BENOIT Xlll, pape d'Avignon. Voir PlKIlIiE Di
LiNA.
14. BENOIT XIII, pape, successeur d'Innocent XIII. clu 11' J'.l iii.ii [lii, mort le 21 février 1730.
Il I r i-l r.iiiçois, des ducs Orsini-Gravina, naquit à Il III' I .: IVvrier 16i9, entra contre la volonté de ses 1 I II! I IIS I ordre des frères prêcheure le 12 août I6G7, .111 Louiiut lie Saint-Dominique do CastcUa à Venise et fit profession à Rome au couvent de Sainte-Sabine, le 13 février 16C8. Après avoir fait de brillantes étiulis, il fut nommé professeur de philosophie à Brcscia el il
BENOIT XIII
devint cardinal en 1672 par la faveur de son parent Clément X, évêque de Manfredonia en 1675, de Césène en 1680, et archevêque de Bénévent en 1686. Il fut un •évêque résidant, pieux, veillant à la discipline et à la réforme des mœurs, écrivant toute sorte d'ouvrages de théologie et de piété. Publiés de son vivant, ils forment •trois volumes in-fol., Opère lutte latiiie ed italiane, Ravenne, 1728. Son attachement à ses ouailles lui fit ■conserver le siège de Bénévent après son élévation au trône et il retourna deux fois visiter le diocèse. Il prit part aux conclaves d'où sortirent cinq papes avant lui, et il se classait parmi les zelanti qui se proposaient dans leurs choix uniquement le bien religieux de l'Église.
Devenu pape sous le nom de Benoit XIV qu'il :ilian- ■donna bientôt dans la pensée que Benoit XIII d'Avignon était un antipape, il s'appela Benoit XIII et coiiiiimi sur le saint-siège un vrai ministère d'évêque. Au jnliili' •de 1725 il remplit lui-même la charge de grand pénitencier. Plusieurs de ses nombreuses constitutions sont dirigées contre le luxe des cardinaux et la vie trop séculière des ecclésiastiques. Il encouragea la création de séminaires dans les diocèses par l'institution d'une Congrégation spéciale, la tenue des synodes diocésains et provinciaux qui tendaient à disparaître; il attacha des indulgences à la récitation de l'Angelus, canonisa beaucoup de saints, notamment Jean de la Croix, Louis de Gonzague. Stanislas Kostka, Jean Népomucène, et Grégoire VII dont l'office ne fut pas accepté alors en France. Enfin au synode du Latran de 1725 il prescrivit instam- •ment l'acceptation de la bulle Unigeniliis qui. après de longues tergiversations, fut enfin reçue sans restriction par le cardinal de Noaillr^. .iielieM <|iii- de Paris,en 1728. Toutefois, en 1727, il piiMi i l.i iiiillr l'rctiosus in conspeclu Domini qui renfenn ni il-^ iiiii:i;^ements pour la doctrine de s,iint Augustin. Le t. iKjNeniljre 1724, il avait :i(li'i's,,. à l'ul-dre des frères prêcheurs un bref pour le (l< Irieln' Wrs .-iltaques calomnieuses dont il était alors I olijei :i propos delà gr.'ice efficace et de la prédestination à la gloire sine tilla '-ju.i < rs;,,„, ,, wrli. ,, ■:!,>, .
La diplomatie de Benn II Mil nu |.,~ ,- i i,ii,i, ni aussi habile que sen i i i : -i h i\ ni
■donné sa confiance à un livii-iri ii. Il -i (Minlui-iii A.,n> -les affaires par les conseils du cardinal Coscia, dont la vénalité fit perdre au pape le meilleur de sa popularité, et par ceux du secrétaire d'État cardinal Lercari. Il fut ainsi amené à rendre au roi de Naples le droit d'instituer dans son royaume un juge suprême pour les affaires ecclésiastiques, en ne se réservant que les causes les plus graves (1728). Victor-Amédée de Sardaigne reçut le droit de nommer aux sièges de son royaume. Toutefois le roi de Portugal, Jean V, ne put obtenir, même par l'expulsion des Italiens et par le rappel de ses sujets résidant en Italie, le chapeau de cardinal pour le nonce de Lisbonne, Bichi, à l'élévation duquel s'opposait le sacré-collège.
La inort du pape ne fut pas pleurée. Coscia dut s'enfuir pour échapper à la fureur de la foule. Un procès qui lui fut intenté amena sa condamnation à dix années de prison, à la perte de ses dignités et à la restitution des perçues indûment.
Quétif-Echai-d, Script, ord. prédicat., t. n, p. 814; G. M. Cavalieri, Galleria de' sonimi pontifici, patriarchi, etc., delV ordinc de' predicatori, Bénévent, 1696, t. i, p. 668; G. B. Pittoni, Vita del sommo ponteflce Benedetto XIII, Venise, 1730; Dos Rhum= und Wunderwûrdige Leben und Thaten Pabst Benedicti des Dreyzehenden. 2 vol., Francfort, 1731; Bidlarium romanum, Turin, 1871, t. xxn ; Icona et mentis et ■cordis Benedicti XlIl, Fr;iii> i ii, ITj..; 1; i-iu. Benedicti XIII
vita, Rome, 1752; Guarn.'M-.! // /««n., t. i, p. 39;
t. II, p. 400; Sandini, Vita- , lu rare, 1763, t. il,
p. 707 ; Petrucelli deUa Gatiuu, // ,, •i,i,nnatique des conclaves, Pai-is, 1866, t. IV, p. 21 ; Sentis, Die Monarckia Sicula, Fribourg. 1869, p. 159; Brosch, Geschichle des Kirchenstats, ■Gotha, 1882, t. Il, p. 61. H. HemMER.
