X. Le Bachelet
BONTÉ. Le mot bonté exprime d'une manière absliitito la qualito d'être bon que le mol bien exprime d'une manière concrète et subsistante. Nous n'avons donc, au sujet de la significalion de ce terme, qu'à nous réfrror au mot Bien.
Ouanl à l'emploi llic'uloyiciuo dos trois termes : bon, honir, bioii. il est souiiiis à certaines régies qu'il convient dinoncer. Le tenue bien s'applique proprement
sulisislanl par excellence. — Le terme bonté désigne la qualité d'être bon, conçue comme une essence par laquelle, comme par un principe formel, quelque chose est bon. Ile là vient (pi'aiioune créature n'est sa bonté, parée qu'en aiieune oivaliiie l'essence n'est identique à l'individu existant. De Dieu, pour la raison opposée, on dit également qu'il est la Bonté ou le Bien. Ces appellations ne sont cependant pas indifférentes. Le nom abstrait éveille l'idée de la simplicité divine, le nom concret celle de sa subsistance et de sa perfection. S. Thomas, Si(ni.J/ieo(.,I»,q. xiii, a. I,ad2"°'. —Outre ce sens ontologique, le terme bonté a un sens moral, précisément parce qu'il désigne directement les essences ou formes par lesquelles les choses sont ou sont telles. Car la vertu de bonté (benignitas) est une de ces formes. En Dieu, elle signifie moins la bonté ontologique que la perfection de la volonté divine qui se dilTuseau dehors sur les autres élres. Étant perfection de volonté, elle est donc analogiquement une vertu morale divine. Dans l'homme, elle est une vertu morale formelle {benignilas, niisaricordia, etc.). — L'adjectif 6o« s'emploie, comme tout adjectif, pour exprimer une qualification accidentelle. D'où le pseudo-Denys refusera.par exemple, de dire que Dieu est bon, parce qu'il faut dire qu'il est le Bien. De même à l'être conçu universellement l'on ne doit pas, rigoureusement parlant, appliquer le ternie bon. Aux êtres spéciaux, qui n'ont pas leur perfection du fait même d'être, le terme bon s'applique formellement. Pratiquement ces règles ne sont pas observées et l'on dit que Dieu, l'être, les êtres sont bons en sous-entendant : chacun à sa manière. A. Gardeil.
1. BONTEMPS Gaudence, capucin, né à Brescia, professeur de théologie et prédicateur, religieux très vertueux, mort en 1672. Il avait composé, sans y avoir mis la dernière main, un grand ouvrage de théologie, dans lequel il a fait entrer toute la doctrine de saint Bonaventure et qui fut édité, avec dédicace à Louis XIV, par un de ses élèves, le P. Jean-François de Brescia. Cet ouvrage est intitulé : Palladium theologicum, seu tota theologia schotaslica in septeni tomos distributa ad intiniani menlem D. Bonavenlui-œ, seraphici doctoris, cujus exiinix docti-inse raptss reslituuntur, sententiœ impugnaix propugnanlur, in qua divime sapienlise Ihesauri, dudwn deposili, jam recens effossi endigue mundo elucent, 7 in-fol., Lyon, 1676.
Piosper de Martigné, La scolastique et les traditions franciscaines. Paris, 1888, p. 449, 450, 452: Hurter, Nomenctator t. n, col. 21. E. Mangenot.
