IV. OUVRAGES QUI CO.VCBfl.VS
MISEUBS. — l" Apologia paup'
— L'occasion d'écrire cet ouvimli' < - !■ i lUi nie par un professeur de l'université, proli.ill 'Hr ni i. i ml d'Abbeville, qui soutenait les erreurs di (Hiilliiiinr de Saint- Amour, déjà condamnées par le pape. Cf. t. viii, p. lvi.
— 2» Epistola de tribus g usestionibiis ad imioniinatum magistrum, t. viii, p. 331-336. — 3» Detemiinationes qusestionuni circa régulant fralnim minorum, t. viii, p. 337-374. La seconde partie de cet ouvrage a été imprimée séparément dans les autres éditions sous le titre de Liber apologelicus in eos qui ordini frah-um minorum adversantur. Elle renferme peut-être des interpolations. Cf. t. VIII, p. Lxx, 356. — 4» Quare fratres ■minores prœdiœnt et confessiones audiant, t. viii, p. 375-381. — 5» Epistola de sandaliis apostolorum, ibid., p. 386-390. C'est probablement un extrait de VApologia pauperum et de VExpositio super régulant fratrum minorum. Cf. t. viii, p. lxxi. — 6» Expositio super regulatti fratrum minorunt, t. viii, p. 391-437.
— 7» Sermo stiper regulam fratrum minorum, ibid., p. 438-448. — 8» Constitutiones générales Narbonenses, ibid., p. 449-467. On trouve à la fin, p. 467, un additamentum, qui reproduit probablement les constitutions du chapitre général de Lyon. — 9" Epistolx officiales, ibid., p. 468-l7i. — 10" Hrgida novitiorum, ibid., p. l-75-î'.Hi 11 / /" /m/,' , ,^ Il liens vigintiqtiinque meinoi-Hiini . '' ,"l i' ' <> livre contient probableinoul !' - I — 1 .- i ! Il, uenture a prises pour son propre us,ii,i-. - 1;; L iji.^uda lie iniitatione Christi, ibid., p. IflO-.jOS. — 14" Legeuda S. Francisci, ibid., p. 504-564.
— 14° Legenda minor S. Francisci, ibid., p. 565-579. 1-. gEn.voys. — 1» Sermones de tempore, t. ix, p.533-
63i. — 2» Sermones de sanctis, ibid., p. '1-63-631. — 3" Sermones de beata Maria Virgine, ibid., p. 633-721.
— 4° Sermones de diversis, ibid., p. 722-731 .
Le nombre des sermons publiés dans le t. ix est de 475. La plupart étaient inédits. Quelques-uns cependant avaient été publiés sépai-ément par Uccelli, S. Thomse, S. Bonaventurss, Petride Farantasia et Hugonis a S. Viclore sermones anecdoti, Modène, 1869, et 53 avaient été imprimés dans l'édition Vaticane. Ces derniers occupent la première place à chaque dimanche parmi les Sermones de tempore, et ont été écrits par saint Bonaventure lui-même. Les autres, au contraire, ont été recueillis par ses auditeurs. Ils sont moins parfaits et contiennent de nombreuses lacunes. Plusieurs même ne sont que des sclicniata.
Dans quatorze éditions des sermons de saint Bona venlure. plusieurs lui avaient été attribués à tort. Cf. t. IX, p. xi-xv. Néanmoins, le nombre des sermons authentiques est considérable. En effet, les Collationes in Hexsemeron, les CoUaliones de septem donis Spirittis Sancti, les Collationes de decem prseceptis, les Sermones de rébus theologicis, et les Collationes in Evangelium Joannis, que, pour des raisons spéciales, nous avons rangés parmi les ouvrages théologiques ou exégétiques, sont des fruits de son talent oratoire. Aussi saint Bonaventure a-t-il été regardé par ses contemporains comme un prédicateur de premier ordre et a mérité leurs éloges les plus flatteurs. Cf. t. ix, p. 3. On ne voit pas ce qu'il faut admirer le plus ou de son talent, et de ses qualités éminentes d'orateur, ou des œuvres multiples de son éloquence et du zèle infatigable pour le salut des âmes, dont il a fait preuve malgré ses occupations comme professeur de l'université et plus tard comme ministre général.
VI. ÉCHITS APOCRYPHES OU DOUTEUX. — 1» Écrits exégétiques. — 1. Expositio Threnorum, t. vu, p. 610- 652. L'auteur est probablement Jean Peckham, disciple de saint Bonaventure. Cf. t. vu, p. xi sq. — 2. Expositio orationis dominicse, t. vu, p. 652-655. L'ouvrage qui est emprunté en grande partie à un livre du pape Innocent III, De sacro altaris mijsterio,c. xvi-xx, et à la Glossa ordinaria, Matth., vi, 8, plus probablement n'est pas de saint Bonaventure. Cf. t. vu, p. xv sq.
2» Écrits mijstiques. — 1. Spéculum disciplinas, t. VIII, p. 583-622. Cet ouvrage a été attribué à plusieurs auteurs. Il a probablement été composé par Bernard de Bessa sur l'ordre de saint Bonaventure. Cf. t. viii, p. xcv sq. : t. X. p. 19. —2. Spéculum conscientise, t. viii. |i C^lînr. Cl .■■crit intitulé aussi : De arbore ntala : /' -' ' lum : Arbor cupiditatis ou ini-
quilai \ iiiima-', ne serait pas indigne de
Bona\i' I : [1^ iiiliinl on manque d'arguments soit
intrinsèques soit extrinsèques en faveur de son authenticité. Cf. t. VIII, p. xcviii sq. — 3. Summa de gradibus virtutum, t. viii, p. 646-654. Oudin et les éditeurs de Venise considèrent cet ouvrage comme ridicule. Ils se fondent sur des parties interpolées. Cependant même sous la forme originale, l'authenticité est très douteuse. Cf. t. viii, p. xcix sq. — 4. Collatio de contentptu sasculi, t. viii, p. 655-657. C'est plutôt un fragment d'un auteur inconnu. Cf. t. viii, p. ci; t. x, p. 19 sq. — 5. Compendium de virtute fiutnilitatis, t. VIII, p. 658-662. Il est probablement composé d'extraits des écrits de saint Bonaventure. Cf. t. viii, p. en. — 6. Epistola ad quemdani novitiunt, t. viii, p. 663-666. Elle est probablement de Bernard de Bessa. Cf. t. viii, p. cm. — 7. Rhythmica, t. viii, p. 667-678. Sous ce titre on trouve dans la nouvelle édition cinq hymnes (cartttina) dont l'authenticité est difficile à établir. Cf. t. VIII, p. cm sq. Ces hymnes sont ; Laudismus de S. Cruce; Pliilomena; De septem verbis Domini in cruce; Planctus de passione Domini; CoronaB. M. Virginis. — 8. Ars prxdicandi, t. ix, p. 1-21. L'ouvrage, dont les lacunes ont été signalées dans la dernière édition, est attribué à saint Bonaventure par Bonelli et Sbaralea. Cependant les arguments en faveur de l'authenticité ne sont pas convaincants. Cf. t. ix, p. 7.
