IV. KEFoi . i,,.il; Jean-Marie Pensa
«"'f'»"";:"' ,;„,,.,, (,Man(o!;a,Mantoue,
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îw .»^K.,i,s,. i.ua.. a.ii lh.i..u, congregationis man-
™' en m=ÏÏuscrit;; Liôu de sinl-Jean, Deffneatio oteer- ,;«ntia= Rhedonensis. Paris, 1646; Liévin de Sainte-Scholasti^T»^^^ Vie d«vén. P. Philippe Thibault, Pans, 1623 Math.as de sâfnt-Jean, i'esprit de la rêfonne des carmes en France, Bordeaux, 1666; Sernin de Saint-Midré, Vie du ven. Fr. Jean de Saint-Samson, Paris, 1881.
V RÉKcmME PE -vTNTF. THÉRÈSE. - Nous Omettons ici la j,.,; ,1/ M, .,;,,', T\,.V~s eUe-même. François de Sainte- ^'''/ " , , , : l:,forma de los descalços, 6 vol.,
' ' I ! 1, , I "'^ ont également paru en italien :
;.'', , ,' s -, .,,..- |.,.-,i sq.; trad. française par Gabriel ri 1 rrôix •' in loi i'iri- 1*5, 1666; nouvelle édit. par Maj-ie- René de Jésus lïucilié. Lérins, 1896: Isidore de Saint-Joseph et Pierre de Saint-André, Historia generalis fratrum discale
— — j,i,.,i:o\ Rnmp -166
-relation d'ftaliel. Rome, 1668, 1671; la
'-^{^Wr ■ I r-iS- i!o ^niii'o-Tliérèse, Annales
; ]■ u :. ii.ii. : nouvelle édit.
, 1 , !v 1 ; Melchior de
, , uu-Ulas descal-
congreg. S.
continualif des carvT par Albert Sainte-Ani
'^"vï." SUB^^S DESERTS. '- Cyprieu de la Nativité, Description des déserts des carmes déchaussés, Paris, 1651, 1668; B. Zimmerman D feeif Emsiedeiein ini Karmeiitenorden dansSttmmen vom Bei ge Kai mel 1898 1900 (y voir la bibliographie) VII SUR LES MISSIONS - Thomasde Jésus Stmiuiuimmio-
Rome 1610 Deprocuyanda lalute omnium genttum
irr 105" Tf>in de 'léotisMaiiP J ibn seu historia
, ,-, F' I 1 1 J l III Philippe
I , 1 X I 1649 édit.
I 1 ht italienne,
I XI 1 laggto aile
I m 1 1 1 di 1 - 1 1 1099^0 """
Palestina, Rome, «53; alla Persia, Home, 1757; n»a Jfesopofamia, Rome, 1757; Paulin de Saint-Barthélémy, Opéra Rome, 7S05; vienne, 1799; Padoue, 1799; E"sébe de Tous les cîainis Historia missionum, 1730; Eustache de Sainte-Marie, l^^adTavlL del ven'. M- Où'^eppe'ii Santa M^^^ de Sebastianis. Borne, 1719; Fribourg, 18o2; Mu bauer, G.*clurht,; Berthold-Ignace de Sainte-Aime, H'*'^'™ f' ':!, t ',.s,„„.„t de la mission de Perse, Bruxelles, 1886 (y voir la M ranhie); James P. Rushe, Carmel in Ireland Londres, !- 1; Zimmei-man, Carmel in England, Londres, 1899; . I, Ils Warren Currier, Carmel in America, Baltimore, 1890 (sur les carmélites); Carmei in India (anonyme), Londres, 189d (sur les carmélites); Henri ds la Sainte-Famille, Histoire des missions des carmes déchaussés, dans les Missions du Ca>-
"'vm!*SUR' LES CARMÉLITES FRANÇAISES^ -- M. HOUSSaye,
Al. de Bérulle et les carmélites de France, Paris, 1872; M. Gramidon. Notices historiques sur Us origines, etc., Paris, 1873, M Houssaye, Les carmélites de France et le cardinal de Bérulle, courte réponse à l'auteur des Notices '^«stortques, BruxeUes, 1873; Berthold-Ignace de Sainte-Anne, Anne de Jésus et les constitutions des carméUtes ''^if,''"»*^ f ' ?"^«g^^; .«J*! Id., Vie de la mère Anne de Jésus, Malmes. 1876, !*««, Albeit Marie du Saint-Sauveur, f-es caoïK-' rî. •,■;.""«-.•« .''■ f^rance, une persécution gui ne désarme pn^ r.i !-•■ ' ' '■ ^"!^'
la continuation n'a pas été publiée ; v ' ' '•''''^'J"'
le gouvernement et Vobservance .(■ ^ nausseei,
2 vol., Reims, 1894(par lessoinsdescai.ucuk. Juiaum.r monastère de Paris) ; C/ironiques de «.'»-*-^„^^V","-'''^ H,T^' 1846, 1850, 1856, 1861, 1865; Poitiers, 1887 (2 vol.). 1888, 1889.
