I .aux familles peu lu beurre, pour les le carême, excepté
aient
CARÊME — CARLOSTADT
Art. 4. — « l"" Les fidèles observeront le jeûne tous les mercredis de carême, mais sans être tenu à l'abstinence. 2» Ils feront jeûne et abstinence le jour des Cendres et tous les vendredis de carême, ainsi que le jeudi saint. 3" Aux jours de jeûne, ils pourront user, .-nême à la collation, d'œufs et de laitage. 4» Néanmoins, d'après la loi générale, il reste défendu de manger du poisson et de la viande au même repas, même le dimanche. Il n'y a d'exception que pour la morue. »
La dispense, il y a lieu de le faire observer, est une exemption du jeûne qui ne va pas généralement sans une compensation, quelle qu'en soit la nature : mortification, prière, aumône. Au .\vii« et au xviu« siècle, l'Église de Paris, pour compenser les rigueurs du jeûne, dont les fidèles étaient dispensés, faisait des prières publiques. Le dimanche de la quinquagésime, toutes les paroisses auxquelles se joignaient les dominicains, les franciscains, les carmes et les augustins, se rendaient en procession à Notre-Dame; ce même jour, le chapitre métropolitain, avec le clergé des quatre paroisses qui lui étaient soumises, allait faire une station dans la cour du Palais et chanter une antiennr rl-^vnni li nMique de la vraie Croix exposée dans II :-.::. -i '. i| '!.■.
Mai- I l'ii les aumônes que les « dispen-
sés » l'.ii-ii Ml 1111 > iiiipensation au jeûne quadragésimal. Saint COsairi' d Arles (f 542), dans un de ses sermons. In Quadragesima, 1. P. L., t. xxxix, col. 202B, avait enseigné que si le jeûne est un moyen d'expier nos péchés, l'aumône, à défaut du jonno, ppiit .ipaiser la justice de Dieu : Pro eo quod non p,drsi .///iv jrjunare, aniplws débet erogare paupcnl'ii^. ,,i p.,, .iin. qux non polest jejuiiando curare, pnss:/ ./,,„,,,>;//,,..< dando
redimere. Et nous ne parlons p,i- .1 - pin ~ que les
Pères recommandent de fairi' m - mi I i I.ml le
carême. Voir sur ce point Thoiii.i- Ml, /; ' ; << je ânes de l'Église, prirt. I. c. xxvil; p.iil. 11. i.. .\xm. U s'agit plus piuiinilii 1 1 iiji ni ici de l'aumône quia le caractère de « r;irlij| il- lili-linence quadragésimale. Le plus ancien r\riM|i|. i|ii' iiuus connaissons d'une compensation (Il .. j( nir 1^1 tiré du canon 15 du concile de Seligeii-i 1 II. il liiMj, Après avoir recommandé les obser\MiM I - liu ji liu- . le concile dit : S; quis illarum interdit taiiiiH uclu jcrum cdiquam n-dimniv vnluerit, ununi pauperein, proiit faciillas fu, ■,■]!. .n.lrrti die repciat. Hardouin, Concilia, t. vi./. i m.I. n.io, I.Misi|ue les dispenses s'étendirent soit aux piuiiniliri-, soil à des diocèses entiers, l'obligation de l'auiiinne par manière de compensation ou d'équivalence du jeûne devint une règle à peu près générale. C'est grâce aux aumônes du carême, nous l'avons vu, que fut construite à Rouen la Tour de beurre. Et pour en venir à la discipline actuelle, les mandements épiscopaux ne manquent pas de rappeler chaque année que l'aumône est obligatoire pour tous ceux qui usent de la dispense qui leur est si libéralement octroyée. Voir ^ur ce point les mandements de Paris, de Rouen, de la Guadeloupe, que nous avons cités. « Les fidèles qui profiteront de ces facultés très indulgentes offriront par compensation une aumône pécuniaire, obligatoire en conscience, » dit Mo' Canappe. Les indigents seuls sont dispensés de cette aumône ; mais ils sont tenus de la remplacer par des œuvres de piété, « par la récitation, chaque semaine, de cinq Pater et cinq Ave. » Cependant, il importe de le faire remarquer, Rome ne connaît pas cette sorte de compensation. Nous avons fait consulter à ce sujet le cardinal vicaire, et voici la réponse que son secrétaire, le chanoine Checchi, professinir ilr morale au collège de la Propii^MiMl M, ,11- ,,!,,,-, !,, ^J ,,wil 1904 :' iJorna-, ■tenip,., , ■ . ,,,ns,jna, nidluni
opKs y.;i , 1 M , , ,, ,,, .,,didli socri dis-
Vensai, ■ n,,,,,. /;,,,, ,,,, ,/,.,•,,,/,„„ romana, licet
aliis lacis, v. g. in Gallia, ab ordinario imponatur eleemosyna facullalibus jjersonaruni proportionata. Nous avons sous le- \rii\ ([iirl.|iii'^ (-'miIiumi- <h lirlj.-s concernant le jeûne du r;iM III' , li 1, II- -ilt|l|;i ,1 iIMi,|uri i,-i,pour
l'édification du lecteiii , h- j i i,' m ,i|. - |. m i,i .Ir.' rtn -n^lngique. A. Ciacconius, Dej>'iH,,,,s -i .'.,,■:., .;,,■„,,, „;,,,,/ ,i,itiquos observantia, in-4% Rome. 1599: Et, Facundez, S. J., Informatio pro opinione esus ovorum et lactiniorum tempore quadragesimœ, in-fol., 163Ci; J. Daillé, De jejuniis et quadragesima, in-t2, Deventer, 1654; Noël Alexandre, Dissertatio de ji'jnnii,: ,,n.,,h,,,,^r,:,'Nni ' f catliolicorum (contre Daillé), dans ll'-^' - 1-11,11, i:.s, t.ui, p. 353; Combéfis, Bi6(iot/ieca
'' ' - t. II, m sont consacrés au carême),
m i"l , l'.in-, iMMj .1 l.innoy, Oe vero ciborum delectu in jejuniis christianori(m, in-8', Paris, 1663; J.J. Homborg, De quadragesima veterum christianorum et ritibus in ea quondam xtsitatis, in-4', Helmstadt, 1677; Thomassin, Traité des jeûnes de l'Église, in-8% Paris, 1693 ; Nicolas Andry, Traité des aliments du carême, 2 in-12, Paris, 1713; cf. Journal des savants, t. XL\i[, p. 427-446; t. un, p. 482; A. Baillet, Hist. du carême, dans Vies des saints, in-fol., 1716, t. iv, p. 36-123; in-4*, 1739, t. IX, p. 37-130; Michel Amatus, De piscium alque avium esus consuetudine in antepaschali jejunio, Naples, 1723, ouvrage condamné en 1737; .1. G. Walcli, De jejunio quadragesimali, in-i; léna, 1727; dom Berttielet, O. S. B., Trailf tic fiibslinence, in-4% Rouen, 1731; C. J. Rumohr, De 1"./'" /,;,',,,/ quadragesimalis, in-4% Hafniœ, 1733; Id., i 'tiriorum circa jejunium quadragésimale,
I 11 i i; dom Martène, De antiguis Eccfesiœ ritibus,
111 1 i \iiw I 17)7, t. m, p. 162 sq.; Daniel Concina, Ladiscipiuin tnttica e moderna delta romana Chiesa intotmo al sacro quaresimale digiimo, espressa ne' due Brevi, Non ambigimus et In suprema, del régnante pontif. Benedetto XIV, illustriitd con nsserrazioni sloriclie, critiche, teologicbe, m-'i . N-ni-i, IT'rJ; .Lui ,i il<' I M-, 1 1. s. B., Histoire dogmatui'. i-lj Iv.i 1741; J. B. Bec-
ker. De j iii-4", Leucopelrse
(Weisscnl.l-i i:ij,,i-i. lin ,,- !, /'' .y> ni r,,,iesim!e Jejunio, in-4'', Leipzig. l~'iï; .T. R. Kicslinj;, De .verophagia apud judœos et primitivos christianvs usitata, in-4% Leipzig, 1746; Benoit XIV, Institutiones ecclesia^ticx, n. 13-16, dans Opéra, Prato, 1844, t. x; Mamachi, Del digiuno délia quaresima. dans De' costumi de primitivi christiani, in-s , \' m-r. 17,'". t. n,
p. 106-118; Gabriel Albaspinœus, De i ■ hits,
dans Opéra varia, in-4% Naples, 177m. i - i i:-italaz-
zone, Il precctto del digiuno quadr(ni< - , .n^:. -.,,.,/,/,) sulV apostolica tradizione, Rome, 1790; .1. Laur. Selvaggio, De jejunio quadragesimie, dans Antiquitatum chrislianarum institutiones, 1. II, part. II, c. vu, Venise, 1794, t. IV, p. 257 sq. ; A. Josepli Bintfrini, Die vorziiglichsten DenktvUrdigkeiten der cft)i,-.N '"'/" 'iM I' >' h'irche, Mayence, 1829, t. v b, p. 1- 167; H. I. Il '■ ' nieaiiesimalfaiter der liirche, m-%', Municli. I^ il: \<>'i; Linzenmayi', Entwicklung des
kirelilieli. I ' ; .:m.m,,,m/is bis :um Concil von Nicàa, Mnnirli, l^7;: i;,-h.-rt Siiiker, art. Lent, dans Dictionary of , I, ,■,■.!!.!,, ,,,,i,.iiniies, de Smith et Cheetham, t. II, p. 972-977; Kiiili 1 In 1 /'M-;f(.(i, dans Realencyclopàdie der christlicher Aii'rihn,,,rr. ,1e Kraus, Fribourg-en-Brisgau, 1882, t. i, p. 480; Unirine apostolique du carême; discipline gardée dans la suite des siècles, dans Analecta juris pontiftcii, t. xx, p. 215, 439 ; L. Duchesne, Origines du culte chrétien, 2- édif ., Paris, p. 230 sq. ; Punk. Die Entwickelung der Osterfastens, dans Kii'chengesr h i ' ■' ^ V' dlungen und Untersu~ chungen, in-S' ,1 I ' i didascalie des apôtres,
traduite du syriaip -lans Le canoniste con-
temporain, t. x.w \acandard, Les origines
du carême, dans hi /,,.-,,,.,. . n, -n /'rançais, i5 mars 1904, p. 124 sq.
E. Vacandard.
CARLETTI Peregpino Maria, oralorien italien, né le 21 octobre 1757, mort le 24 décembre 1827, évêque de Montepulciano depuis 1801. On a de ]ui: Avertissements pastoraux, in-i», Sienne, 1807; I»iS(ruc£iow sur l'usure et le prêt, 1814; Lettre sur la dévotion au Sacré-Cœur, 1814; Dissertation sur l'institution des évêques, 1815.
Baraldi, Notice sur M" Carletti.