III. Doctrine. — La doctrine de saint Bonaventure a mérité les plus grands éloges non seulement des savants mais encore des souverains pontifes. Le célèbre Gerson n'hésite pas à lui donner la préférence sur les autres. « Si on me demande, dit-il, à quel docteur il convient de donner la préférence, je réponds : au maître Bonaventure. » La raison qu'il allègue c'est « que dans son enseignement il est solide, sur, pieux, juste et dévot, et qu'il évite toute curiosité..., qu'il s'efforce de faire servir l'illumination de l'intelligence à la piété et à la dévotion du cœur ». Gerson, De e.raminalione doctri-
BONAVENTURE (SAIiNT)
, dans Opéra omiiia, Paris, 1606, t. i, p. 553. Le aiilciH' regrette que la doctrine de Donavenlurc jluiHiniiii.r ., par les scolastiques sans pitié dont iliv, Ih 1.1^' est trop grand, bien que pour des h II- iiiiMi' doctrine ne soif plus suiilime, plus
iplil
ut in eu Spintus Sanctus luijuutus videalur. Bulle Superna cailesHs patria, § 3.
Le jiipement de Sixte-Quint est plus explicite. « Il a l.ii"' j 11 |i i t 1 iir, dit ce pape, des monuments de son rs|,i , ., !:i ,ll^in, où des questions très difficiles et
iiniii', .1 i 11 iicoup d'obscurité sont exposées avec
urir i Miiili il l.iÈice d'arguments excellents, avec ordre
et méthode, avec clarté et lucidité: di> niuiiiiniriil^ mi la vérité de la foi catholique brillr n r .. lii, .,i, li pernicieuses erreurs et les profanes In ivm, - >,iui |, frassr'is, et 1rs esprits des pieux lidùles suiil iiiei\eiileiisi'iiH'iii I iilLiiiiiiiés et de l'amour de Dieu et du désir dr l:i . ,1, -ir |Miii,'. En effet, ce qu'il y a de remarquable et il, |i;uii-iiliri ..n saint Bonavenlure, c'est que non
seiilr ni il liriM.ill par la subtilité i\r l.i iliMii-,Mon. la
l'aeihlr il, III- I ■ iiseignement, la saymil' ,1 m !■ - ili'li-
nilii.iiN, 111,(1- ,|ii il excellait à touc-ln i l ivre
une \L-rlu luute divine. Dans ses .riil il imnl < mi
immense savoir l'ardeur d'une piétc' iimi n - ji nul-
et ainsi en instruisant son lecteur il 1'- iir ni, il | h,
dans les replis les plus profonds de sou
son coeur d'aiguillons séraphiques et
douceur merveilleuse de dévotion, » Bulle Triumphanlis
Hienisalem, % 3,
Après ces témoignages nous croyons superllu de rapporter les autres qui sont cités par Bonelli, Prodromtis, Bassano, 1767, p. 83-111, et dans la nouvelle édition des oeuvres de saint Bonaventure, t. x, p. 3i-37.
/. CARACTERES DE SA DOCTRISE. — \« Le Caractère fondamental de la doctrine bonaventurienne est qu'elle est traditionnelle.
« Mon intention n'est pas, dit-il, de contredire les opinions nouvelles, mais de reproduire les plus communes et les plus autorisées. » Non enim intendo novas opiniones adversare, sed communes et approbatas reteocere. II Sent., praeloc. Ni ce respect pour la tradition et l'opinion commune, qu'il exprime d'ailleurs en plusieurs passages, ni l'autorité spéciale qu'il reconnaît à Alexandre de Halés, n'empêchent saint Bonaventure de suivre généralement les thèses de saint Augustin. En elfet, Jusqu'à son époque l'autorité du docteur d'Hippone avait été considérée comme suprême tant pour les questions philosophiques que pour les questions théologiques.
Une nouvelle tendance cependant venait de se manifester. L'iniluence de la philosophie aristotélicienne se faisait sentir de plus en plus. Déjà Alexandre de Halés avait pris uneautre attitude que ses devanciers vis-à-vis des ouvrages du Stagirite, en invoquant assez fréquemment ses écrits, voir Alexandre de Halés, t. i, col. 779; mais tandis qu'Alexandre ne les invoque le plus souvent qu'en passant et pour confirmer des doctrines établies par ailleurs, tandis qu'il ne les applique pas aux questions théologiques, Albert le Grand et Thomas tî'Aquin allaient plus loin. C'est surtout dans les écrits de saint Thomas qu'on voit l'application de la philosophie piTi|.,iliii. i. nih T.- lli.oiies nouvelles ne manquairiii n il pi i, i ! - discussions. Cf. De
Wulf,//iv/- 1 ,, r -''Vraie, Louvain, 1900,
p. 301 sq. r H ini 11 - il, 1 - i;i - .Il irouve JeanPeckham et plusieurs disciples de saiut Bonaventure.
Quant à Bonaventure lui-même, appelé au généralat lie son ordre en 1257, c'est-à-dire avant l'époque de ces controverses, il défendit toujours les thèses augusti-
niennes des raisons séminales, de la pluralili' des Ibrmei substantielles et autres, sans qu'aucun témoignage noui autorise à croire qu'il ait été en opposition directe ave( saint Thomas. Cependant il semble qu'il se montrai moins favorable à la nouvelle tendance. En ellet, après
ArisI,
Ile.
/,, Cl. II.
saint Bonavenlure ne donnait pas 1 ses augustiniennes, par l'unique accréditées dans les écoles. Il comme le docteur le plus e\ci II- i sophes, dit-il, Platon a re< ii 1 Aristole celui de la .scien< i l
intev philosoplios, reproche plusieurs ,i savoir dans les I, vu. Notons que
uoli
ipal
-, Mills
d'Ilippone. On recoin les principaux traits
;;,'liste de Sainl-lic-at, Le sémp/iiii de recule, Paris, 1900, p, 39.