IX ÉTUDES. - Pierre Lucius, Bibliotheca carmelttarum, Florence, 1593; Emmanuel Roman, Elucidac'onesy ^^oript°^ illustres de la orden del carmen, Madrid, 1624, 16^, 1630 Martial de Saint-Jean.Baptiste,Bibiioti,eca8cnpton<mutru<s9«e
sr^i;:':;':^:;)^;" - . v''r=^;:^
fndèxscnptorunr gui Immaculatam Dei Genitricis Concept.onem propugnarunt, Saragosse, 1752.
V n*-voTios^ N' " - I ni.^Hnns ici les auteurs quionttraité de la^aiMe v"r.. " l' ' .ti' place aiUeurs. Albert-Marie du tf..^,nveui s ■ / l„ culte dans Vordre du Car.
cKite de S. Joseph et l ordre du Carmel, .uni 1 1 -^ - 1, 11." çaisetennamand:consultezcependantléiiit' Il I 1 ■ gée par l'auteur et traduite par Séraphin de b.- 1 1 " '
Sur la bibliographie elle-même du Carmel, \-u 1 '"'"'■■ Introductio generalis ad historiam ecclesiastwiun cruue troctJndam, Gand, 1876, p. 369-372; Ul.Chevalier, Répertoire. Topo^ibliographie, col. 585-588, ^ ZiMMERMAN.
CAROLINS (Livres). -I. Histoire. II. Doctrines. I Histoire — V' Authenticité des livres carolms. - En 1549 parut, à Paris, un livre intitulé : Opus lUustnssimi CaroH Magni... contra srjnodum quœ m parttbus Grmcise pro adorandis imaginibus stolidesive arroganler gesta est. L'Oditeur se d'-signf .m>'st'^^"f,^^"Jf"' par ces mots : Eli. PhiU. Il disait faire sa publica ion d'après un manuscrit vetustum, in temple quodam majore augitstissimo ac totius Galliœ antiqmsswio Tpertum, P. L., t. xcvi.i (sauf avis contraire, toutes les citations de la Patrologie se réfèrent à ce vo urne , col. 992. Cet ouvrage, qui se compose de quatre livres, ■1 reçu et gardé le titre de libri carohni. ,
Les protestants, Flaccius en tète, reçurent avec joie les livres carolins; ils les utilisèrent dans leurs attaques contre l'Église catholique. Tout autre fut 1 accuei des caH oHquel Ils les firent mettre à Vlndex des livres proîiibés. d'où Rome les a enlevés lors de la dernière revision de Vlnde.r (1900). On soupçonna que 1 éditeur était un protestant, et cette opinion fut lente a disparaître, puisqu'on la retrouve encore dans Pelau, Dogm. theol.,De inca>-nat., 1. XIII, c. xii, "■. '•..«d' ,-. Fo^rnials, Paris, 1867, t. vu, p. 2il; en reahte, 1 éditeur était Jean du TiUet (Tilius), prêtre, plus tard eveque de
CAROLINS (LIVRES)
Saint-Brieuc, et ensuite de Meaux. Beaucoup refusèrent d'admettre que Charlemagne fût l'auteur de ces livres : les uns les attribuèrent au réformateur Carlstadt, d'autres à un ou à plusieurs hérétiques du temps de Charlemagne, dont Charlemagne aurait envoyé l'œuvre au pape Adrien I", afin d'en obtenir la réfutation. Cf. Surius, P. L., col. 966; Baronius, an. 794, n. 30, édil. Theiner, Bar-le-Duc, 1868, t. xiii, p. 264, et P. L., col. 950-951; Bellarmin, De