A. Ingold.
CARLOSTADT (Caristadt, Carolstadt), réformateur protestant, d'abord niaitre de Luther, puis son disciple, enfin son rival. Son vrai nom était André- Rodolphe Bodenstein, mais il est plus connu sous celui
CARLOSTADT
de Carlstadt, ville de Franconie où il naquit vere 1480, quelques années avant Luther. Il fit ses études aux universités d'Erfurt (1499-1503) et de Cologne (1503-1504). Ayant subi avec succès l'épreuve du baccalauréat biblique, il fut appelé en lôOi à la faculté de philosophie de la nouvelle université de Wittemberg, où il enseigna le thomisme, et s'y fit recevoir en 1510 docteur en théologie, devint ensuite profeseur de théologie et archidiacre de l'église de Tous-les-Saints de cette ville. Au courant de plusieurs langues, doué d'un esprit mystique, hardi et passionné, il enseigna avec éclat la doctrine de saint Thomas, ce qui faisait dire de lui par ses collègues : « Si nous avions plusieurs Carlstadt, nous en remontrerions à ceux de Paris. » Devenu doyen de la faculté, il conféra en 1512 à Luther le titre de licencié en théologie et un peu plus tard celui de docteur. En 1515, il se rendit à Rome et y prit le grade de docteur en l'un et l'autre droit. Devenu dès lors l'admirateur et l'ami de Luther, il adopta ses théories nouvelles sur la grâce et le libre arbitre. Aussi pour défendre ce soi-disant Il augustinianisme », il rédigea 15 thèses qu'il envoya à la cour de l'électeur de Saxe. Luther les qualifle ainsi : « Ce ne sont pas là les paradoxes de Cicéron, mais ceux de notre Carlstadt, de saint Augustin lui-même, d'autant plus remarquables que saint Augustin et Jésus-Christ sont au-dessus de Cicéron. » Dans le même but, en 1519 à Leipzig, il soutint une discussion publique avec le docteur Eck, chancelier de l'université d'Ingolstadt; sans nier formellement la part de la volonté, il prétendait que les bonnes œuvres sont le fruit de la grâce. Commencé le 27 juin, ce colloque dura jusqu'au 3 juillet; le 14 et le 15 juillet, ils discutèrent encore sur la part de l'homme dans l'accomplissement du salut, et sur les obstacles au bien; les témoins s'accordent à dire que dans cette querelle, Carlostadt se montra d'une infériorité évidente. En 1520, il se lança dans la polémique contre l'Église catholique au sujet des indulgences, des Écritures canoniques et de l'autorité du pape. Après un court séjour en 1521 à Copenhague, on i lu i^iim II (!.■ Danemark l'avait appelé pour préparti I ! i h- n ni de la Réforme dans ce royaume, il revint ; W iii inl lu et s'y laissa séduire par la prédication ili.-, piuplnk,. Je Zwickau. Ces fanatiques, inspirés par Thomas ilùuier, se prétendaient illuminés par des révélations particulières, et en fait, poussant jusqu'à ses conséquences les plus extrêmes l'idée luthérienne, voulaient abolir le culte, les sacrements, la société chrétienne même. Luther était alors à la Wartbourg; en son absence, Carlostadt, reconnaissant en ces enthousiastes le zèle mystique qui l'inspirait lui-même, voulut accentuer le mouvement de la Réforme; comme eux, il se flatta de révélations particulières, adopta même le langage de Mûnzer et vanta avec lui « le délassement et l'immobilité qui conduisent l'àme à la perfection ». Bientôt Wittemberg fut en proie aux plus graves désordres; grâce au fanatisme de Carlostadt, la messe d'abord célébrée en allemand fut supprimée, les images brisées, les sacrements abolis; après avoir combattu le célibat des prêtres et les vœux monastiques, il quitta lui-même l'habit ecclésiastique et finit par se marier.
Effrayé de ces réformes trop impatientes, Luther quitta sa retraite de la Wartbourg, pour les arrêter par son éloquence ; il sentait que tout en voulant « délivrer les fidèles », une rénovation sociale ainsi tentée ne pouvait que nuire à sa propre réforme.
Malgré son secret dépit, Carlostadt dut se confiner de nouveau dans son simple rôle de professeur et d'archidiacre; par crainte de Luther et de l'université, il n'osa publier le livre qu'il avait composé, mais au fond son fanatisme restait aussi ardent. En 1522, il correspond secrètement avec Mûnzer ; en 1523, il expose dans différents écrits « la voie par laquelle l'âme d'étape en étape, passant par les degrés successifs du dégrossissement,
de l'ennui, de l'abandon, du néant, aboutit à la vie en Dieu et s'y repose »: il décrit les extases, les rêves où Dieu manifeste sa volonté et « l'inspiration dans laquelle il donne sa sagesse à l'àme passive, ignorante, désabusée de toute science et de toute sagesse humaine ». Et il revient sur cette idée : « Quand l'âme a des voies si intérieures pour s'unir à Dieu, à quoi peuvent lui servir les moyens extérieurs? Qu'est-ce que la cène et qu'est-ce que le baptême'? Des cérémonies secondaires, assez indifférentes, sinon des obstacles au salut ou même des sources d'abus. » Et c'est ainsi que dans son mysticisme outré, il rejette le baptême des enfants, et il devient l'adversaire de Luther, qui, tout en niant la transsubstantiation, enseigne la présence réelle du corps et du sang de Christ dans la cène. Selon Carlostadt, « il y a dans l'inspiration une présence plus constante; il n'y a point, ailleurs, de présence de Christ, la cène est simplement pour les fidèles un gage de la rédemption. » Dans son exagération il va jusqu'à soutenir qu'il faut prendre à la lettre la parole de Jésus-Christ ; « N'appelez plus personne votre père ou votre maître ; » il enseignait enfin à ses élèves qu'ils devaient mépriser les sciences, brûler leurs livres, ne s'attacher qu'à la lecture de la Bible et apprendre un métier. Aussi lui-même, tout en restant professeur à l'université, allait-il, vêtu I en paysan, cultiver un terrain qu'il avait acheté dans le j village voisin de Segren. Pourtant, ces théories, il n'osait les prêcher ouvertement en présence de Luther, il le I faisait en secret; mais à la fin de 1523, fatigué de dissi- ' muler, il quitta Wittemberg pour Orlamunde; en effet, la paroisse de cette ville dépendait du chapitre de j Wittemberg, et en sa qualité d'archidiacre, Carlostadt en I était le titulaire naturel.
j Là, son éloquence enthousiaste amena aussi la popu- I lation à briser les images et les autels. Son idéal était I l'Ancien Testament où Dieu avait ordonné de détruire I des villes entières à cause de leur idolâtrie; aussi, dans ] son désir d'ét;dilir ici-bas « un règne de justice où Dieu manifesterait sa volonté », ilam.nl v.inin :ilMilir les lois ' civiles, et introduire dans son l.^li- I | r. -. liptions mosaïques du sabbat, « type du i 111- ni\^li([ue de '■ l'âmè; » il recommanda même l,i puhy.nnic comme institution divine. Au même moment, en Thuringe, Thomas Miinzer, pasteur d'Allstadt, prêchant la communauté des biens et la transformation de la société, soulevait les paysans contre les nobles, les riches, les princes, et sapait toute autorité.
De son côté Carlostadt avait établi une imprimerie à léna, et de là, loin des censures de l'université, il répandait ses écrits. Luther la fit fermer et le conjura de revenir à Wittemberg; il y revint, s'y humilia même, puis retourna à Orlamunde où, malgré l'ordre de l'électeur de Saxe qui lui retirait son bénéfice, le magistrat lui laissa sa paroisse. Pour en finir avec son fanatisme; Luther essaya de l'y poursuivre. Dans son voyage vers Orlamunde, il s'arrêta d'abord à léna, y prêcha contre l'illuminisme du pasteur Miinzer, dénonça l'esprit de sédition et de meurtre « qui n'a su que briser des images, piller des églises, renverser des idoles de bois et de pierre et nous ravir le saint sacrement de l'autel ». Or, un de ses auditeurs était Carlostadt, il fut blessé au vif d'être ainsi assimilé aux rebelles, et sollicita une entrevue de Luther qui était à table. Un de ses amis, le prédicateur Rheinardt d'Iéna, a publié la relation de cette discussion, sous le titre de Acta lenensia. Carlostadt prétend qu'il réfutera Luther et renouvellera par écrit les opinions de Bérenger contre la présence réelle. Luther lui en donne le défi et tirant un florin d'or, le lui promet s'il ose écrire contre lui. L'autre accepta. Enfin le 25 août Luther arriva à Orlamunde; après avoir refusé de parler en présence de son adversaire, il essaya de se justifier d'avoir confondu avec les séditieux d'Allstadt, les habitants de cette ville, mais ceux-ci excités
CARLOSTADT — CARLOVITZ
par Carlostadt l'obligèrent à repartir en toute hâte. Désormais la lutte fut ouverte entre les deux réformateurs, Carlostadt écrivit même à l'électeur Frédéric de Saxe contre Luther, mais l'électeur lui répondit en le faisant expulser lui-même, fin d'octobre 1524. Ainsi « chassé par Luther, mais ni entendu ni vaincu », comme il l'affirme dans sa lettre aux habitants d'Orlamunde, Carlostadt commença à errer en Europe, maudissant partout son rival, cause de toutes ses misères. Partout où il s'arrête, il prêche ou laisse quelque écrit contre « ]a double idolâtrie luthérienne du sacrement et des idoles », il s'y pose comme le suprême libérateur des âmes soumises aux servitudes papistes. Et de fait, malgré les efforts de Luther, il recrute force adhérents, même parmi les savants et les théologiens. Après s'être fixé à Rothenbourg-sur-la-Tauber, il alla à Strasbourg où déjà la Réforme était établie par Bucer et Capiton; il y réunit des conciliabules secrets où il se donnait comme un martyr, avec sa femme et son enfant; fanatisés par lui, nombre d'habitants se passionnèrent contre l'idolâtrie des images et la cène. Effrayés, les pasteurs de la ville firent interdire l'impression de ses écrits, et implorèrent même l'appui de Luther qui y répondit à la fin de 1524 par un pamphlet « contre les prophètes célestes touchant les images et le sacrement ». Carlostadt alla ensuite à Heidelberg, à Zurich, à Bâle, puis revint à Rothenbourg. Là encore, excitée par son zèle iconoclaste, la populace brisa les images, saccagea les couvents et sembla ainsi agir de concert avec la révolte des paysans. Aussi après la victoire de la Ligue de Souabe, Rothenbourg fut sévèrement châtiée, et pour éviter la vengeance des princes, Carlostadt dut s'enfuir de nouveau, juin -1525. Chassé de partout, en proie au dénuement, il finit par recourir à Luther. Celui-ci consentit à mettre une préface à l'écrit où Carlostadt se justifiait de l'accusation d'avoir soulevé la révolte des paysans; puis tout en se déclarant son adversaire irréconciliable dans la question de docti-ine, Luther intercéda auprès du nouvel électeur de Saxe ; le prince Jean laissa donc Carlostadt revenir dans ses États et lui assigna pour résidence son ancienne habitation de Segren. De retour en Saxe, le réformateur pnhli.i inn' déclaration dans laquelle, sans renoncer à - 1 ilorinih' sur la cène, il la soumettait au jugement il< -- - >"' i- us amis et consentait à ce qu'elle fût consul, i-r (nuiuir une opinion discutable. Luther s'en déclara siilislail.
Il semblait que désormais Carlostadt renonçait à exercer une infiuence dans la marche des idées nouvelles. Durant trois années, en effet, il vécut ainsi pauvrement dans cet humble village de Segren; en 1526, Luther venu au baptême d'un de ses fils écrit à ce sujet : « Qui eut pensé, l'an dernier, que ceux-là qui appelaient le baptême un bain pour les chiens, le demanderaient à leurs ennemis? Que Carlostadt soit sincère ou non, il faut s'en remettre à Dieu. » En fait, ce dernier n'était point converti : non seuleuient la pitié de son rival lui était à charge. Im. nini -.m propre effacement lui fut insupportable; il ri VMniiii. iir.i d'abord à publier des écrits où il reprenaii si> ;iii. imiu-s doctrines; puis il essaya de se mettre en rapports avec l'hérétique Schwenkfeld, enfin il osa écrire au chancelier Brûck des lettres d'accusation contre Luther. Leur vieille rivalité éclatait ainsi de nouveau, et pour se soustraire à la vengeance de son puissant adversaire, Carlostadt préféra recommencer sa vie errante. Il s'enfuit secrètement de Saxe en 1528, puis Unit par se fixer en Suisse où il fut d'abord diacre à l'iiopil.!! d- /iiri.li .n \'C.ô. yn\= pnstpur à Allstadt-sur-lr-l.l.iii ' II' li'i- i .i -in I ' inre et professeur de 1 1 I ! Il 11 1 ' I i i|u'il vécut
obscurément, -.m- jiln- ■ In un ijni i .lli - i.-ligieuses;
il fut emporté par la pesle en lôil, laissant dans l'Europe protestante la réputation d'un réformateur hardi et enthousiaste, mais dun esprit plus savant qu'éclairé.