Quoi(|ue Bonaventure montrât le respect le plus grand pour l'autorité des théologiens antérieurs, surtout pour celle d'Alexandre de Halés, de Pierre Lombard et d'Augustin, il ne suivait servilement aucun d'eux. Il ne voulait pas porter préjudice à la vérité pour l'amour d'un homme. Ne anwre InDiinns rmlnh fiai prsejudiclum. Opéra omnia, t. n, \<. liMti. C ,si pour cette raison qu'il réprouva d'abonl Iniii Mu-..-- ihi Maître des Sentences, loc. cit., p. 2, 1010, ut plus tuid, le nombre des thèses rejetées s'éleva jusqu'à quinze. Cf. Denifle, C'/ia)'(M(ar., Paris, 1889, t. i, p. 221, note. Aussi il avertit ses lecteurs de no pas admettre comme certaine la tradition, si elle est ilnulriisn, unni ilu fnlsiiin (Hcil qui certum propotnl id Jniinmi. ^imt ./»i diihiuiu asseril ut certum. 11 .^.'ni.. di-l, \.\X. q. i, ad 1"". Bonaventure, en réalité, 5,iv,ul juyer par soi-méuie. Il examine les autorités, il pèse les raisons d'un sentiment et il ne l'embrasse pas, s'il n'est appuyé sur un fondement solide. Aussi c'est l'humilité seule qui a pu l'autoriser à se dire un simple et chétif compilateur, fateor quod sum pauperel tenuis compilator . II Sent., prxloc, n.2.
Le motif pour lequel il s'attachait à l'opinion commune était d'éviter l'erreur avec plus de sûreté. Communi seulenliae pro viribus meis in omnibus prœcedenlitnis libris adhmsi, tanquam vix securiori, et sicut scio et possum, mihi et aliis consimilibus, parum intelligentibus, persuadeo adhxrendum. 111 Sent., à la fin. Opéra, t. m, p. 896. Il cherchait à enseigner une doctrine solide, évitant toute question inutile ou curieuse. Aussi il ne se prononce pas dans les questions douteuses. « Dans les questions douteuses et difficiles, dit-il, où je ne pouvais pas découvrir quelle était la voie commune parce qu'il y avait désaccord entre les savants, j'en ai soutenu une comme plus probable sans pour cela réprouver l'autre. Dans les questions douteuses il suffit de savoir ce qu'ont pensé les maîtres et il n'y a aucune utilité à favoriser les disputes. » jCoc. cit.
Aussi Bonaventure n'avait pas l'esprit de contradiction. Dans ses livres on ne trouve aucune trace d'arrogance ou de prétention. Il procède toujours avec calme, mo-
BONAVENTURE (SAINTi
destie et modération. Sa docli-ine a un caractère extrêmement pacifique et conciliateur. Avec une sagesse et un art admirable il arrive souvent à concilier les théories des maîtres, même celles qui, à première vue ou considérées superficiellement, semblent absolument contraires. S'il ne peut pas concili'i' p.u riilrmunt deux opinions, tout en gardant un ju>\r imli. n. M . li.Tcbe la
part de vérité qui peut être rriil- ri ll,lll^ l'une et
dans l'autre et il donne un sens jusie .iiix expressions inexactes. Il ne peut croire, en ell'et, que les grands chercheurs de la vérité aient émis sans raisons leurs plus célèbres théories. A son avis, ce qui se présente avec une apparence de fausseté est souvent reconnu vrai quand on remonte à l'intention de celui qui a parlé. Cf. Opéra omnia, t. i, p. LXiii.
Saint Bonaventure avait donc toujours le respect le le plus grand pour les sentiments d'aulrui. On ne peut que louer celle condescendance d'un si illustre génie. Aussi ces qualités de moib^lio, de modération, de douceur et cet es|iril de lui'. -1 ■] ,■,.),, '.,,■,].■ ,1 m- la recherche de la vériti iii.n- I ;i I I il que le but suprême île -i - m ■ m- ;, i i pie Dieu. Pour lui, la fin il.' loni.' -i i< nr.' . -i I iiiii.ni (!.■ r/iine avec Dieu, une union qui s'eUéclue par rameur, terme unique de toute l'Écriture sainte. Cf. De i-eductione artium ad theologiam, n. 26. Il considère la théologie comme une science principalement affective, qui .n pour tfrmr fie
nous rendre meilleurs et de nous coniluii. ,i ] m
Cf. 1 Sent., proœm., q. m, in corp. ci ni 1 .1,-1 pourquoi nous comprenons aisément qur cL P.iiiç~ les facultés de l'âme il développe surtout le rôle de la volontr-, laquelle il considère comme la puissance la plus noble, Voluntas est tiobilissimtini et supretiium substantif rationalis, 111 Sent., dist. XVII, p. i, q. v, ad 3""', et qu'il s'attache de préférence aux opinions qui favorisent davantage la piété, ou qui lui paraissent donner une plus haute idée de Dieu et de ses perfections et qui dévoilent la vanité et le n.-ant des créatures.
C'est ainsi, par exeuiiile. iju'il enseigne que la béatitude formelle consiste uuii seulement dans l'acte de l'intelligence, mais Miiiuut dans l'acte de la volonté. Lorsqu'il riiliiii I <\n<- 1' motif principal de l'incarnation est la ré.l. iiipii.iii ,lii ,.nre humain, c'est en vue de favoriser la picl.'. CI. /// Sent., dist. III, p. I, a. 1, q. II. A ses yeux. Dieu seul est immatériel, et il ne veut pas accorder ce privilège aux anges. Cf. 11 Sent., dist. III, p. I, a. 1, q. i; Coll. in Hexsam., collai, iv. Il n'admet pas la possibilité d'un monde éternel pour ne pas accorder à une créature une perfection qui ne convient qu'au créateur, cf. 11 Sent., dist. I, p. i, a. 1, q. i, ad 5"", et il n'ose pas se prononcer en fiiveur de l'immaculée conception, alors qu'il y était porté par sa tendre dévotion envers la sainte Vierge, par crainte mal fondée de diminuer les excellences du Fils en exagérant celles de la Mère. Ul Sent., dist. III, p. i, a. 1, q. 11.