Ecclcsia triumphante, 1. II, c. xv, Controv., Paris. RWO, t. ii, col. 796; Suarez, De incarnat., disp. \A\. s.mK di. Lvon, 1614, p.:803 (cf. Mansi, P. L., col. '.n-s : \,,.,|,i,/. ]„. I1I"<" Sum. theoL, disp. CVl, c. v, L\un. ii.l'.i, y. (itlO. Cette opinion n'était pas admissible; elle s'évanouit peu à peu. Petau, op. cit., n. 7-8, p. 242, estima que les livres carolins avaient été écrits au nom de Charlemagne; Thomassin,Dogm.(/ieoi.,i)e Verbi Dei incarnat. ,\. XII,
c. XII, n. 16-17, y vit l'écho des au temps de Charlemagne. D à regarder Charlemagne coi exemple Sirniond, dans Mnnsi,
t. XIII, col. 905 (cf. I;.i"llrl. /(
isf franque rnnt point
p. 79-80); Maimboury, ll,si,>irc ,/,- ri,ércs,c ,lrs ,r,;,nclasles, 2" édit., Paris, 1675, t. ii, p. oi; Xod .\Iexandre, Hist. eccles., Venise, 1778, t. \i, p. 110-111, et P. L., col. 975-979; Witasse, De incarnat., q. xi, a. 5, sect. v, Paris, 1719, t. ir, p. 556-558. L'authenticité des livres carolins s'imposa de plus en plus aux critiques. Il y a eu, cependant, une dernière tentative pour la rendre douteuse. Floss, De suspecta Ubrornni carolinorum a Joanne Tilio editorum fide, Bonn, 1860, essaya de démontrer que J. du Tillet n'avait pas eu dans les mains un vieux codex, mais seulement un manuscrit du xvi« siècle; il en conclut, non sans habileté, que le texte de J. du Tillet était suspect. A quoi Reifferscheid répondit, Narralio de Vaticano Ubrorum carolinorum codice, prograïutua, Rreslau, 1873 ; cf. Revue des sciences ecclésiastiqiii's. Anii.ns. l.'-;7i;. I. n\\i\, |i. :;7ii-:'.71. que la bibliolh(i|ii.' \ .iiiraiii' |iii-~rilr. n 7-Jm-j, nu iii.iiiii>crit des livrf> r.ii'dhii- du coiiiiiicni.'riiiriil ilu \ ^inli', identique au iiiaiiu.-,crit édité p.iiJ, du l'illri. Cid.inirr n'a pas été retrouvé, pas plus quiiri ;iiiliv iii:imii-( i II dont Augustin Steuchi, préfet dr l:i \,iliijn. . ;i\,iil publié tout un chapitre (1. I, c. \ii, d;ins -un lir juhd donalione Constantini, 1. II, n. 00. Leipziii, 1545, en disant que c'était liber veluslissimus litteris longobardic.is scriptus, P. L., col. 1000; mais la bibliothèque ue l'Arsenal, à Paris, renferme, n. 663, un autre manuscrit des livres carolins, qui remonte « du ix« au x« siècle ». H. Martin, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal, Paris, 1885, t. i, p. 499-500. « Maintenant, dit Hefele, Conciliengeschichte, Fribourgen-Brisgau, 1877, t. m, p. 698, l'authenticité des livres carolins ne donne plus lieu à hésitation. »
Du reste, elle n'est pas établie uniquement pnr le témoignage des manuscrits actuels et de crus i\r Shiuhi et de J. du Tillet. Hincmar de Reims, 0;,»,s, iW, l.\ capitul. adversus Hincmarum Laudun.. c. \\. /'. /,..
