‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 433 sur 741 · XV. L'ÉGLISE LATINE EN BULG.\RIE. — 1» L'Église · texte numérisé non relu

XV. L'ÉGLISE LATINE EN BULG.\RIE. — 1» L'Église

laline est constituée aujourd'hui par l'évêché de Nicopolis, qui relève directement du saint-siège, et le vicariat apostolique de Sofia et Philippopoli. Presque tous les catholiques sont d'anciens convertis de l'iiérésie paulicienne ou bogomile, qui ravagea ces contrées au moyen âge et, de là, s'infiltra dans l'Europe occidentale pour donner naissance aux sectes des cathares, des patarins, des albigeois, etc. Il est admis aujourd'hui que l'hérésie • se constitua avec les débris de diverses sectes

gnostiques sous le règne de Constantin Pogonat, 668- 685, et qu'elle eut pour fondateur un certain Constantin, originaire de la région de Samosate, et dont le dualisme manichéen représentait à peu près toute la doctrine.

Ses disciples, sons des noms divers, répandirent partout

transplanta un grand nombre du fond do l'Arménie aux environs de Philippopoli en Thrace. Est-ce à cette déportation en masse qu'il faut attribuer la recrudescence du manichéisme en Bulgarie à '■■■n 'p iiii'';" Toujours est-il que les traditions coii i pu i. -

Grecs, les Latins et les Slaves, sont nn n i, . im. vivre sous le tsar bulgare Pierre I", li-JT 'ii^. Ii pi. p.- Jéromie dit Bogomile, c'est-à-dire Théophile, qui donna un nom nouveau à une hérésie déjà ancienne et, en réveillant l'ardeur religieuse de ses partisans, leur assura un triomphe momentané. En effet, c'est à partir de ce moment que les diverses sectes manichéennes s'emparent de l'Europe centrale, pour descendre dans le nord de l'Italie et, par la vallée du Rhône, envahir toute la Gaule méridionale, et c'est toujours en Bulgarie que les chefs de la secte s'en vont chercher les instructions nécessaires. Deux communautés surtout se distinguent entre toutes par leur zèle et leur irnpni-innoo, celle de Philippopoli en Thrace et celle d- lu (i.,l!/i en Macédoine. Il n'entre pas dans nmn np i .1 d i nllrr ni de poursuivre l'histoire do cette se. P' i n IPd.ii i. , comment 'II'- lui e.indinnee . ilii,i< llcnient au couoilo de Tirnovo

-H 1-ilo. d.ni- d, V, r,,nril,.s, en 1316, 1325 et 1366,

l'iinnii nt .11- - mliLi di-p,naitre, lorsque la Bulgarie tuiiilj.i ,iii\ iiiuia., de» 1 mes a la fin du XIV« siècle, soit en se prononçant pour l'islamisme, soit en s'effaçant et en se propageant dans l'obscurité; il suffit de rappeler que les Bulgares latins de nos jours, les pavlicans, comme on continue de les appeler dans le pays, sont les descendants bulgarisés des pauliciens et des bogomiles du moyen âge. Voir col. 926-930.

La mission latine de Bulgarie, unie à celle de Valachie, fut soumise pendant le xvi= siècle à la visite de l'archevêque d'Antivari ; elle reçut au xvii« siècle des missionnaires franciscains de la Bosnie et, en 1624, forma une province indépendante sous le nom de custodia Bulgarise. Confiée, en 1763, à la congrégation des baptistins de Gènes, elle vit, en 1781, toute une partie de son territoire détachée, sous le nom de mission bulgare, par le pape Pie VI en faveur de la congrégation de Saint-Paul de la Croix. Les passionnistes devenaient, en même temps, dans la personne d'un de leurs religieux, évèques de Nicopolis ou Roustchouk et administrateurs apostoliques de la Valachie laissée aux franciscains ; mais, à la différence de ceux-ci, ils n'ont pas eu et ils n'ont pas encore de maisons canoniques en Bulgarie, ayant pris seulement sur eux.la charge des paroisses. Les premiers évèques franciscains de Nicopolis résidaient habituellement à Tchiprovetz, que les Turcs détruisirent en 1688. Par suite de la guerre survenue cette année-là entre les Autrichiens et la Porte, la plupart des catholiques émigrèrent en Transylvanie, où l'empereur Léopold 1" leur permit de s'établir. En 1724, nouvelle émigration en Valachie et dans le Banat de plusieurs milliers de familles, qui reçurent divers privilèges des Impériaux. Ils fondèrent quinze villages dont le plus important est devenu la ville florissante de Binga. Quant à ceux qui étaient restés dans le nord de la Bulgarie, dans cinq ou six villages aux environs de Nicopolis, ils furent longtemps sans prêtre et sans église. A deux reprises différentes, Rome tenta de secourir ces pauvres chrétiens abandonnés, en leur envoyant des évèques et des prêtres, vers la fin du xviii= siècle. C'est à la suite de la guerre russoturque et de la terrible peste de 1812, qu'avec l'autorisation

