BRUYS
BRYENNIOS
procèdent de lui, col. 737. Et, d'ailleurs, la comparaison des doctrines est décisive. Pierre de Bruys ne professe pas le dualisme, il ne nie la vertu du baptême (]ue pour les enfants, il ne rejette pas le mariage, il ne condamne pas l'usage de la viande. Sur tous ces points il est en désaccord essentiel avec le néo-manichéisme cathare. Cf. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois, t. i, p. 38; K. Comba, I nostri proteslanli, Florence, 1895, t. I, Avanti la Riforma, p. 21't-215.
Faut-il donc conclure que Pierre de Bruys fut un novateur au sens strict du mot, qu'il ne dut rien à ses devanciers hérétiques, ainsi que Pierre le Vénérable parait le croire, col. 726, 756, 766, 788? Son rôle a-t-il été si important, si original, qu'on puisse l'appeler, avec Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, Paris, 1671, t. X, col. 1001, hœreticoruni parens, et, en particulier, le maître d'Arnaud de Brescia? A la suite de Noël Alexandre, Hist. eccL, Venise, 1778, t. vu, p. 71, reconnaitrons-nous déjà des pétrobrusiens dans les hérétiques condamnés par le 3» canon du concile de Toulouse, en lil'J'? Cf. Labbe et Cossart, t. x, col. 857. Verrons-nous des disciples de Pierre de Bruys, avec }Iefele, Histoire des conciles, trad. Delarc, Paris, 1872, t. VII, p. 2il, dans les hérétiques visés par le 23'' canon du X« concile œcuménique tenu à Saint-Jean de Latran, en 1139, cf. Labbe et Cossart, t. x, col. 1008, - et, avec Mabillon, Vetera analecta, Paris, 1723, p. 483, dans ces hérétiques de Périgueux que signale une si curieuse lettre du moine Héribert, vers le milieu du xn» siècle, P. L., t. CLXXXi, col. 1721-1722? Non, Pierre de Bruys n'est pas le v père des hérétiques » du moyen âge; Arnaud de Brescia, entre autres, ne relève pas de lui. Voir Arnaud de Brescia, t. i, col. 1974. Son système n'eut rien de très original. « C'était, dans une certaine mesure, une renaissance des erreurs de Claude de Turin. » H. C. Lea, A liistory of tlie inquisition of the i),:,lllr ,t.jrs. Xew-York, 1888, t. I, p. 68; trad. S. Reiii;ii 11. l'.ni-, |;ioO, t. I, p. 76. En outre, s'il ne professait }'■" I ' iiiiiiicIh isiiie intégral, il reprenait quelques-unes di- iil.'.'s iicmiihéennes. Ces idées étaient alors dans l'air; elles apparaissaient un peu partout. 'Cf. Vacandard, Vie de S. Bernard, t. ii, p. 203, note 2. Les hérétiques frappés par le concile de Toulouse, en -1119, les admettaient, sans être des pétrobrusiens; il n'est, du reste, pas sur, qu'il y eut des pétrobrusiens à cette date. Le concile du Latran, en 1139, condamna quelques doctrines pétrobrusiennes, mais non le pétrobrusianisme lui-même : le 23« canon de ce concile reproduit simplement le 3« canon du concile toulousain de 1119, et englobe, dans ses anathèmes, le rejet du mariage qui est absent du pétrobrusianisme. Les hérétiques de Périgueux s'écartent plus encore du type pétrobrusien. En somme, les doctrines de Pierre de Bruys ne tranchent guère sur celles de bon nombre d'hérétiques de son ti'iiips. ihiis, tiindis qu'ailleurs l'hérésie se montre d'une I " "il l'in-.i|ih-, sans qu'on sache d'où elle vient ni qui 1 .1 iir.iij.i^.'i:, ici nous sommes en présence d'un nom, d'une personnalité qui se détache, sans être très éclatante, sur le fond obscur des précurseurs des grandes hérésies du moyen âge et du protestantisme.
I. Sources ORini-.-Nira giam, 1. II, c. iv, (' ' • rable, Epistola sh' ticos, P. L., t. cLx s si ^ Les col. 790-803 de o- .i,ui, ce titre : Nucleus de scicri Bibliotheca Pa(i-!i»i, Paris, tion franraise du traité, par
rd, Inti'oductio ad theolo- •ol. 1056; Pierre le Véné- >f(s petrobrusianos hxreiii; cf. col. 21, 343-344,365.
:ijaiistie, se retrouvent sous >se, dans Marg. de la Bigne, , col. 1091-1102. Une traduc- :é publiée à Paris, en inction de la partie relative à l'eucharistie, par raru, à Reims, en 1573. Cf. J.-H. Pignot, Histoire .:iuny, Paris, 1868, t. Il, p. 517-528.