Les caractères spéciaux de saint Bonaventure et de sa doctrine, quoiqu'ils ne rendent pas ses écrits infaillibles, suffisent cependant en général à leur assurer une grande solidité et sûreté. D'autre part, il- in.iLiifesli-nt sa sainteté et ses vertus; ils démont était pénétré de l'esprit vraii tout il n'a eu d'autre guide 1 Sans indiquer en détail tuul et çois, disons cepend.uit (ju'il d exemple la
■ !.■ s, mit docteur
pci. s/raphique, ent de saint Fran- ^ conseils et à son ible soumission à
Jtorité, la vénération des théologiens, le respect pour les opinions d'autrui et son tempérament pacifique. Cf. Évangéliste de Saint-Béat, Le séraphin de l'école, p. 95-106. Toutefois il a imité saint François surtout par la contemplation de la beauté suprême et son amour de Dieu. Comme lui, il poursuivait son bien-aimé partout où il trouvait imprimée une trace de sa présence, et chaque créature lui servait comme d'un degré nouveau pour
arriver à la possession du bien infini, et souverainement désirable. Personne mieux que lui n'a exprimé l'exclamation ordinaire de François d'Assise : Deits meus et omnia! « Mon Dieu et mon tout! » Personne ne l'a répétée avec plus d'amour. Personne aussi n'a mérité plus que lui le surnom de séraphique.
//. OBJET. — L'objet de la doctrine de saint Bonaventure embrasse la scolastique dans toute son étendue. Il ne comprend pas seulement la théologie spéculative, la mystique etl'exégèse, ilcomprend aussi la philosophie. Les principaux points de doctrine qu'il enseigna sur les diverses questions de ces sciences seront indiqués dans les articles spéciaux de ce dictionnaire. Aussi nous croyons inutile de parler de sa théologie spéculative et de son exégèse, après ce que nous avons dit de ses œuvres et des caractères généraux de sa doctrine. Nous nous bornerons donc à quelques considérations sur sa philosophie et sa mystique.
1» Philosophie. — Le nom de Bonaventure, un des plus illustres parmi les philosophes chrétiens du moyen âge, est tombé dans l'oubli durant les siècles suivants. On a considéré le saint docteur plutôt comme un mystique dédaignant la science. En effet, à prendre à la lettre quelques-unes de ses expressions, telles que celleci : Descendere ad philosophiam est maximum périculum, Collât., xix, in Hexsem, n. 12, on pourrait croire qu'il est l'adversaire de la philosophie. Cependant ce serait une erreur de le penser. Saint Bonaventure blâmait, il est vrai, l'usage immodéré, que quelques docteurs de son temps faisaient de la philosophie ; il ne permettait pas d'exagérer le rôle de cette science. Pour lui, la philosophie par elle-même suffit pour faire parvenir à la connaissance de quelques vérités, qusedam sunt qux non prius creduntur quam intelligantur, sicut sunt antecedentia ad fidem, et ea quss sunt de dictamine juris }iaturalis sicut Deum esse, etc., /// Sent., dist. XXV, dub. m, mais elle ne peut pas connaître toutes les vérités sans une illumination plus haute. Ainsi elle ne peut pas par ses seules lumières connaître parfaitement le créateur. Cernere ipsum divinum esse et ipsam Dei unitatem et qualiter illa unitas non excludat personaruni pluralitatem, non potest, nisi per jnstitiam fidei emundetur. 111 Sent., dist. XXVI, a. 2, q. III. La philosophie doit être subordonnée à la théologie, theologia substernens sibi philosophicam cognitionem. Breviloquium, pro\og.. §3. La philosophie indépendante mène nécessairement à l'erreur. Necesse est pldlosophantem in aliquem errorem labi, nisi adjuveturper radium fidei. II Sent., dist. XVIII, a. 2, q. i, ad 6""' . Mais ces restrictions mises à part, saint Bonaventure parle en termes élogieux de cette science. Cf. Itinerarium mentis in Deum, c. 111. Il la défend même contre ses adversaires, parce qu'elle est un précieux auxiliaire de la foi. Il suffit pour s'en convaincre de lire VEpislola de tribus quseslionibus, n. 12, Opéra omnia, t, viii, p. 335, où il dit, par exemple : Si verba philosophorum aliquando plus valent ad confutationem errorum, non devint a puritate aliquando in his studere. Aussi dans ses écrits Bonaventure se montre versé dans toutes les questions philosophiques. Il n'écrivit, il est vrai, aucun ouvrage directement philosophique, mais dans ses oeuvres théologiques, il fait une très large part à l'étude des problèmes de la philosophie. Les tables des sentences philosophiques ajoutées, dans la nouvelle édition, à celle des quatre livres des Sentences, Indices in libros Sent., p. 405-502, en sont la preuve évidente.
Les livres qui font le mieux connaître la philosophie de saint Bonaventure sont Vltinerai-ium mentis m Deum et le commentaire sur les Sentences qui « contient une des plus excellentes théodicées qu'ait produites jusqu'ici l'alliance de la foi et de la raison », A. de Margerie, Essai sur la philosophie de saint Bonaventure, Paris, 1855, p. il8. et qui même « peut fournir à lui seul un
lîONAVENTURE (SAINT)
cours de pliilosophie des plus considérables ». Evangéliste de Saint-Béat, Le séraphin de l'école, Paris, 1900, p. 57.
