‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 541 sur 741 · I - et prolestantes · texte numérisé non relu

I - et prolestantes

1 le canon biblique.

.laut'i-y. uiciiuNiiaire ai>uirrirnquc de la foi catho-

, Paris, s. d. (.1889;, col. 361-371. Pour une bibliographie

lète, U. Chevalier, Répertoire. Topo-bibliographie,

E. Mangexot.

3. CANONS DES APÔTRES. En dehors des Conslilutions apostoliques, de la Didascalie et de la Didaclic (voir ces mots), on a attribué aux apôtres, sous le nom et sous la forme de canons proprement dits : I. 84 (ou 85) canons conservés en grec; II. 127 canons dont une faible partie seulement est conservée en grec, et qui ont servi à constituer l'Octateuque de Clément; III. 27 (ou 30) canones apostolici ti'i'és, selon une version, du livre de la doctrine de l'apôtre Addai; IV. Diverses petites ordonnances dont nous donnerons rénumération.

I. Les 84 (ou 85) canons grecs. — Sous le titre de Kavôve; Ttôv ayt'wv à7îO(7TÔ>.wv ou Kavôvc; oî ).£yô|j.£vot TMv àyîuv àno!jTÔ).wv... sont conservés en grec 84 (ou 85) canons, sanctionnés par le concile Quinisexte en 692 : « Le saint concile décide que les 85 canons, reçus et confirmés par les saints et bienheureux PèreÉ avant nous, qui nous ont été transmis sous le nom des saint^ et vénérables apôtres doivent demeurer à jamais fermësf et immuables. » Mansi, Concit., t. xi, col. 940. Par

contre le décret attribué au pape Gélase déclare apocryphe le livre qui s'intitule : « Canons des apôtres. » P. L., t. Lix, col. 178. Cette mention ne se trouve d'ailleurs que dans quelques manuscrits et a vraisemblablement été ajoutée par Hormisdas (514-523). Hefele, Histoire des conciles, trad. franc., Paris, 1869, p. 611. 1» Nombre et contenu. — Leur nombre qui est souvent de 84 (Hardouin, Mansi. etc.) est. plus souvent encore, de 85 (Beveridge, Lagarde et tous les manuscrits grecs du Nomocanon); il varie d'ailleurs de 47 à 85, comme l'a montré Pitra, Juris eccl. Grsecorum hist. et mon., t. i, p. 43. Ces divergences entre les textes ou les manuscrits grecs ne tiennent pas d'ailleurs aux matières, mais seulement à leur division ; elles ont donc peu d'importance. Toutes nos références viseront l'édition de Hardouin, divisée en 8i canons : Acta concilioriim, Paris, 1715, t. i, col. 9-32. Cette collection traite, sans aucun ordre, des principales matières ecclésiastiques : des ordinations et des empêchements canoniques (can. 1, 2, 20, 21, 60, 67, 76-79, 81); de la sainte eucharistie et des oblations (3, 4, 8, 9) ; du mariage des clercs (5, 16-18, 25); de la Pàque (7); de la simonie (28, 29); de la hiérarchie ecclésiastique (32-40, 54, 55); des rapports avec les hérétiques et les juifs (44, 45, 63, 69, 70); du baptême (48, 49); des livres apocryphes (50); des livres canoniques (84). Les autres canons spécifient principalement divers délits et les peines : excommunication ou déposition, qui en sont la suite. Il y a aussi quelques doublets.

Signalons enfin qu'un même manuscrit peut donner plusieurs divisions toutes différentes : par exemple le ms. de Paris, Coislin 211, dans une première pièce, fol. 53, cite sous le titre de canon 81 des apôtres les canons 83 et 84 de Hardouin, tandis que dans une seconde pièce, fol. 60-66, il annonce 85 canons et n'en numérote en marge que 84; le même manuscrit donne encore plus loin, fol. 281, un résumé de ces canons. Les matières sont du moins les mêmes dans tous lea manuscrits grecs que nous avons vus, à l'exception du seul ms. de Paris, n. 1614, du xvi« siècle, qui renferme seulement, fol. 32-37, quarante-six canons. Nous avons constaté que les extraits des Constitutions apostoliques conservés dans ce manuscrit, cf H. Omont, Inventaire sommaire des mss. grecs, Paris, 1888, t. ii, p. 107, sont une transcription des citations faites par Anastase le Sinaïte. Il est donc possible que la pièce précédente ait une origine analogue et nous devons nous garder de lui attribuer trop grande importance.

2» Époque. — Jean le Scolaslique, patriarclie de Constantinople (t577), inséra tous les canons des apôtres dans sa collection, publiée par Justel et Voel dans la Bibliotheca juris canonici en 1661. Sévère, patriarche d'Antioche, cita vers 520 les canons 21-23 sous le titre de : « Siix-àlu; qui furent adressées par les apôtres aux nations par le moyen de Clément, 'i E. W. Brooks, Select letlers of Severus of Antioch, t. I b, sijriac te.rl, Londres, 1904, p. 463-464. Voir le compte rendu que nous avons donné de cet ouvrage dans la Revue de l'Orient clirélieti, juillet 1904, p. 288- 291. Enfin, Denys le Petit, vers l'an 500, donna une double traduction latine des 49 premiers canons (dans sa seconde traduction, il divisa le 3« en deux et ainsi des 49 il en fit 50) et les inséra dans sa collection sous le titre : Incipiunl ecclesiasticsR regulse sanctonim apostolorum, prolatie per Clemenlem, Ecclesise remanie pontificem, quie e.T grsecis exemplaribus in ordinem primo ponuntur: quibiis tjuamplurimi quidem conscnsiiiii non pra--bm're facilem, et tamen poslea qusedam conslitula pontificum e.r ipsis caiionibus adsumpta esse videntur. Hardouin, t. i, col. 31-38; C. H. Turner, Ecclesise occidentalis moniimenta juris antiquissima, Oxford, 1899, ^sç. 1, p. 8. On n'a pas encore trouvé auparavant de 'citation explicite en leur faveur; aussi,.

CANONS DES APOTRI^S

pour fixer l'époque de leur composilion, les auteurs, munis du seul raisonnement appuyé sur divers indices, ont aljouti à des conclusions souvent contradictoires.

Personne du moins ne défend plus l'origine apostolique de ces canons, qui fut admise dans l'Église grecque après le concile Quini-sexie et par quelques juristes comme Torrés, chez nous. Dans l'Église latine, Denys le Petit, qui les lui fit connaître, ajoutait au titre : quibus qtiampliirimi consensum non prœbtiere facUem. Dans l'Église syrienne, Ebedjésus (V 1318) les attribuait, non aux apôtres, mais à leurs successeurs. Il les intitulait : « Canons des apôtres donnés par saint Clément, disciple des apôtres, » et ajoutait aussitôt : « Lorsque les évèques étaient encore appelés apôtres, ils se réunirent et portèrent les divers canons qui suivent. » Mai, Script, vcl. nova coUeclio, t. x, p. 8. Telle fut à peu près l'opinion de Beveridgc. Ce savant anglais s'efl"or(,a de démontrer que les canons des apôtres étaient la première partie du Codex caiioniim de l'Église primitive, collection promulguée peut-être en divers lieux et dans divers conciles, avant de constituer un seul tout dés la fin du ii* siècle ou le commencement du ilf. Synodicon , sivc raiideclie canonimi SS. apostolurum el concilioriim ab Ecclesia grxca receplonim, Oxford, 1672. Cf. Ginliclnii Beveregii annotaltones, à la fin du t. II. Son procédé consiste à relever dans les conciles el les anciens écrivains les mentions de « canons apostoliques » ou de « canons des Pères », relatives à des matières contenues dans les canons des apôtres; et à conclure qu'il s'agit, sinon du recueil tel que nous le possédons aujourd'hui, du moins du Codex canomtm de l'Église primitive (|ui, de proche en proche, a formé ces quatre-vingt-qualie canons.

Au concile d'Éphèse (431), les évèques de Chypre accusent le clergé d'Antioche de vouloir usurper le droit de faire des ordinations dans leur île : Fi cogère voluerunt et subjicere sibi sandos episcopos insulx contra apostolicos canones et depnitiones sanctissinix nicsenie synodi. Hardouin, t. i, col. 1617. On peut voir ici une allusion aux canons 33 et 3i des apôtres en même temps qu'au canon 6 de Nicée. De même, le concile de Constanlinople (394) décida qu'un évêque ne serait pas déposé par un ou deux évèques, mais par un synode xaôwi; oi àitouToXtxo'i y.avôvEî Siwpifjavro. Hardouin, t. I, col. 957. Le canon 73 des apôtres décide, en effet, que si un évèque accusé ne se présente pas, un synode fera le nécessaire.

Beveridge fait des citations analogues empruntées au canon 49 du Codex canoninn de l'Église d'Afrique, Hardouin, t. I, col. 887; à la lettre synodale du concile de Constanlinople (382), Hardouin, t. I, col. 824; à Théodoret, H. E., v, 23, P. G., t. Lxxxii, col. 1248-1249, et aux canon-" I 12 ! li litlre de Basile à Amphiloque. P. G., t.xw' ".: ' -I . Il arrive auconciled'Antioche (341).

17 m l'i ' ''■ nions de ce concile sont apparentés littr-i:ili iii 11 • Hi!,,iil de canons des apôtres. Beveridge reconnut clIIu parenté, mais avança que les canons d'Antioche paraphrasaient les canons antérieurs des apôtres, et cela d'après leur propre témoignage. En effet, le canon 9 d'Antioche, Hardouin, t. i, col. 596-597, con- ■ tient les mêmes mots que le canon 33 des apôtres, non pas des mots généraux, comme évèque, prêtre, diacre ou anathème, mais des mots caractéristiques. Il est donc certain que l'un dépend de l'autre. Or le canon d'Antioche déclare lui-même qu'il se conforme à un ancien canon des Pères.

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On no peut dire que le canon d'Antioche dépend d'une source ancienne dilférente des canons des apôtres sans introduire fort inutilement une nouvelle inconnue dans cette question. — Beveridge trouve encore mention de la tradition apostolique et du canon apostolique (can. 13), dans Eusèhe, De vila Conslantini, m, 61, 62, P. G., t. XX, col. 1135-1137, puis il relève des indices de l'existence d'anciens règlements et d'anciennes lois dans les canons 1, 2, 5, 15 de Nicée, dans Cyprien, Origène, Tertulllen. H admet que ces anciens règlements sont devenus nos canons des apôtres, ce qui n'est pas évident, mais il peut ainsi les faire remonter jusqu'au 111= siècle et même jusqu'à la fin du ii«.

Hefele, Histoire des conciles, trad. franc., Paris, 1869, t. I, p. 613-615, raisonne comme Beveridge et place aussi au ii:« siècle l'origine des canons des apôtres. Son opinion est reproduite par Paul VioUet, Précis de l'histoire du droit fraiirais, Paris, 1886, p. 3i-36.