MODERNES.— Bossuet, Histoire des variations ■otestanles, 1. XI, n. 35-36, 65-70, 126-127, dans
r. Ilahn, Ges- 1-, t. I, p. 408- ' -/<• ntalie au 1,15-269 (pages • I irtigeschichte i:. Vacandard, IV. p. -67-72, et S-2J1; G. Bonel- : liberté de cons- ■ siècle, Paris, 1904,
des MitlL-hn w . I- !..
Revue des -;
Vie desau.t i. ■ .,- ' 1m, - i-,, Maury, Les précurseurs ne la lit'j cience dans tes pays latins du x
p. 28-31. Voir encore les autres sources citées au cours de cet article, et celles qui sont indiquées par Ul. Chevalier, liépertoire des sources historiques du moyen âge. Bio-bibliographie,
F. Verxet.
BRYENNIOS Joseph, célèbre théologien byzantin du xive-xv» siècle. — I. Notice biographique. II. Écrits.
l. Notice biographique. - .Joseph lîryennios, appelé 5i6âiTxa).o; par ses contemporains, est sans conleste un des écrivains et des orateurs les plus féconds du xive-xv« siècle. Cependant, jusqu'à ces derniers temps, son nom était presque complètement ignoré. Ses œuvres ne figurent malheureusemenl pas dans la P. G. deMigne, quoiqu'elles fournissent di^s .li,rii). , - inir i .^..mi. -. pnur
l'histoire de la polémique rn n'i i -i |:i-
tins au xv<^ siècle. Plusieurs > iu ji ji n l ihnce
qui a été fait sur son nom- Il > lui niui l ili j,i luisque les grecs vinrent à Ferrare, puis à Horence, pour traiter avec les latins l'union des Églises. S'il eût pris part aux débats du concile réuni à cette fin, il eut peut-être partagé la gloire dont Marc d'Éphèse jouit dans l'Église orthodoxe. En outre, il n'exeri,a aucune iniluence sur le mouvement littéraire des humanistes : plongé exclusivement dans la controverse théologique, et adonné à la prédication, il se tint, pour ainsi dire, à l'écart de la Renaissance italienne qui rendit célèbres tant de lettrés grecs émigrés de Byzance. Enfin, son éditeur, Eugène Bulgaris, publia ses œuvre- j I,i lin ^lu \,iii -i-'li-, au
moment où les études bj/uiim . i u [.i. •. nt
délaissées, et les esprits pn'"'M|i. |.ii i. Niitiines
précurseurs de la Révolulidii li un n-. I.Jiii 1^ ilul-
garis trouva des acheteurs en Grèce, mais elle n'excita guère d'intérêt dans le reste de l'Europe. Elle est presque introuvable dans les bibliothèques européennes. Bijzantinische Zeitschrift, 1893, 1. ii, p. 359. Par contre, nous en avons trouvé plusieurs exemplaires à l'école théologique de Halki.
La biographie de Joseph Bryennios présente encore de nombreuses lacunes et soulève des problèmes difficiles à résoudre. On ne connaît pas au juste sa ville natale. La plupart des érudits, Allatius, Cave, Dupin, Fabricius, le font naître à Constanlinople. Dans un de ses discours sur la foi, IIep\ -ti; fijiwv Ttirfrsw;, Bryennios semble faire allusion à sa naissance à Jérusalem, Opéra, t. I, p. 40; Bulgaris, dans la préface, t. I, p. ;'; Arsène, La vie et les œuvres du saint moine Joseph Bryennius (en russe), p. 87, note 3; mais d'autres sermons contiennent des allusions semblables à propos de Constanlinople. Meyer, Joseph Bryennios Schriften, Leben und Bildung, p. 88. Meyer, qui a longuement analysé l'œuvre de Bryennios, en s'efforçant de fixer la chronologie si obscure de sa vie, se prononce en faveur de Sparte ; un texte de Syropoulos, l'historien orthodoxe du concile de Florence, confirme cette hypothèse. Nous ignorons aussi la date de sa naissance. On peut la rapporter au commencement de la seconde moitié du xiv siècle. Le doute plane même sur son véritable nom. Des Bryennios se sont illustrés à Byzance. Du Cange, Historia byzantina, Paris, 1680, p. 176-177. Au xiv siècle nous en rencontrons plusieurs qui, comme savants, comme guerriers et hommes d'État, tiennent une place importante dans l'histoire byzantine. P. G., t. CLiii, col. 113, 372; Miklositch, Acta patriarchatus Constantinopol.,
BRYENNIOS
t. II, p. 401, 502; Opéra, t. i, p. y'. Cependant, tout porte à croire que le nom de Brjennios n'était pas patronymique pour notre théologien. Lui-même, en signant ses lettres, prend soin d'ajouter qu'on l'appelle Bryennios, tô éitmvj[ji.ov, xr^-i Èîï!/."Ay;oiv, Opéra, t. iii, p. 131, 162, ce qui donne à croire que ce n'est pas son nom véritable. Syropoulos, en racontant les tentatives d'union entre Rome et Byzance sous Manuel 11 Paléologue (1391-1425), mentionne un moine Josepli, né dans le Péloponnèse, et versé dans la connaissance du latin. Ce moine, qui accompagna à Rome Jean Eudémon, légat de l'empereur, est appelé Bladyntéros : toj B),a8uvc£pou, toû ys-j'ovÔTo; 'jffTEpov jjova-/ovi, xai 'luo-Ti? (j.£T(j)vo}j,a(76lvTo;, b; r,v èx ttjç IleXoTrovvTfîffOU, Tfi^i XanvtXTjv 7i£TTatO£U[j.£vo; ôta- /.e/.™v, xai àxô),o-j6o; eîç 'P(ô[u)v èyeyôvEi toO EOSaijiovo- 'IwivvT,. fera )ns(orïa iinionis non verx inter Grœcos et Latinds, La Haye, 1660, p. 6. Syropoulos lui donne aussi l'épithète louangeuse de maître, 5i6àTxa).oç. Ibid., p. 13, 84, 120, 273. Bulgaris identifie Joseph Rladyntéros avec Joseph Bryenniu^, il Minit confirme son sentiment par des raisons pliiu-ill- - \i<u~ nlle hypothèse, le nom de famille du moiin .1 i-^ jili -ruii Bladyntéros; l'èTcwvjiJLOv de Bryennios fut .luiin,' ;, ,ln-eph, lorsqu'il embrassa la vie monastique. Cette identification est loin d'être prouvée ; elle n'a que la valeur d'une simple hypothèse.
