‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 315 sur 741 · C. TOL.SSAIXT · texte numérisé non relu

C. TOL.SSAIXT

1. BLASPHÈME. -I. Notion. 11. Malice. 111. Peines. 1. Notion. — L'Écriture désigne sous le nom de blas-

phé les iiijuri's pi'uféi-ée.s soit coiilio Dicn soit contre

les

qu.

pcrfecliuii.-. divines dos doutes injurieux, jeter à sa puissance un déli insolent, attribuer aux créatures des prérogatives exclusivement divines, c'est blasphémer. De Jiième insulter violemment un homme ou un peuple. Il Reg., XXI, 21; I Par., xx, 7, le maudire ou le calomnier atrocement. Job, xiil, 16; I Cor., iv, 13; x, 30; Tit., III, 2, c'est encore blasphémer. iMais aujourd'hui, selon la remarque de saint Augustin, De moribiis manichieoriini, 1. II, c. xii, P. L., t. xxxii, col. 1354, rulgo blasphemia non accipiliir nisi nialaverba de Ueo dicere. En ce sens, le blasphème se définit communément une parole injurieuse envers Dieu, injuriosa in Deum UicHlio. DU-.lionnaire de la Bible, art. Blasphème, I. i, col. 1806-180!).

On blasphème en attribuant à Dieu des actes ou des imperfections qui répugnent à sa nature, en niant insolemment ses perfections, en parlant avec mépris des cho.ses ou des iruvres divines, en rabaissant la divinité au niveau de la criMlure ou en élevant celle-ci jusqu'à Dieu. Le blasphème peut être une affirmation ou une négation expresse, ou encore une interrogation insolente, ou une simple épithète outrageante associée en (|uelque manière au nom divin. Il peut encore exister sous la forme de railleries ou de reproches, de souhaits ou de regrets constituant pour Dieu une véritable injure. De Lugo, De justilia cl jure cœlcrisque virliilibiis car dinitlihu.s, I. II, c. xi.v, disp. V, n. 2:i sq.; Suarez, De rirlulc. et slatu religionis, tr. 111, I. I,c. IV, n. 8. Généralement la pensée blasphématoire se traduit par des paroles; ai elle se manifeste uniquement par des actes, p;ir des gestes, ces actes ou ces gestes sont regardés communément non comme des blasphèmes proprement *lil», mais comme équivalant à des bla.sphèmcs. Suarez,

DICT. DK TIIÉOL. CATIIOL.

loc. cit., n. 3-5; de Lugo,' l«c. cit., n. 26; voir à rencontre, Jluller, qui définit le blasphème : locutio vel aclio contunieliosa in Deum. Tlieol. moral., l. il, § 77, n. 3. Que les paroles de blasphème soient extérieurement prononcées ou purement intérieures, qu'elles soient dites ou écrites, formulées en une phrase complète ou enveloppées de réticences c;dculées, peu importe. Le blasphème est immédiat, quand c'est Dieu qui est directement atteint; médiat, lorsque l'outrage, atteignant d'abord une chose sacrée ou une personne spécialement unie à Dieu, par exemple la sainte Vierge ou les saints dans le ciel, rejaillit ensuite sur Dieu luimême. On dit qu'un blasphème est direct, quand celui qui le profère n'a qu'un seul but : outrager Dieu. Si le blasphème échappe dans un accès d'impatience ou de colère, non parce que le blasphème outrage Dieu, mais quoiqu'W l'outrage, le blasphème est indirect. Quand le blasphème contient des affirmations contraires à la foi, il est dit liierelicalis. Enfin le blasphème peut être dirigé soit contre la divinité en général, soit contre l'une des personnes de la sainte Trinité, soit contre la personne du Verbe incarné.

[J. ^Imi. 1- - I /' - - , ..;,(e/(ie)î< blasphé-

.<.,>'.,,,-, ■. ■ I,.' l.l,i-|.) •-: II. |.. ri,,, contre la vertu

'I. i'li.h.ii i|îii iMii- :,:,- .' i.'udre à Dieu le cuUl- -t 1 huiiiiour dunt il L-,t Ji^ul. -aiut Thomas, il est vrai, SuiH. tlmoL, 11^ II'', q. -Xiu, a. 1, 3, le considère comme opposé surtout à la vertu de foi et en fait une sorte de péché d'infidélité, parce que le blasphémateur prononce des paroles opposées aux vérités que la foi nous oblige de professer extérieurement. C'est aussi le sentiment de Cajetan, In i/am //«, q. xiii, a. 1, de Valentia, In II"" i/», disp. I, q. xiii, punct. 1, de Th. Sanchez, Upus morale in prœcepta Uecalogi, 1. Il, c. xxxii, n. 6. Mais, comme le remarque de Lugo, ("c cit., n. 26, ce caractère n'est pas essentiel au blasphème; il n'y a rien de contraire à la foi dans ces imprécations ou ces désirs blasphématoires où parfois l'on souhaite à Dieu des imperfections ou des maux que l'on sait et que l'on croit irréalisables.

Le blasphème proféré contre Dieu est un péché mortel ex génère suo. Il y a en effet un désordre évidemment grave dans cet outrage que la créature adresse sciemment à la souveraine majesté iln n . il m Cii ue conçoit môme pas qu'un outrage senii: I n Ue qu'une faute

légère; donc le blaspli- m ■ m ii. 1 ,:r, loto génère suo. Il ne peut être v. m I 41 .lui^ un double cas ; quand, par inadvertance, ou ne remarque pas le sens des paroles qu'on prononce ou la gravité de la faute qu'on commet, nu bien quand, par pure plaisanterie et sans prii-< I iiil 'i i. iireinent ce que l'on dit, on répèle des |i;n>'li - '!'■ M 1 lilieme.

Le Mi I I iM '\.i ri. notablement plus grave que le blasplie iiHiiMii. n'est pourtant pas d'espèce différente. C'est lopiniun la plus probable. La malice d'un acte est en effet spécifiquement la même, qu'elle soit voulue directement ou indirectement. Si donc on blasphème uniquement pour le plaisir d'insulter Dieu, c'est une circonstance simplement aggravante qu'on n'e^t point tenu d'accuser en confession. Ballerini, Opiis theoh.gicum morale, tr. VI, sect. n, n. 19, contre sain: Liguori, Tlieol. mor., 1. III, n. 126, et les théologiens qui affirment l'obligation d'accuser en confession les circonstances aggravantes.

Tout le monde admet que le blasphème infecté d'hérésie ou proféré en haine de Dieu revêt par le fait même une malice nouvelle, puisqu'il est opposé non seulement à la religion, mais à la foi ou à la charité; celte malice doit donc être accusée en confession.

L'injure proférée contre les saints est un blasphème, parce qu'elle rejaillit sur Dieu lui-môme. Mais est-elle une faute de même espèce que le bla.sphème ordinain'.' Plusieurs llu'oloijiens le nient, parce que les .saints,

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