L'opinion cnii -ii i ipiir.ile la composition des canons en p;H ii mais surtout au v«. Elle

fut exposée ii I J |"iis, avec plus de modé-

ration, par .1. W . l;i. !.. Il l.siiîj et Funk (1891). Leur procédé consiste à relever dans les conciles de Nicée (325), d'Antioche (341), de Laodicée (372), de Constantinopie (3941. d'Éphèse (1311, de Conslantinoplo (1181, de

Chalcril.iin.- r.l' H ,1;,,|S |,.s Collslilllli,,!!^ ,,|.,l-lnli,|„rs (COmi.l.lHrin. 1,1 ,lli \ -1..I,. , il,.- |i,,,-,i^,.. iMlMlli !■■- ;,

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ou pi'r-iinr InllJ ^ llickill, I linl.i ilUr ,T s.jnl li'S

canons des apôtres qui ont plagié les autres textes. Drey place ainsi vers la fin du v« siècle — il ne peut le placer plus bas — le recueil des 50 canons traduit vers 500 par Denys le Petit, et plus tard encore, c'està-dire au commencement du vi" siècle, la composition du recueil des 84 canons qui serait l'œuvre d'un second auteur. M. Funk n'admet pas qu'il y ait eu deux collections, l'une de 50 et l'autre de 84: canons, mais une seule de 84 canons; il prétend que l'auteur unique a utilisé les conciles de Nicée et d'.\ntioche ainsi que les Constitutions apostoliques, mais non les conciles de Constantinople (394 et 41-8), d'Éphèse et de Chalcédoine; il place la composition du recueil au commencement du v« siècle. Le mode de raisonnement employé pour éviter les textes allégués par Beveridge consiste, lorsque les canons des apôtres ne sont pas nommément désignés, à dire qu'il ne s'agit pas d'eux et que les mots « anciens canons des Pères », <■ loi des anciens Pères » ne peuvent leur être appliqués, et, lorsque les canons des apôtres ou apostoliques sont nommément désignés, à chercher quelque différence entre le canon des apôtres visé et l'application i|ui en est faite, puis à dire, vu cette différence, qu'il n'est pas encore question de notre recueil.

En somme, la date de la composition du recueil actuel de 84 canons dépend surtout de l'interprétation donnée au dernier canon qui place, après les livres de la sainte Écriture, « les ordonnances (SiaTaya:) éditées en huit livres pour vous, évèques, par moi Clément, qui ne doivent pas être divulguées à tous à cause des choses mystiques qu'elles contiennent. » Ces huit livres peuvent être les Constitutions apostoliques, comme on l'admet universellement aujourd'hui (Beveridge y reconnaissait la forme primitive citée par saint Épiphane, mais on sait maintenant que la Didascalie, citée par saint Épiphane, n'était sans doute pas divisée en huit livres), ou l'Octateuque de Clément (canons coptes-arabes) comme semblent l'avoir compris tous les anciens, ou enfin quelque ouvrage

CANONS DES APOTRES

IGIO

apocryphe perdu, dans le genre du « Livre des feuillets pleins de mystères «conservé dans les mss. arabes de Paris 70-76, et décrit par Harnack, Altchrist. Lit. Die Ueberlieferung, p. 779-780, qui est divisé parfois en huit livres et que « saint Clément ordonna de cacher au vulgaire ». Catal. des mss. arabes de Paris, 1883, p. 18-19. Cet ouvrage a évidemment trait au passage traduit plus haut du dernier canon des apôtres, â; o-j 6eî ôriiioo-ScOeiv èiri jiivTMv, ôtà ti iv a-jxaï; ix'j(r7ixà. Le texte arabe est une traduction du syriaque, et le commencement de l'ouvrage, attribué à saint Éphrem, a été publié par Cari Bezold, Die Schatzhoehle, trad. allemande, Leipzig, 1883; texte syriaque et version arabe, Leipzig, 18S8; puis par jUme M. j). Gibson, Apocrypha arabica, version arabe et trad. anglaise, Londres, 1901, dans Studia Sinaitica,

t. VIII.

Si les huit livres de Clément visés par le canon 84 sont les Constitutions apostoliques, dont on place en général la rédaction au comuiencement du v= siècle, nous obtenons ainsi un lenninus a ijito pour la rédaction actuelle des canons des apôtres. Le terminus adqueni sera l'époque de la traduction de Denys le Petit (vers 500) ou même de la compilation de Jean le Scolastique (vers 550), si l'on n'admet pas que les derniers canons soient du même auteur que les premiers. Pour M. Funk, les canons des apôtres datent de la première moitié ou du commencement du \' siècle, p. 191 ; M. Harnack les place aussi au v« siècle et renvoie à M. Funk, Altclir. Lit. Die Ueberlieferung, Leipzig, 1893, p. 775; pour M. Lightfoot ils peuvent être regardés comme un corollaire des Constitutions apostoliques et ils dateraient (avec un point d'interrogation, il est vrai) du vF siècle, S. Clément of Rome, Londres, 1890, t. i, p. 101; cf. p. 187, 368; pour M. Achelis, l'auteur a voulu, à l'aide de ce faux, couvrir le faux des Constitutions apostoliques et les faire figurer à la suite du Nouveau Testament, au commencement du v siècle. Bealencyclopàdie, 3« édit., t. i, p. 739.

Les anciens auteurs semblent cependant avoir entendu le canon 84, non pas des huit livres des Constitutions, mais de l'Octateuque de Clément, ou même simplement des 126 canons coptes-arabes qui lui sont sans doute antérieurs. Voir plus loin. En effet, comme l'a dit M. Achelis, p. 789, l'auteur du canon 84 voulait faire figurer les huit livres de Clément à la suite du Nouveau Testament, mais jamais, à notre connaissance, les Constitutions n'ont occupe rettr pince, tandis que l'Octateuque y figure en sMinpi. . Ililunniii. Testamentuni D.-N. j.-C, Mayence. Is'.i'.i, p. i\-\i,el les canons coptes-arabes en éthiopien; Lii^l-ir. .■^^. ni m eltet : /Hos (les 127 canons coptes-ji^ih. - Ihihr^siiii i)i octo partes dividunt et evangelislai nr.i 'ii.^si,il.,nimque scriptis canonicis tattquain A'oiv//i(.s ./ii.(,si/,i/,i ,i,ljiingunl quasi ejusdem sint plane auclijiiUilii et abaululissimx.christianorum Pandectœ. Hi.vt. Aitli., Francfort-sur-le-Main, 1681, 1. III, c. iv; cf Comm. ad. /list. jEth., Francfort-sur-le-Main, 1691, p. 300, 329; cet usage et cette division des canons en huit livres durent prt)venir d'Egypte, comme tous les usasies et tous les livres ecclésiastiques des Abyssins. Dans leur traduction du canon 8i, les Arabes et les Éthiopiens ont traduit « les huit livres des à:a.-i.lt:^ » par « les huit livres des canons ». Bévue biblique,i90[, p. 110, 172. Enfin saint Jean Damascène met après l'Apocalypse les Kkvôve; tûv âyiwv àitoo^TÔXwv ôià KXïj|ji£vtoç. De fide orlhodoxa, iv, 17, P. G., t. xciv, col. 1180.

On remarquera d'ailleurs que la partie de ces canons qui a été conservée en grec porte précisément pour titre : eut SiaTayai aï ôiâ KXrijiEvTo;. Lagarde, Reliquise juris eccl. ant.gréEce, Leipzig, 1856, p. 74. C'est le même mot (oiaTs- ■yat) qui est employé dans le canon 84 des apôtres. Dans cet ordre d'idées on pourrait peut-être éloigner le terminus a quo des canons des apôtres, en supposant qu'ils ont figuré d'abord (can. 72-127) dans la seconde partie des "126 canons coptes-arabes (et plus tard de l'Octateuque)

à la suite du Nouveau Testament, puis qu'ils ont été portés de là, avec plusieurs des canons précédents (can. 21- 71), dans les Conslitulions apostoliques pour former et continuer leur \'II1« livre.

Le « Livre des feuillets pleins de mystères », dont nous avons parlé plus haut, n'a aucune chance d'être visé dans le canon 84, mais semble plutôt en dépendre, car l'attribution de la première partie de cet ouvrage à saint Éphrem est reconnue inexacte ; il ne remonterait guère plus haut que le vp siècle. Cf. Rubens Duva!, La littérature syriaque, Paris, 1899, p. 90-91.

Après avoir fixé approximativement l'époque de la composition du recueil des 84 canons, il resterait encore à chercher le lieu et l'époque de l'apparition des divers canons, car Beveridge et Hefele admettent que les canons des apôtres ont pu paraître en des temps et dans des conciles différents avant d'être codifiés. Pour Drey, qui voit dans ces canons un plagiat de canons antérieurs, il l'estait à déterminer leurs sources. Selon lui, trois proviennent de la Didascalie (can. 38, 41, 42); cinq du concile de Nicée (can. 20-23, 79); vingt du concile d'Antioche de 341 (can. 7-15, 27, 30, 32-40, 75); trois du concile de Laodicée de 372 (can. 44, 70, 71): un du concile de Conslantinople de 381 (can. 74); un du concile de 394 (can. 26); dix-neuf des huit livres des Constitutions apostoliques (can. 1. 2, 6, 7, 16, 17, 19, 25, 32, 45, 46, 48, 50-52, 59, 63, 65, 78); cinq du concile de Chalcédoine (can. 28, 66, 73, 80, 82), etc. Funk, p. 183-190; cf. Hefele, t. i, p. 613. Nous avons déjà dit combien la méthode de Drey nous semble partiale. De ce que deux canons formulent une ordonnance analogue, il conclut à une filiation, et, dans chaque cas, il déduit le canon des apôtres de l'autre canon. Il est clair cependant que la filiation peut être inverse, si même les deux textes ne dépendent pas d'une autre source inconnue de Drey. Ils peuvent encore parfois formuler les mêmes ordonnances, par un simple hasard sans avoir aucun rapport l'un avec l'autre. M. Funk n'admet comme sources certaines que le concile d'Antioche de 3U et les Constitutions apostoliques, p. 202.

3" Lieu d'origine et auteur. — D'après M. Funk, leur lieu d'origine est la Syrie, car on trouve mention (can. 36) du mois -JîtEpôepcTaîo; (octobre) qui appartient au calendrier syro-macédonien, p. 191. Leur compilateur serait le même que le compilateur des huit livres des Constitutions apostoliques, qui aurait composé de toutes pièces les canons apparentés au concile d'Antioche et aux Constitutions et peut-être aussi les autres canons, puis les aurait placés à la fin du VIII" livre, p. 204-205. Pour Bardenhewer aussi, l'auteur ou le compilateur des canons et celui des Constitutions ne font qu'un. Les Pères de VÉglise, trad. franc., Paris, 1898, t. i, p. 52; Patrologie, 2e édit., Fribourg-en-Brisgau, 1901, p. 308.

4» Anciennes versions. — 1. Nous avons déjà cité la double version latine de Denys le Petit, faite vers l'an 500 et qui comprend seulement 50 canons. Mansi, t. I, col. 49-66, etc. La première version de Denys, conservée dans de nombreux mss., fut publiée pour la première fois par Cuthbert Hamillon Turner, loc. cit., p. 1-32. Elle est divisée en 49 canons. La seconde version de Denys le Petit passa d'abord dans les anciennes collections canoniques allemandes, espagnoles, françaises, italiennes, dont F. Maassen a donné la liste, Geschichte der Quellen und der Literatur des canonischen Redit im Abendlande, (îraz, 1870, t. i, p. 438-440, puis dans les collections plus récentes y compris Gratien et les Décrétales; elle eut de nombreuses éditions. Cf. Hardouin, 1. 1, col. 31-38; P. L., t. Lxvii, col. 141-148.