2. BONTEMPS Léger, religieux bénédictin, mort le !) août l.">().") à l'abbaye de Saint-Bénigme de Dijon. Très versé dans la connaissance du «ree. dn latin et de l'hébreu, il a publié: Consolation dn nfflniés. in-Ki, Paris, "1555; Le miroir de la parfaite h,;,,iir, in-lCi, Paris, 1557; De la vérité de la foi rlin-lieini,-, iii-Ki. Rouen; Nai-ration contenant la vérité d'aucuns abus plus que trop fondés en astrologie judiciaire et devineusc, Lyon, 1558; L'adresse des vertus en laquelle sont contenus plusieurs beaux exhortemens à bien et vertueusement vivre et contemner les vanités du monde, Lyon, 1558, traduit de saint Eucher, évêque de Lyon; Les principes et premiers élémens de la foi chrétienne, in-I6. Lyon, 1558; Réponse aux objections et poinis jinn< i/.nn.i- de ceux qui se disent aujourd'hui vonlm, ,,;, m. , riejUse et s'appellent fidèles et croyans à l 1.: ''luj.ie, m s, Paris, 1.562; De la puissance et autorité du jiupc, in 8', Paris, 1565; La règl£ des chrétiens, contenant les doctrines et enseignements que les curés et vicaires doivent selon les devoirs de bons pasteurs faire en leurs prosnes et ailleurs, in-S", Paris, 1568.
Papillon, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, in-fol., 1742, l. I, p. 60; [dom François,] Bibiioth. générale des écrivains di l'ordre de'Saint-Benott, in-8% Bouillon, 1777, t. i, p. 136 ; Hurter, Nomenclaior literarius, Inspruck, 1893, t. I, p. 4. B. IIl;URTEUI/.E.
BORBORIENS, BORBORITES. Onostiques, signalés comme des hommes d'une immoralité révoltante. On peut leur appliquer ce que le p.seudo-Tertullien et Clément d'Alexandrie disent des inicolaïtes et ce que l'on peut dire également des carpocraliens et des ophites. Le premier leur reproche leurs exécrables obscénités et autres méfaits sacrilèges, i/hîc referre erubescimus. Prœscript., XLVI, P. L., t. ii, col. 63. Le second remarque qu'ils entendent dans un sens odieux le iiapaXPî,<iOai t^ (japxi, qu'ils se vautrent dans la volupté comme des boucs, outragent leur corps et plongent leur àme èv popSôpiu xa/.ia;. Strom., ii, 20, P. G., t. viil, col. 1061 ; III, i, col. 1132-1133. C'est le mot pôpêopo;, boue, qui sert, en effet, à qualifier ces hérétiques à cause de l'obscénité de leurs mœurs. De là vient, dit saint Epiphane, qu'ils sont appelés borboriens, c'est-à-dire immondes comme la boue. Hier., xxvi, 3, P. G., t. XLI, col. 336. Se barbouillaient-ils réellement de boue, selon ces mots de Philastre : Iti cœnum eunles, et inde oblili de conto faciem et membra sua déformantes, eculem re cunctis relut culpandam Dei creaturam demonstrant, Hser., Lxxiii, P. L., t. xii, col. 1186; ou bien n'est-ce qu'une métaphore, comme le croit saint Augustin? User., VI, P. L., t. xi.ii, col. 26. On ne sait. Epiphane ajoute : « D'autres les appellent coddiens. Or, codda, en syriaque, signifie plat ou plateau. On les appelle ainsi parce que personne ne peut manger avec eux ; on les sert à part comme des êtres souillés et nul ne peut rompre un morceau de pain avec eux, à cause de leur vie infâme. C'est pourquoi, les traitant comme des excommuniés, ceux qui habitent avec eux les nomment coddiens. Les mêmes sont appelés, en Egypte, stratiotiques et phibionites; quelques-uns les appellent zachéens; d'autres, barbélites. » iîœr., xxvi, 3, P. G., t. XLi, col. 336. Ces divers noms, s'ils ne désignent pas les mêmes personnages, s'appliquent du moins à un même groupe. Et c'est ce que laisse entendre également Théodoret; car, après avoir écrit que des valentiniens sortent les barbéliotes ou borboriens, les naasséens, les stratiotes et les phémionites, il ajoute que, à cause de leurs cérémonies mystiques qui dépassent de beaucoup tout ce que l'on peut imaginer de plus honteux, on les appelle du nom général de borboriens. Hser. fab., 1,13, P. G., t. LX.\xiii, col. 364.
