‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 409 sur 741 · V. Ermoni · texte numérisé non relu

V. Ermoni

BROWNISTES, disciples de Brown Robert. Cette secte se répandit vers la fin du xvF siècle; en 1592 on estimait leur nombre à peu près à 20000. Ils ne voulaient communiquer avec aucune Église réformée, parce qu'ils n'étaient pas sûrs de la sainteté de ses membres. Ils prétendaient que l'Église établie était antichrétienne au même titre que l'Église romaine. Leur doctrine se réduisait aux points suivants ; ils regardaient comme une iiTipiété de communiquer avec les pécheurs; ils réprouvaient la célébration du mariage religieux, parce qu'ils regardaient le mariage comme un contrat purement politique, où l'Église n'a rien à voir; ils refusaient le baptême aux enfants de ceux qui n'étaient pas membres de l'Église ; ils rejetaient toute forme de prières, et soutenaient que l'oraison dominicale ne doit pas être récitée comme une prière, parce qu'elle avait été donnée comme une règle ou un simple modèle de toutes nos prières ; leur forme de gouvernement ecclésiastique était démocratique; lorsqu'ils formaient une communauté, ceux qui désiraient en être membres faisaient une confession et signaient une convention par laquelle ils s'obligeaient à marcher ensemble dans les voies de l'Évangile ; tout pouvoir résidait dans la communauté; les officiers de l'Église, chargés de la prédication etdu soin des pauvres, étaient choisis parmi les fidèles et étaient revêtus de leurs fonctions par le jeune, la prière et l'imposition des mains de certains frères ; de même l'officier pouvait être déposé par la communauté ; leur pouvoir était localement limité : le pasteur d'une Église ne pouvait célébrer la cène dans une autre, ni baptiser les enfants d'une communauté autre que la sienne; tout frère avait le droit de prophétiser ou d'adresser une exhortation au peuple ; après le sermon, quelques-uns avaient coutume de poser des questions et de demander des explications ; bref, chaque Église se gouvernait par elle-même, et n'avait ni presbytérat, ni synode, ni assemblée, ni convocation, ni aucune sorte de juridiction. Traités sévèrement en

BROWNISTES — BRUCOLAQUE

Angleterre, les brownistes se réfugièrent en grande partie en Hollande, où ils ne tardèrent pas à se diviser et à former deux groupes : les Séparatistes, sous la direction de Sinith, et les Indépendants, sous celle de Robinson. Des groupes de ces Indépendants fondèrent les colonies de la Nouvelle-Angleterre, afin d"y appliquer strictement leurs principes sur l'Église qui, dans sa totalité, n'était que la somme des communautés particulières.

Encyclopfdia britannica, 9' édit., in-4', Edimbourg, 1876, t. IV, p. 392-393.

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