BÉRENGER DE TOURS
Au commencement de son De coiporis et sanguinis Clirisli veritate in eucharislia (écrit avant I078i, 1. I, P. L., t. CXLIX, col. 1430, il raconte qu'il a arraclio aux bérengariens des aveux sur leurs divergences : les uns voient dans l'eucharistie un pur symbole ; les autres, contraints de céder aux raisons de l'Église mais ne renonçant pas à leurs folies, pour paraître en quelque sorte d'accord avec les orthodoxes, disent que le corps et le sang du Christ sont contenus dans l'eucharistie véritablement mais d'une faron cachée, rêvera sed lalenler conlineri et, ut sumi possint quodammodo, ut ita diiceriin, inipanayi. Or, ajoutent-ils, cette dernière opinion est celle de Bérenger, et hanc ipsius Berengarii subtilioreni esse sententiam aiunt. Cf. Alger, De sacramentis co)'poris et sanguinis doitiinici, 1. I. e. vi, P. L., t. CLXxx, col. 75i-7.")6. Un peu plus loin, 1. III. col. I48I, li^, Guitmond attribue à lîérenger l'usage de l'une et de l'autre théorie selon la diversité des disciples, la deuxième étant réservée à ceux qui ne se contentaient pas des explications ordinaires, subtiHus quxretitibus.
i» Conclus'wit. — Que, dans sa polémique sur l'eucharistie, Bérenger ait obstinément nié la transsubstantiation, c'est ce qui est hors de doute. Son sentiment sur la présence réelle est moins clair.
Plusieurs formules existent qui ont été tour à tour employées ou repoussées par les Pères et les écrivains ecclésiastiques, et qui, selon la manière dont on les entend, présentent un sens irréprochal)le ou dangereux. Les suivantes eurent cours dans les débats dont Bérenger fut le centre : « L'eucharistie est ou n'est pas le signe, la ligure, le gage du corps du Christ. — Le corps du Christ dans l'eucharistie n'est pas ou est le même qui est né de Marie, qui a été crucilié, qui est au ciel à la droite du Père. — I.e roi p': .lu Chi i-t dans l'eucharistie ne peut pas ou peut étr- m ii . I i .. par les dents. » Ces expressions, sa^eiu. m | Ihin -, -unt justes. Voir un bon résumé de c-f (|u n :i dit l;.-ii.snus, dans Tanqaerey. Synopsis theologix dugntatica: speeialis, S^édil., Tournai, 1897, t. ii, p. 32i)-;ïjû. Mais elles se prêtent, si on les prend à la lettre, à une double interprétation, l'une tir.p -piiitiifllc qui r-ninpromet la présence de .N'oti'i'-S. :-M ; lui- I ■ 11' li.ii islie, l'autre matérialiste quir.\( il-. 1.1 ii.i iiM liiM pour le moins vers la preiiiiii-.' )iil. ipi. i.iiiMii ; ipi. Iipies-unsde ses adversaires donnèrent dos '^'•'H'''' •' !■' seconde. Du reste, comme il arrive souvent dans la discussion, Bérenger et ses contradicteurs ne se comprirent pas toujours bien. La pensée dp l: îi n-f I fui pnrfois dénaturée. Il avait écrit à Ascii in |i M iii|il « Tu as contre toi la nature ellemêm.'. 1 II ii iliques et apostoliques, si tu ad-
hères M I ,.~. Il I-. liiilliert en ce que seul il a imaginé, à savoir que la snlistance du pain fait tout à fait défaut dans le sacrement du corps du Seigneur; » .-^scelin répondit : « Avec Paschase et les autres catholiques, je reconnais et je vénère le vrai corps et le vrai sang du Christ pris par les fidèles sous les espèces du pain et du vin, et en cela je n'ai pas contre moi la nature, quoi que lu en dises. » Cf. P. L., t. ui., col. (jli. ((7. Où Bérenger avait parlé de la lranssiil.--l.uiiii.liiiîi. .\soelin avait compris i[u'il s'agissait d<' l.i pi. -ii. , n i II.'. De son coté, Bérenger ne sut ou ne Mjninl j. i- i nin r dans la pensée de ses adversaires. Il arjiuuiint.jil cuutn; la formule du concile romain de 1078 de manière à mettre sur le compte de la partie adverse cette proposition : le pain et le vin de l'autel, après la consécration, sont seulement le vrai corps et le vrai sang du Christ, et non point les sacrements du Christ. Cf. [.anfranc, /Je corpore et sanguine Doniini, c. v-viii, col. il4-tlil; c. xvii. col. i'27. .\ le lire, on croirait que, pour Paschase Hadbert, pour Ijnfranc, l'hostie consacrée ne contiendrait qu'une parcelle de la chair du Christ divisée en autant de parcelles qu'il y eut ou qu'il y aura d'hosties consacrées. On de-
vine combien ces malentendus embrouillaient la dispute.
