‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 664 sur 741 · CERTITUDE — CÉSAIRE D'ARLES · texte numérisé non relu

CERTITUDE — CÉSAIRE D'ARLES

spéciale de Dieu, en avoir la cerlitude avant qu'ils soient réalisés. Voir Espérance.

XII. La certitude et la conscience. — Enfin, passant (lo l'ordre dogmatique à Tordre moral, la théologie exige que tout homme, pour produire un acte honnête, ait auparavant la certitude morale de la licéité de cet acte, c'est-à-dire une assurance qui exclue toute crainte prudente de mal faire. Il est manifeste, en effet, que si l'on posait un acte que l'on aurait des raisons plausibles de suspecter, on accepterait par là d'une façon au moins implicite le mal qui pourrait y être contenu, et cette acceptation serait un péché.

XIII. La certitude morale. — Nous sommes ainsi amenés à la certitude morale. Cette dénomination recouvre plusieurs états d'àme; deux en particulier. On entend souvent par certitude morale la grande probabilité dont nous avons parlé plus haut et pour laquelle noiis avons renvoyé à l'art. Probabilité. On entend aussi ce mot de la certitude relative aux choses de l'ordre pratique, aux vérités qui concernent la conduite morale. La première certitude est appelée morale, pour atténuer ce qu'il y a de trop absolu dans le mot « certitude », et montrer quelle n'est pas pleinement basée sur l'évidence objective, et qu'elle puise toute la force de son assurance sur la détermination de la volonté, venant compléter ce que les motifs ont d'insuffisant. La seconde certitude peut être une vraie certitude fondée sur l'évidence complète. Elle n'en est pas moins dite « morale », parce qu'elle concerne les mœurs; et cette appellation est légitime, soit à cause de son objet, soit à cause du rôle spécial que la volonté joue auprès des affirmations de cette catégorie. En effet, toute affirmation relative à l'ordre pratique et moral traite du bien, lequel, étant un objet de volonté, sollicite celle-ci, en sorte qu'il ne peut guère y avoir d'affirmation d'ordre moral qui ne soit accompagnée d'un consentement de la volonté. Ceci montre le caractère particulier des preuves d'ordre moral et les conditions qu'elles doivent réunir pour créer la certitude. « Elles doivent faire voir la vérité, et faire vouloir que la vérité soit. » UUé-Laprune, La certitude morale, c. vu, § 3, 3« édit., Paris, 1898, p. 378. Tandis que les preuves mathématiques ou physiques, par exemple, sont complètes par la seule démonstration, celles-ci, pour produire tout leur effet, doivent joindre à la démonstration la persuasion; elles doivent éclairer ^esprit, et ébranler la volonté. Si elles éclairent l'esprit sans vaincre la volonté, celle-ci résistera, réagira sur la pensée, détournera l'attention, soulèvera des objections, empêchera l'assentiment, et la certitude créée par l'évidence fera place au doute imposé par la volonté. « C'est une suite de la nature des vérités morales que, la volonté étant rebelle ou insouciante, l'esprit puisse échapper à leurs prises par quelque endroit. Il trouve toujours des difficultés dont il profite, des obscurités dont il tire parti, des apparences de raisons contraires qu'il exploite. » Ollé-Laprune, ibid., p. 389. Ce rôle de la volonté qui, lorsqu'elle est entraînée, complète l'effet de la preuve et mène l'àme à l'action; lorsqu'elle est rebelle, obscurcit la lumière de la preuve et en paralyse l'effet, est particulier à la certitude des choses pratiques, la distingue et donc justifie le nom de « morale » qui lui a été donné.

KltiU-i 11, I ■: ('/-.ii'SHji/ije scolastique, trad. par 1^ R. P. Coiistiiu ~ i; I 1-^08; H. de Cossoles, La cerfôiidep/uio-

sophi^; \'..: >■ . abbé de Broglie, Le positivisme et la

scmn , , , - ;,.;,. 2 in-8% Pai-is, 1881 ; Vallel, La tète et le

cœur, l'nri^, 1891; Ullé-Lapnmc, /- ' ,/„;,,;,, r le temps présent. Paris, iS9i; là., La ceri If dit., Paris.

1898; Jules Payot, Z)e /a croyaMC'-. r ! ■' v i Hrocliard,

Les sceptiques grecs, Paris, 1887; i; Iv ^Imalm, Le dogmatisme du cœur et celui de iespnt, Paiis, 18VW; D. Mercier, Critériotogie générale ou théorie générale de la certitude, Louvain, Paris, 1899; Albert Leclerc, Essai critique sur le droit d'afftrmer, Paris, 1901; J. Balfour, Les bases de la

croyance, trad. G. .\rt, avec la préfaces de M. Brunetière, Paris, s. d. ; les discours de Jl. Brunetière sur le Besoin de croire, et sur les Raisons actuelles de croire.

A. ChOLLET.

CERVANTES Gonzalve, théologien espagnol du xvi» siècle. Jésuite d'abord, il sortit de la Compagnie, et s'affilia à la provim-e ,]■ \,i.l lii.ii^it- de l'ordre de Saint-Augustin. On a il lu I / iiln-imi Sapientix commentarii, et tlicu, • < . -.i.rx Scripturx et

concionatoribus vi'rln n,, .>i il.'s ; prima pars

octo priera oijui.i , ,/>, Séville, 1614; 2" Pare-

cer de S. Ad'j / ih' la concepcion puris-

sima de la nr-i ,. W ■, - lui/re de Dios, sin pecado original, en iluz, i-i^..//.,^ iugares y principios tlieoldgicos del sanlo dûctur, eon respuestas a olros doze, al parecer encontrados en sus obras, Séville, 1618.

Moral, Catalogo de escritores agustinos Espaiioles, Portugueses y Americanos, dans La Ciudad de Dios, 1898, t, xlvi, p. 211-212; N. Antonio, Bibliotheca Hispana nova, 1. 1, p. 553; Hurter, Nomenclator, t. ni, col. 185.

CERVERA Pierre, trinitaire, né à Valence, et mort à Messine en l'.90. On a de lui : Observationes pietatis ac verilalis sacrosanctse catliolicx et aposloUciE Romanse Ecclesise quibus pravitatis et falsitatis nunc temporis hsereticm dolus atque assiduum hxrelicorum vetienum insanabile liquida detegitui- ad modiini brevis commentarii ut omnium inanibits deferri commode valeat, Bruxelles, 1595.

l'"iguei-as Cai-pi, Chronicon ordinis sanctissims! Trinitalis, Vérone, 1645, p. 251; Possevin, Apparatus sucer, Venise, 1606, t. m, p. 45; Antonin de l'Assomption, Diccionario de es, critores trinitarios de Espana y Portugal, Rome, 1898, t. ip. 150-151.

A. Palmieri.

1. CÉSAIRE D'ARLES. - I. Vie. II. Œuvres : 1» Discours; 2» Traités; 3» Actes canoniques. III. Doctrine : 1» Trinité; 2» Incarnation; 3° le Saint-Esprit; 4» anges et démons; 5° la foi; 6- les symboles de Césaire; 7° le péché originel et la grâce actuelle; 8" la grâce sanctifiante et les péchés actuels ; 9" suites et remèdes du péché actuel; 10» vertus et vices; 11» les sacrements. IV. Conclusion.

Dans tout cet article, il est renvoyé aux sermons placés par les bénédictins dans l'appendice des sermons de saint Augustin, dans leur édition, t. v b, P. L., t. xxxix. Les renvois sont faits d'après Migne et l'indication col. sans tomaison s'applique à ce t. .xxxix.

I. Vie. — Césaire est né en 470 ou 471, sur le territoire de Chalon-sur-Saône, probablement dans un domaine rural. Ses parents devaient appartenir à une bonne souche gallo-romaine, ainsi que le prouve toute son attitude : il s'oppose au peuple et lui parle comme n'en étant pas sorti. Nous ignorons si sa fortune patrimoniale était grande; en tout cas, ses parents disposaient d'un certain nombre d'esclaves, Vila, I, 5, P. L., t. Lxvii, col. 1003, elles affectus pristini, àoni il parle à l'évêque de Chalon, ibid., col. 1003, semblent désigner une vie assez large. A l'insu de ses parents, Césaire s'arrache à cette vie et va se jeter aux pieds de saint Silveslre, évéque de Chalon (484-526), en le conjurant de l'admettre dans son clergé. Césaire avait dix-huit ans et resta deux ans dans le clergé chalonnais. Enfin, il renonce à ses parents et à sa patrie et s'enfuit à Lérins, dont le monastère était alors dirigé par l'abbé Porcaire (Porcarius). Au bout d'un certain temps, il fut choisi comme cellerier. La rigueur de ses jeûnes l'affaiblit si bien que l'abbé dut l'envoyer à Arles pour refaire sa santé et consulter les médecins.

Il avait étudié à Lérins surtout les œuvres de saint Augustin et celles du prédécesseur de Porcaire, Fauste, devenu évéque de Riez en 460. Il put suivre à Arles les leçons d'un rhéteur africain, Pomerius, et compléter sa

CÉSAIRE D'ARLES

formation littéraire qui parait avoir été jusque-là fort négligée. Mais il était déjà trop tard pour qu'il put acquérir la culture classique; elle lui a toujours manqué. Il ne dut apprendre à l'école de Pomère qu'à écrire facilement, à composer et à faire tomber les phrases suivant les règles du cursus. Il avait sans doute sur la culture convenable à un homme d'Église des idées déjà arrêtées et une répugnance raisonnée pour les exercices de virtuosité qui faisaient la joie d'un Ennodius. Voir le songe raconté, Vita, I, i, 9, P. L., t. lxvi, col. -1005.

L'évêque d'Arles, Éone, découvrit que Césaire était son parent. Il demanda à l'abbé de Lérins de le lui céder et conféra à son nouveau clerc le diaconat, puis la prêtrise. Il lui confia enfin la direction d'une abbaye située dans une île du Rhône. Césaire exerçait depuis plus de trois ans ces fonctions quand l'évêque d'Arles le désigna pour son successeur ; peu de temps après, il recueillait l'héritage d'Éone (503).

