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Pour suffire aux besoins de la population catholique ainsi croissante, des écoles primaires s'étaient élevées dans toutes les paroisses. Un homme religieux et dévoué, le docteur Meilleur, formé au collège de Montréal, et devenu en 1842 surintendant de l'éducation pour le Bas- Canada, donna une vigoureuse impulsion à l'instruction publique. Lorsqu'il entra en charge, le nombre des enfants qui fréquentaient les écoles ne dépassait pas 3000, et quand il prit sa retraite (1855) il s'élevait à 127000. « M. Meilleur, dit un journaliste du temps, a pris la direction de l'instruction publique à son berceau ; il a dû tout créer, jusqu'à l'amour de l'instruction parmi nos populations. » Cf. Turcotte, Le Canada sous l'Union (18U-1861), Québec, 1872, p. 280; J.-B. Meilleur, Mémorial de l'éducation au Bas-Canada, Québec, 1876, p. 184.
L'éducation secondaire, tout entière aux mains du clergé, avait ouvert de nouveaux foyers dans la période qui nous occupe : 1846, collège de Joliette ; 1850, collège Bourget, à Rigaud (aujourd'hui dans le diocèse de Valleyfield), tenus par les clercs de Saint-Viateur ; 1847, collège de Saint-Laurent, près Montréal, ouvert par les Pères de Sainte-Croix; 1853, Sainte-Marie du Monnoir, aujourd'hui dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, et collège de Lévis, près Québec, confiés au clergé séculier.
Mais si les maisons d'enseignement secondaire étaient assez nombreuses pour faire face aux exigences présentes, l'on regrettait l'absence d'une université catholique qui permit aux jeunes gens de compléter leurs études littéraires et scientifiques, et surtout de suivre sous une direction compétente des cours de droit et de médecine. On voyait avec regret la jeunesse catholique aller étudier dans les institutions protestantes et leur demander des diplômes. C'est encore le clergé canadien qui se chargea de combler cette lacune iniportantî. Le I'' concile de Québec avait émis le vœu que les catholiques pussent jouir d'écoles, de collèges et même d'universités adaptés à leurs besoins et à leurs croyances : Nobis vero nihil non moliendum erit ut cathoHci jura sua
l'abbé Casault, partit pour Londres. La reine Victoria concéda facilement la charte qu'on lui demandait (décembre 1852). Une copie en fut envoyée au souverain pontife. Pie IX, qui immédiatement fit expédier à l'archevêque de Québec un bref l'autorisant à conférer les grades théologiques aux séminaristes qui auraient fait leurs études à l'université (1853). L'université fut dès lors formée. Aux termes de sa constitution, l'archevêque
I est le visiteur de l'établissement, le supérieur du séminaire en est de droit recteur, et le conseil se compose des directeurs du séminaire et des trois plus anciens professeurs de chaque faculté. L'inauguration de l'université Laval (elle fut ainsi appelée en souvenir du premier évêque de Québec et du fondateur du séminaire) eut lieu le 21 septembre 1854, en présence de lord Elgin,
i des évêques, du corps législatif et d'un concours immense de prêtres et de citoyens. Née d'une inspiration toute
I catholique, l'université Laval est demeurée fidèle à sa mission. Si c'est à Londres qu'elle a demandé son existence officielle, c'est de Rome qu'est venue l'orientation de sa vie intellectuelle. Elle s'est proposé avant tout de former des citoyens éclairés et des chrétiens convaincus. Dans ce but elle n'a rien négligé. Ses maîtres en théologie et en philosophie sont allés puiser la science à la source même, dans les écoles de Rome; ses professeurs de médecine et de sciences ont reçu les leçons des meilleurs maîtres de Paris, de Lille ou de Louvain. Peu à peu tous les collèges du Bas-Canada se sont affiliés :i l'université et reçoivent d'elle pour leurs élèves le titre de bachelier es arts. Elle avait déjà fait ses preuves et rendu bien des services quand lui arriva de Rome la charte pontificale; c'est le 15 mai 1876 seulement que Pie IX, par la bulle Inter varias sollicitudines, lui accorda l'érection canonique. Cf. C. Roy, L'université Laval et les fêtes du cinquantenaire, Québec, 1903.
