‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 359 sur 741 · Metiiodus qoa osî sont La méthode dont se sont · texte numérisé non relu

Metiiodus qoa osî sont La méthode dont se sont

D. Thomas, D- Bonaventnra et servis saint Thomas, samt Bo-

alii post îpsos scfaoiastîcî non naventure et d'autres soolas-

ad ratiooalismnm dncit neqoe tiques après eui. ne conduit

causa fuit cor apud sclioias pas au rationalisme et n'est

hodiemas phîlosophia in natu- point cause que dans les écoles

ralismmn et pantheismum im- contemporaines la philosophie

pingeret. Proinde non licet in est tombée dans le oaturalisme

crimen doctoribus et magistris illis vertere, quod methodum banc, prœsertim approbante vel salteni tacente Ecclesia, usurpaverunt. Proposilio contradictoria propositionibtts passim ex D. Bonnetty desumptis.

BONNETTY

et le panthéisme. Par conséquent il n'est point permis de faire un crime à ces doctem-s

ployé cette méthode, surtout

cite de l'Église. Proposition contradictoire des propositions e.vtraites de différents passages de Bonnetty.

Bonnetty, entraîné par sa fausse conception de l'impuissance radicale de la raison humaine vis-à-vis des vérités religieuses naturelles, en était venu jusqu'à réprouver ouvertement, dans la philosophie chrétienne du moyen âge, tout emploi de la raison quelque 'discipliné qu'il fût, dès lors que l'on affirmait sa valeur démonstrative au détriment de la révélation, seule source authentique de la vérité en matière religieuse et morale. Cette réprobation dirigée spécialement contre saint Thomas et saint Eonaventure, atteignait réellement toute cette philosophie chrétienne du moyen âge, dont la caraclcristique avait toujours été l'union entre la science liumaine et la science divine, et qui s'était constamment abritée sous le patronage bienveillant de l'Église. Sa méthode rationnelle, si tempérée qu'elle fut par une parfaite soumission à l'autorité de la révélation et au magistère de l'Église, le philosophe traditionaliste la jugeait purement rationaliste. Il assurait même qu'elle t\e différait point de la méthode très justement condamnée dans Cousin et son école.

Ces injuste»; reiirorlips faits à la méthode scolastique sont foriiH lliiii' iii II inictés dans la 4« proposition :

l» Il (-1 liiix i|ih 1,1 méthode scolastique, considérée en elle-iiii iin' d iluis sus caractères essentiels, conduise au rationalisme. Assertion principalement doctrinale basée sur l'opposition irréductible entre lune et l'autre méthode. Le rationalisme, d'après rfucyclique de Pie IX du 9 novembre 1846, répudie orgueilleusement toute autorité supérieure à la raison et proclame celle-ci l'unique source et règle de la vérité. La même caractéristique du rationalisme est donnée dans la 3* proposition du Syllabus. Au contraire, la méthode scolastique tout en reconnaissant deux ordres de vérités, les unes relevant de la seule révélation, les autres naturellement accessibles à la raison, maintient fermement la subordination de la raison à la foi, en ce sens que la raison, même quand elle se meut dans sa propre sphère et d'après ses propres principes, ne peut jamais accepter une conséquence certainement en désaccord avec une vérité révélée ou avec les conclusions qui s'en déduisent nécessairement. Or il est facile de se convaincre, surtout par le 1. I du Contra gentes, c. m sq., que cette méthode est bien celle qu'enseignait et suivait saint Thomas.

De cette première partie de la 4« proposition, on peut rapprocher ce passage si formel de l'encyclique /Eterni Patris : Deinde plurlmiex iis hominibus qui abalienalo a fide animo, histituta catlioHca nderunl, sûlam sibi esse niagislram ac ducem rationem profitentur. Ad lios autem sanandos, et in graliani cum fide catholica restiluendos, prxter supernaturale Dei auxiliuni,niliil esse opporluniits arbilramur, quant solidam Patruni et scholasticorum doctrinam, qui firniissima fidei fundamenta, divinam illius originem, certam verilaleni, argumenta quibus suadetur, bénéficia in humarium genus coUata, perfectanique cuni ratione concordiam, tanta evidentia et vi commonstrant, quanta flectendis menlibus vel maxime invitis et repugnantibus abunde sufficiat.

