‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 689 sur 741 · I -Mi: m.- non mis dans le commerce. — Bibliotheca · texte numérisé non relu

I -Mi: m.- non mis dans le commerce. — Bibliotheca

' hiSi-lSSi, in-8", Munich, 1884, 90 pages, 1372 nu- 11 [HP gravé: c'est le 40- catalogue de la librairie d'j M l.uLii- ll.jrojithat. de iMunicli. fort intéressant pour la bibliographie des cbuiiiiii-.. — Il .Il an Hagen de Indagine, chartreux d'Erhirt if li" '' •■niune et exercitiis sacri cartusiensis onli, : 11-12, Cologne, 1606, 1608 (?), 1609; Lyon, 1643. - I,- \ > n IHnys de Leewis, de Ryckel (f 1471), De prxconio sive lotid'; ordinis carthusiensis, liber unus, in-fol., Cologne, 1532, Opéra minora, t. n ; Cologne, 1559, Opuscula insigniora. Ce livre paraîtra prochainement dans la nouvelle édition des œuvres complètes du Vén. Denys, où l'on trouvera aussi les autres opuscules composés pour la formation des novices. — Dom Pierre Cousturier (Sutor), chartreux de Pai-is (f 15371, De vita cartusiana libri duo, in-4-, Paris, 1522; in-8», Louvain, 1572; Cologne, 1609. — The hill of perfection in-4", Londres, 1497; Mous perfectionis ad cartusianos, auctore Joanne Alcoch, episcopo Londinensi, in-4', 1501. — M. Claude Héméré, docteur en théologie, Cartusianus sive iter ad sapientiam, in-8% Vermand, 1626. —Dom Innocent Le Masson, général de l'ordre (f 1703), Directoire des novices chartreux de l'un et de luittre sexe, 1660: cette première édition existait encore en 1785; in-12, 1676, s. 1.; 1687, 1760 (pour les relii:ii:-ux du di.itre seulement), in-18, Avignon, 1867,

1874; A--/i/.. . -,.-1.1:' .1., i,,,,;,-s du même ordre, in-18,

Avigmii. i-i 1 : ! 1 .1 III Innocent lui-même, petir

in-8" et II 11 I 1, '" i' mx éditions des statuts, 1681, 1688, 17: ;i, /i ,(..,..,,., II,. In. .\l,.iiireuit-sur-Mer. Ce Directoire, arrangea lusage des frères lais par l'auteur lui-même, se trouve annexé à toutes les traductions de leurs statuts. — Spiritus cartusiensis a Révérende in Christo Pâtre Domino Innocentio Le Masson... in annoHbus ordinis dilucidatus, nunc vero ad commadiorem alumnorum usum per extractum in hanc formam a quodam Buxianse carlusise professa digestus, et cum licentia superiorum in lucem datus, in-12, Ottoburœ, 1754. — Idea de un verdadero cartujo, in-8*. Valence, 1775. — Idea veri cartusiani, 1792, imprimé aussi en Espagne, paU-ie de l'auteur anonyme, qui fut prieur de plusieurs maisons. — Idée d'un véritable chartreux, in-24, édition faite en Espagne avec X'impriniatur de l'inquisiteur général Mabil- II y a une autre traduction française, Nancy, 1853 ; une traduction portugaise et une autre italienne, Naples, 1856. — Exposé du genre de vie des chartreux, in-18, Avignon, 1873. — Brevi cenni sul génère di vita dei cerlosini. in-16, Belluno, 1886. — Le {chartreux, origines, esprit, vie intime, in-16, Currière (Isère), 1896, 1898; Tournai, 1903; traduit en italien.

Au sujet de l'ahstinence perpétuelle de la viande pratiquée dans l'ordre des chartreux on trouve des dissertations apologétiques dans les œuvres du médecin Arnaud de Villeneuve, du cardinal Pierre d'AiUy, de Gerson, de dom Pierre Cousturier- (Sutor) dans son ouvrage De vita cartusiana, du P. Théophile Raynaud, etc.— .-Egidii Carlerii, decani Cameracensis, Epistola. super non esu carnium a cartusiensibus, se trouve dans ses œuvres ms. conservées à Paris, à la bibliothèque Mazarine,. n. 1337. — Dom Innocent Casanova, chartreux napolitain (f'1727), Apologelica pro semper laudabili, inviolabiliterque servata a.

CHARTREUX

s abslincntia carihii

:>n per-petu

Dom Cyprien-Marie Boutrais (f 1900), La Grande-Chartreuse par un chartreu.r, in-12, Grenoble, 1881, 1882, 1884, 1887, 18iM, 1892, 189(i; Irad. anglaise, Londres, 1893. — Les derniers jours de la Grande-Chartreuse, Journal de l'un des religieux expulses, suivi du procès-verbal authentique de l'expulsion dressé par MM. Pichnt. député, et Urbain Poncet, avocat, in-18, Pignerol, 1903; 2- édU., 1903; trad. italienne illustrée, in- 18, Pinerolo, 1904; trad. allemande, 1904. — M" Dominique Taccone-Gallucci, Memorie stoviche délia certosa de' Santi Stefano e Brunone in Calabria, in-8*, Naples, 1885, dans les Monografie di storia calabra ecclesiastica, du même prélat, in-8', Reggio-Calabria, 1900. — Camille Tutini, prêtre de Naples, Prospectus historiœ ordinis cartusiani. Additum est brève chronicon monasteriiS. Stephani deNemore ejusdem oi-dinis necnon séries carthusiarum per orbem, in-8*, Viterbe, s. d. (vers 1636). Ce Prospectus est pour ainsi dire la table chronologique de la grande histoire de l'ordre que l'abbé Tutini avait préparée, mais q\i'il ne put pas livrer au public. Cet ouvrage se trouve aujourd'hui à la Biblioteca di S. Angelo a Nido, à Naples. — Dom Bernard Pellicciono, chartreux italien (y 1G45|, Arbor virorum itluslrium scriptorum et /. . ■' - H'iis

cart«si«iïis, Bologne, 1G64. — C.harles-Jos.| ! m ^ / i-

trum chronologicum sacri cartusiensis ' , < ' -

bens ordinis ejusdem primo7-dia et coiis^rf . i . v ; i -s Magnse Cartusix ord. gen., cardinalium purpuras, episcoporum infulas, scriptorum Alhenœum, piorum fastos, singularum denique per orbem cartusiarum erecdones..., in-4-, Turin, 1681. — Joseph de Bonis, De prœclaris cartusiensis institua monumentis commentarius totius ordinis historix describendSB facile accomodatus, in-12, Bologne, 1791. — C. Boccella, Délie certose e dei certosini. La certosa di Pisa. Quella di Lucca, in-12, Lucques, 1842. — Luigi Biraghi, Che fanno i certosini nclta certosa di Pavia? in-8'. Milan, 1853. — Abbé F.-A. Lefebvre, Saint Bruno et l'ordre des chartreux, 2 in-8% Paris, 1883. — Albert Hyn'oix, L'ordre des chartreux, in-8", Paris, 1885. — G. C. Williamson, The books of the carthusians, in-4% Edimbourg, 1896.

Culte de la Vierge Marie dans l'ordre : S. Maria protectrix carthusianorum , Anvers, vers 1580 : ce sont quinze gravures in-4' de Gaspar Huberti, dessinées par F. Donck. — La certosa immacolata e sempre contante nel glorificare il mistero dell' immacolata Conceiione di Maria, madré' di Dio, per selle secoli. Opéra del P. Giuseppe de Luciis d. C. di Gesit dedicata a tutte le certose del mondo, Napoli, 1698. Ouvrage ms. conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Naples; codex ms. de papier, petit in-fol., 267 feuillets, n. xi a. 48. — Nederland en Maria de Kartuizers, art. du R. P. Boomars, rédemptoriste, publiés dans le De Volhs Missionaris, décembre 1896 et janvierféwier 1897. Voir aussi le t. il du Congrès Mariai de Lyon, 1900, p.385sq.

Ouvrages sur les chartreuses d'Angleterre : Monasticon anglicanum, in-fol., Londres, 1645, p. 949-977 : Cxnobia cartusiana de ordine cartusiensi. Le même ouvrage reparut, 3 in-fol., Londres, 1682; 8 in-fol., 1817-jl830, 1846. U y a un abrégé, in-fol., 1693, 1718. — Dom Maurice Chauncy, chartreu.\ de Londres (f 1581), Historia aliquot nostri sxciili mitrlyrtim, in-4', Mayence, 1550; dans l'ouvrage in'i*'!!' ■ l'h.-^'rin Ecclesiœ catholicx trophsea, in-8', MunicI 1" H -■ ' ilc, in-12, Burgos, 1583; Vilœ et marlijrîi ; / Londini,

etc., in-8'. Milan, 1606. Kn l'ann.-.- |i.^. i m \>i: Id Havens, prieur de la chartreuse de Gand, retuuolia le »i>le de l'histoire rédigée par dom Chauncy, et publia son œuvre lui-même à Gand avec la relation, qu'il avait composée, du mai-tyre des douze chartreux de Ruremonde. Il permit aussi à dom Théodore Petrejus de faire imprimer sa revision de l'histoire de dom Chauncy à Cologne. Elle parut également en 1608, petit in-8'. Les chartreux de Wurzbourg, avec l'agrément de dom Havens, Drent imprimer sa revision, avec un titre différent et des gra\'ures, en la mi-W'-' nniT'f Ifi"* flr^ii-- !••■ mi^me format. — Historica relatio, in-i , ' 1"^ I ' 1 ! ' i ltnixellesenl753,parP. Foppens, renf. i Mrwens et quatre appendices. Le

texi' i ; , . I .1 ,W: réimprimé, in-8', en 1888, à

la cli.i,ii,i.r. Jt .M.,i,at....-.-...r-.\lfr. Dans les Analecta boltandiana, t. vi, p. 30-51, il y a un abrégé tiré d'un ms. de La Haye, et dans le t. xiv, p. 268-283, on a publié un autre abrégé d'après un ms. de Vienne. Ces deux abrégés sont l'œuvre de l'auteur même Fntm, dan- i" t, xxii (1903), p. 54-75, le R. P. van Ortroy, bolljirl ■. .il! ' M) autre abrégé fait par dom Chauncy, au moi- .1 il., n une copie trouvée aux archives du Vati-

can. 1. ;. \ ':]•' DoTeexi, Origitie du schisme d'Angle-

lerrc. IL.,., < l //.' . . les martyrs de la chartreuse de Lon-

dres, in-8', Paris, 1890. — Il y a des monographies de la chartreuse de Londres, de celles de Witham et Henton, et de l'actuelle de Saint-Hugues, à Parkminster (Susses). •

Chartreuses d'Espagne : Joseph de Vallès, Primer instituto de la sagrada i-eligion de lacartuja. Fundaciones de losconventos de toda Espana..., in-4', Madrid, 1663; in-8', Barcelone, 1792.

