‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 688 sur 741 · CHARLES DE L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

CHARLES DE L'ASSOMPTION

CHARTREUX

physicam pro scientia média cuni brevi historia conipleclente ortjtni, puçinas et palmas ejusdem srienliœ médise, inter acres rviiuh mnioiinu im iniriiintiniifs

féliciter propugnahi. IIiulii. ICill!!; -l- Snrnhn meilm

ad examen revocata . lilTd. ::■ 'l'h,,,,ii';i<ir,oji hinmiiliits,

idest, SS. Aliflnslin: ,'l Tl ./ r /,,,,,,,, l'< rli'Siœ solis,

summa cn/ii''Ji,i ,■/,-< ,t ~ 'm.naturam

puram ciiit ./l'/'/ir. /./ /'. ; iIcdi, contri-

tmiem- et pnii'ibilili'lriii . mr. Ii.ni.ii IdTO. 1. 1; 2« édit. augmentée, 1672; ce premier volume fut ;ilt:i{|ué en 1670, par le dominicain Jérôme Henneguier, sous le nom de Philalelhes Consentanus; le t. ii parut. Douai, 1673; le t. III est une riposte au jésuite Fourmestraux, Douai, 167i. Les deux premiers volumes avaient été déférés à la S. C. de l'Index, mais ils ne furent pas condamnés. A'oir G('t> (Ouesnel), Apohigie historique des deux cen-

uu.'l.nir ,li, r,„',l,ii.,l l:,.n;,, du 19 mai \%7i.Ep,s]., i.x.w. LiK(|urs, IT.Mi. !. I. Il la fit imprimer; elle fut insiiilc :i riiiilrx siiii^ Ir-, lili'i's : Kpislolri sub uomine Elu. I). loiDiNis S. 11. /-;. .a/il. /.'rw/.i, approbans duel.ul,,,,, Grru,.,,u l'inlalrihis K npisl ui, ; OU Libellus coiilfii rn,,L lu, Hit M- i>ixrrii,ius. v\c . l.'auteur publia

ciri I I ■ ;;,,,.,.',( ' !'■,,,/,/,,, s il) perpetuum fir-

iiiiiir^. r.,/,,, . <, . r,,r,,i<^molinislsedel'ensio-

ju'ij.. < ;i ,. ji 1 . |i. '. . h;:'i: 1 Ile UMrtate et con-

Douai, 1671. Sous mui P. Charles de r.\ssiiin 1/1(0 nécessitas augrlir, S. Awjnstnl, i, il, 'tint,

sive ijumquc ludicatur de Kiclesise solis icii ."^'.S. papx

diljereunnru,,, n,lu,u,'s ,:, ,,,nh„ dilatliinr ,lhs,,hlli,,,i,f „,l Y,,,'i,l,',n

SS. Augustini et Tlu,,,,;v. ,,l.l„i„s

Innocenta XI, in-S\ liiTS, Cet .mimmi;.' lui ruiidjnnK''

au feu parle général .1»- Nnilir. I. uniirl ,\r j.sus,

par décision du 3 jaii\iei' llJT'J, >l iTiscnt à l'index, donec corrigatur, par décret du 5 septembre 1684. L'auteur y enseignait qu'un pénitent, qui accusait chaque semaine les mêmes péchés, devait être absous. Il n'exigeait vraisemblableiunif ju- N.nl. - Ir^ mmlitions re- <[uises pour le ferm. |ir,i|hi. , i h ^ iii,,ii~ m-cessaires pour éviter la rechulr. r.u il - lui i mi-ni, n cùjnme un moraliste trop large. Il .i ,1, n lui, |,,ii |, ,:iiiiie Henri de Sainl-I^nacr, ri,.;,l.„i„, <,, „. I,., „ „, . ,,, -i.". ; Elhicx a,i,nr,y. 1 V. c. Mil. Mil \i I. MMi, I, m: par ilavi-rmaii>. Kx.niieu l.brlli I'. i:.,,;,!, ,ih Ass„,„pl„,„e... cui titulus J'eiilulugus, in-S", Cologne, 1679. et par un théologien de Mayence, Examen Pentalogi, in-S", Cologne, 1688. L'évêque de Tournai, Gilbert de Choyseul, publia aussi contre ce livre des Eclaircissements. Le carme y répliqua : Lavérilc i,i,ii,'i,nci- parlant à Villust. et révérend, seigneur ér,',/,,,' ,/,■ r,,i,,iini par la plume du P. Charles de l'Assuiiii,!,,,,,. ni-8 , 1080. L'évêque, ayant adressé une Lettre au.v pasteurs et confesseurs de son diocèse, reçut une réponse sous forme de Lettres d'un théologien flamand à Villust. évëque de Tournai, in-8», Liège, 1681. Le débat portait sur le déla.i de l'absolut Il Lonl'-i-iion informe et la fréquente commu-

iiu"! 1. ■ lip lil une Seconde lettre pastorale, qui

ét:iii ■ ' :n| ,lr la censure de vingt-un docteurs,

lOtil. .ViuauleU ci'i\ it ;iu^si : tlbserratinti rl'ini professeur de philosophte sur /.'s- l,i:,-,'^ .fim il,, '■,,1,,, île,, Ihuiounl. ■1680. Le carme contiuu.i 1,- |„.l,u,u|ii,' l-:i,,,-,,l.,t,,. ,,,,., nsum alisolutionis e, .„>.„, 'i .„l,n„ ,■„„■„,., n ,-erot,,'oru m

peccatorum omnium pœmtentmm et mipsenitentium redemptore, adversiis rigoristas homines a sacro trihnuuli reiroheiiles, in-1'2, Liège, 1683; il en a paru aussi iinr li:i(lurh.,ii fi M 11, :, isc ; Explication donnée ci .l/i' rrrrijue lie Tournoi... pour hù rendre raison de sa doctrine de l'usage de l'absolution des pécheurs d'habitude contre la pratique des rigoi'istes qui retirent les pécheurs de la confession, in-4" ; Lettre d'appellation du P. Charles de l'Assomption à Ma'' l'illust. et révérend, évêque d'Arras, in-4"; Défense de la pratique commune de l'Église, présentée au roy contre la nouveauté des rigoristes sur l'usage de l'absolution, in-4o, Cambrai, 1684.

Martial de Saint-Jean-Baptiste, Bihtïotheca scriptoruni utriusque congregaHonis et sexus carmelitaram discalceatorum, in-4', Bordeaux , 17:30, p. 00-71; Daniel de la Vierge- Marie, .Specul,,,, r,, ,'„,.■!,, ,,,,,,„. Ai,v,i,. 1680, t. n, p. 1128; Cosme de Villi, / ' ',,,-um, Orléans, 1752,

t. I, col. 31l-:;r.: ■ i i '' >,,,ires pour sei'vir à

Vhistoii-elill,', ,' I ■, ,■ I I I , t, I, 11. 133; Biogra-

Plw' "■" ■ . 1 .,-./ ,1,, Helgique,

El ii\' !-■ -' . - I ,■' i; I /' /,:,/,'.,-. Bonn,

18sri, ■ ; I : :i--.-i !■ n. :• •-■ .. . i,i,- ,1er Mu-

ralsh-' ,:i'ii.'''!,'" ,,' ■.•' s, ■1,-1.., -h, I ,■:,'!,,■,: Iurcla\ Nord-

lina^n. 1889. t. I, p. 00. U2 ; Hurler, .\umci,,-!ator, t. II, col. 318 sq. E. Mangenot.