Conformément à ses principes, saint Bonaventure, dans les questions philosophiques, s'attache de préférence aux opinions généralement admises. Son système philosophique, comme celui qui de son temps était accrédité dans les écoles, peut être appelé à bon droit un péripatétisme nuancé d'augustinisrae. C'est en vain qu'on a voulu faire de saint Bonaventure un disciple de Platon. Nous ne pouvons, il est vrai, nier tout point de contact entre lui et ce philosophe. « Comme Platon, il ?e (li=';n2;up nnr réi.'\.i;ion, la variété, l'ingéniosité
titre de saye à Plalon plutôt qu'à Aristolc, à c|ui il reprochede s'être arrêté trop à l'ordre sensible, cf. Sertim de ChiHsto uno onuiiuni ntagistro, dnns Opéra miui'in,
t. V, p. 572, mais il n'en M.'i \<.>- in- l(' invinin
d'être tombé dans l'excès r,.i i iiiin ,lii-il,,i
ramené toute certitude au m ni m Hi ;ii' mm hI. ,iI. et c'est pourquoi il a (•\r iii-i.m. nt i imimumIm |i,ii Aristotp. » Vnde quia Plahi l'^hm, , ,i. /(,,/, r,„,,;, ,,-,//tudiiialimi convertit ad iiiiiinliim iiiirlh<jihilrni ^irr Idealeni, ideo nierito re)ir,'/ir,i^iis fini nh .\ n-^inhlr. Loc. cil. Kn ce qui concenir N- uiiimi ~.ni\. i.nnli^ .pif Platon enseigne qu'ils exislcni . n ilrlim-, ilr lonlr mitière, saint Bonaventure suiiln ni .pi lU n ■ priiMiil . in' connus de nous que par l.i \.iir drs -. n, l,,,hii'ii,n,ir,' veruni est, ijuod d'uil pliilij\nj,l,H-., in,i,,iiin,i,'iii iim,'rari in nobis via si'iisns. niniiffcf n .■ .■/>,■, i.iih.r, ,:,
tiuihvs COlliçiilUr iiinrrrsulr m in.lus. /.,,-, ,'il. \u--i
saint Bonaventure l'.'pr.. m l'-l-il l.i ihr.uir.lr l,, i, 1111111, cence des idées, (/»./../ .,/';../.,// /.;.,; y./,,/,. m.;-/, . , .,.'...,,, Auguslinus. II Sfiii.. .Ii-i. \\\l\, .| 11, c.iin I i ;. quelques points sullisriii :, .l.'nu.iiiivr ri.ppu^ilioii r~s.iilielle des s\-lriiic^ \ii- 1 l.'s modernes renonreiil-ils .'i faire du iI.h t, m -i 1 ipinpi,. un disciple de Platon. C'est pourquoi M. .!■ W ull n In sile pas à affirmer que, « malgré des suiip.iUii.s au^u.-.tiniennes non dissimulées, saint Bonaventure, lui au.ssi, est péripatéticien dans le sens scolastique du mot. » Histoire de la philosophie médiévale, p. 291. Sans doute on ne peut pas le ranger parmi les péripatéticiens sans restriction. Quoique Aristote soit le philosophe dont il fait le plus fréquent usage dans ses écrits, ainsi qu'il ressort des tables des auteurs cités. Opéra oninia, t. .\, p. 266, quoiqu'il lui ait emprunté la méthode logique, les classifications, qui mettent de l'ordre dans les idées, et les formules, qui expriment avec profondeur et concision les principes dont l'application est fréquente, pour le fond cependant il s'écarte quelquefois de lui, et préfère les doctrines de Platon, qui ne lui sont pas moins familières. Cf. de Margerie. Essai sur la philosophie de S. Bonaventure, p. 40 sq. Il emprunte à tous les systèmes, il les complète l'un par l'autre, et loin de se laisser dominer par eux, il les rend tous tributaires de la philosophie chrétienne. Au-dessus de toute philosophie humaine, il reconnaît l'aulorité infaillible de la révélation. « Seule la science des Écritures peut offrir une satisfaction réelle. » In liar finla srîpiitia est delectatio non in aliis. Coll., XVII, m ll.:<-:,-ni,'nm, Opéra omnia, t. v, p. 410.
1.. -\^!riii' philosophique de saint Bonaventure a été en .pi. I. pi' s |Miiiits faussement interprété. On l'a souvent
i-nt
tudinaliier cugnoscilur cognoscatur in ratianibus seternis, Opéra omnia, t. v, p. 17 sq., a contribué beaucoup à démontrer l'erreur. Cf. à ce sujet. De humans; cogni-
tionis ratione anecdota guaidam S. Bonaventurse et
nonullori
47, et 1^ 2" .1/ :
lipsius discipuloi-uni, Quaracchi, 1883, p. 1- )n:ivcnliire. Oppra omnia, t. v, p. 313-316.
i-.'!:f 1. iimI.' (le la vie spirituelle est la Il pi M. mil Iniiiaventure, de l'avis de tous,
i\ ml I . \pi. - .ivoir touché au sommet de
ii/l r.niiis kabeatur r (Il ^.|||| les pro-
iii.illr,iili-iiiii-\iii ,If JiniiM.mbrel890,
I I 1: ml - ,11 iili I .■ ilf mystique,
> I , I lin : . h ■ ,1 Jllii "V ou lIs Ont
l'iiiMM -I v.iluur coiaïue scolaslii|ue. Ils l'ont
II s , tant occupé exclusivement de mys-
li il. lignant la science ; tout au moins ils ont ' son mysticisme a nui '< <.\ .Irirtriin -p.'inlilive. il penser de ces ac. ii-.iin.ii - ' \pi.- 1. ipio is dit de ses écrils .1 il. - 1 il 1 rsl
lions n'enlèvent pas la force
i'onli li.is, ipi.iiipio sailli llonaventurese soit occupe ordinairement de philosophie et de théologie, nous pouvons concéder, et nous le faisons très volontiers, que sous un double point de vue, le mystique l'emporte en lui sur le scolastirpie, soir que l'on envisage les conditions qu'il reipiirii iliiK r.'liii qui s'adonne à l'étude des sciences, cf. (.'11//11//101, X 1,1 Hexsemeron ; Collatio7ies de seplem dniiis .S/.diJds Siiiicti, soit que l'on considère le but qu'il se propose en écrivant.
Mais peut-on lui faire un reproche de cette prédominance du mysticisme dans ses œuvres? Nous le nions absolument ; nous affirmons, au contraire, qu'elle constitue son plus grand titre de gloire.
Nous nions donc que son mysticisme ait nui à sa doctrine spéculative. .Sans doute, le procédé mystique et le procédé scolastique sont distincts. En effet, tandis que le scolastique tend à s'unir à Dieu par la réilexion et le raisonnement, le mystique, comprenant que la connaissance intellectuelle est, de sa nature, une opération abstraite et froide, cherche à s'unir à Dieu par toutes les facultés de son âme à la fois. Il comprend que cette union s'elfectue surtout par l'amour qui doit diriger toutes ses actions. C'est pourquoi il recherche les traces de l'action de Dieu partout dans l'univers; il prend pour devise la belle formule de Bonaventure : Vita conlemplalionis est per ardentem amorem crucifi.ci. Itinerarium mentis in Deum, prolog. Néanmoins, les deux procédés ne sont nullement opposés; l'amour et la pensée peuvent se soutenir mutuellement et concourir à un même but. Le mystique, pour traiter et résoudre toutes les questions philosophiques, peut se servir de l'expérience, de la raison, de tous les moyens par lesquels un esprit calme et maître de soi s'efforce de parvenir à la science ; il peut donner, pour les devoirs de la vie active, les règles les plus saines et les plus éloignées d'un quiétisme fanatique. D'autre part, la
BONAVENTURE (SAINT
science scolastique peut devenir plus aimante, plus complète et plus profonde grâce au souffle mystique qui sort de l'âme. Et, de fait, l'histoire constate cette heureuse union dans quelques âmes d'élite; elle nous offre, comme le prouve A. de Margerie, Essai sur laphilosopliie de saint Bonavenlure , un des plus beaux exemples de cette union dans le docteur séraphique, qui, employant les deux procédés, n'a, à proprement parler, qu'un seul système (une seule philosophie), dont son surnom indique admirablement le caractère.