— Dom Antonio Ponz, Viage por Espana, 1798. Cf. t. IX. X, xvii.

— Voir aussi les monographies publiées par M. Tarin et par M. Valentin, et la vie de Denys le chartreux par le P. Cassani.

Chartreuses de la Belgique : Dom Gérard Eloy, chartreux de Bruxelles (i 1641), Origines cartusiarum Belgii publicabat Arnoldus Baissius Duacenas, in-«'. Douai, 1632. — Sur la chartreuse de Scheulz-lez-Bruxelles on doit consulter les monographies de BuUaert, de Vaddere, et celle de dom Pierre D'Wal, publiée par Sander.

Chartreuses du Piémont : F. S. Provana di Collègue, Notizie e documenti di alcune certose del Piemonte, in-4', Turin, 1895.

— Notizie e documenti. ..raccolte e compilate dal conte Saverio Provana di CoUegno e pubblicate del ftglio conte Luigi, dans la Misceltanea di storia italiana, 3' série, in-8', Turin, 1901, t. VI.

Chartreuses de Hongrie : A Karthàusiak Magyar orizàgban, a magyar tudomànyos Akademia allai Ottvûnyi-dijjal lutalmazott pàlyamii irta Dedek Crescens Lajos elôszoval ellata Fraknoi vilmos; Szerzo sajtil Kiadàsa, in-8', Budapest, 1889-

CharU-euses de la province de Picardie : Dom François Ganneron, chartreux du Mont-Dieu (f 1669), Synopsis PP. visitatorum provincix Picardix ordinis cartusiensis, in-8', Montreuil-sur- Mer, 1893. — Voir aussi les ouvrages de M. l'abbé Lefebvre sur la chartieuse de N.-D.-des-Prés et sur celle d'Abbeville, et les Mémoires sur la vie de M. Jean Levasseur... et sur la fonda- . tion de la chartreuse de la Boutillerie, in-8', Lille, 1854.

Chartreuses suisses : voir YHelvetia sacra de M. F. de Muliner , les monographies de M. l'abbé Nicklès sur les chartreuses de Berne et de Bâle, la Turgovia sacra de M. A. Kuhn, etc.

Caiartreuses de France et d'Italie : Le nombre des monographies des maisons de France et d'Italie est considérable. Il serait à désirer que l'on publiât au moins la bibliographie de la Grande- Chartreuse et de quelques-unes des chartreuses monumentales d'Italie.'par exemple celles de Pavie, de Florence, de Naples et de Bologne. — Comte V. de Gaudemaris, Chartreuses de Provence, Mc.xvi-MDVijc.Kcix, in-4', MarseiUe, 1899. — Chartreuses du Dauphiné et de la Savoie.

IV. Études et travaux tméologiques. — 1° Élude de la théologie. — L'ordre des chartreux ne fut pas institué pour l'enseignement des sciences sacrées. Mais saint Bruno, le docteur des docteurs de son époque, ne pouvait pas exclure de son ermitage l'étude de la théologie qui, au XF siècle, embrassait l'Écriture sainte, la patrologie, le dogme, la morale et le droit bénéficiai. En efl'et, ayant accepté des compagnons lettrés et même engagés dans l'état ecclésiastique, il devait nécessairement leur permettre de se perfectionner dans leurs études, et proliter de leur science pour mieux vaquer à la contemplation. D'ailleurs, la nécessité de se procurer des livres pour la communauté exigeait que les copistes fussent assez instruits pour transcrire exactement les manuscrits anciens, les corriger et les compléter. Nous ne parlons pas de l'instruction à donner aux jeunes religieux destinés au sacerdoce, parce que saint Bruno ne songeait pas d'abord à fonder une communauté stable, destinée à se continuer après sa mort et celle de ses premiers compagnons. En Chartreuse, il ne semble pas avoir entrevu cette succession d'ermites, imitateurs de ses vertus; en Calabre, il ne permit l'admission des postulants qu'à la fin de sa vie, sans cependant nous laisser un document écrit qui manifestât sa pensée sur l'instruction de ses nouveaux disciples. Mais, dans la lettre écrite à Raoul Le Verd, nous constatons quelles étaient les occupations de la communauté de Calabre,. et, sauf la transcription des livres, nous trouvons que les premiers chartreux partageaient la journée entre la prière, la contemplation, l'étude et le repos.

Dans le désert de Chartreuse, les premiers disciples de saint Bruno menaient de même la vie solitaire et s'occupaient exclusivement des choses divines. Dom Guignes, dans les Coutumes de Chartreuse, c. xxvii, déclare qu'en.. Chartreuse, on ne recevait pas d'enfants, ni d'adolescents^

CHARTREUX

II n'y avait donc pas décoles élémentaires. Les jeunes gensj admis dans la communauté, devenaient novices après la probation nécessaire. Or, aux xi^ et xii« siècles, la jeunesse studieuse fréquentait les écoles cléricales ou monastiques, et il était rare qu'à 20 ans, ige requis par dom Guignes, un jeune homme neiit pas achevé sa philosophie et même acquis le titre de maître es arts. Par conséquent, après la profession, il pouvait s'appliquer à l'étude de la théologie pour se préparer aux saints ordres et les exercer dignement. Tous les religieux de chœur étaient prêtres ou destinés à l'ordination sacerdotale. Un passage des Coutumes autorise même à penser que tou-^ li = pr.^tnlnnts du cloître étaient au moins tonsvuv- in :l : Knn Guigues, c. Lxxm, dit : Laids ad j II. 1^ liiendis, idipsum pêne fit

^uodet clerii I-. -<■ - .-.,. < n,t,r dura proponuntur ei et aspera. Cette dislinction entre ciercs ellaiques se trouve aussi dans la suite du même chapitre, et apparaît encore dans les prescriptions à observer pour écrire la profession. Le novice du cloître, s'il ne sait pas écrire, c'està-dire, s'il n'est pas encore un calligraphe, priera un autre moine d'écrire pour lui la formule des vœux, mais il la lira lui-même, aperte et distincte, à la messe conventuelle; au contraire, au c. lxxiv, intitulé : Professio laici, dom Guignes dit que le novice ira prier un religieux de lui écrire la profession, au bas de laquelle il fera en couleur {depingit) une croix, et à la messe il la tiendra dans sa main droite et le diacre la lira. Ainsi, les postulants à l'état de moines étaient certainement instruits et sur la voie du sacerdoce, tandis que les aspirants, même lettrés, à l'état de frères, étaient tous considérés comme privés d'instruction et n'écrivaient pas même la formule de leurs vœux.

Dom Guignes ne parle pas, il est vrai, des études que faisaient les premiers chartreux. Mais ce qu'il rapporte de leur occupation à transcrire les livres, et l'éloge qu'il fait de ce travail, nous apprennent combien un copiste profitait en fréquentant les Écritures et les œuvres des docteurs de l'Église. Au besoin, le copiste pouvait recourir au correcteur des livres pour s'assurer de la véracité d'un ti'xt'' ou pour en avoir l'explication. Ce travail <\r ii:ni^i liiition n'empêchait pas de lire d'autres uiiu ,1^ ■- -. h'ii k-s besoins et la dévotion de chaque relii;i' 11-, I 11 Ml. au n. 3 du c. xxviii, l'auteur des

Couh h ■ '"'(C etiani libros ad legendum de

ariinn ' s, etc., et c'est dans cette lecture

pri\.. jM nligieux acquérait la science théo-

logi<iuL' iiLLL>~.iui- a un prêtre. L'étudiant avait un maître, car les règlements, faits à cet égard dans des temps plus récents, étant l'écho ou la suite des usages anciens, il est certain que le prieur, ou un religieux spécialement chargé des étudiants, prenait soin de les diriger et de les former. De même que l'on apprenait l'art de la calligraphie, de même on donnait des leçons de théologie, mais toujours d'une façon privée.

La solitude, le silence et le calme de l'âme favorisaient singulièrement les progrès des moines studieux et copistes dans l'acquisition des sciences divines. L'histoire des prciiilri ~ ~ir. Ir- ,lr l'ordre fournit des preuves de rinstructi'H, l - ,1 i .i- r- chartreux. Dom Guignes tient, à justr I i , h if place dans la pléiade des

chartreux iii-inni- I nii in effet, dans le désert de Chartreuse, à l'ige de 23 uns, il fut jugé digne de gouverner sa communauté à peine quatre années après. Sa profonde doctrine et ses vertus éminentes répandirent sa renommée et lui firent exercer une grande influence sur ses contemporains. Son disciple, dom Hugues, neveu et successeur de saint Hugues dans l'évéché de Grenoble, et ensuite archevêque de 'Vienne enDauphiné, se rendit célèbre par ses vertus et ses écrits. Il fut le premier évêque chartreux. D'autres enfants de saint Bruno furent honorés de l'épiscopat et ils furent de saints prélats. L'ordre des chartreux, sans avoir une école théo-

logique proprement dite, ne négligeait cependant pas l'étude de la science divine , aussi ses religieux étaientils souvent jugés dignes de gouverner un diocèse. D'ailleurs la nécessité d'avoir des supérieurs capables de diriger les communautés imposait au chapitre général et à ses représentants le devoir de faire instruire les sujets dans les différentes branches de la théologie. Les supérieurs majeurs ont rempli ce devoir avec succès, et l'ordre eut toujours des membres capables de gouverner des provinces et des maisons de religieux et de moniales. Jusqu'en 1571, quelques chartreux furent même chargés d'entendre les confessions des religieuses dans les couvents voisins de leurs solitudes.

