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VL L'ÉVIDENCE EST LE CRITÉRIUM DES VÉRITÉS D'ORDRE

RÉEL. — Quant aux vérités d'ordre réel, on les admet également à cause de leur évidence. Elles passent par deux étapes. Une première, d'impression sensible et individuelle sur les sens. iN'ous n'avons pas, dans ce Dictionnaire de théologie, à faire toute la théorie de l'objectivité de nos sensations, mais il est certain, et c'est le témoignage constant de la conscience, que notre certitude relative aux faits concrets est basée sur leur manifestation, sur l'évidence avec laquelle ils se montrent à nos sens et les touchent. L'esprit intervient ensuite et, par l'abstraction, de ces faits concrets, contingents et matériels, tire des notions immatérielles, nécessaires et universelles. On a invoqué l'immatérialité, la nécessité, l'universalité de ces concepts pour creuser un fossé infrancliissable entre eux et la réalité. Or, il y a loin d'y avoir irréductibilité entre les uns et les autres. « Les sensations, en effet, ne représentent pas seulement ce qui particularise les essences génériques ou spécifiques, mais bien ces essences ellesmêmes avec, en plus, les traits qui les particularisent. Les caractères déterminateurs de l'individu renferment nécessairement qxielque c/iose que ces caractères déterminent, un sujet déterminé, un principe actif défini, en d'autres mots, les sensations renferment l'objet des concepts d'être, de substance, d'action, et ainsi de suite. » Mercier, ibid., p. 328. D'autre part, l'abstraction ne supprime nullement l'identité entre l'objet de la sensation et l'objet de la connaissance intellectuelle. Taine le met bien en relief, quoiqu'il n'admette pas les mêmes conclusions que nous sur la nature des concepts : (. L'abstraction est le pouvoir d'isoler les éléments des faits et de les considérer à part... Ce sont ces composants que l'on cherche, lorsqu'on veut pénétrer dans l'intérieur d'un être. Ce sont eux que l'on désigne sous le nom de forces, causes, lois, essences, propriétés primitives. Il ne sont pas un nouveau fait ajouté aux premiers; ils en sont une portion, un extrait : ils sont con-

tenus en eux, ils ne sont autre chose que les faits eux-mêmes. On ne passe pas, en les découvrant, d'une donnée à une donnée différente; mais de la même à la même, du tout à la partie, du composé aux composants. On ne fait que voir la même chose sous deux formes, d'abord entière, puis divisée ; on ne fait que traduire la même idée d'un langage en un autre, du langage sensible en langage abstrait, comme on traduit une courbe en équation, comme on exprime un cube par une fraction de son côté. » Taine, Le positivisme anglais, Paris, 1864, p. 114-118. Pour ces vérités d'ordre réel, c'est donc encore l'évidence qui est à la base de toute certitude.

VII. Variétés d'évidenxe et de certitude. — Puisque l'évidence est le signe auquel se reconnaît la vérité vraie, il est manifeste qu'aux variétés d'évidence correspondront des variétés pareilles de certitude. Quand l'évidence ne sera pas entière, mais presque entière, ce qui s'appelle la grande probabilité, alors l'esprit donnera un assentiment presque complet qui s'appellera la certitude morale. On verra à l'article Probabilité la nature de cette spéciale manifestation des choses, et de l'assentiment qui lui est donné. Nous dirons tout à l'heure le pourquoi de ce nom ide certitude morale. — Quand l'évidence est la manifestation même et l'immédiate apparition de l'idée ou du fait affirmé, elle engendre la certitude absolue et immédiate ; quand elle réside seulement dans \e lien qui rattache une proposition inévidente en soi à des prémisses évidentes, ce qui arrive dans les raisonnements, où les conclusions ne sont admi'ii^s 1(11. ■ |i:ir li>iir conne.'iion évidente avec des princii'.'- - l'in .:],<]'< la certitude des propositions nouvrll. - ' . puisqu'elle est obtenue moyennant léviur 11, , ,iii il, Il , litre ces propositions et les principes. Ces doux certitudes fondent la science. — Quand il est évident qu'un témoin évidemment instruit et véridique affirme une chose ou un fait, et qu'on accepte cette chose ou ce fait sur le témoignage évidemment existant et valable de cet homme, l'assentiment certain donné alors s'appelle la foi ou la croyance, et sa certitude est extrinsèque, parce qu'elle est basée sur l'évidence qui gît, non dans la chose ou le fait non vus ou démontrés, mais dans l'autorité extérieure qui les affirme. Voir Foi.