L'épiscopat de Cé^iaire s'est exercé sous trois régimes polili^im^ 1 i.^iuie wisigothique sous Alaric II jusqn'fii riiiT I I iiiie ostrogothique sous Théodoric, de 5(iN.' i:>i I ^,i,i- IVanc, depuis 536. Les deux premiers l'Iaii lit .11 un-, ùilholique et d'origine burgonde, Césaire leur fut suspect et dut aller se justifier, à Bordeaux, en ôOô, à Ravenne, en 513. Mais il tourna ses deux voyages au profit des intéirts ecclésiastiques. En 506, il avait lieeiKv ,lr 1. nnii un ^r^nd concile, à Agde; en 513, cohill.' (111(11111^111- ICI! Tlu'odoric, il poussait jusqu'à Rmik. . (.(1(1. nul iKdu-di.iiciiient contre saint Avit une déciel.ile (Il S\i((ii(.i(|(i I i\(irable à ses prétentions de métropolil.iiu H iu.m inlii u et après son retour, la restauration on 1( ( (iilii 1(1 iiK'ii de la primatie arlésienne. Sur la priiii.iiie, \((ii I,. iKiehesne, Fastes ppiscopmix lie Vancienne Gaule, t. i, p. 84 sq. ; Hnldit. Ir rmicile de Turin, Paris, 1904. La primatie ddi-i-i lii -m h. ut dans une surveillance générale des nlluK. - (il' -i cliques en Gaule et en Espagne, la convoenlion d. - c.nciles et le privilège de délivrer les lettres formées aux clercs ou évéques se rendant de ces pays auprès du pape. Voir la lettre de Symmaque et la supplique de Césaire, P. L., t. LXii, col. 66, 65.

En même temps, Théodoric rétablissait à Arles la préfecture des Gaules, une institution qui avait déjà prêté à celle de la primatie un appui politique. Le préfet, Liliére, fui pour {'.esniic un soutien énergique. Cette pi'Tioilc lie Li Mc (lu <(inl c-t le point culminant de sa can-iric. Il cxcice >ni loule l.i rc;-ion. et par delà sur la Gaule, une inlluence prépondérante que précisent les décisions de cinq conciles successifs, Arles (524), Carpentras (527), Orange et Vaison (529), Marseille (533). Le concile d'Orang'e, sur lequel nous allons revenir, statua sur une question dogmatique. Les autres traitèrent de l'organisation et du gouvernement des Églises et de la vie des clercs.

Le concile de Marseille enl ;'i jiiper d'un cas particulier. Contumeliosus. ( \('.|(ii di i;ic/, y fut condamné pour fautes contre le- lu.i m - Mu- il ne tint pas compte de la sentence. Césuiiv l,i lil eonlirmer par le pape Jean II. A son tour, Contumeliosus en appela au pape. Césaire voulut passer outre à l'appel. Le pape Agapit lui renvoya une dure lefon de droit canon. P. L., t. Lxvi,

Presque aussitôt les Francs annexaient Arles au royaume de Childebert. La situation politique dont avait bénéficié la primatie était une fois de plus modifiée. Les temps mérovingiens commençaient. Mais l'influence de Césaire avait été trop profonde pour ne pas se prolonger et marquer de son empreinte la période suivante. De son vivant, Césaire n'assiste plus aux conciles tenus à Orléans (11% 533), en Auvergne (533), à Orléans encore, à deux reprises (III», 538, et IV«, 541). Mais sa législation y fut adoptée et promulguée à nouveau, surtout

dans les trois derniers. Quand il mourut, le 27 août 543, il laissait derrière lui une œuvre durable qui peut le faire considérer comme un des fondateurs de l'Église de France.

II. Œuvres. — Cette œuvre de Césaire est principalement canonique; nous n'avons pas à la décrire ici en détail. Cependant, quoique n'étant à aucun degré un auteur de profession, il a beaucoup écrit. On peut répartir tout ce qui est sorti de sa plume en trois groupes : discours, opuscules, actes canoniques et lettres.

1° Discours. — Jusqu'à ces dernières années, il planait quelque incertitude sur l'authenticité des discours de Césaire. Les éditeurs successifs de saint Augustin avaient attribué au maître une masse de sermons qui ne lui appartenaient pas. Les bénédictins les ont séparés et en ont formé un appendice. P. L., t. XXXIX, col. 1735-2354. Dans cet appendice, ils en ont indiqué un grand nombre comme appartenant à Césaire, voir la liste, P. L., t. Lxvii, col. 1041; une autre liste est indiquée par les auteurs de VHistoire littéraire de la France, t. m, p. 200 sq. Voici une liste un peu différente, où je n'admets que des sermons où il est sur que Césaire a mis la main : iv-vi, viii, x-xili, xv, xvii-xix,

XXII, XXIV, XXVIII, XXXII, XXX,V, XL-XLII, XLIV, XLV, LII, un, LVI, LVIII, LXIII, LXVI-LXIX, LXXV-LXXVIII, LXXXIIl(?), LXXXIX, XCI, CI, CIV, CV, CVII, C.X-CXII, CXV, CXVI, CXXIX, CXXX, CXL-CXLII, CXLVI, i \1,I\. CLWIII (depuis le n. 3), CLXxiii, ccx (depuis le n. i . ( ( \\l\. r, WVIll. CCXXIX, CCXLIV, CCXLIX, CCL, CCI II. ( ( 1 111. ( ( I M-i ( I WII, CCLXIX- CCLXXIX.CCLXXXI-CCLX.WM. (llWNVIll, CCI. XXXIX, CCXCII- CCXCVI, CCXCVIII, ceci, CCCIII, CCCV, CCCVII-CCCIX, CCCXIII,

cccxv. A celle lisic. on devra joindre Un Certain nombre de sermons pnlilii-s ailleurs, .sermons adressés aux moines, P. L., t. lxvii, col. 1069; homélies insérées au t. m, de S. Augustin (homil. x, xi, P. L., t. xxxv, col. 2435); sermons publiés par M. Engelbrecht, dans l'édition viennoise de Fauste de Riez (notamment, en tout ou en partie, les sermons i, xi, xii, xv-xvii, xxiv, identique au sermon indiqué plus haut dans P. L., t. LXVII, XXV, xxix-xxxi); admonition aux évéques publiée par M. Malnory, Césaire, p. 294; et surtout les sermons inédits publiés par dom Morin, Revue bénédictine, t. XIII (1896), p. 97; t. xvi (1899), p. 241, 289, 337.

Les sermons de Césaire sont écrits avec une grande simplicité et ont un caractère pratique très marqué. Le style est composé de formules qui reviennent à satiété et qui permettent de lui attribuer sans difficulté les pièces anonymes ou mises sous de faux noms (liste de ces expressions : Morin, Revue bénédictine, t. x (1893), p. 62; t. XVIII (1901), p. Zil; Mélangea Cabriéres, p. IW- 121 ; Lejay, Revue biblique (1895), t. iv, p. 593-605). Mais il emprunte fréquemment à d'autres auteurs le corps de ses développements, surtout à saint Augustin. Pour se rendre compte de ce procédé d'adaptation, on peut étudier les sermons de l'appendice xiii (saint Ambroise), xxiv (Origène), lui, cv, cxi (saint Augustin), ou les sermons i et vi (saint Augustin), tirés par dom Morin de l'Homiliaire de Burchard de W^urzbourg. Revue bénédictine, t. xiii (1896), p. 97.

2» Traités. — On ne possède que deux opuscules dogmatiques de Césaire :

1. Un traité sur la Trinité : Epislula ou CoUectio de mijsterio sanctse Trinitatis. Publié incomplètement par Mai, A'ora Patrum bibliotheca, t. i, p. 410; complélé, d'après un ms. de la Minerve, du ix« siècle, par dom Morin; dans les Mélanges de littérature et d'histoire religieuses, publiés à l'occasion du jubilé épiscopal de M^' de Cabriéres, évêque de Montpellier (Paris, 1899), t. 1, p. 109; la fin doit être cherchée dans Reifferscheid, Bibliotheca Patrum italica, t. i, p. 174, note 5.

2. Un traité sur la grâce, Quid doninus Cœsarius senserit contra eos qui dicunt quare aliis det Deus gratiam.

CÉSAIRE D'ARLES

aliis non det, découverl par doiii Morin et pulilie en 1896. Revue bénédictine, t. xiii, p. 433.

3° Actes canoniques. — Il faut ranger dans cette catégorie d'abord les décisions des conciles auxquels Césaire a pris part : Agde, Arles, Carpenlras, Orange, Vaison, Marseille. Cf. Sirmond, Concilia Gallise, t. I, p. 161 sq.; Bruns, Canones apostolorum et concilim-um, t. Il, p. l-iôsq. ; Maassen, Concilia ssvi merovingici, p. 35 sq., dans les Mon. Geitnanise hislorica, Legum, secl. m, Concilia, t. i : édition critique fondamentale qui n'a malheureusement pas le concile d'Agde; le concile d'Orange se trouve aussi, P. L., t. Lvii, col. 1141.

On doit aussi attribuer à Césaire les Statuta Eniesise antiqua, vulgairement IV« concile de Carthage. Les Ballerini en ont restitué le texte intégral dans le t. m, de leur édition de saint Léon, P. L., t. LVI, col. 879 ; Maassen a démontré que ce recueil était gaulois et spécialement arlésien, et M. Malnory l'a attribué avec certitude à Césaire, p. 50 sq. Voir col. 1806-1807.

Aux conciles, il faut rattacher la documentation qui les concerne, lettres et préliminaires : une lettre à Ruricius, relative au concile d'Agde, P. L., t. i.vi, col. 866; nouvelle édition dans le Fansle d'Engelhrecht, p. 448, 14; les Capitula sancti Augiisthii n, (dhi- Pyuma transmissa (première rédaction dan-. [,:il.l.r. ilinicilia, t. iv, p. 1676 ; deuxième augmentée, dans l 'il i ;i , . 1 nulecta sacra, t. V, p. 161 sq.); enfin, les Caijilulasancluriiiii Patrum, publiés pour la première fois par dom Morin, Revue bénédictine, t. xxi (1904), p. 2'26.

Une dernière catégorie de documents est relative aux deux monastères fondés par Césaire. Ce sont d'abord les deux règles, aux moines et aux religieuses ; puis diversespièces, exhortations et lettres qui s'y rattachent, enfin le testament de Césaire, complément des dispositions prises à l'égard des religieuses. Tous ces textes sont réunis, P. L., t. lxvh, col. 1099 sq., qu'il faut cependant compléter par les bollandistes, Acla sanctorum, t. I januarii (ancienne édit.), ou t. u (nouv. édit.). Le testament a été défendu contre les attaques inconsidérées de M. B. Krusch et publié à nouveau par dom Morin, Revue bénédictitie, t. xvi (1899), p. 97.