2° Règlements divers. — Il serait intéressant de savoir dans quels ouvrages classiques et suivant quelle méthode les anciens chartreux préparaient leurs jeunes sujets au sacerdoce et au ministère des âmes. Mais aucun document, antérieur au xvi« siècle, ne nous renseigne sur cette matière. Seules deux conjectures sont assez vraisemblables. La première est que le prieur de chaque maison, connaissant les besoins de ses jeunes religieux, en leur donnant des livres à copier, par exemple, les quatre livres des Sentences, faisait servir ce travail à leur instruction méthodique. La seconde conjecture est que l'ordre, n'ayant pas d'école proprement dite ni de chaire d'enseignement public, il n'y avait pas de règlement général touchant les études. Chaque prieur suivait le programme qui convenait le mieux au genre de vie et aux besoins des étudiants. Souvent, le choix du livre classique et la manière de l'étudier étaient laissés à la prudence du professeur. Toutefois, lorsque surgirent les dift'érentes écoles théologiques des universités et des ordres mendiants, les chartreux furent obligés de surveiller davantage l'enseignement donné par les maîtres. Car, il arrivait assez fréquemment que, dans une communauté, il se rencontrait non seulement des anciens élèves d'écoles différentes, mais encore de savants professeurs d'universités. Or, il fallait veiller à ce que ce mélange de partisans d'écoles diverses ne nuisit pas à la concorde. Chaque religieux pouvait bien garder les opinions librement enseignées dans les universités, mais il importait que, sous le froc du chartreux, thomistes et scotistes cessassent leurs disputes. Quand donc un prieur avait à préposer un lecteur à ses étudiants, il donnait ses préférences au religieux dont la doctrine était plus conforme à l'enseignement qu'il avait reçu lui-même. Y avait-il cependant un règlement pour déterminer les bornes dans lesquelles devaient se circonscrire l'application des élèves et la doctrine du professeur? Nous n'en avons pas la preuve; mais il est légitime de le supposer, puisqu'un chartreux n'est pas obligé, par état, de connaître toutes les branches de la science théologique, ni surtout toutes les ^opinions librement discutées dans les écoles. Une déclaration authentique d'un général de l'ordre, quoique récente, estsignilicative. En 1726, pour ramener à l'obéissance les chartreux jansénistes réfugiés en Hollande, dom Antoine de MontgelTond, prieur de Chartreuse, leur écrivit une lettre qui fut répandue en France, à Rome et dans les Pays-Bas. Or un des motifs de retour qu'il leur proposait était le suivant : « Sans prendre aucun parti dans les différentes opinions que les écoles catholiques ont la liberté d'enseigner, nous ne nous attachons qu'à ce que l'Église a décidé, et nous ne vous demandons rien de plus... C'est dans la barque de Pierre que nous reposons tranquillement, assurés qu'elle ne peut succomber aux tempêtes. C'est dans le sein de l'Église que nous puisons sûrement les eaux salutaires d'une doctrine pure... Il m'est fort indifférent que vous soyez thomistes ou molinistes, parce que cela est fort indifférent à l'Église. Un chartreux, même comme chartreux, peut très louableinent ignorer la différence qu'il y a des uns aux autres. Nous ne sommes pas établis pour enseigner les fidèles.

CHARTREUX

mais pour les édilier. Une humble foi, lo silence, la prière, la pénitence, voilà essentiellement noire partage. » Ces principes, crojons-nous, rt^glaient la formation intellectuelle des jeunes théologiens chartreux avant le xvi'" siècle. On leur faisait apprendre d'abord ce qui était indispensable à un prêtre avant son ordination, et l'on réservait à d'autres temps le soin de compléter les premières études. Les supérieurs étaient juges et modérateurs de cette instruction supplémentaire.

Quant aux ecclésiastiques d'âge mur et aux religieux profès des autres instituts, qui devenaient chartreux, ils appartenaient parfois à des écoles théologiques adversaires. Ainsi, à la lin du .\v= siècle, quand le célèbre ,Iean Hejnlin, professeur et prieur de Sorbonne, ardent défenseur du réalisme, entra à la chartreuse de Bàle, le prieur de la maison, dom Jacques Louber, ancien professeur et vice-recteur de l'université de la même ville, avait enseigné le nominalisme; et le cloitre contenait sept religieux docteurs en théologie. La chronique du monastère constate que la prudence du prieur réussite maintenir l'union des intelligences et des cœurs parmi les religieux. Les théologiens qui venaient en Chartreuse gardaient les doctrines des écoles dont ils sortaient, les exposaient dans les écrits qu'ils composaient en cellule, mais dans les rapports conventuels avec leurs confrères, partisans d'enseignement divers, ils évitaient soigneusement les disputes théologiques. Deux faits l'attestent manifestement : 1» Le chapitre général de 1333 ordonna la célébration de la solennité de la conception de la Vierge Marie, et, en adoptant le mot de conception au lieu de sancti/ication, l'ordre suivait ofllciellement l'enseignement des scotistes. Or, en 13i0, le célèbre Ludolphe, religieux dominicain, prit l'habit de Saint- Bruno à la chartreuse de Strasbourg et, dans cette solitude, composa la Vita Chrisli, qui a immortalisé son nom. Mais si Ludolphe avait changé d'habit et de reli- .gion, il ne changea pas d'opinion à l'égard de la conception immaculée de la Mère de Dieu, et nonobstant sa grande dévotion envers Marie, dont il célébrait tous les ans, avec ses nouveaux confrères, la fête de la conception, il enseigne dans son ouvrage que la sainte Vierge fut purifiée de la tache originelle dans le sein de sa mère. C'était la doctrine de l'école dont il était sorti, mais ce n'était pas le sentiment de l'ordre des chartreux. 2» Au siècle suivant, un chartreux illustre à bien des titres, mais surtout par sa sainteté et les légations apostoliques qu'il avait remplies avec succès, le B. Nicolas Albergati, cardinal et évèque de Bologne, assistait au concile de Bâle. Eugène IV l'avait chargé de ramener les Pères réunis à Bâle dans les voies de l'orthodoxie et de l'obéissance. Le saint chartreux n'y pouvant réussir <|uitta l'assemblée et se retira auprès du pape. Il ne voulut pas assister aux délibérations schismatiques du concile, au sein duquel il avait défendu la primauté du pape dans l'Église et sa supériorité même sur les conciles œcuméniques. Or, presque à la même époque, l'ordre comptait trois grands théologiens allemands qui, dans leurs écrits, professaient plus ou moins explicitement la suprématie des conciles œcuméniques sur le pape. Ils suivaient les opinions admises dans leurs anciennes écoles. Mais l'ordre, dont le sentiment général était opposé, n'avait pas le droit de leur interdire un enseignement toléré par l'Église.

Beaucoup de religieux, sortis du monde avant d'avoir terminé leurs études, acquirent cependant en chartreuse une science profonde de la théologie. Gérard Pétrarque, frère de François, l'illustre poète, s'agrégea à l'ordre à l'âge de 31 ans, parmi les clercs rendus de la chartreuse <le Montrieux, dans le Var. Or François, écrivant à Gérard, lui rappelle qu'avant son entrée en religion il était Utteraruni expers ac pêne nudus. Quelques années plus tard, dom Gérard, affligé de la mauvaise conduite de son frère, essaya de le convertir par une

lettre fort longue et remplie de citations des Pères de l'Église, et par un livre composé à cette intention. Le grand poète, touché de tant de zèle, loua son frère d'avoir acquis une si grande connaissance de la science des saints et lui promit de suivre fidèlement ses conseils. Il tint parole et répara les scandales de sa vie. Cf. H. Cochin, Le frère de Pétrarque et le livre du Repos des religieux, dans la Revue d'histoire el de littérature religieuses, 1901, t. vi, p. 42-69, 151-177, 495- 530; 1902, t. vu, p. 21-58, 155-IG6.

L'invention de l'imprimerie apporta une modification considérable dans le partage de la journée des religieux cloîtrés et fit cesser la transcription des manuscrits. La facilité de se procurer les œuvres imprimées des Pères et des écrivains ecclésiastiques ralentit tout d'abord, et linit ensuite par éteindre le zèle de se composer une bibliothèque d'ouvrages copiés parles religieux du monastère. Les chartreux continuèrent seulement à copier les livres liturgiques et les statuts. Une ordonnance du chapitre général de 1498 dit qu'un religieux transféré d'une maison à une autre ne peut emporter le bréviaire, le collectaneuni et les statuts, que s'il les a transcrits lui-même, ou les a acquis légitimement. Le temps employé auparavant à la transcription des livres fut dès lors consacré à l'étude des saintes Écritures, de la patrologie et de la théologie scolastique. Les sciences sacrées firent de véritables progrés dans les cloîtres, surtout à partir de la Renaissance et du protestantisme. A cette époque, la sollicitude des supérieurs de l'ordre se tourna nécessairement vers le choix des livres d'étude et de lecture.