4. CHARLES VERRI DE CRÉMONE, capucin de la province de Milan, avait été quelque temps missionnaire en Afrique. Dans sa province religieuse, il enseigna la théologie morale et remplit quelque temps le charitable office d'assister les condamnés à mort. Il a hiissi' louiiiir preuve de sou zèle et de sa science les il- M\ niiMM^. ~ Miix.iiiN llodrdi per essercitar il carii,iii,,, ,,fii,,,, il',!!/,!,,,- ,1 , liiistianamenle morire quel uicsclmu chc sonu dalla giustitia condannali a morte, cou l'aggiunla d'alcuni dubbij speltanti allô stato e salvezza di detti giustitiati dopa la loro morte, in-4», Milan, 1672; Opusculorum moraliuni pars prima in qua continenlur tractatus omnes de actionibus humanis eorumque causis et principiis, addilis in fine, quse est secunda pars, nonnullis disceptationibtts de modo et facultate ministrandi sacramentmn pœnitentix..., 2 in-4°. Crémone, 1670.

Bernard de Bologne, Bihliotheca scriptorum o. m. capiiccinorum, Venise. 1747; Arisi, Cremona literata, Crémone, 1741, t. m, p. 34; Hurler, Nomenclator, t. il, col. 283.

P. EDOUARD d'Alençon.

CHARLIER Jean. Voir Gerson.

CHARTREUX. - I. Fondateur. IL Règle. III. Histoire de l'ordre. IV. Études et travaux théologiques des chartreux.

I. FoNDATEiTR. — 1» Vie. — « Maître » Bruno, comme le nomment les anciens documents, naquit à Cologne, vers 1032, de la noble famille d'Hartenfaust. Il grandit dans une atmosphère de foi vive et de piété, où tout se réunissait pour le préserver des atteintes du mal et lui conserver le trésor de l'innocence. De la famille, il passa à l'école cléricale tenue par les chanoines de Saint-Cunibert. Ses progrès dans l'étude et dans [la piété furent tellement remarquables, que l'archevêque de Cologne engagea ses parents à l'envoyer à l'école célèbre de Reims. Ainsi Bruno, vers l'âge de quinze ans, vint en France et s'attacha à l'Église de Reims, ce qui lui valut plus tard les surnoms de Bruno Gallicus et Bnino Heniensis. Il se lit remarquer par son application à l'étude, se^ npliludes pour l'acquisition des diverses branches t\ii -,iMiii liuui:iiu. rt Miiliuit par sa vie édifiante. Vers Kùi. il alla a l'aiis a|i|iii ilciudir la philosophie, étudier lliiliiiMi. l'ixi'iture sainte et la théologie. Il prit les grades académiques de maître et de docteur en philosophie et en théologie, revint dans sa patrie vers 1055 et y reçut le titre avec le bénéfice de chanoine dé Saint- Cunibert. L'illustre archevêque de Cologne, saint Annon,

CHARTREUX

11' piomul aux ordres sacrés. Une fois prêtre, Bruno se livra à l'apostolat de la prédication et acquit du renom par l'étendue de son zèle et par les succès de son éloquence. Cependant l'Église de Reims avait besoin d'un écolàlre, et l'archevoque Gervais demanda Bruno, dont le savoir et la vertu lui étaient connus. Bruno accepta la charge qui lui était ofl'erte, et fut agrégé au chapitre de la métropole. Les succès du nouvel écolàtre furent retenlissaiils. L'école de Reims acquit une plus grande célc'hiih . .1 .!> \:<\- I. - |iIm^ rioignés la jeunesse accourait .111 I I 111 |ii-lenient estimé. Le B. Urbain II. 'Il llii II . . i"!' lie Grenoble, le cardinal Hanyii 1, .111 lu w i|ii. di lu vbio, en Calabre, et beaucoup d'autres prêtais et abbés y furent les élèves de Bruno.

Gervais mourut le 4 juillet 1067, et eut pour successeur Manassès de Gournay, prélat simoniaque. Au début de son administration, le nouvel archevêque montra de bonnes dispositions pour le maintien de la discipline ecclésiastique et la correction des moeurs dans son diocèse. En 1075, il nomma Bruno son chancelier. Vers la fin .de 1076, Bruno, avec les principaux membres du clergé rémois, dénonça au saint-siège le vice de l'élévation de l'archevêque. Après bien des péripéties, Manassès fut condamné au concile de Ljon et déposé le 27 décembre 1082. Ses diocésains le chassèrent de Reims, et il alla se joindre aux partisans de Henri IV et de l'antipape Guibert. Le clergé et le peuple désiraient beaucoup Bruno pour archevêque, mais lui aspirait déjà à la vie monastique. La déposition du prélat simoniaque lui permit de rentrer dans ses biens et de reprendre ses fonctions d'écolàtre ; il y renonça bientôt et ne s'occupa plus que de prières et d'austérités. Une mission que le légat du pape lui confia auprès du roi Philippe I"', l'obligea d'aller à Paris, où sou ami C.eolVrov. évêque du

diocèse, le pria de donnn ilis l n^ ,!,• iih nl.i^ie à son

clergé. C'est pendant i|ii il . n i-n n* .1 m- ! i . ipitale de la France, en 1082, qur I. - ln-in i- n- ■ li.n lu u\ placent l'épouvantable déclaration du docteur damné, qui fit prendre à Bruno et à six de ses amis la définitive résolution de s'éloigner complètement du monde et servir Dieu dans un ermitage.

Bruno rentra à Reims, se démit de ses bénéfices et de ses charges, distribua aux pauvres ses biens. Il se mit à Molesme sous la conduite de saint Robert, le futur fondateur de l'ordre de Citeaux. Il y revêtit l'habit bénédictin, et y mena la vie conventuelle. Mais son attrait le portait invinciblement vers la vie solitaire. Un essai de ce genre d'observance était inauguré vers cette époque à Sèche-Fontaine par deux disciples de saint Robert. Bruno se joignit à eux, mais leur solitude n'était pas assez profonde pour lui. Il chercha ailleurs un désert plus inaccessible. Il partit de Molesme avec ses six compagnons de Paris, qui y étaient venus le rejoindre, et se dirigea vers Grenoble, dont saint Hugues, son ancien disciple, était évêque. Ce saint prélat avait vu en songe sept étoiles tomber à ses pieds, se relever, le conduire à travers les montagnes et les déserts dans un lieu sauvage appelé Chartreuse, où le Seigneur se construisait un temple pour les recevoir. Hugues comprit la signification de ce songe, lorsqu'on lui annonça que sept voyageurs demandaient à l'entretenir. Vers la fête de saint Jean-Baptiste de l'année 1084, il conduisit Bruno et ses compagnons dans le désert de Chartreuse et leur fit construire provisoirement des cabanes de planches. Il défendit aux femmes d'entrer dans leur désert, et aux hommes d'y pénétrer avec des armes et des troupeaux, ou d'y aller pour la chasse et la pèche. Il céda aux nouveaux religieux la propriété du désert, les visitait souvent et ne cessa jamais de les assister dans leurs besoins.