Nous manquons de renseignements détaillés sur la jeunesse et les études de notre théologien. Ses lettres nomment comme ses maîtres et ses mécènes Démétrius Cydonius, le grand sacellaire Théodore Méléténiotes, et le grand chartophylax Jean Holobolos. D'après Georges Scholarios, il fut l'élève df très lions niailri's : K'/.ïùv iô 8iSaiTxà).wv apt<7T0; {iMr-r,; y-iyovto:. llosilli.'e, Tô|io; àyâitri;, Jassy, 1698, p. 8: Hpera, t. i. p. :'. IJiyennios s'adonna spécialement à l'étude de l'Écriture sainte et des Pères, quoiqu'il eût cependant des connaissances variées et approfondies en philosophie, en dialectique et dans les sciences naturelles. Ses œuvres témoignent de sa grande érudition. Le patriarche Nil (1380-1388) l'envoya à Crète en 1381 (et non en 1375, comme le dit Meyer) en qualité de prédicateur et d'exarque de la Grande Église. Arsène, op. cit., p. 90. L'île de Crète était alors sous la domination de Venise, qui, pour des raisons politiques, se montrait intolérante à l'égard des orthodoxes, et ne permettait pas aux évêques grecs de s'y établir. Arsène, L'Éylise grecque dans file de Crète durant ladominalion vénitienne, Pravoslavnoe Obozrienie, aotit 1876, p. 54. Par suite, c'était une charge de confiance qu'on donnait à Bryennios. Elle lui avait été accordée à cause du renom qu'il s'était acquis à Constantinople comme prédicateur de la cour. Ses sermons, nourris de pensées bibliques et rédigés dans un style souple et harmonieux, étaient très goûtés par la noblesse et le clergé. Dans son nouvel emploi, il travailla avec zèle à confirmer les orthodoxes dans leurs croyances et à neutraliser parmi eux l'infiltration des idées catholiques. Ses succès oratoires lui suscitèrent des amitiés et des inimitiés. Ces dernières se produisirent surtout lorsqu'il ne craignit pas de blâmer l'immoralité et le relâchement des mœurs du clergé orthodoxe. Il se crut obligé d'avertir le patriarche des scandales qui régnaient et le patriarche prit des mesures pour châtier les coupables. Ceux-ci, pour se venger, traitèrent Bryennios d'iEpoxaT%opo; (délateur du clergé). Opéra, t. m, p. 39, et s'acharnèrent tellement contre lui, qu'il dut quitter l'île après un séjour de vingt ans environ. Quelques-uns de ses meilleurs travaux, par exemple son premier dialogue sur la procession du Saint-Esprit, et ses réponses à plusieurs questions remontent à cette époque. De retour à Constantinople, il se retira au monastère de Stoudion. Dans une lettre à un ami Cretois, nommé Joseph, il retrace le bonheurqn'il y goûte après l'exil forcé (èSopia) de Crète. Ojjp/a, t. m, p. 178-179. Il n'est pas astreint à toutes les observances de la vie mo-
nastique. On lui laisse une certaine liberté. Ses relations avec la cour sont très cordiales. Il passe ses jours dans la prière, l'étude et des conversations intéressantes avec les gens de lettres et les philosophes. Dans sa cellule, qui donne sur le jardin, il médite les saintes Écritures. Touli luis irti. paix ne fut pas de longue durée. Il dut repiiidi. ,1, l'iiii la prédication à la cour. En 1405, le i.uiiurl,, M;,ihieu I" (1397-1410) l'envoya à Chypre avec le lilic de \icaire (T07ioTï;priTr,;) pour travailler à ramener les orthodoxes uniates sous la houlette des pasteurs de Byzance. Philippos Gheorghios, Eioïio-Eiç iaTopixat Ttsp'i tî,; Èxx>.T,(jia; tt;; K-J7tpo-j, Athènes, 1875, p. 62; Gédéon, IIixTptapxixot llivaxEç, Constantinople, 1890, p. 463-464; Hackett, .4 history of Ihe orthodcT Church of Cypi^s, Londres, 1901, p. 141. Au xili" siècle, en effet, bon nombre de Chypriotes avaient reconnu la primauté du saint-siège, et s'étaient soumis à la juridiction de l'archevêque latin. Lequien, Oriens christianus, t. Ii, col. 1043. La mission de Bryennios était secrète, et il n'en rendit compte que sept années plus tard dans ses considérations sur les moyens de ramener les Chypriotes dans le giron de l'Église orthodoxe. Il y présida un concile réuni sur une montagne dans l'église du monastère twv 'AaunoiTuv. Les actes de ce concile encore inédits ont été découverts en 1885 par M. Papadopoulo Kérameus. Revenu à Constantinople, il reprit sa prédication à la cour. Selon Bulgaris, aux travaux du ministère il joignait l'enseignement public. Il traduisit du latin plusieurs ouvrages, et il publia en latin et
en grec ( tés de ri Selon M.