Mais nous avons devancé les temps ; revenons en 1852. Celte année vit les provinces maritimes érigées en province ecclésiastique avec Halifax pour métropole. Ce siège, séparé de Québec en 1817, avait été érigé en évêché
CANADA (CATHOLICISME
en 1842; en 1852, son titulaire, Ma' Walsh, fut nommé archevêque. Les suffragants furent Charlottetovvn (île du Prince-Edouard), Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), Arichat (Nouvelle-Ecosse); on y joignit, en 1860, Chatham dans le Nouveau-Brunswick. Cette organisation indique que la population catholique était déjà considérable dans ces régions : elle se composait surtout d'Irlandais et aussi d'Acadiens dont le nombre augmentait de jour en jour.
Dans rOuest, les progrès de la foi s'étendaient toujours et atteignaient même les sauvages de ces contrées. De nouvelles missions s'ouvraient au zèle apostolique. Dans son mémoire de 1794, Mar Hubert constatait qu'il ne restait au Canada quo S mi !•' mi^-ioiis, comptant à peine chacune 500 ânn
habitées par les Canad diocèse de Québec, 1 i bords de la Rivière-Roiii en dehors des pays oui plus tard, il fut sacré < vécut encore, Mo' Provc
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■: milieu des terres - l^l>i. un prêtre du li' i ' !■, l'onda sur les I ;iiission de l'Ouest I ili-ation. Deux ans ul lit les 33 ans qu'il uluplia les travaux, ap-
pela des aides à son œuvre, envoya des missionnaires jusque dans la Colombie britannique. En 1844 il fut nommé vicaire apostolique du Nord-Ouest, puis évêque titulaire de Saint-Boniface en 1847, l'année même où un autre missionnaire parti de Québec, Ma' Deniers, était nommé évêque de Vancouver. Pour assurer l'avenir de ses missions, M^' Provenrlipr songea à y appeler les Pères oblats ét;.lili- ;, MmiiIi -il depuis 1843. La mission fut acceptée. ilOiiM' li\-i|ii. do Saint-Boniface jeta les yeux sur l'un do loins mi-^^Kinnaires pour en faire son coadjuteur. Le P. Taclié, sur l'ordre de ih' de Mazenod, passa en France, et c'est là, à Viviers, qu'il reçut l'onction épiscopale des mains du fondateur do sa congrégation assisté du futur cardinal Guibert et de il." Prince, alors coadjuteur de Montréal. Ms' Provencher s'étant éteint en 1853, Ma' Taché continua son œuvre. Il devait y travailler quarante ans comme évêque (1853-1894). Il n'entre pas dans le cadre de cette étude de raconter toutes les merveilles opérées par la congrégation des oblats dans le Nord-Ouest pendant la dernière moitié du xix« siècle. C'est un chapitre, et des plus émouvants, de l'histoire générale des missions catholiques. Là se sont poursuivis les Gesta Deiper Francos — car tous les missionnaires sont Français de France ou du Canada — au prix de sacrilices à peine croyables. Notons les événements principaux ; 1862, érection du vicariat apostolique d'Athabaska, avec ilsr Faraud (1828-1890) pour évêque; 1871, création de la province ecclésiastique de Saint-Boniface (Manitoba). M«' Taché est élevé au rang d'archevêque par Pie IX et son coadjuteur, Ma' Grandin (1829-1902), est nommé évêque de Saint-Albert, siège nouvellement éi'igé (1871). A ces deux suffragants, Athabaska et Saint-Albert, sont venus depuis s'en ajouter d'autres : en 1890, vicariat apostolique de la Saskatchewan avec Ma' Pascal, 0. M. 1., pour évêque; la même année, évêché de New-Westminster (Colombie anglaise) avec Ma'- Durieu, 0. M. I.; en 1901, vicariat apostolique de Mackenzie et du Yukon avec Ma' Breynat, 0. M. I. En 1903, un bref de Léon XIII a érigé la province ecclésiastique de Vancouver, nommé son titulaire, Mo' Orth, archevêque, en lui donnant pour suffragants l'évéque de New-Westminster et le vicaire apostolique de Mackenzie, détachés de Saint-Boniface. A Mai Taché a succédé Ma' Langevin (1895), 0. M. I., originaire du diocèse de Montréal. La succession était lourde et à cause de la question scolaire au Manitoba et à cause de l'envahissement progressif des protestants.