La différence des termes ne marquerait-elle pas plutôt les divers degrés de l'initiation ? Cette hypothèse n'a rien que de vraisemblable, d'autant plus que les sectâ-
BORBORIENS, BORBORITES — BORIS
leurs de Mithra avaient plusieurs degrés d'initiation et que lesgnostiques ne se faisaient pas scrupule d'emprunter tout ce qui pouvait donner à leurs pratiques un cachet plus mystérieux, selon l'ésotérisme à la mode. Or, il se trouve que le troisième degré d'initiation, chez les partisans de Mithra, conférait aux adeptes le titre de militaires, de soldats. Et c'est justement ce même titre qui se retrouve au même rang dans la liste de saint Épi-
phane. La coïncidence peut n'êti neau s'en est autorisé pourtant tion suivante : « Le récipiendaire la gnose, était admis dans le encore hyliques : c'étaient les bi un pas de plus, recevait quelqui
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de la gnose; il n'avait encore droit qu'à un mets léger, comme la nourriture dont parle saint Paul; il devenait un coddien. Quand il avait franchi ce degré, il devait prouver son attachement à cette nouvelle illumination, il devenait soldat. Son dévouement prouvé, il demandait avec humilité à pénétrer pins avant dans ces mystères terribles en ménir Imips qn heureux et sanctifiants, il était paut're, /i"/.i''/'' i|iliiliiijnite, en copte, désignant les ébionites), in:iiil .l-' p.i-scr au grade de :achéen, renouvelant sous ce nom lelionheur deZachée qui avait reçu le Verbe tle Dieu dans sa demeure, jusqu'au moment où la participation conipléte à la gnose le rendait élu et le /ils (tu Srii/)),-!,!- il.arbélites). » Essai sur le gnostirisinr .-.j ,/ j :i i ,'n . l'.ni^. 1887, p. 243. La Pistis Sop/iia. iiiit. Si liw.u t/t , I;, 1 lin, 1851, contient plusieurs scènes il ituIkiIiuii tir-, ciuii'u^f.s.
Quoi qu'il en soit de ce raiiin'i'liiiii'nl il ili' i-'H'' explication, il n'en reste pas nium , i !■ - i i î >i i' n-
appartenaient au groupe gnostiqii I , iilJ
premiers siècles. Ils vivaient encui'. ni i, -i. ih i i m \ Car, d'après Philostorge, Epit. hist., m, 15, V. G., t. lxv, col. 505, .\étius, le fougueux et loquace protagoniste de l'arianisme mitigé, fut réduit au silence, dans une conférence publique, par un borborien. En 428, les borboriens avec d'autres hérétiques furent l'objet d'une loi impériale qui leur interdit de se réunir pour prier. Codex Theod., XVI, tit. V, 65.
S. Kpipliane, Ha^r., xxvi, 3, P. G., t. XLI, col. 366; PhilasU-e, Hœr., Lxxnr, P. L., t. xn, col. H86; Théodoret, Hœr. fab-, i,13, P. G., t. Lxxxni, col. 364 ; S. Jean Damascène, Hiei:, x.xvi, /'. G., t. xciv, col. 693; U. Chevalier, Répertoire des sources liistoriques, topo-btbliorjraphie, p. 446.
G. Bareille.
BORDES Charles, oralorien, né à Orléans en -1038, mort en I7(l(!. ;i dorinr Icililimi iln Irnilr iloiimatiquc
et hlSlnn<l:l,' ,l,s , ,1,1^ . : .i^ .,. ■ . ,.,.-/, ,.^ >/)(C(7((f/S e/
tem)ii'i\'l-< :/:•!, I u,, ^\ •: s :<^ Irnips pour
établir fl niainl.nn r,,,<,i, ,;,,/,,;,,■.,' ,ulhulique, de Thoniassin, o iiil, l'.in-. I7ii:i. il.ni le Supplément (la partie la plus riii II ;i-i I I l,i |ilii- ml. lessante, d'après les Mémoires ih- rrrr,,,,., , ,^| rn mlier de lui. Il est aussi l'éditeur du Glossarium hcbraicum de ce Père, in-fol., Paris, 1697, et l'auteur de la notice historique qui est en tête, et de plusieurs autres ouvrages de Thoniassin. On lui doit encore le recueil des oraisons funèbres de Mascaron, et des instructions et conférences à l'usage du diocèse de Tours.