111. Doctrine. — La doctrine de Césaire n'offre pas d'originalité, si l'on en considère seulement le contenu. Elle reflète les idées et les systèmes des devanciers et des contemporains, Origène (connu par la traduction latine de Rufin), saint Ambroise, saint Augustin, Fauste, (surtout le De Spiritu Sancto), Fulgence de Ruspe et quelques autres. Mais le choix des sujets et leur mise en œuvre ne sont pas sans offrir quelque intérêt.

1» Trinité. — C'est le sujet du traité mentionné plus haut. Les arguments fournis ne sont pas nouveaux, raisonnements ou combinaisons de textes de l'Écriture. Césaire s'attache à prouver l'exactitude de la formule : Et Deus et Dominus, pour les trois personnes. Il développe un argument dont il est très satisfait, puisqu'il le reprend encore dans un sermon en le recommandant comme irrésistible : Deus Pater, si potuit filiwni sibi similem gignere et noluit, non est bonus; si voluit et non potuit, non est omnipotens. Certi estote, fratres mei, quia liuic senlentix nullus unquam arrianorum poterit respondere. Senn., xxxix , 1, P. L., t. xxxix, col. 1822. Il explique que le Christ est minor Patri par l'incarnation, Serni., CCLIV, col. 2194, qu'il n'y a pas d'âge en Dieu, homélie publiée par Caspari, 19, que les formules Pafer a quo omnia et Filius per queni omnia sont équivalentes.

2° Incarnation. — Les Statula Ecclesix antiqua et une homélie publiée par Caspari, Kirchenhislorische Anecdota, t. I (Christiania, 1883), p. 213, insistent particulièrement sur la dualité de nature et l'unité de personne dans le Christ, sur la réalité de la chair du Christ, de son humanité, de ses souffrances. En même temps que le nestorianisme, ces assertions visaient l'eutychia-

nisme, souvent réduit à une sorte de docétisme, et aussi le priscillianisme, qui supprimait l'âme humaine du Christ.

A la notion de la conception virginale, Césaire ajoute, après saint Ambroise et saint Augustin, celle de l'absence de péché dans Marie : Natum ex Maria virgine, quse virgo ante parluni et virgo post partuni semper fuit et absque contagione vel macula peccati perduravit. Senn., ccxliv, 1, P. L., t. xxxix, col. 2195. Les derniers mots pourraient faire penser à l'exemption du péché originel; cependant il serait un peu hasardeux de les presser, à défaut d'énoncés plus explicites. Les manichéens rejetaient la conception virginale. Voir par exemple le sermon suivant, CCXLV, 4, col. 2197, qui n'est pas de Césaire. Il est possible que l'évêque d'Arles n'ait pas eu d'autre but que de répondre à ces hérétiques.

Outre la réalité de la passion, Césaire affirme que le Christ a bien souffert pour nous : pro nostris peccalis passuni, Serm., ccxliv, 2, col. 2195, pro salute nostra... per se ipse descendit et pro nobis flagella et opprobria et reliquas quas legimus iniurias patienter cvcepit. Serm., xliv, 6, col. 1834, etc. Il décrit longuement les humiliations du Christ, reprenant dans saint Augustin cette idée du Dieu de pitié qui deviendra au moyen âge une des sources les plus abondantes de la dévotion. Se>-m., CCXLIV, 2, col. 2195; ccxlix, 4, col. 2207.

La descente aux enfers était entrée à peine depuis un siècle dans certaines rédactions latines du symbole apostolique. Elle a un relief spécial dans Césaire. Voir la description dans un sermon publié par M. Engelbrecht dans son édition de Fauste, p. 312, 1. 12 sq.; cf. Serai., CCXLIV, 1, col. 2195. Ce mystère ne s'est pas seulement accompli au bénéfice des âmes des justes morts avant le Christ, mais pour nous arracher à la gueule du plus cruel dragon : Ad inferna descendit ut nos de faucibus crudelissimi draconis eriperet. Serm., XLIV, 6,

Césaire a trouvé dans saint Ambroise ou dans Origène la tradition que la croix a été plantée dans le lieu où fut enterré Adam et il reproduit l'étymologie qui parait avoir été le point de départ de cette légende. Senn., vi, 5, col. 1751.

Parmi les œuvres attribuées au Fils, il faut mentionner la création de l'homme. C'est à lui que se rapporte ilti qui vos creavit. Serm., ccxliv, 3, col. 2195. Le Christ dit, Sei-m., ccxLix, 4, col. 2207 : Ego te, o liomo, de linio manibus meis feci. Les Statuta appliquent au Christ la qualification creatorem cseli et terrse. Cette attribution pourrait bien viser les manichéens, qui opposaient au dieu bon le dieu mauvais de la création. La participation du Père et du Fils à la même œuvre supprimait la possibilité de les opposer l'un à l'autre.

3" Le Saint-Esprit. — La doctrine du Saint-Esprit est, vers le temps de Césaire, une des occupations des théologiens gaulois : le traité De Spiritu Sancto, restitué à Fauste par M. Engelbrecht, est peu antérieur. Césaire lui fait de notables emprunts dans trois sermons publiés par M. Engelbrecht (dans son édition de Fauste, p. 337, 1. 15 sq.). Il estassez curieux de voir l'un de ces sermons consacré tout entier aux dons extraordinaires (charismes, virtutes). Le prédicateur pratique, qui ici doit peu de chose à Fauste, dissuade les fidèles de la demande et de la pensée de ces merveilles et les tourne vers les vertus morales, dont un chrétien a l'obligation et la constante occasion. Les charismes dont il parle ne sont qu'au nombre de deux : l'expulsion des démons et la guérison des maladies.

4» Anges et démons. — Les anges tiennent peu de place dans la prédication de Césaire. Il ne distingue que des anges et des archanges. C'est un archange qui sonnera de la trompette au dernier jugement. Le diable était aussi un archange. Les Statuta définissent qu'il n'était pas mauvais par nature, condicio7ie, mais qu'il a

CÉSAIRE D'ARLES

dirigée contre le

péché par orgueil : doclr chéisme.

5» La foi. — Il y a une foi orthodoxe, une foi droite, une foi intégre. Césaire insiste beaucoup sur ce point. ."yenn., XLi, 3, col. 1827; LViii, 5, col. 1855; ccLxiv, 2, col. 2234; ccc.w, 3, col. 2350. Cette foi est en même temps catholique; l'épithèU' l'uul auii l'ii dans la bouche de Césaire le mèmr -' n- in in > <lo\c. Serm., ccxLiv, 1, col. 2191: ccLXXix. i. .. i J.T i. > 'i.xxxix, 3, col. 2292. C'est cette foi qu il laul umiL i. :riiri-r. avec fidélité et fermeté, fidelUer et firmiter. :^r,ni.. \\\\. i. col. 1786. Les mots fidelis, fidelUer, re\ii niirni :i ^.iii.té dans l'œuvre de Césaire et désignent Ir |.i\,ilisnM- du chrétien soumis. Voir dom Morin, lieviie briu-iUcliiie, t. xviir (1901), p. 354, 360. Personne d'ailleurs ne peut être sauvé hors de cette foi et de l'Église qui la professe. Statuta; homélie publiée par Caspari. Le devoir pressant de la foi est marqué par la répétition de crédite... crédite... dans diverses pièces, notamment dans le Serm., ccxLiv, de l'appendice augustinien.

Les sources de la foi sont l'Écriture et les Pères. L'Écriture ne doit pas être entendue au sens littéral, car la lettre peut conduire au blasphème, comme on le voit par les objections des païens et des manichéens ; mais tout dans l'.^ncien Testament est figure du Nouveau. Serm., xiii, 1, col. 1765; xx^^II,l, col. 1799; xl, 1. col. 1S23; I.VIII, 1, col. 1854; CCLXXII, 5, col. 2254, etc. Les anciens Pères, les saints Pères, sancti Patres, antiqui Patres, sont les véritables interprètes de l'Écriture, Serm., xxxiv, 1, col. 1811, et la source de la foi. Serm., XIX, 4, col. 1779; xxxix, 1, col. 1822; cxxix, 4, col. 2002; CCLXXII, 5, col. 2254. Cependant Césaire n'abuse pas des subtilités exégétiques. « L'exactitude et la sobriété de son esprit reprennent l'avantage par la manière dont il accommode ses emprunts à l'intelligence de ses auditeurs, laissant de côté les traits de symbolisme trop cherchés et trop éloignés, choisissant de préférence ceux qui ont les analogies les plus simples et les plus claires avec la chose symbolisée... Aussi, de tout ce qu'a produit l'exégèse gallicane, est-ce la part de Césaire qui est restée la plus intacte et qui a le plus captivé la postérité ; ce qui... tient... à la structure facile, agréable et à la tendance pratique. » Malnory, Césaire, p. 175. Dans ses homélies sur r.\ncien Testament, Césaire demande aux Pères des explications allégoriques; dans les controverses dogmatiques, il extrait de leurs œuvres les capitula destinés à appuyer sa doctrine de la Trinité ou de la grâce; dans ses admonitions morales, il abrite ses exhortations derrière leurs décisions. Serm., ccxxix, 4, col. 2002.

A l'Église orthodoxe s'opposent les hérétiques. Césaire énumère parfois les ariens, les photiniens, les donatistes, les manichéens. Serm., xix, 3, col. 1780. Mais ces énumérations sont de style et le plus souvent empruntées. Serm., LViii, 4, col. 1855 : d'après Augustin. Il s'attaque directement, et comme à des adversaires qui comptent réellement pour lui, aux manichéens et aux ariens.

Les manichéens, toujours qualifiés par lui d'immunclissimi, attaquaient l'Ancien Testament et « blasphémaient » en exploitant contre le Dieu d'Israël les histoires sacrées entendues au sens littéral. Césaire leur répond et donne des récits bibliques une interprétation symbolique ou morale. Serm., xxii, 1, col. 1786; xxxiv, 1, col. 1811; XLi, 1, col. 1826. Quand l'auteur d'où il tire ces développements, suivant sa coutume, se trouve avoir désigné d'autres hérétiques ou les païens, il remplace ces désignations par celle des manichéens. Serm., v, 7, col. 1749. Un autre point de la doctrine manichéenne qu'il contredit est l'intluence des astres ; le péché est le fait de l'homme, non des étoiles. Serm., CCLIII, 2, col. 2213. Nous avons vu que d'autres affirmations de Césaire, sur le Christ créateur, sur la nature du démon, peuvent avoir été dirigées contre les mêmes hérétiques.