Dom .lean-Juste Uinsperge, vicaire de la chartreuse de Cologne, mort en 1539 en odeur de sainteté, donnait ses instructions aux novices sous forme de lettres personnelles. Après sa mort, on recueillit toutes celles qui existaient encore ; on se procura aussi des copies des lettres qu'il avait adressées aux personnes étrangères à l'ordre, et on publia le tout en deux livres intitulés : Epistolse parmneticw. ac morales ad diversoruni ordinum staluunujue honiines. Cf. (ipera Jo. Justi Lanspergii, Montreuil-sur-.Mer. 1890, t. iv, p. 79-2i6. Or la lettre xi" du 1. b', adressée à un novice nommé Geoffroy, est un véritable traité sur la formation intellectuelle d'un jeune chartreux. Le pieux Lansperge signale à son élève le danger des lectures curieuses et opposées à l'esprit des solitaires. « Puisque, lui dit-il, vous êtes entré en religion, voire même dans un ermitage, vous ne devez plus imiter ceux qui, hélas! même de nos jours, dans la solitude, vaquent à l'étude des langues ou à approfondir les arguties des philosophes et les questions difficiles des théologiens. "Vous ne devez rechercher, lire et estimer que ce qui vous rend meilleur... Ne prenez jamais en mains un livre pour acquérir le nom de savant ou le paraître.- Ne faites pas d'étude pour surpasser, par la doctrine, vos confrères. L'amour de Dieu, et quelquefois l'amourdu prochain, si vous devez lui donnerdes conseils ou des instructions, doivent être le but unique de vos lectures... Laissez aux vaniteux l'alïectation de tii'er de leurs lectures les citations rares et variées afin de gagner le renom d'hommes fort appliqués à l'étude et de grands savants. Tu Deuni disce, Deum desidera, Deuni qusere... Hoc sit studium tuum, lisec scientia tua... » Il lui indique ensuite les livres qu'il doit lire et lui dresse un catalogue d'ouvrages ascétiques et de traités des Pères de l'Église ou des maîtres les plus célèbres. Pour l'étude de la théologie, il lui donne les conseils suivants : « Avant, dit-il, ou à l'approche de votre ordination sacerdotale, lisez Gabriel Byel sur le canon de la messe. Vous y trouverez non seulement l'explication du canon de la messe, mais encore à peu près toute la science nécessaire à un prêtre. Ensuite, vous lirez les œuvres de saint Bernard, le Miroir historique de Vincent (de Beauvais), qui vous apprendra la vie des saints d'une

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fiante. Familiarisez-vous aussi avec une Somme quelconque, par exemple la Sylvestvine (de Sylvestre Prieras, maître du sacré-palais, f 1523), ou VAngélique (du franciscain Ange-Jean de Clavasio, f 1495), dont vous tirerez la solution de vos doutes sur. les devoirs d'un religieux, comme serait l'office de confesseur, la récitation des heures canoniales, les censures, l'excommunication, l'irrégularité et les autres choses de ce genre, qu'un moine ne doit pas ignorer. Enfin, pour résumer ma pensée, toutes vos lectures doivent être faites dans une de ces intentions, ou parce qu'il est nécessaire de vous instruire, ou parce qu'elles vous portent à la componction et à la dévotion. »

Cette méthode d'étude théologique suivie à la chartreuse de Cologne, vers 1530, n'était probablement pas particulière à cette maison, on la suivait aussi dans les autres chartreuses d'Allemagne. Lansperge n'écrivit cette lettre qu'entre 1532 et 1.533, puisqu'il ne propose à son disciple aucun des ouvrages tliéologiques de Denys le chartreux, imprimés, à partir de 1532, par les soins des chartreux de Cologne mêmes. Dans la liste des traités ascétiques, il mentionne les œuvres de Denys déjà publiées en 1530, 1531 et 1532. Or, peu après et avec l.i I illil II iii^'ii de Lansperge lui-même, les chartreux il ' . ^hi invnt paraître, en 1533, la Sumnta vilin.o : :.„(,■ en 153i, le De fide catholica

dialui/iuu . .11 [.jSj. le commentaire sur les Sentences; en 1535-1531;, la Huinma fidei orthodoxie, qui est un compendium de la Somme de saint Tliomas. Si ces ouvrages avaient déjà paru, Lansperge les aurait signalés à son élève, de préférence à tout aulre'ouvrage classique.

La sollicitude des supérieurs de l'ordre pour les études des^ religieux tendit en outre ;i préserver les solitaires de toute lecture curieuse et étrangère à l'esprit de leur vocation. Lansperge signalait à Geoffroy la manie d'étudier les lanijues, qui, de son temps, s'était emparée des jeunes gens, même après leur entrée en chartreuse. Érasme faisait école, et son exemple entraînait la jeunesse. Tous voulaient savoir le grec et l'hébreu. On abandonnait l'étude de la philosophie et de la théologie, et on dédaignait la scolastique. Pour réagir contre la vogue nouvelle, les frères prêcheurs défendirent l'étude du grec à leurs jeunes religieux. Les chartreux imitèrent leur exemple. En 1537 et en 1538, le chapitre griv't <\ inli lilii li b-cturedes livres d'Érasme ; en 15i2, il pi I I i i ' .i lu ^rec, et en 1545, il ordonna que l'on relu i ,1 i,,ii- n- des provinces septentrionales tous b'> h. IV- ,|.|. ihliis par le pape, par l'empereur Charles-Quint, par les universités catholiques et par les chapitres généraux des années précédentes. Ces livres devaient être remis au visiteur de l'.Allemagne inférieure, nommé à cet effet coiriini— lir.' j 'inral. C'était dom Thierry Loher, profès de I 1 11:, J- Cologne, ami de Lansperge et princip.i! I .1 1 - euvres de Denys le chartreux, qui remplis-tit o- - l-iie (luns.

De cette interdiction il ne faudrait pas toutefois conclure que l'usage du grec et de l'hébreu fût totalement banni de l'ordre. Les religieux déjà instruits dans ces langues continiirv'^nt :'i ='cn ^ rvir pour leurs études. Les déflniteiii - < '1 ■ u! n^ uniquement en-

vers les parti-. m- il I I il : I il iili-iiaient que, sans la connaissant ,|ii ^i< 1 .1 d, i h- |,reu, on ne pouvait pas comprendre les saintes Kcritures. Mais à cette époque et dans les siècles suivants, des chartreux cultivèrent le grec et l'hébreu sans opposition des supérieurs. Ainsi, l'humaniste dom Livin van der Mande, chartreux belge (tl556), écrivait à Érasme en latin et en grec. Ses lettres, conservées à la Bibliothèque publique de Besançon, ont été publiées dans le t. xxv des JWonunienta Hungarica lUst. diplom. De même, dom Geoffroy Tilmann, profès de la chartreuse de Paris (flSCl), est célèbre par ses traductions latines des Pères grecs; dom Louis Gaudais (f 159S) traduisit du grec en latin

et annota la Théologie mystique attribuée à Denys l'Aréopagite; dom Jérôme Spert, chartreux espagnol (f 1670), avait préparé une édition gréco-latine des œuvres du pseudo-Denys l'Aréopagite ; la mort l'empêcha de la faire imprimer. Enfin, dom Hugues BoUius, religieux belge (f 1681), ancien élève du boUandiste Papebrock, traduisit, en chartreuse, du grec en latin, un certain nombre de vies des saints pour la grande collection des Acla sanctonmi. Cf cet ouvrage au 31 mai et au 15 août.

Le concile de Trente régla l'enseignement de l'Écrituresainte, même dans les ordres monastiques : In 'monastenis quoque nionachorum, ubi commode fieri queat etiam lectio sacrse Scriplurx habeatitv. Sess. V, c, i. Laprofession spéciale de vie solitaire, qui distingue l'ordre des chartreux des autres ordres contemplatifs, et le petit nombre de religieux de la plupart des chartreuses étaient, semble-t-il, des raisons suffisantes pour ne pas y établir une chaire d'Écriture sainte. Aussi, l'ordre, profitant de la restriction insérée dans le décret de Trente, ne modifia pas ses anciennes observances. D'ailleurs, la lecture de toute la Bible, qui est faite chaque année aux leçons de l'office canonial et au réfectoire, détermine les chartreux à l'étude du texte sacré pour en avoir l'intelligence. De tout temps, ces religieux s'étaient livrés à cette étude et mettaient à profit les commentaires rédigés par les religieux de l'ordre ou par d'autres. Ainsi, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, donnait, le 17 décembre 1398, ce mandement sur la provision de livres nécessaires à la nouvelle chartreuse de Dijon, fondée quinze ans auparavant : Cl Item, pour 10 petites bibles, pour les celles (cellules), afin que les religieux qui auront [aucunes infermetez pour lesquelles il leur convient laissier l'église, puissent dire leur service sens empeschier l'enfermier de poursuivre l'église, et pour estudier, si qu'ils n'aient occasion de partir de leur celle pour aller estudier en la Bible de l'église, ou de parler les uns aux autres : pour ce, 100 francs, » Cf, Monget, La chartreuse de Dijon, Montreuil-sur-Mer, 1898, t, i, p, 419,

En outre, à l'époque du concile de Trente, les chartreux de Cologne avaient déjà publié les commentaires de Denys le chartreux sur toute l'Écriture, Les religieux des autres maisons accueillirent cette publication avec empressement. Ainsi le B. Jean Houghton, prieur de la chartreuse de Londres, dans une lettre du 23 juillet 1532, demanda à dom Thierry Loher, vicaire de la maison de Cologne et principal éditeur des œuvres de Denys, dix exemplaires de chaque ouvrage déjà imprimé, vingt exemplaires du De contemptu mundi et autant du Scala religiosorum. Prssterea, ajoutait-il, qiticquid deinceps de prxdicti reverendi Patris Dionysii piis operibus contigerit imprimi, si duodecim libros de singulis mihi transmittere digneris, ego polliceor, etc. Ces commentaires complétaient la bibliothèque scripturaire cartusienne déjà imprimée, à savoir les commentaires sur les Psaumes de saint Bruno, de Ludolphe et de dom François Dupuy, le commentaire sur le Cantique des cantiques de dom Jean Pivert, l'explication des quatre Évangiles dans la Vita Christi de Ludolphe, et l'interprétation des Épitres de saint Paul par saint Bruno L'ordre des chartreux pouvait donc se croire dispensé de l'observance du décret porté par le concile de Trente. Il demeura, en eflet, dans cette persuasion jusqu'à ce que le cardinal-protecteur, au nom de Clément VHI, lui eût notifié que l'intention du souverain pontife était que, dans les chartreuses, l'on observât sa constitution du 25 juin 1599 établissant une leçon hebdomadaire d'Écriture sainte dans chaque monastère. Sous le pontificat de Paul V, le cardinal-protecteur envoya une déclaration semblable au R, P, général, et ■ l'ordre essaya divers moyens pour obéir au vicaire de Jésus- Christ sans nuire à la solitude et au silence nécessaires

CHARTREUX

pour la conservation de l'esprit cartusien. En 1610, ivcc l'agrément du souverain pontife, le chapitre généi.il ordonna (|ne, dans les chartreuses où il y avait au ijKiins (|iiinzt' lelijAii'ux de chœur, on ferait chaque sciii.uiic, pcnil.uil le sixuiDient, une leçon d'Écriture vjiiitf, ih' rrlids ad piriiiirui l'I. rlpvolinneni fovendani p,','iiii,'iiiihii'< JK.rhi iiisiitiitiini pi-ofessionis noslrm. I ,■ |iiiriii- Inr.il . i.iii .-li.MLr ,lr .l.'~i^iicr le rcligleux qui ih\,iii l.iiii- rriir^ ciiii.rriirr, \l. 11^, quelques années i|ins. ,111,. ,|,.,-l,ii.iiinn <lu [ij|>r liliain VIII fit cesser ! .11,. lei.on et l'ordre revint à l'ancienne coutume de faire • iiidier, en particulier, l'Écriture sainte, la théologie et

iiiles les sciences ecclésiastiques. Urbain VIII ayant J. rlaré que l'intention de son prédécesseur Clément 'VIII ri. lit que, dans les monastères, on préparât avec soin les |i unes religieux aux fonctions sacerdotales et, surtout, iii saint ministère de la confession, l'enseignement pulilic des saintes Écritures cessait d'avoir sa raison d'être. ( :■ st pourquoi, dans l'édition des statuts, faite en 1681 1 La Correrip, dom Innocent Le Masson, après avoir !ii-v-p,'. rordorinanro du chapitre général de 1610, ajouta iiiir niih rxiiliriiivc, qui fut maintenue dans la bulle .1 lniH...iii \l. Injnnctum Nobis, par laquelle Sa Sain- . h .i|,prou\,i lis iiiémes statuts in forma specifica.