VIII. Certitude et volonté. — La certitude enveloppe d'ordinaire la coopération de la volonté. C'est un assentiment de l'esprit sans doute, mais où intervient la volonté, soit pour préparer, soit pour prescrire, soit pour accompagner ou approuver.

I» La raison de cette coopération de la volonté se trouve dans la nature même de la certitude. En effet, celle-ci est le repos de l'esprit dans la possession de la vérité. La vérité est apparue à l'esprit, celui-ci l'a perçue, et comme il a conscience de la détenir, il l'a contrôlée et l'a reconnue exacte ; il se repose alors dans la possession du vrai et de sa connaissance. Or la vérité est le bien de l'esprit; la connaissance, c'est la possession de ce bien: la conscience de cette possession donne la joie et le repos ; et cette conscience, c'est la certitude. Celle-ci est donc le repos dans le bien, ce qui justifie et fonde la compétence de la volonté, faculté du bien. Un même objet, vrai et bien en même temps, peut donc simultanément provoquer l'assentiment de l'esprit et le consentement de la volonté. C'est la distinction entre l'assentiment et le consentement. Cf. S. Thomas, In III Sent., dist. XXIII, q. ii, a. 2.

2" Le mode de la coopération de la volonté dans l'assentiment de certitude est varié et multiple. Nous l'indiquons d'une façon sommaire. L'intelligence, dans sa marche vers la certitude, parcourt toute une succession d'étapes où elle n'est jamais seule : toujours la volonté l'accompagne pour l'exciter, la fixer, la diriger ou la détourner. — 1. .\u commencement de tout travail intellectuel doit se placer le choix de l'objet. En effet,

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CERTITUDE ilé et de la Certitude est illimité et de

11' champ d

plus l'esprit peut s'attacher indifféremment à l'exploration de n'importe qu'elle partie du champ de la vérité. (Ju'est-ce donc qui déterminera la curiosité scientifique à s'attacher à un sujet plutôt qu'à un autre? Ce ne sera pas l'esprit, qui est indifférent de sa nature. Ce sera la volonté, laquelle, du reste, déterminera l'esprit selon les habitudes morales quelle a prises au cours de la vie, et orientera les investigations intellectuelles vers les régions qui sont présumées devoir être d'accord avec les dispositions de l'àme et ses tendances. — 2. Le sujet déterminé, l'intelligence devra s'appliquer à son étude. Elle le fera en se tournant vers lui, en se mettant en contact avec lui. De même qu'il ne suffit pas de vouloir voir un objet pour le percevoir, mais qu'il faut se mettre en sa présence, ou l'approcher des yeux, ainsi, qui veut connaître un objet doit se mettre par l'application de l'esprit en rapport avec lui. Or, cette application est œuvre de volonté. L'intelligence est un miroir qui réfléchit, mais c'est la volonté qui place l'objet devant le miroir ou le miroir en face de l'objet. — 3. Cette application permet la première appréhension de l'objet. La science demande plus que cela. Elle exige la persévérance dans l'examen, et l'exclusion des objets étrangers qui viendraient troubler le travail intellectuel. Cette persévérance et cette exclusion s'obtiennent par Vattention qui s'attache à l'objet choisi, de préférence aux autres ; et l'attention est œuvre d'intelligence et de volonté. La pensée, par elle seule, ne s'attacherait pas avec la force que suppose l'attention, si le vouloir n'intervenait. —4. La science conquise, possédée avec certitude, est un bien trop élevé, trop noble, pour ne pas attirer fortement l'âme et exciter en elle la passion de la recherche et de la vérité. Il y a donc dans cette recherche plus que l'attention privilégiée accordée à un objet de choix, il y a Veffort soutenu, le labeur opiniâtre et constant; l'effort est produit par l'intelligence, certes, comme l'attention, mais sous l'influx d'énergie que lui infuse la volonté. — 5. L'examen attentif, la recherche vigoureuse du vrai le fait découvrir petit à petit. D'abord, dans une demi-clarté, apparaissent des raisons multiples et quelque peu indécises, des arguments variés et divergents : ce ne sont que des probabilités, c'est-à-dire des hypothèses provisoires et incertaines. Cependant, entre les diverses hypothèses possibles ou probables, à un moment donné, l'esprit en choisit une à l'exclusion des autres. Elle n'est pas convaincante, les raisons n'apparaissent pas avec l'évidence qui force l'assentiment, et cependant celui-ci est donné. Où en chercher la raison suffisante, si les probabilités objectives sont, elles, des raisons insuffisantes '? Dans la volonté qui pèse de tout son poids sur l'esprit, et apporte le complément nécessaire à la détermination du jugement. C'est donc la volonté qui donne à l'opinion ce qu'elle a de fixe, de déterminé et pour ainsi dire déjà de certain. C'est ce côté volontaire, et donc moral, qui a valu à la grande probabilité le nom de « certitude morale ». — 6. Avec le travail scientifique, la lumière grandit, elle devient sur certains points éblouissante, et d'une évidence complète. L'esprit alors est obligé de se rendre, il faut qu'il donne son assentiment et qu'il prononce avec certitude les jugements que l'évidence impose. N'y aurait-il ici aucune place pour la volonté'.' Il y en a une encore. Car cette évidence qui présente la vérité à l'esprit apporte en même temps à celui-ci sa perfection et son bien, et tout ce qui est bien est de la compétence de la volonté. Celle-ci donc, si elle est droite, consentira à ce que la pensée admet, elle ajoutera son suffrage. On a dit à bon droit qu'il faut aller au vrai de toute son âme. Il y faut donc aller avec son esprit, sa volonté et son cœur. La vérité qui ne fait qu'apparaître aux yeux de l'intelligence reste une étrangère, elle n'entre pas dans son intimité, nous