Ils disaient aussi que l'homme ne péchait pas, mais que l'agent de ténèbres péchait dans l'homme. Se)»»., CCLIII, 2, 5, col. 2213, 2214. Enfin, les Statuta paraissent prendre des précautions contre une secte rigoriste qui condamnait et les secondes noces et le mariage lui-même, qui prescrivait certaines abstinences, refusait d'admettre les pénitents à la communion et niait que tous les péchés, le péché originel et les péchés actuels, étaient remis par le baptême. Cette secte obligeait-elle les adultes admis au baptême à une pénitence ultérieure? Nous ne savons. En tout cas, les autres traits conviennent au manichéisme. De tous ceux que nous avons rassemblés, quelques-uns peuvent aussi s'appliquer aux débris du priscillianisme. Ces sectes, qui menaient une vie obscure et persécutée, avaient une tendance à se confondre et on pouvait aussi être tenté de les confondre.

Les ariens sont les adversaires que l'évêque d'Arles combat dans ses expositions dogmatiques et dans son traité de la Trinité. Il les nomme quelquefois, mais presque toujours le mot fait partie d'un emprunt à un autre auteur. Il appelle d'ordinaire l'arianisme « l'autre religion », altéra religio. C'est la religion des maitres, Wisigoths ou Ostrogoths. Le début du traité sur la Trinité décrit d'une manière vivante les colloques et les discussions que provoquait dans Arles la cohabitation des deux cultes.

6» Les synibnlrs <le Ccs.iire. — Nous avons de l'évêque d'Arles plusii'iii- il.i.unH mN de teneur symbolique. La précision et la Imc \i|.> (|im -ont les lois du genre plaisaient beaucoup a Ccsaiic qui a toujours aimé les formules fixes et faciles à retenir. Son esprit pratique et ses obligations de « précepteur religieux » devaient lui faire désirer un texte plus développé que le symbole apostolique et moins spécial que les symboles conciliaires.

Le premier document de cette espèce auquel il ait mis la main est le questionnaire des Statuta Ecclesix antiqua. En tête de cette compilation canonique, on détermine les conditions que doit remplir l'évêque. On devra lui faire subir un interrogatoire pour savoir s'il est in dognialibus ecclesiasticis excrcitatus. Nous avons là moins un Credo que son schéma. De plus, le but est de s'assurer de l'orthodoxie de l'élu. Tous les points de la doctrine chrétienne ne sont donc pas traités. Les principaux paraissent répondre au nestorianisme, à l'eutychianisme, au manichéisme ou au priscillianisme. L'œuvre n'est pas cependant sans importance pour la dogmatique. Elle nous montre quelles étaient les préoccupations en cette matière au début de l'épiscopat de Césaire ; elle nous fait connaître les formules qui avaient ses préférences ou celles (ju'il acceptait de ses deva

[1] Qui episcopus ordinandus est, antea examinetur... [2) si in dogmatibus ecctesiasticis exercitatus et ante omnia si fidei documenta verbis simplicibus asserat, id est, Patrem et Filium et Spiritum Sanctum unum Deum esse confirmans, totamque in Trinitate deitatem coessentialem et consubstantialem et coœternalem et coomnipotentem prœdicans ; [3] si singulam quamque in Trinitate personam plénum Deum et totas très personas unum Deum; [4] si incarn.itionem divinam non in Pâtre neque in Spiritu Sancto fart.'UM. ^ril ia lilh. (aiitaai >i.dat, ut qui ei'at in divinitate Dei Patii- liiin- i| -■ v r.i m Ih.inine liominis matris filius, Deus via a- r\ l'.ai. M 1, m. m ras ex matre, carneni ex matris visceriljus IjaijLais el aaimaai liumanam rationabilera, simul in eo amba: natura;, id est liomo et deus, una persona unus Filius, unus Christus, unus Dominus, [5] Creator omnium quœ sunt, et auctor et Dominus et rector cum Pâtre et Spiritu Sancto omnium creaturarum ; [6] qui passus est vera carnis passione, mortuus vera corporis sui morte, resurrexit vera carnis suœ resurrectione et vera animœ resumptione in qua veniet judicare vivos et mortuos. [7] Quïerendum est etiam ab eo si Novi et Veteris Testamenti, id est legis et prophetarum et apostolorum, unum eumdemque credat auctorem et Deum ; [8] si diabolus non per condicionem, sed per arbitrium factus sit malus. [9] Quierendum etiam ab eo si credat hujus quam gestamus et non alterius carnis resurrectionem ; [10] si credat judicium futurum et

CÉSAIRE D'ARLES

resun-ectionem post mortem... [24] Non in altei-a

ifA in «1 ip^a ,|uaii] habuerunt. [25] Sed tamen

,'i\' : ■ i.-rnm, licet senes aut

lenuiora habebunt.

'-.et justi et sanctî

Un deuxième document qui a d'assez nombreux points (le contact avec les Slaluta, est une homélie publiée d'après deux manuscrits de Paris par Caspari, Kirchenhistorische Anecdota (Christiania, 1883), t. i, p. 213. Cette homélie comprend deux parties : dogmatique, morale. La deuxième est identique à la deuxième partie (n. 2 sq.) du sermon ccxliv de l'appendice. La première n'a que quelques phrases communes avec le même sermon. On y est très préoccupé de la Trinité, de la réalité des souffrances du Christ, de la descente aux enfers, de la réalité et de la propriété des corps humains ressuscites, de la composition de la personne de .lésus-Christ en deux natures. Il semble que, comme dans les i^tatuta, on songe au nestorianisme, à l'eutjchianisme, au manichéisme. Mais la doctrine trinitaire est amplement développée, non seulement par des formules précises, quelques-unes identiques aux articles du symbole dit de saint Athanase, mais aussi par une très longue comparaison des trois personnes divines à un cierge, flamme, lumière et chaleur. C'est la vieille comparaison du soleil, assez gauchement diversiliée. Littérairement, cette comparaison et toute cette amplification ont pour effet de gâter complètement les proportions de l'homélie. Mais elles sont la preuve que l'auteur a surtout en vue les ariens.

Homélie publike pah Caspari. — [1] Rogo voset ammoneo, fr. kar. , quicumque vuU salvus esse, fidem rectam catholicam firmiter teneat inviolatamque conservet. [2] Quarn si quis digne non habuerit, regnum Dei non possidebit. [3] Crédite in Deum Patrem omnipotentem, invisibilem, visibilium et invisibilium omnium rerum condîtorem, hoc est, qui omnia creavit simul verbo

ox Mil ■ . , . , Il - ,. .1 1,1' . I- ante sascula

cl liMii..i iii I.. I -ii I - I u,,,, [6] cruci.

(ixuiii -iil' I' • l'il.ih' I 1,1 -i'Ii . I ~i'| n:'' i-itia die resur-

gentem ex mortuis, lioc est in vora sua carne quam accepit ex Maria semper virgine. [8] Per veram resurrectionem resurrexit, postquam diabolum ligavit et animas sanctorum de infei-no liberavit. [9] Victor ascendit ad Cielos, sedil in dexteram Dei Patris.

[10] Inde ereilii- \,tiiiiiiiiii inlhu- mm- h rtuos, lioc est

sanctos CL 1"' ' ' ! ' ii i' • '' ■ i 'i ■ \ i\osquos dies

Deum omni| ■ i, m i I i. i,:. m -nli-i.inii.nii cum Pâtre et

Filio. [12] Snl Il III 'I . ■I.liemus quod Pater deus est, et

Filius deus iM, . ' ~i , - ncius deus est, et non sunt très dii, sedunusesi 1' i - - .t calor et flamma una res est.

[13-15] [Sun !■■ ;.,!. /.,!,.. „,,,.( ,/t> la comparaison.) [K] Ita

ergo, Patrem et Filium et Spiriliini ~ iMini Deum esse

confitemur, non très deos, sed uDiii , mquani, om-

nipotentiœ, unius divinitatis, uiin i:[ Et tamen

Pater non est Filius, et Filius iimii > -i 1' i ■ ■ S|iiritus San-

ctus aut Pater aut Filius, sed Patris et Filii et Spirilus Sancti una œtemitas, una substantia, una potestas inseparabilis. [18] Ecce duo vocabula dixi, ignem et lumen. (La comparaison est longuement développée.) [19] Pater non senior de Filio secundum divinitatem, nec ï'ilius jimior est de Pâtre, sed una ietas, una substantia, una virtus, una majestas, una divinitas, una potentîa Pati-is et Filii et Spiritus Sancti. [20] Crédite Ecclesiam catholicam, hoc est universalein in universo mundo, ubi unus Deus in trînîtate personai'um et in imitate divinitatis colitm", unum baptisma habetur, una fides sei-vatur ; [21] et qui non est in unitate Ecclesiœ, aut clericus aut laicus, aut masculus aut femina, aut ingenuus aut servus, partem in regno Dei non habebit. [22] Crédite remissionem peccatonmi aut per baptismum, si observatis legem ejus, hoc est abrenuntiationem diaboli et angelis ejus et pompis saeculi, aut per paenitentiam veram, id est commissa deflere et paenitenda non committere, aut per martyrium ubi sanguis pro baptismo computatur. [23] Crédite communem om-

Ce défaut de proportion a-t-il inquiété l'auteur'.' En tout cas, il a repris son travail, en a un peu élagué la partie antiarienne et a fait une place plus grande au Saint-Esprit, qui avait été réduit jusque-là à la portion congrue : il est vrai qu'il était simplement omis dans les StattUa. Cette nouvelle rédaction de l'homélie, avec un début légèrement différent et amputée de sa partie parénétique, a été retrouvée par M. lîurn dans trois manuscrits (Oxford, Wolfenbûttel et Munich) et publiée dans la Zeitscimfl fur KirchengescMchle, 1898, t. XIX, p. 179.

Enfin le sermon ccxliv parait nous présenter le dernier essai de Césaire. Il contient la partie morale, qui dès le début s'est trouvée réussie et a échappé aux tâtonnements. La partie dogmatique présente une ordonnance équilibrée et un mouvement oratoire qui n'est pas sans énergie : Crédite... crédite... crédite... Le thème fondamental est la nécessité de la foi; sur ce thème, se détachent les vérités diverses qu'il faut croire. Les formules trinitaires, la procession du Saint-Esprit, la descente aux enfers, la réalité de la chair du Christ, ont passé des deux essais précédents dans celui-ci. Il y ajoute l'affirmation de la pureté de Marie et l'article de la communion des saints. Ce derniep article fait partie de la finale, empruntée au symbole apostolique, où sont intervertis les deux articles suivants, résurrection de la chair, rémission des péchés.