Sa doctrine essentiellement mystique, et semblable en bien des points à celle des anabaptistes, semble avant tout inspirée par le zèle passionné de pousser jusqu'au bout l'idée même de la Réforme, commencée par Luther : pourquoi s'arrêter dans la destruction des abus du papisme, tels que le célibat, la messe, le culte des images, etc., si on constate leur inutilité? Mais Carlostadt est surtout célèbre parce qu'il est le premier auteur de la (juerelle des sacramentaires : le premier, il osa professer publiquement les idées rationalistes sur le mystère de l'eucharistie, doctrines que professèrent . les anabaptistes, les calvinistes et les zwingliens ensuite : il les formule dans ses écrits : Sur l'abus antichrétien des éléments du pain et du vin datis la cètie du Seigneur, Strasbourg ou Bâle, 1524; Entrelien stir l'abominable abus du sacrement de J.-C. ; interprétation des paroles : Ceci est mon corps, 1525; contre les anciens et nouveaux papistes, etc. — Il combat surtout le dogme de la présence réelle: « Illusion dangereuse, qui invite les âmes simples à chercher le pardon de leurs péchés non dans la foi, mais dans un acte extérieur. Il ne suffit pas d'avoir Jésus-Christ dans son cœur pour être sauvé; si vous le cherchez dans le sacrement, ne rabaissez-vous pas sa croix et son vrai sacrifice? La
sainte cène n'est pas nnuuu nu -i^ lu pardon, puisque
saint Paul convie leclir. lu n ,. i \. u.'r d'abord. Bref,
elle n'apporte rien qu un n ni .1 j.i nlit^nu par la foi; qu'est-ce d'ailleurs que ce injsUrL de Jésus dans le pain et le vin? Jésus est au ciel à la droite de Dieu et il ne viendra ici-bas qu'au jour du jugement dernier. » Quant aux paroles de l'institution de la cène : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, » par une exégèse insoutenable et ridicule, qui ne fit guère de partisans, il appliquait les premiers mots : « Prenez et mangez, » au nain aue Jésus distribuait d'une main, et les derniers,
sa persoi ne me ne q 1 pou ait montrer de son itre m n
I 0 erse do Carloblad sont
Jan n / 4 t pa m
7 1 eoloj
L LtvrNBRL
CARLOVITZ (Église de). — I. Immigrations serbes en Hongrie. IL L'Église serbe d'Autriche-Hongrie avant 1690. III. De 1690 à 1848. IV. De 1848 à nos jours. V. Organisation intérieure. VI. Statistiques.
I. Immigrations serbes en Hongrie. — Le patriarcat serbe de Carlovitz, qui n'est plus actuellement que la métropole religieuse des Serbes de Hongrie, a, dans le passé, joué un rôle prépondérant dans la constitution et l'organisation de l'Église orthodoxe d'Autriche-Hongrie. De plus, son histoire se confond si bien avec celle de l'existence même de la nationalité serbe sur le sol de la monarchie austro-hongroise, qu'il est difficile de séparer de l'étude des origines et du développement de cette Église celle des vicissitudes politiques auxquelles s'est trouvé soumis, par la force même des événements, ce rameau serbe détaché du sol natal et transplanté en terre autrichienne. Il faut donc, avant d'aborder la question des origines de cette Église, expliquer la présence sur le sol de la monarchie austro-hongroise de ces populations, serbes de race et orthodoxes de religion, dont nous avons à étudier l'histoire religieuse et les
CARLOVITZ
iiUion eccl('
essais successifs de groupement et d'org siastique.
Lors de la grande migration qui amena, des plaines situées au nord des Karpathes sur la rive droite du Kanulie inférieur et de b Save, une fraction importante du groupe slave, les tribus serbes et croates, invitées par lléraclius à s'installer sur les confins nord de l'empire pour les protéger, quelques groupes se détachèrent sans doute, en cours de route, de la masse des tribus on marche vers le sud et restèrent éparpillés du nord au sud, sur la vaste plaine hongroise. Il y en eut aussi, vraisiinblablement, qui, au lieu de se fixer.surla rive droite du Danube et de la Save, où on les avait d'abord confinés, allèrent chercher sur la rive gauche de ces deux fleuves plus d'espace et plus de liberté. On pourrait ainsi faire remonter jusqu'au viF siècle l'existence des premiers groupements serbes, éparpillés au nord de la Croatie, en Slavonie, en Syrmie, en Uatchkhie, dans le banat de Temesvar et plus haut, jusqu'au pied du versant méridional des Karpathes. Ces premières colonies serbes, noyées, au x= siècle, sous le Ilot de l'invasion hongroise, ne durent pas disparaître complètement et ri'slérenl, sans doute, comme des centres de ralliement, autour desquels vinrent se grouper, plus tard, les fractions de population serbe que des émigrations successives déversèrent du xu« au xviiii^ siècle sur le sol hongrois. Radich, Die Verfassung des obersten Kirchenreghnents in der orthodox-kalholischen Kirche bei den Serben in Œsterreich-Ungarn, Versecz, 1877-1878, p. 1-2, A. Rambaud, L'empire grec au A« siècle, Paris, 1870, p. iôO sq.
Les premières migrations connues des populations serbes commencent à l'époque où le Croissant, à force d'étendre ses conquêtes, finit par rapprocher ses avantpostes des rives du Danube. La Hongrie menacée fait alors appel aux populations chrétiennes échelonnées le long de ses frontières du sud ; elle les invite à s'unir à elle pour repousser l'ennemi commun, et leur olTre un abri et des terres sur son propre territoire.
L'une des premières eut lieu sous Bêla II, 1131-1141, dont la femme Hélène, fille d'un jupan serbe, installa un groupe de ses compatriotes dans l'ile danubienne de Tchépel, non loin de Budapest. Cette colonie serbe obtint, avec le temps, d'importants privilèges. L'empereur Sigismoiul eonc('da, en 1404 et en 1428, à la ville franche de Kcuiii, .|in l'ii taisait partie, de nouveaux territoires, et i\. iM|ii,i -i ~ m i^i-lratsde toute juridiction supérieure. Ce |iiim1.u. . ,uiiM .[ue celui de la franchise d'impôts accorde par Vladislas, lui fut confirmé, en 14Ô8, par Malhias Corvin, et, dans la suite, par plusieurs de ses successeurs. Radich, op. cit., p. 6-7; Goloubinski, Kratkii otcherck istorii pvavuslavmjkh tserkvei bolgnrskoi, serbskoï, i rouniynskoï, Moscou, 1871, p. 645.
La sanglante bataille de Kossovo (1389) avait porté à la Serbie le coup de grâce. Cependant, les Turcs laissèrent encore une ombre de pouvoir au fils du héros serbe Lazare, tombé à Kossovo. Lorsqu'il mourut en 1427, sans héritier, la charge de despote passa dans la famille des Brankovich. Le premier d'entre eux, Georges I", s'empressa de céder à Sigismond de Hongrie, Belgrade, Matchva et d'autres territoires serbes, contre des possessions en Hongrie, Solnock, Kulpin, Vilagosvar, Tokay, Munkacz, Debreczen, etc., et un palais à Ofen (Buda). Pour occuper ses nouvelles terres et les mettre en rapport, Georges y installa un certain nombre de familles serbes, dont l'émigration s'était faite à linsu des Turcs, maîtres du pays. Plus tard, en 1439, lorsque son beau-fils, le sultan Mourad, lui eut enlevé Smédérévo, dont il avait fait sa résidence habituelle, Georges obtint encore plus d'une centaine de terres dans les comitats d'Arad et de Zarand, en échange de nouveaux territoires serbes aljandonnés à la Hongrie. Il finit par s'y réfugier lui-même, et y vécut du revenu de
ses terres — revenu considérable pour l'époque — entouré d'égards et d'honneurs. En 14i6, à la mort de Vladislav, lorsqu'il fut question de désigner un régent pour gouverner durant la minorité de Ladislav le Posthume, son nom figura même dans la liste des candidats éventuels à cette haute fonction. Soucieux de l'avenir de sa famille, il avait eu soin, lors des premières négociations avec Sigismond, en 1426, de faire stipuler que le titre et la dignité de despote resteraient assurés à ses descendants. Radich, op. cit., p. 7-9.
Le troisième exode des Serbes vers la Hongrie se produit à la suite de la complète incorporation de la Serbie à l'empire turc, qui eut lieu en 1459. En dépit de cette transformation, qui faisait de la Serbie une simple province turque, la charge de despote avait été maintenue par le sultan et conférée à Michel Abogovich. C'était déposséder officiellement de ce titre la famille des Brankovich. Aussi, le second fils de Georges I", Etienne, s'était-il empressé, en 1460, de se faire reconnaître .i son tour, en vertu de l'accord conclu par son père avec Sigismond, commi' il. -["i. ^I- - ^' il. ~ ilr Hongrie. Il réussit, à l'exempl'- 'I >' \" • ' n 'n i
avec lui en Hongrie un groiip ' ' ' l ■
ses compatriotes, et reçut de .M.ii lu i- i i i "^ ■ " r > "inpense de ce service rendu au royaume, la confirmation officielle de son titre de despote. Une tentative avortée de soulèvement en Serbie l'obligea à se réfutjier en Albaiii.. .--.|i-.-- ,1. <, uni il..-. .-1 i-ilii .!< lii>7. .11
lerrii, ■:'• .,!'.., - ■ |. •: . ; i. !...: '
ibid.. I I... ■ '. ; I.. ■ : I sein,; .V, '.,„;,„ ;. .. II. .IL . IT^Mh.;. i. in. j. in-',:,(i. Un de ses parents, Vuk, avait profit.' de sim éloignement pour se faire décerner le titre de despote. Pour continuer la tradition inaugurée par ses prédécesseurs, ce dernier conduisit, lui aussi, en Hongrie, un groupe nombreux de réfugiés serbes, qu'il installa dans la province de Syrmie. Dans l'une des nombreuses incursions tentées, à cette époque, sur le territoire serbe, un de ses lieutenants, Paul Brankovich, laiinii.i .n.^ lui. du district de Kruchevaz, en Hongrie, pin 1 ' -.il.ies, qui
reçurent des terres dans le com: ii< I ■ m. .u. Vuk fut auprès de Mathias Corvin persvfiu >j,,il,i, .1 son infiuence valut aux Serbes d'être exemptés par le synode royal de 1481 des dîmes qu'ils avaient dû payer jusque-là au clergé latin de Hongrie. Cette exemption n'était, il est vrai, que provisoire, et ne devait devenir définitive que bien plus tard, sous son deuxième successeur.
I.'exode des Serbes vers la Hongrie et la Syrmie se poursuivit sous le despote Georges II, fils du prédécesseur de Vuk, dont la résidence se trouvait fixée à Kupinick, en Syrmie. Ce second Georges Brankovich finit par abdiquer et par se retirer au monastère de Krouchedol, fondé par sa mère Angélina. Il y revêtit, sous le nom de Maxime, l'habit monastique. Consacré hiéromoine par le métropolite Lévit de Sophia, il se rendit en Valachie, sur l'invitation du prince Radou le Grand (1494-1507), et y accepta la dignité de métropolitain d'Ougro-Yalachie, avec résidence à Tergovist. Il sut profiter de sa nouvelle situation pour étendre son influence et sa juridiction sur les réfugiés serbes établis en Syrmie. L'avènement de Michna I" (1508-1510) et les tentatives de ce prince, ami des Turcs, pour le livrer entre leurs mains, l'obligèrent à abandonner momentanément son siège. Il le réoccupa, rappelé par Niéga-Bessaraba (1513- 1518), mais pour peu de temps, car il ne tarda pas à se choisir un successeur et à reprendre le chemin de la Syrmie pour aller finir ses jours, vers 1516, au monastère de Krouchedol.
