‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 501 sur 741 · CAMPANELLA · texte numérisé non relu

CAMPANELLA

à la hâte et toujours dans la fièvre ; sa langue est rude et négligée ; il n'a pas le sens de l'art. Par contre il est vigoureux et ('nm-gique ; sa pensée se formule quelquefois en il'>< ii.hK |)(ii. hiinls; et ses poésies, toutes philosophiqii' - i'"iii I I 'ii'l. renferment des mots de génie. L'étenilu. ,l. ^. - cuiiii;iiss:mces est énorme, mais elle est chaotique, connue chez beaucoup de ses contemporains. Il a abordé tous les domaines de la philosophie et de la science, sauf les mathématiques.

Quoi qu'il ait pu en penser lui-même, Cauipimella n'a pas créé de système philosophique orum il -.< i.hilosophie est composite, et, sous des nom i i.ii re-

trouve des idées et des théories iliji . .' 1. ; clame souvent de saint Thomas, mais quelqueloi, bien ,'i tort. Sa foi tenace dans l'astrologie, qu'on retrouve chez la plupart des hommes de la Renaissance, est une des faiblesses de son esprit. Ses idées et ses écrits politiques ont plus spécialement arrêté l'attention des écrivains modernes ; et peut-être cette partie de son œuvre est-elle la plus personnelle et la plus neuve. Il est vrai que sur ce terrain on se trouve en présence d'un grave problème, déjà longuement débattu, mais non encore élucidé. Les uns croient à la réalité de sa conspiration et à ses projets de république universelle dont la Cité du soleil aurait été le code social. D'autres, en acceptant le jugement rétrospectif deCampanella lui-même, voient dans ses tribulations la conséquence de son cai'actère aventureux et de ses idées novatrices; et, pour eux. la Cilé (h( soleil, comme l'Utopie de Thomas Moore, n'est qu'une llction philosophique. Les deux points de vue ne manquent d'ailleurs pas de vraisemblance.

Mais là où Campanella se place au premier rani;, c'est dans le mouvement qui a ramené à l'étude des sciences de la nature. Campanella a le culte passionné de l'observation et de l'expérience. Il ne veut d'autre base à la philosophie que la connaissance du monde, qu'il appelle le livre de Bien. Il a, comme beaucoup de ses contemporains, des illusions sur ce que peut la science en face île 1 iiiiu.i- . iii:iis il n'en a pas moins dépensé son aciiviii . i . i.ir, , à créer le grand courant qui a abouti ,i ii > i iim i!~~ nues modernes du cosmos et de l'ordre soci.il. iian., ce domaine, on doit rappeler sa défense énergique de Galilée, parce que, au dire d'Amabile, le grand historien de Campanella, elle fut la meilleure, et qu'elle contient, de fait, des vues d'une rare pénétration et d Une lliihIi' iu^tesse.

A son culte passionné ilr l,i niiim , Campanella a joint une antipathie égale ( nnhr 1- - .l^ntrines d'Aristote. Pour lui le péripatétisme, c'est ce ^ui cache la vérité à l'esprit humain, et personne ne s'est employé plus que lui à renverser la philosophie régnante dans les écoles. A ce titre, Campanella est encore un homme delà Renaissance; mais sa passion ciitiv .\ii,lùti' esl injuste et peu clairvoyante, car nul n i 1 Mr.Mi A iLimrer qu'aucun penseur de l'antiquili n.n.Mt |h>,icI,uih plus haut que le fondateur du Lyci'c le juiiiiiiie dr l'expérimentation comme hase des connaissances humaines, et n'avait fait autant que lui pour la création des sciences naturelles. Rectifier les idées erronées d'Aristote, en maintenant l'observation et l'expérience à la base de l'étude de la nature, c'était demeurer fidèle à sa méthode et continuer sa pensée.

Campanella s'est efforcé d'appliquer à la théologie ses idées réformatrices. Cette science doit s'établir, d'après lui, selon le livre des Écritures et le livre de la nature, les deux livres de Dieu. Son essai de théologie d'après les sciences n'a pas vu le jour, bien qu'il soit écrit, en partie du moins. Toutefois il a publié son manifeste dans le De gentilismo non retinendo, où il s'efforce de dégager la théologie de la philosophie païenne, surtout de celle d'Aristote. V Atheismus triumphatus est une apologétique conçue selon ses idées, en vue des besoins religieux spéciaux à son temps. Elle a un cachet d'un

rare modernisme et marque une ét;ipe dans l'histoire de l'apologétique. Enfin, Campanella a écrit un ouvrage sur la prédestination et les questions connexes. Cet écrit est né à roeci^ion ile> congrégations De mmlixs. Campanella pivitil |i<.-i[h.ii riilre le thomisme et le molinisme. Il lej. ;i, |j \a> i\r^\.u\a\,ioa ante prœvisa mérita et les prédeleMiiiÈidlions du premier ainsi que la science moyenne du second. Pour lui. Dieu veut sauver tous les hommes. Il donne à chacun une grâce ou secours commun que la volonté rend efficace ou non par l'usage

du libre arbitre, (hiani a la ni. re de sauvegarder la

science divine à 1. lm.I I. i hi. -iiiguliers contingents qui ne trouvent d'au, un i,u ai , u liieu leur racine, il croit y donner une s.iliiilaclion suffisante par sa théorie de la présencialité des choses dans l'éternité divine, pour laquelle tout est présent. Campanella n'a oublié qu'une chose, toute capitale qu'elle est : c'est d'établir que Içs choses peuvent être présentes à Dieu autrement que par le moyen de la causalité, en vertu de laquelle la cause première produit, et par suite détermine, tout ce qui a raison de cause seconde.

Pli Rocchi O) atio m obitu Th CampanelUe plulosophot uni tiiaxinu m 4" Mantoue 1642 G Naudeus Panegyiicus di et H l il III \ III 0/) len ti la ab i))so m M Th Campanellam

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U lUj u/tu t ItUen io j t i \ \ b tl m TommOiyO t ampanelUi saggiu cutico iii-b \eni»e lb70 r S \iabia Tommaso Campanella, Scène m-8" Naples 1877 D Beiti Lettere médite di Tommaso Campanella e catalogo det siwi seritti, in-4% Rome, 1878 (extr. de R. Accademia dei Lincei, série m, classe di scienze morall, t. n); Id., Tommaso Campanella, dans Nuova Antolugia, série ii, t. x, juillet, août, octobre 1878; Id.. miovi documcnti su Tommaso Camjianella tratti dal rmt'n '■ '' <'" "'nnin Fahbri. in-4-, Rome, 1881; L. Amabile / ' " ' "< i p del Campanella nella biblio-

tecanaziui > j i<rsie dello Squilla nella biblio-

teca de' PI' \iiiioli. in-8', Naples. 1881; Id.,

Fra Tomii ■ ■ ' /" ^"" mmiiiira. i suoi

processi , i i • , s \ ,, i. - Iss2. P. Pozza,

Fra Tomw , i . , , n i i i > !• ,'neta, giudi-

cato nel sef'l i iii i ■> m ^ 1 au 1"^ \à , Vandata di fra Tonnuu^o LMiiiiiaiulta a huiiui dui u la lunga prigionia di Napoli, in-S-, Naples, 1880 , Id , Fm Tommaso Campanella ne' castelli di Napoli, in Roma ed in Parigi, 2 in-8', 1887 ; Id., Fra Tommaso Pignatelli, la suacongiura e lasiiamorle,

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