Cependant Bruno ne devait pas demeurer longtemps dans l'ermitage de Chartreuse. Le 12 mars 1088, Urbain II, son disciple, était élu pape. Vers le commence-

ment de 1090, le nouveau pontife appela son ancien maître auprès de lui. Bruno laissa à Landuin, le plus âgé de ses compagnons, la charge de le remplacer pendant son absence. Plusieurs solitaires le suivirent h Rome et les autres se dispersèrent momentanément, probablement dans d'autres monastères.

Urbain II assigna à Bruno un appartement dans son palais et l'entoura d'honneurs. Il concéda à ses compagnons l'église de Saint-Cyriaque, bâtie sur l'emplacement des anciens Thermes de Dioclétien. Mais bientôt Bruno leur persuada de rentrer en France et retourner dans les montagnes du Dauphiné. Urbain II leur donna deux brefs; l'un adressé à Seguin, abbé de la Chaise-Dieu, en Auvergne, lui ordonnait de rendre aux compagnons de maître Bruno le désert de Chartreuse, et l'autre enjoignait à l'archevêque de Lyon et à l'évèque de Grenoble de faire exécuter cet ordre. Le 17 septembre 1090, Séguin remit les solitaires en possession du désert de Chartreuse.

Vers la tnéme époque, Bruno refusa l'archevêché de Reggio, en Calabre, auquel il avait été nommé. Son attrait pour la vie solitaire ne diminuait pas. Il finit par obtenir d'Urbain II l'autorisation de fonder en Italie un ermitage. 11 existe un bref du pape qui, de Bénévent, ordonna à Bruno de venir sans délai assister au concile qu'il devait tenir dans cette ville. Bruno s'y trouva à la fin de mars 1091. Mais d'où venait-il? Nous-croyons qu'il venait de la Pouille, où il cherchait un lieu solitaire, ou peut-être de la Calabre. Quoi qu'il en soit, le pape lui concéda de nouveau l'église de Sainf-Cyriaque. Néanmoins Bruno continua à ni li i. In r un li.u plus solitaire. Il le trouva à l'extrémiii .1 1 i i il il.i . , au diocèse de Squillace, en un lieu bm.- i['|i l. I i Tour. Le comte Roger, averti par une lelli. il. -..n .mrli- Roger, duc de la Pouille et suzerain de la Calabre, accueillit favorablement Bruno et ses six nouveaux compagnons. L'évèque de Squillace céda à Bruno et à sa communauté, à perpétuité, ses droits juridictionnels sur le territoire de La Tour. Urbain II y ajouta son approbation et le privilège de l'exemption du monastère (1092). C'est peut-être dans cette occasion que, à la prière du comte Roger, il donna à Bruno et à son ermitage le doigt de saint Etienne, premier martyr, que les chartreux de la Calabre possèdent encore. En 1093, le comte Roger fut affilié à la communauté; il le déclare dans une charte, où il appelle les ermites « ses seigneurs, ses pères et ses confrères ». L'église du monastère fut solennellement consacrée le 15 août 1094. Peu après le comte Roger invita Bruno à venir à Mileto baptiser son fils, qui reçut le nom de son père et devint plus tard le premier roi des Deux-Siciles.

Bruno assista au concile de Troja en 1093, et à celui de Plaisance en 1095. C'est vers cette époque qu'il écrivit sa belle et touchante lettre à son ami Raoul Le Verd. Il reçut la visite de saint Hugues, évêque de Grenoble, et celle de Landuin, prieur de la communauté de Chartreuse. Ce dernier venait le consulter sur les observances érémitiques et sur les moyens de consolider l'œuvre commencée. Bruno lui remit pour les frères de Chartreuse une lettre pleine de tendres expressions, d'encouragements et d'avis salutaires. Landuin, s'en retournant, fut arrêté par les séides de l'antipape Guibert. Il refusa de le reconnaître comme chef de l'Église. Enfermé en prison, il y demeura jusqu'au jour où Guibert, sentant sa fin approcher, remit en liberté les nombreux clercs qu'il tenait prisonniers (1100).

Dans une charte du 2 août 1099, le comte Roger raconte que Bruno lui apparut en songe le 29 juillet 1098, pendant qu'il faisait le siège de Capoue. Aux mois de juin et de septembre 1098, Urbain II expédia deux bulles en faveur de Bruno et de son ermitage de Calabre. Deux ans après, le comte Roger étant tombé gravement malade à Mileto fut assisté par Bruno et le B. Lanuin (21 juin

CHARTREUX

1101). Pascal II, se trouvant à Mileto le 27 juillet de la même année, remit à Bruno, qui était venu lui rendre hommage, une bulle conlirmant toutes les possessions et tous les privilèges concédés aux ermites <le La Tour, c'est-à-dire à la chartreuse de Calabre, par le comte Roger et Urbain II. Rentré dans son monastère, Bruno eut le pressentiment de sa fin prochaine. Son œuvre était approuvée par deux papes, le nombre de ses disciples s'était accru. Bientôt ses forces s'afTaiblirent et il dut s'aliter. Avant de recevoir les derniers sacrements, il convoqua ses frères, leur raconta sa vie et lit publiquement profession de foi. 11 mourut le dimanche 6 octobre 1101.

Ses funérailles furent solennelles, son corps fut enterré dans le cimetière de la communauté, dans un tom- Ijeau de pierre. Une source miraculeuse ne tarda pas à jaillir auprès et un grand nombre de malades y recouvrèrent la santé. En 1122, après la mort du B. Lanuin, maître Lambert, deuxième successeur de Bruno en Calabre, exhuma ses restes, les plaça avec le corps du B. Lanuin, dan^^ une urne et les enterra dans l'église de Sainte-Maiie du Désert, derrière le maitre-autel. Ils y furent découverts en 1502 et authentiquement reconnus en 1514.