t. cxxvi, col. 360-361, dit du VU» concil riiiiMiii(|iir,
n« de Nicée (787), et de sa condamnalion .ilrsi,iiri,i\ par le concile de Francfort (794) : De mjiis ,tcxini-
(Od
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ma, du; que nou
. cn,lc»i nnpcratore (Charlemagne) iiounsiUihi r,,iscoi>os missum: et du 1. IV I rnhnnri, il ciie un chapitre, le xxvilF, 1,111, !.■- Iiwvs carolins. P. L., col. 1246- 1247. Le synnil- d:> l'.ui- .S-Ji), qui condamna, à son tour, le culli- (!■ - im i.^i-, dit, dans sa lettre aux empereurs Louis et Lutluuie, P. L., col. 1300 ; Eamdem porro si/nodurii (le II« concile de Nicée) cum sanctœ ntemorise genitor rester (Charlemagne) coram se stiisque perlegi fecisset, et multis in lods, ut dignuni erat,
rcprehendisset et qusedam capitula, quss reprehensioni patebant, prsenotasset, eaque per Angilbertuni abbatem eidem Adriano pap.x direxisset, ut illius judicio et auctnritate corri,,prentur, ipse (le pape Adrien) rursiis pcr snigiila cnpihilu... respondere quœ voliiil, non tanien quœ ilecuit. conatns est. Enfin, nous avons la lettre d'Adrien à Charlemagne, si durement jugée par le synode de Paris, Jaffé-Wattenbach, Reg. pont, rom., Leipzig, 1885, n. ,2483, P. L., col. 1247- 1292; le pape raconte, col. 1249, qu'il a reçu Angilbert, envoyé par Charlemagne, et qu'Angilbert edidit nobis capilulare adversum synodum qux pro saci-anini imaginum erectione in Niara acta est, et il ajoute : Unde provestra meUi/I": ,.-/,(/; J.h'riione per unumquodque capitulum rcsi 'imus. Le pape use de ménagements fn\. I I ! i M. semblant ne voir dans l'écrit qu'on Im i jn -i m- in une rédaction due il ne sait à quels écrivains et soumise au siège apostolique; mais il n'est pas difficile de lire entre ses lignes, et ce qui finit de rendre sa pensée claire, c'est le passage où, se trouvant en présence d'un capitulum digne de louange et, par là, différent de ceux qui précèdent, il en attribue l'honneur à Charlemagne, col. 1260 : Hoc saci'uni et venerandum capitulum multum distat a totissupradictis capitulis, et idcirco eum agnovimus vestrse a Deo servatx ortlwdoxœque regalis excellentias esse propriiim.
Si tout le mondp roconnaît aujourd'hui que les livres carolins sont aullniilii|ni-, nul ne prétend que Charlemagne les ait i.di-r - Ini lin me d'un bout à l'autre, et même on juge iiiniu--ilile .]n il l'ait fait, car il n'avait pas la science que ces livres attestent. Tout ce qu'on veut dire, c'est que les livres carolins furent composés à sa demande, en son nom. « Nous ne nous attarderons dit Hefelp. np. cil., p. 697; trad. Delarc, Paris, 1870, t. v. éul. Iiîl, :i 1 N.iniiner quel est celui des savants deJ la cour !!'■ ( dui |. mai^ne qui a pu composer ces libni carolini, liieii des indices porteraient à croire que ce] fut Alcuin, surloul si l'on réfléchit aux rapports exis- I tant entre Alcuin et Charlemagne. On est, en outre, frappé de l'analogie qui existe entre un passage du commentaire d'Alcuin sur S. .lean, iv, 5 sq., et un texte des J livres carolins. 1. IV, c. vi. Une très ancienne tradition s'est aussi conservée en Angleterre, portant qu'Alcui avait écrit contre le 11= concile de Nicée. » Cf. Realencijklopàdie, 3' édit., Leipzig, 1901, t. x, p. 90. Toutefois ces indices sont fragiles. Cf. l'éditeur d'Alcuin, Froben, Prœfatio gêner., c. xii, P. L., t. c, col. 13; Praefatio in | opéra supposita, t. ci, col. 1170-1172; H. Ilurter, Nomenclator, S" édit., Inspruck, 1903, t. i, col. 7C note.
2» Les livres carolins et les capitula envoyés Rome. — Charlemagne a-t-il envoyé à Rome les livres ( carolins dans la forme où nous les possédons actuelle- 1 ment? En général la réponse à celte question a été affirmative. Hefele, op. cit., p. 713-715; trad., p. ■"" 140, a démontré qu'ils ont été présentés au pape Adrien j dans une forme différente de celle qu'ils ont aujourd'hui. Les fajH(î(?a envoyés à Rome n'étaient pas dans] le même ordre que les livres carolins actuels; ils indiquaient la session du concile de Nicée où se trouvait la proposition qu'ils blâmaient, ce que le texte actuel fait pas; ils étaient au nombre de quatre-vingt-cinq, tandis que les libri carolini actuels en comptent cent ' vingt (ou cent vingt-un, si l'on admet l'authenticité de ( 1. IV, c. XXIX, laquelle est douteuse), et, parmi ces \ quatre-vingt-cinq capitula, il y en avait deux qui ne j figurent pas dans nos livres actuels; le texte des capitula cité par le pape est presque partout identique au i titre des chapitres des livres carolins actuels, en telle j sorte qu'il semble qu'Adrien n'a eu sous les yeux qi texte non pas tout à fait semblable, mais en grande par- j tie semblable aux titres actuels des livres carolins. Voir j
CAROLINS (LIVRES)
dans Hefele, op. cit., p. 716-717; Irad., p. 141-142, la liste des passages des livres carolins qui correspondent aux citations de la lettre du pape.
