I- ih^inin- I ,11 \-l\\-i. L'oncle elle
neveu sn jnini , ni alm - .l.in- I in-iii i . nimn ouverte, alléguant Ins h.iuiln- i{ui niiiinliimiil 1 l'Ini'liun dc Bouifacc et invilani In. liilnln. ,i lin ivluser oliéissance jusqu'au prochain n..nniln ^mim ,il , La Liinrre, la triste « croisade » qui s'nii-uiMt sn Iniinin.i pal la soumission des Colonna dont les lurleiusses furent rasées. Palestrine, la dernière de leurs places et la plus puissante, fut détruite de fond en comble à la seule exception de l'église cathédrale. Le pape iinlilia cette venyeance à la chrétienté. Sun In. riiiiin- il.. I,i , illn. il ,n,,iil l.ul |i,i..nr la
Charriln , l -, m, r.ln , I , , ,i, ,,i,, |,n'. . I, I ;,,h, i.in- ,n,,ihail
fait pour 1 ,.ii lli.n-' l-J inin I :',i!' . I ,■■ ■ ( ,nl. m ij,i . i 1 i.i ppn.
sa parole de les réintégrer dans leurs honneurs, allèrent grossir dans la Haute-Italie, en Sicile et en France le nombre des ennemis du pape.
Toutes ces dillic nlli's jnli limim. aniruèient Boniface à user de compl.n- hk ' i ii\ni- riiihppn In Bel ; il tempéra l'applicaliou lin 1,1 Inilln (.7n,,nns 1,,11'tis en autorisant le clcrgé à laue lin- ilnll. Milnlil.urns au rni saiis la permission du pape (A'nn/n;n( nmh,. 7 fi'Mânr l'i'.iTi, il accorda les levées d'ar;:niii non-nnlm. pm In nlm-r. ,1 France (28 février) ; il pninnl ,iii mi iln il.nnl. i- iln. m.
de nécessité où pour levni lii. i,i\n. H | ir.ni .n ,li.-
penserde consulter le papn /,/m ./ns/nz/i,;;! inilli i ]-l'.\~ Même après ces concessinn-. IMnlipp, nniiiiiiii,i iln r.cuser l'intervention par \uin d.iuluiiU du puiiUfe ilan.s
ses affaires. Quand il accepta l'arbitrage du pape en 1298, pour conclure la paix avec l'Angleterre, il spécifia que l'office d'arbitre serait rempli par Benoît Gaëtani comme personne privée, non par Boniface VIII en tant que pape. Sous l'influence des mêmes embarras en Italie, le pape essaya de consolider sa situation en refusant d'abord de reconnaître Albert de Habsbourg qui venait de renverser et de tuer le roi de l'Allemagne, Adolphe de Nassau (1298), puis en essayant d'obtenir de lui la cession de Florence pour prix de cette reconnaissance.
Le jubilé de 1300 marque l'heure la plus glorieuse du pontificat et celle des décisions les plus graves pour l'avenir : les victoires des Tartares sur les musulmans (décembre 1299) avaient rouvert la perspective d'une conquête de la Terre-Sainte; les plaintes des Flamands avaient persuadé Boniface que l'arbitrage de 1298 avail été mis abusivement à profit par Philippe le Bel ; le succès du jubilé qu'il avait décrété, l'infiuence de la papauté que révélait le concours de deux cent mille pèlerins aux tombeaux des apôtres, déterminèrent le pape à essayer de regagner le terrain que les circonstances lui avaient fait perdre, et de briser les résistances que riMii-nuIrnr.iinnt ses projets sur Florence. 11 revendique p.ir II liniinhn ili. .on 1 m lin nniilia lien, le cardinal
ir.\(pi,i-p,ll 1,1. In. iliMll- In. pin- nlnllilns, HailS Un SBI'-
iiinii .In piliiln. In iMiihnal mnl mi pM..nuce de Boni-
facn ., qlln |.' p.ipn snni a l.i snlunlMIUnl.' spirituelle Ct
temporelle sur tous les hommes, en place de Dieu ». L'année suivante, à l'occasion de l'élection du roi de Hongrie, Boniface écrira : » Le pontife romain, établi par
mark le rm I i m \ 1 1 1 im miLut .pm Innlninnnl ni ,i ilnnii dans une Inlln .!.■ plu-mm . aunnn,. au su|nl iln 1 nuiprisonnemenl injuste de Grand, archevêque du Liiud (1-295- 1302) ; qu'en Hongrie, le candidat du pape ne put obtenir le trône au détriment de Ladislas V, fils du roi de lliihéiue (1301); qu'en Pologne, Wenceslas conserva et Iran. nul l.i nminuiiin a .un lils malgré le pape; mais , . (I. Inin- Il i - -nii.il,|n- -1 I ,.ii considère que la Hon- ^11, .1 1.1 r.il.i ii.' |i,i-..iiniii puur des fiefs du pontife luiuaiu, 11 nUiifUl |iuurlaiil que des épisodes lointains sans rapport immédiat avec le nœud central de la lutte. Celle-ci ne pouvait manquer de renaître entre le pape et le roi de France que séparait une dissidence absolue de principes, et chacun d'eux poussant ses conclusions à l'extrême, la querelle devait se terminer par la défaite mortelle de l'un ou de l'autre. Le pape accentuait chaque jour vis-à-vis du roi de France ses réclamations au sujet des atteintes nombreuses portées aux immunités ecclésiastiques, notamment à Maguelonne, Cambrai