Constani, Paris, 16
yiÛTT-T,) des grammaires et des traita jeunesse. Opéra, t. m, p. s'.
i:,na Jean Eudémon au concile de Histoire du schisme des Grecs, man. Die Vnionsverhandhingen seit deni Anfange des xv Jahrhunderts bis zum Concil von Ferrare, Vienne, 1858, p. 6; Démétrakopoulos, 'iTîopîa TO'j (T/ifjp.axoç tti; XaTtvtXYi; ExxXïjiTîa; xnh TÎiç ôp6oS65oj ÉXÀTi-nx?,;, Leipzig, 1867, p. 99. En 1419, il écrivit son discours sur l'union des Églises, et aussitôt après commença au palais impérial ses 21 sermons sur la sainte Trinité. Les Latins eux-mêmes allaient l'entendre, et admiraient son éloquence. Il eut des conférences publiques avec les légats du pape Martin V (1417-1431) et trouva un adversaire sérieux dans le savant dominicain André, archevêque de Rhodes. Après la mort de Manuel II (1425), il continua à exercer une inlluence considérable à la cour. Jean VIII Paléologue, à l'exemple de son père, l'avait en grande estime. Byzance, enserrée de plus en plus par les Turcs, agonisait, et Jean Paléologue (1425-1448), pour retarder sa ruine, renouvelait avec Rome les tentatives d'union. Suivant la coutume de ses devanciers, il faisait miroiter aux yeux du souverain pontife l'extinction du schisme en vue d'obtenir des secours d'hommes et d'argent. Bryennios qui portait au fond du cœur une haine vivace contre Rome, n'approuva pas la politique de l'empereur. Il s'éloigna d'une cour dont l'orthodoxie lui était devenue suspecte et retourna en Crète. Ses derniers jours s'écoulèrent dans l'obscurité. Nous ignorons la date de son départ de Constantinople et celle de sa mort. Il mourut probablement avant l'ouverture du concile de Ferrare. Gennadios Scholarios a fait son éloge. P. G., t. CLX, col. 681. Le dominicain Maxime Chrysoverghes reconnaissait en lui un des flambeaux de l'Église orthodoxe : ù; Ëva itàXat çwa-iipwv Tri;£xx>.YiU!aç3oÇâî;ou(ji. Opéra, t. I, p. 411. Marc d'Éphèse, en dictant son épitaphe, l'appelait source d'éloquence divine : 6ei-,y(Jpo; flpjaiî, colonne très ferme de la vérité, à <rr£ppdTaTo; -r,i àlrfieiai (ttûXo;, lumière très resplendissante de l'orthodoxie, çavôraroç 6p9oôo5ia; Xu^voç, maître sûr pour ceux qui sont dans la voie de l'erreur, So-ni.a'iarr,i àxp'.ê^j îrXavufiÉvoi,-. Opéra, t. m, p. e'. Dans ses écrits, Brjennios se révèle à la fois théologien et érudit. 11
BRYENNIOS
IIGO
connaît toutes los snhtilili-s de la ilialecliquc. Dans un si.'clo (],-■ (l.'cndi lire lill.'raii-r. -nii ^hle garde un parfum ,l,. -Miiplini. .iiiii.|iir ri (IjUi. i~iii.' ])lein de naturel. Les i1i,.,,|m^ 1. Il- il,' ! iir.idiiii II'' lui ri. lient pas inconnus.