Cette première question résolue, il s'en présente une seconde, qui est la suivante : la priorité appartient-elle aux livres carolins actuels ou aux capitula qui furent envoyés à Adrien? Petau, op. cit., n. 8, p. 242, pense que les livres carolins auraient été composés trois ans après le concile de Nicée (donc en 790), comme il est dit dans la préface du 1. I, col. 1003; puis, le concile de Francfort (794) en aurait recueilli les titres des chapitres, en modifiant leur ordre et parfois leur énoncé, et cet e.xtrait, ce capilulare, comme l'appelle Adrien \", col. 1249, aurait été envoyé à Rome. Dans sa 1"= édition, trad., p. -140, Hefele avait été d'avis que les capitula transmis au pape furent antérieurs à nos livres carolins, et que ceux-ci ont été élaborés après coup, par ordre de Charlemagne, pour renforcer, par des preuves assorties, les capitula primitil's; dans la 2» édition, p. 713, il a abandonné cette manière de voir pour se ranger à celle de Petau.
II. Doctrines. — 1" Culte des images. — Le pape Adrien fit traduire les actes du II' concile de Nicée et envoya un exemplaire de cette traduction à Charlemagne. Charlemagne avait alors à se plaindre des Grecs ; ils appuyaient les résistances des princes lombards contre la domination des Francs en Italie, et un projet de mariage entre Rolhrude, filla de Charlemagne, et l'empereur grec, Constantin VI, v nait d'échouer. Il est permis de croire que Charlemagne fut aise d'avoir une occasion d'humilier les Ryzar.tins; parla s'expliquent, en particulier, des passages très vifs des livres carolins contre Constantin VI et sa mère l'impératrice Irène. Du reste, il y avait, dans l'Eglise franque. des tendances défavorables au culte des images. Et. de plus, la traduction du concile de Nicée était très défectueuse; il en résulta une méprise grossière sur le fond même du débat. Le concile a nettement établi, sess. Vil, Labbe et Cossart, Concilia, Paris, 1671, t. vu, col. 556; cf. Denzinger- Stahl, Encinridion, doc. xxx,9«édit., Wurzbourg, p. 82, la"di(rérence entre l'adoration véritable, i),T|6ixTiv XaTpeiov, qui ne convient qu'à Dieu, et l'honneur, Tiji/i, l'adoration improprement dite, la vénération, tijatitixtiv ■rtpoox-jvrifjiv, que l'on donne aux images et qui ne s'arrêtent pas à elles, mais qui vont à ceux que les images représentent. Voir t. I, col. 437-4-38. Or, là où le texte grec portait le mot 7tpo(ix-JvT|<Tii; la traduction latine avait adoratio. Le mot adoratio, dans l'Écriture, ne désigne pas toujours le culte de latrie ; l'auteur des livres carolins le constate, 1. I, c. IX, col. 1027-1029. Dans l'usage des théologiens, il a pu s'entendre du culte de dulie quand le contexte ne laissait pas de doute sur le sens véritable. Voir, par exemple, Suarez, De incarnat-, disp. LIV, De usu et adoratione imaginum, p. 790 sq. Dans la traduction latine des actes du concile de Nicée, ce mot avait tout au plus une signification équivoque; l'auteur des livres carolins, qui interpréta, sur toute la ligne, le texte traduit du concile dans le sens le plus défavorable, part de cette idée que le concile réclame pour les images l'adoration proprement dite. Un autre passage de la traduction, qui ne pouvait que le confirmer dans son erreur, est celui qui fait dire à Constantin, évêque de Constantia, dans l'île de Chypre, et cela cxteris (episcopis) consentientibus : Suscipio et amplector honorabiliter sanctas et venerandas imagines secunduni servitium adoralionis quod coyisubstantiali et vivificatrici Trinitati emitto, col. 1148. Or, il y a dans l'original, Labbe et Cossart, op. cit., col. 188 : « J'accepte et je baise avec honneur les saintes et vénérables images; quant à l'adoration qui consiste dans la latrie, c'est-à-dire dans le service dû à Dieu, je la réserve à la seule supersubstantielle et vivifiante trinité. » Le malentendu était donc aussi grave que possible; le concile de Nicée refuseaux
images l'adoration 'proprement dite, et les livres carolins s'indignent de ce que le concile de Nicée la leur accorde.