Sur les missions du Nord-Ouest canadien, consulter les .Annotes de la propagation de la foi, et les Missions catholiques, publiées à Lyon; les Annales de la propagation de la foi, publiées à Montréal et à Québec; comme ouvrages spéciaux ; Piolet, S. J., '""'' > catholiques françaises au xix' siècle, Paris, 1902,
t. VI ; abbé G. Dugas, Mf Provencher et les missions de la Riviére-Rouge, in-12, Montréal, 1889 ; M" Taché, Vingt années de missions dans le Nord-Ouest de fAmérique. in-S , Montréal, i866; Esquisse sur le Nord-Ouest de r,\., -,;, . ;,,<*, Montréal, 1869; dom Benoît, Vie de M>' T^i j -- - ni-Boniface,1904; R. P. Jonquet. Vie de .V"(;/.' - I -.1904:
abbé Gosselin, L'Église du Canada. il:i' .- ^| / i<' clergé
français, 15 septembre 1895; l\. Cooke. u. MA., .•^keicnes ofthe lifeof M'' de Mazenod, 2 in-8', Londres. 1879.
Pendant qu'à lest et à l'ouest du Canada le catholicisme gagnait en nombre, en inlluence et en organisation, dans la province ecclésiastique de Québec il continuait cette vie de lutte qui est la condition de l'Église ici-bas. Le IIî- concile de Québec (1854) nous montre les Pères donnant aux fidèles des règles disciplinaires au sujet des écoles primaires, des sociétés secrètes, de la tempérance, des instituts littéraires, de la politique, des Bibles falsifiées, des livres immoraux, des bibliothèques paroissiales. Sur la fin de cette année la définition du dogme de l'Immaculée Conception vient combler de joie le cœur des pasteurs et dès fidèles. Durant les années qui suivent on voit le clergé douloureusement préoccupé de la marche des idées et des événements en Europe. Les évêques signalent dans leurs mandements les erreurs que le chef de l'Église condamne. L'envahissement des États pontificaux souleva tous les cœurs, et après s'être traduite par d'éclatantes protestations, l'indignation des catholiques se manifesta par une levée de boucliers et l'organisation d'un corps de zouaves pontificaux. Le 18 février 1868, eut lieu le départ du premier détachement des zouaves pontificaux. Sept partirent du Bas- Canada. Cf. Nos croisés, Montréal, 1871.
C'est au milieu des préoccupations causées par les attaques dirigées contre le saint-siège que s'ouvrit le IV« concile provincial de Québec (18681. On y voyait un évêque de plus. Mai- Langevin de Rimouski, siège érigé l'année précédente. Le concile insiste sur les droits de la papauté et sur la soumission qui lui est due; recommande aux fidèles les œuvres d\i Denier de Saint-Pierre, de la Propagation de la foi et de la Sainte-Enfance, établies depuis plusieurs années; donne des avis aux parents pour la conservation de la foi et du respect paternel chez leurs enfants; signale le danger des mauvaises lectures, journaux et livres, et exhorte les pasteurs à former des bibliothèques de paroisse; éclaire les catholiques sur leurs devoirs en temps d'élection ; et met en garde contre certains péchés plus graves, tels que le faux serment, l'intempérance et l'usure.