Il,,,,, Il lu -,iiiii II I- ,rA(|iiMi, d.int lesœuvres étaient
,|,.| , 11' ,.|iiiir- .11 irr .iij Mil \i\ -iècle. Krumbacher, (,,■.../.,, /, ',■ ,1,-, ini-,,„i:,u^.-hr„ I iileralur.p. 99; Opo-a, I, i, |, Il i-i I.'. I.,.i -,(|ii il ili-riiii' nrc les latins. Bryenlur- rr-i, li.l, I, .1 la nu Ihodr de ses devanciers. Il irrriii' |iMtr!- ,,ii\ arguments métaphysiques, mais il |ini I 1,1 . -,|ii, i.iijoursses preuves dans l'Écriture sainte ,'t d.in- 1- r.n~. Le raisonnement théologique n'a à ses yeux qu'une valeur très secondaire. Bien qu'ayant vécu longtemps dans un milieu latin, il reste grec au sens strict du mot. II ne jugea l'Occident digne que de ses invectives et de ses anathèmes.
II. ÉCRITS. — Les œuvres de Joseph Bryennios, avant d'être publiées, étaient connues des érudits. Etienne Gerlach les mentionne dans le Turco-Gneria de Crusius, Bàle, 158i, p. 489. Allatius m doniv d,s .xti-ails dans plusieurs de ses ouvram- /'■■ hi'ri'. ,;clrfaishris Grsscorum ; De Ecclesise iicci'i,,,i,iiis .<i.jiir ,,nr,fhihs perpétua consensione; Joanncs Hcmiiiis Uulliinjenis fraitdis et iinposturse nianlfestx convicliis; De iilriusque Ecclesiœ occidentalis atque onentalis perpétua in dogmate de purejalorio cons^nsume. Papadopoli Comnène le cite dans >r-, r, r, ,,,/.■< ,v inyslagogicse. Mais Eugène Bulgaris ,i 'i i " .1. Urer de l'oubli les
écrits de Joseph lr "■"■ '• ■ I T()8 il fit paraître à Leipzig en deux voIuuil- Il (r <• ni\ les plus importants du célèbre polémiste byz-anlia. Voici le titre prolixe de cette publication : 'Iwdï)? liovaxo'J "0"J Bp-jEvviou, tôc eOpeOévTa iÇiiûiTEi to-j \i']/-ri>,o-i-z'i-j xai e-JneoeorâToy îtp(i')i]v T|YC|iovo; Mo>.8oêXa-/ia(; xupiou TpriYopto-J 'AXs^âvSpo'j Fxi'xa po£6ô8a,6t' èittiJiEXsia; EOyevio'j 6iaxôvo-j toO BouX- Yâpewî T^êri tô Tipôixov ïOiiot; èxSoOévTa. 'Ev AsiiJ/ta rr,; LaÇovta;, bi Tr, T'j7t0Yp«9i^ toC Bpeï-rao7>?, etei ol^^t^. Le troisième volume, édité en I78i, contient des suppléments et porte un titre plus prolixe encore : 'laxrrjç (i.ovï;(0-j to-j BpuEvvîovi Ta TtapaXemôjiEva âç' oi; xa'i toO (joçoTotTO-j àpx'Si^""">itoii Noêovpooiâ; ©eoçôvoiic xoO IIpoxôiTootTç îffTopia uepl -îjç Staçopôtç ty):; 7cep\ tf,; èxTiopeiidsio; ToO â-lio-j IIveû|iaTJi; Èx tî;; AaTcvwv çuvî); é|eX- Xïivio-Seîa-a xa! è'ti toO uoçomTO'j àpy'sitioxÔTtou TtptiriV SXaê»ivio'J T£ xa; XépffMVo; xupt'rj'j EÙyevio'J toO BouXyi-
pCtû; 'AvâxpKT'.Ç TTEpi NtXTiÇOpOV) ToC BXEÎi().JÛOU. "HSï)
npûTov rJTtoi; Èx5b6Ei(ja ètciijleXeÎ-i te xai Saitâvr, Otoiiâ MavSotxâffO'j laTfo'j Ix -hôXeo); Kaoropca;. Mentionnons seulement les écrits théologiques de Bryennios.
1» "OpiiXia! Stiîpopai irfitiom: ht Kwvs-TavTivo'JîroXei èttI t?,; 3ïT'.'/î;a; MavouriX -où naXa'.oXôyo-j -oO uoçuTâ- T0-. /i - ; -X- .■-:(v/!aî 'IuOT,9 tci-j à^tw-iTO-j xai oîxou- ;j-r .. M ,/oj. Opéra, t. I, p. 1-406. C'est un
lue 1,1 II i, j: ,!i-icuurs théologiques sur la sainte Trinité, jTTip T-/-,; ayia; î] ÙTcepSIou Tpiiôo;. L'auteur dut les prononcer entre 1420 et 1423. Ces discours, qui sont l'œuvre la plus importante de Bryennios, sont logiquement coordonnés et forment des chapitres détachés d'un traité complet de théologie trinitaire. Les trois premiers exposent le dogme chrétien ; les autres se rapportent au Filioque, et tendent à réfuter l'enseignement latin. Chaque discours se termine par des exhortations morales. Toutes les citations patrisliques ne sont pas exactes. Dans le cinquième discours, Bryennios blâme vivement l'introduction de la dialectique dans le domaine de kl lli.ûlogie. A son avis, (, ceux qui soumettent les do^jiiir- de la foi aux chaînes du syllogisme dêpouillenl il" Sun auréole divine cette même foi qu'ils vûudraieul déleiidre : ils nous obligent à ne plus croire à Dieu, mais à l'homme. Aristote et sa philosophie n'ont rien de commun avec les vérités révélées par le Christ. » Opéra, t. i, p. 84. Quand il traite du Filioque, il explique en quatre discours le sens du mot procession.
