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tion et d'autorité, à l'esprit catholique. Convaincue que Dieu se communique aux simples et non aux docteurs, elle ressent pour la discipline, pour la hiérarchie, un inépris doux, inconscient, je le veux bien, mais invincible. Elle pourra se rétracter, voire plusieurs fois, elle ne changera point. Elle dira de Bossuet : « Toutes les difficultés qu'il me faisait, ne venaient, comme je crois, que du peu d'expérience qu'il avait des voies intérieures. » nccent qui ne trompe pas.
ii^norance de Bossuet... De ili- confiance en elle-même, l'ucos, en sa mission... Mais l'indignation, je puis dire l'effroi de Bossuet. Cet orgueil du sens individuel, c'est la ruine de la tradition. Il a raison de dire qu'il y va de toute l'Église. » F. Brunetière, Le quiétisme au xvip siècle.
Les idées qui prévalaient à Saint-Cyr- effrayèrent l'évêque de Chartres, Godet des Marais, qui à son tour donna l'alarme à M"'<^ de Maintenon. Tronson, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, Bourdaloue, furent consultés; et Fénelon, comptant sur un jugement favorable de l'homme qu'il regardait alors comme son maître, engagea M""! Guyon à s'en rapporter à l'examen de Bossuet.
M"" Guyon remit à l'évêque de Meaux sa Vie écrite par elle-même, qu'elle n'avait jamais communiquée à Fénelon. Bossuet en cite des fragments dans sa Relation sur le quiétisme, avec cette ironie grave où il excelle, mais aussi et surtout avec discrétion et réserve. Il crut avoir désabusé M"'» Guyon, et il s'efforça de désabuser aussi Fénelon qui, trop porté à confondre la doctrine du pur amour avec des erreurs qui la compromettraient s'il était possible, prétendait excuser les inexactitudes de langage d'une femme, et disait, rappelant le mot de l'apôtre, qu'il fallait éprouver les esprits. Mm" Guyon demanda des juges et les obtint : c'étaient Bossuet, Noailles, encore évêque de Chàlons, et Tronson. Du mois de juillet 1694 au 10 mars 1695, ils tinrent, dans la maison de campagne du séminaire de Saint-Sulpice, les célèbres conférences d'Issy, lesquelles avaient pour but de marquer les limites de la vraie et de la fausse mysticité. Fénelon, qui, s'engageant peut-être un peu plus qu'il ne convenait, avait écrit à Bossuet : « Ma conscience est dans la vôtre... Je suis prêt à me taire, à me rétracter, à m'accuser..., » Relation sur le guiétisi sect. ni, avait été nommé, en 1695, à l'archevêché de Cambrai, et dès lors associé aux conférences. Trente articles furent rédigés par Bossuet ; Fénelon refuse de donner la signature qu'il avait promise. « Qu'avonsnous à dire? demande non sans hauteur, et avec une' injuste sévérité, l'évêque de Meaux. Qu'il dissimulait? ou bien qu'étant tout ce qu'il pouvait être, il est entré i dans d'autres desseins, et l'a pris d'un autre ton?., quoi servent les raisonnements quand les faits parlent? | Ces faits montrent une règle et une raison plus simple.! et plus naturellepourjugerdes changements de conduite; j c'est, en un mot, d'être archevêque ou ne l'être p d'avoir des mesures à garder avant que de l'être, et de n'en garder plus quand l'affaire est consommée. >: Ibid., sect. V, § 21-22. De fait, la situation de Fénelon était changée: l'iirchevèi|ue de Cambrai était un autre personnage qii'' I al'lii ili I T'nelon. Aux trente articles, quatre autres lui'iii ij'Hii'^; et Fénelon, après avoir demandé quelque^ cii iclu'iis et additions, consentit à souscrire. Ni Bossuet ni Noailles n'avaient nommé M""« Guyon' dans la condamnation qu'ils portaient contre les erreurs quiétistes; Bossuet, rassuré par l'apparente soumission de cette femme qui s'était retirée dans son diocèse, lui avait même accordé un certificat dont elle abusa. Nous ne la suivrons point dans les péripéties de sa vie, répandant ses erreurs et les rétractant, emprisonnée à Vincennes, à la Bastille, reléguée à Blois où elle s'éteignit
liOSSUET
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9 juin n
Mim iiii , m -i - iliKtnnes, ni son nom ne seroni .il-i ni il' i ■ ■ iii.uii iilroverse qui va mettre
aux pri-r, l;.,- -Ili'l ri I ril'lMii.