C'est vers cette époque que l'immense paroisse Notre- Dame de Montréal fut divisée en plusieurs. Canoniquement érigée en 1678, elle avait été desservie pendant près de deux siècles par. les prêtres de; Saint-Sulpice, qui selon les besoins avaient élevé sur différents points de la ville et de la banlieue des églises et des chapelles pour le service religieux, sans briser toutefois l'unité paroissiale. Au cours des siècles la ville avait grandi; en 1866, elle comptait 130000 âmes, sur ce nombre plus de 100 000 catholiques. Un décret apostolique permit à M<}' Bourget de créer autant dé paroisses qu'il le jugerait nécessaire au bien des âmes, paroisses dont l'administration serait d'abord offerte aux prêtres de Saint- Sulpice, desquels il dépendrait de l'accepter ou de la refuser. Depuis lors, la ville de Montréal a vu tripler sa population catholique; et aujourd'hui trente paroisses s'étendent autour de la paroisse mère de Notre-Dame.
Notons encore à cette époque la condamnation de l'Institut canadien de Montréal par Ma' Bourget. Par sa bibliothèque, par les conférences qui s'y donnaient, par l'esprit qui en animait les membres et que l'on trouve étalé dans VAitntiaire de 186S, cet institut tendait à devenir un foyer de voltairianisme et d'irréligion. Condamné par le Saint-Office, il fut rejeté des catholiques. Un des membres obstinés de l'Institut étant mort, la sépulture en terre sainte lui fut refusée
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pai- l'autorité ecclésiastique : ce qui donna lieu à un procès célèbre, connu sous le nom d'affaire Guibord. Coiulamnés par toutes les juridictions du Canada, les parlisans de l'Institut en appelèrent en Angleterre, où uni' cour protestante leur donna raison; et il fallut employer la force armée pour enfouir dans le cimetière calliolique le cercueil du malheureux Guibord.
En 1870, le Haut-Canada fut érigé en province ecclésiastique avec Toronto pour archevêché. Pour évéchés suffraganls il avait Kingston et Hamillon, siège créé en 1856. En -1878, Kingston est devenu chef-lieu d'une nouvelle province avec Pelerboro (1882) et Alexandria (1890) pour suflragants. L'évêché de London (1885) a été rattaché à Toronto. Signalons dans la province de Québec la création des évéchés de Sherbrooke (1874), Chicoutimi (1878), Nicolet (1885). En 1886, Montréal fut érigé en archevêché. Ms' Fabre, d'abord coadjuteur, puis successeur de Mor Bourget, en fut le premier titulaire ; il eut pour suffragants Saint-Hyacinthe et Sherbrooke, auxquels devait bientôt s'ajouter Valleyfield (1893). En 1886, Léon XllI avait créé la province d'Ottawa. Mof Duhamel en est le premier archevêque; il a pour suffragant Pembroke, érigé depuis 1898. Pour couronner une hiérarchie si nombreuse, pour honorer l'Église et l'épiscopat canadiens si attachés au saint-siège, il a plu à Léon XIII d'ouvrir l'entrée du sacré collège à l'archevêque de Québec, devenu le cardinal Taschereau (7 juin 1886).
11 nous reste à relater quatre points particuliers : i» Réveil de la race acadiennc. — Vers la fin du .xviiF siècle, eut lieu la résurrection des catholiques acadiens. Après la dispersion violente opérée par Lawrence ;l75ôl, ! 2fi8 de ces nirillicnrinix étaient restés en Acadie, tolérés par leurs persécuteurs qui dédaignaient leur faiblesse. En 1815, ils formaient un noyau de 25000 âmes. En 1864, ils s'élevaient au nombre de 80000. La providence leur envoya alors un prêtre canadien, le R. P. Lefebvre, qui les groupa, assit sur des bases solides le collège de Memramcook (Nouveau-Brunswick) et se servit de ce moyen pour relever le peuple acadien. Profitant de l'inlluence qu'il avait acquise, il installa des écoles primaires dans les centres de langue française ; fit venir dans ce but des religieux de sa congrégation de Sainte-Croix, des frères et des sœurs. Quand éclatèrent les persécutions dont nous parlons plus loin, il s'interposa entre catholiques et protestants et, faute de mieux, amena un compromis qui permit au bien de se poursuivre. En 1880, 70 délégués acadiens représentèrent leurs compatriotes aux grandes assises de la nalionalité française que la Sociétéde Saint-Jean-Baptiste provoque périodiquement au Canada ou aux États-Unis. Depuis, le P. Lefebvre a organisé des conventions générales des Acadiens qui se tiennent à termes fixes dans une ville désignée à l'avance. En 1899, le nombre des Acadiens atteignait 125000; 6 des leurs les représentaient dans les Chambres des provinces maritimes ; et 2 au Parlement fédéral d'Ottawa. D'après le tableau suivant, dont les chiffres sont empruntés au recensement de 1901, on pourra juger de leur proportion dans la population des provinces maritimes :
aisément à 155000. En tenant compte de l'accroissement rapide de cette race, comment ne pas voir là une force pour l'avenir du catholicisme dans ces contrées'?