Le mysticisme de saint Bonaventure n'a rien d'un visionnaire. Emprunté aux Pères, au pseudo-Denys et à saint Bernard, il est surtout le développement de la doctrine des Victorins; il n'est donc qu'une expression vivante de la science des Pères et de l'ancienne tradition de l'Église sur la vie contemplative, et il a pour garant toute l'antiquité. « Son mysticisme est l'incarnation la plus parfaite du mysticisme au xm» siècle. » De Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, p. 291.
///. PLACE qu'occupe SAINT BONAVENTC/IE DA.WS LA
SCOLASTIQUE. — Le nom de Bonaventure, collègue et ami de Thomas d'Aquin à l'université de Paris, est très souvent joint au nom du patron des écoles catholiques. Sixte-Quint, qui les appelle « les deux oliviers et les deux brillants chandeliers de la maison de Dieu », nous explique la raison de cette constante union des deux docteurs. « Il existe entre eux, dit-il, une union parfaite.
dat. Bulle Trii(iiiiiluinli6 II icrnsuleni, n. V.i. .\ussi ne pouvons-nous mieux indiquer la place qu'occupe Bonaventure dans la scolastique qu'en comparant sa doctrine avec celle de saint Thomas, car « la théologie scolastique a été illustrée principalement par ces deux glorieux docteurs ». Theologia scholastica, guamdiiopotissimum gloriosi doctores, angelicus S. Thomas et serap/iiciis S. Bonaventura. . . excellenti ingénia, assidue studio, magnis laboHlius etvigiliis e.rcoluerunl. Loc. cit., n. 10. Ces paroles, citées par Léon XIII dans l'encyclique jEtemi PatHs, nous autorisent à affirmer que ces deux illustres génies sont les princes de la théologie scolastique. Cependant ils ne le sont pas au même titre; ils ne se sont pas distingués de la même façon dans toutes les parties de la scolastique, ni à tous les points de vue. Aussi, quoiqu'ils soient d'accord dans leurs principes et la plupart de leurs conclusions, quoiqu'ils dirigent leurs études vers le bien suprême, comme leur but unique, ils ont cependant leur caractère propre, signalé par Dante :
L'un fu tutto serafico in ai-doie L'altro per sapienza in lerra fue Di cherubica luce un splendore. Parad., cant. tl.
De là, résultent plusieurs divergences.
Ainsi, par exemple, In dorlrine spéculative de saint
Bonaventure, (phH.| xli^MMimni .li'ndue, n'est pas
aussi développic. ' n .|ii. Iim -hih^ ilr ses parties du moins, ni aussi .cinpl, inniiil m -,iiii-.,'e que celle de saint Thomas. C'est surtout en philosophie que saint Thomas est plus abondant. Il traite les questions philosophiques ex pyofesso, tandis que le docteur séraphique les aborde incidemment et seulement au degré nécessaire pour résoudre clairement et sagement les problèmes théologiques. De plus, saint Thomas, ayant consacré toute sa vie aux études, a pu organiser complètement son système, ce que Bonaventure, appelé au gouvernement de .son ordre, n'a pu faire. Nous pouvons donc, d'une façon générale, reconnaître la supériorité, sous le rapport spéculatif, des reuvres de saint Thomas, quoique néanmoins l'aiilnui ■ ilr -lini l;onaventure soit plus grande en plusiem- .|(i-;hM- particulières. En outre, saint Bonaventure cM plnt.-i plalonicien et saint
Thomas plutôt aristotélicien. Saint Thomas excelle dans l'analyse, saint Bonaventure dans la synthèse. Les écrits de saint Thomas sont rédigés suivant la méthode et la forme scolastiques; dans sa manière de dire, saint Bonaventure imite plutôt le genre de saint Augustin. Bref, on peut dire que le docteur séraphique surpasse le docteur angélique pour la synthèse théologique et les vues d'ensemble et aussi par ses écrits mystiques.
On comprend ainsi quelle doit être l'utilité de joindre l'étude de saint Thomas, qui illumine surtout l'intelligence, à celle de saint Bonaventure, qui enflamme surtout le cœur. En étudiant ces deux docteurs, on connaît tout ce que le moyen âge nous a laissé de beau et de sublime. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que Léon XIII ait écrit dans sa lettre du 13 décembre 1885 au ministre général des frères mineurs : Nullo modo dubitandum est quin catholici pvsesertim juvenes in speni Ecclesise succrescenles qui ad philosophica ac theologica studia, seaindum Aquinatis doctrinam sectanda se conferunt, perlegendis sancti Bonaventurx operibus plurimam utilitatem sint haustun atque ex eorum scriptis quasi ex prsecipuis aiTnentariis gladios ac tela sumant quitus in telerrimo bello adversus Ecclesiam ipsamque humanam societateni commotn hostes superare strenue queant. Cf. S. Bonaventurœ Opéra omnia, t. m, p. 2.
lY. IXFLUENCE. — La doctrine de saint Bonaventure a été souvent invoquée par les conciles œcuméniques. Nous avons dit plus haut l'influence personnelle que le saint a exercée au concile de Lyon (1274). Dans les conciles suivants de Vienne (13H), de Constance (liU-'IM?), de Bâle (1431), de Florence (1438), de Latran (1512), et même dans celui de Trente, qui a tant honoré saint Thomas, la doctrine de saint Bonaventure a servi à résoudre les questions difficiles, à confondre l'erreur et à faire triompher la vérité. Cf. Bonelli, Prodromus, p. 92- 96. Le concile du Vatican, dans ses constitutions dogmatiques, n'a rien promulgué qui ne soit contenu dans les écrits de noire saint ou qui n'en découle nécessairement. Cf. Louis de Castroplanio, Seraphicus doctor S. Bonaventura in œcttmenicis calholicse Ecclesise conduis cum Patribus dogniala definiens, Rome, 187i, p. 49-368.