2. La version syriaque figure dans les collections jacobite et nestorienne de canons. Le texte jacobite a été édité par Lagarde, Reliquiœ...syriace, Leipzig, 1856, p. 44- 61, avec les différences du syriaque et du grec dans Reliquise... grœce, Leipzig, 1856, p. xxviu-xx.\ni. C'est

CANONS DES APOTRES

II- 1. VIII" de Clément, avec le titre : « Sia-càÇeeç, c est-ailire commandements des apôtres adressés par Clément .iii\ nations. Canons ecclésiastiques. » Le canon 47 -1 transposé avant le canon 50. Le canon 65 est placé i|irès le canon 62. D'ailleurs, les canons sont divisés de iii.iniére un peu différente et forment un total de 82 au lieu de 84 (ou 85). En dehors de ces différences de forme, I. syriaque traduit le grec de manière assez fidèle. On r. inarquera seulement une longue addition à la fin du cniuii iSl rclilir au baptême. Cf. Lagarde, Reliquix... i/f :<',',•. |i \\i\-\\\. Cette addition, ainsi que les canons Iti. is. lîi ,|iii >,■ suivent sans discontinuité, sont accom- |)a!;nc» il'.iskrisques mises en marge du ms. de Paris .dite par Lagarde (sjr. 62) et un scribe a écrit en marge : V On dit que les ariens ont ajouté toutes ces choses qui i.nt des astérisques. » Lagarde, p. xxx. Il est remarquable que ces canons 46, 48, 49 ne figurent pas dans la i.cension (can. 72-127) qui termine les 127 canons coptes-arabes dont nous avons déjà parlé.

Le texte nestorien figure dans la collection d"Ébedj.'sus et a été édité et traduit en latin par Mai, Scriptorum rrlerum nova collectio, Rome, 1838, t. x, p. 8-17; il porte le litre suivant : Synodus secunda. Canones apostoloruni '/l'i 'lali fiirrtiut per sanctum Clementem discipulam M/.MN/,./..,',,,,, .. r,»)u adhnc episcopl nomine aposloloi-,i,ii II II lieu p(i I III I II)', convenerunt et statuermit diversos r.niiiiies qiH suiil scquentes. C'est la version en usage i liez les jacobites. Le canon 49 porte la même addition que précédemment, les canons 47 et 65 ne sont pas inler- \L-rtis; par conliv, lo canon ii prccodc le canon 5H. Le

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syriac mss., Londres, 1S70-1S72, [>. iWô; cf. Lighlfoot, S. Clément of Rome, t. i, p. 373-374, note.

3. En arabe, Riedel signale trois recensions des 84 canons des apôtres, comprenant respectivement 81, 82 et 83 canons. Die Kirchenrechtsguellen des Patriarchats Alexandrien, Leipzig, 1900, p. 157. Le ms. de Paris, arabe 252, renferme deux recensions, l'une figure à la fin de rOctateuque de Clément, p. 562-567; elle est conforme à la version syriaque et contient aussi la longue addition au canon 49, p. 564; elle est divisée en marge en 86 canons et a pour titre : « Canons des saints apôtres par le moyen de Cb'menl. » L'autre recension, p. 19-37, comprend 82 canons 'sous le titre de : « Canons des apôtres dans le cénacle de Sion, » ou encore : « Voici ce que l'on appelle les Abastalasat , que les disciples ont ordonnés, et leurs canons que Clément a recueillis. Les apôtres les réunirent et les ordonnèrent par le secours du Saint- Esprit quand ils étaient dans le cénacle de Sion... » Le titre varie avec les manuscrits. On les appelle ailleurs Titlasat {tituli}, en particulier chez les Arabes melkites, mss. arabes de Paris, 235, 4", 236, 7", tandis que ce nom, dans le manuscrit 252, est réservé aux 30 canons d'Addaî voir col. 1618, et ils sont divisés en SI canons. Cf. Ludolf, Conim. ad hist. J£lh., p. 330. Nous avons constaté que les canons 11-13 du ms. 252 sont identiques aux canons éthiopiens traduits par Ludolf, loc. cit., p. 331. Tous deux sont une paraphrase des canons grecs qui se trouvent amplifiés au double et parfois au triple. Cf. Funk,

4. Riedel signale aussi trois recensions éthiopiennes en 81 canons, p. 155, 3», 4», 7». Ce sont sans doute ces trois recensions qui figurent dans le ms. d'Abbadie, n. 65, §4, 9, 11. Catalogue raisonné des mss. éthiopiens appartenant à Antoine d'Abbadie, Paris, 1859, p. 76-77; cf. Funk, p. 245-246. Ludolf a donné les titres des 81 canons d'une recension, puis le texte et la traduction des canons 11-13. Comm. ad hist. ^th., p. 330-333.

Nous parlerons plus loin d'une quatrième recension arabe et éthiopienne en 56 (ou 57) canons formant

DICT. DE THÉOL. CATHOL

la fin (can. 72-127) des 127 canons coptes-arabes.

5. Il existe aussi une ancienne traduction arménienne, ms. de Paris, n. 118, fol. 28-39.

Le texte latin de Denys le Petit parut dans la collection des conciles de J. Merlin, Paris, 1524, et le texte grec fut publié pour la preinitTc fois par Gr. Haloander, Nsa^iv "loyo-rtviavoS pa^tAÉw;... liiï; , , X' M ml . i, i.jLil. Ces textes furent reproduits dans la pliil M ' ( im-ls civiUs et des Corpus juris ecclesia-

stii-i.\ I i: i.\Si/nodico7i,sivePandectœcanonumSS.

apcs/r ' . .", . ,' ■■.i.i'iliorum ab Ecclesia grseca rcceptorum, Oxfc.iJ, 1072, t. I, p. 1-57 (cette édition, qui fait suivre les canons des apôtres des commentaires de Balsamon, de Zonaras et d'Aristène, a été reproduite, P. G., t. cxxxvii, col. 36-217), enfin par de Lagarde, Heliquise juris ecclesiastici antiquissimie, Leipzig, 1856, p. 20-35; Hefele, Histoij'e des conciles, t. i, appendice; Pitia, Juris ecclesiastici Grsecorum historia et monumenta, Rome, 1864, t. i, p. 1-45; Fr. Lauchert, Die Kanones der wichtigstfii nitliiirhiirhen Concilien nebst den Apostolischen Kanorief. I I i Hi -. n-iai-sau et Leipzig, 1896, etc. C. H. Turner puM;,, , , iiiquedesdeux versions latines de Denys le

Piiii / monumenta juris antiquissima, 0\iorâ,

18!v.i. Il . I. 1 I il. Voir les études de Drey, A''eue £/nïersi(chunijen iiher die Konstilutionen und Kanones der Apostel, Tubingue, 1832; J. W. Bickell, Geschichte des Kirchenrechts, Giessen, 1843 ; Hefele, Histoire des conciles, Paris, 1869, t. i, p. 609-644; F. X. Funk, Die apostolischen Konstitutionen, Rotlenbourg, 1891 , p. 180-206 ; Fabricius, Bibl. grœca, édit. Harles, t. vu, p. 22-23; t. xir, p. 141-153, on trouve ici le renvoi aux manuscrits que Fabricius connaissait. Enfin Vansleb, Histoire de l'Église d'Alexandrie, Paris, 1677, p. 251-256, avait donné l'analyse dune recension arabe en 81 canons intitulée, dit-il, Tetcllisat et Abtilisat.

II. Les 127 canons coptes-arabes. — Ces canons, qui tous sans doute sont d'origine grecque, sont conservés en arabe, en copte, en éthiopien, en syriaque (dans l'Octateuque). Quelques-uns seulement existent encore en grec et en latin. Leur nombre et leurs divisions varient avec les versions. En arabe et en éthiopien, ils sont divisés en deux parties, l'une de 71 canons et l'autre de 56 (ou 57). Les premiers ont été appelés par Lagarde : canones ecclesiastici, pour les distinguer des derniers qu'il appelle canones apostolici et qui ne sont en effet qu'une rédaction différente des canons des apôtres dont nous venons de traiter. Les premiers ont pour titre : « 71 canons des saints apôtres ayant pour but l'institution de l'Église, édités par saint Clément, » et les seconds : « 56 canons de la sainte Église arrêtés par les apôtres et édités par saint Clément. » Ms. arabe de Paris, n. 251, 5», 6», Catalogue, p. 66. Le texte arabe est inédit, les titres des canons ont été traduits par Vansleb, Histoire de l'Église d'Alexandrie, p. 241-251. Les titres des canons éthiopiens ont été publiés et traduits par Ludolf, Comm. ad hist. jEth., p. 305-314, qui publia et traduisit ensuite en latin les canons 1-23 de la première série, p. 314r328. W. Fell a publié et traduit les 56 canons de la seconde série : Canones apostoloruni xthiopice, Leipzig, 1871. Le texte copte sahidique des 127 canons, divisés ici en 78 et 71 (au lieu de 71 et 56), a été publié sans traduction par de Lagarde, Jigyptiaca, Gœttingue, 1883, p. 239-291, 209-238. La traduction allemande des canons 21-47 de la première série (numérotés ici 31-62), faite par G. Steindorfl'sur l'édition de Lagarde, a été publiée par H . Achelis dans son étude sur les canons d'Hippolyte, Die Canones Bippolyli, Leipzig, 1891, dans Texte und Untersuchungen, t.vi, fasc. 4. Enfin, le même texte sahidique a été édité, sans traduction, d'après unms. moderne du Caire, par U. Bouriant, Recueil de travaux relatifs à la philologie égyptienne, t. v (1884), p. 199-216; t. vi (1885), p. 97-115. Le texte copte memphitique, ou de la Basse- Egypte, qui est une traduction du précédent, a été publié avec traduction anglaise par H.Tattam : The apostolical Constitutions or Canons of the Aposlles, Londres, 1848. La première pièce forme les 1. I-\'I de l'ouvrage, p. 1-91 ; elle a été divisée par Tattam en canons; la seconde pièce forme le 1. VII, p. 173-213, et diffère de la pièce sahidique correspondante ; aussi Lagarde a-t-il édité

CANONS DES APOTRES

ces deux pièces en regard sur les mêmes pages, loc. cit., Pi 209-238. L'ouvrage édité par Tattam diffère donc un peu cl( ~ |>i.i.ili iiN. Il constitue en réalité \'Octate^((Jue

(Je Cil 1)! 'Il '1- 1616), qui existe aussi en syriaque

et en ,ii il- ' 'in; l-s 127 canons coptes-arabes (les premiers li.idiiii- lui. I.'inent, les derniers dans une recension dillérente) ne constituent qu'une partie. Enfin les 20 premiers canons seulement existent encore] en grec.