- BENOIT XIV 7(JG
15. BENOIT XIV. A la suite de la biographie de ce pape, nous indiquerons les articles dans lesquels on expliquera trois de ses constitutions.
I. BENOIT XIV. Biographie. — Successeur de Clément Xll, élu le 16 août 17^iO, mort le 3 mai 1758.
Prosper-Laurent Larnbertini naquit à Bologne le 31 mars 1675. Il fit à Rome une laborieuse carrière dans les Congrégations et occupa notamment les fonctions d'avocat du consistoire, de promoteur de la foi, de M'tn Liiiv ,lr la S. C. f lu I jjiiei Ir, de canoniste de la Pénii.iircn.'. Al I hiv i|ni -/, ji.n hlnis de Tliéodosie, puis
il Aiir rii IT-j;. il .h'viiii ..iidiual en 1728 et arche-
\ii|iir ili- Ijuluyiie eu 17:jl. (..aidien vigilant de la disci- ]iliiic (|u'il maintenait par les visites et par les synodes, aiiiii ilu peuple pour sa bonté et sa générosité, il con- ^1 rx 1 son diocèse après son élection au saint-siège jusqu'au complet achèvement du séminaire. 11 fut toute sa vie un homme d'étude. On a de lui, entre autres ouvrages, une collection de lettres pastorales et autres actes épiscopaux, formant les Inslitiitiones ecclesiasticœ qui furent souvent réimprimées et se répandirent dans les diocèses; un ouvrage classique en la matière sur la canonisation des saints : De serrorum Dei beatificationeet cihh.iii-.hI i<,i!,\ 'i vol.; des travaux sur les fêtes et sur la nns^. : /», s,i,ri/îcio niissae; De festis D.N.J. Chrlsti. l'i'uhiM. \t,,jiiiis,etquoru'mdam sanctoruni; des Quœslw/ici caiiuuicx, qui témoignent de son labeur. Plus tard, il donna comme pape son important ouvrage De synododiœcesana,et fit publier par le jésuite Emmanuel de Azevedo une édition de ses œuvres. On lui dut aussi des éditions correctes de livres liturgiques : rituel, cérémonial, pontifical, martyrologe romain.
Benoit XIV se reposait de son travail par la fréquentation des savants, des hommes instruits; expansif et gai en conversation, il aimait les bons mots, les traits d'esprit. Dans le conclave de plus de cinq mois qui l'élut pape le 16 août 1750, il disait : » Voulez-vous un ^liul. prenez Gotti; un politique, prenez Aldobrandi ; Il II l.iive homme, prenez-moi. » Devenu pape, il continua Il m. nie vie de travail, de ministère, de délassement; il rniula des sociétés pour étudier les antiquités romaines et chrétiennes, l'histoire de l'Église, la liturgie, et prit une part personnelle à leurs travaux ; il enrichit la bibliothèque Vaticane, fit dresser le catalogue des manuscrits, lia et entretint une correspondance avec nombre de savants et d'hommes d'État. Voltaire lui adressa sa tragédie de Mahomet avec une dédicace et reçut de lui une lettre aimable et réservée qui n'eut point de suite.
Prince temporel, il diminua les impôts, fît une nouvelle circonscription des régions, réforma la noblesse romaine, poursuivit l'usure contre laquelle il publia l'encyclique Vix pervenit (1745), favorisa la liberté du commerce. Élevé dans la tradition absolutiste des princes du xviii'- siècle, il fit un usage assez libéral d'un pouvoir dont il ne songeait pi~ a ijiMiliiiei' les conditions d'exercice : « Le pape ordonn. . ih-ni il , n plaisantant, les cardinaux n'obéissent pas. e! I p^ ii|i|i lut ce qu'il veut. »
Ses rapports avec les cuurs. luiciil empreints d'un esprit de bienveillance allant presque jusqu'à la faiblesse. Il poursuivit la politique de concessions de Benoit XIII; le roi de Portugal reçut un droit de patronat très étendu (1740) et le titre de Rex fidelissinius iïliS); dans les Deux-Siciles une convention régla l'institution d'une cour de justice, où siégeaient des laïques et qui jugeait en dernière instance les causes ecclésiastiques (1741); l'habile diplomatie du roi de Sardaigne lui obtint la nomination à tous les bénéfices, et, avec la qualité de « vicaire du saint-siège », la jouissance des fiefs pontificaux contre un dédommagement annuel de mille ducats; l'Espagne à son tour obtint un droit presque universel de patronat, impliquant le droit de nomination.