C'est de cette époque que daterait la fondation de l'évêché de Syrmie, le premier évêché serbe en Hongrie, celui dont l'institution marque les débuts de l'Église serbe d'Autriche-Hongrie, et prépare pour un avenir encore assez éloigné l'établissement de la métropole de
CARLOVITZ
une certaine
L'organisation
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ilii^ (l'une
I 'I niaient
Carlovitz. Goloubinski, op. cit., p. 607, en reporte la fondation entre 1496 et 1502, et l'attribue à ce même Maxime, aidé sans doute de son frère Jean Brankovich, son successeur dans la fonction de despote des Serbes de Hongrie. Cf. Mildosich, Monumenta serhica,\\enne, 1858, p. 541 ; Engel, loc. cit., p. 450-456.
^La dignité de despote serbe fut supprimée en 1528, à la mort de Jean Carnojévich, le terrible homme noir des chroniques hongroises, qui joua un si grand rôle dans la longue et sanglante rivalité de Ferdinand d'Autriche et de Zapolya de Transylvanie. Elle ne devait être rétablie qu'en 1689, et encore, pour bien peu de temps. Mais l'émigration serbe se poursuivit durant toute la durée du xv!* siècle, par groupes isolés, vers la Croatie surtout, la Hongrie proprement dite étant alors plus ou moins au pouvoir des Turcs. Sous Rodolphe II, vers 1573, plusieurs iiiillî i - ^l fnmilles serbes passèrent de Bosnie on Ci-ijii I I,,,. I .iii'i's du métropolite Gabriel et de 70nioii' .' Il (II- Zermljà, près de Bihatch. Par
des diMi. r- I m. . ; ,i - ;iu Landtag de Bruck, en 1578. l'empereur l;n,ln!|,li. Il Imr confia la garde des frontières de l'enipiri ^ t I- - P|i,iriii dans les généralités de Varazdin et de K,iil~l:iai. (|ui n'i'laient plus désignées à cette époque, dans le.'^ pii-ces de to clKincellcrie impériale, que sous les noms de desci'imn /•/ i/.(/i.,/ .1 secundum. De nombreux privilèges Inu lui. ni ,i~>urés; un diplôme de î'erdinand II, daté de lt!:!0. Us <eu-itr;ut à la juridiction hongroise et leur reconnai autonomie administrative et judiciaire militaire des Serbes de Croatie portait oml Hongrie, dont les magn:il= ri'volt/<> iiii-enl j fois à lutter contre les r.^m n' i ' : i
le plus solide appoint il- n mi , , Ils ten-
tèrent à plusieurs repri^i- ilr \.< inii ili.|i,ii,iiire, ce qui ne l'empêcha pas de subsister jusque dans la seconde moitié du xix" siècle. C'est à cette émigration serbe en Croatie qu'il faut faire remonter la fondation de l'évèché serbe de Martch, dont nous parlerons plus loin.
En effet, les réfugiés serbes ne recevaient pas seulement de l'Autriche des terres et des privilèges d'ordre purement politique. Celle-ci leur avait accordé, avec la liberté de conscience, le droit d'organiser une hiérarchie religieuse indépendante. Aussi, rencontrons-nous au xvi« et au xvii' siècle, en Croatie, en Syrmie et en Hongrie, des évécli.'s .•xelnsiveinenl serhes.
Au début de la ili'iixirin.^ iiunii.' .In w n -i. ■,■!.•. Sabbas Brankovich, l'un il. '^ iii.iiil.i<'< il.. I,i In. raielnf >erlje de Hongrie, passe i-i. I i ,ni-\ l\,.ni.' ( ,. li. .1. im. r. pruvince
Culaï, chargé des affaires ecclésiastiques de la principauté, soumet à l'approbation du prince le choix qu'il a fait de Sabbas Brankovich, comme évèque des Grecs, des Serbes et des Valai|iii - il.. Tr.msUvanie, ainsi que des territoires hongroi'- .pu . n .1. |.. mlent. Ce Sabbas Brankovich, en quittaul l.ii..|...], .n Hongrie, sa première résidence, pour |..". i . n 1 1 ..nsylvanie, y avait amené avec lui son jeun. li. i. i...ir^es. En 1663, le prince transylvain Mich.l \|.i-~...|iii ,i\,iit pris le jeune homme en affection, le nuinm.. -.i i. Lme de la légation transylvaine à Constantinople. deorges Brankovich s'y mit en rapport avec l'ambassadeur autrichien, et prit une part active aux négociations que le représentant de Léopold entama alors avec le patriarche d'Ipek, pour le gagner au projet, agité depuis longtemps, d'une émigration en masse des Serbes vers l'Autriche. Une tentative du même genre avait déjà échoué en 1606, avec le patrinrcli.' T.nn. H.pris v, rs Kinil, |,. projet ne devait aboiilir .p.. '.Il .111- plu- I ,1.1, ,i\,.,- !,■ enncours du patriarcli.. Ar^. n. Il ,-. .p ,. . u .1, - |r,r.,i l'.ipprobation du patriaiclie M.iximr. et inèm,. un coininencement d'exé-
cution. En effet, à la suite d'un pèlerinage aux Lieux saints, Maxime, de passage à Constantinople, avait accepté de se rendre à Andrinople et d'y conférer secrètement, en présence de l'ambassadeur autrichien Kindsberg et de quelques notables serbes, les insignes de la dignité de despote serbe à Georges Brankovich. Ce ne fut que plus tard, en 1683, et en 1688, à la veille de l'émigration serbe, que Georges reçut de Léopold les diplômes qui lui assuraient la possession éventuelle de territoires en lier/, u"^ in. . • u >\rmie et dans le district hongrois de Ién..p ' \l . n,. n. .urut enl681 ; ileutpour successeursurli I: I p i i i .llpek Arsène IIITchernoïévich. Les ayinl- mii i. In. us reprirent avec ce dernier, mais à l'insu cette fois de Georges Brankovich, les négociations déjà entamées avec son prédécesseur. L'exode fut définitivement résolu, et, pour le préparer, Léopold lançait, le 6 avril 1690, un appel retentissant au peuple serbe, l'invitant à se lever en masse pour sa propre délivrance, et lui garantissant, en retour du concours qu'il prêterait aux armes autrichiennes, la liberté religieuse et une organisation autonome, sous la direction d'un voïévode librement élu par lui. 40000 familles environ, patriarche et clergé en tète, réussirent à tromper la vigilance des Turcs et à passer sur le territoire autrichien. Radich, op. cit., p. 33-40.
Pendant la campagne au cours de laquelle se produisit cet exode, le despote Georges s'était mis, avec une armée de 30000 Serbes, à la disposition de l'Autriche. Le gouvernement autrichien, craignant sans doute que l'ambition du despote, appuyée sur des forces aussi sérieuses^ ne lui préparât pour l'avenir quelque déception, et désireux de prévenir ce danger, le fit arrêter et interner successivement à Orshova, à Hermannstadt, puis à Vienne, et enfin à Egger. Peu après ce coup de force, une députation conduite par l'évêque de lénopol, Isaïê Diakovich, allait porter à Vienne les protestations de la nation serbe. Le chancelier, qui était le cardinal Kollonich, représenta aux députés du peuple serbe que ce n'était pas lui, mais leur patriarche, qui avait désiré cette incarcération, et, dans la suite, à toutes les réclamations présentées en faveur du prisonnier, le gouvernement autrichien répondit en se retranchant derrière la raison d'État. Il est permis de croire que l'un et l'autre de ces deux motifs avait influé, en cette circonstance, sur les déterminations prises. L'Autriche, en 1690, avait tout avantage à écarter un homme actif, ambitieux et capable de profiter des circonstances présentes pour jouer un rôle politique contraire à ses intérêts. De son i.l. . le patriarche Arsène n'était peut-être pas fâché de i.n ilisparaitre de la scène le seul personnage qui pût In li-puter l'influence ;que lui assurait sur les Serbes inii;,rés son titre et sa dignité de patriarche. La politique de l'Autriche avait donc, semble-t-il, un complice dans l'ambitieux patriarche qui aspirait au rôle de chef, à la fois religieux et civil, de la nation serbe en Autriche. De fait, Arsène obtint pour lui et transmit à ses successeurs des pouvoirs quelque peu analogues à ceux dont jouissaient, au point de vue civil, les chefs religieux des communautés chrétiennes sous le régime turc. Ces pouvoirs, il est vrai, ne furent pas maintenus et disparurent dans le courant du xv!!!" siècle.
L'entrée des Serbes sur le territoire de l'empire, en 1690, s'était faite, comme par le passé, sous forme de pacte garantissant aux Serbes émigrés certains droits, en échange de certains devoirs. Cet ensemble de droits et de devoirs, développés dans les diplômes impériaux du 21 août et du U décembre 1690, du 20 août 1691 et du 4 mars 1695, constituait la base de ce que la chancellerie impériale appelait le jus privilegiaie rascianum. Radich, (7/. ril .. p. '1." sq.
Les Si 1 !.. - .'iiirii. ni. sous le nom de natio rasciana, comme . I. iii. iii .li-lniet et autonome, relevant directement (le 1,1 eoin\.nue, dans le groupement austro-
CARLOVIÏZ
hongrois; ils jouiraient d'une large autonomie administrative, sous la direction d'un voïévode librement élu par la nation, et de la plus complète liberté religieuse, sous la juridiction suprême d'un archevêque désigné par le clergé et le peuple assemblés, et disposant des pouvoirs les plus étendus pour organiser l'Église serbe. Dans l'énumération des provinces soumises à la juridiction du primat serbe, se rencontre, en dehors de la Hongrie et de la Croatie, dépendances de l'Autriche, toute une série de pays, Grèce, Rascie, Bulgarie, etc., situés hors des limites de l'empire austro-hongrois, et sur lesquels son pouvoir n'aurait jamais à s'exercer. L'empereur s'engageait, de plus, à rétablir la nation serbe sur les terres qu'elle venait d'abandonner, dès que la Serbie serait reconquise sur les Turcs. En attendant, il lui concéderait dans son empire un territoire distinct, où elle pourrait se grcmp r ' - i niscr. En échange de ces privilèges, h- - i ,i„.Mient à servir
fidèlement l'empire el < i i i n liontières contre
les Turcs. Radich, op. li', I i,'. In ^i lis Serbes furent fidèles au pacte conclu, tl vLisérent leur sang sans compter pour la maison d'Autriche, celle-ci de son côté remplit, dans l'ensemble, les engagements qu'elle avait contractés à leur égard. L'autonomie politique el administrative qu'elle leur avait laissé entrevoir ne pouvait guère se concilier avec les exigences et les prétentions de la politique austro-hongroise; aussi fut-elle incomplètement réalisée, dès le début, et dans la suite, sacrifiée plus d'une fois à des intérêts plus pressants. La charge de voïévode, établie en principe, ne reçut jamais de titulaire, et, jusqu'à nos jours, la nation rascienne a dû se résigner à subir le joug politique des Magyars. L'Église serbe put, du moins, jouir pleinement des privilèges qui lui avaient été garantis par l'Autriche. L'histoire de son établissement et de son développement, qu'il nous reste à étudier, permettra d'en mesurer la valeur et l'importance.