Nous allons donc traiter successivement : i» Des 20 (ou "0 ,,1111.11 . .11- rvés en grec qui constituent YApostoliarl:. . '.ing : ce sont les canons 1-20 (ou

•1-30 1 il ,1 il . -.i-ie, nommés aussi parfois canonps ecch'snisin I, 11. .111 ilunné par de Lagarde non pas aux 20 premiers canons, mais à la pièce entière qui en comprend 71; 2" Des canons 21-47 (ou 31-62) de cette même série, qui constituent V.Hgyptische Kirchenordnung : S" Des derniers canons de cette première série, 48-71 (ou 63-78), parallèles au 1. VIII des Constitutions apostoliques; 4" Des 56 (ou 71) canons de la seconde série ou canones aposlolici ; 5» De la disposition particulière de ces canons qui est connue sous le nom d'Octateuque de Clément.

1» h'ApostoUsche Kirchenordnung, canons 1-20 (1-30). — 1. Éditions. — Le texte grec conservé dans un seul manuscrit, Vienne, Hisf. grxc, n. 45 (maintenant n. 7), du XII5 siOcle, a été publié pour la première fois par J. W. Bickell, Gcsc/iichte des Kwchenrechls , Giessen, 1843, t. I, puis réédité par de Lagarde, Reliquiss juris eccles. ant., Leipzig, 1856, p. 74-79, sous le titre : Ai Siataya; al Sià KXripisvTo; xal xavôveç IxxXrjacaaTixo'i tmv àYtwv aTcoatiiXwv ; par Pitra, Juri$ eccles. Grœc. hist. et mon., Rome, 1864, t. i, p. 77-88; par Harnack, Texte und Unters., Leipzig, 188i, t. n, fasc. 1, p. 225-237; par Funk, Doclrina dwodecim aposto(o)'w»)i,Tubingue, 1887, p. 50-73, etc.

La première partie de Y Apostolische Kirchenordnung, canons 2-12 (grec : 3-14), qui lui est commune avec la Didachè, se trouve dans plusieurs manuscrits (Rome, Moscou) et versions, dont ont tenu compte Pitra, puis Harnack; enfin elle a été éditée par Théodore Schermann, d'après des manuscrits de Rome, de Paris et de Naples, Eine Elfaposlelmoral, Munich, 1903. Une ancienne traduction latine des canons 13-20 (grec : 18-30) a été publiée par E. Hauler, Didascalix apostolorum fragmenta Voronensia Inlina. I.pipzip, 1900, p. 9H-101,

vie

.imI..

version des saintes ÉcriUii'es .intérieure à saint Jéroiue; puis il conclut : quare codex grœcus, ex quo archetypus latinus flitxit, certe cTeiinte rel polius medio quarto sseculo antiqvinr piiInniliK pxt. |i, VIT!,

2. Dépendais, r ./, , ,,,,,,, ^ I.. -. traductions latine, syriaque (Ocl. il, 11. ju. l i,.!.!. ,ilii,li.|iic furent vraisemblablement tail. - -m I ..ri-ui:il vin. La traduction copte memphitique provient du sahidique, Lagarde, Reliqidie ...grœce, p. x; la traduction éthiopienne proviendrait du copte sahidique, Lagarde, op. cit., p. X, XV ; Lightfoot, St. Clément i>f Ronie. IS77, appendice, p. 469, ou de l'arali... i;iii,li. /;,',.,',• t'i/'lii/ue, 1901, p. 173. M. Funk, Die ((/... N/. Kfjifiii'itn.iir,/. p. 247, avait déjà montré que l'itliiupirn itaiit plus complet que le copte, ne pouvait pas dépendre de la version sahidique seule. Ce sujet devra être traité à nouveau lorsque les diverses versions seront publiées et traduites.

3. Contenu. — Chacun des douze apôtres : Jean, Matthieu, Pierre, André, Philippe, Simon, Jacques, Nathanael, Thomas, Céphas, Barthélémy et Jude, prend la parole pour formuler une ordonnance de morale ou de hiérarchie. Les préceptes de morale (canons grecs 3-14) lui sont communs avec la Didachè; les derniers canons (canons grecs 15-30) traitent de l'ordination de l'évêque, des prêtres, du lecteur, des diacres, des veuves, des de-

voirs des diacres, des laïques, et enfin du saint sacrifice. Chacun des canons commence par : Jean dit; Matthieu dit; Pierre dit, etc. Cette forme est celle des anciens conciles, par exemple du concile de Carthage (255), où chaque évèque énonce un précepte qui commence dès lors par son nom : Cyprianus dixit ; Crescens dixit, etc. Hardouin, 1. i, col. I."j9. Cette forme se retrouve aussi dans les apocryphes coptes et éthiopiens. Patrologia oriental is. t. i. fasc. 1, Le livre des mystères du ciel et de la terre, p. 86-88; t. ii, fasc. 2, L'Évangile des douze apôtres, p. 133, 138, loi, etc.

4. Époque et sources. — 0. Bardenhewer écrit que cet opuscule a été composé vraisemblablement en Egypte au IIP ou au iv» siècle, ùeschichte der allkirchl. Litteratur, Fribourg-en-Brisgau, 1902, t. i, p. 82. Il suppose que le titre actuel est une interpolation et que cet opuscule représente en réalité « les deux voies » ou « le jugement de Pierre » dont parle Rufin. Comm. insymb., 28, P. L., t. XXI, col. 37'j; cf. 0. Bardenhewer, Les Pères de l'Église, trad. franc, Paris, 1898, p. 43-44. M. G. Krùger dit aussi qui' V Apnsinlische Kirchenordnung ioit être le Dux i(« . Mt,/,r. Lit.. Leipzig, 1895, p. 224. D'après M. AclRli>, ilealrmijcl. fin- prot. Theol., 3« édit., p. 733, cet écrit semble avoir l'Egypte pour patrie, mais pourrait cependant provenir de la Syrie. Il a été composé entre la Didachè et les Constitutions, c'està-dire entre lOO et 400, ou selon d'autres, entre 140 et 360. Il est difficile d'obtenir une plus grande approximation. On peut cependant, avec grande vraisemblance, le placer au IIP siècle. M. Harnack place vers l'an 800 la composition de VAposl. Kirchenord., Altchr. Lit. Die Ueberlieferung, p. 451 ; Die Chronologie, p. 532, et lui assigne trois sources principales : la Didachè et la lettre de Barnabe du ii« siècle, canons grecs 4-14; et deux ouvrages perdus qu'il appelle : xaTào-Tacrt; xoC xXripou, canons 16-21, et xavaiTTauiç tviç àxxXï)5£aç, canons 22-29. j Il plaçait d'abord le premier de ces écrits au commencement du IIP siècle, Te.vte und Vntersuch., Leipzig, \ 1884, t. II, fasc. 1 ; plus tard, il le plaça, comme le suivant, au IP siècle, de 140 à 180. Texte und Unters., i Leipzig, 1886, t. il, fasc. 5, p. 55. Ces sources seraient | d'origine égyptienne. Enfin, les canons 1-3, quelques additions dans les canons 4-23 et peut-être aussi dans les ] canons 24-30, seraient l'œuvre personnelle du dernier compilateur, vers l'an 300. M9'' Duchesne attribuerait à 1 ce dernier compilateur les canons 1-2, 16-30. Il auraitî utilisé seulement la première partie de la Didachè qu'ill aurait aussi distribuée aux divers apôtres pour l'unifor-I mité. Bulletin critique, 1886, t. vu, p. 363. M. Funkj croit que l'auteur a pu emprunter à d'anciennes sources, en nombre qui peut être supérieur à deux, les canons] 16-30, et que la composition du tout ne peut être postérieure à la première moitié du iip siècle. Doclrina du decim apost., p. liv-i.v. M. Harnack fait encore remarquer, Altchr, Lit. Die Veherl., p. 465-466, que le titre Ai Siatayai ai £ià K).7,(iEVToi;, ne semble pas s'appliquer! au contenu (ce titre est en effet plus général et pourrait^ peut-être s'appliquer à toute la suite^du ms. devienne), et regarde le sous-titre : Kavôveç âxxXvjcjiaoTixo'i -cûvf âyStov aTioa-ToXuv, comme le véritable titre de cette pièce; M. Funk l'a aussi publiée sous ce litre. Nous feronsl cependant remarquer que la version syriaque inédite^, qui a été traduite directement sur le grec et qui comprend toute Y Apostolische Kirchenordnung dans mss. de Mossoul et de Rome signalés par Mv Rahmanî! (Lagarde n'en a connu qu'un extrait), est intitulée : Do-\ ctrina duodecim apostolorum. Rahmani, Testamentum D. N. J. C, Mayence, 1899, p. x. Voici d'ailleurs ce titre avec les phrases voisines d'après une photographie du ms. de Rome : « Fin du II» livre de Clément, traduit de la langue grecque en syriaque par Jacques l'Humble, l'an 998 des Grecs (687). Livre 11^ de Clément : Doctrine (malfonouta) des douze apôtres. Réjouissez-vous,

CANONS DES APOTRES

fils et niles, au nom de Noire-Seigneur Jésus-Christ, Jean et Matthieu et Pierre, etc. » Cf. Rahmani, p. xiv.

2" L'jEgyptische Kirchenordnung , canons 21-47 (ou 31-62). — 1. Éditions. — Il ne nous reste qu'à signaler les fragments latins publiés par Hauler, Didascaliie aposl. fragni., p. lM-121, qui corre.spondent aux canons 31-3:5, 46, 4«-60 et 62 de la numérotation copte.

2. Contenu. — Ces canons sont parallèles aux canons d'HIppolyte. Ils traitent des ordinations de l'évèque, du prêtre, du diacre, avec de longs morceaux liturgiques, puis des confesseurs, des veuves, des lecteurs, des vierges, des sous-diacres, des catéchumènes, du temps des offices et de la prière, du baptême, du jeûne, des agapes, des veuves, des prémices, du jeune pascal, de l'eucharistie, du temps de la prière. Ces matières font aussi l'objet du VIII» livre des Constitutions apostoliques (C. A. VIII). Aussi M. II. Achelis a pu mettre en regard des canons d'Hippolyte(C.H.)l'^5ri/p«isc/ieA:irc/je«0)-rfn«n3(canons 21-47, = E. K.) et des passages choisis de C. A. VIII.

3. Époque et sources. — Pour M. H. Achelis, E. K. est un remaniement des canons d'ilippolyte et la source principale de C. A. VIII. Elle est donc antérieure à la compilation des huit livres des Constitutions qu'Achelis place vers le milieu du iv^ siècle. Texte und Vnters., t. VI, fasc. 4, p. 27. — Pour M. Funk, au contraire. Die apost. Konst., p. 261, E. K. dépend de C. A. VIII, et, p. 279, C. H. sont un remaniement de E. K. effectué à l'aide d'autres sources. Par suite le terminus a quo de la composition de E. K. est le v siècle et n'est sans doute pas antérieur au vi», p. 280. Notons que le raisonnement de M. Hauler cité plus haut sur l'antiquité de la version latine la ferait reraonterau milieu du iv« siècle. M. Funk maintint ses conclusions dans Das Test, unsers Herrn und die verwandten Schriften, Mayence, 1901, et, à'cette occasion, M. Ratillol écrivait. Revue biblique, 1901, t. X, p. 254 : « Après avoir pensé avec tous les critiques qui s'en sont occupés que la Constitution apostolique égyptienne (E. K.) datait du iv« siècle et était antérieure aux Constitutions apostoliques, nous sommes prêt à nous rendre aux raisons proposées par M. Funk, non que toutes ces raisons soient très concluantes, mais du moins plusieurs font une difficulté à l'opinion reçue. »

B' Canons A8-H (ou 63-18). — 1. Versions. — Ces canons existent en copte sahidique, en éthiopien et en arabe; le copte sahidique seul a été publié par de Lagarde et traduit par J. Leipoldt, Saïdische Auszïtge ans dem Bûche der Apost. Konst., dans Texte und Vnters., Leipzig, 1904, t. xxvi, fasc. 1 6, p. 1-57. Les canons en copte memphitique publiés et traduits en anglais par Tattam, 1. III-VI, p. 92-171, qui étaient, d'après de Lagarde, une traduction du sahidique, représentent en réalité une rédaction différente qui constitue l'Octateuque de Clément et qui est caractérisée par l'interversion des deux parties du c. xxxil de C. A. VIII. la première partie du chapitre formant en copte le 1. VI de Clément. Cf. Lagarde,i{eJ!(/i(i«... grsece, p.xv. Le ms. arabe de Paris, n. 252, renferme ces deux rédactions : 1» les canons 48- 71, parallèles au copte sahidique, sans aucune interversion dans le c. xxxii de C. A. VIII, p. 71-86; 2» les 1. IV- VII de l'Octateuque de Clément, avec interversion du commencement du c. xxxii de C. A. VIII qui forme en arabe le 1. VII, p. 550-561. Nous avons signalé déjà les analyses données par Vansleb et Ludolf.