Incipit de flde catholica excarpsum.

credat Patrem. Il 1 ■ 1 i -i . ~ i uni. [3] Deus

Pater, Deus 1-1 1 1 1 1 . 1 ' -; - '. I n non très

dii, sed unus Hi n-, A^ ..niiili- l'i - r, i i! - I liu- i ili- et Spiritus Sanctus. [5] Attamen credat unusrpiisque fidelis quod Filius œqualis est PaU:i secundum divinitatem, et minor est Pâtre secundum humanitatem carnis quam de nosU-o assumpsit; [6] Spiritus vero Sanctus ab utroque procedens. [7] Crédite ergo, carissimi, in Deum Patrem omnipotentem ; [8] crédite et in Jesum Christum Filium ejus unicum Dominmu nostrum. [9] Crédite euni conceptum esse de Spiritu Sancto et natum ex Maria virgine, quœ virgo ante partum et virgo post paitum semper fuit, et absque contagione vel macula peccati perduravit. [10] Crédite eum pro nostris peccatis passum sub Pontio Pilato, crédite crucifixum, crédite mortuum et sepultum. [11] Crédite eum ad interna descendisse, diabolum obligasse et animas sanctorum qua; sub custodia detinebantur libérasse secumque ad ca;lestem patriam perduxisse. [12] Crédite eum tertia die a mortuis resurrexisse et nobis exemplum resurrectionis ostendisse. [13] Crédite eum in cœlis eum came quam de nostro assumpsit ascendisse. [14] Crédite quod in dextera sedet Patris. [15] Crédite quod ven turus sit judicare vives et mortuos. [16] Ci-edite in Spiritum Sanctum, crédite sanctam Ecclesiam catholicam, crédite communionem sanctorum, crédite resurrectionem carnis, crédite remissionem peccatonam, crédite et vitam Eeternam. Serm., ccxuv, P. L., t. xxxix, col. 2194.

On a considéré ces trois documents, les homélies publiées par Caspari et M. Burn, et le sermon CCXLIV, comme les explications d'un symbole. II n'est pas douteux que Césaire n'ait utilisé pour les rédiger les formules symboliques connues de lui, au moins le symbole apostolique et peut-être le symbole de Nicée (dans les homélies de Caspari et de M. Burn : creatorem visibilium et invisibilium). L'état du symbole apostolique que supposent ces documents diffère un peu de l'un à l'autre, plutôt par le choix de Césaire que par la teneur de la formule elle-même ; le texte parait intermédiaire entre la vieille rédaction et le texte refu. Mais là se

CÉSAIRE D'ARLES

bornent, je crois, les rapports des œuvres de Césaire avec des formules définies. Le document de Caspari peut encore passer pour un commentaire, mais c'est surtout un développement de Credo. Celui de M. Burn a un peu moins l'aspect d'une explication. Le sermon ccxuv n'est plus qu'un précis sommaire sans explication. Les trois documents représentent les ébauches successives d'un résumé du christianisme.

Le sermon ccxLiv est-il la dernière étape de Césaire en marche vers un symbole? Je ne le crois pas. Dom Morin, dans la Revue bénédicline, t. xviii (1901), p. 3'*7 sq., a i-tahii une série de concordances verbales entre le symbole dit de saint Athanase et les œuvres de Césaire. Jamais on n'a réuni pour une homélie ou un traité une telle quantité d'expressions caractéristiques appuyées sur un si grand nombre de références. De plus, il a montré le Quicumque conservé parmi les œuvres de Césaire dans des recueils d'origine arlésienne. Il semble qu'on ne puisse plus hésiter à mettre le nom de Césaire sur la célèbre profession de foi. « Le Quicumque est une sorte de catéchisme élémentaire, destiné à mettre à la portée des esprits même les moins cultivés les formules dogmatiques élaborées à la suite des grandes hérésies des iv* et v» siècles touchant la Trinité et l'Incarnation : le tout avec un certain accent pratique qui ne s'accuse pas au même degré dans la plupart des anciennes professions de foi. » iMorin, ibid., p. 339. Ces caractères concordent bien avec les préoccupations et le but de Césaire. Si l'on compare enfin la doctrine du Quicumque et celle des autres documents, on sera frappé des rapports de sens et de forme qu'ils présentent. Je considère le symbole de saint Athanase comme le fruit dernier des ell'orts que Césaire fit pour créer cette formule sobre et complète, précise et énergique, ébauchée dans des essais successifs. L'attribution à saint Athanase par Césaire lui-même est vraisemblable; dom Morin en a cité d'autres exemples et on peut renvoyer à une autre liste dressée par lui, Mélanges de Cabrières, t. i, p. 116-1 17, d'attributions à saint Augustin. « Césaire, dit-il, avait l'habitude de mettre en tête de ses compilations le nom du Père, de l'écrivain ecclésiastique, dont les ouvrages authentiques ou supposés lui avaient fourni, ne fiit-ce que quelques lignes, une sentence, quelques mots même. » Voir t. i, col. 2184-

7» Le péché originel et la grâce actuelle. — Césaire adopte sur ce point toutes les idées de saint Augustin.

Qu'il n'ait aucun doute sur la réalité du péché originel, c'est ce qu'on n'a pas besoin d'indiquer. A peine peut-on mentionner un texte où, peut-être, il exempte Marie de la faute originelle. Voir col. 2172. Mais cela même n'est pas sûr.

Le péché du premier homme nous a expulsés du séjour heureux du paradis et nous avons été jetés comme en exil. Serm., ccxxiv, 3, col. 2160. Mais le Christ est venu et a réparé l'œuvre d'Adam. Serm., xxxii, 1, col. 1803. Avant sa venue, les nations n'ont pas obtenu le don de la grâce, et, semblables aux vases vides que la veuve de l'Écriture emprunte à ses voisins, elles n'avaient ni foi, ni charité, ni bonnes œuvres. Semi., xi.ii, 2, col. 1828; opuscule publié par dom Morin, Revue bénédictine, t. xiii (1896), p. 435, 1. 25 sq. Après sa venue, ce fut le tour des Juifs d'être privés de lajustice et de la grâce, tandis que les nations étaient favorisées. Opuscule cité. Aussi, le Christ, nouveau Samson, a-t-il subjugué plus d'hommes par sa mort que par sa vie. Sermon publié par dom Morin, Revue bénédictine, t. XVI (1899), p. 304, 1. 104.

Chacun de nous, dans l'état actuel, ne peut renaître que par l'eau et l'huile du baptême. Serai., XLil, 2, col. 1828. La nécessité du baptême est absolue. Les enfants qui meurent avant de le recevoir sont damnés. Opuscule sur la grâce, loc. cit., 1. 87 sq.; Serm.,

ccxcviii, 2, col. 2316, tiré d'un sermon publié par Mai, Nova [Patrum bibliotheca, t. i, p. 279. Cf. dom Morin, Revue bénédictine, t. xvi (1899), p. 257. Que l'on ne rejette pas la faute sur la négligence des parents : la faute des parents ne sauve pas les enfants; souvent l'enfant meurt quand on court le porter à l'église (opuscule, loc. cit.), ou les non-baptisés sont mis à mort dans un massacre ou un siège comme celui d'Arles. Serm., ccxcviii, 2, col. 2316.

Pour Césaire, la grâce est un pur don gratuit, que n'a précédé aucun mérite de l'homme. La formule augustinienne, nuUis prsecedentibus meritis, revient deux fois dans le court opuscule sur la grâce, 1. 22, 92, et se retrouve souvent dans les sermons XLii, 8, col. 1830; XLV, 2, col. 1835; xciii, 4, col. 1925; ccxxix, 1, col. 2166, etc. La grâce du Christ est, en ellet, appelée grâce parce qu'elle est gratuitement donnée, ideo gratia dicitur quia gratis datur. Serm., xliv, 6, col. 1834. A aucun moment de l'œuvre du salut, l'homme ne peut se passer du concours de Dieu. Naaman voulait purifier sa lèpre aux fleuves de son pays : Hoc indicabat quod genus humanum de libero arbitrioet de propriis meritis prsesumebat; sed pro^iria mérita sine gratia Christi lepram habere possunt, sanitatem habere non possunt. Sei'ni., XLIV, 4, col. 1833. Nos œuvres sont les bienfaits de Dieu. Serm., xci, 10, col. 1922. Nous devons le supplier pour que, de même qu'il nous a donné le commencement, il daigne nous accorder aussi l'achèvement : Domino supplicemus ut, quomodo dédit initium, eliam consnmmationem dare dignetur. Serm., CCLXXXIV, 1,

Le problème du salut et de la damnation est résolu de la même manière que dans saint Augustin. Si la méchanceté des pécheurs les conduit à l'endurcissement, c'est que Dieu leur a soustrait sa grâce : Quid auteni quod dixit Deus:« Ego indurabo cor ejus, yinisi: Cuni ab illo ablata fuerit gratia mea obdurabit illum nequitia sua? Sern>., xxii, 4, col. 1787. Si l'on demande pourquoi Dieu donne aux uns la grâce, la refuse aux autres, quare aliis det Deus gratiam, aliis non det (titre de l'opuscule sur la grâce), Césaire répond comme Augustin : Judicia Dei, quse sunt insci-utabilia et inimensa, plerumque sunt occulta, nunquam tanien injusta. Opuscule, 1. 112-114; Serai., xv, 3, col. 1771; XXII, 5, col. 1788; CCLXXV, 1, col. 2262; sur Augustin, voir 0. Rottmanner, Der Augustinismus, Munich, 1895, p. 18, n. 3. Et il oppose, comme saint Augustin. les textes connus : 0 altitudo! 0 honio, tu guis es qui respondeas Deo! Opuscule, ibid.

Césaire est donc un augustinien de la stricte observance. Cela se voit surtout dans l'opuscule. On peut aussi comparer le sermon xxii de l'appendice avec Fauste, De gratia Dei, II, i. Cependant, les nécessités de la prédication et les susceptibilités d'un auditoire populaire lui font admettre dans ce sermon, parallèlement à la doctrine augustinienne, une explication plus voisine du mode ordinaire de raisonner : le Pharaon est endurci par la soustraction de la grâce, mais aussi à cause de sa méchanceté. Dans Origène, modèle commun de Fauste et de Césaire, il n'est question que de la méchanceté de Pharaon.