BULGARIE

de l'armée russe occupant le territoire, un certain nombre (le familles bulgares passèrent le Danube et fondèrent le village de Cioplea, près de Bucarest, où leur évêque passionniste les suivit et succomba au lléau. Ses successeurs y demeurèrent jusqu'en 1847. A ce moment, l'évèque latin roussit à se procurer à Bucarest, dont l'entrée lui avail étéformellement interdite par le métropolite ortboiloxi', une demeure spacieuse, qui lui servit

seurs. Le nouvel état ■iqu'en 186't, où un • < passionnistes de -~ionnaires francisi..inpnt En 1873, ; : ! de Buca- I - après, il

Ts les t diocésain. La ave résolution ; passionnistes ''ri n'intéresse <i, •11 effet, la

|Mi le saint- II i -I. créé par

,' 11-, cessant 'iH', choisit

M l'iicore.

de résidence ainsi qu'a se de la mission ne fui [udécret de la Propai;aiiJ. ^ prendre en Valachic l.i pi cains, qui 5C rr-lirri. ni Ma' Paoliéri^. m Jm^ -> resl un petit -. imim hv ^h établissait uii^iuiil -. nnn.nii' ,, r.i-pl-,, Milheureusement,les passionnistes, auxquels on iiicoiniiailUulirection, en firent moins un grand séminaire qu'un noviciat de passionnistes, destiné à fournir des religieux à leurs maisons de Valni-hi» t il.- Hiilpni'i'-. I.n situation demeura plus ou moiii- I I! : I i , [u n I^>^ ..u Ma' Palma, luimême un an ; • : i :<m tous les prêtres sortis de Ciopl' i .1- l m nistes et créa un siiniii n conséquence toute nahn fut d'enlever en princi pour la confier au cl.i déjà plus le diocèse (!• \ Valachie avait été si|i m siège et soumise à lai ' la même occasion. De- Ki ■ d'être administrateur a| .- Roustchouk pour sa n -ulr

2» Le diocèse deXicM|i,.!i. I !, Ii i ;,, nnlusaintsiège; il a pour évêqui' M II !:■: I'. ul ■!. iM-Mmiiii-i'

comme' auxiliaire Mil' .Lu .|tii - l;..;-- mi. -, mlir-i ii dm u-, nommé le 15 septembre 1901 avec le hli^' A I -il i Lecatholiques sont près de 12 000 sur 1 ."n ii i i un i !, liiiinN,

Il ja quinze stations résidentielles, qui -• i ih [ii -

tout à l'heure, et une non résiil.-nfioll. i l:i'iii imde Plevna. Le diocèse po,-, ,l ,! i .,., i, ,, , uh, i- ,.( vingt-trois réguliers, il^ni \!ii |i i-.i-nni-i,- -i irmassomptionnistes. Les pa--Miiiii-i. -. <|iii mmi \ nut inrtios et neuf frères convers. dirigent toutes les paroisses, à l'exception de deux. Les assomptionnistes, établis à Varna depuis 1897, sont au nombre de sept, dont trois prêtres et quatre frères de chœur; ils ont une école qui compte soixante-dix élèves, et se transformera bientôt en établissement d'enseignement secondaire, avec autorisation de donner des grades pour la Bulgirie. Les frères des écoles chrétiennes, d'origine allemande, tenaient jusqu'ici l'école primaire de Roustchouk, qui avait quatre-vingts élèves ; ils viennent de la céder à des professeurs laïques et de quitter le diocèse, septembre 1903. Les sœurs de Sion, quinze religieuses, s'occupent du pensionnat et de l'externat de Roustchouk, qui ont ensemble cent soixante élèves ; elles ont succédé dans cette charge aux oblates de l'Assomption. Celles-ci. établies à Varna depuis 1897, sont au nombre de quinze et viennent d'ouvrir un grand pensionnat, qui compte déjà cent quarante internes ou externes. Quatre sœurs dominicaines de Cette se sont établies, en août 1903, à Sistof^et ont l'intention de se consacrer au soulagement des malades dans les environs. En dehors des écoles de Roustchouk et de Varna, les autres centres catholiques ont l'école officielle du gouvernement, où le curé se rend pour faire le catéchisme ; les instituteurs sont d'habitude catholiques. Ce diocèse ne possède pas encore de séminaire, mais Ms' Doulcet compte ouvrir un grand séminaire dans le courant de l'année 1904.