2. Contenu. — La concordance entre ces canons et C. A. VIII est donnée par deLagarde, Reliqtiiee... grœce, p. xiii-xvi. Ils contiennent tout ou partie des

c. I, II, III-V, Xl-.'iVII, XXIII-XXVIII, XXX-XXXIV, XLII-XLVI de

C. A. VIII. Dans cette dernière partie qui fait souvent double emploi avec la précédente, le compilateur semble avoir '-ejeté la liturgie et conservé ce qui regarde les cérémonies. Lagarde, p. xi.

4» Les 56 derniers canons ou canones apostolici de Lagarde sont particuliers à l'arabe, au copte et à l'éthio-

pien. Le copte compte 71 canons. Nous avons déjà signalé les analyses de Vansleb et Ludolf et l'édition avec traduction latine de Fell. D'après M. Funk, p. 262-263, celte recension dérive évidemment des 84 canons grecs des apôtres et ce rapport ne semble jamais avoir été nié. Une seconde rédaction plus courte existe en éthiopien. Plusieurs canons sont réunis en un seul ou même sont omis, comme les canons 43-44, 45-49. Signalons cependant que le dernier canon sur les livres canoniques ne mentionne pas les huit livres de Clément. Après avoir nommé l'Apocalypse, il recommande seulement aux évéques d'observer les canons. Guidi, Il canone biblico delta C/iicsa copia, dans la Revue biblique, 1901, p. 1G2-I6'i. 5" L'Octateuque de Clément. — 1. Textes. — (.it ouvrage est conservé, avec des différences d'ailleurs, vn syriaque, en arabe et en copte. — o) Un abrégé s\ri;ii|uc:i été publié par de Lagarde, Reliquiae... syriace, p. l-(il, qui a publié ou rétabli le texte grec correspondant dans ReliquiiB... grœce, p. 80-89, 74-77, 9-15, 89-95, 20-35, M9' Rahmani a signalé deux mss. coiniilil-, à Mossoul et à Rome, et a donné l'analv-. il. \ .'U . i .r^r. Testamentum,p.x-\i:L.l-ll.Testaiih:: h A ' '\ publiés et traduits en latin par Mar lUilnn mi. M,,, n. c, 1899. L, III, Doctrina duodecim apuàUil.i, ui,>. (.ist VApostolischc Kirchenordnung tout entière, L. IV, De charismalibus, ordinationibus et canonibus ecclesiasticis = C. A. VIII, c. i-ii. L. V, De ordinationibus =

C, A. VIII, c. III-V, XVl-XWl. I.. VI. Col,slil„l,„„rs sra

slatuta plurinwruni nposh^hinini ,!,■ .^i.-rins n hnris = C. A. VIII, c. xxvii-\xviir, \\n-\\\i, Im .In , . xxmi, XXXIII-XXXIV, xm-XI.VI ut cuuinnucciuciit du c. X.\.\ll. L, VII, De myslico miuislcrio — C. A, Vlll, c, xxix et fin du c. V depuis : Aio ego, Andréas fraler Pétri, P. G; t. I, col. 1075, jusqu'à la fin du c. ix. L. VIII = canons des apôtres.

6) M. Riedel adonné l'analyse de l'Octateuque arabe. Die Kirchenrechtsquellen, p. 156-157. Nous l'avons contrôlée sur le ms. arabe de Paris, ms. 252, Les 1, I et II correspondent aux 1. I-III du syriaque. Ma' Rahmani a signalé de nombreuses différences de détails entre le syriaque et l'arabe dans son édition du Testamentum. Le 1. III, qui n'a pas son analogue en syriaque, correspond à V/Egyptische Kirchenordnung, c'est-à-dire aux canons 21-i7 (ou 31-62) dont il a été parlé précédemment. Le 1, IV correspond au syriaque. Le 1. V comprend les c, III-V, omet les prières, donne ensuite la fin du c. xi, les premières lignes du c, xil, en omettant : « moi, Jacques, frère de Jean de Zébédée, » puis quelques lignes de la fin des c, xiii-xv, comme Lagarde les a rétablis en grec d'après la version copte sahidique, Reliquix... grœce, p. xii-xiv, puis les c. xvii-xxvii. L. VI, comme en syriaque, à l'exception du commencement du c. xxxii qui n'est pas dans ce livre en arabe.L. VII comprend le commencement du c, xxxii seulement. L. VIII = canons des apôtres comme en syriaque. Ajoutons que dans le ms, de Paris, arabe 252, l'Octateuque porte aussi en marge une division en canons : le 1, II est divisé de 1-28; le 1, III porte une double division de 22-47 et de 31- 68, Ces chiures correspondent à peu près aux canons parallèles de l'éthiopien et du copte. La fin du 1. V est divisée de 1-12. Les I, VI et VII portent une double numérotation sans suite. On peut du moins en conclure que certain auteur ou scribe avait fait une double collation de l'Octateuque de Clément,

c) L'Octateuque copte analysé par de Lagarde, Reliquiœ... grœce, p. XI, a sept livres qui paraissent correspondre aux 1. II-VIII de l'arabe. Cependant, d'après M, Funk, le 1, VII dans le copte reproduirait les canons des apôtres d'après la recension en 56 canons. Die apost. Konslitutionen, p, 263, tandis que nous avons pu constater dans l'arabe la même rédaction que dans le syriaque sans aucune omission de canons et y compris la longue addition du canon 49.

CANONS DES APOTRES

d) Nous noterons encore que les matières du 1. YI arabe de Clément se trouvent dans la compilation syriaque d'Ébedjésus, Mai, Script, vet. nova collectio, t. x, p. 17- 22, sous le titre : Canones qui statuti fuerunt distincte ab unoquoqtie sanctorum apostolonim, et se trouvent encore en arabe en dehors de lOctateuque de Clément sous le titre : « Canons des apôtres transmis par Simon le Cananéen sur l'organisation du sacerdoce, » ms. de Paris, 243, fol. 205-220, ou « Premiers préceptes des apôtres », ms. 252, p. 38-52. D'après M. Funk, Die apost. Konstilutionen, p. 245-246, n. 4, 8, le texte conservé en syriaque par Ébedjésus et publié par Mai, p. 17-22, existe en éthiopien dans deux recensions de 25 canons chacune. Enfin les livres syriaques A' et VI de Clément correspondent à peu près à la pièce grecque : SiaTaSeï; Tûv «yc'wv à7co(TT(i).wv TtEp'i |j.v)OTixTi; ^axpeia;. Pitra, Juris eccl. Grssc. Iiist. et mon., t. i, p. 49-72.

2. Époque et source. — La version syriaque a été traduite directement sur le grec, sans doute à Édesse, en 687, d'après une note que nous avons traduite plus haut. De plus, le texte grec du Testament de N.-S. .J.-C. (!«■ livre de l'Octateuque) est cité par Sévère d'Antioche peu après l'an 520, cf. firooks, iielect letters of Se

patriu

SiuS l'I

dans 1 des ap.

le diac

re en cas baptisera

de'né.r:.^i,

ac version of Athana- 6, p. 482 : « Il est écrit ns les commandements s tament du Seigneur...:

l'on ne trouve pas de p. 132. Sévère, ibid.,

prêtre

» Cf.

Rahi

p. 463-464, cite encore les i le titre : « Le canon 21 d- = par les apôtres, par le i.

porte... » Or c'est pn oi dans le VIII» livre de Cl. u

; 21-23 des apôtres s

grê

Nous

(.1. I,.i^.iid.\ Ii,'liquise...

ailleurs dans les lettres de Sévère, t. ii a, p. 213, que l'on citait à Émèse de 518 à 519 un canon de Simon le Chananéen qui est le 1" canon du VI- livrr rlo l'Octateuque (=C. A. V 1(1, c. xxvii). Cf. L:ii;.H,|i, l\il jii:r... syriace, f. 23-2i. 11 est donc ' certain (|ih \r-, in.il. i i.mx de l'Octateuque étaient alléL;ués comme ci ril^ .ipn^luliiiues en Syrie et en ÉgTpte vers l'an 520. Il est possible aussi que l'Octateuque ait été constitué dès cette époqui-. Pour aller plus loin et établir la dépendance des diverses versions, il est indispensable qu'elles soient d'abord publiées et traduites. Il semble nécessaire d'admettre qu'il y a eu des traductions croisées : par exemple un écrit traduit de l'arabe en copte aura été traduit de nouveau du copte en arabe et ces trois versions traduites en étliiopien auront pu fournir trois recensions en telle lan,i;ue. on arrivera peutêtre ainsi à expliquer le pullulement des écrits apostoliques en aralie, ciipl'' el élliiopien. qui se ramènent à un pelil iMiiil.ie lie |\|>. - (liiiricnts bien que tous soient distincl-, h. m- ni .l'h. il ni. es signalons la classification. I. nli e ji.u- Il h' l;,iunislarck, des textes parallèles au 1. VIII des ConstiUitions apostoliques, en dehors des textes grecs, Oriens christianus, 1901, p. 98-137; résumée par M. Funk dans Tlieolog. Quartalschrift, 1902, p. 223-236.

Notre étude sur les canons coptes-arabes trouvera sa conclusion naturelle dans l'opinion de Vansleb sur tous les canons apostoliques orientaux. Ce savant, après s'être fait transcrire au Caire le ms. arabe de Paris n. 252 (in-fol. de 723 pages écrit au Caire en 1664), l'avait comparé aux textes grecs et éthiopiens correspondants, comme de nombreuses notes marginales et dans le texte en font foi, puis, après avoir analysé toute celte littérature, il concluait : « Tous ces canons, si on en voulait ôter les redites et les ranger en meilleur ordre, se réduiraient à un très petit nombre. Les ordonnances qu'ils contiennent, excepté quelque petite badinerie qui s'y est mêlée, sont en elles-mêmes très bonnes et étaien très nécessaires pour le gouvernement de l'Église de ce

temps-là, et on peut croire sans hérésie que si elles ne sont pas venues des apôtres mêmes, elles sont du moins des saints Pères de l'Église des premiers siècles : mais ayant depuis ce temps passé par les mains de tant de malhabiles écrivains et par celles de tant de gens de différentes langues et sectes et dont chacun a voulu se servir pour ses intérêts, l'un y changeant et l'autre y ajoutant quelque chose, cela leur a fait perdre le crédit et l'estime qu'autrement on serait obligé d'avoir pour elles. » Histoire de l'Église d'Alexandrie, écrite au Caire même en 1672 et 1673, Paris, 1677, p. 260.