La doctrine de Bonaventure a eu l'honneur d'être enseignée dans les universités les plus célèbres du moyen âge. Dans plusieurs, on l'enseignait avec celle des autres maîtres, saint Thomas, Albert le Grand, Alexandre de Halés; dans d'autres, il était considéré comme le docteur principal, et un cours spécial élait consacré à l'explication de ses écrits. Au nombre de ces dernières, Bonelli énumère les universités d'Ingolstadt, de Salzbourg, de Valence et d'Ossuma. Cf. Bonelli, Prodromus, p.iiO.
Dans l'école franciscaine, il faut l'avouer, la doctrine de saint Bonaventure, comblée d'éloges de la part des théologiens étrangers à l'ordre, a été presque négligée jusqu'à la fin du xvi» siècle. Aussi, les écrits de ses disciples immédiats, de Jean Peckham, archevêque de Cantorbéry, de Matthieu d'Aquasparta, élu général de l'ordre en 1287 et créé cardinal de l'Église en 1288, de Guillaume de Falgar, évêque de Viviers {Albse Helvetiorum), d'Alexandre d'Alexandrie, ministre général, quoiqu'ils ne manquent pas d'importance, restèrent inédits. L'école du docteur séraphique fut supplantée par celle de Scot, le docteur subtil. Cependant elle ne disparut pas complètement dans l'ordre. Elle eut toujours des disciples. Cf. Bonelli, Prodromus, p. 109; Évangéliste de Saint-Béat, S. Bonaventurœ scholœ franciscanx magister prmcellens, p. 39-50.
A la fin du xvi= siècle, un mouvement de retour à la doctrine du docteur séraphique se produit dans l'ordre des mineurs grâce à Sixte-Quint, qui plaça Bonaventure aux rangs des premiers et principaux docteurs de l'Église, ordonna l'impression de ses œuvres et fonda
BOXAYENTURE (SAINT)
une chaire de doctrine séraphique dans le collège des Hoiizc- Apôtres des frères mineurs conventuels à Rome. Néanmoins, Bonaventure n'a jamais été le maître unique lies franciscains. Les frères mineurs capucins, il est vrai, se sont attachés à lui de préférence pendant deux siècles au moins, Prosper de Martigné, La scolastique ,'l 1rs ii;ni:ri,,,is f, iiiiiisr:iiues, p. 25-40, mais les frères iiiin.iir- .1 Ir- , HiM iihn'ls ont donné toujours une |il,Mr |iiiMl,Ln. .1 Sr, il, s;ins exclure cependant complèl'iii.iil cl.' I. m .'ii-ii;u,ii]ent les maîtres de l'ancienne l'cole franciscaine, à savoir Alexandre de Halés, Bonaventure et Richard de Middletown. Cf. op. cit., p. li-2'K A l'occasion du sixième centenaire de la mort de notre saint, céléliiV- .n IS!7Î .nrc la plus grande solennité dans l'ordre loiil miiii, un nouveau mouvement s'est produit. Un grand ulin .1 . .liis ont été consacrés à sa mémoire, une nninrllr I ililion critique de ses œuvres a été préparée et le chapilre général des frères mineurs capucins, réuni à Rome en 188i, a porté ce statut : « Dans l'enseignement de la philosophie et de la théologie on exposera, suivant le désir de Léon XIII, la doctrine très tlevee et ties suie du siiaphique docttui saint Bona \enture et du docteur angehque saint Thomas » Ordi mt 14 cf Prospei de Miitigne op cil p 47i De incme les nouvelles constitutions de-^ fieres mineurs rappellent I ancienne école franciscaine In doctrims p/alosopliiciset Iheologictsantiquœ scholse fianciscan-v inhœieic studeant qiitn lanuii cœteios <<iholaf.ttcos negUqant Constttutioni >> geiieiales oïd fi mm
1 B10< RAI llIE -Ni) I t 1 I 1 I
temponine delillu ti i i i i
Gilles ^imorn O M I i
dansbonUvie De ii !i
vilts mais cet ouvi i[, L i. 1 1 t i s /
ma t \ p 39 On ptut l ultlui» lecuii l ( I ii\
delà vie du saint soitpai sebpiopies i i i tti
ciels soit pai les données de» -lutcui i i i I i \[ii
Il n\i nmmencement du \iv il " i Uuui
11 I 1 ■^ ilimbene Chi oiMC ; 1 i i 1 '84 Ijbertm
1 1 I Ubor iit% oucili \ I 1 it vers ISOS)
I 1 II 1 1 Fihrnnn mnrt il I i i »édon» quel
I 11 1 ( t --1 1 1 S(/;/ t; ( ( lashgatw ad
I ancii, I Rome 1806 p 142 sq I I / jmntaS Bonav m typogt aphia
I i I I I uteur du Camtogits Go« alvmus
u <-.( u I 1) 0» tint genêt ahum publié dans
les Aiiuieclu /lui laciina Quaiacchi 1897 t in p 693 712 par 1 auteur des C/iJ onica \v;i genetalium mtnisttotum ibid t ni p 1 o74 par Thomis fl(> Fccleolon Iihor ic ndientn fia trum mmoi uni I j iH 1 i I 1 ' r ma
nuaia>,clii 188o t i i I \ Il to
la de septem lui i \ I w
lil 1 1 inrd taid pai jBaithUcai> de Pise ! ac spiaphwi Patns Fianosci 1490 Milan lolO 1513 Dans 11 ont écrit la v le de Bonaventure ions les principaux "W adding 7 um t i II Sbarale-i hupple
S Fi.
