In redemptis per gratiam Dans ceux qui ont été ra
Ghristi nullum inveniri potest chetés par la grâce de Jésus-
bonum meritiim, quod non sit Christ, on ne peut trouver au-
gratis indigno collatum. De cun bon mérite qui ne soit
merit. oper., 1. I, c. IV: conféré giatuitement à un in-
Baiana, p. 84. digne.
Prise à la lettre, cette proposition serait hérétique ; car, si dans l'ordre actuel la grâce sanctifiante est toujours accordée à des indignes, le concile de Trente n'en a pas moins défini que l'homme justifié, devenu membre vivant du Christ, mérite vTaiment par ses bonnes œuvres l'augmentation de la grâce et la vie éternelle, sess. VI, c. XVI et can. 32. Denzinger, Eitchiridimi, n. 692, 724. La pensée de Baius n'allait pas si loin; il reconnaît dans son apologie que l'augmentation de la justice et la vie éternelle ont le caractère de rétribution faite â des sujets dignes, dignis qitidem redditur, mais il ajoute qu'elles ne sont grâce que sous un autre rapport, celui de don fait à des sujets précédemment indignes. Explication qui suppose l'erreur formulée dans la proposition 9^, et qui montre de plus en plus que dans sa notion de la grâce, le théologien lovaniste ne tenait pas compte de l'entité ou nature intrinsèque des dons conférés aux anges et aux hommes.