Funk, Die apost. Konstilutionen, RoUenbourg, 1891, les canons apostoliques des Orientaux, p. 243-265, analysés dans Biedel, Die Kirclienreclitsquellen des Patriarchats Alexandrien, Leipzig, J900; Guidi, /( canone biblico delta Chiesa copia, dans la Bévue biblique, 1901, p. 161-174.

III. Les 27 (ou 30) caxoxes .apostolici, tirés, suivant une version, du livre de la Doctrine de l'apôtre Addaï. — 1" Contenu. — Ces 27 (ou 30) canons, qui existent en syriaque, en arabe et en éthiopien, sont précédés et suivis de quelques notes historiques. L'auteur raconte dans l'inlroduction que l'an 342 des Grecs (342 — 309= 33), les apôtres allèrent de la Galilée au mont des Oliviers, nù ils n«si«tèrent :'i l'.iscension du Christ et reçurenl la im in-. lU ^. i. n.luent dans la salle où ils avaient 1. II. r. Il l'i.]!!., \ i .■. urent le Saint-Esprit et, avant ilall.i .v.in,. Ii-er I.- niiions, portèrent un certain nombre de lois : ) . de prier vers l'Orient ; 2-4. de faire l'office le dimanche, le mercredi, le vendredi; 5. d'ordonner des prêtres, des diacres et des sous-diacres ; 6-9. de fêter l'Epiphanie et l'Ascension et de jeûner le carême; 8. de lire l'Ancien Testament, les Évangiles et les Actes; 16. de ne pas recevoir à nouveau un juif ou un paien qui sont parjures; 18. de faire mémoire des martyrs; 19. de lire les Psaumes chaque jour; 25. de laisser les rois fidèles monter près de l'autel; 27. de porter le pain à l'autel le jour où il a été cuit. Enfin, les canons 11-15, 17, 20-24 et 26 traitent du choix et des devoirs des clercs.

La version arabe (ainsi que la version syriaque d'Ébedjésus) ajoute un canon sur la Nativité et ordonne qu'il y ait sept ministres dans chaque Église; elle paraphrase d'ailleurs chacun des canons syriaques. Enfin, l'auteur raconte les premières prédications des apôtres et énumère les pays que chacun d'eux a évangélisés. Cette liste est fort différente de celle qui est attribuées Hippolyte. P. G., t. X, col. 951-958. Chez les Coptes (ms. 252 de Paris), ces canons sont appelés titres {titlasat) des apôtres.

2" Époque et sources. — Le texte original est sans doute grec, car Ibn el Assal écrivait vers 1240, da le prologue de son Droit canon, que ces 30 canons existaient en grec et avaient été traduits en arabe par melchites et les nestoriens, Bachmann, Corpus jwis Abessinoruni, jus connubii, Berlin, 1890, p. xxxili; d'ailleurs ils remontent au moins au v siècle, car un ms. syriaque utilisé par Cureton : lems. add. 14644,estdu VIS siècle. Ancient syr. documents, Londres, 1864, p. 149. M. Land datait même ce ms. de la fin du v» siècle. Anecdota stjriaca, Leyde, 1862, t. i, p. 65-66, 94. De plus, comme ils ont été traduits et adoptés par des Églises rivales (melchites, nestoriens, jacobites), on est conduit à placer leur rédaction avant la séparation de ces Églises, c'est-à-dire au iv« ou au commencement du v siècle. D'après M. Achelis, « ils sont donc aussi anciens, si ce * n'est plus anciens que les Constitutions apostoliques et les canons des apôtres. » Realencyclopàdie, 3« édit., p. 7.40. M. Harnack les place au iv siècle. Altchr. Litt. Die Veberlicf., p. 535.

Cet ouvrage n'a aucun rapport avec la Docfr/we d' Addaï éditée par Philipps, Londres, 1876, ni avec la Didachè. Cureton fait remarquer que dans un autre ms., c 14173, celte pièce est citée sous le nom de « canons des

lOl'.t

CANONS DES APOTRES

.ipolros », il rapproche dans ses notes huit canons de passages correspondants des Constitutions apostoliques. ( :o sont les canons 1, 2, 3, 5, 7, 8, 10, 22, qu'il rapproche <le C. A., II, 57 et vu, 44; il, 59; v, 13-15; ii, 25; v, 13; II, 57; H, 45.

3" ÉdiUons et versions. — La version syriaque en us:iyo chez les nestoriens a été publiée avec traduction l:aino par Mai, Script, vet. nova coll., Rome, 1838, t. x, p. 3-7, l(ii)-173, sous le titre de Canones aposlolici, on lie II Premier concile des apôtres ». La même version à l'usage des jacobites a été publiée par de Lagarde, Reliiiuise... sxjriace, p. 32-44, et traduite en grec, Meliquiie... grxce. p. 89-95, sons le titre : ly. -r,: ^ji")rj'j rr,;

traduit (

ipres un nouveau ms. la partie qui unuiuure les pays évangélisés par les apôtres. Sludia syriaca, Scharfé (Liban), 1904, p. 5-6, 55, 6-7.

Ces canons se trouvent en arabe chez les melchites et les jacobites au nombre de 30 ou 31. Vansleb a donné leur analyse sous le titre : « Trente et un canonjï des apôtres faits au cénacle de Sion, » Histoire de l'Église d'Alexandrie, Paris, 1677, p. 239-2il, et Bickell l'a reproduite, Gesch. des Kirchenrechts, Giessen, 1843, p. 179-180. Ils se trouvent en particulier dans les mss. arabes jacobites de Paris, 243, fol. 2-17, sous le titre : « Les trente canons des saints apôtres; » cf. ms. 252, p. 1-10, et dans les mss. melchites arabes de Paris 234 et 235 sous le titre : « Histoire des actes des saints apôtres et indications des canons et des règlements qu'ils ont établis, le tout extrait des livres de Clément. » Catalogue, p. 58. Ils furent utilisés au xiii» siècle par Ibn el Assal en Egypte, qui les attribuait à un concile tenu par les apôtres n Jérusalem. Catalogue des mss. arabes de Paris, p. 65, ms. 245.

On les trouve en éthiopien sous le titre : Décréta alia apostolortim per Clementeni tradila, au nombre de 30. Funk, Vie apostolischen Konstitutionen, p. 246, n. 5; cf. p. 248, n. 5; ms. éthiopien de Paris, n. 121, fol. 41-45; Catalogue, p. 141. Il en existe aussi une traduction arménienne, dont le texte, d'après le catalogue manuscrit rédigé par l'abbé Martin, serait « considérablement plus long » que le texte syriaque et aurait donc chance de provenir de l'arabe, bien que la plupart des traductions arméniennes] aient été faites sur le syriaque, ms. 118 de Paris, fol. 12-28. C'est sans doute cette pièce qui a été publiée sans traduction par Dachian, Vienne, 1890. Cf. Le canoniste contemporain, 1901, p. 80, notes.

IV. Petites ORDO^•NA^-CES apostoliques. — 1» Il existe neuf canons qui auraient été portés par les apôtres réunis à Antioche et qui auraient été trouvés par Pamphile dans la bibliothèque d'Origène à Césarée.

1. Contenu. — Le titre, qui prêtera plus loin à discussion, porte : to-j ii-[iov iïpotiâpT'jpo; Han^O.O'j âx Tij; èv 'AvTtoxeia; tûv 'AnoaTO/.wv ffuvôSou, tout' £(Ttiv èx Tûv ffvvoSixùjv a-jTùv xavovuv (iÉpo; xwv -JTt' aiToO EÛpeOÉv- Twv eîç Tf|V 'ûptylvou; Pi6).io6r)xr,v.

Après la résurrection et l'ascension du Dieu grand : de notre Sauveur Jésus-Christ, les tiommes d'alors appelèrent Galiléens ceu.\ qui croyaient en lui ; les apôtres réunis en synode à Antioche de [Syrie décidèrent : 1. Que les Galiléens seraient nommés d'abord chrétiens, Act., XI, 26; et nation sainte, sacerdoce royal, 1 Pet., M, 9, d'après la grâce et l'appellation (««l i-uv, ms. de Coislin, n. 211) du saint baptême; — 2. De ne pas circoncire les baptisés suivant la législation des juifs, le saint baptême étant une circoncision non faite à la main, dans le dépouillement du vieil homme, Col., II, 11 ; III. 9, rejetant l'antique péché, Rom., vu, 6 ; — 3. De recevoir de toutt-' nation et race, dans la foi orthodoxe, ceux qui se s.iuvcnt. et. .\ct.. xi, 18, et de prêcher à toutes les nations la paivile de véiilê, Matth., xxviii, 19; — 4. Que ceux qui se sauvent ne si-gareraient plus vers les idoles, mais représente-

raient la stèle (aznlr,) théandrique, pure, faite à la main (le ms. de Munich seul porte prima scriptura, dit Pitra, à/.nçoito.'/iTov, « non faite à la main ») du Dieu viTilalile : de noire Sauveur Jésus-Christ et de ses serviteurs, eu i.n, ,i, . i,i,,!, ( i ,{, - pui- ri

ne s'égareraient pas vers les idoles ' I - ni' l'i ■ "■

juifs; — 5. Que les chrétiens n'ini:i< .H :' I , i ,ii , „ , i

de l'abstinence de (certaines) n . .i , .ii

même du porc. ]<■ Sii n :i\ .mi | i ■ . . .:■ , . ,; i, , ,,; , ; , -

la bouche ne suiiii:. i : ,| ... i,.,,, ,, , ., i ',

bouche, comnir ■ ■ ' ■ . . , .1 . i, i i i i- i , .',

pOSSeil.'r I .11 1,1 ■ . I ,: ,■, I, .,,■.■■ ,. I .1 . I . I Ir ' .| ' l\

se sont ;v(s,<uN,. ^ , . ,, s'

petits. Ps. XVI .1,. I ■ II-. I ! . ■ . Il' . i.. ir il I, ; , ,

défendu aux clu' * - : • i . i . i i , ,,iiii(,. i ■,

écailles, cf. Le\'.. \i, 1" l'- .' -- P' i..i. .i: n . i :,

portent le singulier -i,. - . i > .1 et de Lagarde l'ont renipi. Il ' i-.i i i ; i ,i i m I ni.pai- raison grammaticale i ; - i i . i Il Il i I,

que (les chrétiens) doiveui 11 11 (I 1 ii. i i- m |. iini

hivouî; Torrès a imprimé ',z,,i,-iii.ir'i;^: euim - -i

une mauvaise lecture de Bickell) leur cœur iuti i . i ' i-,

rejettent) la coquille (du poisson), lequel ligiin ' , , i,

de la vérité; — 6. Que les chrétiens ne s;iii i h, r, ni ni i ,i- i l'argent, I Tim., VI, 10, le Seigneur ayant dit : .\f pniis tlirsanrisez pas des trésors sur la terre, où le ver et la rouille (tes) anéantissent, Matth., vi, 19, et surtout (ne thésaurisez pas) par les moyens injustes, car il est écrit : Persomifi im peut xeruir deux maîtres et vous ne p>>h, . : /,,: .,,;, ;i; ,, ,f V,,,,,,.n,,/,

Matth., VI, 24; — 7. Qun !i .l ,. ■ ,. ■ • , ,, , min, ,i !,,

gourmandise, fuiraitles ih* iNi i i , i i | |

précipitation, le Seigneur ;n, Mil 11 , ,' < 'n • ' ./

par le ciel, parce qu'il est le tyi.i '• hi.n. ,,, ,i,,,- /i i.i-r,-, parce qu'elle est l'escabeau du .'.''■>■ / '■■><■■< ,n pnr .irru.-^alrni, parce qu'elle est la ville du gra>i:l . - > . . r. ,/.■ /mr pns p,,,- i,t tète, parce que tu ne peux fair- . .-'■ni - 7,nr.n, (,/,,,,,■ ,,„,

ils pe

etcTit.VttvTi; xk'i ««vdva; ri .1 -.... xlsKAainv, Coislin,

n. 211; le texte des autn- I ■ i Mil.)