nt Narbonne. Divers Incidents, en particulier le rappi.inlininniil lin l'Iiilippr Ic Bcl avBC Albcrt d'Autriche ni 1, iiiii. ii..ii\n p.ii Klienne Colonna en France lui .naiii m. pin lin. .iiiipions sur les arrière -pensées du lui. il .se rcbolul à l'.iction. L'incident qui détermina le revirement décisif dans la politique de Boniface fut l'arrestation de Bernard Saisset, que Boniface aimait, qu'il avait même nommé à l'évêché de Pamiers. Bernard était connu pour son hostilité et des propos agressifs contre le roi; mais l'enquête ne démontra aucun des crimes graves dont le chargeait le mémoire adressé à Rome pour obtenir son jugement. Boniface informé oriloiini an roi île relâcher Bernard Saisset afin qu'il vînt ., |ii.,iiii- 1 a Home et il révoqua les concessions qu'il uail lail. s au roi touchant la levée des subsides ecclésiastiques (4 d.'Oniiiliin i:'.ni, bulle Salvator mimdi). En même temps l.i linlln An^mlta jiH (5 décembre 1301) énonçaitla théorin iln l,i .npi. matie du pape sur les rois et les royaumes, de sa mission qui est « d'édifier.
BONIFACE VIII
planter, arracher, détruire » ; elle récapitulait tous les griefs du pape et des sujets français à propos du mauvais gouvernement du roi, attaquait les ministres « de l'idole Bel », invitait enfin le roi à venir en personne ou à se faire représenter au prochain synode de Rome afin d'y « entendre ce que Dieu proférera par notre bouche ». La bulle Ante promolionem, à la même date, convoquait les prélats, chapitres, docteurs en théologie à Rome pour le 1" novembre 1302, en vue de procéder avec eux « à la correction du roi et au bon gouvernement de la France ».
La bulle Ausculta fili ne fut pas brûlée solennellement, mais il semble certain qu'elle fut jetée au feu devant le roi, probablement par le comte d'Artois, ce qui permit de soutenir la version d'un accident. Les conseillers du roi prirent soin de ne pas laisser circuler un texte qui énumérait tous les sujets de plainte imaginables des Français; ils résumèrent le sens général de la bulle, non très exactement, en quelques lignes sèches dont les plus importantes sont les deux premières : Scive te voliimus quod in spiritualibus et in temporalibîcs nobis subes. Une grossière réponse, également très courte : Sciai maxima tua fatuitas, qui se lit dans un registre du Trésor des chartes, a probablement circulé en France mais n'a pas été envoyée au pape. La prétendue bulle passa pour authentique el servit à remuer la libre patriotique chez les Français des trois ordres, réunis par Philippe le Bel, à Notre-Dame de Paris, le 10 avril 1302. Un discours habile et mesuré de Pierre Flote invoquant « conseil et aide » des États contre les ennemis du royaume fit une impression profonde. La cause du roi devint vraiment une cause nationale. La noblesse et le Tiers État adressèrent leurs réponses au collège des cardinaux. Celle de la noblesse relevait avec hauteur l'indépendance de la couronne de France, la collation de bénéfices faite par le pape à des étrangers, et contenait des allusions blessantes qui semblaient mettre en doute la légitimité de Bonif.ice VIIL Le clergé enveloppa de réserves l'expression (II' >es sentiments, mais son mémoire est au fond favorable au roi. Philippe le Bel interdit ensuite à ses sujets sous des peines rigoureuses de se rendre à l'étranger ou d'y transporter l'argent du royaume. Il tombait ainsi sous l'excommunication traditionnelle contre ceux qui empêchaient les communications avec le saint-siège. Les réponses du pape aux délégués des trois ordres, envoyés à Rome par le roi, furent extrêmement vives pour les évêques auxquels il enjoignit d'assister au concile et pour le roi menacé d'une déposition s'il ne venait pas à résipiscence. La défaite de Courtrai (11 juillet 1302), qui causa la mort de Pierre Flote, engagea Philippe le Bel à négocier. Il accrédita, non plus auprès des cardinaux mais auprès du pape, des ambassadeurs pour demander un sursis à la venue des évêques à Rome. Il se relâcha de la surveillance des frontières de façon qu'une quarantaine de prélats, dont trois au moins appartenaient au domaine direct de la couronne et devaient surveiller leurs collègues, pussent se trouver à Rome pour la Toussaint et assister au synode où fut publiée la bulle Unam sanclam qui affirmait la juridiction du pape sur toutes les créatures.