■1704, t. n, p. 349; Ingold, Essai de ?, Paris, 1882. p. 174-175; Supplément.
A. Ingold.
BOREEL (BORRELouBOREL) DE DUINBEKE Adam, prédicateur hollandais de la Réforme, naquit à Middelbourg, Zélande, en 1603. De famille noble, il acquit une science profonde du grec et de l'hébreu ; aussi en 1646 les États provinciaux de Zélande lui confièrent la charge d'éditer un traité du Talmud. Il se signala bientôt par les idées particulières qu'il émit dans un ouvrage publié en 1645 : Ad legem et lestimoniuni sive erotematica propositio quorundam con-
scientise casmim, prsecipue de publico Novi Tettamenti cultu. Dans un style assez obscur, il y considère la sainte Écriture comme l'unique règle de la foi : seule la parole de Dieu, sans explication humaine, est le moyen suffisant pour faire naître cette foi; on doit 1 employer seule et on ne peut la remplacer ni par les catéchismes ni par les confessions, qui sont tous entachés d'erreur. D'ailleurs, la véritable Église a disparu depuis la mort des apôtres et des Églises infidèles lui ont succédé. Pour revenir à la pureté première, Boreel aurait voulu une Église sans défauts, sans liturgie, sans prédicateurs, dont tous les membres fussent égaux, sans consistoires, ni synodes, ni ordonnances, ni règlements.
Afin d'exécuter ses desseins, il quitta Middelbourg et vint s'installer à Amsterdam en 1645. Il y fonda avec de lireen le collège d'Amsterdam et entretint des relations amicales avec Galenus Abrahams, prédicateur de la secte des mennonites libéraux. Ce dernier recueillit ses écrits après sa mort, survenue en 1666 à Amsterdam.
Ses autres ouvrages sont : De veritate historiss evangelirse; Concatenatio aurea chrisliana seu coçjnitio Dei ac Domini iiostri Jesu Christi, 1677; Tractalio de fraterna religione inchoata in prsesentia aniicorum, etc. Les ScriptaA. iîore(/ipos(/HW)ia ont été publiés en 1683, à Amsterdam. La traduction hollandaise de l'Évangile de saint Matthieu et de l'Épitre aux Romains a paru avec le texte grec à Amsterdam en 1693.
Boreel avait été réfuté par Samuel Marésius dans sa dissertation théologique : De itsu et honore sacri miuisterii in Ecclesia reformata, Groningue, 1688; par Hoornbeck dans son Apologia pro Ecclesia chrisliana kodierna non apostalica, Amsterdam, 1647. Boreel leur avait répondu dans son Propempticum pacis ecclesiasticœ. On lui reprochait de s'être inspiré des erreurs de Donat, de Puccius, de Sébastien Franck, d'Eusèbe Meisner, et surtout de Faust Socin; aussi quelques écrivains, avec Sandius dans la Bibliotheca antitrinitariorum, 1684, p. 144, le rangent-ils parmi les sociniens.
Les disciples de Boreel ou borelistes ne constituèrent jamais une secte importante et nettement séparée; ils n'avaient ni sacrements, ni prières, ni culte extérieur ; mais ils menaient avec affectation une vie très austère et répandaient d'abondantes aumônes.
Sloupp. Traité de ta religion des Hollandais, Ulreclit, 1673 ;
Nm-' I II, U- .. I. s- 1. wvni, p. 69; Bergier, Dictionnaire de
M 1 II /iirfMNHdire, t. n, p. 90; Paquet, Mémoires
, :~! I. .■ hilcraire des Pays-Bas, Louvain, 1765,
1 1 iJ 1 l\rri,,,Ui\iil;on,l.u.i:ol.ili9;Reatencyclopâdie,
t. III, ].. 3-25.3-26.