Tout pesé, il ne semble pas que Bérenger ait rejeté la présence réelle, dans la première période delà polémique jusqu'au concile de Rome de l059.Lui-même,à ce qu'il assure, De sacra cœna, p. 44, n'avait pas encore des idées arrêtées au moment du concile de Verceil (10.50). De lOÔO à 1059, sa cause se confond avec celle de Jean Scot, c'est-à-dire liés pi'obablcment de Ratrainne de Corbie ; or, le livre de Ratramne, s'il est défectueux^ ne détruit pas la présence réelle. Déjà, ainsi que l'atteste la lettre à Adelman, Bérenger adopte l'impanation.
Après le concile de 1059, Bérenger accentue sa thèse. Il veut la justifier, non seulement par l'autorité, mais aussi par la raison, et ses principes philosophiques sont difficilement conciliablcs avec la présence réelle. A vrai dire, ils tendent directement à établir que le corps du Christ ne peut être dans l'eucharistie tel qu'il fut dans sa vie mortelle ou tel qu'il est dans le ciel, et tout pourrait s'arranger en spécifiant que le mode d'être du corps eucharistique n'est pas le même que celui du corps historique et du corps céleste. Mais cette distinction n'apparait pas suffisamment dans les écrits de Bérenger, et, plus d'une fois, il ne semble admettre guère autre chose qu'une présence dynamique ou figurative dans l'eucharistie. D'autre part, tout à côté, se lisent des passages en faveur de la présence réelle du vrai corps, du corps humain du Christ, et de l'impanation. La contradiction s'atténuerait si l'impanation bérengarienne était bien celle que décrit Mabillon, Acta sanct. ordinis S. Benedicti, sa'C. vi, part. II, p. xxix: l'union du Verbe à la substance du pain et du vin, et, par l'intermédiaire du Verbe, l'union du pain et du vin au corps du Christ existant dans le ciel, en telle sorte que le pain et le vin, gardant leur substance, deviendraient, d'une certaine façon, le corps et le sang du Christ. Le malheur est que, d'après Guilinond. De curporis et sanguinis Ckristi veritate in eucliaristia, 1. 1, III, P. L., t. cxLix, col. 1430, 1481, ce ne serait pas le Verbe seul, mais ce seraient encore le sang et le corps du Christ qui, dans l'impanation bérengarienne, s'uniraient à la substance du pain et du vin. Disons donc que, dans cette seconde période, la pensée de Bérenger fut obscure, hésitante, ))eut-étre changeante et contradictoire. Il ébranla le dogme de la présence réelle, sans toutefois que nous puissions le ranger au nombre de ceux qui l'ont simplement niée.
Sur la communion Bérenger s'exprime comme sur la présence réelle; il repousse une manducation matérielle et admet une manducation spirituelle du corps du Clirist. Cf. sa lettre à Adelman, Martène et Durand, Thésaurus novus anecdotorum, t. iv, col. 1 10; De sacracœna, p. 71, I4S, etc. évidemment l'interprétation de ces textes est la même que celle des passages sur la présence de Notre- Seigneur dans l'hoslie.
Dans une lettre à Eusèbe Brunon, publiée par Brucker, L'Alsace et l'Église au temps du pape saint Léon IX, t. II, p. 393, il est dit que, d'après des écrits venus de France, Eusèbe et Bérenger étaient appelés slercoranistes. Voir ce mot. Il parait certain que le slercoranisme fut une hérésie imaginaire. Cf. Mabillon, Acta ordinis S. Benedicti, s:ec. IV, pari. Il, p. xxxil-XLiv; Wilasse, Tractatus de uugustissinio eucharislia; sacramenlo, t. I, p. 416-427. Quoi qu'il en soit, Bérenger ne fut pas stercoranisle, mais il objecta à ses contradicteurs que leur croyance conduisait logiquement au slercoranisme. Cf. Guitmond, De corporis et sanguinis Christi veritate in eucharislia, I. II, P. L., t. cxux, col. 1450-1453.