Suivant l'usage de l'époque, les chartreux de Calabre chargèrent un de leurs frères convers d'aller notifier aux Eglises et aux monastères, avec lesquels ils avaient association de prières, le décès de Bruno, et de demander leurs suffrages pour son âme. Le frère emportait un rouleau de parchemin sur lequel le B. Lanuin, au nom de sa communauté, avait écrit le récit des derniers moments de leur père et fondateur, et priait toutes les congrégations et personnes religieuses, qui feraient des suffrages pour lui, d'inscrire leurs noms sur le rouleau. Quant à celles qui accorderaient au défunt une inscription dans leur obituaire et un anniversaire, la communauté de Calabre les priait d'en faire mention sur le rouleau, afin quelle put leur payer sa dette de reconnaissance. Le voyai^e ilu fi-ére convers calabrais dura un an et demi ou deux ans. Peut-être même ne fut-il pas l'unique rulUger envoyé par le B. Lanuin, puisque parmi les cent soixante-dix-huit titres l'uncbres de saint Bruno, que nous connaissons aujourd'hui, il manque les inscriptions de l'Église romaine et de la plus grande partie des Églises et des monastères d'Italie. Quoi qu'il en soit, le frère rapporta les adhésions, exprimées en prose et en vers, de beaucoup de cathédrales, collégiales, abbayes et monastères d'Italie, de France, de Belgique et d'Angleterre. Les chanoines de l'église de Troja (aujourd'hui Tropea), en Calabre, admirèrent l'ample moisson qu'avait faite le roUiger. « Le rouleau, disent-ils dans leur titre, était rempli sur ses deux faces des éloges inspirés par la mémoire de Bruno. Il pesait si lourdement que le messager portait à son cou les traces de la fatigue imposée par ce fardeau devenu excessif. » Ce rouleau fut pieusement conservé à la chartreuse de La Tour. Le recueil de ces titres funèbres fut imprimé à Bàle, vers 1515: à Cologne, vers la même époque; Trombyet les bollandistes, en les reproduisant, y ont ajouté des notes historiques fort intéressantes; du Creux, M. l'abbé Lefebvre et le chartreux, auteur anonyme de la Vie de saint Bruno publiée en 1898, ont inséré dans leurs ouvrages le recueil entier; d'autres historiens n'en donnent que des extraits.

Le passage de la chartreuse de Calabre à l'ordre des Cisterciens, vers "1193, contribua beaucoup à faire perdre le souvenir de saint Bruno et des grâces accordées par Dieu à son intercession. Mais la découverte de ses reliques (1502), les miracles qui s'opérèrent de nouveau à son tombeau et la restitution à l'ordre des chartreux de la maison de Calabre (1513) firent naître le désir de faire autoriser par l'Église le culte du grand serviteur

de Dieu. Une commission de quatre prieurs chartreux, délégués par le chapitre général de 1514, fut présentée à Léon X, le 19 juillet de la même année, par le cardinal protecteur de l'ordre, et au nom du général et de tous les membres de la famille cartusienne supplia le pape d'accorder à Bruno les honneurs du culte public. Séance tenante et par un oracle de vive voix, le pape permit aux chartreux de faire mémoire tous les jours, dans l'office, du B. Bruno. A cette date, l'ordre comptait plus de deux cents maisons. Cependant le culte de saint Bruno était particulier à son institut monastique et ne s'étendait pas à l'Église universelle. En 1622, à la prière du procureur général des chartreux, la S. C. des Rites décréta que l'office et la messe de saint Bruno prendraient place dans la liturgie romaine sous le rite semi-double, et que les fidèles pouvaient faire sa fête le 6 octobre. Ce décret fut solennellement confirmé par Grégoire XV, le 17 février de l'année suivante. Sous Clément X, et à l'instance de la reine d'Espagne, la même S. C. des Rites déclara que, s'il plaisait à Sa Sainteté, on pouvait élever la fête de saint Bruno au rite double et la rendre obligatoire dans toute l'Église. Le pape donna son consentement le 14 mars 1674.

En 1740, une statue de saint Bruno fut placée dans la basilique vaticane avec celles des autres fondateurs d'ordres. En 1882, le chapitre général décida que l'ordre ferait construire, à ses frais, une chapelle dédiée à son fondateur dans la basilique de Montmartre à Paris.

2" Œuvres. — Saint Bruno tient un rang distingué parmi les écrivains ecclésiastiques du xi= siècle. Ses œuvres certaines sont : Exposilio inPsaltenuni, in-fol., Paris, 1509, P. L., t. CLii; in-4«, Montreuil-sur-Mer, 1891 ; In omnes S. Pauli apostoH Epistolas, in-4», Paris, 1509, P. L.,t. CLiii ; in-4°, Montreuil-sur-Mer. 1892; Sermones, brûlés dans un des divers incendies de la Grande-Chartreuse, mais qui sont notés, dit dom Le Couteulx, dans un répertoire des manuscrits de ce monastère, rédigé au xv siècle. Migne, P. L., t. CLiii, a publié le Sermo decontemptu divitiarum comme étant de saint Bruno. Il aurait pu y ajouter les autres sermons que les bollandistes attribuent à saint Bruno chartreux, puisque Pierre Diacre ne les énumère pas parmi les œuvres de saint Bruno bénédictin. Deux lettres de saint Bruno adressées, l'une à Raoul Le Verd et l'autre aux frères de Chartreuse, sont dans les Arta sanctorum, au 6 octobre, et dans la plupart des vies de saint Bruno. De la lettre à Raoul Le Verd il ressort que le saint entretenait avec lui un commerce épistolaire,et il est possible qu'un jour on vienne à découvrir quelques-unes des lettres échangées entre eux. Notons, pour les chercheurs de documents inédits, le titre suivant relaté par Migne. Dictionnaire des manusmts, t. ii, col. 850, dapris Montfiiucon, catalogue de la bibliothèque Ambrosienne de .Milan : .S. Brunonis Carthusianoritra inslitutoris Vtla et Epistolx ad Badulphuni. On possède encore une élégie de saint Bruno, De contemptu mundi, en sept distiques, et la profession de foi qu'il fit avant de recevoir les derniers sacrements. En 1524, à Paris, en 1611 et en 1640, à Cologne, on publia les Opéra omnia de saint Bruno, en lui attribuant les sermons de son homonyme, saint Bruno d'Asti. Le P. Possevin, Apparatus sacer, dit que le fondateur chartreux avait laissé aussi un livre De laudibus vitxsolitariai qui se trouvait, ajoute-t-il, chez un chartreux de Venise. Il n'a pas été retrouvé. Nous pensons, avec les bollandistes, qu'il s'agit de la lettre à Raoul Le Verd. Il n'est pas exact de dire que saint Bruno soit l'auteur de la Préface de la très sainte Vierge.

La plus ancienne vie de saint Bnmo est une petite notice rédigée avant 1137 et publiée par le P. Labbe et par beaucoup d'autres auteui's depuis le xvil' siècle. Une autre vie, composée, selon les bollandistes, entre 1250 et 1314, est reproduite dans les Acta sanctorum au 6 octobre, sous le nom de VHn nntiquior.

