TOTAL
Si à ce nombre de 139000 on ajoute les Acadiens de 1 de l'élection, portant les libéraux au pouvoir, ne calla côte de Gaspé et des îles de la Madeleine, on arrive | nièrent point les esprits. Alors sir Wilfrid Laurier,
CANADA (CATHOLICISME
devenu premier ministre, provoqua de la part du saint-siège l'envoi d'un délégué apostolique. Léon XIII confia cette délicate mission de pacification et d'enquête à un jeune et distingué prélat de 31 ans, Mo' Merry del Val, élevé en 1903 par Pie X à la double dignité de cardinal et de secrétaire d'État. Les esprits s'apaisèrent; un compromis intervint qui laisse la loi subsister, mais en amoindrit les désastreux effets. Depuis, la délégation apostolique au Canada est devenue permanente. A Ma' Merry del Val (1897) a succédé Mil' Dioméde Falconio (1898-1903), aujourd'hui délégué au.\ États-Unis. Il fixa sa résidence à Ottawa et l'épiscopat canadien lui offrit une habitation qui est devenue le palais de la délégation apostolique. Le délégué actuel est il'J' Donato Sbaretti, ex-archevêque de la Havane. Cf. Castell Hopkins, Life and Work of tlie R. Bon. John Thompson, in-12, Toronto, 1895, c. xiv, p. 255; Bévue canadienne, septembre 1892 ; Demers, Les écoles séparées du Manitoba, dans la Semaine religieuse de Montréal, 1892.
3° Fondation de l'université Laval à Montréal. — Depuis plusieurs années Montréal, dont l'importance allait croissant, éprouvait le besoin d'avoir une université catholique à elle. Mo' Bourget adressa une demande en ce sens à la Propagande. Après examen, la S. C. répondit que pour obvier à toutes les difficultés elle ne voyait pas d'autre expédient que d'établir à Montréal une succursale de l'université Laval. Elle invitait les évêques à travailler, en union avec le conseil de l'université Laval à Québec, à l'exécution de ce projet. Elle prenait même la peine d'en indiquer les bases : toutes les dépenses de la succursale seraient à la charge du diocèse de Montréal; les cours seraient uniformes dans les deux villes; le recteur serait représenté par un vice-recteur choisi par le conseil universitaire et approuvé par l'ordinaire. Deux mois après cette décision, Pie IX, par la bulle liiter varias sollicitiulines, accordait l'érection canonique à l'université Laval (10 mai 1876). La succursale fut reconnue au civil par une loi de la législature de Québec en 1881. Les facultés s'organisèrent lentement el au milieu de nombreuses difficultés au cours des années qui suivirent (1878-1887). La faculté de théologie fut formée, dès le principe, par le grand séminaire dirigé par les prêtres de Saint-Sulpice. Les facultés de droit, de médecine et des arts se constituèrent successivement. Dans cette organisation, comme dans les développements qui suivirent, prit une part importante M. Colin, supérieur de Saint-Sulpice à Montréal. Esprit clairvoyant et aux larges conceptions, souple et persévérant dans ses desseins, assuré d'ailleurs de l'appui de sa communauté, il mena à bon terme de grandes œuvres profitables et à l'Église et au pays, « mai-, j- m ,\ >.i- |i,i* me tromper, s'écriait Mo' ArchambanM. !■ t,, n nctuel de la succursale, dans un élu i i : M. €olin, en disant que son œuvre p. m . m , Il im . . l'œuvre qui domine toutes les autres au double point de vue religieux et social, c'est l'université catholique à Montréal. Il travailla de concert avec Mo' Fabre, archevêque de Montréal, à obtenir pour la fondation nouvelle une indépendance qu'il f.slimait nécessaire à sa prospérité. Le décret .laniihidin)! (1889), par lequel Léon XIII déclarait la succursale de Montréal un second siège, altéra sedes, de l'université Laval, vint couronner ses efforts. Restait le côté matériel et financier. M. Colin, agissant au nom de sa Compagnie, mit à la disposition des administrateurs un terrain de 200 000 francs, et sur les 900000 que coûta la nouvelle bâtisse universitaire, souscrivit pour 400000 francs. De plus, il contribua pour une très large part à son installation intérieure; et se chargea lui-même d'une portion considérable des frais qu'entraînait la création de certaines chaires, notamment celle de littérature française, pour
laquelle il fit venir, sur les indications de M. Brunetière, un agrégé de l'université de France. » Cf. Le dioccse de Montréal a« xix' siècle, Montréal, 1900; Semaine religieuse de Montréal, décembre 1902.