Tous ilrii s .i\,iii lit .Ml I I II II < lu-tioli"^ (l'fssv, mais Ips deux i.iimm;;i'- i|iii ii.iriiiriil |iiv-i|iir m iii.mih' Icmps, Vlnslnirh,.,, ,,irs(, „■.-/,' s,,,' /,'N rl,,l< ,r,.r<n~.n„ . et les Maxim, s ,!,!< M.(/,;,N s.n .'n 'ir ,,,lr, •rn,:\ |.i-ouvent assez (|llr l;ii"i|.l .t l i m I..m m inlriiil.M. ni |i,is de la même ui.inin • ! .nllir-i-n .|ii il- i'..ili'lil il. mil. .
fie \'lii-.ir,j,ii .., /, . . !...'. ./■ .S..I., l;.i--.iiet ne
publia iiuf Ir imiiii. I U.nlr, ou ^onl cuiiib.itlues les erreurs dus iiouvtaux luysliciuea. Le second traité, retrouve el imprimr pour la première fois en 1897, par les soins d'un sulpicien, M. Levesque, « l'homme de France, a-t-on dit, qui connaît le mieux Bossuet, » donne les principes solides de l'oraison chrétienne. Bossuet se proposait d'expliquer, dans les trois derniers traités, lr>i priuripp'; di"; r.r:ii^nus cNlraordinaires dont Dieu l':iMiri-i. i|ii..|i|M.- lin- ilr -i- -i'r\ 1 leurs; il se proposai! riiiiit il 1 \|.li.|ii.r I.- -.lit nU i.| les locutions
des siiiiiK ,1... .,111- il. .11! 1. . r,iii\ iii\-iii|ues ont abusé, Préfar, I /, ,, , I V ,7ii(,s (/'oraiso?;, IX ; mais
ces tl-:ii! t. '!. ... . i. . I iN.
Le II Ml. i .1 .1,1.11! lii'.iT contient dix livres et se
divisi' m d'jii. |,.ali.. , i Mi ) i. trouve Bcssuet tout entier, avec sa plénitude do doctrine et son éloquence. Ici comme ailleurs, il excelle à exposer la tradition; il dispose on maître les textes, jugeant d'un mot souvent définilil" Il - lui. m .1 II M I II. I il II - I iii|iLunte, el il n'est jamais L. II. in . i; i. - n l ii.-. il ne di.scerne
pas d ii; I .1 I t . I |iii' de la charité ;
la perl'i-i iiijii ■.ihui.imiih., il nu .iiiiour qui n'exclut
pas l'espérance, mais qui on fait abslraclion; et c'est sur ce point que Fénelon aura raison. « Pour lui, a dit M. Levesque parlant du second traité (et cette remarque s'applique aussi au premier traité), l'amour de charité ne va pas sans l'amour de la béatitude doitt le motif est essentiel à tous nos actes. » Instruction sur les états U'oraisoti, second traité, Introduction, iv. Les suppositions impossibles par les((uelles certains saints, dans un excès d'amour, renonçaient au salut, l'attirent peu, et l'on est sur qu'il ne les fera jamais; toutefois, la connaissance et l'eslime qu'il a de la tradition le gardent de tout jugement qui .serait aisément irrévérencieux et injuste. « Sans chercher des raisons pour autoriser ces actes, écrit Bossuet, on voit assez qu'on ne les peut regarder comme produits par la dévotion des derniers siècles, ni les accuser de faiblesse, puisqu'on en voit la pratique et la théorie dès les premiers jours de l'Église, et que les Pères les plus célèbres de ce temps-là les ont admirés comme pratiqués par saint Paul. >) Instruction, etc., premier traité, 1. IX, c. m.
Bossuet avait communiqué son manuscrit à l'archevêque de Cambrai; il attendait de l'ami naguère sacré par lui (10 juin 1695) une approbation qui eût mis en évidence l'accord des conférenciers d'Issy. L'approbation fut refusée : Fénelon reconnaissait dans le quiétisme visé par Bossuet les idées de M»" Guyon qui lui demeuraient chères ; et dans \'Instn(Ctio7i sur les états d'oraison, il ne reconnaissait pas sa propre doctiine.
Cette doctrine, il l'exposa ilm-- 17' ././/. //lo/î des Maximes des saints sur la vie .,.. , I .. -uite de
l'indiscrète précipitation du dur i i.i. i n . le livre
parut dès février 1697, quarauli i - ...mi rrlni de
Bossuet. L'ouvrage, au dire de I iin'lun, .i\,iil .h i, ,u et approuvé par Noailles, Tronsmi. l'imi. Sm I ,i|i|ir,ibation donnée par ce dernier dm l.iir. mmi (:Ii- ril.iiiu,
Revtie d'Iiislon, .■,/.'.., n., . .;,■ i.i /', .■. I.". ..uil, 1.". |uil-
letl896. Nous n n .pi. l .nLlnn |i,.ii-. ,■ larche-
véque de ParN. -inii ' .i .iiiiln- i|iii nç savait
« ni creuser, m .-.Hr.ic. m liuIum-îci une iliriicullc ».