III. La controverse bérengarienne. — ;. i.kx lusrip/.f.s m; DÉnESCEn. — Bérenger recruta des adeptes. Il n'y a pas lieu de prendre à la lettre l'affirmation de Guillaume de Malmesbury, Oesla regum angloruiii, 1. III, S 284, P. L., t. ci-xxix, col. 1257. que toute la
BÉRENGEFl DE TOURS
France était pleine de sa doctrine, scalebal omnis Gallia ejns doctrina. Mais Eusèbe Brunon, dont le ténioi- 1,'nagc est plus autorisé, dit, P. L., t. cxlvii, col. 1201, <liie cette alTaire avait agité la plus grande partie du inonde romain. De Liège, Adelman écrit à Bérenger, P. L., t. cxi.ui, col. li'.lO. (|ue le bruit de ses innovations docirinalos rriiiilii 1- . t illes des Latins et des Teutons
au rnilicii H> - ; de Liège poursuit son long
pèlorinase. \ i i I I i\ence, Gozechin, ancien éco-
làtre de Lii^t . • . i il mit li tire découragée, où il se plaint que loul va île mal en pis, et donne en preuve la diffusion du lurengarianisme. P. L., t. CXLIII, col. 900. Durand de Troain, Liber de corpore et sançiuine Christi. c. xxxii, P. L., t. CXLIX, col. 1421, parle d'une « très grande multitude » d'ennemis de l'Église disséminés dans la France et cherchant à gagner les régions voisines, puis, indiquant l'origine du mal, de Bérenger et de pliires Frnncuniiu, iwnmilli quoqiie Northmannoriim , dont il avait été le maître ou qu'il avait aidés dans leurs études, et qu'il avait pour partisans. Guitmond, De corpm-is et saHriiiiiiis Clirisli verilale in eucharistia, 1. I, /'. L.. t. cxi.ix, col. 1429, suivi par plusieurs écrivains, avance qu'il propagea ses opinions par des écoliers pauvres qu'il nourrissait ; ailleurs, 1. 111, col. 1485-1487, il insiste sur le polit nombre de ses prosélytes, d'accord en cela avec Lanlranc, De corpore et sanguine Domiiii, c. IV, P. L., t. CL, col. 414, qui oppose les paiicissinws srliisniaticos à la masse de l'Église universelle. Il ressort de ces textes que l'hérésie de Bérenger émut les esprits et excita une vive agitation, mais que ses adhérents furent une minorité assez restreinte. Le plus illustre d'entre eux l'ut Eusèbe Brunon. Une lettre de FroUand. évéque de Senlis. à Bérenger, écrite vers 1050, est remplie de tiTiioignages de respect et de vénération, et prouve que l'évéque s'est entremis en sa faveur auprès du roi: elle ne fait aucune allusion à la polémique engagée par l'hérésiarque.
(niitmond, nous l'avons vu, distingue, De corporis et snnguiiiis Christi vcrilate in eucharistia, 1. I, P. L.. t. cxi.ix. col. 1 130-1431, parmi les bérengariens, ceux (lui ne voyaient qu'une ombre ou une figure du corps du (Christ dans l'inicliaristie et ceux qui admettaient l'impanation ; d'antres, continue-t-il, sans être bérengariens, mais inlUienci's par les arguments de Bérenger, estiment <|ue le paiu el lu \in sont changés en partie et subsistent rii |,,,iii,.: il.iiitres encore prétendent que le pain et If \ m. ImIiIi III lit cliangésau corps etau sang du Christ, repnii--' ii! i|ii ml le communiant est indigne.