E. Rameau, La France aux colonies. Acadiens et Canadiens, in-8', Paris, 1859; C. Derouet, Une nationalité française en Amérique, dansie correspondant, -10 septembre 1899; Pascal, Poirier, Le Père Lefebvre et VAcadie, in*, Montréal, 1898.
2" Écoles du Nouveau-Smnswick et du Manilaba. — Avant ce réveil de la nationalité acadienne et lors de la fondation de la Confédération canadienne (1867). le système scolaire du Nouveau-Brunswick permettait aux catholiques de cette province, qui y étaient en minorité, de jouir d'écoles séparées. En 1871, il plut à la législature locale de leur retirer cet avantage et d'adopter une loi qui forçait les catholiques de conlribinr au soutien des écoles protestantes sans leur donner de part aux contributions pour leurs propres écoles. C'élail les contraindre ou d'envoyer leurs enfants aux écoles liérétiques ou de s'imposer de nouvelles charges pour ouvrir des écoles séparées. Les Acadiens en appclcicnt au Parlement fédéral; la réponse qu'ils en reçurent par la bouche de sir John Mac Donald équivalait à une fin de non-recevoir. Alors la résistance s'organisa; on reçut les agents du fisc à main armée ; l'eflervescence menaçait de dégénérer en guerre civile. Les Anglais comprirent qu'il valait mieux en venir à un accommodement. La loi injuste ne fut pas rapportée, mais on fit de telles concessions, soit pour les écoles, soit pour les instituteurs, que le calme se rétablit (1874).
L'ne injustice du même genre vint léser les catholiques du Manitoba en 1890. L'Acte de l'Amérique anglaise du Nord (1867) qui a donné naissance au Dominion permettait à chaque province d'adopter le système d'éducation qui lui semblerait bon, sauf à respecter les droits ou privilèges conférés, lors de l'union, par la loi, aux divers groupes de la population jouissant d'écoles séparées. D'ailleurs, lorsque le Manitoba demanda à faire partie de l'union (1870), les députés catholiques, dirigés par M'J' Taché, exigèrent qu'on ajoutât à la clause précédente ces mots : « conférés par la loi ou par lapratigue. » Le prélat voulait, comme condition constitutionnelle de l'union, le respect des droits acquis, tant de ceux qu'une loi formelle avait sanctionnés que de ceux qui étaient établis en fait et en pratique. En dépit de ces précautions, les catholiques se virent privés de leurs droits par un ministère intolérant (1890). Les évêques du Dominion adressèrent une pétition au Parlement; et peu après tous les journaux reproduisaient une lettre pastorale signée du cardinal Taschereau et des évêques du Bas-Canada pour protester contre l'iniquité dont leurs frères manitobains étaient les victimes. La question fut portée en Angleterre devant le Conseil privé, qui décida que la solution en appartenait au Parlement fédéral. Les élections générales de 1896 se firent sur cette question. Dans la province de Québec, conservateui'S et libéraux promettaient de la régler à la satisfaction des catholiques. Plusieurs prélats crurent de leur devoir d'éclairer les fidèles sur la conduite que leur prescrivaient en cette circonstance la conscience et la religion. L'effervescence était grande. Les résultats