CHARTREUX

En 1508, l'impiimeur parisien Bertholde Rembold fit paraître les •. ommentaires de saint Bruno sur les ÉpiUes de saint Paul, avec une vie de l'auteur écrite par un chartreux anonyme. En la même année 1508, un novice de la chartreuse de Venise composa une vie de saint Bruno en vers héroïques, et la dédia à dom François Dupuy, général de l'ordre. Le novice était le célèbre dom Zacharie-Benoit Ferreri, abbé bénédictin, sorti de l'ordre par décret du chapitre général de 1509, qui le restitua à son abbaye, et mort évêque de Guaidia et gouverneur de Faenza, en 1524. Son poème fut publié avec le titre : Sacri ordinis cartusiensis origo, Mantoue, 1509. Josse Badins le réimprima à la suite des Œuvres de saint Bruno, in-fol., Paris, 1524. Quinze ans après, en 15:j9, on l'ajouta aux Sermons capitulaires de dom Guillaume Bibauce (Biebuyck), petit in-4% Erfurt, mais en l'atti'ibuant, par erreur, à dom '.lu^-i lle^~. |iiirur delà chartreuse d'Erfurt, qui venait de mmiiir, l <.,./,, ,,./,, :/■ iirigine cartiisiani ordinis, in-4% Pai-is, 1551; l'Ai, liini Milrmcnt, in-4% Paris, 1578; texte latin avec trad. en \(.i* |j.iii.:ii-, par dom François Jary, in-4% Paris, 1578; tiad. fran.;. de lU.m Jary, in-4% Gap, 1838. Le Mire note une édition de 1574 sans autre indication. Une autre édition aurait paru, în-fol., Paris, 1717. Le texte de ce poème, ajouté par dom Théodore Petrejus à son édition des (Kuvres de saint Bruno, Cologne, 1611, 1640, et dans P. L., t. CLiiI, n'est pas intégral. Dom Théodore a eu tort de le mutiler, de le corriger et d'y insérer des vers d'un autre poète. -Morozzo, Tromby et plusiem-s autres auteurs, n'ayant pas fait attention à ces modifications, ont prétendu que le poème de dom Zacharie-Benoit Ferreri était différent de celui de dom Josse Hess. C'est une erreur que manifeste la compai-aison des deux textes imprimés. La poésie de Sébastien Brant : Divi Briinoiiis vitx inslitudo et (le laiulc et exoiiiatione ordinis car-

tusiri,!<: (", , , ., >,,,//,,, , ^0 trouve dans ses Opéra, in-8%

Baie, 1 i - Il : i: ' l iLue, -IbW, elc. De origine car-

tutihn.j i: - // , > nrani Helvetii, poetse laureati

ceriti, II. 'irun. ...,.-. ■; !'■ li'bribusdetransitudivi Brti-

nonis... Heiu' i i-i Bernensia carir.en plialeu-

cium endcc(/^;f i ' rii ,a la suite de la vie de saint

Bruno compos. , | , i , i i ..i~ Dupuy, Bi'ae,1515. Il y ades réimpressions île >.- i-i-i.- \ir de saint Bruno composée, en forme de di;ûogue, par dom fie-rre Dorland (f 1507). C'est lel. I de sa Curona cartumana, publiée, Cologne, 1608, sous le titre de CUronicon cartitsiense avec des notes de l'éditeur, dom Théodore Petrejus. En plusieurs détails, cette vie diffère de la Vita antiquior éditée par les bollandistes. Nous croyons que dom Lam-ent Surius y ajouta les particularités sur les miracles opérés auprès du tombeau de saint Bruno, en Calabre, de même qu'il y a ajouté certainement le miracle de 1544. La Vita beati Brunoni^ r-},>>; i}—':::irnris 07'dini3 carthusiensium, par dom Fran< « i- I' ' irimée à Bàle avec neuf gra-

vures xylogra|ili. 1 i .j l'il, selon Hain, /îepe»-(onMm,

n. 4O10; Panzer, 1. . ~ i i Jnl, n. 318; Ch. Fôrster, Catalogue de la'Bibi. i.t m oh- i,t Duxheim, p. 162-163, n. 2995 a. Mais l'auteur, parlant de la concession du culte de saint Bruno faite en 1514 pai- Léon X, son ouvrage a dû paraître en 1515 ou un peu après. Cf. Acta sanclorum, 6 octobre. Acta S. Brnn..

des Opei'rt de saint Bruim, n-i ' l'i' l'Ji !■- 1 •:.'■ • ■■•■l'ont réimprimée avec Je- i , ,.

au 6 octobre; les .Iclo f.'. ^ ,..-.. - . i ,.,....--- i, , . ; ,. t. CLii. Divi Brunonis, ca, ilut^t,.„.-,ii, u< i.,..,i /.i/.da.'v./ u.* i.,ioi vita, in-8% s. 1. n. d., imprimée à la chartreuse de Cologne, peutêtre par Jean Landen, en 1515 ou un peu après; l'auteur est dom Pierre Blœmenvenna, prieui- de cette chartreuse ; il s'est servi beaucoup de la Vita publiée pai" dom François Dupuy. La Vita terlia, annotée par les bollandistes, est de dom Laurent Siurius, qui la compila d'après les vies de dom François Dupuy et de dom Pierre Blœmenvenna. Ce travail a été utilisé par beaucoup d'abréviateurs, éditeurs ou auteurs de vies de saint Biimo. On la ti-ouve dans toutes les collections de vies des saints, en toutes les langues. Dom Théodore Petrejus l'a mise en tète de ses deux éditions des Œuvres de saint Bruno, Cologne, 1611, 1640. Dom Gérard Éloy, vicaire de la chartreuse de Bruxelles, qui avait habité à la chai'treuse de Calabre, recueillit beaucoup de documents inédits, réimprima la Vita compilée par Surius et y ajouta ses notes, ses documents et d'autres notices intéressantes : Vita S. Brunonis cartusiensium institutoris primi commentario iUustrata, in-8% Bruxelles, 1639. Les bollandistes, Tromby et bien d'autres biographes de saint Bruno, et les historiens de l'ordre, ont profité largement des documents publiés par dom Gérard Éloy. Ce dernier s'étant caché sous le pseudonyme de G. Surianus, cette signature a induit en erreur plusieurs bibliographes qui ont distingué Surianus et dom G. Éloy. Une traduction française de la vie de saint Bruno de dom Laurent Surius, faite par un religieux de la Grande-Chartreuse, a été publiée en