II. L'Église serbe d'Aitriche-Hongrie avant 1690. — L'histoire de cette période est encore à faire. Elle offre d'ailleurs de sérieuses difficultés à cause de la nature même de son objet. Il existait bien des évèchés orthodoxes serbes, en Croatie, en Syrmie, en Hongrie, avant 1690, mais isolés, semble-t-il, sans lien, sans unité. Il n'existait pas d'Église serbe proprement dite ; celle-ci doit son origine au diplôme impérial du 20 août 1691, qui lui donna une télé et un chef dans la personne du patriarche transfuge et de ses successeurs, et groupa autour de lui les éléments épars de la nationalité et de l'Église serbe en Autriche. L'histoire de cette Église avant 1690 tient donc tout entière dans les maigres et incomplets renseignements recueillis jusqu'ici sur l'existence, l'origine et les transformations des évêchés en question.
Le nombre en est fort incertain; les débuts précis de la plupart d'entre eux restent inconnus; tout ce que l'on sait de quelques-uns, c'est le nom de certains de leurs titulaires. Goloubinski, Kralkii otcherk istorii, p. 606- 614, en donne la liste suivante, que nous reproduisons avec quelques renseignements historiques sur chacun d'entre eux :
1» Évêché de Syrmie, dont le titulaire avait sa résidence au monastère de Krouchedol. On a déjà vu plus haut qu'il fut fondé, vers 1550, par Maxime Brankovich, successivement despote, moine, puis évêque d'Ougro- Valachie. Quelle fut, au moment de sa fondation, sa situation vis-à-vis du patriarcat d'Ipek? Goloubinski, op. cit., p. 607, admet comme plus vraisemblable son indépendance absolue, et pense qu'il avait été créé dans le but de servir de centre et de métropole aux groupements ecclésiastiques serbes éparpillés en terre autrichienne et hongroise. Mais les Turcs étant restés maîtres, pendant une bonne partie du xvF siècle, de 1521 à 1567, des territoires occupés par les réfugiés serbes, il est vraisemblable
3 la juriivait cessé s celui de n'est pas
que ceux-ci retombèrent, à cette époque, soui diction du primat d'Ipek. L'évèché de Syrmie ; d'exister en 1690, ou plutôt s'était fondu dan Témesvar el lénopol, puisque, d'une part, il mentionné dans le privilège impérial du i i constituant les nouveaux évêchés d'après le nombre des sièges anciens alors subsistants, et que, d'autre part, l'évéque de Témesvar et lénopol joint à ses autres titres celui d'archimandrite de Krouchedol. On croit savoir le nom de l'un de ses titulaires, Joachim, qui se trouvait vers 1667 en Russie, pour y recueillir des aumônes. Encore l'appellation d'évêque serbo-slavon accolée à son nom et qui pourrait convenir aussi bien à l'évéque de Pozéga, en Slavonie, laisserait-elle subsister des doutes sérieux sur son authenticité.
2» Évêché de Buda. — Son existence reste douteuse, attendu qu'elle n'est appuyée que sur la mention, dans un évangéliaire serbe, à la date de 1552, d'un métropolite de Buda, du nom de Mathieu. Or le mot serbe qui correspond au nom de Buda peut désigner également la ville serbe de Budiml ou Budim. Nous ne le mentionnons donc que pour mémoire.
3» Évêché de Szcgédin el Bacs, en Hongrie. — La première mention que l'on rencontre de cet évêché remonte à l'année 1579. La date de sa fondation reste in-
i» Évêché de Varasdin ou de Marfrh, en Croatie, dont la juridiction s'étendit sur les ooiuii ii^ .1. \ ni-din et de Kreuz, avec résidence du tilnliu ii u. :ii-t.'i'ede Saint-Michel de .Martch, près de Kl . i.ii r. documents recueillis par le P. Nilles. .S,/„i/,..i.É uaïUustrandani historiani Ecclesix orientatis in terris corotise S. Slephani, Inspruck, 1885, t. ii, p. 730-748, son histoire reste moins inconnue que celle des précédents.
Ce fut l'émigration, mentionnée plus haut, de plusieurs milliers de familles serbes de Bosnie en Croatie, vers 1573, qui fut l'occasion de son érection. Ces émigrants bosniaques avaient amené avec eux leur vieil évêque Gabriel et une troupe de moines. Entourés de Croates catholiques, et touchés par la charité de ceux qui les avaient accueillis, les nouveaux venus se laissèrent facilement gagner par la propagande catholique. .\. la mort de leur vieil évêque, un évêché de rite grecuni fut érigé pour eux. Il eut pour premier titulaire Siméon Vrétanja, l'un des moines émigrés, qui s'était converti à l'union, et s'en était fait l'apôtre parmi ses compatriotes. Consacré à Rome, en 1611, par Paul 'V, le nouvel élu prit avec le titre d'évêque de Svidin celui d'archimandrite de Saint-Michel.
Le premier de ces titres reste pour nous inexpliqué ; on ne connaît pas, dans les provinces soumises à sa juridiction, laquelle, aux termes mêmes de la lettre de confirmation de Paul V, s'étendait sur les Rasciens unis de rite grec, en Croatie, en Slavonie, en Hongrie même et en Carniole, de ville ou de localité importante portant ce nom. Le second s'explique mieux. Siméon Vrétanja, avec le concours sans doute de Pierre Domitrovich, d'origine serbe lui aussi, et qui devint évêque latin de Zagreb (1613-1628), restaura la vieille église ruinée de Martch, dédiée à saint Michel, bâtit tout auprès un monastère où il installa les moines basiliens, et y fixa sa propre résidence. Radich, op. cit., p. 28, prétend qu'après avoir été sacré à Rome. Siméon alla se faire reconsacrer à Ochrida par l'archevêque orthodoxe, et, de concert avec les moines de Martch et de Lepavina, abandonna dès lors l'union. Mais cette affirmation n'est pas prouvée et paraît peu vraisemblable. Cf. Nilles, op. cit., p. 743. Ses successeurs, il est vrai, se montrèrent beaucoup moins attachés à l'union : sur cinq d'entre eux, un seul, Basile, parait y être resté sincèrement fidèle. Après avoir fait profession de foi catholique entre les mains du nonce pontifical à Vienne, ils n'éprouvaient aucun scrupule à aller se faire con-
CARLOVITZ
sacrer, ou reconsacrer, par des prélats orlhodoses, à Ipek ou à Sopliia. .Markovicli, op. cit., p. 411; Nilles, op. fil. l' '.''■>■ Il ii-iiiiii.iii.iii ri la consécration du suci- - ■ M '• * ■ I m; I iii.M I I 11 lii.'.n, avaient, d'ailleurs, dûiiii I ! - -'' - 'I 11.' 1- avec l'évèque latin
deZa^rvh. l.lniM [n lial.nl rii ,.|l,.t IraitiH' l'évèque "grec-uni ilc Muiili r> iimi'- nii -iiii|i|'' '■(inljuteur du siège de Za!:rrh piair li^^ im|IimIii|iii., du i iir i^rec de ce diocèse. La [cUf il- \'.iu\ \. . i.-n.l.ini ].i jniiiliction de ce prélat hieii .m 'l.l.i dr- liuutr. <lii .h,., .-r latin de
Zagreb, no l.i.iu i-.ni ii in^ ni.ntti iv de voir.
L'évéque latin liiiil rr|iMid,iiil jui .mmii i.nsùn, et la
profession de l..i drl.aland \l,l,al,lrl,, dahrdel663,
contient en termes formels l'engagement pris par lui de reconnaître la pleine juridiction du titulaire latin de Zagrelj. Une autre clause de cette même profession de foi laisse voir que le prédécesseur de Gabriel s'était arrogé le droit de désigner son successeur, après entente avec les moines et un certain nombre de dignitaires serbes. Le nouvel élu déclare cette nomination non avenue pour lui, et s'engage à ne rien tenh r d." -cinlilalilr, contrairement au droit de la couronna di 11. n.nr. Nilles, op. cit., parcrga, p. lO'dS-'ICKT : ri. p. Tli-Vi,"). On r.iinpivnd qii.-. rr^ dii,!.'!.-? .t la -M|..ad. nation de ré\ripi" - 1 '■'■ I I'' . i''|nr Liiiii ipii cil fut 1-' li inie, n'aient guta ' Il .'ti- !■ I i.i~- d. Iiiiiiiiii p, 11 lui 1rs Serbes. Celle caii-- ~- icii.iii d. la livs ciiiiipruiiii-c, lorsque,
en 1671, l'aul / i ii était un partisan sincère
et dévoué, fui d i.i pi 'i relever. Il y travailla jusqu'à sa mort en lii>"' \ i- urand zèle, et en dépit de
toutes les oppM. lia. Il- ipi d r.nrontra parmi los nininos
paient senUiii'. ut .. I .iKia/ a\<.c l..iil.'~ 1..^ couvent et s y lirenl musulmans. Marliovicli, op. cit., p. 415. Les successeurs de Paul Zorcbich restèrent, comme lui, Cdèles à Rome et dévoués à l'union.
C'est à cette époque qu'eut lieu l'érection d'un second évéché grec-uni pour la Sjrmie. Les Turcs étant maîtres de la Slavonie, toute communication avec Martch était supprimée pour les Serbes-unis de Syrmie. Comme remède à cette situation déplorable, le cardinal Kollonich, arclievéque de Gran, proposa à l'empereur la création d'un siège épiscopal distinct pour les Serbes-
coiili ■ ' .'■ I ' . .' ' • .t. 1 ... .pi ' .'m
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d'Hopovo. dans la Fruschka Gora. .Nous reviendrons, plus bas, sur les luttes que ces Églises serbes unies de Croatie et de Syrmie eurent à soutenir, à partir de 1690, contre l'Église serbe orthodoxe. Nilles, op. cit., p. 748 sq.; Markovich, op. cit., p. 416.
5" Évcclié de Jénopol et Témesvar. — La ville de lénopol ou lénov (en hongrois Boros lénij) paraît avoir été fondée au xv siècle par des émigrants serbes. Au dire d'un historien serbe du XYii» siècle, Jouria Brankovich, l'évèché serbe du même nom, qui comprenait, avec le centre de la Hongrie, le district méridional de Téiiu'SMii'. ani.id il.' n..' dm- 1. seconde moitié du x\v -i.'.'l'' p.ii' ].' til- .1 lin \..i.''\..d.' serbe de Témesvar, Mûise. en iili^i.in, .M.dliien I a .iiikn\ ici), qui en serait le premier titulan-e. Son lils, Sabbas Brankovich, en lui succédant, aurait constitué ce siège en métropole indépendante, tandis que son second successeur, encore un Brankovich, Longin, aurait dû, pour échapper aux Turcs, alors maîtres de cette partie de la Hongrie, se réfugier en Transylvanie, abandonnant ainsi son siège qui serait redevenu dès lors une simple éparchie relevant d'Ipek. GolouliiiiM i / .' . p 610-611, tient ces renseignements poui- -1, ; . lu unis dans leur partie chronologique, qui fait . i t. 'i 1. de de l'érection de ce siège en métropole .mt ..u.. .i\ec l'époque de l'oc-
cupation de cette portion de la Hongrie par les Turcs, et, par conséquent, de la sujétion probable de ce siège au patriarcat d'Ipek, vers la fin du xvi« siècle. Quoi qu'il en soit, on rencontre en 1686, à Moscou, un prélat quêteur qui s'intitule Jean de lénov (lénopol), évêque du monastère de l'Annonciation. 11 s'agit ici, très probablement, du monastère de Krouchedol, ainsi dénommé; ce qui permettrait de conclure que l'ancien évêché serbe orthodoxe de Syrmie s'était fondu dans celui de lénopol et de Témesvar. Peut-être même pourrait-on supposer quelque rapport entre la disparition de ce siège serbe orthodoxe et l'érection en 1688 du siège serbe-uni de Syrmie signalé plus haut.
6" L'évèché d'Arad, dans le sud-est de la Hongrie, aurait été fondé à peu près à la même date et par le même personnage que celui de lénopol. A la fin du xviie siècle, il ne faisait plus qu'un avec ce dernier.