Il restait à faire passer la doctrine de la grâce dans le courant de l'enseignement ecclésiastique. Césaire s'y appliqua et réclama pour cette œuvre le concours du pape. Il envoya d'abord à Rome une série de capitula, extraits des Pères, principalement de saint Augustin : ce sont les Capitula sancti Augustlni in urbe Roma transmissa. Ils ont été publiés par Labbe et par Mansi, Concil, t. VIII, col. 722-728, d'après des manuscrits de Saint-Maximin de Trêves et de Luoques. Ces capitula, au nombre de dix-neuf, avaient, sauf le dernier, la forme de canons. Rome supprima les deux premiers, sur la rectitude d'Adam avant le péché et sur l'ori-

CESAIRE D'ARLES

yine de la mort, retint les huit qui suivaient, et remplaça les neuf autres par dix-sept sentences, tirées (lu Liber sentenliarum de Prosper. C'est ce document, appelé par Césaire CapUiila ab apostolica nobis sede t ransmissa, qu'en 529 il fit signer par ses suffragants, par le préfet des Gaules, Libère, et par sept clarissinies. La réunion avait lieu à Orange, pour la dédicace d'une I ;;lise construite par Libère. Au document roiiiaiii. Césaire avait ajouté un préambule historique et une longue finale dogmatique. Dans la finale reparaît la formule déjà signalée : Nullis praicedentibus bonis iiieritix. Voir Orange Concile d').

C'est un trait du caractère de Césaire de ne rien perdre de ce qu'il a une fois rédigé. Le protocole du concile ayant été confirmé par le pape Boniface II, décrétale Per filium notritm, P. L., X. L.vv, col. 31, il réunit le tout, mit en tête la lettre du pape, la fit suivre des actes et enfin y ajouta les Capitula sancti Auguslini in urbe Rama transmissa. Mais alors il ne put se tenir de les revoir et de les compléter. Il y ajouta sept articles empruntés au De ecclesiasticis dogmatibus, c. xiv-xx, P. L., t. i-viii, col. 984 sq. Ce traité, qui est de Gennadius, passait alors pour l'œuvre de saint Augustin. Enfin, deux autres articles étaient extraits de VEnrichidion, c. xcvi et ci. De dix-neuf, les capitula passaient au chiffre de vingt-neuf; le vingt-neuvième parait être la suite du vingt-huitième (n. 19 dans la première rédaction) : ni l'un ni l'autre n'ont la forme de canons, et cet article 29« est tiré de Gennadius, c. cxxvii, P. L., t. Lviii, col. 998, comme les autres additions. On peut se demander s'ils n'appartiennent pas tous deux à la seconde rédaction. Le texte des vingt-neuf capitula a été retrouvé dans un manuscrit de Xamur et mal publié par Pitra, Analecta sacra, t. v, p. 161 sq.

Césaire n'en est pas resté là. Les textes groupés en faveur du concile d'Orange provenaient de Prosper ou d'Augustin, l'attribution à Gennadius n'étant pas connue. Il importait de l'appuyer sur des auteurs plus anciens, étrangers aux controverses gallicanes. C'est ce que fit l'évêque d'Arles dans une nouvelle collection de Capitula sanctorum Patriim au nombre de dix-sept. Ils sont tirés du pape Innocent 1", de saint Ambroise et de saint Jérôme. Mais les textes d'Innocent et d'.\mbroise sont tout simplement pris dans l'ouvrage de saint Augustin, Contra duas epistulas pelagianortim. On reconnaît la méthode de Césaire qui revient sans cesse pour remanier, compléter, préciser, tout en gardant ses premiers essais. Il n'a pas procédé autrement pour la grâce que pour le symbole.

La dernière collection de Capitula fut ajoutée à la fin du recueil des actes d'Orange. Elle est annoncée dans une note initiale, conservée par la collection de Saint- Maur (B. N., lat. I4Ô1), et publiée par Maassen, Coticilia œvi merovingici, dans ilonunienta Germanix, Legwn, sect. m, t. i, p. 45-4C. Il faut lire la dernière phrase : Continentur etiani in hoc codice sanctorum antiquoruni (ms. : sacramenti quorum) patrum (ms. : utrum) sentenlix.

Toute cette histoire a été refaite par dom Morin, qui a publié les derniers capitula, d'après l'écriture supérieure du ms. 16 de Vienne (viiie-ix« siècle), dans la Revue bénédictine, t. xxi (1904), p. 226 sq. Nous pouvons mieux apprécier le rôle de Césaire, qui a été surtout régulateur, administratif, législatif. Tandis que le pape simplifie son schéma, il trouve le moyen de le réintroduire dans le dossier et même de le refondre et d'y ajouter. Dans une appréciation des résultats, ce n'est plus Césaire qu'il faudra appeler l'homme des compro- • mis, un éclectique et un esprit de juste milieu. Ces qualifications conviendront beaucoup mieux au pape.

8° La grâce sanctifiante et les péchés actuels. — Par le baptême, le chrétien est devenu le temple du Saint- Esprit; par le péché, il détruit le temple de Dieu et fait

une insulte à celui qui habite en lui. Serni., XLV, 3, col. 1835.

Césaire distingue deux espèces de péchés : les péchés capitaux, capitalia, et les péchés menus, minuta. Les péchés capitaux sont les suivants : Sacrilegium, homicidium,adulterium, falsum testimonium, furtum,rapina, superbia, invidia, avaritia; et, si longo tempore teneatur, iracundia ; et ebrietas, si assidua sit. i^emi., civ, 2, col. 1946; cf. ccxciv, 6, col. 2305; ccxcv, 4, col. 2308. Une autre liste ajoute : odium in corde reservantes, maluni pro malo reddentes, spectacula vel cruenla et furiosa vel turpia diligentes. Serm., CLXXXiii, col. 1876; cf. xiii, 5, col. 1767.

Nous avons deux listes de peccata minuta dans les sermons. Les voici :

I. Quae autem sint minuta peccata, licet < men, quia longum est ut omnia replicenlur, opus est ut ex cis vel aliqua nominemus. Quotiesaliquis aut in cibo aut in polu plus accipit quam necesse sit, ad minuta peccata noverit pertinere ; quoties plus loquitur quam oportet aut plus tacet quam expedit ; quoties pauperem importune petentem exaspérât ; quoties, cum corpore sit sanus, aliis jejunantibus prandere voluerit; aut somno deditus tardius ad ecclesiam surgit (il s'agit de la vigile, par exemple pendant le carême; cf. Serm., x, 5, col. 1760; CXLI, 5, col. 2022;; quoties excepto desiderio Hliorum uxorem suam cognoverit; quoties in earcere clausos et in vinculis positos tardius requisierit; quoties infirmos tardius visilaverit. Si discordes ad concordiam revocare neglexerit ; si plus aut proximum aut uxorem aut filium aut servum exasperaverit quam oportet ; si amplius fuerit blanditus quam expedit ; si cuicumque majori personœ aut ex voluntate aut ex necessitate adulari voluerit; si pauperibus esurientibus cibum non dederit; aut nimium delîciosa aut sumptuosa sibi convivio praeparaverit ; si se in ecclesia aut extra ecclesiam fabulis otiosis, de quibus in die judicii ratio reddenda est, occupaverit; si dum incaute juramus et cum lioc per aliquam necessitatem impleie non poterimus utique perjuramus. Et cum omni facililate vel lemeritate maledicimus; ... et cum aliquid suspicamur temere, quod tamen pleiumque non ita, ut credimus, comprobatur, sine ulla dubitatione delinquimus. Serm., civ, 3, col. 1946.

n. Cogitemus ex quo sapere cœpimus quid pro juramentis, quid pro perjuriis, quid pro maledictis, quid pro detractionibus, quid pro otiosis sermonibus, quid pro odio, quid pro ira, quid pro invidia, quid pro conscientia mala. quid pro giila, quid pro somnolentia, quid pro sordidîs cogitationibus. quid pro concupiscentia oculorum, quid pro voluptuosa delectatione aurium, quid pro exasperatione pauperum, quid pro eo quod aut tarde aut difficile Cbristum in earcere visitavimus, quod peregrinos negligenter excepimus, quod secundum promissionem nostram in baptismohospitibus pedes lavare negleximus, quod infirmos tardius quam oportuit visitavimus, quod discordes ad concordiam non toto et inlegro animo revocavimus, quod Ecclesia jejunante prandere voluimus ; quod in ipsa ecclesia stantes, dum sanctse lectiones legerentur, otiosis fabulis occupât! fuimus; quod aut psallendo aut orando aliquoties aliud quam oportuit cogitavimus ; quod in conviviis non semper quse sancta, sed aliquoties qua; sunt luxuriosa locuti sumus. Serai., ccLvn, 2, col. 2220.

On pourrait douter que cette seconde liste soit une liste de peccata minuta; mais elle est précédée et suivie de phrases qui ne laissent aucun doute. Césaire admettait donc des degrés dans les premiers péchés énumérés, haine, colère, envie. On remarquera qu'il ne mentionne, comme pouvant comporter des atténuations, ni le vol, ni l'orgueil, ni l'avarice.

Les péchés « menus » sont ceux que tous les chrétiens contractent, car personne ne peut s'y soustraire, ni saint Jean l'Évangéliste, ni le saint homme Job, ni aucun saint. Serm., lu, I, col. 1844; xv, 4, col. 1771; civ, 3, col. 1947.

Une question particulière, qui parait difficile à résoudre, est de savoir si, d'après Césaire, l'accumulation des péchés menus équivaut à un péché capital. Il considère cette accumulation comme dangereuse pour la persévérance. L'habitude du péché léger conduit au péché grave, soit par l'endurcissement, soit par le désespoir. Serm., XXII, 2, col. 1787; CCLVII, 2, col. 2220; CCLIX, 1, col. 2224. Plusieurs textes cependant semblent aller plus loin :

CÉSAIRE D'ARLES

Nonsolum majora, sed etiam minuta, sinimium plura sunl, mergunt. Ser^m., Civ, 1, col. 1946; cf. 4, col. 1947. Ailleurs il compare ces péchés à des taches ou à des déchirures : chacune est petite, mais, réunies, elles souillent complètement la tunique spirituelle et celui qui s'approche de l'eucharistie en cet état est sacrilège. Serm., ccxcii, 6, col. 2299-2300.