Huant i Tronson, sa lettre à Fénelon, sous les formes du plus profond comme du plus sincèi'e respect, montre assez que le sage sulpicien, s'il n'osait blâmer, se gardait bien d'approuver. « Je les ai lus seul (les papiers que vous m'avez confiés); mais j'aurais souhaité de les pouvoir lire avec quelque personne plus éclnirre et plus expérimentée que moi dans ces soiir- ilr iii.iiiriis ; car j'ai trouvé des endroits qui me pis-, ni . i i|iii si, ni audessus de ina portée. Comme vuii- m ,i\. / I. iiidi-n.' que Mil'- l'arcli..v..i|iir ,ii. l'ini, Ir, m, ni m,.. ,.| ,,„'i| n'y
Irouvail in n , i . .In . i - .jn, , , I , - . ,n- iloil suflire,
et que iiii'ii -inliMi.nl ...n .i,il,i -,.. imililc. u
De fait, 1 .iiclicMijuc iK H.ciulu.ii culcail seul dans le champ de bataille; de l'aveu d'un de ses amis, M. de Brisacier, supérieur du séminaire des Missions étrangères, les Maximes avaient clé mal re( ues par le public. L'opinion, qui |ilii- l.ml .Irvul -,■ i,i,,iirn,i- ,.|i faveur de Fénelon, ne mI ,1 ,il,i.i .1 ilm- -.m h , i .. .pi. ,i.., subtilités dangereuse- . m'" ' - 'l m 'm I iriqué.
Bossuet se lut pciul.cul quiu/.c juuis, duiuic- luul uniiers à l'examen des Maximes. « Le cri public, a-t-il écrit, fit venir aux oreilles sacrées du roi ce que nous avions si soigneusement ménagé... Nous parlâmes les derniers; chacun sait les reproches que nous essuyûmes de la bouche d'un si bon maître, pour ne lui avoir pas découvert ce que nous savions... » Relation sur le quiétisme, sect. vi, § 5. Là est toute la vérité. Laissons les caricatures qu'on a tracées de cet entretien de Bossuet avec Louis XIV. Si l'évêque de Meaux, à propos de son collègue, prononça le mot de fanallsm.' — on peut le croire, puisqiu' ri'ii- I.n i|iii I. i ,i|,|i,Ile il.m- .,i lléponse à la Relation m. ni ],,- . i. ...niredit
— regrettons- le. ., .. .n- . i.i.li. i .pi. ... m..! .l.uis la langue du xvir -in I.., il. m- l,i l,iii;ii.. nieme iK- admirables lettres de Fénelon sur la religion, n'avait pas le sens que nous lui donnons de nos jours, et signifiait une croyance aveugle et enthousiaste, dépourvue de bases solides.
Dans l'ouvrage, dans la doctrine de Fénelon, tout devait déplaire à son redoutable antagoniste. Bossuet s'étonnait, il s'indignait d'apprendre que dans l'Église, à coté de cette tradition publique, permanente, universelle, dont nul n'a plus fortement ni plus magnifiquement parlé que lui, on prétendait en introduire une autre, tradition occulte, j'allais dire aristocratique, à l'usage des seuls spirituels et des parfaits. Faut-il rappeler les pages où, fort des témoignages de l'antiquité, il ruine une si étrange prétention? Tradition des nouveaux mystiques, c. vi. Presque à la fin de la controverse, il s'écriera : « Nous n'enseignons pas des mystères pour de prétendus parfaits, que le commun des fidèles doive ignorer : nous parlons au peuple, pour ce peuple d'acquisition dont il est écrit : Vous n'étiez pas le peuple, et vous êtes maintenant le peuple d'acquisition,.. Où il s'agit d'instruction..., toutes les âmes rachetées sont de même prix en .Jésus-Christ, et la mesure de leur valeur est dans la commune rançon de son sang. » Dernier éclaircissement à M. de Cambray, a. 2.
Bossuet a résumé les points qui, dans l'ouvrage de Fénelon, lui paraissaient appeler' la censure. « Pour ne nous pas tenir aux discours vagues, dira-t-il, je réduis toute la matière du livre des McKtnmes des saints à quatre principales questions : la première, s'il est permis de se livrer au désespoir et de sacrifier absolument son salut éternel; la seconde, s'il est permis en général, et s'il est possible, non seulement d'avoir un amour d'où l'on détache le motif du salut et le désir de la béatitude, mais encore de regarder cet amour comme le seul parfait et pur; le troisième, s'il est permis d'établir un certain état où l'on soit presque toujours guidé par instinct, et en éloignant tous les actes qu'on appelle de pure industrie et de propre effort; la quatrième, s'il faut admettre un état de contemplation d'où les