BÉRULLE
temporali potestate tractatus. Le premier de ces deux écrits a été imprimé en 1495 et le second en 1584. Ellies Du Pin, Histoire des controverses et des matières ecclésiastiques traitées dans le xir" siècle, Paris, 1697, p. 251. Tous deux ont été souvent réédités depuis. On les trouve dans Maqna bibliotlieca veterum Patrum, Cologn.-. KilN, I. Mv, |.. Ts-liil.
La ilniiMMr ,,.iiti .L.I1- ces ouvrages est digne
d'atteiili'iii, l:i liumi ,i . !.■ un des plus fameux régents de diuil .jaiiuiiiijiit; a cctle époque. C'est un ancien légiste, un serviteur lidèle et dévoué de la monarchie française. Enfin, il est, à Vincennes, le représentant des évêques de sa nation.
Bertrand n'est^jas intransigeant, il promet la correction des abus ; mais il revendique éncrgiquement les droits que l'Église tient de son fondateur ou de la coutume. Le pouvoir temporel, dit-il, vionl ■!■■ Iii"n qui nous a donné la raison, faculté qui po-iil I ■, ■' n ^ de l'ordre et d'un gouvernement de li - : M i; ^.ul est souverain véritable celui qui nnn' m ii ii' soit par droit de succession, soit par l'élection du peuple, soit par le choix de Dieu. Toutefois, un pouvoir fondé par l'astuce ou la violence peut ensuite devenir légitime par le consentement formel ou implicite des sujets. A coté de cette puissance temporelle, doit exister une autorité spirituelle, ayant, elle aussi, droit de juridiction; car seule, elle sera compétente pour nous commander le bien, nous défendre le mal, en vue du ciel et sous peine de l'enfer. Aussi .Jésus-Christ qui la possédait l'a confiée à Pierre et à ses successeurs. Bertrand prouve ensuite par l'histoire que les deux pouvoirs, spirituel et temporel, peuvent être détenus par la même personne ; il l'établit aussi par la raison, car, dit-il, ces deux puissances sont distinctes, mais ne s'opposent pas. Voilà pourquoi, conclut-il, l'Église peut connaître des actions personnelles et des actions mixtes des laïques. Tous les chrétiens, en tant que tels, lui sont soumis. Le pape a juri-
; les fidèles ; les évéques Kception de ceux que le 0 leur autorité. Et cette :iir toutes les .nctions des
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sur tous leurs souverain poni juridiction de chrétiens qui | spirituel est i vers sa fin; ii:i lesquels nous i toutes m- i;,,ii a donc \r clhux . m.v ,lcus miikIicIimi,, : il |iriil lallaquer devaiUlr- iLiliiiii.iiix il l.ijlis.- un <li-\.iiil lc>,|ii;^.s laïques. faire condamner le lidele ou le citoyen. Si la juridiction spirituelle n'a pas toujours exercé ses droits, c'est à cause de l'opposition violente des tyrans, ou encore parce que les chefs de la société chrétienne n'ont pas voulu être soupçonnés i\r k rlincliçr des avantages matériels. Bertrand ajoute qm I I lii peut connaître même des actions réelles il'> l.iic|iu>. kn-sque la coutume ou des privilèges lui ont gracieusement octroyé ce droit. Enfin, il établit la suprématie de l'autorité spirituelle sur l'autorité temporelle. La première nous dirige vers les biens de la vie future, la seconde ne s'occupe que de l'existence présente; la première l'emporte donc sur la seconde comme la fin sur les moyens d'y parvenir. D'ailleurs, le Christ a transmis à Pierre et à ses successeurs le pouvoir s„]„vnio qu'il l'ossédait sur toute créature. ToutclVii-. Hii 11 iN.iiil ihcid. que, dans l'ordre actuel,
rhoin ,1111,111 II ilnui ,1 ii-,i;:c, le domaine légal de sa
propiii I' . nul. p;i> lui h M II piqje, ne peut, sans un juste motif, d.'posséder quelqu'un de ses biens. Bertrand invoque à l'appui de cette thèse la bulle Vnam sanctam de Boniface Mil.