7» Celui de Pozéga, en Slavonie, existait déjà en 1594. On trouve encore, à la date de 1650, le nom d'un de ses titulaires, Basile, dans les archives du monastère d'Oharoviza, qui appartenait à cette éparchie. L'évéque serbe de Slavonie, Joachim, qui quête à Moscou en 1667, pourrait être son successeur, à moins qu'il ne faille voir en lui, comme nous l'avons déjà dit, un titulaire du siège de Syrmie.
8» De Vévéché de Verscez, en Hongrie, on ne sait rien de précis, sauf le nom de trois de ses titulaires. La Russie reçoit, en 1622, la visite de l'un d'entre eux, Antoine, et, en 1663, celle du métropolite Théodose.
9» Évëcïié d'Hopovo, en Syrmie. — Ce sont encore des documents russes qui signalent le passage en Russie, en 1641 et en 1648, de prélats serbes qui prennent le titre d'évêques du monastère de Saint-Nicolas ou de Saint-Michel d'Hopovo. En 1654, il n'est plus question d'évêque, mais seulement d'archimandrite d'Hopovo. A cette date, l'évèché était donc supprimé, et nous savons qu'à partir de 1688 le monastère d'Hopovo servait de résidence à l'évéque serbe-uni de Syrmie. Moines et fidèles avaient sans doute accepté l'union. Goloubinski, op. cit., p. 613; Nilles, op. cit., p. 749.
10» Goloubinski, op. cit., p. 614, mentionne encore les évèchés de Mohacs et Szigethvar, entre la Drave et le Danube, de Nagy-Varad (Gross-Vardein), au nord-est de la Hongrie, et de ,Karlstadt (Karlovitz) et Zrinopol, en Croatie. Ce dernier aurait été détaché, on ne sait quand, de l'éparchie mi-orthodoxe, mi-unie de Varasdin.
La liste et les renseignements qui précèdent restent évidemment fort incomplets. Des évèchés mentionnés, trois ou quatre au plus ont des origines précises. Encore, deux d'entre eux sont-ils catholiques, et n'appartiennent à l'histoire de l'Église serbe orthodoxe d'Autriche que par les démêlés qui se sont produits autour d'eux. Quant aux autres, le début, la durée et le terme de leur existence sont également incertains. 11 est évident qu'ils n'ont pas tous coexisté simultanément, à une période donnée, et que plusieurs d'entre eux se sont succédé, ou même remplacés.
Quelle était vers 1690 la situation de l'Église serbe d'Autriche, au point de vue de la répartition de ses différents groupements en évèchés organisés ?
On a, pour essayer d'en juger, deux documents d'origine diverse et, pour ce qui concerne les renseignements, de contenu quelipi. i" Il .liïi I ji ni : le Syntagmation du patriarche de .1.1 u i ml lie, rédigé entre
1699 et 1715, et le pumI - i ; i i d du 4 mars 1695. Le Syntagmation énum. i. i luiu' existants les sièges suivants : Buda, Karlovitz et Syrmie, Bacs, Enov ou lénopol, Gyula et Lipov, Pozéga, six en tout, dont un celui de Gyula et Lipov, inconnu par ailleurs. On peut ajouter à cette liste celui de Témesvar, cité comme relevant d'Ipek. Xp-jiràvTo-j SuvraYiiÎTiov, édit. de Venise, 1778, p. 95. Le diplôme du 4 mars 1695 contient les noms suivants : Témesvar et lénopol, Karlstadt et Zrino-
CARLOVITZ
pol, Szi'gôdin, Buda et AJba Regalonsis, Mohacs et Szigellnar, Versecz, Gross-Vardein et Eger. Le total s'en élovo à sept. Comparées, les deux listes n'offrent que doux l'iéments communs : les noms de Buda et d'Iénopol. 11 est probable d'ailleurs qu'elles ne nous livrent ni l'une ni l'autre la situation véritable et l'état réel des évéchés serbes à la date de 1690. Celle du Syntagmation, bien qu'imprimée en 1715, se réfère peut-être à des documents bien antérieurs, ou, ce qui ne parait pas invraisemblable, pourrait être inexacte et fautive. Celle que renferme le diplôme impérial énumére les évéchés existants en 1695, après la réorganisation opérée par le patriarcbc Arsène. Or il est à croire que cette réorganisation ;n.iil . hii.iin.- avec elle des changements, sup-
pressiiiiix. iililii - i,u translations de sièges anciens
sans i|iii I nii |Hii...> m préciser la nature ou l'étendue.
m. LiL lii'Jii A IS',8. — L'émigration serbe de 1690
s'était faite sous la conduite du patriarche Arsène et du
vice-voïévode Jean Monasterlija. Ce dernier, que les
Serbes considéraient despote prisonnier, n'. m tives à l'organisation •!
nome, au point de vm i rôle important à jouer. Il sa mort, et la dignité de primée. D'ailleurs, dès 1
le loctmi tenens du l'|ii! ili'^ promesses relai. en groupe auto- I politique, aucun Il III iiii l'.is remplacé après ■vûde resta dés alors sup- Léopold avait, par son diplôme du 20 août, conféré pleins pouvoirs au patriarche, dans l'ordre civil comme dans le domaine religieux : ut tînmes ab archiepiscopo, tanqiiam capite suo ecclesiaslico, tam in spirituatibits quant in ssecularibus dependeant. Radich, op. cit., p. 50. En fait, à partir de 1729, en droit, depuis 1779, la juridiction civile du primat serbe fut bien réduite et même presque entièrement supprimée. Dans le domaine religieux et ecclésiastique, ses pouvoirs ne subirent pas dans la suite de restrictions sérieuses. Il put, dès le début, en user pleinement et même en abuser, comme nous allons le voir. A peine installé sur le sol hongrois, à Saint-André, localité située sur le Danube, un peu au-dessus de Buda, et oi'i, dès les premières migrations, les Serbes s'étaient établis en nombre, le patriarche Arsène se mit à l'œuvre et consacra une partie de ses forces et de son activité à la réorganisation de l'Église dont il était devenu le chef. Le surplus fut dépensé dans la lutte contre la propagande catholique. Cette dernière avait obtenu de sérieux succès auprès des Serbes émigrés, puisque, en 1690, la Croatie et la Syrmie possédaient chacune un évèché serbe-uni. Arsène, profitant de l'étendue et de l'imprécision même des pouvoirs qui lui avaient été reconnus, prétendit posséder sur ces deux diocèses juridiction pleine et entière. Le diplôme impérial du 20 août 1691 s'exprimait ainsi : ... gneci ritus ecclesiis et ejusdem professionis communitati prxesse valeat et propria auctoritate ecclesiastica... in tota Grsecia, Bascia, Bulgaria, Dalmatia, Bosnia, lenopulia et Herzegovina, nec non in Hungaria et Croatia, Mysia et lUyria ... facultate disponendi gaudeat. Celuiduimars 1695 renouvelle ces pouvoirs et accorde le confirmatuv impérial aux titulaires désignés pour occuper les sept sièges épiscopaux, alors établis. Radich, op. cit., p. 47, 48; Engel, op. cit., t. il, p. 198-199. Cette dernière pièce spécifiait, il est vrai, que les pouvoirs en question ne visaient que les Serbes émigrés en 1690, populos servianos de turcica servitute recenter vindicatos. Markovich, op. cit., p. 418. Ceux qui constituaient le noyau principal des diocèses unis de Martch et d'Hopovo s'y trouvaient donc soustraits; mais Arsène ne l'entendit pas ainsi. Tant qu'il était resté sur son trône patriarcal d'Ipek, il s'était montré assez disposé à une entente avec Rome, il avait même fait transmettre en 1688 au pape Innocent XI une lettre relative à cette grave question. Markovich, op. cit., p. 418, note 39. Lorsqu'il en fut descendu et qu'il eut trouvé en Autriche un refuge et
une seconde patrie, il se déclara l'adversaire acharné de l'union. La crainte de voir l'Autriche s'en faire un instrument pour dénationaliser les Serbes ne fut peut-être pas étrangère à ce soudain revirement. Quoi qu'il en soit du motif déterminant, Arsène commença par s'emparer des monastères de Syrmie, nombreux alors dans cette région où aujourd'hui encore on n'en compte pas moins de treize, disséminés sur la Fruska Gora ; il mit la main sur le district d'Essek et sur celui de Pakraz qui relevaient alors du siège de Syrmie. Ce dernier avait pour titulaire, depuis 1690, un homme sincèrement attaché à l'union, Pierre Ljubibratich. Chassé d'Hopovo, sa résidence officielle, par les manœuvres des orthodoxes, il se réfugia d'abord à Essek, puis à Pakraz, de là, sur les confins du banat, aux extrêmes limites de son diocèse. Il s'adressait de tous côtés pour trouver appui et secours. Ses appels à la puissance civile et à l'autorité religieuse ne paraissent pas avoir été entendus, et il mourut en 1705, sans avoir eu la consolation de rentrer à sa résidence d'Hopovo. On ne lui donna pas de successeur; la cause de l'union, peu ou point défenilin. . 'ii[iiiii,i j ili'ilincr;
la plupart des anciens convertis I. l ilhi.loxie;
le petit nombre de ceux qui iv- i i jissaau
rite latin. Mlles, op. cit., p. 7.'il, TiJ l.i ii ii -verbal d'une enquête judiciaire datée du 12 janvier 1701,î6irf., p. 751, note 1, nous livre, pris sur le vif, les procédés dont usait le peu scrupuleux patriarche pour arriver à ses fins : circul.nn - . I nul. liii- ;. i. unions secrètes, troubles orgaiii-' . 1 m i i ni en la circonstance ses ageul s I - |ilii .l,..ii I lisplusactifs.il employa les uièiin- iii.im.i n . i • ~ ■ n ijn^itie pour venir à bout de l'évéqiie et des Serlies-uuis du diocèse de Varasdin; mais la défense y fut plus opiniâtre et plus heureuse. Une lettre du cardinal Kollonich, datée du 25 février 1699. vinl lui npppler qu'il ne pouvait prétendre à exeroiT .!<■ luinlh lion que sur les orthodoxes émigrés avec Im ^1' >■ i l-i , Mie ajoutait que l'envoi de légats ou de visilims ilms l.s ditl'érentes provinces de la Hongrie, de la Croalie el de la Slavonie était de sa part un abus de ses pouvoirs, et la création par lui de nouveaux èvêques, une atteinte aux droits de l'empereur. Nilles, op. cit., p. 754. La lutte n'en continua pas moins .sous ses successeurs.
En 1713, nous voyons le métropolitain de Carlovitz travailler à la constitution de deux nouveaux évéchés, l'un à Séverin, dans la généralité de Varasdin, l'autre à Kostanica, sur les confins du banat. Plusieurs monastères, notamment ceux de Lépavina et de Komogovin, étaient passés du côté des orthodoxes. Celui de Gomirjé fit de même en 1716. En 1727, le primat serbe prétend asseoir un de ses partisans sur le siège de Martch. Nouvelles tentatives pour s'en emparer, en 1736. L'année suivante, à l'occasion de la fête patronale de l'église, le monastère de Saint-Nicolas est envahi et mis au pillage par les orthodoxes. Le siège de l'évêché passe, vers 1753, de Martch à Préséka. En 1777, Marie-Thérèse, après entente avec Rome, le fixe définitivement à Kreuz, et autorise son érection en évêché indépendant, car le titulaire de Martch n'avait été jusque-là qu'un simple coadjuteur de l'évêque latin pour les Serbes-unis. Nilles, op. cit., p. 28-31.