Mais tout le conflit tenait-il à un malentendu ? Le concile de Nicée déniait aux images le culte de latrie, mais déclarait légitime un culte inférieur, de simple vénération. Là-dessus les livres carolins s'accordent-ils avec lui? A se fier à certaines apparences on pourrait d'abord le croire. Dans la préface du 1. I, col. 1002-1005, nous lisons des paroles aussi dures contre le synode iconoclaste de Constantinople (en 754; les livres carolins, col. 1002, le placent à tort en Bithynie) que contre celui de Nicée incriminé à faux pour avoir prescrit l'adoration des images. Çà et là les livres carolins semblent ne blâmer que le culte de latrie décerné aux images, et admettre qu'on puisse leur rendre un certain culte. C'est ainsi qu'à l'objection tirée de ce fait que le pape Sylvestre porta des images à l'empereur Constantin, ils répondent, 1. Il, c. xiii, col. 1078 : 1" Le livre des Actes de saint Sylvestre, qui raconte ce fait, n'a pas de crédit; 2" si le pape a présenté des images à Constantin, ce n'était pas pour que celui-ci les « adorât » ; 3» s'il avait ordonné à Constantin de les « adorer », ideo for t assis jubevet ut eum qui visibilium cultor erat pervisibilia ad invisibiliaproi'ocaret; donc, conclut-on, il peut y avoir des circonstances, de l'aveu des livres carolins, où le culte des images peut être utile. Noël Alexandre, P. L., col. 979-988; Witasse, op. cit., p. 531- 532, 558-568, ont essayé d'établir que les livres carolins ne sont pas absolument hostiles à tout culte envers les images. Petau, op. cit., c. xvi, n. 2-4, p. 262-264, préfère (veri arbitror esse sinnlius) l'opinion d'après laquelle ces livres excluent toute sorte de culte. Il est difficile de n'être pas de son avis. Les livres carolins protestent que les images ne sont pas des idoles et ne veulent pas qu'on les détruise, mais en affirmant que leur utilité se réduit à orner les églises, à rappeler les souvenirs du passé, I. I, pra;f., col. 1006 : imagines in ornamentis ecclesiarum et memoria reruni gestarum habenles, et solwn Deum adorantes et ejus sanctis opporlunam veneralionem exhibcntes, ncc cum illis frangimusnec cum istisailormuiis. A Dini lailuration, aux saints la vénération, mai^ ,iiilh,,,i pnnins liicum imaginum cultus et ailoruin, h-iimi, 1. Il, c. xxi, col. 1085, et encore, col. lOà.'j-luai : .•<unctis... ccneratio exhibcnda est, imagines vero, omni suicuUura et adoratione seclusa, ^ttrum in basilicis propter memoriam reritm gestarum et o)-namentum sint an etiani non sint, nullum fidei catholicse ajferre poterunt prxjudicium. Il importe peu d'en avoir ou de ne pas en avoir ; elles ne sont nécessaires à aucun titre. On ne doit, en aucune manière, les comparer à la croix du Christ ou à l'Ecriture sainte, aux vases sacrés, aux reliques des corps et des habits des saints; tous ces objets sont vénérés, conformément à une tradition ancienne, tandis que les images ne le sont pas. L. II, c. xxviii-xxx, col. 1096-1109; 1. III, c. xxiv, col. 1165-1166. On ne peut dire que l'honneur rendu aux images passe aux saints que les images représentent. L. II, c. XVI, col. 1146-1148; cf. J. Tunnel, Histoire de la théologie positive, Paris, 1904, p. 480, 4SI. Il est insensé d'allumer des cierges et de brûler de l'encens devant les images. L. IV, c. m, col. 1187-1188. Si elles sont saintes, comme on le prétend, pourquoi les placer sur les chemins ou dans les places publiques, qui ne sont pas des lieux saints? L. IV, c. xxvi, col. 1243-1244. En outre, 1. IV, c. xxvii, col. 1244-1246, toutes les images ne sont pas belles; si la mesure de leur beauté est celle de leur sainteté et de leur efficacité, celles qui sont dépourvues de beauté ne sont pas saintes et efficaces, et ainsi leur sainteté ne vient pas d'un motif de religion, mais de l'habileté de l'artiste. Dira-t-on que l'honneur du aux images est indépendant de leur valeur artistique? Dans ce cas, il n'y a qu'à supprimer la fustice.