Le synode n'entreprit pas d'examiner l'état et le gouvernement du royaume; le pape fit aux ambassadeurs du roi la concession d'envoyer en France un légat pour traiter de leurs litiges. Son choix tomba sur le cardinal Lemoine que son origine française recommandait à l'agrément du roi. Philippe le Bel fit un accueil gracieux au légat et dans les Hesponsiones adressées à Boniface il consentit à discuter respectueusement les griefs du pape (janvier 1303). Le roi cherchait seulement à gagner du temps pour ses préparatifs contre le pape. Boniface VIII ne s'y méprit pas, car Philippe n'avait pas voulu lever l'interdiction des communica-
tions avec Rome; il invita en conséquence le légat (13 avril 1303) à obtenir des réponses plus satisfaisantes '( sous peine de châtiments temporels et spirituels '> et à déclarer que le roi avait encouru l'excommunication portée par les canons. En même temps il reconnaissait solennellement Albert de Habsbourg pour le détacher de l'alliance du roi et tachait de s'en faire un instrument contre la France (30 mai 1303).
Philippe le Bel n'avait pas attendu ces extrémités pour reprendre la lutte. Tandis qu'il amusait la cour romaine par ses réponses, il donnait à Guillaume Nogaret la commission nécessaire à son expédition en Italie. Nogaret connaissait l'état de l'Italie par les Colonna et décida de tenter un hardi coup de main pour s'emparer du pape et le faire juger et déposer par un concile. Maître dans l'art d'inventer des crimes et d'étayer une enquête par des dépositions, il présenta, le 12 mars 1303, à une assemblée tenue au Louvre une re- (|uête tendant à obtenir la mise en jugement du pape, l'organisation d'un gouvernement ecclésiastique provisoire et l'intervention du roi. Philippe ne comptait sans doute pas rendre publique la requête de Nogaret, mais l'arrivée des lettres pontificales du 13 avril et surtout les efforts diplomatiques de Boniface en Allemagne décidèrent le roi à publier l'appel au concile dans les assemblées du Louvre (13 et 14 juin 1303) et à provoquer des adhésions dans toute la France.
A l'annonce de ces événements Boniface, très ému, publia, le 15 août, la lettre Nuper ad audientiam où il résumait tous ses griefs contre le roi et lais.sait prévoir la sentence qu'il se préparait à porter contre lui. La sentence fut formulée dans la bulle Super Pétri solio qui devait être promulguée le 8 septembre : elle déclarait que le roi avait encouru l'excommunication, que ses sujets, déliés du serment de fidélité, ne devaient plus lui obéir, mais elle ne prononçait pas la déposition en propres fermes. Pendant ce temps Guillaume de Nogaret s'abouchait en Italie avec de nombreux ennemis du pape et recrutait une bande de prés de 2 000 hommes avec laquelle il envahit la petite ville d'Anagni le 7 septembre de grand matin. Le palais des Gaëtani fut cerné et pris; la cave, la caisse pontificale mises à sac. Le château où Boniface attendait ses agresseurs fut bientôt abandonné. Son neveu, le cardinal François, s'enfuit déguisé en valet. Sciarra Colonna pénétra le premier avec ses hommes auprès du pape qu'ils accablèrent d'injures; mais les témoignages du temps ne confirment pas la tradition du soufflet que Sciarra aurait donné au pape. Plus que ces outrages l'habileté procédurière de Nogaret dut faire soulTrir le pape qui ne fut ni lié, ni emprisonne, mais gardé à vue, tandis que Nogaret lui exposait les crimes dont il était accusé, le procès qu'on allait lui intenter, et qui trouverait son épilogue devant un concile général.