Tant qu'Arsène vécut, la situation canonique de l'Église serbe d'Autriche n'ofl'rit rien d'anormal. Elle était, de fait et de droit, autonome, ayant à sa tête un patriarche régulièrement élu, et auquel son exode de Serbie en Autriche n'avait rien enlevé des droits que lui conféraient son élection et sa consécration. Mais à sa mort (1706), il fallut songer à régulariser la situation. Les Turcs lui avaient donné comme successeur sur le trône d'Ipek le grec Callinique. C'est avec ce dernier que s'engagèrent les négociations qui aboutirent, vers 1708, à la reconnaissance officielle par le patriarcat d'Ipek, d'une métropole spéciale, et presque autonome, de fait, pour les
CARLOVITZ
Serbes d'Autriche. Le nouveau métropolitain avait le pouvoir de nommer et de consacrer les évèques, de prendre toutes les mesures qu'il jugerait nécessaires, sans recourir au patriarche d'Ipek. Il resterait cependant, en droit, soumis à la juridiction de ce dernier, et, avant d'entrer en fonction, prêterait entre ses mains serment d'obéissance. Milasch, Das Kirchenrecht (1er morgenlàndischen Kirche, Zara, 1877, p. 282, 283. Dans un document du 23 avril 1710, nous voyons, en effet, le successeur d'Arsène prendre le titre d'exarque du trône patriarcal d'Ipek. Ibid., p. 283, note 2. L'Église serbe d'Autriche ne devait conquérir sa pleine autonomie que trente ans plus lard, sous Joannovicli Schakabent.
Le premier successeur d'Arsène, Isaïe Diakovich, était élu, le 24 mai 1707, par le congrès national composé des évèques, des représentants du clergé et du peuple, conformément au droit reconnu par le privilège impérial du 20 août 1691. Ce mode de désignation fut dès lors constamment en vigueur. On attribue à Isaïe le transfert à Krouchedol de la résidence patriarcale, établie d'abord à Saint-André. Goloubinski, op. cit., p. 617. Ce fut également lui qui entama avec Ipek les négociations relatives à la reconnaissance par ce patriarcat de l'Église serbe d'Autriche. Le titre officiel des primats serbes était le titre d'archevêque, reconnu par l'Autriche dans le privilège du 20 août 1691, Radich, op. cit., p. 47, avec celui d'exarque du trône patriarcal, conféré par Ipek. Le titre de patriarche, conservé à Arsène, fut aussi accordé, un peu plus tard, mais personnellement, à Schakabent, un transfuge d'Ipek, lui aussi. Il ne devait être définitivement rétabli qu'en 1848.
En 1724, Vincent Popovich (-1713--1725) transféra du monastère de Krouchedol à Belgrade, reprise depuis 1707 sur les Turcs, le siège primatial. La paix de Passarovitz (1718), en rendant aux Autrichiens le banat de Témesvar et la Syrmie, lui avait déjà permis de rétablir sur ces provinces, dune manière effective, sa propre juridiction. Son successeur, Moise Pétrovicb (1727-1730), se signala par la fondation à Belgrade d'un établissement d'instruction, dont il confia la direction à un Russe de Moscou, Maxime Souvorof, et par l'obligation qu'il imposa à ses prêtres de porter désormais un costume spécial, copié sur celui du clergé catholique. Goloubinski, op. cit., p. 618. Vincent Joannovich (1731-1737) s'occupa avec zèle de développer l'instruction parmi les Serbes. Il fonda, dans ce but, un gjmnase à Karlovitz, avec le concours de professeurs russes mandés de Kiev, et des écoles dans d'autres localités.
Par la paix de Passarovitz, la Turquie avait du céder à l'Autriche une portion de la Bosnie et même de la Serbie. Ipek n'était plus très éloigné des frontières autrichiennes. Cette proximité, qui favorisait les relations entre Serbes turcs et Serbes autrichiens, permit à l'Autriche de nouer avec le patriarcat d'Ipek de nouvelles négociations. Coïncidant avec la guerre qui se termina par la paix de Belgrade (1739), elles aboutirent, en 1737, . à un nouvel exode en masse des Serbes vers l'Autriche. Charles VI avait fait offrir au patriarche Arsène IV Schakabent le siège primatial de l'Église serbe d'Autriche, vacant depuis le 6 juin 1737. L'exode se produisit trois mois après; mais les Turcs, ayant eu vent du projet, se mirent à la poursuite des fugitifs et en ramenèrent une bonne partie. Le patriarche, avec une portion de son clergé, réussit à gagner Belgrade, où il arriva le 17 septembre. Il s'y installa ; en 1739, Belgrade, cédée aux Turcs, dut être évacuée par lui. La Hongrie lui offrit un asile. Par diplôme du 1" octobre 1741, Marie-Thérèse fixait définitivement à Carlovitz le siège métropolitain de l'Église serbe, et reconnaissait officiellement Arsène « pour le chef religieux du clergé et de la nation rascienne, dans son royaume et dans ses États héréditaires ». Markovich, op. cit., p. 420. Un rescrit impérial du
24 avril 1743 lui accordait aussi, à titre personnel, et en reconnaissance des services rendus, la dignité et le rang de patriarche. C'est à partir de cette époque que l'Église serbe d'Autriche devint complètement autonome et autocéphale, de fait du moins, sinon de droit. Son droit à l'indépendance ne lui fut pas d'ailleurs contesté. Quant au fait, il fut reconnu indirectement par le patriarcat de Constantinople, le jour où celui-ci, dans un différend avec le patriarcat d'Antioche, choisit pour arbitre, et cela à cause de sa qualité de hiérarque indépendant, le métropolite de Carlovitz, Etienne Stratimirovich (1790-1836). Verein, op. cit., p. 365; Markovich, op. cit., p. 420. Enfin, un document approuvé par le patriarcat de Constantinople, la Tijiç -liv Opovwv tr,; ôoOoSôÇo-j àvMTo/.ixï,; Èy./.),y)(jîsiç..., parue en 1855, rangeait l'Église serbe d'Autriche parmi les Églises autocéphales. Milasch, op. cil., p. 283, note 13.
L'administration de Schakabent fut marquée par une réaction contre le mouvement en faveur du développement de l'instruction encouragé par ses prédécesseurs. Il ferma le collège de Carlovitz et renvoya les professeurs russes, en oubliant de les payer; ce qui lui valut des réclamations de la part du gouvernement russe. Goloubinski, op. cit., p. 619. Un de ses successeurs, Paul Nénadovich (1749-1708i. s'empressa au reste de le rouvrir et d'en fonder un second à Neusatz.
Jean Georgiévich (1769-1773) intervint à son tour dans la question scolaire pour désorganiser les écoles existantes et gaspiller le fonds scolaire amassé par son prédécesseur. Le congrès national qui l'avait élu s'était occupé aussi de la question des réformes ecclésiastiqu déjà soulevée dans de précédents congrès. Sur la base i des résolutions votées par ce congrès, et modifiées p lui, le gouvernement autrichien fit paraître en 1770 1 Constitiilioiirx iwfiniùs illyricss. Mais les protestations! que siinli .1 i< iimu\.mu règlement, dès son apparitiODj en cii]|i' rlh i, ni I application. Il fut remanié en 1777; ( comme lis niuiliUcalions introduites ne satisfaisaû pas. encore l'opinion populaire serbe, il en parut 1779 une troisième édition transformée, sous le titre.del Rescriptum declaratoriuin. Ce dernier document, publié j d'abord en latin et en allemand, puis en slave, dans leJ premier fascicule du Serbski Lêtopis (18"" serbe, en 1862, resta pendant près d'un siècle le code 1 fondamental de l'Église serbe d'Autriche. Goloubinski, | op. cit., p. 621; Verein, op. cit., p. 368-369.
Moïse Poutnik (1780-1790) réclama et obtint en 1783 1 l'extension de sa juridiction sur les orthodoxes, en majo- j rite roumains, de Transylvanie et de Bukovine.
Le congrès national de 1790, qui lui donna successeur Etienne Stratimirovich (1790-1837j(j protesta] vivement contre l'oppression magyare et réclama eaj faveur des droits historiques de la nationalité serbe. Il] envoya à l'empereur une députation chargée de lui pré-] senter une supplique qui contenait les points suivants égalité de droits entre les évèques orthodoxes et les évê- 1 ques latins; organisation de la nation illyrienne en pro-j vince autonome comprenant la Syrmie, le comitat dej Bacs, le banat de Témesvar, sous le gouvernement d'uni archiduc; institution d'une chancellerie spéciale pour| l'IUyrie. A ce prix, les Serbes offraient leur concours i l'empereur contre les Hongrois révoltés. Léopold 11^^ heureux de cette divei-sion, fit bon accueil aux évêqu porteurs de la supplique et promit de tenir compte del la requête. Il lui donna même un commencement del réalisation en organisant la chancellerie illyr diète de Presbourg protesta contre cette prétendue atteinte à ses droits, et la chancellerie illyrienne disparutj dès 1792. Cependant, la diète hongroise de 1791 avaiJ sanctionné le droit des Serbes à une existence séparée] et au libre exercice de leur religion. Radich, op. cit., p. 57-60; A. d'Avril, La Serbie chrétienne, dans la Revue de l'Orient chrétien, Paris, 1896, 1. 1, p. 340. S'ils durent
CARLOVIÏZ
so contenter d'espérances sur le premier point, les Serbes reriirenf pleine satisfaction sur le dernier; car ils jdiiiivnl il.'^ lu-, au point de vue religieux et ecclésiasli|ii 1 II II - droits que les catholiques, et virent disp:n ih [Il !i|iii'S légères traces qui subsistaient
encon il un. ,ii. ilii,. de traitement en leur défaveur. Le conyics nalioM:il de 1790 avait aussi sollicité et obtenu du gouvernement impérial la création à Carlovitz d'un séminaire de théologie pour 120 élèves, et l'ouverture dans chacun des sièges épiscopaux d'écoles ecclésiastiques préparatoires. Mais, comme l'entretien de ce séminaire et de ces écoles était, aux termes du rescrit impérial, à la charge du métropolite etdesévêques, ceuxci préférèrent ne pas donner suite au projet et laissèrent enfouio dans les archives l'autorisation impériale. C'est du moins l'accusation que porte contre eux l'auteur de l'article Naimlni cnngfessl publié en 1862 dans le Létopis, t. I, p. 81. Cependant, Carlovitz aurait vu s'ouvrir dès 1794, et, à sa suite, Versecz, Arad et Pakraz, de modestes écoles ecclésiastiques. Goloubinski, op. cit., p. 6-22.