Ccst sous le généralat de dom Innocent Le Masson '|iii l'ordre entra, pour ainsi dire, dans son ère moderne. I mlluence de cet homme remarquable se fait encore 1 iitir sur l'esprit et le gouvernement de l'institut. Iinin Innocent n'innova rien, mais il introduisit dans la piiliquedes observances tant de sagesse et de prudence, que, deux siècles après sa mort, les chartreux suivent à l'aise la route qu'il leur a tracée. Entré jeune en chartreuse, à l'âge de dix-huit ans, après avoir achevé son cours de philosophie, il devint en peu de temps une des colonnes de l'ordre et un grand théologien. II s'est beaucoup occupé de la formation intellectuelle des jeunes religieux. Etant encore vicaire de la chartreuse de Noyon, où il avait fait profession, il lit imprimer, en 1660, un Directoire des novices chartreux de l'un et l'autre sexe. Devenu général de l'ordre, en 1675, il compléta son Directoire de trois nouveaux chapitres, et le fit réimprimer. Une traduction latine, faite par l'auteur même, fut imprimée, en même temps, pour les maisons des pays étrangers. Or, voici la méthode et les livres d'étude qu'il indiquait, édit. de 1676, p. 87 sq. : « Chapitre xii. — De l'employ du temps entre midy et vespres... A une heure, vous vous mettrez à l'estude jusqu'à deux, et afin que le peu de temps que vous avez pour l'estude soit utilement employé, et serve à vous bien disposer pour recevoir les ordres sacrez, et pour en bien faire les fonctions, vous serez exact à suivre ces advis : 1. Vous ne lirez pas d'autres livresque ceux qui vous seront présentez par votre supérieur qui peuvent estre réduits à trois, sçavoir : Un abrégé de théologie comme celuy qui porte pour titre Medulla tlieologiss, composé par Monsieur Abelly, qui est excellent. Le catéchisme du concile de Trente et la petite théologie morale réduite en tables, estant certain que pour pouvoir apprendre quelque chose solidement parmy nous, ayant si peu de temps pour l'estude, il faut se restraindre à peu de lecture, s'attacher à quelques bons livres et empêcher les jeunes gens d'estudier â leur fantaisie, car autrement ils perdent souvent leurs temps, et n'apprennent rien de solide. — 2. Vous lirez peu de matière à la fois, mais vous vous estudierez à la bien comprendre en la relisant plusieurs fois, et comme pour vous préparer à en rendre compte une fois la semaine par manière de répétition à votre Père prieur, ou au vicaire, ou à celuy que le supérieur députera, alin que vous receviez les éclaircissemens et les résolutions nécessaires pour bien entendre ce que vous aurez estudié pendant la semaine. »

Le Directoire des novices, traduit en latin, fut imprimé.

par ordonnance du chapitre général de 1679, à la suite des statuts et devint obligatoire dans tout l'ordre. Mais le zèle de dom Innocent ne pouvait se borner à l'éducation des novices et des jeunes religieux seulement, il devait s'étendre à tous les membres de l'ordre, sans en excepter les supérieurs. A cet effet, il composa un autre directoire qui, sans porter ce titre, renferme des conseils d'une haute sagesse et d'une grande prudence pour les moines ou religieux du cloître, soit qu'ils demeurent en cellule, soit qu'ils remplissent quelque office subalterne, soit qu'ils remplissent la charge de la supériorité. Ce directoire général, écrit en latin, fait partie des Annales ordinis cartusiensis, in-foL, La Correrie, 1687, 1. 1, p. 355- 395, et porte ce titre significatif : De singularibus et prxcipuis mediis, ex quorum praxi institutum cartusiense hue usque perseveravit in sua primseva observantia et usque ad finem seculi, Dec protegente, perseverabit. Or le c. m traite des occupations du moine en cellule. Tous les exercices journaliers du chartreux solitaire sont rangés sous trois titres : 1" l'oraison ; 2» l'étude modérée et prudente des saintes Écritures; 3" le travail manuel. L'étude, remarque l'auteur, est une occupation très utile et pleine de consolations pour l'esprit d'un solitaire. Elle tient le milieu entre l'oraison et le travail manuel, et de même que les exercices corporels favorisent et entretiennent la santé, de même l'étude, modérée et proportionnée aux talents de l'étudiant, est l'aliment de l'esprit et un plaisir innocent, qui soutient le solitaire, le délivre de l'ennui et le con.sole. Mais la majeure partie de la journée est consacrée à l'oraison, et si l'on y ajoute le temps du travail manuel qui, pour les jeunes religieux, [ne doit pas être moindre de deux ou trois heures, il reste à peine une heure pour l'étude. Il importe donc de bien employer cette heure, et si les élèves se bornent à bien apprendre un livre unique de théologie, avec la connaissance de toute la Bible et des homélies des Pères, qu'on lit chaque année, à l'église et au réfectoire, ils finiront par acquérir une science solide et suffisante. Le chartreux n'a pas besoin de connaître les subtilités scolastiques, qu'il se contente donc au début de bien apprendre la Medulla theologiœ de M. Abelly, d'étudier le commentaire de Bellarmin sur les Psaumes, et les explications de Ménochius ou de Tirinus. Après avoir passé cinq ou six années dans cette pratique, le chartreux étudiera un abrégé des conciles, par exemple celui de Bailli, un compendium d'histoire ecclésiastique et un autre de droit canon. Enfin, à l'âge mùr, et lorsqu'un sujet a pris de bonnes habitudes, tant dans l'observance régulière que dans l'étude des sciences sacrées, il peut donner un temps plus considérable à cette occupation, pourvu qu'il ne fasse pas d'imprudences et ne se rende pas incapable de pratiquer tous ses exercices spirituels.

Pour avoir une idée complète de la formation intellectuelle du chartreux, il faut ajouter que la lecture spirituelle, prescrite par le Directoire des novices, doit durer un quart d'heure le matin ou dans l'après-midi, et un autre quart d'heure le soir. De plus, les novices sont obligés à la méditation quotidienne dans un livre composé par dom Le Masson, ou d'après l'ouvrage du chartreux dom Antoine Molina ou celui du P. Busée, jésuite. Dans le directoire général, dom Innocent propose la lecture de Rodriguez, que dans une lettre particulière il appelle « le bréviaire des religieux ». Dom Le Masson régla que les novices feraient la lecture spirituelle pendant les neuf premiers mois du noviciat, dans Vlntroduclion à la vie religieuse, composée de textes de l'Écriture sainte, et d'extraits de Ylinitation de Jésus- Christ et des écrits de saint François de Sales, liés ensemble et réduits en leçons distinctes. Les novices avaient aussi quatre petits livres à' Instructions spirituelles. Cf. Directoire des novices, c. xiv, édit. de 1676, p. 114-115. Les ouvrages précédents avaient été com-

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posés par dom Innocent Le Masson lui-même; plus tard, il les traduisit en latin pour les répandre dans les chartreuses des autres nations.

Dom Le Masson était personnellement très érudit. Attaqué, en 1700, par le P. Gerberon, janséniste impénitent, comme ignorant et téméraire, il lui répondit que c'était après avoir lu ou entendu lire vingt-huit fois la Bible et réduit la doctrine du concile de Trente en tables, imprimées d'abord à Paris, en 1662, puis deux autres fois en France et en Allemagne, avec l'approbation des docteurs, qu'il avait parlé des matières de la grâce. Il ajoutait que, pendant trente années, il avait cherché 5 découvrir la fausseté de la doctrine janséniste, et qu'à cet elfet, il avait lu et relu, et copié plusieurs fois le concile de Trente pour en faire un exposé exact; il avait aussi lu et relu les conciles, les œuvres de saint Augustin, surtout les polémiques, les écrits de plusieurs Pères de l'Église, saint Thomas et le livre de Jansénius. Il aurait pu ajouter encore qu'il avait enseigné la théologie. En effet, les cartes de la visite de la Grande-Chartreuse en 168i, 1687 et 1690, attestent que dom Le Masson remplissait lui-même l'office de professeur de théologie. Pendant son généralat (1675-1703), il reçut quatre-vingt-douze professions de moines, dont trois lui succédèrent dans le gouvernement de l'ordre, et trentecinq occupèrent les places de prieurs, de recteurs ou de vicaires de moniales. Ses disciples, presque tous préposés aux maisons de France, exercèrent leurs charges à une époque fort difficile et très troublée et, grâce à l'enseignement reçu, ils maintinrent et transmirent dans l'ordre les saines doctrines. Au xix« siècle, dom Jean- Baptiste Mortaize, profès de chartreuse, élu général en 1831 et démissionnaire en 1863, hérita du zèle de dom Le Masson pour l'étude de la théologie. Lui aussi se chargea, pendant quelques années, de faire la classe de théologie au.x jeunes religieux de chartreuse. En 1847, il lit approuver par le chapitre général une ordonnance, qui rappelait l'ancienne ordonnance de 1610 concernant la leçon hebdomadaire de l'Écriture sainte, et en réglait l'observance. En 1872, le chapitre général s'occupa des études des jeunes profès, et détermina le nombre des traités de théologie, sur lesquels les prieurs devaient examiner les ordinands avant de leur délivrer les lettres diraissoriales pour l'ordination. Il déclara, en outre, que les nouveaux prêtres seraient chargés de faire, selon la disposition des prieurs, ou le catéchisme aux frères et aux domestiques, ou l'homélie sur les évangiles des dimanches, ou les sermons des solennités.