qui, attribué au Saint-Esprit, n'indiquerait qu'une mission temporaire ou une distribution de grâces surnaturelles, Tr,v Ttpb; Tj'uâ? yopriv'»;- " définit en six autres discours les termes d'hypostase et de substance, et il insiste sur l'impuissance de la langue latine à exprimer en des termes précis les relations cntie li- pi i -mini's divines, Sià TTEvoTr,Ta. Opéra, t. i, ]<. '■'•< 11 rynume enfin les textes de l'Écriture sainte et d, - l'nr^ i\au\. trait au Filioque; il explique en quel sens il faut entendre la formule a Pâtre per Filiuni, Ojiera, t. i, p. 198, et il répond aux objections de ses adversaires. 2» AiocXeîi; A'Ttcpl rr^i toû àyiou rivE-JuaTOi; èxwopeOaEw; HETÔt ToO Xanvdçpovoç MaÇijiûu TÎiç TaÇEw; twv Kripijxwv.
rÉyOVE 8È TtEpi TTiV 7C£piçïl(iOV KpTjTriV, ETt' ixpoà(7£i 7tà(Tri;
T?,; ÈxEÎ MtiTpoitoXEMî. Ibld., p. 407-i24. En 1396, Maxime Chrysoverghes, dominicain, se rendit à Crète, et répandit au milieu des orthodoxes son discours sur la procession du Saint-Esprit. P. G., t. cuv, col. 1217-1230. Bryennios y répondit dans une conférence publique tenue à Candie. Cl Ile ei.iifi'rence est le premier di il ijnr -m I.i in.irr jsion ilii .--,uiii-i;sprit. Bryennios s'a ii.r ir , ,i, m-iiii i ] i ■ ! .■,,. s. i.!!. ■m. -ni latin détruit l'unii, i. iniii, ij^ ■ n i enir el sijiij leur dans la très sainli' I i mit. <! Ir Snni tsprit procède du Père et du Fils il y a en même temps deux principes, 5ùo Ta a'iTia jtpôouna, et deux personnes qui procèdent, Siio -ca x'maii. Dans ce dialogue Bryennios reproche à saint Thomas d'Aquin d'avoir commis beaucoup d'erreurs au sujet des grecs dans la Sovime théologique et dans l'opuscule Contra errores grxcorum,
3° AiiXeÇi; B'nEp'i TÎii; toO àytou nvcO[iaTo;Èx7top60(T£ii); lAETà Twv Èx "Pw|xri; «pÉuêEtov, ijtl âvaxiet tûv 'ExxX/i<7i<ôv, Irfivi àçixoiAÉvMV, xai Xaêï|V aiOtç i'XXr|V Çtito-jvtwv XaêEÏv Ttap' r,(i.râv. Ihid., p. 424-442. Ce deuxième dialogue est une conférence tenue à Constantinople en 1423 avec les légats du pape Martin V. Pichler, Geschichte der kirchlichen Trennung, etc., Munich, 1864, t. i, p. 384.
'f AiiXsÇi; T' «Epi TTJî TO-J ùfiou IIv£-j(iaTo; Èxnops-J- (TEïo; liETa TWV èv Ka>v(TTavTtvo7c6X£i AaTivoçpôvwv, wv Ta iv6\tixxx où ■^i-(pai:-:iti, w; 'tTzl !|wvt(ov xa\ 6uva|j.cvwv È?' oî; çpovoOffi |A£Ta6aX£<j6ai. Ibid., p. 443-468.
5» Aôyoî ffUfiêouXEUTixô; itEpl tti; ivwdEw; tmv èxxXr,- (Tiù)v, tffi piEX6TC0(iÉvïiç YEvÉ<j6«i xttT IxEfvo'j xaipoO. Ibid., p. 469-500. Ce discours fut tenu en présence de l'empereur en 1419. Bryennios y parle des prétendus bienfaits de l'union et déclare que la première condition pour la réali.ser est de ne point altérer la doctrine orthodoxe. Il revient sur la question du Filioque et condamne les azymes. A son avis, l'union est quelque chose de pire que le premier schisme : c'est une séparation, une abscission, une tromperie, une condescendance manifeste, une corde de pendu, une marche vers l'abîme, un renoncement à la liberté, un aveu d'esclavage, un mépris des Pères, en un mot, rien de bon. Opéra, t. I, p. 481.