2" La méthode scolastique n'est point cause que dans les écoles d'aujourd'hui la philosophie est tombée dans le naturalisme et le panthéisme. Assertion surtout historique évidemment attestée par l'histoire de la scolasti(iue et par celle des erreurs philosophiques de la pé-

BONNIOT

riode moderne. L'histoire démonire que ces erreurs sont surtout provenues de ce que, sous l'influence du mouvement réformateur du xvi« siècle, on avait imprudemment délaissé la philosophie chrétienne, pour philosopher en dehors de tout contrôle de la révélation et de l'Église. Cette vérité historique a été depuis nettement affirmée : 1. par le concile du Vatican dans le prologue de la Const. Dei Filius ; 2. par Léon XIII dans l'encyclique jEterni Patris du 4 août 1879, surtout dans ce passage : Adnitentihus enim novaloribus sà:cuU xvi, placuit philosophaH citra quempiam ad fidei respeclum, petita dataque vicissim poteslate quœlibet pro lubitu ingenioque excogitandi. Quare ex re ijronum fuit gênera philosophise plus eequo mulliplicari, sententiasque diversas atque inter se pugnantes oriri etiam de iis rébus quœ sunt in liumanis cognitionibus prxcipux. A muUitudine sententiarum ad lisRsitationes dubitationesque persspe ventum est : a dtibilalionibus vero in errorem quam facile mentes liominuni delabanlur, nemo est qui non videat.

3" La valeur doctrinale de la méthode scola.stique est garantie par l'approbation au moins tacite de l'Église, prxserlini approbante vel saltem tacente Ecclesia. Cette approbation résulte de ce que l'usage constant de la philosophie scolastique a été non seulement toléré pendant des siècles, mais même fréquemment et très explicitement loué et recommandé par l'Église ellemême. Approbation au moins tacite qui ne peut se concilier avec de graves erreurs doctrinales, surtout dans l'ensemble de la méthode scolastique. D'ailleurs sans se prononcer sur l'étendue de cette approbation, la proposition ne parle que de la méthode scolastique considérée d'une manière générale.

De cette partie de la 4» proposition on peut rapprocher : I. la lettre de Pie IX à l'archevêque de Munich du 21 décembre 1863, Denzinger, Enchiridion, n.icS/i; 2. la proposition 13» du Syllabus; 3. l'encyclique de Léon XIII jEterni Patris du 4 août 1879, surtout dans ce passage : Prœserlim cum philosophise scholasticx et usum diuturnuni et maximorum viroruni judicium, et, quod caput est, Ecclesim suffragium favisse constaret.

4° De la valeur doctrinale de la méthode scolastique résulte celle conclusion morale : il n'est point permis (lo \a]v 1111 Cl iine à ces docteurs et à ces maîtres d'avoir iiii|il >\' , , Ile méthode. Ce n'est qu'une interdiction de loniiulfi i|ii''li|ue reproche grave contre cette méthode scolastique. Cette interdiction est simplement affirmée, sans que l'on détermine sa gravité, qui devra par conséquent se juger d'après les principes ordinaires.

Annales de philosophie chrétiem Hurler, Nomenclator literarius, 2' édit., Inspruck, 1895, t. m, col. l'200 sq. ; Kirchenlexikon, 2- édit., Fribourg-en-Brisgaii, 1883, t. I, col. 1016 sq.