Sui- la biograpliie de Bertrand, la source la plus complète est le inédit du P. Grasset, religieux céleslin du xvir siècle : urs généalogique de la noble maison de Bt^rtiand et de ■Miance avec celle de Coiombiej: L'original fait partie de
la bibliotlièque de feu M. Desgrand, d'Annonay; il en existe plusieurs copies. Voir A. Mazon, Le Père Grasset, chroniqueur célestin du xvir siècle, Lyon, 1889. Ji. Mazon sest servi de cet ouvrage pour rédiger les mtii •■- quil ;i rmi-i. i. e- ,i le personnage : Essai historique sur I" 1,,,.,,//, ,- ,,,;,(,,/ ,',; iini-re de cent ans, Tournon, 1890,p. ."iS-si,: i,,, .,,,;, /,,,,,,,,., ,,!,.. Paris, t. VI. Voir encore du Boulav : /fiN'i.. h, iii;(r,cs,(,i(,s r,i,isiensis,
Paris, ttnis, i. r, . Uu -, Annalrs ecclesi'islici. ôdit. Mansi,
Lucques, 17 ■ , n. 1329, n. 75-77 ; Ciacconio, Vifse e( res
gestxp,',.: lun et S. R. E. cardinalium,\6'n,
t. H, p. '),: 1 1 i| . - I hi l'iii. Histoire des controverses et des matières ecclcsiastiques traitées dans le xiv siècle, Paris, 1697, p. 241-251; Gallia christiana, Paris, 1720, t. n, p. 743; 1728, t. IV, p. 408-412; 1770, t. xii, p., 647; Soix, Mémoire sur le cardinal Pierre Bertrand, Lyon, 1863.
Sur la conférence de Vincennes, voir P. Fournier, Les cotiflits de juridiction entre l'Église et le pouvoir séciUier, de il80 à iSi'S, dans la Revue des questions historiques, Paris, 1880, t. xxvii, p. 461-464; ce travail a été ensuite publié par l'auteur dans Les officiantes au moyen âge, Pai-is, 1880; J. Roy, La conférence de Vincennes et les conflits de furidiction, dans les Mélanges Renier, Paris, 1887. C. RuCH.
BÉRULLE (Pierre de). — I. Vie. IL Ouvrages.
I. Vie. — Il naquit à Cérilly en Champagne, le 4 février 1575, d'une illustre et ancienne famille de robe. Tout jeune encore et avant il'élre honoré du sacerdoce, il s'employa à la cnim r-iim ili s protestants, et composa un Discours dr r.ti^,,,,/. ,!,<•,, mlrrieure, qui fit présager de quelle autoiilc il Mr.ut un jour comme écrivain mystique. Devenu prêtre et aumônier honoraire de Henri IV, qui lui offrit inutilement à plusieurs reprises divers évèchés, il assista le cardinal Du Perron dans ses conférences avec les ministres huguenots. Du Perron disait de lui : « S'il s'agit de convaincre les hérétiques, amenez-les moi; s'il s'agit de les convertir, présentezles à M. de Genève (saint François de Sales); mais s'il s'agit de les convaincre et de les convertir tout ensemble, conduisez-les à M. de BéruUe. » Lié par le sang et l'amitié avec M"» Acarie (la future Bienheureuse Marie de l'Incarnation), le jeune de BéruUe entreprit avec elle et divers personnages l'introduction en France des carmélites réfonnées de sainte Thérèse. Cette négociation fut longue et pénible, mais aboutit heureusement au commencement du xvii'- siècle. Le rôle du P. de BéruUe dans cette affaire a été diversement apprécié. Le cardinal Pie a chaleureusement pris la défense du Carrael de France, toujours florissant avec l'organisaUon que lui ont donnée, avec l'approbation réitérée du Isaint-siège, le P. de Béi-uUe, la B. Acarie et la Vénérable Madeleine de Saint-Joseph.
En 1611, le P. de BéruUe fonda l'Oratoire de France, sur le modèle de celui de saint Philippe de Xéri, mais avec quelques modifications que le très grand développement pris par cette congrégation aux xvii« et xviiF siècles a justifiées, tandis que les essais de transplantation de l'Oratoire philippin en France ont toujours végété. On trouvera à l'article Oratoire .l'histoire de la fondation du P, do Pi'nillo et quelques détails sur son organisiiliiiii Hisi-n^ -- nli mcnl ici que de l'Oratoire — dont le Cl 11 lire 1', Ci il lui i ili-iii ■. ([u'il était nécessaire à l'Église il, mut r.intr ,iinsi p:ii Miint François de Sales: « Il n'y a rien de plus saint et de plus utile à l'Église de Dieu » — sortit le renouvellement du clergé de France au xvii' siècle. » Durant la dispute qu'un parti puissant suscita... plusieurs de ses membres, dit Feller, ne surent pas assez se défendre contre la nouveauté; mais la -l'ncralité de la congrégation resta toujours attachée à la doctrine de l'Église et aux décrets de ses pontifes. »
Le P. de BéruUe, fondateur de la nouvelle congrégation, en fut naturellement le premier supérieur général. Bien que toujours chargé avec cela de la direction des carmélites, nous le trouvons aussi activement occupé des affaires publiques de son temps. Il faut signaler notamment son rôle dans l'affaire du mariage de