6» MeXÉtï) TtEpl xr,t; twv Kunpiwv «pô; tyjv opOôSo^ov ÈxxX/i(TLav !isXeTr,6EÎ(77i; IvtôdEw;. Opéra, t. H, p. 1-25. C'est un réquisitoire contre la hiérarchie latine de Chypre, et l'union des Églises. Hackett, op. cit., p. 142-149.
7» REîiXaia ÈiiTàxiç ÎTni. Opéra, t. m, p. 48-1026. Cet écrit, composé à Crète, est un recueil d'extraits de sermons sur divers sujets. Bryennios y traite des questions philosophiques, morales et théologiques. 11 y a inséré des méditations sur la nature de Dieu, sur ses attributs, sur la grâce, sur la très sainte Trinité, sur les facultés de l'âme, sur le vice et la vertu, etc. II y expose des questions oiseuses, telles que celles-ci : le monde a une certaine ressemblance avec le paradis terrestre. Opéra, t. m, p. 60-61 ; l'homme est un être à part dans la création et néanmoins il ressemble à toutes les créatures, au navire et à la maison, au tribunal et à la ville, à la plante, à la terre et au ciel, etc. Opéra, t. i, p. 17; t. III. p. 62-63.
Fabi-icius, Bibliotheca grxca, édit. Harles, t. v, p. 59; t. viii, p. 96; t. XI, p. 659-660; Cave, Script, ecclesias. hist. lUteraria,
BRYENNIOS — BUCER
iiiliv) Oudin Commenl de soipt I c 1 22o2-22^5 Ersch et Grubei dei ^^ tsset}sckaften und Kuvstt wiil p 182 183 Constantin Oecon, 1 jL T^j. Si; Athènes
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Plusieuis œuvies deBrjennios même desœmrestheologiques telles qu un dialogue contre les mubUlmanïi sont encore inédites L'édition de Bulgans n'est pas définitive. Elle a été faite en grande partie d'après les codices 414 et 4'28 de la bibliothèque du saintsynode de Moscou, ayant appartenu autrefois à la laure d'Iviron
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critiqui.' il i.uidr;iii iiiilis^ r Ir- lir,- di-iiui--^ d.ni^ les bibliothèques dui-iuut, un pLuUculici' C'jux de JérusLilein, Papadopoulo Kérameus, ■lif-.aoV.Jii.Tixi, Ii:.r,...,6.;y.r,, t. Il, p. 568, 619; t. m, p. 67; t. IV, p. 266, 423, 429, de Lesbos, Id., MajçuYofSàxt.oî Biêi.cSr.idi, Constantinople, 1883, p. 89, 122; Id., 'EuSî».! -e'Aa.oY?"?'xSv IfsavSv iv OfSxv, x«; M«xîSo.,ia. Constautinople. 1886, p. 48-52: "Hiitpoî.oY.ov "ATT.jiv, Athènes, 188i. !■, :::.]-:::,-, ,|,.- laures du mont Athos, Spiridion Lanxbros, K--- i «/■.,»,,-/■-;
To3 'Ayiô-J 'Op«uç Ê"A>.iiivtx;ïv KwSixwv. r.;ufil ;l , I II. p. 'lîlT.
et de Patmos, Sakkélion, KaTa/.»--,; - : . . ,- :-.;-; .,i--,,„,.
e,ixr,5 -.fr, 'E-a«8o;, Athènes, 1892, p. 59; IJ., llav.xr j..e>.,oO>,,r., Athènes, 1890, p. 185, 199, 200.
BUCER (ou BEUCER, BUTZER) Martin, disciple zélé de Luther, réformateur de Strasbourg. Né à Schlestadt (Alsace) le U novembre 1491, il se nommait Kuhhorn (corne de vaclie, en grec Buccr); il entra à quinze ans chez les dominicains de sa ville natale, étudia les humanités à l'université d'Heidelberg et s'y distingua par son érudition et sa dfalectique. Il avait déjà été séduit par les écrits d'Érasme, quand, le 26 avril 1518, Luther vint au monastère des augustins d'Heidelberg soutenir une di.spute publique. U développa ses idées sur la justification par la foi seule, sur la volonté serve et l'impuissance des œuvres tonle-; ml.irli.rs de |i.'clii'. Un des auditeurs qu'il cliarina fui \.uc.v 11 .( ri\il. en effet, dans une lettre au savanl I ilieiii lllie^iiiv ,|e Schlestadt : c Au chapitre de son ordre, Lutlier a présidé un savant colloque; ses propositions ont dépassé l'attente générale, elles ont même paru hérétiques; ses réponses brèves, appuyées sur la parole de Dieu, nous ont tous ravis...; il joint à la vigueur d'un saint Paul la finesse d'un Érasme. » Après chaque séance, il chercha à avoir une entrevue avec Luther. Quelques années plus tard, il adopta ouvertement la nouvelle doctrine, quitta l'ordre des dominicains en 1521, devint chapelain de l'électeur palatin Frédéric, puis en 1522 commensal du comte de Sickinçien. Celui-ci était chef
delà l.ieih. ,l..^ elen d'en l'ni, I e,, r l.i iM>, des bi, li. , e. l/-i,,~ii^| près kreu/.iuicli, il en puis lui confia la par Ponts. Les habitants cher, en 1522, pour Mais son protecteur
. il,,ni le Lut était - .1 il ■ ■; emparer e Ml .1 iliernbourg Il Ter avec Luther, ilil près de Deux- :; vinrent l'y cherchât la Réforme, mort au mois de
mai 1523, il fut chassé de ce lieu par l'évèque de Spire et se rendit à Strasbourg, où, pendant vingt ans, il exerça la charge de pasteur et professa la théologie; aussi contribua-t-il pour une très grande part à la conversion de Strasbourg au protestantisme. C'est encore en 1523 qu'il se maria avec une religieuse dont il eut treize enfants.