Depuis 1872, le chapitre général s'est préoccupé plusieurs fois des études des religieux profès des grands vœux, et a exhorté les prieurs à veiller sur l'emploi du temps laissé libre par les offices et exercices de piété. Les prieurs doivent aussi s'informer des livres que les moines prennent à la bibliothèque conventuelle, et des progrès qu'ils font dans leurs études. Un avertissement spécial du chapitre général de 1897 exhorte les religieux à étudier les commentaires de l'Écriture sainte composés par des chartreux et surtout les explications des Psaumes. Relativement aux études des jeunes profès, l'ordre a dû conformer son programme au décret général publié parla S.C.des Évêques et Réguliers, le 4 novembre 1892. Actuellement, les étudiants sont tenus à une année de philosophie et trois ans de théologie dogmatico-morale. De plus, le chapitre général de 1898 exhorte vivement les professeurs de dogme à donner à leurs élèves le goût de cette science, alln que, devenus profès des grands vœux et prêtres, ils puissent continuer, dans leur solitude, à l'étudier et à s'en servir pour leurs méditations et leurs prédications aux frères.

3» ThéûJogiens. — 1. Dans l'espace des trois premiers siècles cartusiens, c'est-à-dire de 1084 à 1383, nous connaissons peu d'écrits théologiques; les anciens char- . treux n'avaient aucun souci de transmettre leurs noms I

et leurs ouvrages à la postérité. D'ailleurs, les incendies, les guerres et la suppression des monastères ont détruit ou dispersé les archives, qui contenaient de nombreux et précieux documents. Nous pouvons cependant mentionner le vénérable Ponce de Balmey, évêque de Belley (f 1140), auteur d'un livre De vitandis schismaticis, et d'un traité De pace concilianda, l'un et l'autre perdus. Dom Gautier (Walterus), profès du Mont-Dieu (t 1280), laissa un traité De confessiotie et pœnitentia. Dom Huberlin de Casale, fameux franciscain, devenu chartreux vers 1312, est très connu pour ses disputes sur la pauvreté des frères mineurs, et pour ses écrits : 1» In nxagistruni Sententiariini epistolœ, mss. ; 2» Arbor vilse cruàfixi Chrisli, in-fol., Venise, 1485; Ulm, 1492; trad. italienne, in-4», Foligno, 1564; 3" X>e spp^e») Ecdeslse statibus juxla septem visiones, qum legunlur in Apocabjpsi, in-fol., Venise, 1515; in-4'', 1525. Dom Guillaume Crassi, d'ivrée, en Piémont, ancien dominicain, très savant (f vers 1321), écrivit un traité jDe lattde cartusiensis ordinis contra delreclatores, qui, dans plusieurs bibliothèques publiques, se trouve réuni au traité du P. général dom Boson {-f 1313), intitulé : De origine et verilate perfectse religionis ad defendendum ordineni cartusiettseni. Dom Nicolas, prieur de la chai^ treuse de Snals, dans le Tjrol, vers 1330, a laissé deux ouvrages mss. De moribus adolescentium ; Colloquium sapientiani inter et discipuliim. Dom Aymon, d'Aoste, en Dauphiné, général de l'ordre (f 1331), est loué pour sa science et ses écrils théologiques, dont les académies faisaient grande estime. Cf. Dorland, Clironicon, 1. IV, c. XVIII. Dom Porchetto Salvago (f 1350), Vicloria adversus Hebrseos, in-fol., Paris, 1520; De certibm trinis el unis contra eosdeni, ms. Dom Ludolphe de Saxe, ancien dominicain (tl377), aura un article spécial. Dom Jean de Castro (f 1382), Tractatus de pxnilenlia, ms. 2. ;r«s!'èe(ecar<usien{1384-1483). — Dom Marc, appelé, dans quelques manuscrits, Orel ou Parison, Lyonnais, chartreux de Pierre-Châtel (Ain), vivait en 1392 (un ms. porte 1342), et a laissé un compendium ou manuel théologique composé pour son frère curé. Il existe des copies de cet ouvrage dans les bibliothèques des villes de Lyon, Poitiers et Marseille. Dom Thomas (xv« siècle), Practica doctoris Thomx cartusiensis Boni Lapidis circa Urach, ms. à Berne. Dom Jérôme (1400), Conipendium theologiœ vcritalis, ms. à la chartreuse de Pise. iioiii II.Tiri K,iii,.iKiclius de ('....sfeld (f 1410), aura un arliilr -|>iLi:il. In c li;ii liiiix inionyme du xv« siècle, Traitiiliis iiicHi/hnis Je irilms cisriilialibus religiosunt constiiiicHLibus cdUus fier qtwmdani venerabilem viriini in sancta religione ordinis cartitusiensium, ms. in-4», à l'abbaye de Mœlck, en Autriche. Dom Adrien Monet, prieur de la chartreuse de Liège {f 1411), Liber de remediis utriusque fortune prospère scilicet et adverse, s. 1. (Cologne, vers 1470); Cologne, 1471 ; Strasbourg, 1471 ; Louvain, li74; Paris, 1507, 1516. Dom Jean de Brederode (f 1415) traduisit en flamand La somme des vices et des vertus du P. Laurent, dominicain. Cette traduction a eu quatre éditions : Delft, 1478; s. 1., 1481 ; Hasselt, 1481; Harlem, 1484. Cf. Hain, n. 9949-9952. Dom Marquard de Wartenberg, prieur de la chartreuse de Prague, appelé le marteau des /lussites (f 1421), écrivit beaucoup pour la défense de la foi, fut autorisé à prêcher publiquement et à soutenir des disputes solennelles avec les hérétiques partisans de Jean Huss et de Jérôme de Prague. Ses ouvrages ne nous sont pas parvenus. Dom Etienne, prieur de la maison d'Olmiitz, appelé aussi le marteau des ivicléfistes et des hussites, pour avoir déployé la même science et le même zèle (t 1421), a laissé différents écrits, dont quelques-uns ont été publiés, au xviii" siècle, par dom Bernard Pez, bénédictin, à savoir : 1» D. Stephani Medulla tritici seu Antiwiclejfus ; 2° Antihussus; 3» Dialogus volatilis inter aucam efpasserem adverstis Hussum; 4» Epistola

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seu liber epistoUiris ad Inissilas quinquepartilus. Cf. Thesaui-us'anecdotorum novissimus,l. iv. Apologiapro sacris religionibus inoiiasiU-is ailversus WicleU'um aliosgtie hœreticoSyil.iu F i / I'.i':i''i/ieca ascetica, t. iv.

Dom Nicolas (f 142."m . . oiUre les doctrines

de Jean Wicleff et d- i m li , i contre leurs disciples : i" Tractatus suii .', if ^11 c'. i ■Uijiosorwm ordinum defcnsivus adversus WicUilutn et //ussiiwi ; 2» Collationes seu sernwnes in diversa cat/ioliconmi dogmaluin et clivinwuni Scripluvanmi capita cum quibiisdam addilionihus. Cf. Bernard Pez, Thésaurus, t. iv, p. XVI. Dom Henri de Hassia (f 1427) aura un article spécial, liom C.oswin de Beck, ancien chanoine de Courtrai, docteur en l'un et l'autre droit, savant théologien, mort, en '1429, à la chartreuse de llijon, est beaucoup loué par le carme Arnold Bostius pour ses ouvrages sur le droit et sur la théologie, ainsi que pour ses opuscules ascétiques, etc., mss. Dom .lean LeRirln' 7i; ;'/.' |iii. m de la chartreuse du Mont-Dieu on I l'.n ! \ i ; hji- .i plusieurs traités de théologie, tous m-^ '' < -

tiis anni jiibilssi ; De participationr /;i ■ ■ ■.,. Iir,,,iifcssione sacramentali per quatuor qiixitiûiics discussa, etc. Dom Gérard von Scheedam, Hollandais, prieur de plusieurs maisons (f vers 1443), célèbre par sa science et sa piété : De cura paslorali liber unus (ou Epislola prxlatis sive pastoribus animarum ad abbateni 6'. Adriani Gerardimontensis), ms. de la bibliothèque d'Amiens, n. 93; De septeni sacramentis, lib. urws ; Dialogus de virlutibus ; Dialogus dé viliis; De deceni prœceptis ; Spéculum religiosoruni {et clericorum, selon Foppens), ms. de la bibliothèque de Cambrai, n. 3il. On a eu tort de lui attribuer les ouvrages mss. existant à la bibliothèque royale de Bruxelles, dite de Bourgogne, cotés n. 5018-5022. Ils sont du chartreux dom , Jacques de Gruytroede. Le B. Nicolas Albergati, profès et prieur de la chartreuse de Bologne, sa patrie, devenu évéque de cette ville en 14i7, et ensuite cardinal, .grand pénitencier, légat apostolique en France, en Angleterre, en Allemagne et au concile de Bàle, mort à Sienne le 9 mai 1443 et enterré à la chartreuse de Florence, écrivit : 1" De ijiexcusabili peccatoris nequitia: 2» Epistola cardinalium S. Crucis (Albergati) et S. Pétri ad conciliuni Basileense, publiée par Martène et Durand, Ampliss. collectio veter. monument., t. vili; ^DeprocessH Spiritus Sancii contra Orxcos; i'Probatio et defensio virginitatis B. Marix, et ejusdem virginese fœcuniditatis adversus hsereticos; 5» De nuptiis maie damnalis a manichxis : 6» Spirituale connubium. Tous ces ouvrages, à l'exception de la lettre au concile de Bàle, étaient restés mss., et plusieurs furent trouvés, au moins en fragments, en 1751, aux archives de la chartreuse de Florence. Benoit XIV, l'ayant appris, demanda au prieur de cette maison de lui céder ces documents; ce que le prieur fit avec empressement.

