‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 47 sur 741 · Charitas illa, quœ est pleniiudo legis, non est semper · texte numérisé non relu

Charitas illa, quœ est pleniiudo legis, non est semper

"0. Homo existons in peccalo

Cette charité, qui est la plénitude de la loi, n'est pas toujours jointe avec la rémission des péchés.

Le catéchumène vit saintement dans la justice et la piété, observe les commandements de Dieu et accomplit la loi par la charité, avant même que d'avoir obtenu la rémission de .

ses péchés, qu'il reçoit enfin par le baptême.

Un homme qui est en étal de

péché mortel, ou digne de la damnation étemelle, peut avoir une vraie charité : et la charité même parfaite peut s'allier avec la dette de la damnation éternelle.

.\vec une contiition même rendue parfaite par la chaiilé et jointe au vœu de recevoir le sacrement, le péché n'est pas remis, hors le cas de nécessité ou du martyre, si l'on ne reçoit actuellement le sacrement.

mortali, sive in reatu aîtemse damnationis, potest habere veram charitatem; et charitas etiam perfecta potest consistere cum reatu aetemae damnationis.

Annot., 10, in Censur. Sorbon.

71. Per contrîtionem etiam cum chai-itate perfecta et cum voto suscipiendi sacramentum conjunctam, non remittilur crimen, extra casum necessilatis aut martyrii, sine actu;Ui susceptionesacramenti.Annot.,11, in Censur. Sorbo7i. ; Baiana, p. 117 sq.

Un commentaire historique éclairera la question traitée dans cette série de propositions. Baius raconte dans son apologie que des cordeliers flamands mettaient en pratique une opinion connue des moralistes; quand ils n'avaient pas à leur disposition un confesseur de leur ordre pour lui déclarer leurs péchés, apparemment leurs péchés réservés, ils ne se croyaient pas obligés de se confesser avant de célébrer le saint sacrifice; à cette occasion, ils avaient soutenu dans plusieurs écrits que la ferme résolution de se confesser jointe à la contrition parfaite suffisait pour obtenir la rémission de ses péchés, quand par ailleurs on était excusé de se confesser immédiatement. Baius s'éleva non seulement contre cette pratique, mais encore contre le principe dont on se servait pour l'appuyer. D'où la doctrine contenue dans les propositions 70= et 71», elle n'est qu'une répétition de deux articles soumis à la censure de la Sorbonne. Baiana, p. 20 sq. Le docteur lovanisto soutenait que, hors le cas de nécessité stricte ou du martyre, la rémission des péchés ne s'accordait pas, régulièrement parlant, sans la réception effective du sacrement du baptême ou de pénitence; par conséquent, ni la charité ni la contrition parfaite n'avaient pour privilège d'obtenir la justification ou la rémission immédiate des péchés mortels. La Sorbonne avait jugé la doctrine de Baius hérétique, mais il n'avait pas accepté ce verdict et s'était défendu dans ses observations sur la censure.

Plus tard, dans son traité De charitate, il avait, au chapitre vu, énoncé cette thèse : que l'acte de charité peut précéder la rémission des péchés. Parmi les dixneuf arguments qu'il apporte, quelques-uns s'appliquent, il est vrai, à la charité imparfaite ou initiale, mais la plupart vont plus loin et plusieurs se rapportent manifestement à la charité parfaite, entendue dans le .-ions habituel de ce mot. Baius maintenait donc réellemcnl, quoique d'une façon moins explicite, son ancienne opinion. C'était, une fois de plus, ne tenir aucun compte du concile de Trente; car celui-ci avait déclaré formellement, sess. XIV, c. IV, que la contrition parfaite, et parfaite par la charité, charitate perfeclant , réconcilie l'homme avec Dieu avant la réception effective, mais non pas sans le vœu du sacrement; et dans la session précédente, c. VII, il avait suppo.sé que dans un cas de nécessité, en l'absence d'un confesseur autorisé, un prêtre pouvait se préparer par un acte de contrition parfaite â la célébration des saints mystères, sauf obligation de se confesser ensuite le plus tôt possible. Denzinger, Enchiridion, n. 778, 761. Par là s'explique la condamnation des propositions 31», 32", 33', 70° et 71", erronées en ce qu'elles refusent à la charité et à la contrition parfaite le privilège d'être toujours unies, de fait et infailliblement, â l'amilié divine et à la grâce sanctifiante. Prov., VIII, 17; Joa., xiv, 21; I Pet., iv, 8, etc. Corps de doctrine, c. .XI, Baiana, p. 176; S. Thomas, Sum. theol., III^, Supplem., q. V, a. 3; Bellarmin, Refutalio Baii, fol. 166 sq.; De pomitentia, I. II, c. xiii-xiv.

Les pénitents avant d'avoir reçu l'absolution, et les catéchumènes avant d'avoir rcou

I catechumcnis :

iAIUS

baptismum est vera jusimcatio,

te baptême, sont vraiment jus-

separata tamen a remissione

tifiés, sans que néanmoins

peccatoruii] II» jiisliiia.Q.wn,

teurs péchés teur soient remis.

quant :n, / ,,103.

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