1888, à Lyon. Selon la Biographie universelle de Michaud, 2* édit., t. VII, p. 150, dom Jean de Castagniza, bénédictin, mort en 1578, fit imprimer une vie de saint Bruno en espagnol, dont il n'était pas l'auteur. Dom Jean de Madariaga, chartreux espagnol (f 1620). Vida del serafico P. S. Bruno, patriarca de la Cartuxa, con el origen y costumbres desta sagrada religion, in-4% Valence, ,1596. Dom Joseph Meleagro Pentimalli, charu-eux (?) calabrais (f vers 1622), fit graver sur acier une vie de saint Bruno, en vingt images in-4', Rome, 1621, 1622. C'est pour expliquer ses gravures qu'il composa aussi l'abrégé suivant : Vita del gran patriarca S, Bruno cartusiano dal Surio, et allri autori latini con diligenza descritti, in-12, Rome, 1621 ; 2- édit. revue et augmentée, Rome, 1622. La vie, mort et miracles du très illustre saint Bruno... poème kéroique,psir Jacques Corbin, avocat, in-i% Paris, 1642; in-fol., Poitiers, 1647. L'histoire sacrée de l'ordre des chartreux et du très illustre sainct Bruno... et la mesme histoire en un poème hérdique, in-4% Paris, 1653, 1655 ou 1656. L'histoire sacrée... avec une préface qui contient la preuve des trois résurrections du damné, qui ont causé la naissance de l'ordre sacré des chartreux, in-4% Paris, 1659. Trinitas patriarcharum. S. Bruno stylita mysticus... Dictio Iriple.r, du P. Théophile Raynaud, S. J., in-8% Lyon, 1647, et Oji.v „ in V liavn, mil, in-fol., Lyon, 1665, t. IX. Dom Jacques Desidei I ~ t ,i n .nx romain (f 1660), Vito'dî S. Bruno, in-4% Il i U ;.,... corretta ed an-

notata da un padn- ; i- ri-16, Monza, 1888.

DomPirii.' M,,ll,,ii'-, ,i,,,ii|. , I ... , hTi. II. I T rrii.Deughden. V, ' ' .; : / , ,,,, l'ntriarch

Brioi. . ■ -- \> ■ h - , : i >. M , . , „ilavita

soliUi,,.. ■ '..r , , ,,. ,., ..... /., , , •., ,., .,, ,„,«,; de(

grande nmcsir.i uctiU eyuu cartusKiia, Jiriitiune. m-4% Bologne, 1674. Dom Marien Tonini, chartreux de i'iorence (-j- 1746), a laissé manuscrite une vie latine de saint Bruno. Diffère-t-elle de cet auti-e ouvrape du mi^me autcm- : Elogium hisloricum de vita S. Brunoni.^ i,-! 1 l'I r n. , . 1725? Vita di S. Brunone, par un P. de la 1 i <- tj Venise, 1728. Hercule-Marie

Zanotti, de Belcvi -^ > Hrunone, patriarca, in-8«,

Bologne,'1741, deUh . .i i;.i. \l\ [lar le prieur et la communauté de la chartreuse de Hulognr. l.e 1'. de fracy. Vie lie saint Bruno.. avec diverses remarques sur te même ordre, in-12, Paris, 1785. Dom Emmanuel du Creux, chartreux (f 1821), Vie de saint Bruno, in-12, Rouen. 1812. Berseaux, L'ordre des chartreux

■riH-, in-8% Nancy, 1868: cet ouvrage • /' '. dont il existe deux tirages à I III I lenys-Marie Tappert, char- . ' ,' liruno, Stifter der Karthauur-, lhj2; abbé F.-A. Lefebvre, Saint Ireux, 2 in-8% Paris, 1883; Paul Ca- .e, in-8% Turin, 1886; un religieux de de saint Bruno, in-8», Montreuil-suralenti, San Bruno y la orden de los 3% Valence, 1899; Hermann

et la chartreuse il.- /'i comprend une Vj ' part, in-16, Nain \ . i • treux allemand . -\- 1 - sec-On'.-i!- 'n--- i Brun.. . ' ' I.

pelki, IV, I, -., /,, laGi-an.l. i i,.„.i-., . ,

Mer, ISite, Ju=cpl,-lj;liaC

cartujos... Bosqucjo h Lûbbel, Der Stifter der Carthduser-Ordens. Der heilige Bruno aus Koln. Eine Monographie, in-8% Munster, 1899; M. Gorse, S. Bruno, fondateur de l'ordre des chartreux. Son action et son œuvre, in-8% Paiis, 1902.

Les futurs biographes de saint Bruno consulteront encore avec profit : 1" les deux premiers vol. de la Sloria critico-cronologica diplomatica del patriarca san Brunone e del suo ordine cartusiano, Naples, 1773-1775, ainsi que les t. ix et x de la même histoire dans lesquels le chartreux calabrais dom Benoît Tromby (f 1788) raconte la découverte des reliques de saint Bruno, la restitution de la maison de Calabre à l'ordi-e ;des chartreux, l'autorisation du culte public à saint Bruno, etc. ; 2* l'ouvrage du même religieux : Risposta d'un anonimo certosino... alla scrittura per lo Regio Fisco data fuoridal Sig. Cavalière D. Francesco Vargas Macisucca, in-4% Naples, 1766; 3- les commentaires des bollandistes qui précèdent les trois vies de saint Bruno, Acta sanctorum, au 6 octobre. On y trouve souvent cité comme ouvrage d'un anonynje charti-eux les Annales de dom Charles Le Couteulx (f 1709), non selon le texte imprimé à Montreuil-sur- Mer, en 1887-1891, mais selon ime rédaction plus ancienne, dont une paitie seulement avait été publiée par dom Innocent Le Masson, in-fol., LaCorrerie, 1687. Ce volume ne fut pas livré au public, ni même à l'ordre ; aujourd'hm', il en reste deux exemplaires à la bibliothèque de Grenoble. Il contient la vie de saint Bruno et les annales de l'ordre jusqu'en 1117. Les chartreux de Paris communiquèrent aux bollandistes les 48 premières pages imprimées de la vie de saint Bruno et la copie manuscrite de la suite; 4' Annaies ordinis cartusiensis de dom Le Couteulx, 8 in-4% Montreuil-sur-Mer, 1887-1891.

Sur la controverse de la résurrection du docteur damné à Paris, on peut consulter, en outre de la plupart des ouvrages yré-

CHARTREUX

cedenti Jean de Launo\

De/ensa lomani breviatii c J r is seu de vera catisa

i 8 Pans 1646 1648 1662

i Fiancfort 1720 Cette dis

1689 se tiOu\e aussi dans le

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( il ent a ce sujet des opinions

d 11 < nt des boUandistes. Troinby,

s/ 1 les arguments d'un chartreux

n i I I I ^ nt (y 1680), pour attribuer ces

seiiii I l'suntBiuii lutifux Tromby et d'autres auteurs ont paitage le même aM^ Dom "Mutin Cianci, prieur de la chartreuse de Naples (, 1804) lit impiimer d-ms cette ville, en 1788, une lettre m-12 en fa\eur du même sentiment. Dom Maur Marchese, bénédictin du Wont-Cassm, publia, en 1649, à Rome, ime dissertation sur la vie et les œuvi es de saint Bnmo [d'Asti, dans laquelle il revendique pour cet illustre prélat les sermons publiés sous le nom du fondateur de la Chartreuse. Cette dissertation fut réimprimée en tète des Œuvres complètes de saint Bruno d'Asti, publiées à Venise, en 1651, par le R. P. abbé dom Louis Squadroni. Les auteurs de l'Histoire littéraire de la France et dom Ceillier ont adopté l'opinion de leurs confrères italiens.