Nogaret comptait sans les difficultés d'exécution. Ses propres partisans étaient stupéfaits de leur audace et de leur succès. La population rassurée comptait le petit nombi-e d'hommes qui avaient pénétré chez elle par surprise. Elle s'opposait à l'éloignement du pape. Le 9 septembre elle se souleva contre Sciarra Colonna et Nogaret qui durent se réfugier à Ferentino. Les Romains avertis avaient dépêché quatre cents cavaliers qui emmenèrent le pape à Rome. Il n'est pas vrai que Boniface avant de quitter Anagni ait reconnu ses crimes ni qu'il ait pardonné l'attentat à ses auteurs. De retour à Rome il végéta encore un mois et mourut le 11 octobre 1303. Boniface VIII a peu écrit, en dehors de ses actes pontificaux proprement dits : deux sermons à propos de la canonisation de saint Louis, les allocutions prononcées à l'occasion de la déposition des Colonna, la reconnaissance d'Albert d'Autriche nous ont été conservés. Il est aussi l'auteur du De regulis juris.
Il fit réunir ses décrétâtes avec celles de ses prédé-
BONIFACE VIII
cesseurs rendues depuis l'année l'234 et elles forment le Liber sextus Decretaliiim publié le 3 mars 1299 et inséré dans le Corpus du droit canonique.
Dans l'intervalle de ses deux différends avec Philippe le Bel il canonisa le roi de France saint Louis, le 11 août 1297. En 1300, il institua lejuljilé.
Le pape Boniface prit une série de mesures pour mettre la paix entre les séculiers et les réguliers; mais ses dispositions (cf. bulle Super calhedram) furent supprimées par Benoît XI, pour être ensuite remaniées par Clément V au concile de Vienne. Les réguliers reçurent licence de prêcher dans leurs églises et dans les rues, mais non aux heures des prédications paroissiales. Ils ne devaient prêcher dans les paroisses que de l'aveu des curés et confesser dans les diocèses du consentement de l'évêq ue ; le pape cependant prévient l'abus du pouvoir épiscopal qui consisterait à refuser en bloc les pouvoirs de confesser à tous les religieux d'un ordre indistinctement.
Boniface VIII annula l'union prononcée par son prédécesseur entre les spirituels et les ermites célestins, condamna les fraticelles, remplaça les chanoines réguliers de Latran par des chanoines séculiers plus faciles à recruter, dit le pape, dans les conditions convenables de capacité.
II. Jugement. — La physionomie de Boniface VIII est extrêmement complexe. Les accusations dirigées contre lui par Nogaret : hérésie, simonie, inceste, manquent de tout fondement. Les accusations portées par les Colonna ont davantage une apparence de vérité : il est vrai que Benoit Gaëtani a vraisembablem.'nt conseillé l'abdication à Célestin V qui ne joignait i ■;■- iiii. mioiis tW'S saintes ni l'expérience des affain- m l,i . i|i.h ii, ilr -ouverner. Apres l'abdication de Cili'-lm, il 'Ini ~ .issiirer de la personne du pauvre reli-ieuN .1 lui laire agréer sa réclusion, pour reiiipècliei- de devenir aux mains des fanatiques et des intrigants une cause de (roubles et peut-être de schisme. Il assuma ainsi aux jeux des contemporains le rôle compromettant d'un geôlier; mais le jugement de la postérité doit le lui compter comme un acte de sagesse et de prudence. Benoît Gaëtani a probablement prévu qu'il recueillerait la succession de Célestin; le conseil qu'il lui a donné d'abdiquer n'en était pas moins excellent, motivé par les actes du pontife,
mipérieusement ' du bon canoniste pontificat, on ne comme un crime actes in^li-ir ~ 'l-ii solides i|ii 1 j' ■ éloqueiil .11 I titude III II- I' m noncer à Bùnifac
peut-être par 1
• donna
conscience 1 m bit ion du ■rail en droit de la lui reprocher \c si elle lui avait fait commetlre des il l'iiudrait apporter des preuves plus ' - liillammées d'un Jacopone, ou les il'iiii Dante. Ce ne fut pas l'ingra- -ili- du gouvernement qui lit prol'annulation des grâces et faveurs octroyées sans discernement par son prédécesseur. En votant pour Boniface dans le conclave, les cardinaux Colonna ont d'avance mis à n.'niit b-s griefs que leur maison devait alléguer un juin ( 'iilir L'on ne peut nier que l;i'iiil'H r Vill librement des sommes lever- ni \iir ,ii enfin qu'il n'ait travaillé à enri( Im 1 tani; mais ce dernier grief ne iluii |i sévèrement à une époque où l'Ktnl | iii à l'étreinte de l'Finpirn. il-^vrinil .li-ii familles romaiiii i ; ii: -, \^■
aux papes élus I - l'i .1 u; 1 li --i dans un État hr'f.ilii.m . , in.n- mi 'unr matière l'excès est bien près de l'usage.