Les canons 1 et 9 d. I i\.iii ilin ninincnt des Actes, xi, 26; XV, 29. Entre ces deux règlements nous trouvons intercalés des préceptes dirigés surtout contre les judaïsants : ne pas circoncire les fidèles (2); recevoir les gentils (3); ne pas imiter les pratiques juives (4); ne pas distinguer les nourritures en pures et impures (5); avec deux canons contre les idoles (4) et les pratiques des païens (8) et quelques préceptes moraux contre l'avarice (6), la gourmandise, les ^spectacles et les serments (7). Les idées fondamentales de cette pièce contre les judaïsants et les païens sont des plus anciennes. On trouve dans les Actes, vi ; ix, 29; xi, xiv-xv, xvii, des traces des polémiques entre les chrétiens d'une part, les juifs, les judaïsants et les païens de l'autre, polémiques continuées durant le if siècle par .Justin, Tatien, Athénagore, durant le iir par l'auteur de la Didascalie, etc. Il est donc facile de trouver des textes anciens, parallèles à ces canons, par exemple : Can. 2, Barnabe, IX, P. G., t. II, col. 749-752; S. .Justin, Dial. cum Trypkone, 16; cf. 47, P. G., t. vi, col. 509, 576; Const. apost., VI, 12, P. G., t. I, col. 940; can. 2, 3, 5, Didascalie, Paris, 1902, c. xxiv, p. 135, 136 ;.c. xxiii, p. 130- 131, 133; c. XXVI, passim; can. 3, S. Justin. Dial. cum Tryph., 119-124, 130-131, P. G., t. vi, col. 752-765, 777-781; can. 4, Didascalie.c. xiv, p. 80; c. xxi, p. 112- 113; Const. apost., ii, 62; v, 11, P. G., t. i, col. 752, 853-856; can. 5, Barnabe, x, P. G., t. n, col. 752-760; S. Justin, Dial. cum Tryph., 20, P. G., t. vi, col. 537; Const. apost., vi, 27, 30, P. G., t. i, col.

CAxNONS DES APOTRES

); can. 6, Didascalie, c. ix, p. 59; Const. apost.,

II, 36, P. G., t. I, col. 688; cf. Didascalie, c. i, p. 8; Const. apost., i, 1, P. G., t. r, col. 560; cf. Didach'e,

III, 5 {Const. apost., vu, 6, P. G., t. i, col. 1004); can. 7, Didascalie, c. xiv, p. 80; c. xxi, p. 113-114; Const. apost., II, 62; v. 12, P. G., t. i, col. 752, 856-857; cf. Didaché, m, 3 {Const. aiiost., vu. 3. P. <:..t. i, col. lO&l); can. 8, Didaclit, m, 3, 4 {Consl. apnsi.. vu. Ci, P. G., t. I, col. 1004); Didascalie, c. xxi, p. Il-2-li:!; Const. apost., V, 10, P. G., t. I, col. 853; can. 9, Didascalie, c. XXIV, p. 137-138; Const. apost., vi, 12, P. G., t. i, col. 941.

Nous avons aussi relevé de nombreux textes parallèles dans Origène : Can. 1, Cont. Celsimt, viii, 29, Orig. Werke, Berlin, 1899, t. il, p. 244; voir col. 1624; Pvo mart:, v, t. i, p. 6; Cont. Celsum, iv, 32, t. i, p. 303; V, 10, t. II, p. 10. — Can. 2, 4, Cont. Celsum, vi, 63, t. II, p. 133-134. — Can. 3, Cont. Celsum, ii, 30, 42, t. I, p. 158, 165. — Can. 5, Cont. Celsum, viii, 29; vi, 70, t. II, p. 244, 140. — Can. 6, Cont. Celsum, viii, 56, t. II, p. 273; Adamantius, xviii, Leipzig, 1901, p. 56. — Can. 7, Pro mart., vu, t. i, p. 8. — Can. 8, Cont. Celsum, VII, 33, t. ii, p. 184. - Can. 9, Cont. Celsum, VIII, 29-30. t II, p '2'i'i-245.

îfis. — Turrianus (Fr. Torres, : en latin les canons 1-3, 6-8,

loxie grec dos canons 4 et 5

/ -. 'i,/, <(,v,s,s rrnliiriatorea

Anliochense aporiiis a Pamphilo l'nium Salvatoris "" .hircin et de

ir, r^.■.^H.■ ,i Anli.irlie : Ad-

vilalis {Anliûchiœ) magnifi-

quam quod jirima primi

ihi et nomrn accepit

ir,'nl n ,,i i: / •' isl t,lorUm

jésuil- y !'■■' 1- ■■-mil,

puis cilo i-\ ciHiiini'iili' le

d'après un '■ i( - n

pasautremeni i '

pro canonihtin << /

rence,1572, p, lu'.i-ll.:. i.

br(sdam canonibus Apn^i"

sfo/oruwî. repertis in hib'n

martyre cl de canonr api

et saitrhiniin l'I ih< mji.c

tesli,nin:,n /„„,MV„//s ,,,

Antiocin.r r.lrhr.n;ni \..

écrivait un ullct i Ali'XLim

vertvmus non tant pro c,

centia hoc eidem attributi

aposloli sedes esse monstretnr

religio christiana et qux

apud se fieri celeherrimum /. H' - mi, t. i,

col. 1012; Mansi, t. m, col. M.".:, i , , ^,,it ici,

avec quelque raison, la menlimi il nu c,.ii.il, iiposlo-

Ijque, inconnu d'ailleurs, lenu à .\ntioclie. il en conclut

qu'il s'agit du concile visé dans la pièce c|u'il publie. 11

montre aussi (juau II" concile de Nicée (787) un évéque,

Grégoire de Pessinonte, cite la première partie du

canon 4 et le donne comme tiré du concile des saints

apôtres à Antioche avec l'approbation, au moins tacite,

de tous les évêques présents. Hardouin, t. iv, col. 47;

Mansi, t. xii, col. 1018.

Pins tard, Baronius, Annales, an, 102, n, 19, et Binius, Mansi, t, i, col. 67-68, reproduisirent avec quelques divergences le résume' ilr.nri' p nr Tnrri:mns et admironl aussi que saint Innoe.il I l lii in^ il.. l'rs>iiionie

avaient cité le concile (! ni i ,i i i.iimi< n ,i\:iil |i.i~

numéroté les canons .■! ,i : i - i ii^ canuns i el .". pour les citer les dn nu r- .1 11 - . iiiHiii. iiter longuement, Baronius les nuiihi'ii il. m- lniiie des citations de Turrianus el lll .umm .Ii ^ , .mcu-, ; , i .") les canons 8 et 9, ordre tout aitilieiel qui ne se Iroine dans aucun des cinq manuscrits, Jean Daillé, théologien protestant, réfuta Turrianus point par point. Dans son ouvrage De pseudLepigraphis apostolicis libri III, Harderwick (Giieldre), 1653,1, III, c. xxii-xxv, p, 687-737, il insinue, puis affirme que Turrianus a inventé de toutes pièces son document. Le détracteur reprend ensuite en détail le titre et cbarpi'- rnnnn pour montrer que le tout est apocryphe. Il tire iii~nii,v |i. c,'.!,'-;. m, ji-^nniiinl du silence d'Eusébe. h,,, lll. ,,|ii,;ii., p. :i:;-7|i. que le nom de galiléens nr lui donii.- .iu\ clintiens i|u'au iv» siècle, sous

Julien l'Apostat, Cependant ce nom a été le premier que les chrétiens aient porté. Les apôtres étant pour la plupart de la Galilée, le nom de galiléens leur est donné et parait synonyme de disciples de Jésus. Marc, xiv, 70; Luc, XXII, 59;" Joa., vu, 52; Act., i, 11; ii, 7, Ce nom primitif fut remplacé par celui de chrétiens, Act,, xi, 26, et il tomba en désuétude, parce qu'il était peu élogieux, les habitants de la Galilée étant tenus à Jérusalem pour des ignorants et des sots, Joa., vu, 52, et surtout parce qu'il désigna bientôt une secte hérétique. Cf. S, Justin, Dial. cttm Trijp/,o»e, 80, P. G., t. vi, col. 664. Daillé, p. 720, reproche à Turrianus d'avoir corrompu l'Écriture en écrivant : Us se sont rassasiés de pojr(ÙE;Mv),aulieude : Us sontrassasiésde fils {mHùv). Il ignorait que la leçon des canons d' Antioche se trouve, en latin, dans les anciens psautiers, chez saint Augustin, saint Paulin et Cassiodore, dans les bréviaires raozarabiques et dans ceux de Milan et, en grec, dans les plus anciens manuscrits ; le Vaticanus, du i\" siècle, et le Sinaiticus, du milieu du même siècle. La leçon des canons d'Antioche est donc conforme au texte grec antérieur aux travaux d'Origène et elle est un indice de leur antiquité. Quant au témoignage d'Innocent, Daillé l'élude en supprimant simplement les deux mots apud se dans le texte cité plus haut. Le P. Noël Alexandre reprit tous les arguments de Daillé et leur donna la forme syllogistiqiie, Hlst. ecch's., sœc, I, diss, XVIII, XIX, Lucques, 1710, \.. 1ÎK-2I2. Le Nain de Tillemont répéta les raisonin h n i - 1 Alexandre, Mémoires pour serrir

à r/ii^h /..«', t, I, note 34, sur saint Pierre,

Paris, ITul, p. :i-lï-olô.