4» La calonisatiov,. — Nous avons déjà signalé la fondation de sociétés pour la colonisation et nous avons vu les évêques dans leurs mandements et lettres pastorales encourager leurs prêtres à cette œuvre. Pour en comprendre le motif, il faut savoir que les premiers colons s'étaient établis le long des grands cours d'eaux, du Saint-Laurent. Là, ils défrichèrent une bande de terre très étroite comparée à l'étendue du pays, laissant par delà la forêt impénétrable. Vint un temps, vers 1835, où h population croissant, toutes les terres défrichées fui -ni LUI iipr r- ri l'excédent de la population dut prendre !>■ ( lu hiiii .1. ~ \ille5 ou des États-Unis pour y trouver unr \\f y]n~ l.icile. Le mouvement tendait à se généraliser et inqnii'Iail les patriotes. Le clergé comprit qu'il y avait là une œuvre à accomplir. Une véritable croisade s'organisa pour retenir le peuple sur ses propres terres et pour lui faire trouver chez lui ce qu'il courait cherchera l'étranger. Le prêtre colonisateur est un type que l'on ne trouve aujourd'hui qu'au Canada. A ce titre, le curé Labelle s'est acquis une réputation qui a franchi les mers. Cet excellent prêtre a voué sa vie à retenir les Canadiens dans leur propre pays. A lui seul, il a fondé plus de quarante paroisses dans la province de Québec. Partout où la colonisation a porté ses efforts, au Témiscamingue, sur les bords du lac Saint-Jean ou de la rivière Saguenay, nous trouvons, dirigeant et soutenant les colons, des prêtres ou des religieux. Dans chaque dioc.-.' nu ..n plusieurs prêtres sont chargés de promouvoir !• inoia. n,, iit de la colonisation et de lui imprimer uim- iIu' . Ikh. i.lràce à ces sociétés la forêt a r.Tulé. il,- uHiv, llr, païuisses ont surgi. Comme elles -Miii 'I i ii 1 ' lorl pauvres, \.'i' Bruchési, archevêque il' il I : Il I idée pour son diocèse de faire adop-
lir cli:ii 11 \\r< p;ir une paroisse déjà constituée et
riche qui il- i ni li .. w ,./;,-, i],- l^i nouvelle et fournit à sa /illeiil, I. - nip i- n . -m - nu culte. Aujourd'hui l'on regi'fltr i|ii un i i n n' .1. colonisation plus puissant n'ait p.is . ir iliiigi .'1- 1. , iiclies plaines du Manitoba. Des colons de race française et catholique s'y fussent établis au lieu des protestants qui n'ont cessé d'y affluer et y sont un péril pour l'avenir du catholi-
Cf. Gailly de Taurines, La nation canadienne, Paris, 1894; curé Labelle, La colonisation dans la vallée d'Ottawa, au nord de Montréal, etc., Montréal, 1880; Mémoire sur la colonisation des tejTes incultes du Bas-Canada, in-4', Québec, 1867 ; A. Buies, Le Saguenay et la vallée du lac Saint-Jean, m-8», Québec, 1880 ; Id., La région du lac Saint-Jean, grenier de la province de Québec, Québec, 1890; Id., Aux portiques des Laurentides, le curé Labelle, in-8% Québec, 1891; Id., L'Outaouais supérieur, in-12, Québec, 1889 ; Testai-d de Montigny, La colonisation, in-8*, Montréal, 1895.
III. État actuel. — 1" Provinces ecclésiastiques. — Les provinces ecclésiastiques sont au nombre de huit et ont pour métropoles respectives : Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, Kingston, Halifax, Saint-Boniface et Vancouver. Elles comprennent vingt et un évêchés, quatre vicariats et une préfecture apostolique. L'Église du Canada relève directement de la S. C. de la Propagande. La province ecclésiastique de Terre-Neuve, érigée en janvier 1904, comprend l'archevêché de Saint-Jean et les deux évêchés de Havre-de-Gràce et de Saint-Georges.
A la mort d'un évêque, les autres évêques de la province envoient à Rome une liste de trois noms rangés par ordre de mérite : dignissimus, dignior, dignus, jointe à une liste semblable laissée par l'évêque défunt; et c'est au saint-siège, après informations prises, de choisir entre les candidats. Les évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa, Saint-Boniface et Vancou-