Enfin dans ses luttes politiques les intentions du pape Boniface étaient nobles et élevées : il n'avait point contre la France l'hostilité de parti pris que dépeignent certains historiens; avant son élévation au trône les cardinaux l'avaient surnommé le Français — Gallicus — à cause de sa prédilection pour le pays qu'il avait habité dans sa jeunesse; il eut une grande confiance en Charles de
ait disposé très •rtains emplois, .iiiiille desGaëlir in^;.' trop li.Ml. .vliappant iil la proie des ■pûtisine offrait rite dynastique t qu'en pareille
Valois, le propre frère du roi. qui, en Italie, fut jusqu'au bout son allié et presque son instrument; il s'elloroa sincèrement de pacifier l'Europe que la politique des rois de France et d'Angleterre tenait en haleine, tant pour l'amour de la paix, que par désir de tourner les armes dis rlnVii,..ii- . onire les infidèles. D'ailleurs, pour un papr du iih.Nrii :,-,■. le mauvais gouvernement de Philippe 11 I;.I riliMii lùutes les raisons possibles d'intervention . non seulement il réclamait l'impôt des clercs, mais il les pressurait aussi bien que tous ses sujets : il étendit indûment le droit de régale sous le nom de « sauvegarde royale » à toutes les prélatures vacantes et profitait des vacances pour amoindrir les biens d'Église et les mettre au pillage; il abusait de l'induit pontifical qui lui accordait à l'occasion des vacances une année des revenus des doyennés, archidiaconés et autres prébendes; enfin le refuge accordé aux Colonna était une injure directe à la personne du pape.
Ce que l'on peut reprocher à la mémoire de Boniface, c'est une humeur un peu altière, un sans-gêne dans l'intervention, une vivacité de premier mouvement qui le forçait ensuite à des retours en arrière, à des atténuations et à des explications qu'il eût mieux valu donner du premier coup ou même rendre tout à fait inutiles; c'est ainsi qu'en septembre 1295 il créa l'évêché de Pamiers aux dépens de celui de Toulouse sans consulter le roi et y nomma Bernard Saisset, dont la personne déplaisait particulièrement au roi; c'est ainsi qu'après les bulles Clericis laicos et Ausculta fili, le pape dut apporter bien des tempéraments aux affirmations trop générales de ses bulles. Ce n'est qu'après l'éclat de la bulle Aiiscrdta fili, qu'il déclara ne revendiquer une certaine suprématie temporelle qu'en raison du péché, rationc peccati, iimi riilium' iliDitinii.
Ce que l'on peut surtout ili-iiili r dnis la politique de Boniface VIII, ce ne sont |i:is 1rs i|uiililt's morales du pape, mais le principe génital qui l'inspire aussi bien que ses prédécesseurs. Il était utile aux peuples de voir un pouvoir spirituel, une grande force morale intervenir pour défendre des sujets opprimés ou des Églises asservies ; mais c'est une voie où il est difficile de s'arrêter; les elforts des papes vont, sinon à les placer expressément au sommet de la hiérarchie féodale, tout au moins à les faire juges de la plupart des conflits naissant entre les princes et les nations de la chrétienté; mais une suzeraineté que ne soutenait point une force territoriale suffisante était trop souvent illusoire comme l'avait montré la décadence des Carolingiens en France ; l'intervention par voie d'autorité dans les affaires des princes risquait de déchaîner les guerres-aussi bien que de les prévenir; le conflit que Boniface chercha à susciter entre Albert d'Autriche et Philippe le Bel en est une preuve; l'emploi des armes spirituelles dans des luttes armées où le souverain pontife pouvait être suspecté de défendre des intérêts temporels, discréditait les excommunications, les interdits qui s'étaient multipliés outre mesure ; leurs guerres avaient contraint les papes de lever des subsides avec une rigueur et une fréquence qui ajoutaient à la misère des Églises et des peuples. A la fin du xiii» siècle surtout, deux grands faits tendent à stériliser les interventions pontificales : c'est d'abord le prestige grandissant des rois qui prédominent sur la féodalité et tendent au pouvoir absolu ; c'est ensuite la constitution des nationalités à l'abri du pouvoir royal. Si les papes ont pu vaincre en Allemagne les Hohenstaufen, c'est que depuis près d'un siècle ils avaient l'appui de la France et de son roi. La taute politique de Boniface VIII fut d'entrer en lutte avec la France, où la formation de la nationalité était le plus avancée, avec le roi qui disposait de la puissance continentale la plus réelle, sans avoir aucune alliance en Europe capable de lui offrir un soutien, au moment où les armes spirituelles avaient de moins en moins de crédit. La force de caractère du pape
yyy
BONIFAGE VIII
no put supploor les lacunes de son esprit politique, mais elle donna aux derniers jours de son pontificat, durant les scènes tragiques d'Anafe'ni, un caractère de grandeur que n'avaient pas ou les di^buts du destructeur (le Palestrine.