IV. De 1848 a nos jours. — La révolution de 1848 eut un profond retentissement en Autriche. De toutes parts, les nationalités s'y levèrent, pour marcher à la conquête de leur indépendance politique et même religieuse. Les Serbes ne furent point des derniers. Comme pour leurs frères de Croatie, c'était moins d'Autriche que de Hongrie que leur venait le danger d'une oppression, .\ussi, en même temps que les Croates olTraient au gouvernement de Vienne leur concours contre celui de Pest, les Serbes envojaient-ils des députés à Pest pour demander le respect des conventions conclues avec leurs ancêtres par Léopold I". On ne répondit à leurs requêtes que par des injures et des violences. Les représentants de la nation se réunirent alors à Carlovitz sous la présidence de l'archevêque Rajacbich (1842-1861). Le congrès national vota, le 3 mai, entre autres décisions, les résohitions suivantes : 1» les dignités de voïévode et de patriarche sont rétablies; 2» la nation serbe jouira désormais de son indépendance politique, sous l'autorité de la maison d'Autriclic et Je I;i couronne de Hongrie; 3» elle exprime le il. -11 i|ii. 1 1 -il lui... le banat de Témesvar, la Batchliic, .1. . I I ' I M. .lamés voïévodie serbe, conforménioîil III / .,)/(« conclus avec Léopold I"; 4" le
congii- Il . ijiiiijil 1 union politique de la voïévodie avec les royaumes de Croatie, Esclavonie et Dalmatie, tous placés sur le pied d'une liberté et d'une égalité parfaite; 5" le congrès supplie l'empereur-roi de proclamer et d'assurer dans les mêmes conditions, l'indépendance de la nation valaque en Transylvanie. A. d'Avril, op. cit.,
Peu de. temps après, les Serbes marchaient avec les Croates contre les Hongrois. L'empereur, pris entre la révolution hongroise triomphante et les revendications nationales des populations slaves, courut au plus pressé et, pour se conserver l'appui des régiments serbes et croates, fit quelques concessions et de nombreuses promesses. Par un décret en date du 15 décembre 1848, il confirma à Chouplikatz, ex-oflicier français au service de l'Autriche, la dignité de voïévode qui lui avait été conférée par le congrès national, mais, quand l'élu mourut subitement quelques jours après, se garda bien de le remplacer. Rajachich fut autorisé, par le même décret, à porter désormais le titre de patriarche, qui resta acquis à ses successeurs. Toutefois le gouvernement impérial se vengea de cette concession forcée en détachant du diocèse de Carlovitz les trois quarts de la circonscription pour les annexer au diocèse de Novisad (Neusatz), dont le titulaire, Platon Athanaskovich, un gouvernemental forcené, nommé sans le concours de la nation et du patriarche, fut considéré par l'une et par l'autre, jusqu'en 1856, comme un intrus. A. d'Avril, op. cit., p. 343; Radich, op. cit., p. 60-62; Markovich,
op. cit., p. 420. La voïévodie serbe subsista de nom jusqu'en 1860; mais, en fait, l'empereur, au lieu de nommer un voïévode, en prit lui-même le titre, et rattacha en 1849 les provinces qui la composaient au gouvernement de Zagreb (Agram). De 1851 à 1860, ce fut, chez les Serbes de la voïévodie, le triomphe de la centralisation allemande. Mais ces événements, d'ordre purement politique, n'eurent pas de répercussion dans le domaine religieux et ecclésiastique. Ils ne se rattachent à l'histoire de l'Église serbe que par la part prépondérante que prit le patriarche Rajachich à toutes les négociations dont ils furent le prétexte ou l'occasion. Les revers subis par l'Autriche dans la guerre d'Italie, en 1859, provoquèrent un nouveau réveil des aspirations nationales. Les Serbes y prirent leur part en adressant à l'empereur, par l'intermédiaire du patriarche, en juillet 1860, une pétition demandant que les évêchés de Bukovine, de Dalmatie et de Transylvanie soient complètement subordonnés au patriarcat de Carlovitz; que les évèques puissent se réunir en synode, et qu'après la clôture du synode un congrès national ecclésiastique soit autorisé: qu'une section spéciale, destinée à l'administration de l'Église grecque non-unie, soit constituée au ministère des cultes sur le modèle de celle qui existe pour l'Église évangélique; que le gouvernement autorise la construction à Vienne d'une église, d'un presbytère et d'une école pour le rite grec ; qu'il décrète la création de deux universités, l'une pour les Serbes, l'autre pour les Roumains ; qu'il interdise légalement tout prosélytisme ; qu'il exempte les couvents serbes de tout impôt; enfin, que le collège supérieur de Carlovitz et le collège secondaire de Neusatz soient reconnus comme d'utilité publique. A. d'Avril, op. cit., p. 348. La plupart de ces propositions furent agréées, en principe du moins, par l'empereur. En mars 1861, les provinces qui composaient la voïévodie serbe se virent réincorporées dans le royaume de Hongrie. Le congrès national qui se réunit le 2 avril suivant, sous la présidence du vieux patriarche, et avec le concours des représentants des orthodoxes de Hongrie, d'Esclavonie, de Croatie, de Transylvanie et des Confins, émit des vœux et lança des projets pour la réorganisation de la voïévodie, mais sans aucun résultat. Celui de 1864, convoqué pour nommer un successeur à Rajachich, mort en 1860, refusa d'examiner la question des revendications roumaines soulevée par les représentants roumains. Depuis 1860, en effet, la Bukovine et la Transylvanie réclamaient énergiquement leur autonomie religieuse. Un patriote ardent, ï'évêque transylvain Schaguna dirigeait le mouvement séparatiste. Il obtint gain de cause devant le synode épiscopal de Carlovitz, et le 24 décembre 1864 (5 janvier 1865), l'empereur approuvait la décision du synode et érigeait Hermannstadt en métropole indépendante des Roumains de Transylvanie. L'Église serbo-roumaine de Bukovine, elle, dut attendre neuf ans encore son autonomie. Verein, op. cit., p. 372 ; Radich, op. cit., p. 64. Le compromis austro-hongrois de 1867, en établissant le dualisme dans l'empire, eut pour résultat de morceler, politiquement et administrativement, la nationalité serbe. L'Esclavonie unie à la Croatie forma avec elle le royaume tri-unitaire, à qui il manquait toutefois la Dalmatie, rattachée à la Cisleithanie, pour justifier son titre. Ce royaume tri-unitaire tronqué constituait avec le royaume de Hongrie la Transleithanie. La voïévodie proprement dite et le banat restaient incorporés à la Hongrie; de sorte que les Serbes se trouvaient finalement partagés, au point de vue civil, en trois groupes distincts : Serbes cisleithans de Dalmatie et de Bukovine, Serbes transleithans du royaume tri-unitaire, Serbes transleithans de Hongrie. Ce partage entraîna avec lui, au point de vue rejigieux, une organisation nouvelle des groupements ecclésiastiques. La métropole roumaine d'Hermannstadt jouissait depuis 1865 d'une complète autonomie. En 1873, l'Église
CARLOVITZ
(le Bukovine, à laquelle on rattacha la Dalmatie, fui à son tour déclarée autonome, et Tcliernovitz, son centre, érigé en métropole indépendante.
L'Église grecque ortliodoxe d'Autriche, qui avait eu jusqu'en 1SC5 Carlovitz pour unique métropole, se trouva désormais scindée en trois groupes distincts, mais coordonnés : le groupe serbe de Hongrie et de Croatie, le groupe roumain de Transylvanie, le groupe serbo-roumain de Bukovine et de Dalmatie. Le patriarcat de Carlovitz foit.iit niiiAinrlri ft vniitil.' do r,--nc v.'nrpTnisation.
A. d'AMii. "/', "/.. |i. :'.:i.- :;r,i, v-',,-,n. ,.,., r<i.. p. -371- 372: TlhMHh-, I. I.'iiisr s,,;,,' ,.,;/,.-'-.-■ -r Unngrie, dans los Érhos .rune.U. I, v , l!li)|-l'.Mi-2>, p. 108-169. A la suite de ces événements, en juillet 1871, le congrès national serbe fut convoqué à l'effet de désigner un candidat pour le siège patriarcal, vacant depuis quatre ans. L'évêque serbe de Bude, Stoïkovich, y réunit 65 suffrages; mais le gouvernement autrichien, pour qui l'élu était trop ardent patriote serbe, récusa ce choix. Un nouveau scrutin amena le nom d'ivaskovich, métropolitain d'Hermannstadt. 11 fut agréé et démissionna pour venir occuper son nouveau poste. En dehors de cette élection, le congrès s'occupa de réformes intérieures. Il enleva au clergé l'administration exclusive des biens de l'Église et la direction de l'instruction publique, pour l'attribuer au congrès. Il se conféra également des droits sur l'organisation des cures, des consistoires, du conseil métropolitain, sur la fixation du nombre des diocèses et leur délimitation, sur la fondation et la suppression des couvents, sur la dotation des prêtres et des évêques, sur l'organisation des paroisses. A cet effet, il institua une commission mixte permanente, dont les membres laïques seraient choisis par lui, et les membres ecclésiastiques nommés par le patriarche. La présidence en reviendrait de droit au patriarche. Le congrès se déclarait en même temps incompétent dans les questions purement ecclésiastiques, dogmatiques et liturgiques. Ces mesures, votées en 1874, furent sanctionnées et appliquées dès 1875. Le congrès national se composa, à partir de cette époque, de 50 membres laïques et de 25 ecclésiastiques; la commission permanente instituée par lui comprenait cinq laïques sur neuf membres. Il devait se réunir tous les trois ans, sous la présidence du patriarche.
En janvier 1882, le congrès fut appelé à donner un successeur au patriarche défunt, Ivaskovich. Son choix se porta de nouveau sur l'évêque de Bude, Stoïkovich, déjà refusé en 1874 par le gouvernement. Il le fut une seconde fois. Zsirkovich, évêque de Carlstadt, ne fut pas agréé davantage, et le siège resta vacant. Ni l'un ni l'autre des deux candidats n'avait obtenu l'unanimité des suffrages nécessaire pour rendre l'élection valable indépendamment de toute confirmation gouvernementale. Le gouvernement, s'appuyant sur de prétendus droits, procéda alors à une nomination directe et fit tomber son choix sur Angiélich, évéque de Bacs. Le candidat gouvernemental était très antipathique au parti avancé, champion de l'idée de la Grande Serbie en face des prétentions croates et surtout magyari>. L:i lutte sur ce terrain à la fois national il ivh^i. n. ..iitinuait en effet aussi vive que par le pas- ~ i i Mites pa-
rurent un moment s'unir conlir i ||.( . ,1,1 roiiimun, le Magyar; c'était en 1886, à 1 oll.i.-iuh J une lisite de l'archevêque croate d'Agram, ila' .Strossmayer, au patriarche serbe de Carlovitz, et en 1888, à propos du cinquantenaire sacerdotal du prélat croate, que son patri(«'' i . n 11 i.iiiiiiunt à la cause slave ont rendu égal. I, -. I Ih - ,1 ;iux Croates. En 1890, le
con^i ,1 nroi -seur au patriarche Angié-
licli, I I l-j l( choisit .M9' Brankovich, évêque de
Témcsvar, qui appartient au parti national modéré. Ce parti, tout en soutenant les intérêts de la religion et de la nationalité serbe, ne rejette pas toute idée d'entente
avec les maîtres magyares. Il revendique simplement une plus large autonomie nationale et religieuse. En prenant possession de son siège, le nouvel élu déclara que désormais la politique serait bannie de l'église et de l'école. Il promit aussi de pratiquer une entente cordiale avec l'élément laïque. Assez bien accueilli au début, iVlo' Brankovich se vit reprocher, dans la suite, son attitude trop conciliante à l'égard du gouvernement hongrois. Cependant, il avait protesté énergiquement, en 1894, à la Chambre des magnats, contre les mesures de magyarisation. Vers la même époque, le synode épiscopal, dont il était président, avait été dissous pour n'avoir pas accepté les candidats présentés par le gouvernement à deux sièges épiscopaux vacants. A. d'Avril, op. cit., p. 365-378; Lopoukhine, Istoria khristianskoi tserhvi ve xix viékié, Saint-Pétersbourg, 1901, p. 428-
La situation ne paraît pas s'être améliorée dans ces dernières années. Il existe actuellement deux partis : celui du patriarche et du haut clergé, celui du peuple et du bas I II i;.r. I.i' li.i, clergé se plaint d'être oublié et même >,n riii. . I,i - inrsiires disciplinaires prises contre lui par II I .ili 1.11 cil. .1 approuvées par le gouvernement hongrois ilG avnl l'.WOi, n'ont pas contribué, loin de là, à calmer les esprits. Le congrès national, émanation du peuple, se trouve également en lutte avec le pouvoir ecclésiastique, pour la défense de ses droits, en particulier, de ceux relatifs au choix des évêques dans lequel il intervient. Cf. dans le Bogoslovski Viestnik de l'Académie ecclésiastique de Moscou, juin 1901, l'article de Yoskréseiiski su doxes. I' ::"is;; officiel il. l'.'Mii complcl- -m l.i
Le congrès national, par le gouvernement d
octobre 1706.