Le Ijiiiii^.iii.uiiMiie ne mourut pas avec son aiiteur. Le concile de Plaisance (1095) jugea utile de condamner de nouveau l'hérésie de Bérenger déjà tant de fois anathématisée. Dans son fougueux réquisitoire « contre les quatre labyrinthes de la France », Gauthier de Saint- Victor appelle Abélard « un autre Bérenger ». P. L., I. cxcix, col. 115i. .\u temps d'Abélard, Hugues Métel, de Toul, écrivait à Gerland, qui « portait le poids et l'honneur (oneralo et honorato) de la science du trivium et du quadrivium », une lettre où il lui attribue des doctrines qui sont un écho de celles de l'écolàtre de Tours. P. L., t. CLXX\ ;n r ! 127:; L'abbé Bupert de Tuy parle, P. L., \. > • ' i -"I de contradicteurs
qui assurent, à la siii I i ; que le sacrement
du corps et du sang ihi ^i i.m m . -i seulement le signe d'une chose sacrée : comme Gerland, ils citent saint Augustin à l'appui de leurs dires. Rupert lui-même fut invité amicalement par Guillaume de Saint-Thierry, P. L., t. CLXXx, col. 342, à surveiller son langage sur l'eucharistie, qui n'était pas toujours satisfaisant (dans le De divinis officiis) et pouvait être pris dans un sens bérengarien. Grégoire Barbarigo, évêque de Bergame, publie, vers 11-40, un important a Traité de la vérité du corps du Christ » contre les « nouveaux bérengariens » ; il pousse un cri d'alarme, et déplore l'inertie et le si
lence universels alors qu'il faudrait résister à ces docteurs dangereux et à ceux qu'ils entraînent. Cf. son prologue, dans Hurter. Sanctorum Patriim opuscula selecta, t. xxxix, p. 2. Folmar de Triefenstein, vers le milieu du xii« siècle, émit des idées qui lui valurent d'être qualitié par Gerhoch de Reichersberg de licrenf/arii pedissequus. P. L., t. c.xcxiv, col. 1117. Cf. Bach, Die Dogmenr/eschichte des Mittelalters, t. i, p. :î98. Les pétrobrusiens subirent, au moins de façon indirecte, l'inlluence de Bérenger, mais en le dépassant. Cf. Pierre le Vénérable-. Tractatus contra Pelrobrusanios, P. L., t. CLXXxix, col. 788. Il en fut de même des cathares et des autres sectes du moyen âge hostiles à l'eucharistie, et plus tard des sacramentaires. Cf., par exemple, .Tean Fisher, évêque de Rochester, De veritate corporis et sanguiiiis Christi in eucharistia adversiis Johannem Œcolampadium , Cologne. 1527, fol. 3, 58, surtout 74.
//. LES AnvEitSAinEs DE DhitESCEii. — Bérenger se heurta au sentiment unanime des catholiques. « Tous les auteurs lui disent, d'un commun accord, comme un fait constant, que la foi qu'il attaquait était celle de tout l'univers; qu'il scandalisait toute l'Église par la nouveauté de sa doctrine...; qu'il n'y avait pas une ville, pas un village de son sentiment ; que les Grecs, les Arméniens et, en un mot, tous les chrétiens, avaient en cette matière la même foi que l'Occident... Bérenger ne niait pas ce fait; mais, à l'exemple de tous les hérétiques, il répondait dédaigneusement que les sages ne devaient pas suivre les folies du vulgaire. » Bossuet, Histoire des varialions des Églises protestantes, 1. XV, n. 133, édit. Lâchât, t. xv, p. 144-1-4Ô. Et il est remarquable que l'opposition entre Bérenger et « le vulgaire » ne porte pas ou, du moins, ne porte pas uniquement sur la présence réelle, mais bien sur la transsubstantiation. Cf. la lettre à Adelman, dans Marténe et Durand, Thcsaurtis novus anecdotoruni, t. iv, col. 111.
Parmi ceux qui combattirent Bérenger, il faut signaler tout d'abord ses anciens condisciples de Chartres : Hugues de Breteuil, évêque de Langres, Adelman de Liège, Ascelin le Breton, chanoine de Notre-Dame et, plus tard, moine de Saint-Père de Chartres (non du Bec), Arnoul, chantre, Guillaume, prévôt, Ingelran, chancelier, Vve, suppléant du chancelier dans les écoles de Notre- Dame de Chartres, et Agobert, devenu évéque de Chartres en 1048. Cf. Clerval, Les écoles de Chartres au moyen âge, p. 4i, 64-67, 91, 103. Trois lettres nous restent, l'une d'Hugues de Langres, la deuxième d'Adelman, la troisième d' Ascelin, adressées à Bérenger, qui témoignent de l'émotion ressentie par les élèves de Fulbert à connaître les innovations bérengariennes; ce sont de véritables petits traités, d'une saine théologie, et qui ne sont point dépourvus, celui d'Adelman surtout, de valeur littéraire.