Le pouvoir iinnlilirnl, suivant la conception du moyen âge, ne disp inii pi- l.ini ,liin coup de la scène politique. Au xiv sin Ir, il -diiliMl .■ncore une lutte prolongée contre Louis •{•■ K.uhi ■. m, lis avec l'appui de la France. 11 était p.iiiiidii li,i|iii .l.iiis son principe; c'est ce que prochiui. ni I !■ luii n-; Irop facilement données par li's succvss, hi ,1 l: .niiu, .i;enoit XI et Clément V, aux auteurs ilr LiMiUiM. i l.i seule exception de Nogaret,
choisi coui Ii.in, i ini -.:iii-f. La défaite de Boniface eut
son contiT.MU|i ms \n .1 xv siècles jusque sur le pouvoir siiiriliirl liii-iii,i,u- dans les controverses du
IIL La nui.LE Unam saxctam. — Elle nestpoint donnée dans VEnckiridion de Denzinger. Comme ce morceau capital a été passionnément discuté et souvent invoqué dans les controverses sur le pouvoir des papes, notamment dans les phases aiguës du gallicanisme et du cullurkampf, vers 1682 et après 1870, il ne sera pas inutile d'en rappeler ici le texte. La traduction franyaise que nous en donnons précise un peu certaines expressions vagues et abstraites du texte latin, et contient ainsi par rndroits un élémeiil dr cnniinonlaire. La bulle débute par un développeui' ni - nin lu (].■ comparaisons bibli- ([ues pour affirmer- i nnil- .1. I I -lise qui n'a qu'un chef en la personne de ,ln-n- i :hi isi. à qui Pierre et les papes ont succédé comme chefs visibles. La métaphore des deux glaives amène ensuite le passage important :
InliacejusH"'- |TOlesl:ile duos L'Évangile nous apprend
,..-, | i.]i -, -| Il ihiii, III V iili h- qu'il y a dans l'Église et dans
, , : . I,,! 1 - I .. I > I la puissance de l'Église deux
ili,' II: I \ .!. II!- glaives, le spirituel et le tem-
1,11 I ^ 1^ / , „,, , ,/n,, porel. Quand les apôtres ont
/ ,, ,1 i I .li.el, cum dit : Il y a deux (jlaives ici,
;i| il II. non rc- — ici, c'est-à-dire dans l'Église, pas répon-
tli'tis. is III. inu reu'iim et militum.seihiil iiiiiiiinel|iatientiam
dium esse sub gladio et teml«ralem auctoritatem spiritu.ali subjici potestati. Namcum dii-at
reduceretur per aluiin m snprema. Nam secundum beatuni Dionysium lecc divinitatis est.