E. DUBLAXCHY.

BONNIOT (Joseph de), naquit le 20 avril 1831 à Aspres-lès-Yeynes (Hautes-Alpes), localité dont les origines lui ont fourni la matière d'un curieux article : Une commune be.nrili, imr . la cilla de Asperis, dans la Revue du monde cw 'Ah/../i(. . i , i \xvii,p. 48I-.505; il entra dans la Compagnie (I. ,1, >u>.i S.unt-Acheul le9aoùtl858; professa la grammaiie et la philosophie; à partir de 1871, il se donna tout entier à ses publications; attaché en 1872 à la rédaction des Études, il publia de nombreux articles dans cette revue ; il collabora en outre à plusieursaulres périodiques, surtout durant la suspension des Études (1880-1887) ; il eut depuis 1882 la direction de la Bibliographie catholique; il mourut à Paris le 19 novembre 1889. Les travaux du P. de Bonniot se portèrent principalement sur les questions qui relèvent à la fois de la philosophie et des sciences naturelles, el entre celles-ci particulièrement de la physiologie et de la biologie. Ses ouvrages, parus d'al.iord pour une grande

BONNIOT

BONOSE

partie dans les Etudes, la Revue du monde catholique, la Conicoi'ecse, la Revue des questions scientifiques, le Cosmos, etc., forment plusieurs volumes appréciés. Voici les titres dos pins importants: La bête. Question acliu'lli', Tours, l«7i ; 2" édit. sous le titre : La bête iiiiuparée h l'Iiomine, Paris, 1889; Les malheurs de la philosophie, Paris, 1879; 2" édit., même année; Le miracle et les sciences médicales, Paris, 1879; Miracle el savants. L'objection scientifique contre le miracle. Palis, 1882; Le miracle et ses contrefaçons, Paris, 1887; 2« édit., 1888; 3« édit., 1889; Le problème du mal, Paris, 1888; L'âme et la physiologie, Paris, 1889. Son dernier travail, Possession et hypnotisme, a été publié après sa mort, dans les Etudes, t. XLViil, p. 515; t. XLIX, p. 113.

Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jcstts, t. I, col. 1748- 1754; Notice nécrologique dans la Bibliographie catholique de novembre -188!).

Jos. Brucker.

BONO Jean-Baptiste, théologien et jurisconsulte piémontais, né en 1738 à Verzuolo, près de Saluées, entra dans l'état ecclésiastique et se destina de bonne heure à l'enseignement du droit civil et du droit canonique. Reçu docteur en 1756, il fut d'abord répétiteur de droit à l'Académie royale des nobles jusqu'en 1767, époque à laquelle il obtint la chaire d'institutions canoniques et, l'année suivante, celle de droit canon à lunivcTsito de Turin. Ce fut alors qu'il fil paraitii' -ii Irnh /'- /i.<(estate L'rcli'siiv tun> priDcipis scu itr I :. I urin,

1767. En 1788, il publia De inilusi.::. /, ,,. , nrca matrimoiiia, réfuté en 1782; en 17'J1, im li.uu- be criminibus ccclesiasticis, auquel il ajouta sept thèses De usuris qui furent attaquées par le vicaire du Saint- Oflice. Lorsque les Français s'emparèrent du Piémont, le 8 décembre 1798, Bono fut nommé président du gouvernement provisoire et suivit les idées de la Révolution. Il mourut à temps, mars 1799, pour éviter des poursuites, les Français venant d'être obligés, sur les entrefaites, à évacuer le Piémont devant les armées de la coalition.

Michaud, Biographie universelle, Paris, 1835, t. Lvni, p. 575; Hurler, Xoynenclator literariiis, Inspruck, 1895, t. m, col. 459.

G. Toussaint.

BONOSE, évêque de Sardique et hérésiarque, dans la seconde moitié du iv siècle. — I. L'hérésiarque. II. Les bonosiens.