Nous n'avons pas à revenir sur la lettre de Théoduin de Liège. Durand, abbé de Saint-Martin de Troarn, écrivit contre Bérenger un traité important, vers 1158. Mieux encore, Lanfranc, alors abbé du Bec, et, après lui, Guitmond. son disciple, moine de la Croix-SaintLeufroy, ensuite évêque d'Aversa, réfutèrent l'hérésiarque. (Guitmond le fit vers 1075. Il est parfois appelé non Guitmond, mais Christianus. Cf. P. L., t. cxLViii, col. 1^52, 1458; t. a;xiii, col. 979, 982. C'est par erreur qu'on a attribué un ouvrage contre Bérenger à (îui d'.\rezzo ; comme Ceillier l'a indiqué, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 2« édit., Paris, 1863, t. xiii, p. 131, on a dû confondre Gui avec Guitmond, et cette confusion paraît avoir son origine dans un passage de la chronique d'Hélinand de Froidmond, 1. XLVI, P. L., t. ccxii, col. 946.) Outre les papes qui condamnèrent Bérenger, Léon IX, Nicolas II, Grégoire VII, et pour nous en tenir à ceux de ses contemporains qui écrivirent contre lui, citons également Bernold de Constance, saint Anastase, moine d'abord au Mont-Saint-Michel,
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puisa Cliiiiy, le bienheureux Wolphelme de Brauweiler. Nous avons mentionné plus haut la lettre de (jozechin, et celle par laquelle Eusèbe Brunon notifia à Bérenger qu'ils n'étaient plus d'accord. Deux traités qui ne nous sont point parvenus avaient pour auteur, l'un .lotsauld de Cluny; cf. Mabillon, Actasanct. ordinis S.Benedicti, sœc.vi, part. I, p. 632, l'autre Albéric du Mont-Cassin. Cf. Pierre Diacre, Chronicon Casinense, 1. III, c. xxxv; De viris ilhistribits Casincnsis cœnobii, c. xxi, P. L., t. CI.XXIII, col. 766, 10:«. Ruthard, abbé de Corvey, aurait écrit contre Héren!.cr, à ce qu'affirment plusieurs historiens : quod ni'thi valde suspcvtiim est, dit Mabillon, Annales ordinis S. Benedicti, t. iv, p. 567.
Après la mort de Bérenger, ses doctrines furent attaquées par Alger de Liège, Guibert de Nogent, Grégoire de Bergame, Guillaume de Saint-Thierry, qui le désignent par son nom, et par d'autres écrivains qui, sans le nommer, s'en prennent à ses théories : tels l'abbé Abbaudus, Hugues Métel, Geofi'roy de Vendôme, Honorius d'Autun. Presque tous les défenseurs du dogme eucharistique,dans la controverse bérengarienne, appartinrent à l'ordre bénédictin. Cf. Furcy Clément, dans Analecla juris ponti/icii, Paris, 1882, t. xxi, p. .-)50-582; L. Biginelli. 1 Heitedellini e qli studi eucarislici net medio evo, Turin, 1895.
/;/. ;./;s «/i-srf.ï.ws m: ;.i roxrnovEiisE. — Le premier et le priiii i| mI ■• sijIi.iI de la controverse bérengarienne fut un pi 1 - ihi il l. (II! l'exposition du dogme eucharistique, nii n iM, mi |,,,~ encore la précision et la fermeté du tiaiu de leiieliaiislie de saint Thomas, mais on prépare les matériaux qui serviront à le composer. Guillaume de Saint-Thierry, De sacramento altaris, c. XI, P. L., t. ci.xxx, col. 3.")0, observe (jup les Pères n'avaient pas ii;irl.- <■ . ,., ../'.^s,: ,].■ I", lelMii-lie, parce qu'ils se conteni u. n: i!. .1 i. idi ■ -ni .d laqué, et que, ne s'r-l.uii i'.<- < ,. - r ,, i, |. - y..'- is soulevées par Béreii^! 1 . il- ii .i\.ii. ni [u, , u i m pieûccuper de mettre dans leur langage des nuances qui répondraient aux besoins du xi« siècle; de là tam dubisesentenlia:, et latii scrupulo.ix, et iinx etinm sibi invicrnt nonniinf/uam C(inlruii:r ri,!, •i,,nir : ili I.i d'-^ |m--.i. vraiment difficiles, et dr- i\|ii . --hin- |ii.[. -, mu- '|iii, présentées en dehors d.- I. m .■.ml. \[r>. iM'inmi -..nnrr mal aux oreilles des lid.lr.. (lu -.éII.i. Ii.- ,1 d.v,:i.^''i' 'le ces ol.sciiiil- I . M-..|^Mement des l'éres, on étudie les textes l.il.li.|M. -, ..Il |.,isse au crible les diverses formules susce|iliM. - d . Il il. . r le dogme. La présence réelle est aflirniee ei ei,,|,li.. .,, .■ ,iii,.\i n..iir i|ii; i,.. lil--.. li.'ii à désirer. De uen... [...m 1 . h ,iii--iil.-l,iiili,ili..ii !.. n.ini apparaît pour !.. pi . i.... i . I..,- .1 m- un - i !ii..|i .1 un .m. !■ n élève de Bére,i.i ,-. llddilMil d.. \..r..,nlui, s.;,,,., xcm, p. L., t. CLXXI, col. 776, mais la chose exprimée par ce nom se rencontre partout. Sur plusieurs des points dont l'examen s'impose, une fois la présence réelle et la traiiï<id.-i.inli.ilinn ndiui-i -, il v .i de^ hi'-itations, et niém.- d.. riimli.- .m. in-, l'.u- .x.niiil...