ne la vivons pas, elle ne vit pas en nous. Il y a une assimilation plus profonde que celle de la connaissance : elle se fait, en dépassant celle-ci, par l'acceptation et l'amour, dans le sein de la volonté et de la liberté. « Il faut que les vérités s'incorporent à nous et nous pénètrent longtemps, comme la teinture s'imbibe peu à peu dans la laine qu'on veut teindre. Il y a une pénétration lente de chaque jour, une intussusception de la vérité qui doit nous conduire dans toute la vie, qui fait que cette vérité devient à notre âme ce que la lumière du soleil est à nos yeux, qu'elle éclaire sans qu'ils la cherchent... Quand nous creusons dans la vérité pour la pénétrer, elle creuse aussi en nous pour entrer dans la substance de notre âme. Alors seulement elle devient pratique et nous est comme une partie de nous-mêmes. » Maine de Biran, Journal intime, 17 novembre 1820 et octobre 1823. — 7. Si la vérité, au lieu de se montrer en elle-même, nous est seulement affirmée par l'autorité d'un témoin compétent et svir, alors quelles que soient l'évidence des qualités de ce témoin et la clarté de ses affirmations, le vrai qui y est contenu ne nous apparaît pas dans sa réalité; il est caché. Le témoignage le voile tout en le révélant. L'assentiment de l'esprit n'est pas contraint, comme dans le cas précédent. Tous les raisonnements qu'on pourra faire aboutiront à montrer que le témoin est sur, qu'il a parlé, que son attestation est croyable, qu'elle nous oblige ; mais le jugement n'est pas pour cela imposé à l'esprit qui reste libre. Qui le déterminera à s'abandonner, à dire : « Je crois'.' » La volonté. La volonté a donc une part essentielle et constitutive dans l'acte de fui, et c'est pour cela que celle-ci est une vertu. « Un objet révélé se présente à notre intelligence de la part de Dieu, souvent même de la part de l'Eglise qui le définit, l'interprète ou l'enseigne. Qu'il soit essentiellement mystérieux, ou qu'il soit naturellement connaissable avant que d'être affirmé par Dieu, nous disons qu'il ne saurait nécessiter, comme les vérités intuitivement ou démonstrativement évidentes, l'assentiment de notre esprit. Non, certes, qu'il ne soit pas évidemment croyable, que l'autorité divine dont il est revêtu ne soit évidemment démontrée, que le devoir d'y adhérer ne nous soit évidentment imposé. Bien au contraire, nous admettons que les preuves de la crédibilité, le motif de la croyance, l'obligation de la foi, sont tels dans le christianisme, que sous peine de révoquer témérairement en doute les bases mêmes de la certitude humaine, notre raison doit croire tout objet divinement affirmé. Mais ce qu'elle doit faire, elle n'est pas toujours nécessitée à le faire ; et comme nos autres facultés, elle n'est fatalement entraînée que vers son objet propre. Or, l'objet propre de l'intelligence humaine ici-bas est la vérité évidente, soit que son évidence apparaisse d'ellemême et que nous la percevions par intuition directe, soit qu'elle apparaisse à l'aide d'autres évidences et que nous ayons besoin de démonstration pour la discerner. Que l'intelligence dispose ou non de grâces surnaturelles dans ses rapports avec l'objet à connaître, son fonctionnement reste essentiellement le même : elle est invinciblement attirée par lui s'il est évident; elle ne l'est pas s'il est seulement certain sans évidence. L'objet révélé n'étant jamais évident comme tel, il ne saurait jamais nécessiter l'adhésion intellectuelle qu'il sollicite et à laquelle il a d'ailleurs un droit incontestable. » Didiot, Vertus théologales, n. 217, Paris, Lille, 1897, p. 162. — 8. Ce que nous venons de dire jette quelque lumière sur la part de la volonté et de la vie dans l'assentiment de la certitude, et peut justifier, en ce qu'elle n'a pas de trop obscur, certains points de la « philosophie de l'action «. Déjà les anciens avaient reconnu que nous obéissions souvent, dans nos jugements, aux injonctions du cœur et de la passion, et nous en avons donné un exemple dans la mère qui ne veut pas se rendre à l'évidence sur l'indignité de son fils. Lessius,