I. L'HÉRÉSIARQUE. — Les renseignements très incomplets que nous possédons sur Bonose se tirent surtout d'une lettre écrite à l'archevêque Anjcius, de Thessalonique, et aux autres évêques d'Illyrie, peu de temps après le synode qui se tint à Capoue dans l'hiver de 391 à 392. Attribuée parfois à saint Ambroise ou à un évêque italien anonyme, cette lettre appartient réellement au pape saint Sirice. Epist., ix, P. L., t. xii, col. 1176. Voir le Monitum, col. 1177 sq. ; dom Ceillier, Histoire générale des auteurs san-és, 2" édit., Paris, 1865, t. VI, p. 107; Jallé, Regesta pontificum romanorum, an. 392, 2" édit., Leipzig, 1885, p. 41. Cette pièce nous apprend qu'un évêque du nom de Bonose fut déféré au synode de Capoue et qu'on lui reprochait d'avoir attribué à Marie d'autres enfants que Jésus. Le synode renvoya l'examen de l'all'aire au métropolitain de Thessalonique et aux évêques voisins; ils condamnèrent Bonose et lui défendirent de rentrer dans son église. Sirice, auquel ils ont eu recours, sans doute à cause de difficultés suscitées par l'évêque déposé, refuse de juger une cause dont un tribunal compétent est saisi; mais il approuve la condamnation portée contre le blasphémateur de la vierge Marie. 11 relève l'inconvenance que la supposition de Bonose implique, et les conséquences qu'elle

vu\ .liin r ,, naturellement contre l'enfantement vir-

^i ' ' 'I I I 7"i enim hoc astruit, nihil aliud nisi /'■'/'' ' 'runcni astruit, qui dicunt eum non po- ''"^^' '" ' ' ' urgine. Il argumente ensuite de ce fait,

iiss. I, c. IV, S 6,

que Jésus mourant confie sa mère à saint Jean; ce qui ne se comprendrait que difficilcmenl, si Marie avait eu d'autresfils. Comparn S, Anilii(H^r, Hr 'msiiiutinnr rin/inis, n. 35 sq., -P. J... i. \\i,r,,| :ili -(| il ,m.,i nri'e douteux que le dùclini inihiriu- n ni mi >ih- l;.rnii-r. quand il réfuie cet . x.qiu' (!.■ ^nn lrin|'- 'im .n.nl été mis en jugement pour ses attaques contre la virginité de Marie. Dom Ceillier, op. cit., t. v, p. 709. 11 semble, au contraire, difficile d'identifier avec l'hérésiarque blasphémateur de la Vierge un personnage du même nom dont l'arien Elpidius vantait la science à saint Augustin. J5:pis«., ccxi.ii, n. 1, P.L., t. xxxiii, col. 1053.

Lonulemps on ignora le siège épiscopal de Bonose, mai-; I i.IiImii .Iuiiii... p.ii- le P. Garnier des œuvres de

-M: - \i. 1 il 1 iiiiiriii i, question: Sardicensis Bo-

"""■> 1/7 ■' '"' " l'iradictionem Xll' anathema-

P. L., t. XLViii, col. 924; d., col. 1142. On tient communément pour gratuite et improljable l'hypothèse, avancée par quelques auteurs, de deux Bonoses, dont l'un aurait été évêque de Sardique, et l'autre de Naisse. Dom Ceillier, op. cit., t. iv, p. 6.55. Moins nclte est la question de savoir si l'hérésiarque, en niant In virginité de Marie, s'en prit aussi à la rli\init ' J, , n liN. Marius Mercator le suppose, loc. cl/., in ni il i i '. de

Bonose comme condamné à l'avance |i I I -r,

qui a Damaso urbis Romse episcopn /- ■ ' ' '^ ,-<i.

Il ne peut s'agir d'une condamnation nominale de l'évéciue de Sardique en 380, dans la lettre dogmatique du pontife romain à Paulin d'Antioche, mais bien d'une condamnation implicite dans la personne de Photin, qui Ilebionis haeresim instaurans, Dominum Jcsum Christum tantum ex Maria confitetur. P. L., t. xiii, col.359.Aussi,dansleI>ecfe(»?)i 6'e/as/Kiiarlicci)nleslée), Photin et Bonose sont associés, qui si ,,/>/ .,,-,, ,/,■[,■cc)-(()!i. P. L., t. Lix, col. 164. De nviii i if \i ilo,