CAROLINS (LIVRES)
qui veut qu'on accorde à chaque chose ce qui lui appartient, il y a là un sophisme, ou plutôt une complète inintelligence de la doctrine combattue. Mais la pensée de l'auteur des livres carolins apparaît franche et brutale; il condamne tout cuUe des images.
lo Points divers. — 1. Les livres carolins prennent également parti contre les Grecs dans l.i question de la procession du Saint-Esprit. Non seulement ils disent que le Saint-Esprit procède ex Paire ei FiUo, dans la belle profession de foi du 1. II. c. i, col. 1113; mais encore ils insistent sur la nécessité de proclamer que le Saint-Esprit procède ex Pâtre et Filio, 1. II, c. viii. col. 11-29, et iU nfnniiunt que telle est la foi d.' TÉglise universelle, rul. IIIS. Iijn- lini ;ii,lriir .Ir |M.l.Miiiqiie contre les Givr^. il- h' - • 'ii I •! .i-ni-, .,, .•li,',, ,,,. ,!,• Constantinojili'. ir.i\ "ii n - .u .['i I - 'in!- 1 -j.- ,' [.1.1cède ex Paire pcr ï.laur. I. Il . m, ,. I. 11174121, Théodore de Jérusalem d'avuu ilil •\w' 1- 1'. re n'a pas de principe et que le Fils aie Prrr [.um prun ipe. l. II, c. iv, col. 1121-1123, et de nouveau Ti.iMMiKJi ><.!,, onresséque
le Saint-Esprit est Patri et Filiu r,.v ' [, 11
c. V, col. 112'3-il2i. Le pape Adrien 11 .u! 1 >- 1 | im
montrer l'orthodoxie de la formule i|iii > ,' pi 1 - I
Saint-Esprit ex Paire jvr Filimi}. v\ I . I!, Il IIilu dore de Jérusalem sur h- T'iv |.riin i|i. iln lils et luimême sans princip'-: '|iiiiii ,1 I - ■ im 1 --i-n Ai- Patri et Filio contribuli(s.api)]i'\i\,rAn >,iiiii-l.-|ii 11. sans compter — ce que le pape ne remarque point — qu'elle avait été employée par Théodore de Jérusalem, non par Tarasius, elle pouvait se justifier, col. 1249-1254,
2. Ce que les livres carolins disent de l'eucharistie, 1. II, c. XXVII, col. 1093-1096, mérite d'être relevé. Ils accusent le concile 'de Nicée d'avoir mis sur le même
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tie instituée par Xotre-Seigneur ad commemoraliûnem sues passionis et nostrie saliitis, col. 1093. Per illud peccata remiltuntiir. disent-ils encore, col. 1005; ilhid ducit per esum ."' r.-c/cs^iv rrr/iii uih-i<Uiini .... ri iiini sine illius yc/ - ^7'/'-.'. .i.',..- s-,;. ,(-.,■. IK - m Kl. ni pl.icer la consériMii^'ii .l.m^ !<■- iuimI.'- ilr I i|iirli -r- .1,7
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tis populi deprecatioues suis prccibus miscens,ciim inlerno rugitu memoriam facial dominicœ passionis, et ab itiferis resiirrectionis, necnon et in cselos gloriosissimse ascensionis, et hœc perferri per nianits angeli in sublime altare Dei et in conspectum majestatis deposcat, col. 1093-1094, et col. 1095 : cum... illud consecretur a sacerdote divini nomiTiis invocatione.