Guitmond, 1. 11. /' / , i i \i i\, r..l 1 1 i,". I I.".:;, pi.-
les espèces sacr: nlrllr- - ni r..i i nplilili-, .|iiVllrs
pui.ssenl être mangi'es p,ii 1. - ..imhi .ii\, et se rabat sur
l'illusion des sens ; si nu pi rlnint ou simple,
dit-il, consacrait de i^iui.l. - .pimiii.- de pain pour mettre en évidnin- l. . p. i- nniniii .in -nrrement, ou bien son inci'.diitii. iimIihi i . . ..n . . i .ii..n invalide, ou bien, au m ni .1. I. ..1111..11, .mire nourriture serait -ni. -1 iin I . II.. M' -..it ]. .r Irs bons
anges, par respri 1 I !.■-, 1,1.1 1 ...ipu 1. - di'inons,
pour tromper !.■- p . h. m - I Vu . Pi. 1... ni I ,ii.l... Ahbaudus (voir ce nii.l ..Un m., ipn- |. . .ip :..■ m. du Christ est réellei,H-iii I.M . d.iNs 1 lÉo.-.Ue ij.ii le, in.uiis du prél-e. Mus I iph. liions défectueuses ou équivoques deviiiin ni d. pi 1 .11 plus rares; la terminologie se lixe. 'I I' - ii^niii. Mis, i|iii un jour seront classiques, révèlent ilija une Inrnie presque di'linilive. Cette con-
troverse, dit C. Schmidt, Préàs de l'Iiistoire de l'Église d'Occident pendant le moyen âije, Paris, 1885, p. 77, « marque l'avènement de la théologie scolastique. » Cf. F. Bonifas, Histoire des dogmes de l'Église chrétienne, Paris, 1886, t. 11, p. 263.
Dans la littérature eucharistique suscitée par l'hérésie de Bérenger, on avait touché à la notion du sacrifice de la messe. Non seulement on attribua au Sauveur d'avoir ordonné de se rappeler sa mort, mais on chercha, beaucoup plus que par le passé, la représentation de la mort du Christ dans les mêmes actions liturgiques qui avaient eu lieu à la cène, et qui semblaient atteindre son corps ; par là, « un progrès avait été accompli. » Vacant, dans L'université calliolii/tie, nouv. série, Lyon, I89i, t. xvi, p. 372. S'il n'est pas sûr que l'élévation de l'hostie et du calice après la consécration ait été introduite pour protester contre l'erreur de Bérenger, il est probable que cette pratique se rattache au mouvement encliarislii(iie dnnt Bérenger fui l'occasion. Sur le
béren^.ii II iii-i 1 I. I .t. -I ii.-u. . r. ii,-M, llrossier.