en 550 et en 553, range Bonose avec I i, ; -aie

et Photin parmi les précurseurs de .\e>iLiiiii.-.. Lpist. olim XV ; Constilutum, P. L., t. lxix, col. 58, 103. Témoignages confirmés par l'erreur même des bonosiens, à moins qu'on ne nie tout rapport de filiation entre l'erreur des partisans et celle du chef, sous prétexte que les sources primitives n'attribuent à Bonose que la négation de la perpétuelle virginité de Marie. Mais il n'est nullement prouvé que, dans sa lettre, le pape Sirice ait exposé toute l'erreur de Bonose; de plus, même à s'en tenir à ce qu'il dit, on ne peut nier qu'il ne considère comme atteint l'enfantement virginal de Marie; enfin, les objections que saint Ambroise apporte et réfute, ne vont pas moins contre l'enfantement virginal que contre le titre devirgo post partum. L'erreur a sa logique : né suivant la loi commune, Jésus n'était plus pour Bonose le fils naturel de Dieu, mais seulement un fils adoptif. Erreur signalée peu de temps après, par saint Chromatius, évêque d'Aquilée, quand dans son Traclalus 11 in Evangel. S. Matthxi, il commente ainsi les mots Hic est filius meus : Suus utique, non per adoplionem gratix, neque per religionem crealurse, ut hsoretici volunt. P.L.,l. XX, col. 331.

Après le jugement rendu contre lui, Bonose avait consulté saint Ambroise sur la conduite à tenir. Sirice, Epist., IX, n. 2. Mais, au lieu de s'en tenir aux sages conseils qu'il en reçut, il méprisa la sentence définitive des évêques illyriens; il ajouta le schisme à l'hérésie et, pour augmenter ses partisans, se mit à ordonner de coté et d'autre des prêtres et des évêques. Ces ordinations irrégulières donnèrent lieu à des discussions et à des doutes qui furent tranchés par deux lettres de saint Innocent l", adressées l'une à Marcion de Naisse en 409, l'autre aux évêques de Macédoine en 414. On devra distinguer entre les clercs ordonnés par Bonose avant sa condamnation, et ceux qui l'ont été après. Les premiers seront reçus avec tous les privilèges de leur ordre.

BONOSE

Ei)isl., XVI, P. L., l. XX, col. 515 si(. Les seconds, au contraire, seront privc'S de ces privilèges et réduits à la communion laïque; si l'archevêque Anycius et ses collègues ont montré d'abord plus d'indulgence, ce n'était là qu'une mesure de faveur, conseillée par la prudence et motivée par les circonstances. Epist., xvii, c. m sq., ibicl., col. 530 sq. Pour l'interprétation exacte de cette décision, voir le Monilum, ibid., col. 521 sq. ; dom Ceillier, op. C((., t. vu, p. 514 sq. Saint Innocent parle de Bonose comme d'un personnage qui n'existe plus; on en peut conclure que l'hérésiarque mourut vers la fin du iv ou le début du v siècle.

II. Les BONOSiENS. — A en juger par les monuments patristiques et conciliaires qui nous sont parvenus, linlluence de Bonose parait s'être exercée à peu près exclusivement dans les contrées occidentales où régna l'arianisme germanique.

D'un premier groupe de témoignages, il résulte que, ilu v au vu<- siècle, les bonosiens niaient la divinité de .li'su<;-CI]rist, et cela dans un sens qui permettait de les rattacher aux photiniens ou de les confondre avec eux. Hans les Statuta Ecclesiee antiqua, attribués couramiiKul à un 11^ concile d'Arles, mais qui semblent n'être qu'une compilation de décrets antérieurs au milieu du \' siècle, le canon qui commence ainsi : Bonosiacos autem ex eodeni errore venientes, fait suite au canon 16=, où il s'agit des photiniens. Hefele, Hist. des conciles, trad. Delarc, l. ii, p. 488. Gennade, parlant d'un livre composé à la fin du iv"^ siècle par l'évêque espagnol Audentius contre les photiniens, s'exprime ainsi : contra pliolinianos qui nnnc vocantur bonosiaci. De scriptoribus eccles., c. xiv, P. L., t. LViii, col. 1068. Une vingtaine d'années plus tard, en 512 ou 513, saint Avil de Vienne, faisant un parallèle entre les eutychiens et les bonosiens, restreint l'erreur de ces derniers à la négation de la divinité du Christ et, par allusion, les rattache encore à Photin : Hli {bonosiani) Chrislo divinitalis honorem latitunimodo adimunt, isti ieutychiani) et corporis veritatem, Photinus hominis personani nos adorare deridet, hic {Eutijclics) nebulam. Epist., m, P. L., t. Lix, col. 216.