CERTITUDE

De pnidentia, c. I, dub. iv, Louvain, 1605, p. 6, dit : Quisque judicat prout estaffectus. Il y a une infiltration de la volonté, de son influence, et par elle, de tout ce qui agit sur elle, de la vie, de l'activité, des tendances héréditaires ou acquises de chacun, des impressions du moment, des passions sourdes ou violentes, dans l'esprit ou le jugement. Non pas que ceci atteigne la science dans son degré parfait; quelles que soient les dispositions de l'homme, l'évidence objective reste et s'impose, et c'est ce qui sauve la vérité pt In «cirMiro. M:n= b certitude, sans être atteinte û.iu< -i ni'nii. ni l.iw ^;i valeur, sera diminuée dans snu i.vm.. |.ii., .|ii,. Imsqu'elle deviendra gênante, on di lonriiriM ![■ coius des préoccupations intellectuelles, on évoquerii d'autres objets, on suscitera des sophismes et la certitude cessera de s'affirmer pour un temps; elle reculera devant les fluctuations du caractère et les passions de l'âme. « 11 y a des cas où l'on ne verra ce qui est que si l'on est disposé à vouloir que ce qui est soit. Il y a des assentiments que l'on ne donnera que si l'on a la résolution sincère de donner aussi son consentement. L'évidence morale ne subjugue pas de vive force. Elle laisse quelque place à une résistance possible, tant que la volonté n'est pas consentante. Comment admettre une chose morale comme telle, si l'on s'obstine à la considérer d'une façon tout intellectuelle, et comment l'esprit la reconnaîtra-t-il en sa forme propre, qui est précisément la forme morale, si la bonne volonté manque? Les raisons les plus fortes, les plus convaincantes, les plus éclairantes ne peuvent produire tout leur elïet en matière d'ordre moral, si ce qui en nous est moral, à savoir la volonté, ne fait pas son office. Ici, on ne peut voir assez, on ne peut savoir vraiment sans vouloir. » Ollé-Laprune, La philosophie et le temps présent, c. xii, Paris, 1894, p. 262. Saint Thomas n'avait-il pas écrit : « Deux causes peuvent assurer la rectitude de notre jugement. L'une est le parfait usage de notre raison ; l'autre une sympathie et comme un goût de nature pour les réalités dont nous jugeons. Ainsi un homme qui s'est appliqué à l'étude de la morale peut juger de la chasteté par principes rationnels; mais celui qui a la vertu de chasteté en juge par une sympathie naturelle dont il a l'expérience. » Siim. theol., Il» II», q. XLV, a. 2.

IX. Définitions ecclésiastiques. — L'Église s'est prononcée plus d'une fois sur le problème de la certitude. l" Elle a affirmé la possibilité et la réalité de la certitude rationnelle, contre les sceptiques et les traditionalistes, et ceux-ci ont du souscrire les propositions suivantes : « Le raisonnement peut prouver avec certitude l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, la liberté de l'homme. » 2« proposition souscrite par Bonnetty, Denzinger, Enchiridio)i, n. l.V)fi: cf. In Ire proposition souscrite par Baulniii. lirn/iiiL..r. n. Ils-^. .. La raison peut établir avec ccriiiifJ, 1 .niiln hIk ii. .],■ la révélation faite par Moïse aux .luil^. it p.ir .1. -ii^-i :lirist aux chrétiens. » 6« proposition souscrite par Uaulain, Denzinger, n. 1493. Voir col. 482-483, 1022-1024. Le concile du Vatican jugea nécessaire de fixer ce point par une définition et de le protéger par un anathème : « La sainte Église notre Mère tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec cei-titudvpar les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées. Si quelqu'un dit que le Dieu un et véritable, notre créateur et notre seigneur, ne peut, à l'aide des choses créées, être connu avec certitude par les lumières naturelles de la raison, qu'il soit anathème. » De fide cath., c. Il, et can. 1.