Fabricius reproduit l'analyse latine et le texte ! du titre et du 5= canon, il indique les auteurs qui ont traité cette question avant lui, cite le témoignage de Grégoire de Pessinonte et rapporte le témoigi d'Innocent I" à Act., xi, 26 (et non à un concile). Cf. Bibl. grseca, édit. Harles, t. vu, p. 23-24; t. xil, p. 153-

En 1810, dans la Description des mss. grecs de Munich, t. IV, p. 137-138, Hardt trouva et analysa les neuf canons d'Antioche découverts par Turrianus. En 1843, Bickell les publia en entier d'après le ms. de Munich, du XIV siècle. Gesc/iic/ite des Kirchenrechts, t. i, p. 101- 104, 138-142. Lagarde les réédita après nouvelle collation du ms,i?«;i7i((œ,,,3rœce,p, 18-20. Enfin Pitra signala cinq manuscrits à Rome, Paris, Florence et Munich, dont quatre manuscrits grecs des XF, xii« et xiv= siècles, et une ancienne traduction latine d'Achille Statius (1524- 1581), qu'il publia avec le texte grec. Juris eccl. Graec. Iiist. et monum., Rome, 1864, t, i, p. 88-&1. Harnack admet que le pape Innocent a connu une très célèbre réunion des apôtres à Antioche même. Il ajoute que l'on a songé à rapprocher de ce synode apostolique d'Antioche les SeuTÉpai tmv ànocjTÔXwv StaTâEeiç des fragments d'Irénée de PfafT, Die allchr. Litt. Die XJeberlief., Leipzig, ISOH, p. 77i-77."r Pins t:ird, il a n-édité ces fragments d'Irén.'c, ni;iis, l.iiii ilc les i',ip|ii'oclier de imse.inonsil'Antioche, ,1 Irs d.el.Mv i;,l„ei,„i>. II,.- Viaif-srl,,;, l r.u„eu..Fragnich- als F„lsrl,,n,gr„ /'/«//s „achg.'w,csen., Leipzig, ; 1900; cf p, 34, Dans son ouvrage, Die Mission und Ausbreitung der Christentums in den ersten drei Jahrhun- ] dcrten, Leipzig, 1902, il a reproduit et commenté ces I canons, qui ont ensuite été traduits en français par | M, P, Lejay (d'après le seul ras. de Munich) dans la Revue du clergé français, n. du 15 octobre 1""" p. 343-355.

3. Époque. — On a relevé dans ces canons deux principaux indices clironologiques. Le canon 4, qui recommande aux clirétiens. au lieu d'adorer les idoles, dresser la stèle du Christ, a été considéi-é par Bickell comme un écho de la controverse des images. Mais adoptant la leçon isolée et prima scriptura du ms. de Munich, le sens de ce canon est métapliorique et Jésus-

CANONS DES APOTRES

r 1 1 list y est, en opposition aux idoles, une colonne non faite il.' main d'homme, àx£tpoiti)!V,To;. On peut donc rappor- I -1' ces canons ;'i une époque antérieure à la guerre h ■iiocli^t.'. l'n nutre indice les reporte au temps de il 11 I \[".~i,iL l.i< h-r canon prétend que les disciples ni i]i|H l> . ^iililéens par leurs contemporains et

Il I - i]iiiir, s ont changé ce nom en celui de chréiKiis. Ihirnack a pensé que ce canon portait sa date et I irivenait au régne de Julien qui désignait les chrétiens us le nom méprisant de « galiléens ». Il a reconnu .1 .ns la collection un exposé de principes résumant le inogramme des missionnaires chrétiens : le christianisme y apparaît distinct du paganisme par l'abstention ilu culte idolatrique et des mœurs païennes et distinct iln judaïsme par la liberté laissée dans le choix des aliiiii'ntsetle rejet des pratiques légales. C'est pourquoi r ■> canons conviennent à une époque où les païens se i ouvertissaient en foule et menaçaient d'altérer la pureté (iu christianisme par le mélange des pratiques païennes. Ilirnack estime aussi qu'ils proviennent d'Antioche, car lilleurs on n'aurait eu aucun intérêt à gratifier cette Mil.' duii coiicili' apostolique. M. Paul Lejay, Le concile .ryj, >/,,/, .//i, flA, lin, elle, dans la Bévue du clergé fran-

. s. „. du i:. H. lohre 1903, p. 3't9-355, a repris et compli le laiymiiuiilalion de Harnack. En raison du caractère antijuif de ces canons, il faut, à son avis, chercher un temps ou, au moins, un lieu où les juifs, peut-être les judaïsants, étaient une force encore redoutable. S'appuyant principalement sur la connaissance que saint Innocent I" avait du concile apostolique d'Antioche et considérant que ce pape a séjourné en Orient et qu'il est probablement l'ascète Innocent qui habitait avec Pallade sur le mont des Oliviers et écrivait contre Macédonius en faveur du Saint-Esprit, il a conclu qu'Innocent avait connu le concile apostolique d'Antioche en Palestine, son berceau. Peuplée de juifs et de païens, cette contrée exigeait des missionnaires du christianisme les connaissances variées nécessaires pour convertir une population si mêlée. Ces missionnaires navaientils pas, après la mort de Julien l'Apostat, un court recueil de la doctrine des apôtres suffisant à l'instruction sommaire des habitants juifs et païens de la Palestine?

Si le pape Innocent I"" a connu nos canons peu après l'an 400, il ne peut être question d'en placer la composition au moment des querelles iconoclastes. D'autre part, il n'est pas impossible que le \" canon soit une réaction contre l'appellation de « galiléens » donnée aux chrétiens par Julien l'Apostat. Cependant, un auteur du III» siècle pouvait, d'après le Nouveau Testament, conclure que les disciples du Christ étaient appelés « galiléens » avant qu'ils n'aient reçu le nom de chrétiens. Cf. Bulletin critique, 2« série, t. x, 1904, p. 436-437. Il n'est pas certain que Julien soit l'auteur de la dénomination « galiléens ». Que les canons aient été composés à Antioche ou en Palestine, c'est une question secondaire qui dépend surtout d'hypothèses subsidiaires. Toutefois, les hypothèses de M. Wittig, reprises par M. Lejay, sur l'identité du pape Innocent avec l'ascète Innocent, nous paraissent peu vraisemblables. Deux lettres sont adressées par saint Basile à Innocent, évêque. Lune, dans laquelle saint Basile propose un descendant d'Hermogène. évêque de Césarée. pour succéder à Innocent, est intitulée dans les mss. « à Innocent, évêque de Rome ». La seconde est adressée, d'après tous les rass. hormis un, ' à Innocent évêque. » Or saint Basile mourut en 379 et Innocent ne fut pape qu'en 402. Les derniers mss. ont donc conservé la bonne leçon, et Innocent n'est pas lévêque de Rome, mais un suffragant ou un ami de saint Basile. Epist., L, Lxxxi, P. G., t. xxxii, col. 388, 456. M. Wittig préfère suivre les premiers mss., corriger les seconds, et attribuer ces deux lettres de Basile à saint Jean Chrysostome, afin de pouvoir dire qu'elles sont adressées au pape Innocent. Il est peu vraisemblable

qu'un évêque de Rome ait demandé un successeur à un évêque oriental, fût-ce à celui de Constantinople. D'ailleurs deux autres lettres de saint Basile mentionnent Hermogène évêque de Césarée (mort avant 3il, cf. Oriens christianus, t. i, col. 371) dans les mêmes termes que la lettre L. Ces quatre lettres se complètent donc l'une l'autre et il va de soi que saint Basile, évêque de Césarée, ait adressé un descendant d'IIermogène, un de ses prédécesseurs sur le siège de Césarée, pour succéder à l'un de ses sutfragants nommé Innocent. Epist., ccxLiv, ccLXiii, P. G., t. xxxii, col. 924,

Il est plus difficile encore d'identifier le pape Innocent avec l'ascète Innocent près duquel Pallade passa trois ans sur le mont des Oliviers. Hist. lausiaca, 1. YIII, c. cm, P. L., t. LXXiii, col. 1191-1192; t. i.xxiv, col. 316-317, 376. Cf. dom C. Butler, The Lausiac History of Palladi«s, Cambridge, 1904, t. ii, p. 131-132. L'ascète Innocent avait occupé un rang distingué au palais au commencement du règne de Constance, empereur d'Orient (337- 361); son fils Paul, garde du corps, avait péché avec la fille d'un prêtre, et Innocent avait demandé à Dieu de le punir ; aussi Paul était devenu le jouet du démon, et vivait encore, chargé de chaînes, sur le mont des Oliviers. L'autre Innocent, pape (401-417), était ûls, d'après le Liber pontificalis, édit. Duchesne, Paris, 1886, t. i, p. 220; édit. Th. Mommsen, Berlin, 1898, p. 88, d'Innocent d'Albano, mais, d'après une lettre de saint Jérôme, P. L., t. XX, col. 1120, il était « fils et successeur » du pape Anastase. Cf. Bealencycl. furprol. Theol., 3« édit., t. IX, p. 100. L'ascète Innocent est donc plus ancien que le pape Innocent et appartient à la génération précédente. De plus, Pallade, qui a vécu trois ans avec Innocent, écrivait son Histoire lausiaqiie vers l'an 420. Cf. Butler, The Lausiac History of Palladius, Cambridge, 1898, t. I, p. 3. Il relate qu'Innocent était -mv sîtiSo^wv âv TM wa),«T:(i) et raconte quelques-uns de ses prodiges ; il n'aurait pas manqué de signaler encore qu'il était fils du pape Anastase et qu'il était devenu pape lui-même. Cette identification non admise, il resterait à expliquer comment le pape Innocent I" a eu connaissance des canons du concile d'Antioche. Nous l'ignorons. Mais les rapports entre l'Orient et l'Occident étaient alors assez fréquents pour qu'il ait vu le texte grec. Il pouvait même exister déjà une traduction latine de ce texte.

Le commencement du v» siècle est donc le terminus ad quem de la composition des canons d'Antioche. Quant au terminus a quo, il sera un peu différent selon que nous prendrons les canons avec leur titre et leur conclusion ou sans titre ni conclusion.

Le titre en effet : xoO àyio-j tspotiâpv-jpoç IlaiJiçtXou... [lÉpo.; Twv Û7t' œJToj EÛpîOlvTwv c!; -Afi 'Qpiyévo'jc pc6).io- Or.xrjv, semble mettre la composition entière sous le patronage d'un passage d'Eusèbe, H. E., vi, 32, n. 3, jP. g., t. XX, col. 592, d'après lequel Pamphile réunit dans la bibliothèque de Césarée des ouvrages d'Origène et d'autres auteurs ecclésiastiques. On peut supposer qu'après la mort d'Eusèbe (338) on a voulu codifier les règlements portés par les apôtres à Jérusalem avec diverses additions tirées d'ailleurs du Nouveau Testament et former ainsi une première partie au recueil des 84 (85) canons des apôtres qui omettent précisément ces règlements. Nous aurions donc ici la plus ancienne mention des 84 (85) canons des apôtres.

Si on laisse de côté le titre et la conclusion, comme œuvre d'un scribe postérieur, on pourrait encore remonter plus haut, car Origène mentionne ce concile d'Aiilioche. Cont. Celsum, vili, 29. Ce passage, qui n'a pas encore été signalé, à notre connaissance du moins, se trouve au milieu de matières connexes aux canons 5,7-9. Le voici : Eït ' èTre: s^^et "ivct àtrâysîDtv taÛTa, et y.y\ Tjyr{ 5!ap6p(iff£w;, é'8o|s toîç toû 'Ir|<roy inoorôXotç xai toîç sv 'AvTioyeia (l'jvaxSsïoiv èiti tô aOxb itpstrêycépot;, xai, wç

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