Quelques témoignages espagnols du vii<^ siècle mettent en relief une conséquence de cette erreur où le point de contact entre le bonosianisrae et le photinisme est particulièrement sensible : négation de la filiation divine naturelle, et affirmation d'une filiation purement adoptive. Saint Isidore de Séville signale un ouvrage depuis longtemps perdu, un Liber responsio)iuiu de .lustinien, évêque de Valence sOus le roi goth Theudis; la seconde question traitée avait rapport aux bonosiens, qui Christuni adoptivum filiitm, et non propriuni dicunt. De viris illustribus, c. xxxil, P. L., t. xcix, col. 1099. Parlant à son tour des bonosiens, dans son catalogue des hérésies, saint Isidore se sert des mêmes termes, et fait remonter la secte à l'évêque Bonose, a Bonoso quodani episcopo exorti. Etymolog., 1. VIII, c. V, n. 52, ibid., col. 302. Ce fut contre cette erreur que le XI« synode de Tolède inséra, en 675, dans son symbole l'affirmation d. I.i IiILiIimh ,1i\iiir ,!,■ .I('^ii--r:iii i-l. filiation naturelU'. iii>ii p.!- ,mI .|iii\. [[f,- ,-i>.u<i I'iIih-. Dei naturaest/il'^. ■/-.' 'i'l,>i'i im-. Ilri'ilr. m^,, , ./., t. III, p. 654. Ccltr iTi H,,,,,.|,.i,ih ih' (l..ii j.,!- -■ .■Miifondre avec l'adoiiiLiiii- m. '|iii p. 111 -h'c h' |ilii> lard

en Espagne; car l-'.'li .!ii ■! •' Mi|i,iinl ih' l-l.'ili-, lus chefs de cette nuimni ".ii. ili-iinuiiinni .Lm^ ,l.>sus- Christ le Dieu et I liouimo. en attribuant au liieu la filiation naturelle et à l'homme ta filiation adoptive, tandis que les bonosiens refusaient au Christ toute filiation naturelle, et de ce chef étaient anathématisés par les adoptianistes, comme on le voit par la lettre d'Élipand à l'abbé Fidelis. P. L., t. xcvi, col. 919; Hefele, op. cit., t. V, p. 69, 80 sq.; Madrisi, diss. IV, n. 4, P. L., t. xcix, col. 558 sq.