Biui 3 Biuni des hcoles p es nouvel éditeui- des Œuvres de saint Biuno d Asti 2 in fol Rome, 1789-1791, mit fin à la contres erse et attribua définitivement à saint Bruno d'Asti la majeuie paitie des sermons discutés. P. L., t. clxiv, clxv.

Au wii et au ■v\ m siècle la chartreuse de Calabre. où mourut saint Bruno eut a soutenir des procès retentissants au sujet de ses droits spirituels et temporels, ecclésiastiques et civils. Les ] arties 1 tig euses publ rent des études fort intéressantes pour attaquer ou pom defcndi e les chartes du c mie Rogei en fa\ eur de sa nt Dr 11 le fi 1 „ de H r iiii niitp I itieuseetla lég I I ( ns im-

II Ru LE — 1» Textes et documents. — Saint Bruno n écrivit pas de règle p<irce qu'il n'avait pas l'intention de fonder un nou\eI ordre monastique. Mais les « obsenances lestuheres que nous suivons aujourd'hui », comme s exprime le chapitre général de 1497, ont été etil lies par lui au moins quant à leur substance el certainement selon son esprit. Le caractère spécial de 1 ordre des chartreux est qu'il a tiré parti des règles et constitutions des instituls monastiques fondés avant le M ipc! Tns s assujettir I aucun d'entre eux. Les charnl m dis babiliens, ni des augustins, ni des I mais leurs statuts contiennent des obser-

I s dans ces airinds ordres ainsi que dans toules les anciennes congrégations du moyen âge. Le \enerable dom Gui.,ues quatrième successeur de saint Bi uno dins le pnorat de Chartreuse, et rédacteur des ( outumet, de ce mon-islere, l'avoue : Consueludines domus nosti x set iptas mémorise mandare curavimus. 4 çruo negotio ralwnabilibus, ut putamus, de catisis diu dissimulai imus, videlicet quia vel in epislolis B Hieronymi, vel in legulaB. Benedicti seu in caeteits scriptutis aulhentitis, omnia pêne quse hic religiose ageie consueiimus continrri credebamus. Les observances des ermites de Chartreuse, établies et réj,kes par saint Biuno furent confirmées par lui dans les entretiens qu il eut en Calalire avec son ami et successeur le \enerable Landiiin, qui était allé le consulter afin d issurer la\enir de leur famille religieuse, i D après 1 expérience déjà faite, les Coutumes des ch-iitreux fuient alors sanctionnées, sans être encore ledigees sous forme de règle. » Vie de saint Bruno, Montreuil sur Mei 1898 p. 436. C'est en 1127, à la pneie de saint Hugues eveque de Grenoble, et de plusieurs superieuis des ermitages déjà établis sur le modèle de celui de Chartreuse, que le vénérable dom Guignes mit par écrit les observances de son monaslère; il les appela Cow/unies, pour montrer qu'il relatait simplement les usages pritiqués dès le commencement, et qu il n a\ait pas 1 intention de les imposer aux communautés des autres ermitages. D'après dom Le Couteulx, le travail de dom Guigues fut contrôlé, en 1136, par les prieurs de Portr":. do rtm-lion et de Meyrial. Ces trois personnages u^^i-ii i < ni ni-i, enlll42, au premier chapitre général Irriii III I liiiir.'iise, SOUS saint Anthelme, et, avec les aiilii - pii. uis ju-ésents, rédigèrent la première ordonnance, ilont voici la teneur : Primum itaque capitulorum hanc habet continentiam, ut divinuni Kcclesise officium prorsus per omnes domos uno ritu celebretur, et omnes consuetudines carlhusiensis domus, qux ad ipsam religionem pertinent, unimode liabeantur. Cette acceptation solennelle et unanime des observances de Chartreuse eut pour conséquence naturelle que, depuis cette époque, il y eut autant de chartreuses que d'ermitages bâtis selon la forme du monaslère dauphinois, soumis au chapitre général et gardant la même observance. Et pour qu'il n'y eût pas de con-

CHARTREUX

i\is\on dans la désignalion des monastères, le couvent lie Chartreuse fut appelé la Gvande-Chartreuse. C'est donc à juste litre que l'institut fondé par saint Bruno •porte le nom iVcrih-r '1rs thartreux, et que ses memlires sont appi'l'^^ ,7(,i, //■.»,,■.

Les Caulumcs .lu mij.imIiI.' dom Guigues sont réunies sous soixante-dix-neul' titres ou chapitres, et se terminent par un uiagnillque éloge de la vie solitaire. Elles peuvent se diviser en trois parties : la liturgie, \e gouvernement des moines ou religieux de chœur, et •celui des frères convers. La liturgie ou Vœuvre de Dieu, selon la remarque de dom Guéranger, /(îstidifions iitiirgiqiics, i" édit., t. I, p. 101, fiusant la principale occupation des moines, leur manière de célébrer l'oflice divin doit être Tobjet de règlements liturgiques spéciaux, qui, tout en demeurant en rapport avec les usages généraux de l'Église, représentent d'une manière parti- <;uliére les mœurs du cloître. Le bréviaire cartusien, tout €n conservant sa physionomie propre, s'accorde en beaucoup de points avec la liturgie bénédictine. Il fut approuvé par un bref de Sixte V, le 17 mars 1587. Quant au missel, il est à peu près conforme à l'ancien iriissel de Grenoble, pour les prières et les cérémonies du saint sacriQce. L'Église de Lyon a fourni aussi aux chartreux un certain nombre d'observances liturgiques d'une haute antiquité. Lorsque dom Innocent Le Masson sollicita du saint-siège une approbation, in forma specifica, des statuts, la S. C. des cardinaux spécialement délégués par Innocent XI à cet effet, renvoya à la S. C. des Rites l'examen des bibles, du missel et du bréviaire. Le cardinal Colloredo fut chargé de cet examen. Le fl novembre 1687, il donna par écrit son avis sur les •livres liturgiques des chartreux, et avant d'indiquer les corrections qu'il proposait, il disait : Adliibila diulurna diligentia déclara, quod mens (mea) est ut retentis cseteris, qux venerandie innituntur antiquilati ac conformia etiam prisco EcclesisR romanse usiii perspe.ri, cuni nova fiet editio breviarii anno 1643 et missalis anno i679 intpressoriim corrigantw. Le 22 du même mois, la S. C. des Rites approuva le vœu du cardinal Colloredo et permit de l'imprimer. Un autre décret de la même S. C., en date du 14 mars 186't, certifie que les corrections proposées en I(Î87 ont été exactement faites dans les éditions du bréviaire en 1757 et du missel en 1771. Des Coutumes du vénérable <Iom Guigues, il ne ressort pas d'une manière évidente que saint Bruno ait introduit le chant noté dans les •offices. La Méthode de plain-chant selon le rite et les tisnges cartusiens, publiée par ordre du chapitre gé- ■nérfJ, Avignon, 1868, p. 55, note a, dit à ce sujet : « Dans un voyage que fit, en 1850, à la Grande-Chartreuse, le R. P. Lambillotte, ce savant auteur avoua que nulle part le chant grégorien ne lui avait paru aussi bien conservé que dans les livres des chartreux; opinion qu'il a aussi émise dans ses ouvrages. L'on peut donc dire qu'il en est de notre chant comme de nos cérémonies, lesquelles ne diffèrent de celles généralement suivies aujourd'hui, que parce qu'elles n'ont point <;hangé, ce dont on peut se convaincre, en particulier, pour nos cérémonies de la sainte messe, par la lecture •de l'ouvrage du P. Lebrun sur cette matière. » Dans la même Méthode, p. 257, on a reproduit le texte de la révélation de sainte Brigitte. « Le chant de vos religieuses, dit Notre-Seigneur à la sainte, ne doit être ni traînant, ni saccadé, ni manquer d'ensemble; qu'il soit digne, grave, uniforme et plein d'humilité. Vos sœurs doivent imiter le chant des chartreux, qui respire beaucoup plus ■la suavité de l'àme, l'humilité et la dévotion qu'une certaine ostentation. »