3. A. Hauck. Kirchengeschichle Deutschlands, Leipzig, 1897, t. II, p. 238 sq.. attribue les livres carolins et l'hostilité de Charlemagne pour le II" concile de Nicée à une vive irritation résultant de ce que le pape aurai! réuni le concile de Nicée sans en aviser Charles et se concerter avec lui. Cela est possible, mais très hypothétique. 0 Dans la supposition de M. Hauck que Charlemagne se serait senti non seulement blessé dans son araour-propre par l'initiative du pape, mais lésé dans ses droits de chef de l'Église franque, il est bien extraordinaire que la polémique des libri carolini n'ait pas insisté sur les droits ecclésiastiques du roi. » H.-M. Hemrnor. Revue d'histoire et de littérature religieuses, Paris, 1898, t. III, p. 306. Sans doute il en est question en passant, surtout dans ces membres de phrases sonores de la préface du 1. I, col. 1001-1002 : cujus (Ecclesiœ), quoniam in sinu regni gubernacula, Domino tribxiente, suscepimus... : nobis, quibus... ad regendum commissa est. Mais à la rigueur ces paroles peuvent s'entendre comme exprimant l'idée qu'avait de sa mission 1' « évêque du dehors » qu'en fait Charlemagne ambitionnait d'être
avant même d'être couronné empereur. Toutefois cr qui est étrange, c'est que l'auteur des livres carolins affecte d'ignorer que le pape s'est occupé du concile de Nicée, qu'il y a envoyé ses légats, qu'il l'a approuvé. Il en parle comme d'un synode qui, loin de mériter le titrr d'œcuménique, n'est que l'œuvre misérable des évêques de deux ou trois provinces en désaccord avec l'Églisr universelle. Il y a plus, parmi les passages du II» concile de Nicée que critiquent les livres carolins, un certain nombre sont empruntés à la lettre du pape Adrien à l'impératrice Irène, cf. le tableau des citations des actes du concile dans Hefele, p. 709-712; trad., p. 133-136; pas une fois l'auteur ne semble s'apercevoir qu'il attaque la parole du pape. Notons encore un mot assez vif à propos de l'usage de rappeler « la divimmémoire » des morts, 1. I, c. m, col. 1015 : Sed hœc ei his similia Romana potius anibitio quam apostolica aclmisit traditio. Tout cela révèle un sentiment d'indépendance vis-à-vis du saint-siège; c'est déjà un peu du gallicanisme. Cf. A. Harnack, Lehrbuch der Dognienges- < l'^rhir. ?:' édit., Fribourg-en-Brisgau, 1897, t. m. >'-:- 1. iKi reste, Charlemagne s'exprime en termes
I iiii!|'iis sur la primauté de l'Église de Rome en i.i.M.i, dL foi, 1. I, c. VI, col. 1019-1022; il rappelle que Sun pure, Pépin le Bref, a voulu avoir la même liturgie que Rome, ut non esset dispar ordo psallendi quibus erat conipar ardor credendi, co\. 1021, et que lui-même, à son tour, a introduit l'unité liturgique dans les pays qui ont été, par ses soins, convertis au christianisme. Cf. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, 2« édil.. Paris, 1898, p. 96-99.
4. Les livres carolins contiennent plus d'une chose juste sur l'emploi de l'Écriture et des Pères. Ils n'admeltent pas que les Écritures pro suo cuique arbitrio proprio sensui accomniodandse sint. L.I, c. v, col. 1019. Seules ont de l'autorité les Écritures que l'Église de Rome reçoit comme canoniques. L. I, c. vi, col. 1020. Elles ne doivent pas être détournées de leur sens véritable, et c'est à tort qu'on allègue en faveur du culte des images des textes qui n'ont pas de rapport avec ce sujet. Cf. Turmel, Histoire de la théologie positive, p. 352. Il ne faut recevoir les dogmes que des docteurs qui ont été re^us par le saint-siège. L. I, c. vi, col. 1020. Leur texte doit être lu soigneusement, et on doit veiller à ne pas leur prêter ce qu'ils ne disent point. L. II, c. xiv-xx, col. 1078-1085. On ne peut se fier aux écriti dont les auteurs sont inconnus, 1. IV, c. xi, col. 12^ ni aux sornettes des livres apocryphes. L. III, col. 1179-1180. Voir encore les passages indiques paB H. Reuter, Geschichte der religiôsen Aufklârung inu Miltelalter, Rerlin, 1S75, t. i, p. 266. Tout n'est pouri tant pas irréprochable, dans les livres carolins, en : tière de critique. Nous avons eu l'occasion de signale des erreurs qu'ils ont commises, et l'on pourrait allonger la liste. Cf. Hefele, op. cit., surtout p. 708-7091 Irad., p. 133. Reste à savoir, d'ailleurs, dans quelle limites l'auteur des livres carolins est personnellement responsable de ces erreurs ou digne d'éloge pour ca qu'il a de bon. C'est ce qu'apprendra l'étude des sources qu'il a utilisées. Le 17 juin 1904, dans une communica-J tion à l'Académie des inscriptions et belles-lettreç D. Serruys a signalé une source inconnue jusqu'à pr sent, un ouvrage inédit de Nicéphore, patriarche de Constantinople. qui sera prochainement publié. Il y a retrouvé le texte original grec de certains témoi^ gnages invoqués par les livres carolins; ces témoignage seraient empruntés à des écrits de propagande noclaste qui furent composés à Constantinople, viii« siècle, et qui, sans doute, furent envoyés en OcciJ dent par les Grecs, désireux de créer un dissentimenj entre Rome et les Francs sur la question des image ainsi qu'ils le tentèrent encore sous Louis le Débonnaire^ Cf. Comptes rendus des séances de l'Académie de
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