Il balança toujours entre les doctrines de Luther et celles de Zwingle sur l'eucharistie, et toute sa vie il tenta de réconcilier les partisans des deux réformateurs. Au fond il partageait plutôt les idées de Zwingle. Dès 1524-, on brisa à Strasbourg les images des églises, et en 1528 Bucer eut une entrevue à Berne avec Zwingle. En 1529, pour réunir toutes les forces de la Réforme, le landgrave Philippe de Hesse convoqua le colloque de Marbourg. Luther, Mélanchthon, Zwingle, Bucer, Œcolampade, Brenz, s'efl'orcèrent de s'entendre sur l'eucharistie, ils reconnaissaient unanimement, déclarèrent-ils, dans le sacrement le vrai corps et le vrai sang du Sauveur, mais ils ne pouvaient s'accorder au sujet de la présence réelle du corps et du sang dans le pain et le vin. Pour les mettre d'accord, Bucer déploya, dit Juste Jouas, « toutes les ruses d'un vrai renard, » Corpus reformaUirum, t. I, p. 1097, et il contribua à procurer une trêve temporaire, en déclarant qu'à son sentiment, le corps du Christ est présent dans la cène pour les croyants, et non pour les impies. Ses amis n'acceptèrent pas cette explication.
L'année suivante, à la diète d'Augsbourg, un compromis fut tenté entre catholiques et luthériens. Mais, quand ceux-ci eurent présent.' leur célèbre Confession, les villes zwingliennes, Strasbourg, Constance, Memmingen et Lindau, voulurent aussi produire la leur, dite Confessio letrapolilaiia et rédigée par Bucer, Il y biaisait sur l'article de la consubstantiation admise par Luther, tout en acceptant le sens ligure des paroles de linstitutieu). (Jii.'ind lentenle avec les catholiques parut irréalis.ildr. Ilnrer lut etl'rayé de l'isolement des quatre villes lil.e. -^ /uiii-iieiines. L'empereur avait déclaré, en effet, » que ees eile> s étaient retranchées de la nation allemande et de toute la chrétienté en rejetant le saintsacrement, et en donnant leur assentiment à de nombreuses destructions d'images. » Bucer résolut d'essayer à tout prix l'union des sectes réformées ; et dominant ses répugnances personnelles, il rédigea de nouvelles propositions dans lesquelles il cherchait à prouver que son sentiment était réellement concordant avec celui des luthériens. « Le corps et le sang de Christ, disait-il, sont vraiment présents. dans la cène et offerts pour la nourriture de l'àme. » Quand il présenta celte formule nouvelle. Mélanchthon, qu'effrayait une alliance avec les zwingliens, la repoussa d'abord et écrivit à Luther : " Je ne crois pas que ces gens-là sont sincères. » Luther répondit : « Je hais leur duplicité, ils n'ont jamais enseigné ainsi. » Mis au ban de l'empire par le décret de Worms, Luther n'avait pas pu assister à la diète d'Augsbourg, Bucer alla le trouver à Cobourg; il raconte comment il l'amena à peu près à son sentiment : « Luther ne peut être détourné du chemin où il s'est une fois engagé, il faut arranger les choses de façon qu'il croie n'avoir rien cédé. » Luther se montra satisfait de cet accord si imparfait, mais fit ses réserves. Finalement, les quatre villes qui avaient signé à Augsbourg la Confession zwinglienne, furent reçues dans la ligue de Smalkalde (mai 1531). Heureux de ce premier succès, Bucer travailla ensuite avec le landgrave de Hesse à faire entrer dans cet accord les Suisses eux-mêmes. II ne put y réussir; Zwingle voyait trop clairement la contradiction absolue qui existait entre sa doctrine et celle de Luther. De cette tentative il ne résulta que l'apparition en Suisse d'une nouvelle secte, qui acceptait le système vague de Bucer. Loin de se décourager, Bucer continua ses négociations, et Zwingle étant mort en