Barthélémy de MaestrichI, docteur en théologie et célèbre pi-ofesseur'de l'université d'Heidelberg, dont il fut deux fois doyen (1408-1414), recteur (1413-1414) et vice-recteur (1419-1420), assista aux premières sessions du concile de Bàle, se fit chartreux à Ruremonde vers 1431. En 1441, il fut nommé prieur de la maison et visiteur de la province des Pays-Bas. Après quatre années de gouvernement, il se retira à la chartreuse de Cologne, où il mourut un mois après son arrivée, le 16 juin 1446. Comme beaucoup de théologiens allemands de son temps, dom Barthélémy enseigna la doctrine de la subordination du pape au concile, et, selon Foppens. lorsque Eugène IV publia sa bulle contre les Pères de Bàle, il écrivit son fameux traité De auctoritate concilii supra papam, qui est inédit. Il y en a une copie à la Bibliothèque impériale de Vienne, n. 3473, une autre aux archives de l'abbaye d'Einsiedeln, en Suisse, n. 22i, et une troisième a suivi le sort du recueil des autres écrits de dom Barthélémy, qui, de la char-

treuse de Cologne, passa au château de Middieliill, en Angleterre, et fut vendu, il y a quelques années, avec toutes les collections de M. le baronnet sir Philipps : Bartholomsei de Trajecto opuscula, ms. in-i». Cf. Migne, Dictionnaire des manuscrits, t. ii, col. 168, n.556. Dom Barthélémy a composé encore les ouvrages suivants : Propositio XVI facta in concilio Basiteensi, ms. in-fol. à la bibliothèque de l'université de Bàle, A. VI, 20, et à la Bibliothèque nationale de Paris, ancien n. 1517; Collationes ad omne genus humanum, ms. du XV" siècle à la Bibliothèque impériale de Vienne, n. 7793; Tractatus de sacraniento {allaris), ms.à la bibliothèque publique de Mayence, n. 74; Tractatus de fratei-na correclione et proclamatione (in capitulo), ms. à la bibliothèque de l'université de Bàle, A. viir, ii ; Tractatus de esu carniuni monarhis secimduni regulam S. Brnedicti prnfessis interdicto, cité par dom n. rlli.I.l, Traité historique et moral de l'abstinence .Ir h, r,,ui,li', in-4", Rouen, 1731, part. II, e. viii, p.l37. I' 1 ]ril (le Cologne-Middlehill renfermait aussi les. h lil. s /*,' passionibus animx ; De virtutibus; De septein peccatis capitalibus; De oratione; De oratione longa et devota; De excellentiis B. Virginis Marias; Liber colleclnnennim rx diversis SS. diclis; Ser-

mones, etc. Cn iiiril.ih : n.n.iv ;, ,l r.nili.'l.hiv (•<■^

autres écrite n , / .

tiorum, opi'^ , /' ' ^ h ,,,.

i-amento; Ile r.jo , ii, i.,,,,jii,',>h\ li<- ■>i,ini>u,^ iir omnibus sanci (S, Cf. IVtrejus, BiOliothcca cartusiaita, p. 18-20; Morotius, Theatrum chronol. S. ord. cartî(S.;dom Léon Le Vasseur, Ephemerides ord. cartus-, t. II, p. 338-339.

Des articles spéciaux seront consacrés à dom .lacques .lûlerbock (f 1466), à Denys de Leewis (f 1471), à dom Henri de Pyro (f 1-473), à dom .lean Hagen de Judagine (f 1475), à dom .lacques de-Gruytroede (tl475) et à dom Henri Loen (f 1481). Dom André, Hongrois, prieur de la chartreuse de Ferrare, vers 1464, composa uno Paraphrase sur le livre des Sentences, un Traité du Saint- Esprit et un traité De regiis virtutibus pour le roi de Hongrie, ms. au Vatican. Dom Égide de Goudsmid (Aurifaber), vicaire do la maison de Ziriczée en Zélande, (i-1466), est l'auteur du Spéculum exemplorum ou grand recueil d'exemples à l'usage des prédicateurs. Cet ouvrage, imprimé d'abord à Deventer, en 1481, fut réimprimé beaucoup d'autres fois. Cf. Hain, Bepertorium , n. 14*15-14920. Panzer a indiqué une édition de Strasbourg, 1487, inconnue à Hain. Cf. Annales, t. i, n. 32, 106. [Il y a des éditions de 1505, 1507, 1512, 1519. Au xvil« siècle, le R. P. Major, jésuil.'. ;iugirienta le nombre des exemples de ce recmil ,t Ir lil |);iraitre sous le titre de Magnum spéculum crcDipluriini. ia-i». Douai, 1603; Brescia, 160i; Douai, lUOi, 1UU5, 1(JU7, etc. ; Anvers, 1607 ; Venise, 1608; Cologne, 1611, 1618, 1635,1653,1672, 1684, 1701, 1718, 1746, 1747. 11 y a une traduction polonaise, in-fol., Cracovie, 1612, 1621, 1633; 2 in-4», Calissi, 1690. Dom Marcel Geistius, prieur de la chartreuse de Mayence (t 1469), Summa de VII Ecclesix sacramentis, ms.; dom Laurent Zeewen de Rosendaël, pi-ieur de la maison de Rome (f 1476), De votis monasticis, liber unus, ms. ; dom Laurent Blumenaw, Prussien, chanoine de W^orms, auditeur de Rote, conseiller de Sigismond, duc du Tyrol, profès de la Grande-Chartreuse vers 1471, mort en 1483. Dans l'ordre il composa un Traité des péchés de la langue, dont il reste un fragment ms. à la bibliothèque de Grenoble.

3. y" siècle cartusien (1484-1583). — Des articles spéciaux indiqueront les ouvrages Ihéologiques composés par dom Jean Heynlin ou de la Pierre (f 1495), dom Nicolas de Kempf (f 1497), dom Werner Rolewinck (■j- 1502), dom Pierre Dorland (f 1507), dom Pierre Cousturier, Siitor (f 1537), dom Jean-Juste Lansperge (f 1539), dom Laurent Surius{t 1578), dom Jean de Libra {tl582).

CHARTREUX

Siirdom Pierre Blomenvenna, voir col. 917. Mentionnons <loni Henri Dissenius, religieux de Cologne (tl484), copiste infatigable et auteur de beaucoup d'ouvrages restés tous mss., par exemple : Quo pacti> l,:v,rlu;>ruin fnuKh-s deprehendi queant; De saccnlotn ^inimUiii' : /,.;i,.,sitio intotum missale ; Exposiliii auliplifum nm : /..'/m.sitio JX leclionum officii defuiicluruui , EhicnlaKn m symboluni Allianasii et oralionem doniiiiuaiti, t.-lc.: dom Simon de Zanacchi, Italien, mort en li97, après avoir été plusieurs fois prieur, Speccliio dellr vedovc, ms. :i II cliiirlniise de Pise. Dom Laurent Giustiniani, de Cn.^. inoli - il.' la chartreuse de Pavie, vivait en I51.">; (hlnf :ielihuriim,hocest loci communes de vitiis ac virlultbus cullccli ex sanctorum aliquot Patruni scriptis, atque in usum potissimttm concionatorum, ordine alphabetico, dispositi. Cumprxfatione Gasparis Bargelli, in-4», Milan, 1515. Dora Thomas Spenser, Anglais, vicaire de la chartreuse de Henton (ti528), Trialogxis inter Bilnxum, Latimerum et Bespum, ms.; dom .lean Batmanson, prieur à Londres (•{• 1531), par ordre de l'archevêque de York écrivit deux ouvrages, l'un contre Érasme, et l'autre contre Luther; il composa aussi un livre iJe unica Magdalena contre LeFèvre d'Étaples, ainsi que plusieurs commentaires sur l'Ecri- -ture et un livre de corrections à faire dans ses écrits; les événements arrivés en Angleterre un peu après sa mort, empêchèrent la publication de ses ouvrages. Dom Tilmann Moscus ou Mosenus, dernier prieur de la chartreuse d'Urach, dans la Souabe (flâiS) ; Collecta contra hsereticos, ms. in-S»; E.ccerpta contra liœrelicos, ms, in-8«; cf. Forster, Catalogue de la Bibl. de la chartreuse de Buxheim, 1883, n. 2T71--277-2; ilnm .lean-Morocourt, prieur à Valenciennes ( y I '. Isi, //., rmnlia adversus lutlteranos, in-4», Anvers, |.',lii. d^in Iran Valier (Valerii), de Grenoble, mort à la Gianilr-Chartreuse en 1550, In Lutherum, ouvrage ms. à la bibliothèque de la ville de Grenoble, R. l(}iô'*;Excitatoriuni divini amoris, ouvrage considérable composé pour la défense de la foi, en six volumes, dont les trois derniers se trouvent à la même bibliothèque, n. 795; Hortulus voluptatum spiritualium, autre livre de polémique religieuse, dont le t. I est perdu, les deux suivants sont à Grenoble, à la bibliothèque publique, n. 859-860; dom Vincent Manerio, Calabrais, mort à Naples (11551), .SummuîaeasMMWi cunscientise, ms. ; dom ,)uste de Schoonhoeven, Hollandais, chartreux de Delft, pendu par les hérétiques, en 1572, en haine de la foi : Exposé des dix commandements du décalogue par d'autres passages des saintes Écritures, ms. en llamand; dom Albert, chartreux de Diest (t 1575), écrivit sur des questions scolastiques. Dom Jean de Billy naquit vers 1530 à Guise (Aisne), où son père commandait au nom du roi. Après avoir achevé ses études, il embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu des abbayes de Saint-Michel-du-Désert et de Sainte-Marie près de Poitiers. Vers 1560 il se fit chartreux à Bourg-Fontaine et se trouvait encore dans cette maisuii Inrsqnr 1rs liii;.:uriiols. rn l.".(;7, \ m rent l'attaquer. Si\ rrli^i,.|i\ lui-riit ,ilur~ iiia->acir~ ri dom Jean

