‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 648 sur 741 · Hemmer · texte numérisé non relu

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4. CÉLESTIN IV, pape, successeur de Grégoire IX, élu le 25 octobre 1241, mort le 10 novembre suivant.

Godefroy, cardinal-évêque de Sabine, élu malgré son grand âge, en pleine lutte de la papauté contre Krédéric II, par un collège de cardinaux très divisé, mourut au bout de quinze jours de règne. Il eut pour successeur Innocent IV mais seulement en 1243.

Potthast, Regesta pontiflcum romanorum , 1874, t. i, p. 940. H. Hemmer.

5. CÉLESTIN V (SAINT), pape, successeur de Nicolas IV, élu le 5 juillet 1294, démissionnaire du siège apostolique le 13 décembre de la même année.

Fils d'un paysan des Abruzes, Pierre, dit Murrone, naquit vers 1215 (au plus tôt vers 1210), et passa presque toute sa vie dans les exercices ascétiques. Il était entré chez les bénédictins et avait mené la vie érémitique sur le mont Majella et sur le mont Murrone d'où lui vint son surnom. Des relations mal éclaircies avec les spirituels valurent au pieux ermite un renom qui lui attira des disciples et lui permit de fonder un ordre particulier, approuvé, dit-on, par différents papes et notamment par Urbain IV en 1264 et par Grégoire X en 1274; mais Pierre de Murrone abandonna à un vicaire le soin de gouverner son ordre lorsqu'il devint un peu nombreux. Rien ne le désignait pour la tiare, et il fut plus surpris que personne de se voir offrir la papauté.

Nicolas IV ,'tail mort depuis deux ans (1292) et les faclion il.- rnJiii iii\ Orsini et Colonna ne parvenaient pas a -c ni. ihli. il c.jnclave, réuni à Pérouse, menavuit (Ir s V1..1111S.1 , .piand Charles II, roi de Naples, fit aboutir la candidature de Pierre de Murrone. Les députés du conclave ne purent d'abord parler à l'élu qu'à travers la fenêtre grillée de sa cellule. On parvint à lui faire agréer l'élection en y montrant le doigt de Dieu. Célestin V convoqua les cardinaux à Aquila, où il fit modestement son entrée sur un âne, et fut enfin sacré le 29 août 1294.

Son inexpérience le livra anssil.M aux politiques et aux intrigants. Le roi d. ,\,ipKs. ilhaiies le Boiteux, le décida à demeurer à Xapl. ~ .Lnis un palais où l'humble pape se contenta d'une tliaiiibie toute monacale, et se mit en devoir de l'exploiter pour conquérir la Sicile. II se fit donner un appui moral et financier pour la guerre (Potthast, 23985) et comme la vieillesse de Célestin était un danger pour son inlluence, il tenta de s'assurer un rôle prépondérant dans le prochain conclave en faisant remettre en vigueur la constitution de Grégoire X sur les électioûs pontificales et en faisant procéder à une fournée de cardinaux choisis parmi ses créatures.

Les affaires spirituelles, en dépit des bonnes intentions du pape, étaient aussi mal conduites que les politiques. Une nuée d'intrigants et d'exaltés, appartenant au parti des spirituels franciscains et à la postérité spirituelle de Joachim de Flore, s'empressèrent de se rendre auprès du pape qui les avait connus dans sa retraite et qui ne voyait de leurs menées que le zèle apparent pour la réforme de l'Église. Timide à l'égard des cardinaux qu'il tenait loin de ses conseils, le pape

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