infîma per ineJi'i in supremo ;ei'... ; X II , I - ■ secundum ..; .lin- Il ,1 I .iiinia œque
m..!,.,. I,.;. I. , ',',i'",!^iorà ad oïdineii] i.aiicuntur. Spiritualem autein et dignitate et nobililatc terrenam quamlibet prœcellerc potesUUem oportet tanto clai'ius nns fatei'i, quanto spiritualia tempoialia antecellunt. Quod etiam ex decimarum datione et benedictione et sanctificatione ex ipsius potestatis
du : C'est trop, mais : Ces assez. Certes celui qui nie que le glaive temporel soit en la puissance de Pierre, méconnaît la parole du Seigneur disant : Remets ton épée au fourreau. Donc l'un et l'autre glaives sont dans la puissance de l'Église, le spirituel et le temporel; mais celui-ci doit être tiré pour l'Église, celui-là par l'Église, l'un par la main du prêtre, l'autre par la main des rois et des soldats, mais du consentement et au gré du prêtre. Cependant il faut que le glaive soit suiordonné au glaive, l'autorité temporelle à la puissance spirituelle, car l'ApôUre dit : Il n'y a pas de puissance qui ne vienne de Dieu, mais ce qui est, est ordonné par Dieu ; or, cet ordre n'existerait pas, si l'un des deux glaives n'était subordonné à l'autre, et en tant que son inférieui- rattaclié par lui à la catégorie suprême, car selon saint Denys : La loi de la divinité est que les choses inférieures soient rattachées aux supérieures par les intei^mèdiaires. Il n'est donc pas conforme à rbarmonie de i'imivers {[uc toutes choses soient ramenées à l'ordre de façon parallèle et immédiate, mais seulement les plus inDmes par des
•crum termes moyens, les inférieures s in- par des termes supérieurs.
-t.intr nur 1:, ,„ii--nn,-n spiritueUe
ssanoe tem-
.istic, i„u(le .l,.ut.,i,t p
s le reconus évidem-
inium ment que les choses spirituelles con- l'emportent davantage sur lés tes et choses temporelles. Le paie m: ment, la bi-nédictinn et la sanctitle^ilien dos dinies, la collation
lîrgo si deviat lerrena potestas, judicabitur a potestate spiritual! ; sed si deviat spiritualis minor, a suo superiori ; si vero suprema, .1 solo r>pn, non al»
stiHii' 1]. I .1" ^l'irituaiis
lu,,, ■■■,,i,i, ipse
nul i,i>ltcatur.
data sit buniiui, et exerceatur per hominem, non humana, sed potius divina potestas, ore divino Petro data, sibique .
suisque successoribus in ipso Christo, quem confessus fuit, petra flrmata, dicente Domino ipsi Petro : Quodcumque ligaveris, etc. Qmcumque igitur huic potestati a Deo sic ordinatœ résistif, Dei ordinatione resistit, nisi duo, sicut Manichseus, iingat esse principia, quod falsum et haereticum esse judicamus. Quia testante Moyse, non in principiis, sed in principio caelum Deus creavit et terram. Porro subesse romane pontifie! omni hiunante créature declaramus, dicimus et deûnimus, omnino esse de necessitate salutis.
Ijonnu. Ainsi se vérilie, touchant l'Église et la puissance ecclésiastique, l'oracle de Jérémie : Je vous ai établi aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, etc.
Si donc la puissance tempo-
sance suprùniu, par Dieu seul.
Elle ne pourra pas être jugée par l'homme, ainsi que l'atteste l'Apôtre : L'homme spirituel juge de tout et il n'est luimême jugé par personne. Or, cette autorité, bien que donnée à un homme et exercée par* un homme, n'est pas une autorité humaine, mais plutôt un pouvoir divin, conféré à Pierre de la bouche même de Dieu, la pierre affermie pour lui et pour ses successeurs dans le Christ qu'il avait confessé, lorsque le Seigneur dit à Pierre lui-même :
Tout ce que tu lieras, etc.
Ainsi, quiconque résiste à la puissance ordonnée de la sorte par Dieu, résiste à l'ordre de Dieu, à moins qu'il ne pense, à l'exemple de Manès, qu'il y a deux principes, ce que nous jugeons faux et hérétique. Car au témoignage de Moïse, ce n'est pas dans les principes, mais dans le principe, que Dieu a créé le ciel et la terre. En s disons, décla- , définissons que d'être soumis au pontife romain est pour toute créature humaine de nécessité de salut.
La bulle existe dans le Régeste de Boniface ; l'existence n'en doit pas être mise en doute. L'on ne saurait concevoir pourquoi cette bulle causerait aux théologiens plus d'embarras que tant d'autres documents pontificaux où des papes ont affirmé nettement leur souverain pouvoir en matière temporelle. Sans remonter à Grégoire VII ou à Innocent III, on citerait des textes analogues de papes comme Grégoire IX et Innocent lY. Boniface était donc dans la vraie tradition des papes du xiiie siècle, qui eussent été surpris s'ils avaient pu prévoir que des apologistes modernes plaideraient en leur faveur les circonstances atténuantes au nom « du droit public » existant au moyen âge, alors qu'ils justifiaient leur action publique par des considérations sur l'essence même de leur pouvoir. Ils eussent inieux compris les distinctions entre le pouvoir direct, le pouvoir indirect
■ BONIFACE VIII
f t le pouvoir dircclif, si elles ont été inventées après coup par des hommes qui ne comprenaient plus le moyen âge et l'état d'esprit qui prévalait alors, elles répondent cependant à la préoccupation de certains papes de marquer que les princes sont soumis à leur autorité en raison du péché dont ils doivni 'n lli s, après jugement, comme tous les autr. . i. \! - nombre
de textes pontificaux ne compnii | ml cette
distinction. Pendant deux siècli;=, de i,;i ,,uir.j VU à Boniface VIII, la doctrine théocratique a régi la vie et la politique de l'Église ; elle a été promulguée à maintes reprises par une série de papes, dans des encycliques destinées à l'Église universelle.