Une autre question spéciale se pose à propos du devoir des époux. L'expression cognoscere uxorem excepta fiUorum desUleno revient souvent pour désigner une espèce de péché « menu ». Serm., CCLXXXVIII, 4, col. 2290, etc. La plupart du temps la mention est trop rapide pour qu'on puisse démêler le sens précis. D'après quelques textes, on voit que Césaire condamne non pas le désir de n'avoir pas d'enfants, mais la conduite extérieure de certains époux. D'abord, il met à peu près sur le même rang les femmes qui prennent des boissons pour se faire avorter et celles qui en prennent pour se rendre stériles: qux aiitjam conceptos aut jam tmtos occidunt, vel certe nnde non concipiant potiones sacrilegas accipiendo damnant in se naturam quam Detis vohtit esse fecundam. Sermon publié par dom Morin, Revue bénédictine, t. xiii (1896), p. 202, 1. 70. Qiiod si adhuc infanlulus qui possit occidi intra sinum malerni rorporis non im-enilur, non mintis est quod ipsa intra liontinem tiatura damnatur. Autre sermon, ibid., p. 20S, 1. .")0. La faute en question est commise aussi quand on ne sait pas observer les temps : Cum enim cuneta animalia tempus suum custodiant et nuUuni genus animaUum post conceptum niisceri videainus, sinedubio amplius hoc homines ad Dei imaginem facii custodire deberent. Sermon publié par dom Morin, ibid., t. XVI (1899), p. 247, 1. 97: cf. Serm., ccxcii, 7, col. 2300. Un autre cas est mentionné dans une comparaison : Velim scire, ille gui uxore sua inconlinenler utilur, si quoties eam luxuria victus agnoveril, loties suum agrum in uno anno araverit vel seruerit, qualem messem coUigere possit, etc. Serm., ccxcii, 3, col. 2298. C'est le cas indiqué plus loin, qui aliquoties nec prsegnantibus iijcoribus parcunt. Ibid., 7, col. 2300. D'accord avec le droit romain, Césaire proclame : Uxor non propter libidinem, sed propter filiorum procreationem accipitur. Ibid., 3, col. 2298. 11 ne parait donc pas songer à d'autres abstinences que celles de certaines époques; il ajoute, en se fondant sur l'ancienne loi, quoties fluxiim sa>iguinis mulieres patiiinttir, et il confirme cette interdiction sur une théorie physiologique de l'origine des lépreux, épileptiques et démoniaques. Ibid., 7, col. 2300.

D'une manière générale, il est très sévère pour les mouvements de la nature, même quand ils sont involontaires : lUa inlusio qux in somnis etiam nolentibus subripit, sine peccato esse non potest. Sermon publié par dom Morin, Revue bénédictine, t. xvi (1899), p. 247, 1. 89. La faute ainsi définie écarte de la communion et doit être expiée par la contrition, l'aumône, et, s'il est possible, le jeûne : Post pollutionem qtiss nobis nolentibus fieri solet, nobis communicare non licet, nisi prius procédât compunctio et eleemosyna et, si infirmitas non prohibet, etiam jejunium. Senn., ccxcii, 5, col. 2299. Il n'est pas inutile de rapprocher de cette phrase la suivante : Mulieres, quando maritos accipiunt, per triginta dies intrare in ecclesiam non présumant. Ibid.

Ces observances, que la première rigidité du christianisme et les souvenirs de l'ancienne Loi avaient introduites et maintenues, recevaient une nouvelle force de la théorie du péché originel. L'acte du mariage était vicié en lui-même. Dans un des sermons que nous venons de citer, Césaire aggrave la pensée de saint Augustin : Fragilita^ carnis conipenif excedere modum peccati quod per luxuriamcommitlitur. Sermon, dans la Revue bénédicline, t. svi"(1899), p. 247, 1. 101 ; cf. S. Augustin,

Serm., eu, P. L.; t. xxxviii, col. 819. Ici ce n'est plus l'excès qui est peccattim, puisqu'il s'agit de l'excès du péché. Saint Augustin n'a pas cette phrase. Mais ailleurs la présence des manichéens oblige Césaire à tempérer son zèle. De même que, dans les Statuta, il a réprouvé ceux qui condamnent et mariage et secondes noces, il écarte toute malédiction des femmes enceintes : Quid enim mali fecit mulier quse de proprio marito concepit. Serm., lxxv, 3, col. 1891.

Ajoutons que le péché discuté ici est toujours qualifié de minuitim, de parvum. Voir surtout Serm., xcil, 6, col. 2299. Outre les abstinences fondées sur la nature, Césaire en prescrit d'autres : plusieurs jours avant les fêtes, pendant tout le carême et usque ad finem paschx, Serm., x, 5, col. 1760; cxvi, 3, col. 1976; CXLI, 3, col. 2021; cxui, 7, col. 2024; les violations de ces prescriptions sont assimilées aux autres abus du mariage au point de vue de l'appréciation de la faute.

9" Suites et remèdes des péchés. — Les péchés « capitaux » conduisent à la mort éternelle, Serm., civ, 8, col. 1949; cxvi, 1, col. 1975; ccxciv, 6, col. 2305, etc.; personne n'y échappera, laïc ou évêque, clerc ou moine, nonne ou veuve. Serm., lxxvii, 4, col. 1826. Le seul remède à ces fautes est la pénitence, lacrimœ, rugitus et gemitus, .Serm., civ, 7, col. 1948, pénitence secrète, Serm., ccxlix, 6, col. 2208 = homil. xi de Durlach, dans le Fauste de M. Engelbrechl, p. 279, 1. 7; Serm., CCLVIII, 2, col. 2222; cclxi, 1, col. 2227, ou publique. Serm., cclxi, 1, col. 2227. La pénitence est précédée d'un aveu: Confessionem quseramus puro corde et psenitentiam donatani a sacerdotibus. Semi., CCL,2, col. 2209; cf. CCLVIII. 1, col. 2222. La pénitence est efficace et remet sûrement les péchés. Serm., cclvii. 4, col. 2221; CCLVIII, 1, 2, col. 2222.

Les péchés « menus » ne pourraient perdre l'âme quesi on les accumulait. Voir col. 2180. Mais ils doivent être expiés, dans cette vie par les bonnes œuvres, ou dans l'autre par le purgatoire.

A la tête des bonnes œuvres qui enlèvent les péchés n menus «, Serm., xv, 4, col. 1771, Césaire place l'aumône : Bonum est jejunare, sed melius est eleemosynam dare;... jejunium sine eleemosyna nullum bonum est. Serm., cxlii, 2, col. 2023. Puis vient le jeûne, mais Césaire le mentionne rarement sans ajouter qu'on doit le régler d'après sa santé. Ibid., 1, col. 2022. Enfin, il y a toutes les œuvres de miséricorde. Il en donne une énumération assez complète :

Quoties infirmos visitamus ; in carcere clausos et positos in vinculis requirimus, discordes ad concordiam revocamus, indicto in Ecclesia jejunio jejunamus, pedes liospilibus abluimus, ad vi- ^^ilias fréquenter convenimus, eleemosynam ante ostium praetereuntibus pauperibus damus, inimicis nostris quoties petierint veniam indulgemus : istis operibus et bis similibus minuta peccata redimuntur cottidie. Serm., civ, 6, col. 1948; cf. cclvi. coU 2219.

Aux œuvres de miséricorde, s'ajoutent les tribulations de la vie chrétiennement supportées, mort des proches, perte des biens, séparation finale opérée par la mort. Serm., xv, 4, col. 1771; civ, 4, col. 1947.

L'expiation des fautes légères a lieu après la mort dans le purgatoire. On trouve en effet dans Césaire le mot et la description précise : Illo transitorio igné, de quo dixit apostolus (I Cor., m, 15)..., non capitatia sed minuta peccata purgantur. Serm., civ, l,col. 1946. Ille 2ntrgatorius ignis duriorerit quam quicquid potest in hoc seeeulo pœnarum aut cogitari aut videri aut senliri. Ibid., 5, col. 1948. Ce feu ne pourra effacer les péchés graves, sed xterna illum flamma sine ullo remédia cmciabit. Ibid., 2, col. 1946.

Ainsi l'enseignement des fins dernières est étroitement lié à la prédication morale dans Césaire. Que de fois n'a-t-il pas fait appel, sur la fin de ses exhortations, à

CESAIRE D'ARLES

l'image du dernier jugement, si bien que l'expression a»te Irilninal Cliristi, emprunti'e à saint Paul, II Cor., V, 10, est devenue une inarque de son st^le dans les péroraisons. Serm., xiii, 5, col. 1767; lui, 3, col. I8'i6, etc. 10" Vertus et vices. — Ce qui vient d'être dit nous renseigne sur les théories de Césaire en matière morale. 11 suffit d'ajouter (|u'. m nr liMinr |.,,, m ^.■n.'ril iliez lui di- classilicalion. Il .1. .ni l,i .IimiI.', I,i \u-i\r,-. la

ncordi'

Fatisie

ours, il mentionne castilatem, sobneam, cavitalem. Sermon publié dans le Kugelbrecht, p. 339, 1. 26. Dans une lioiiii'lii' où il a mis la main, il énumcre les orto vitia de la tradition asci'lique. Hoinilia sacra, publiée par Elmeuliorsi, dans son édition de Gennadius, Hambourg, 1614. Ces indications sont subordonnées au but du prédicateur et varient avec les auteurs qu'il décalque. Le plus souvent il oppose dans des listes plus ou moins longues les vices et les vertus. Serm., xvii, 3, col. 1776; xxxiv, 3, col. 1812; CCXLIV, 3, col. 2195. etc.

Ordinairement, Césaire n'envisage les bonnes œuvres que par leur côté négatif, comme les moyens de racheter les fautes légères ou comme l'opposé de vices condamnables. Cependant il fait au chrétien une obligation du progrès dans la vertu. Mourir dans la pureté baptismale ne suffit pas; il ne suffit pas de s'abstenir des fautes : Grave maltini est si profectum non liabtieril in operibus bonis. Serm., CCLXIII, 3, col. 2232.

11" Les sacrements. — Nous avons déjà parlé du baptéme et de la pénitence. Dans le baptême, Césaire comprend en général sous le même nom le baptême d'eau et la chrismation: Omnes qui ad sahitare baptismum consequendtini Ecclesix offeruntur, et chrisma et oleum benedictionis accipiunl, ut jam non vasa vacita, sed Deoplenaet templiim Deiesse mereantur, Serm., XLil, 2, col. 1828: ce texte parait attribuer au baptême d'eau l'ablution des péchés, à la chrismation et aux onctions l'infusion du Saint-Esprit. Les autres détails que l'on pourrait relever sur le baptême et la pénitence concernent l'histoire des rits ou de la discipline.

