paisiblement son pontificat.
Jaffé, Regesta pontificum, t. i, p. 479; Duchesne, Liber pontificalis, t. II, p. 258; Watterich, Pontificum romanorum vitœ, t. I, p. 66, 686; Hauck, Kirchengeschichte Deutschiands, Leipzig, 1896, t. Iir, p. 146, 199; Giesebrecht, Jahrbucher des deutschen Reichs tinter Otto II, Berlin, 1840, p. 141 ; Id., Geschichte lier deutschen Kaiserzeit, 4' édit., Brunswick, 1873,