Un autre groupe de témoignages se rapportent à la pratique baptismale des bonosiens ; témoignages moins nombreux, et de plus discordants. Quelques auteurs affirment que la formule dont se servaient ces hérétiques ne renfermait pas l'invocation de la très sainte Trinitf''. rt qiif, par suite, on devait baptiser les bonosiens qui < iili;iiriit Aaw- l'Ki;llsi< catholique. Gennade, De errlr.:,,sl,,'>-: ./.n/,,:.,! iblis. c. LU, P. L.,t. LVIII, col. 993; s. (;i.,u,,ii-,.. Kjtisi.. I. XI, epist. Lxvii, P. L., t. Lxxvii, col. 1206. (Jlême texte dans l'édition des Monumenta Germanise historica.) Au contraire, le canon M' déjà cité des Statuta Ecclesise antiqua suppose que les bonosiens, comme les ariens, conféraient le baptême au nom de la très sainte Trinité, «/«os sicut arianos baptizan in Trinitate manifcstum est. Saint Avit, dans ses fragments contre les ariens, dit que les catholiques, en recevant même les bonosiens et autres hérétiques, ne rejettent pas leur baptême, s'ils répondent qu'ils ont été baptisés au nom des trois personnes divines : cui (baptisniali) honorem suuni eliam in bonosiacorum aliorumque receptionc servantes, si se in nomine Patris et Eilii et Spiritiis Sancti baptizatos esse respondeant. P. L., t. ux, col. 311. En présence de ces témoignages discordants, des érudits, comme Tillemont et dom Ceillier, ont cru à une erreur de fait de la part des anciens auteurs qui rejettent le baptême des bonosiens ; Gennade et saint Grégoire, après lui, auront trop complètement confondu ces hérétiques avec les photiniens, et en conséquence attribué aux premiers tous les errements des seconds. Hypothèse possible, mais insuffisamment établie. Un troisième texte de saint Avit ouvre la voie à une solution différente, et peut-être meilleure. Dans une lettre, adressée entre les années 514-516 à Sigismond, fils et héritier présomptif du roi Gondebaud, l'évêque de Vienne attire son attention sur une ordination récente, qiii aurait fait de la secte bonosienne une communauté religieuse distincte de celles des catholiques et des ariens, qux bonosiacorum pesteni ab infernalibus latebris excitatani, catkolicis arrianisque certantibus intromisit; mieux vaudrait pour le bien du catholicisme que la petite secte restât, comme auparavant, confondue avec l'arianisme, quse certe si adhuc, ut cxperat, societatis an-ianss comnmnioni ininiixta est, claret gloriosior sub principatu vestro noster triumphus. Œuvres complètes de saint Avit, édit. U. Chevalier. Lyon, 1890, Epist., xxvil, p. 170; cf. Monumenta Germanix historica. Auclores antiquissimi, édit. R. Peiper, Berlin, 1883, t. vi, p. 262. (Ces deux textes corrigent la version fautive bonorum pesteni, P. L., t. ux, col. 246.) Il semblerait donc que, grâce aux points communs qu'elle avait avec l'arianisme et le photinisme, la secte bonosienne ait eu assez d'élasticité pour pouvoir osciller, dans la pratique, entre ces deux camps; la formule baptismale aura subi le contre-coup de ces variations. Il fallait bien, du reste, que les bonosiens eussent sur le baptême des idées particulières, puisqu'en 538, le III« synode d'Orléans pronoribe une excommunication d'un an contre le juge qui n'aurait pas M m'i I, - I II -i i(|ues ou tout autre hérétique coupables J I ; 1111 catholique. Can. 34 (al. 31), iVfonK-

M r I liistorica. Leges, Concilia, Hanovre,

Is'i:; I I [> s:; ,1". Mansi, Cohci7., Florence, 1673, t. ix, p. 19. L'a concile, qui se tint à Clichy, près Paris, le 27 septembre 626 ou 627, après avoir constaté avec joie que la foi catholique régnait désormais dans toute la Gaiil . •; ■ rriiinta de recommandera la vigilance des [Kl- II- |Mi j H iivait encore rester de bonosiaques ou cl In I |ii . n lus, si qui lamen bonosiaci aut occulta li,:i; !■, r~.:r •.i-.jiii iintur. Monumenta Germanise, ibid., A partir de la fin du vw siècle, en Gaule comme

en Espagne, il n'est plus question des bonosiens.

loiil

lîONOSE

BORBOlllKX^

lORBORITES

Lucques, -1740, t. vi, p. 56; TiUemonl, Mémoires, Paiis, 1705. t. X. p. 239 sq.. 754 sq. : C. W. F. Walcli, Entwurf einer vvllsi,i,„l,,i.-„ ll(sh:rir lier Ketzereien, Spaltungen tnid ReWjions- 1766, t. III, p. 598-625; J. H. Felsius, hœretico, m-4', Gœttingue, 1754 (disla présidence de C. W. F. Walcli); ].\as Kirchenlexikon, 2' lîdil., Fiibourg- 1. 1104; Loofs, art. Bonosits und Bonor.lopddie fïir protestantische Théologie I j ipzig, 1897, t. III, p. 314 sq.; A. Helffe- Arianismm, Berlin, 1860, p. 35-49, et \||Hiiilicr; <;. liiniliiig. Dos Burgundisch'liomanische Kônigi'ii. Leipzig, 1868, t. i, p. 218 sq

Page 1