2» Mais si la raison humaine est capable de quelques certitudes, elle ne peut, par ses propres forces, les acquérir toutes. C'est ce que l'Église a maintes fois soutenu, soit dans ses condamnations portées contre Hermès, Gunther, Baltzer et Frohshammer, cf. bref Ad augendas, du 26 septembre 1835 de Grégoire XVI,

Denzinger, n. 1486; brefs de Pie IX à l'archevêque de Cologne, du 25 juillet 1847, du 15 juin 1857, Denzinger, n. 1509; à l'évêque de Breslau du 30 mars 1857, Denzinger, n. 1513; du 30 avril 1860, à l'archevêque de Munich, du 11 décembre 1862, Denzinger, n. 1524, et du 21 décembre 1803, Denzinser, n. 1531; soit au concile du Vatican quniHl . llr :, :i|imi,i ■ ■ (|iiil existe un double

ordre de coriii.n--,iih , . ,\,~ i im.m seulement par le

principe, m.ii- .innir |i,ii Iniij.i distinct en premier lieu par le principe, parce que, dans l'un, nous connaissons par la raison naturelle et, dans l'autre, par la foi divine; distinct ensuite par l'objet, parce que, en outre des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il est proposé à notre croyance des mystères cachés en Dieu que nous ne pouvons connaître sans une révélation divine ». De fide cath.', c. iv.

3" Bien plus, la raison ne peut parcourir à elle toute seule son domaine, de telle façon que sur tous les points où elle est compétente, elle soit capable de trouver facilement, sans erreurs, des solutions fermes et certaines. C'est même pour cela que la révélation surnaturelle fut d'une souveraine opportunité et d'une morale nécessité. Cf. De fide cath., c. II.

X. La certitude et la foi. — La révélation n'a pas seulement précisé et affermi les certitudes naturelles, on lui doit encore de nouvelles certitudes, celles de la foi et de l'espérance chrétienne. Il est sur que la foi surnaturelle enveloppe la certitude et que cette certitude enferme quelque évidence. En effet, il y a plusieurs étapes pour arriver à la foi. Il y a les étapes abordables à la raison bien qu'elles soient déjà sanctifiées par la grâce, par cela même qu'elles conduisent à la foi et en sont la préparation indispensable. Il y a les étapes strictement surnaturelles. L'esprit humain doit d'abord se renseigner sur le témoin, sur Dieu; ici nous avons évidence de démonstration et parfaite certitude sur l'existence et la véracité divine; c'est le jugement théorique de crédibilité, jugement certain et évident. Vient ensuite la démonstration relative au témoignage ; en fait, Dieu a révélé telle chose, soit publiquement au genre humain par la voie des Écritures ou de la tradition conservées dans l'Église, soit d'une façon privée à moi-même. Ici, il y a évidence des preuves de la parole publique ou privée de Dieu, amenant à la conclusion évidente et certaine du jugement pratique de crédibilité. Tous les hommes (donc moi aussi) doivent croire telle vérité qui leur a été révélée par Dieu et transmise par l'Église. Je dois personnellement croire telle vérité qui m'a été directement communiquée par Dieu. Ici intervient la volonté ordonnant de croire : et l'intelligence alors sans voir ce qu'elle croit, mais voyant évidemment qu'elle doit croire, donc dans l'inévidence de Vohjet lie sa foi, mais dans l'évidence des motifs, émet un acte certain et inébranlable de foi. Certitude supérieure parce quelle est basée sur l'immutabilité, la science, la sincérité divine, l'infaillibilité de l'Église et accompagnée de la grâce. Voir Foi.

XI. La certitude et l'espérance. — L'espérance, elle aussi, laisse quelque place à la certitude. Non pas que tout soit certain dans les actes de cette vertu qui doit, au contraire, être mêlé de crainte et donc d'incertitude. Deux éléments entrent dans le mécanisme de l'espérance : Dieu et moi. .l'espère être sauvé par la grâce de Dieu. Sous l'aspect divin, l'espérance emprunte les certitudes de la foi. Non certes que l'espérance, qui appartient â la volonté, ait pour qualité propre la certitude, qui est d'ordre intellectuel, mais parce qu'elle s'appuie sur un assentiment certain de foi à des promesses infaillibles de Dieu. Sous l'aspect humain l'espérance est incertaine, parce qu'elle a pour objet notre coopération à la grâce, notre fidélité aux préceptes divins et notre persévérance finale. Or ces faits sont toujours contingents et nul ne peut, sauf révélation

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