L'eucharistie est un sacrement que l'on ne peut recevoir si l'on a sur la conscience un des peccata capitalia. Les sermons cxv, cxvr, semblent prouver qu'on osait le faire du temps de Césaire ; l'évêque proteste avec la dernière énergie contre cet abus. L'usage était de ne communier qu'aux grandes fêtes : il fallait s'y préparer. Serm ., X, 5, col. 1760; cxvi, 3, col. 1976; cxli, 3, col. 2021. Le corps du Christ contient la vie : In Christi corpore vita nostra consislit, Serm., cxv, 1, col. 1973; c'est le pain des anges et une nourriture céleste. Serm., cxvi, 2, col. 1976; cxlix, 2, col. 2035; ccxxxxii, 2, col. 2279. En somme, l'eucharistie n'a pas un relief bien grand dans ce qui nous reste de Césaire. Il s'est approprié, dans un de ses recueils, une homélie sur le sujet écrite en Gaule au v" siècle. Morin, Revue bénédictine, t. xvi (1899), p. 341.

Il a au contraire trois textes intéressants sur l'onction des infirmes: Quoties aligna infirmitas supervenerit, corpus et .<ianguinem Christi ille qui xgrotat accipiat ; et inde corpusculum (synonyme exact de corpus dans Césaire) suum ungal ; ut illud quod scriptum est inipteatur in eo IJac. v, 14-15): « Infirmatur aliquis... et SI in peccatis sit, dimittentur ei. » Videte,fratres, quia qui in infirmitate ad ecclesiam cucurrerit, et corporis sanitatem recipere et peccatoinim indulgentiam merebitur oblinere. Cum ergo duplicia bona possint in ecclesia inveniri, quare per prsecantatores , etc. Serm., CCLXV, 3, col. 2238-2239. Césaire oppose l'action de l'eucharistie et de l'huile sainte aux sortilèges et aux formules magiques; m.ême opposition dans les autres passages. Dans ce premier texte, nous voyons très clairement les points suivants : 1" une interprétation des

deux versets de saint Jacques dans le sens d'un rit concret; 2" l'union de l'eucharistie et de l'huile sainte dans ce rit; 3" l'application du rit à toute maladie, légère ou grave, puisque le malade est supposé aller lui-même à l'église, puisque le rit est opposé à la médecine magique en général ; 4» l'accomplissement du rit dans l'église. Ce dernier point est aussi sur que les précédents. Ce texte fait partie d'une série d'exhortations de Césaire à venir à l'église et à s'y tenir convenablement et qui débute par les mots : Omni die dominico ad ecclesiam convenite.

Dans les deux autres passages, en parlant de diverses superstitions, l'évêque vient à mentionner les pratiques des mères qui cherchent à rendr.^ h. ^aiil.- :'i I. m- ,-nfants: Quantum rectiuset salidn ni-^ , ,,i: ni ,,,/,,,(,-,-.,,/ currerent, corpus et sanguineui i:iir:sh ,n r,pr,r,:i, .;,,, benedicto etseetsuosfideliterpriuH<ji-,riii,ci ^ecundmn quod Jacobus aposlolus dicit, non solum sanitatem corporum, sed eliam remissionem acciperent peccatorum. Serm., cCLXXix, 5, col. 2273. Césaire cite ensuite saint .lacques. Ici, le malade n'est plus transportable. Mais les parents doivent cependant aller à l'église, y recevoir l'eucharistie, s'oindre eux-mêmes d'huile sacrée et en frotter « les leurs ». Smos ne peut désigner que la famille et spécialement sans doute l'enfant malade. On remarquera que si l'huile est bénite par les prêtres, ce sont les fidèles qui se l'administrent eux-mêmes, comme nous le voyons faire à sainte Geneviève quelqur; nii - l'u^ tôt (dans la Vie, §49, publiée par Kohici. / ' , , sur le le.Tte de la Vie latine de sainte G in. ' ..

Paris, 1881, dans la Bibliothèque de n':,;.;. ,!.■. im ,ir^ études. Sciences philologiques, fasc. 18, p. 4i).

Ce dernier détail est confirmé par un passage d'un sermon que dom Morin a publié pour la première fois : Sicut scriptum est (le texte de saint .l.ic.[iif>s iV. >i pas cité), oleo benedicto a presbiteris debcn ni /',■, luninmet omnemspem suam in Deo ponere: <i'iih n, n. j.ninnt. et dum salutem requiruntcorporum,riimtniii un-, -ni mil animarum. Homiliaire de Burchard de Wurzbourg ; sermon vi, publié par dom Morin, dans la Revue bénédictine, t. XIII (1896), p. 209.

Des deux premiers textes, il résulte que l'effet de l'onction est double : la santé du corps et la rémission des péchés. M. Puller, The anoinling of the sick in Scripture and tradition, Londres, 1904, p. 69, s'est demandé si la rémission des péchés était attribuée à la réception de l'eucharistie ou à l'onction, si les péchés remis étaient capitalia ou minuta; dans le cas où les péchés capitalia seraient remis par l'onction, comment Césaire peut-il supposer qu'on ira communier d'abord dans cet état ? Il semble que Césaire suit les paroles de saint Jacques d'une manière tout à fait stricte : la rémission des péchés est attribuée par saint Jacques à l'onction, Césaire l'affirme ; de quels péchés? saint Jacques ne précise pas, Césaire non plus. Manifestement, l'évêque d'Arles ne voulait pas en savoir plus long que son auteur.

Les trois phrases citées placent Césaire troisième interprète des paroles de saint Jacques, après Cyrille d'Alexandrie, De adorationein spiritu et verilate, l. VI, P. G., t. Lxviii, col. 471, entre 412 et 426, et le pape Innocent I", lettre à Decentius d'Eugubium,19mars 416. Epist., XXV, S, P. L., t. XX, col. 560.

IV. CoNCLVSiox. — La théologie de Césaire n'est pas originale. Elle procède de ses devanciers, souvent par simple transcription d'œuvres antérieures. Sur les questions de la grâce, Césaire est un augustinien strict. Cependant son témoignage a un intérêt historique ou dogmatique pour quelques points : la réalité de la chair et des souffrances du Christ, l'idée du Dieu de pitié, la pureté absolue de Marie, la descente aux enfers, la procession du Saint-Esprit, la valeur des deux Testaments, la distinction et la classification des péchés, la nécessité

CÉSAIRE D'ARLES — CESARE

des œuvres, la liste des œuvres de miséricorde, les effets respectifs de la chrismation et du baptême, la pratique et les effets de l'onction des malades. L'œuvre deCésaire est surtout importante pour l'histoire de la morale. C'est Bussi essentiellement une œuvre d'enseignement élémentaire, et, comme l'évèque est par ailleurs très préoccupé de discipline et de règles ecclésiastiques, il -éprouve plus que d'autres le besoin de codifier et de fixer. De là la tendance à réduire les vérités et les préceptes en formules, l'effort pour constituer un précis çénéral du christianisme dans le cadre d'un symbole, fe zèle d f nr le tè e de 1 r'ce Pour atteindre ce 1 t C "îT r en 1 0 ne prat q e sic f e s 1 e t f r nn f r p e I e

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P Lea\ 2. CESAIRE de Nazianze (Saint), frère cadet de saint Grégoire le Théologien, naquit au bourg d'Arianze, vers l'an 330, et fut élevé avec le plus grand soin dans la maison paternelle. Un goût prononcé pour les sciences le conduisit aux célèbres .rolrs il'Alexnndrio. o\i il ('liiflin la géométrie, rastr'-innni'', -iiiiniii l:i m.'-diTiii.'. rii laquelle il éclipsa liiml.ii i^u- ^.'^ i'u.ni\. Il ivlnsu d'abord un poste ,-iiism .n,iiil:i^iii\ qiriiuiiiii'alilr rpii lui était offert à (■.oii>l;iiiliiiopl.'. i-l retourna avec son frère dans sa patrie i:;tiii>. M.n^ l.i ville impériale le revit bientôt en qualiti' di' m. il. lui ilc la cour, sous les règnes de Constance (j otilj el de ,lulien l'Apostat (f 363), qui s'efîorça en vain de le ramener au paganisme. Sous Valens, en octobre 368, comme il exerçait en Bithynie un emploi considérable dans les finances, il échappa comme par miracle au terrible tremblement de terre qui ravagea Nicée, Retire vivant de dessous les ruines de sa maison, se rendant aux instances de son frère et de saint Basile, il reçut le baptême et résolut de quitter le monde, lorsque, tombant malade, il mourut au bout de peu de jours, en exprimant le désir d'avoir les pauvres pour héritiers. Il avait vécu dans le célibat, Jacques Godefroy, dans ses notes sur le code théodosien, Lyon, 1665, t, VI, p. 354, identifie Césaire le médecin avec un Césaire mentionné dans ce code, x, 1, 8, qui fut préfet de Constantinople en 365 et jeté en prison par Procope la même année. Ammien Marcellin, xxvi, 7; Sozomène, H. E., IX, 2, P. G., t. Lvii, col. 1597 sq. Bien que ce personnage paraisse dans la correspondance de saint Grégoire, comme destinataire de la lettre xxiii, P. G., t. xxxvn, col. 57, il est plus que douteux que ce soit son frère. Les IIiJaTEi; ou Dialogi IV seu qiiœstiones et res-

ponsiones, P. G., t. xxxvm, col. 851-1190, attribuées Césaire, sont sans doute d'un homonyme plus jeune.

EpisL.

Episl..

Biblivi

■te. Oivt., vil, P. G., t. XXXV, col. 75; G., t, xxxvii, col. 45, 53, 63 ; S. Basile, G., t, xxxii, col, 301, 315 ; Photius,

G., t, cm, col, 689; Galland, P. G.,

C. Verschaffel.

CÉSALPINI André, célèbre naturaliste italien, égaler ment versé dans les sciences expérimentales et dans la philosophie d'Aristote, naquit vers 1519, à Arezzo, en Toscane profes a h decineàPise avec un très grand echt et de nt dans h su te pre n er médecin du pape Clément 'VIII La pi part le se o vrages ont trait aux se ences mt relies E pi losopl e Césalpini se laissa

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1 p c d concl s ons mûrement arrêtées.

I pp 1 Ro e le sa ant naturaliste, lui e u coll ge de la Sapience et en fit son n Le tra te o Césalpini combat les 0 I „ e et le la sorcelle e, Dxmonum inve-

l aexpl calurlocusHippncrat., i b » labeatui; in-4», Florence, la demande de l'archevêque de P e propos 1 un cas de possess on diabolique. Après un resu 1 to que très s 1 stantiel sur les faits de cette n t re 1 conclut q e h possession étant surnaturelle les secours de la edec ne sont inefficaces et qu'il faut recour r a ceux le 1 L„l se

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M cl aud B og aph e Hœfer, Nouvelle biographie générale, t. i.x, p, 435; Fuchs, Andréas Cesalp., de ejus ingénia, Marbourg, 1798; Bayle, Dict. hist. ; Boccone, Museo di piante rare, p, 125-132.

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