L'arc In I ' ,.• /.' ' ■. ■..' " ''. ... / . !.-l)ieti,
dans 1.1 /.' ... ,. '. /..'■() . v... \ .n;,.-. 18,^7,
t. V, p. Mi- '.II. l'i ul tUi 1,1 ijiu. u.-e ijiuiu.^.7iuii J.Vngers, connue sous le nom de « .sacre », remonle-t-elle à la même origine. Cf. J. Corblet, Histoire doçimalique, liturr/iriue et arcliéoloijiinic du sacrcntenl de l'eucharistie, Paris, 1886, t. 11. |., .ln-J, In lin, une coutume exista, après le temps dn I ; 1 ii. 1 , .1 .ni l'explication se trouve dans le retentiss. m m !. - - l.ielrines et dans le blâme qu'elles excilèienl . dr -i.inds personnages, des évêques, des docteurs .firent, aux approches de la mort, une profession de foi catholique, particulièrement explicite sur le dogme de l'eucharistie. Cf. Acta sanclorum, octobris t. m, p. ûfti-508.
L Œlvhes. — Elles n'ont pas été recueillies ensemble. Ont êlc publiés : par d'.A.cl)éry, dans son (=tIition des Œuvres de Lanfranc (1648), reproduite ]aT M'-'n" >ip'i> '"ttres de Bérenger, l'une à Lanfranc, la deuxiéiii- . \ !.. I' / ., t. Cl., col. 63, 6C, et les fragments du 1. I du /' . . . ir Bérenger inter-
calés pai- Lanfranc dnns - 11 /' -/ .iiiguine Domini,
P. L., t. CL, col. V'T-VcJ 1 , \ il, 1 , V1...010, dans le Spicilegium, t. n, p. r.in .1 , muine Hichaid, familier du
roi Henri I"; pai m i 1 -met. ordinis S. Benedicti,
sa;c. VI, part. I. p 1 n. nts d'une lettre au trésorier
de Saint-Martin tic y.-.n^. p..i .M.ntunc et Durand, TItesaurus novtis anecdotorum, l'aris, 1717, t. i, col. 19t-19ô, une lettre ad quosdam eremitas, et col. 195-196, une lettre de dissidio quodam intcr clericos et episcopum; t.iv. col. 103-109, un opuscule sur les formules jurées aux deux conciles de Rome de 1078 et de 1079; col. 109-113, des fragments de la lettre à Adelman; col. 115-116, la belle prière à Jésus Juste jiide.r Jesu Christe; par les soins de Neander et à la librairie Visiter, à Berlin, en 1834, llerengarii Turonensis opéra qiiae supersiint tam édita qaam inedita, t. i (le seul paru). De sacra cœna adversus Lanfrancum liber poitcrior (le premier. Lessing avait signalé l'existence de ce manuscrit et l'avait utilisé dans son Be)-engarius Taruytensis Oder AnIiUndiguiig eines nnchtigeu Werkes dessetben, Braunsctiweig, 1770); par H. Sudcndorf, dans Bcrengarius Turonensis Oder einf Sammlung ihn betirelender Bricfe, Hambourg, 1850, diverses lettres; par .M. E. Bishop, dans Gûn-c*- Gcsellsc.hfift, Historifclies Jahrbucli, Munster, 1880. 1. 1, p. 275, une lettre à Eusèbe Brunon. Sur divers écrits attribués it Bérenger, cf. Cleillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 2' édit., t. .Mil, p. 174.
H. SOUnCES ANCIENNES. — /. lu' TEMI'S IIE BKIIE.VCfi». —
1* Lettres. — Lettres à Bérenger : d'Hugues de Langres, P. L., t. cxi.ii, col. 1325-1334; d' Adelman de Liège, plus tard évèque de lirescia, P. L., t. c.xi.iii, col. 1289-129») (incomplète dans Mignc, publiée intégralement par Schraid ; cf. Hcrdc, Conciles, trad. Irani;., t. vi, p. 322, note); d'Ascelin le Breton, P. I.., t. n.,' col. 67-08; de Froll.ind de Senlis, P. L., t. CXLIII, col. 1309-1372; d'Eusèbe Brunon, P. L.. I. cxi.vii, col. 1201-1204 (Icxlo faulit, cf. Dclarc, .Saint Grégoire Vil, t. Il, p. 302-804, note). — Lettres relatives à Bérenger : de Théoduin de Liège, P. /.., t. cxi.vi, col. 1439-1442; de Lanfranc, P. L., I. ci., col. 510 (compléter par Gilos, Ilcali Lanfranci opéra, Oxford, 1844, t. I, p. 27), cl col. 543-545; de Grégoire VH, P. L., t. cxi.viii, col. 506; de Goiciliin, ancien écolùtre de Liège, P. /.., I. i:xi.iii, col. 885-908; do