‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 366 sur 741 · I. Jusqu'à sa nomination a l'évêché de Me/Vux · texte numérisé non relu

I. Jusqu'à sa nomination a l'évêché de Me/Vux

r. DÉBUTS JUSQU'A L'ÉLÉVATION AU SIEGE DE COSDOM.

— 1» Famille et éducation. — Jacques-Bénigne Bossuet naquit à Dijon le 27 septembre 1627, de Bénigne Bossuet, qui devint en 1638 conseiller au parlement de Metz, et de Marguerite Mocliet. Saint-Simon, avec le dédain du grand seigneur et peut-être aussi avec les secrètes appréhensions du parvenu, a dit du chancelier Daguesseau : « Le père de son père était maître des comptes; il est bon de n'aller pas plus loin. » Mémoires, c. cdliii. Tout au contraire, pour les Daguesseau, comme pour les d'Ormesson, pour les Bourdaloue aussi et pour les Bossuet, il est bon d'aller plus loin, et de savoir comment, dans l'ancienne France, se fondaient les familles. Jusqu'au wie siècle, les ancêtres de Bossuet avaient été marchands drapiers dans la petite ville bourguignonne de Seurre. L'un d'eux, Etienne Bossuet, après avoir rempli les charges municipales, fut anobli (1517), et changea l'enseigne parlante — un cep de vigne rugueux avec la devise : Bois boussu est bon — en des armoiries portant d'a7.ur à trois roues d'or. Voir H. Chérot, Autour de Bossuet, p. 16.

Au parlement de Bourgogne où ils étaient entrés, les Bossuet comme les Mochèt, durant la Ligue et durant la Fronde, firent preuve d'un royalisme dont le plus illustre de leurs descendants devait recueillir l'héritage.

La famille était profondément chrétienne. Après la mort de sa pieuse femme. Bénigne Bossuet entra dans l'Église et reçut le diaconat; et le jour même de la naissance de .son petit-fils, l'aïeul, Jacques Bossuet, avait V'Çrit sur son livre de raisons ce verset du cantique de Circuniduxit eum et docuit; et cuslodivil quasi

pupiltam oculi sui. Deut., xxxii, 10. Ainsi, comme l'a dit le P. de la Broise, « le souvenir de la Bible se lie aux premiers moments de la ùe de Bossuet. » Bossuet et la Bible, Paris, 1891, introduction, p. xiii-xiv. Plus tard, étudiant de seconde ou de rhétorique. Jacques-Bénigne rencontra dans la bibliothèque de son père, ou dans celle de son oncle Claude Bossuet, une Bible latine. i< Il y trouva, dit l'abbé Le Dieu, un goût et une sublimité qui les lui firent préférer (les Livres saints) à tout ce qu'il avait lu jusque-là. Il se souvint et raconta avec plaisir, dans tous les temps de sa vie, combien il avait été touché d'abord de cette lecture. Ce moment lui était toujours présent et aussi vif que la première fois, tant son âme en avait été frappée comme de ces choses qui laissent une plus profonde impression de joie et de lumière... » Mémoires, t. I, p. 12, 13. Bossuet garda toute sa vie cette impression; arrivé au déclin, il disait des Écritures : In his consenescere, his immori, sunima votorum est. Epist. ad clerum Meldensem, en tète des Psaumes.

Élève des jésuites, au collège des Godrans, où son infatigable application l'avait fait surnommer bos suetus aratro (le bœufaccoutumé à la charrue), Jacques-Bénigne quitta en 1642 ses maîtres et la ville natale, pour aller étudier au collège de Navarre la philosophie et la théologie. Il arriva à Paris le jour même (17 octobre) où Richelieu y rentrait en triomphateur pour y mourir. Les études de Bossuet à Navarre devaient se prolonger jusqu'en 1652. Il y fit d'abord deux années de philosophie pendant lesquelles il eut pour professeur Charles Touraine, du diocèse de Coutances. Bévue Bossuet, avril 1901, p. 96. Quand il y fit sa théologie, les trois chaires étaient occupées, la première par Pierre Guischard qu'il louait, une cinquante d'années plus tard, dans une lettre à l'évêque d'Avranches, Daniel Huet, la seconde par Jean Yon, remplacé en 1647 par Jean Saussoy, et la troisième par Jacques Perreyret. Le grand maître de Navarre, Nicolas Cornet, dut exercer de l'influence sur le brillant élève de sa maison. Ce théologien perspicace qui, le premier en France, signala les erreurs de VAugustinus, eût voulu se donner le jeune Bossuet comme successeur dans la direction de son collège. En 1663, le disciple déjà célèbre prononça l'oraison funèbre lie son maître. Quoique longtemps après. tii hi'.i.^ 1,1 h-. ml dans une édition hollandaise, il ne s'y : ;. au dire de l'abbé Le Dieu, plus d'un

Il II I ni II \ ilécèle l'ongle du lion. D'ailleurs, ni ului.., 111 plu; tard, quand le Jouiiial des savants on donna l'analyse, Bossuet ne désavoua cette œuvre. F. Strowsky, Les années .d'enfance et de jeunesse de Bossuet, dans la Revue Bossuet, avril 1901, p. 86-111.

2" Études. — A seize ans, le jeune étudiant, introduit dans le salon de la marquise de Rambouillet, y avait prononcé, un soir, l'improvisation qui fit dire à Voilure qu'il n'avait jamais entendu prêcher ni si tôt ni si tard. C'étaient là les divertissements sérieux d'un esprit qui réservait au travail la plus large part de son temp's. Le pelil écrit (lu'il composa en 1669 ou 1670 pour le jeune iMnlinil •]• 1. MiiiUon, Suc le stxjle et lalecturedes Pères J, ii~ apprend à quelles études il s'était

Il I viisle plan d'un traité de théologie,

cui.il- Il nul- liiSÔ par Le Dieu, qui nous l'a conservé, il indique une trop pleine possession de toute la science, pour être l'œuvre d'un simple étudiant. Nous avons là plutôt le fruit de l'oxpéricnoe do Bossuet. Voir Revue Bossuet, janvier ri jnillil I'.k'II !'■ . ;/ .'. ni^ssiict sur les études qui doivent Ir il'ime In-

troduction, par V.. I i! ! lii' la LliliU'.

il l'éludiera sans (■•--', i- r-nil i|. iml. i-crivail-il, c'est de connaître très bien les Écritures de r.\ncicn et du Nouveau Testament... La méthode que j'ai suivie en les lisant, c'est de remarquer d'abord les beaux endroits qu'on entend..., après on viendra aux difficul-

BOSSUET

tés... 1) Maldonat pour lequel plus tard, dans sa lutte contre Richard Simon, il aura quelque sévi^rité; Guillaume Estius dont le rapprochent certaines tendances lhiuliit;iquc.s, lui paraissent tenir lieu di- tous les com- MiciilalcMirs ; ils sont pour lui instar oiniiiwii.

Ce (|ui liianque à Bossuel, c'rsl la (umiiaissaiice de l'hébreu. Non pas qu'il n.iil M.iilii .hidici' l.i l.ui-nr sainte; mais il a coiiiiiinir.' lio|i l.inl r.-i\: . iml.'. , l'âge dont le P. Grali;,. ''.inilv^jni il.ni- r, i (../.i/i,.qui n'est pas encore un iKcliu, ((ui a iciLuiin ip.uds c^l même un progrès, disait : k Aujourd'hui, je ne saurais apprendre une langue. » Connaissance de l'dnie, 1. VI,

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