Quant à la bulle Vnam sanctam en particulier, l'on a épilogue de bien des manières sur le sens précis de ses termes. Une des façons les plus sures de l'atteindre est de rapprocher le texte avec les sources dont Boniface '\'III s'est inspiré et dont il s'est approprié les considérations. La métaphore des deux plaives eniplovée par GeoffroN .1- V-inl.'nw. .-irqu- -iilir I,.. .uni'-'- "1091 et
Ill.ô, :i . ■ ■ M - !.•:•::.■ •Il- '• /!.■ ronsi-
deratf , . ' \\ ■ ' / ■ ' TTil. d'où
y devenir un lieu commun sur l'appartenance des deux pouvoii's à l'Église.
Un passage de la bulle Unaiit sanclam mérite une attention particulirr... En voici lo te\to : Nam verilale testante spiyitKai tuere habet, 'el 7espritsontparii clh d'instituer le pom prêter le mot inxh!
redresser, coi-n<jt très légitime du 1 bulle montie que à'établ de ce t
stalen
fuei-
Certains erledroil
laliu. Mais luut le cuuleMe de i.i
pape entend le mot dans le sens
La chose est mise hors de doute par la source
qui a pu être l'giilemciii emprunté à son
premier auteur Hugue> 1. II, c. II, 4, P. L., t. .
de Halés qui le répète. ' Quanto rita spirituali.
spiritus quam corpus, tanto j
I I -, MU à Alexandre , r. .q. X, m. V, a.2:
(,M ijuam terrena el ilualis potestas terre-
sive sœcidarem honore ac dignilate pi-œcedit. Nam spiritualis potestas terrenam potestatem et i.\xriTUEBE habet ur str, etjudicare habet si bona non fuerit.
Malgré la solennité de déclarations si souvent réitérées par les papes, les théologiens se sont donné plus tard une grande latitude d'interprétation, soit en raison des manifestations nouvelles des papes qui ont accentué l'indépendance du pouvoir temporel dans sa sphère d'action, soit en alléguant pour une multitude de lettres et d'encycliques pontificales l'absence d'expressions impliquant une volonté absolue de porter une définition. Ce ne sont pas seulement des gallicans comme Baillet qui ont atténué le sens de la bulle Vnam sanctam, mais Gosselin qui, d'accord avec Fénelon, l'a expliquée dans le sens du pouvoir directif, et divers théologiens ultramontains. C'est en effet la conclusion Povro subessc qui contient l'expresse volonté de définir et séparée du contexte elle s'accommode de bien des adoucissements.
Toutefois la conclusion dile doeuiatique étant reliée à la bulle par la conjonrh.in ...-i,,., dMJiètre déterminée plus ou moins par k-; rn-:! iiihn- ,|iii la précèdent et par la tradition (jn\ll. i-nn: . Lis interprétations les plus favorables à lomnipotence pontificale semblent donc ici les plus exactes, les plus conformes à l'esprit des papes du xiii' siècle. Si les théologiens adoptent légitimement des interprétations mitigées, dans le sens vague d'une subordination générale du pouvoir spirituel au temporel, on même si, comme Marlens, ils ne font porter la conclusion que sur le pouvoir spirituel, c'est un illustre exemple du départ à faire dans les documents ponti-
ficaux entre la pensée personnelle des pontifes, ce que sous l'impression du moment, des circonstances et des applications contingentes, les fidèles et même les papes saisissent dans leur enseignement, et l'alluvion définitive dont s'enrichit le dépôt dogmatique.
Ni Benoît XI, ni Clément V n'ont rétracté les principes de la bulle Vnam sanctam. Clément V a seulement déclaré que la situation de la France à l'égard du saintsiège demeurait ce qu'elle était auparavant.