juin
1 ' Li 11 in
'( I \ 1 I"- I I le S Bona
Il 1^ s \i 1 I \i 1 1 L ttia rioience
18 4 \nnine Mam d Victn^ t it i Ji i, Luiicutiilura Rome
1874 trad allemande Paderborn 1874 Louis Mai angoni ^ Ua
di S. Bonaventura, Padoue, 1874; Pamphile de Magliano, Storia
':. Francesco e dei francescani, Rome, 1874, 1. 1, p. 614-650; Isidore de Buscomari, S. Bonaventura ordiiiis fralrum minoriim miniater generalis, Rome, 1874; Prosper de Martigné, La scolastique et les traditions franciscaines, Paris, 1888, p. 79-116 ; Léopold de Chérancé, Saint Bonaventure, Paris, 1899; S. Bonaventura; Opéra omnia, Quaiacchi, 1902,
bliothèquo nationale de Florence, cod. E. 5. 9. 84, in-8', fol. luu : Incoiiiincia la vîta di S. Bonaventura cardinale Albanensi et doctoredel ordine de «linori; la fin est fol. 109. A. Ij'giiy (en Silésie),àlabibliothèquederéglisedesSaints-r;. n- 'P i'. ■ ..1, 11. in-fol. de la fm du xv siècle, fol. 29 v. : /"- / ' ' ' '.'"-
(lutittitura;. Cette vie a 25 chapitres et linii i : \ I .. .lin. cod. 15/a, du XV siècle, Liber canoniriunn, ,.,.;,,..„, m Bethléem juxta Lovanium, fol. 4 r. : Beau .lohanms Bumrventune viri seraphici ac doctorts dcvotissimi ordinis fralrum ininorum, primum generalis ministri, dcindc A Ibanensis episcopi et sanctse romanse Ecclesiie cardinalis vita, etc., fol. 10 v. Finit vita cum canonizatione beati Bonaventurae sub brevi cumpendio a liSO \n augusti \ Lyon \ la bibliothèque de la ville cod 880 m fol fol 11 La vie de saint Buiiavtntm caidmal éveque d \lbano mnoinm le dortrin i plu que pati on de la till I I t ] ^ I
Fahy 10 juillet i~ n \ M
cod n 130 pian su| i i i i i
Cwnpendium vttv tti I i II
E caidinalis Cf S i ( i/i i i i i \
I 11/, tlettia
I 1 ( jviiicnaàL
I ili 1 le 1 11 i 11 I 1 1 1 1 1 I 1 u iwiii il j a
une liste deaouviagesrelaUlsaux c.umiiic.nlaiie»bui les Sentences Mentionnons spécialement un article du P Lhrle sur 1 ancienne école franciscaine dans Zeitschi ift fui I alhohsche Théologie 1883 t I p 40 sq
Nous n indiquerons que les ouvrages imprimés qui ti aitenl ex profesio de la doctrine de Bonav enture G Vorilongus (Vuri i lonis \oili(in •;- en 1464) C mmrntntiu'! m quatxioi lilios Srn I • •^11 t < t
15C8 \eni e lo74 Pelbait de Teinesvai (yen UJU; 1 umi luiii j iixta quatuor libres Sententiai um Haguenau 1503 1504 lo07 1508 Venise 1586 1589 Brixen 1594 (ces deux derniers au teuis tout en faisant un usage fiéquent des écrits de Bonav entuii. suivent plutôt la doctrine de Scot) Jean de Combes (t en 1570) Aniiotattones et declai ationes m tet mmos théologales S Bo naventuiie Ljon 1560 1611 Venise 157o P Tngosus Sancti Bonaienlurse 'iumma tlieologica Rome 1593 Ljon 1616 (seul le premiei tome contenant le traité De Deo uno est im pi ime 1 ouv rage ayant été interrompu pai la mort de 1 autem i F L Conolano Sancti Bonaventurœ Sumnia theologica Rome 1622 (le tome piemier de cette Somme contenant le tiaité De Deo uno et tnno a seul paru) Th Forestius Pai aphi ases commentana et dtsputationeb de aima et sanctissima Ti im tatejuxta mentem dm Bonaventutse Rome 1633 Jean Mai le Zamorra Di ] t i il e I qicse de Deo uno ettimo in
quitus pi vi 1 01 um dogmatum elucidatio-
nem on i i i D Bonaventuram D Tho-
mam et ^ s apposite et candide compo-
I \ Il 1 I 1 il iibCortonensi Cj i iituiiaii
I t abrielli Theologica: dispiil i
t I um et impiorum lepiob tu i
1 I et Scoti Rome 1653 Id / /
ttui 6 / Iule ^pe et thaï itate ad ment I
et S>coti Rome 1656 Bona%entuie de L /
Bunaientuia et Thomas seu unica i i
summa ex omnibus tel e sancto) um 7 1 il i i
placitis concinnata mtet quse si aliquan h lui ilii ss dissidium aut bemgna erplicatione compomtu) autpioble matica disputatione eventilatur, Lyon, 1653, 1655; Matthieu
Fercliius De mtgclis ad
BONAVENTURE (SAINT
sancti Bonaventurss Padoue
I608 Matthias Hauzeui Collatto lotiti3 theolnqisemtei majcrei, iwsnos I Akxandrum Hakii m '- B n a iiinan f Joaimein Dum Scotum 1 1 f 1 1
Namui 1646-1652 Marc I I 1 '
itntus et tnum doctoi mu
que concihatoi is Lyon 1( 1 I I 1 | 1
,dans son essai de conciliati n ) Il ' 1 lui 1
specuJativœ quam ptacticœ L5 1 1 M I ensi'î
Smnma seraphica m qua S Bui c il ulo
gta dilucide est enodata etc "M 11 1 I 1 1 1 I iit que
reproduu e mot a mot la doctrine de -imt B n i\ ntuiD B m^ratia Habsensis Elucidatw quai m \doni quœ tionu u et locoiiim theotogicoi um de <:ac)amentis m qi ibiis S Bunaienturi a
gne ILi '
theol I
D Bonaventurse éditt nardin de Rouen Rit composé en giandt \ ceux de Da\ id d \ 1
Pour 1 en emblt I consulter encore (
d ms cet article on peul 1 luit et ses fauT admi
ri M mut I \in
lliLOlogia ca/iucCDWiet q I 171 Beinaid \an Loo ^y ;« tu et sjpienti pei >,u
docti I Bo ai modem 1 ge« Comj en tiuin i En particuliei su peut consulter Mai totius phil K î lui 1634 U I \l 1
ni6-,kl»e
des Joan,ies L
Neuone Bieviloquium 1 1
dm Bon
wtntune desu,„i 1
c nuiwn
s laliune aniidci 1 ji
s roiuu
tyiini-e et ntmnulloutn
n» lu IK
M Me\andre Baroni La
dut -.DO
L,afC d U , su, r ,
pxnciti'
delUmi
gélihle d
ctoris 1 Qua uidala
tder
Paris
ui 11 d II I cifiii laphique
se liuu\c s ma conUedil iku» le» Si,;io/m de iedition de Quaracclii une taille de ceux qui concernent les quatie livres des Sentences a été dressée, t. x, p. 6-9.
Ih ! luu R me 18/4 Piosper de Mar
/( Il Hadilwnt II unci cames Paris
I tiad itilienne p 1 Lruis de Piedelama
I no Giannini Studu 'iulla scuola fiances
rraneci Marie de S-Ueine Delta poesia net
I maientuia Gmes 1874 Dominique Facm
tio de sludw Bniaieiitui^ano Quaricchi
Il 1 h 1 1 no «i Bonaientma e Dante Milin 1899
N Bosati Leloquen a ci istiana m S Bonaventuia riorence