n'éclia|'|ia a I, J\\ qui' .^larr ail\ lllslalirrs d'un deS

envahisseurs qui, ajaut été autrefois au service de la noble maison de Billy, s'interposa pour faire épargner le fils de ses anciens maîtres. En 1569, le chapitre général nomma dom Jean prieur de la chartreuse du Mont-Dieu, au diocèse de Reims, et, deux ans après, le transféra à la nouvelle maison de Gaillon fondée par le cardinal de Bourbon. Il eut aussi le titre de convisiteur de la province de France. C'est dans l'exercice de ces deux charges qu'il mourut le 30 juin 1580. Avant d'entrer dans l'ordre, il avait publié plusieurs ouvrages traduits du latin, afin de défendre la foi et maintenir la piété parmi, les fidèles. En chartreuse, il ne renonça pas à ce genre d'apostolat, et fit paraître les livres suivants : l«Des sectes et hérésies de notre temps par Stanis-

las Hozie, évèque de M^armc, en Pouloigne, in-S», Paris, 1561, 1564, 1571; 2» Dialogue de la parfaiction de la charité traduit du latin de Denijs Byckel, chartreux, in-16, Paris, 1570; 3" Homélie de saint Jean Chrijsostotne : Que personne n'est blessé que par soi-même, avec deux Sermons de saint Augustin au jour de la décollation de S. Jean, in-S", Paris, 1571 ; i" Manuel du I chevalier chrestien composé en latin par... Lansperge, in-8«, Paris, 1571, 1573, 1574, 1578; .>Pe(i«e table spirituelle ou sentences des Pt'res, trad.d'un ouvrage de Louis de Blois, in-8», Paris, 1572; 6» Miroir spirituel, etc., traduit aussi de Louis de Blois, in-8", Paris, 1576, 1578; Châlons, 1602; 7" Exhortation au peuple français pour exercer les œuvres de miséricorde, in-8", Paris, 1572, 1584; 8» Histoire de Barlaam et de Josaphat roy des Indes composée par saint Jean Damascène, avec la Vie de saint Jean Damascène et l'homélie de saint Jean Chrysostome intitulée : De la comparaison du roy et du moine, in-ë", Paris, 1574, 1578; in-12, Lyon, 1592; on a encore de lui une Petite Bible spirituelle, une autre E.rhortalion au peuple français et une traducliou lie I (iii\rai.p de Denys le chartreux contre la plurolilt' ,h's hr, If lices. Cf. dom Léon Le Vasseur, Ephemendis nnlniis rmliisicnsis, t. il, p. 417-438; Petrejus, BibliolUeca cartusiana ;Moroizo, Theatrum chronolog. S. ord. cartus.; Gillet, La chartreuse du Mont-Dieu, Reims, 1889, p. 276-281.

4. VI' siècle cartusien (1584-1683). - Dom Fiacre Billard, docteur de Sorbonne, prieur du Liget, mort, en

1589, par suite des mauvais traitements des huguenots, Manuale sacerdolum curam animarum habentitim ex diversis doctoribus collatum, ms. à la bibliothèque de la ville de Grenoble, n. 830; dom Pierre Carbo Metropagita (j 1591) a publié plusieurs ouvrages pour la défense du dogme de l'immaculée conception de la sainte Vieige, in-8", Prague, 1580, 1590. On a aussi de lui une paraphrase des Psaumes ii et cix sur Jésus-Christ, roi, législateur, prêtre et Dieu, in-4», Prague, 1587; deux livres pour la défense de la Vulgate, in-8°, Prague,

1590, 1591, et un autre De divina Chris ti'generatione. Msf Guillaume Cheisolme, noble écossais, évêque de Dumblain, et ensuite de Vaison, profès de la Grande- Chartreuse (1586), mort prieur de la maison de Ronie et procureur général de l'ordre le 26 septembre 1593. Étant évêque en Ecosse, il défendit la foi catholique par différentes lettres pastorales. Aubert Le Mire lui attribue un livre de controverse contre les ministres écossais, partisans de la réforme protestante, et il assure que tous les sujets de contestation religieuse y étaient clairement exposés. Nous ne pouvons lui attribuer avec certitude aucun autre ouvrage théologique, bien qu'il en ait écrit plusieurs, à cause de l'homonymie avec son neveu et successeur sur le siège épiscopal de Vaison, qui fut aussi un habile controversiste. Néanmoins, le titre suivant nous paraît indiquer un livre de l'évêque chartreux : Examen d'une confession de foy, publiée n'aguères en France sous le nom du roy d'Angleterre, etc., fait premièrement en latin, puis en français, et plus au long par Nicolas Coeffcteau, in-8", Paris, 1603. Dom Luc Braunoldus, prieur d'Ittingen, en Suisse (f 1595), avait fait un Abrégé des controverses de Bellarmin, en trois volumes, que la mort ne lui permit pas de publier. Dom Pierre Caldès, franciscain et prédicateur célèbre, mort prieur de la chartreuse de Majorque, en 1595 : De instructione missse; selon Juvellanos, cet ouvrage fut imprimé. L'auteur composa un autre livre, sur le même sujet, mais en langue vulgaire et à l'usage des fidèles, in-8», Barcelone, 1588. Un autre chartreux espagnol, de la maison de l'Échelle de Dieu, écrivit, en 1603, un traité intitulé : De inejfabili sacrificio missx, ms. Articles spéciaux pour dom Etienne de Salazar, f 1596, dom . Arnold Havers (t 1610), dom Antoine de Molina (tl612), dom

CHARTREUX

loss,- Lorichius (f 1613), dom Jean Valero {tl625), I..MI Benoit Fasolini (f 1635), dom Jérôme Planes , ; 1635), dom Throdore Petrejus (ti6i8), dom Vincent Suriano (-[-1650), dom Joseph Rossel (-1-1665), dom François Gannerim (f 1669), dom Martin de Alcoleu (f 1672).

Les autres tlu'ologiens cartiisiens du xvi« siècle sont : ■dom Louis ïorrc's. Espagnol, (|iii laissa trois volumes uiss. intitulés : De sacramenlis in gencre et in jiarlicuiarii dom .Irrômc Carnotteo (f 1610), Tr<ti-lnlns il,' iiatui-a Dei, nis.; T/teatruni angelicse ii<iiiir:i\ appionvc' par les supérieurs pour être imprimé, mn- ir^i, m- :i cause de la mort de l'auteurjdom Barlh^ I. nu \,iI|h i-.i. Majorquin (f 1615), Avisos y reglas imi-u La vida del lionibre contenidos en una InstruccioH que san Fernando arcediano cartaginense dio al conte Regino, que trala cci>no se lia de aver un capitan christiano en las Jiechds iiiililarfs... iraducida del latin al espaitol y e.rfiliiii:la ... n instaiii-ia de Don Alonsode Villaragut, in-8' , M,i|oiqii.. I(;i2; dom-Damien Fasolio, Italien (t lGZi},Dci Uiralioia's S.R.E. cardinalium S. C. Trid. asess. IVad scs.v. XXV, c. xi de regularibus, ms. in-fol.; <Iom Benoit Plutino, mort à la chartreuse de Naples, en \G'i3,ConclHsionesaureee incanones SS. ponlificum, ubi difficiliora dubia in morali Iheologia, non minus iliserte quani succincte enucleantur, ms. in-i"; dom Vincent-Philippe Tronchon, Espagnol, savant cliartreu.\ qui refusa un évêché (f \&'i'l),Defensapratica del Iransilo de otras religiones à la de la cartuxa, ms. in-fol.; •dom Timothée Barofli, prieur de la chartreuse de Pavie (f 1630), lltrum percussio in clericum, farta joro.

delictum dicatur occultum, quuni hv^h' ,■ ,i;- .s;

occupa, ms. in-fol. ; dom Pierre Torrcs, I ; i n ii l

Lugares conntnes de virtudes y vici' • : i i

plusieurs autres traites théologiquos d n, i;ii n

sont aussi restés manuscrits; dom Jean Tuuiasiù, Espagnol (t 1634), Tractatus théologiens de professione nionastica et de distinctione votonwi substantialium, ms. ; dom Laurent Lucchini, prieur de la chartreuse de Bologne (t 1641), 0»œs/iones»iO)'a.'es,ms.; dom Jean de Baeza, Espagnol, docteur in utruque, mort en 16il, après avoir gouverné plusieurs maisons, Opéra moralia, ms. (Cassani), et beaucoup d'autres écrits sur le droit canon, les statuts de l'ordre et la théologie morale; dom Sévère Tarfaglione, savant chartreux napolitain, mort dans une maison de France, en 1642, Sunimula ca^uuni conscientix, ms. ; dom Joseph de Sainte-Marie, Américain, mort prieur de las Cueias, près de Séville, en 1643, Sacras ritos y cerenionias baptismales, in-4», Séville, 1637 ; Triunfo de Vaqua bendita, in-4", Séville, 1642; E.rorcismos de la Iglesia; dom Nicolas Bonnet, Espagnol (f 1643), a écrit sur les vœux de pauvreté et de chasteté, sur la célébration de la sainte Messe, etc. , mss. ; dom Matthieu Valera, noble milanais, prieur de la chartreuse de Pavie (f 1645), De compUcibus Guilelmse hxreticse ; De catharis heereticis ; De apostolicis hsereticis ; De theologia, etc., mss.; dora Jean Ferrer, Espagnol (t 1648), est loué comme savant théologien; il écrivit sur des questions particulières; dom Antoine Bravo de Laguna, noble espagnol, savant canoniste (■{- 1659), fit paraître plusieurs ouvrages concernant le droit canon, le droit civil et les statuts de l'ordre; dom ■Winandus de Coster, de Deventer, mort à Cologne, en 1674, Tractatus eucharislicus, hoc est de eucharistise sacramento et sacri/icio libri duo, in quibus textus evangelistaruni et divi Pauli de eucharistia tractantes elucidantur, verus eonim orthodoxus et literalis sensus proponitiir, et ab hsereticorum sacris (?) explicalionibus vindicatur, in-12, Cologne, 1646; dom Robert Clarke, Anglais {j 1675), auteur du Christiados, poème latin, en vers héroïques, sur la passion de X.-S. Jésus- Christ, imprimé plusieurs fois, a laissé une dissertation De dignitate confessarii, ms.; dom François del Moral,

DICT. DE THÉOL. CATHOL

Espagnol (f 1683), Explicatio casuum reservatorum sacris ordinis cartusiensis, ms.

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