3» Le vicariat apostolique de Sofia et Philippopoli comprend l'ancienne province connue sous le nom de Mésie

supérieure, ainsi qu'une partie de la Thrace, qui s'étend jusqu'au territoire d'Andrinople exclusivement. Comme le diocèse de Nicopolis, ce vicariat fut d'abord confié aux franciscains de la province bosniaque, qui avaient converti les villages pauliciens des environs de Philippopoli au xviis siècle. En 1610, le saint-siège rétablit la hiérarchie catholique, interrompue depuis des siècles, en érigeant l'évèché de Sofia. 11 en fut ainsi jusqu'en 16'i3, où ce siège fut transformé en archevêché. Au I xviii« siècle, le siège redevint vacant par suite des persécutions des Turcs ; les catholiques survivants furent contraints avec leur clergé de prendre en grand nombre le chemin de l'exil. En 1835, on recouvra une paix relative et Rome en profita pour confier la direction régulière de ces pauliciens convertis aux rédemptoristes, qui avaient à leur tête un préfet ou vicaire apostolique, mais sans la consécration épiscopale. Les rédemptoristes furent remplacés en 1841 par les frères mineurs capucins. Le premier vicaire apostolique fut le P. André Canova, qui devint en 1848 évêque titulaire de Ruspc; il mourut en 1866. Son successeur, Mo' Reynaudi, sacré en 1868, avec le titre d'Égées, devint vicaire apostolique de Sofia et Philippopoli et obtint, en 1880, un coadjuteur avec future succession dans la personne de Ma' Menini, religieux du même ordre. Celui-ci succédait, en 1885, à Ms' Reynaudi avec le titre d'archevêque de Gangres ; il dirige toujours ce vicariat.

Depuis 1890, un changement est survenu dans l'organisation du séminaire de ce vicariat, qui enlèvera, à brève échéance, cette mission aux Pères capucins italiens et autrichiens. A la suite des troubles politiques d'Italie, on résolut de créer un institut oriental pour le recrutement des missionnaires capucins en Orient. Dans l'p lait, M'i' Menini ouvrait en 1882 une petite école

- i:i|iliH|u à Philippopoli, tandis qu'une autre était ' Il • .1 > iii-^téfano près de Constantinople. Le noviciat

- • l,ii-iil a Boudja près de Smyrne; après quoi, les jeunes religieux allaient étudier pendant deux ans la philosophie à San-Stéfano et retournaient à Philippopoli, puis à Sofia, pour se livrer pendant quatre ans aux études théologiques. Comme la Bulgarie semblait par trop favorisée dans ce partage des cours, on résolut, en 1890, de transférer le noviciat à San-Stéfano, et de centraliser à Boudja les études de philosophie et de théologie. La Bulgarie ne gardait plus que l'école séraphique préparatoire. Ma'' Menini ne put se résoudre à cette combinaison ; il se sépara de l'institut, garda ses Bulgares et, sur les conseils de Léon XIII, son école devint un séminaire pour la formation d'un clergé indigène bulgare, qui prendra peu à peu la place des Pères capucins, à mesure que les paroisses deviendront vacantes. Voir le P. Hilaire de Barenton, La France catholiqueen Onent, in-8», Paris, 1902, p. 260-263. Le petit séminaire de Philippopoli compte aujourd'hui vingt élèves, le grand séminaire de Sofia pour les études philosophiques et théologiques six seulement. Le vicariat apostolique de Sofia-Philippopoli compte treize prêtres séculiers, quatorze capucins, vingt-six assomptionnistes, prêtres ou frères de chœur, un résurrectionniste et onze frères des écoles chrétiennes. Les capucins sont à peu près tous employés au ministère paroissial, le résurrectionniste dirige la paroisse de Stara-Zagora et les frères des écoles chrétiennes, le pensionnat et l'externat de Sofia qui ont deux cent six élèves. Quant aux Pères assomptionnistes, ils ont quatre résidences, dont deux à Philippopoli, une à Yamholi et une autre à Sliven. A Philippopoli, dixsept Pères et frères de chœur dirigent depuis 1884 le collège Saint-Augustin, le seul collège catholique de toute la Bulgarie, lequel compte de quatre-vingt-quinze à cent élèves; quatre autres sont à l'école paroissiale de Saint-André, qui a deux cent cinq élèves. A 'Yamboli, il y a trois religieux de la même congrégation, qui s'occupent des catholiques latins et slaves; enfin, une

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