Dom Guigues vit établir dans les ermitages fondés à l'instar de celui de Chartreuse ses Coutumes et le saint-siège approuver le genre de vie des enfants de saint 3runo. En effet, en 1133, Innocent II lui écrivait dans

DICT. DE THÉOL. CATIIOL

une bulle : Eapropler... adexemplar prsedecessorum, nostroruni f'elicis memorix Vrbani, Paschaiis, Caliccti et Honora, romanorum pontificum, laudantes et approbantes sanctas cotistitutiones vestras et consuetudiiws pro his omnibus, qui sequi debent cas et observare, ex nunc et usque ad finetii muinli i}r;i:senti décréta statitinius, etc. Cepenii:uii i ihiri.nniii" dr-; .ili-;ri-vanees dans les différents eriiiii.i. i^ '>ii ii'uni pi, p.-ir ellemême, l'ordre des chuii • i. m !i jun-iu iidence ecclésiasti(iue du xtr= siccl' . u ..u|ui iimiti^i: cartusien dépendait de l'évêque dipcésain. Dans 1 intérêt des nouveaux monastères vivant sous une même règle, il convenait de former une seule congrégation gouvernée par un supérieur général, et ayant, à des époques fixes, un chapitre général, dans lequel les représentants du corps entier pussent délibérer sur les affaires les plus importantes. Ce besoin fut .senti à cette époque. Mais la difficulté d'obtenir le consentement des évêques respectifs, et l'avalanche de neige et de terre qui, le 30 janvier 1132, détruisit le cloître de rh.-irtrrnse, mirent obstacle à la réalisation de ce viru ilu i .ml il. .I.hh ll\ii^iirs .1 .!.■

dom Hugues, son succ.'^m ■ ,..i. .ImI, ' .uni \iitli. In,.-,

prieur de Chartreus.' .I.- i -'t .. I IM nhi ,i nm'

première réunion de piiim- |h.iu n .[w. . I.:.. un lun lit l'acte d'abandon que son ivé(iue ferait du pouvoir de juridiction sur le monastère inhérent à sa charge et le consentement de sa communauté. Ce premier chapitre général se tint en Chartreuse, le 18 octobre 11V2. La maison de Calabre garda son autonomie, et on ne sait même pas si elle fut invitée à s'unir avec les ermitages d'outre-monts. Sur onze monastères fondés jusqu'en 1140 selon le modèle de Chartreuse, cinq prieurs seulement assistèrent à cette assemblée. L'année suivante, un second chapitre fut réuni, mais nous ignorons si les prieurs absents l'.inti '. pr. . . .1. nte y intervinrent. Quoiqu'il en soit, c'i--i u i lai du successeur

de saint Anthelme, .Liii I l. ; i luus les prieurs purent remplir les ci.iul - ihii.. «■.■s pour se soumettre à l'autorité du cliapilic yiniial et s'incorporer à l'ordre. En 1163, eut lieu, à l'ermitage de Chartreuse, la troisième assemblée, et l'on ilocida que le chapitre se réunirait ciiaque année, ot i|iu innt. •- I.-; maisons de l'ordre se soumettraient à ses .1. . i liu^ l'n' une bulle du 17 avril 1164, Alexandre III, m l. i. i.iMii^nage des évéques intéressés et à la pii.rr .!.• .Iiuti li.isile, confirma les décrets du chapitre gcnii':il. Le pape renouvela cette approbation, en 1177, et conféra audit chapitre la faculté d'instituer et de destituer les prieurs. A cette époque, l'ordre était gouverné par le successeur de dom Basile, dom Guigues, appelé l'Ange.

L'établissement du chapitre général a maintenu l'identité des observances dans toutes les maisons de l'ordre et leur union avec la Grande-Chartreuse, berceau et centre de la famille cartusienne. En 1259, le chapitre général décréta que l'on réunirait en un seul corps les Coutumes de dom Guigues 1" et les ordonnances faites par les chapitres généraux. Dom Riflier, prieur de Chartreuse depuis deux ans, se chargea de cette rédaction et compila les Anciens slatuls .n l.^s divisant en trois parties: office divin, gou m i m ni. ni il. s moines, gouvernement des convers, di- nih! i i il.- moniales.

Dans le premier chapitre g. u- i il | 1. par dom

Guillaume Raynaud, élu, en 1367, pL u ui iIl Cliartreu.se, le définitoii-e décréta de faire un nouveau recueil des ordonnances publiées depuis l'an 1259 suivant le plan et l'esprit des Anciens statttts de dom Riffier. C'était un grand service à rendre aux religieux, qui pouvaient ainsi comparer facilement les deux textes et voir d'un coup d'œil ce qu'il fallait retenir et ce qu'il fallait modifier ou retrancher. Dom Guillaume fit lui-même ce travail et l'intitula : Statuts nouveaux, pour les distinguer des Anciens statuts.

Dom François Dupuy, général de 1503 à 1521, se pro-

CHARTREUX

posa;

lise de la législation os généraux, réunis

eux par le plan et il le code cartusien.

iiiiprirner à Bàle, - Irois recueils des

ide faciliter aux membres de l'ordre la connaissance de leurs devoirs, et rédigea la Troisième compilation des statuts approuvée par les chapitres généraux de 1507, 1508 et 1509. Ainsi les Coutumes du vénérable dom Guigues faisaient toujours hi cartusienne, et les actes dos ohnpi

en trois reçu :;- i"i i ■ -| >i'ii' -n

la division il' i ; ; ' , v,;,i rn 1510, doiM I I I- - I".:-. in-folio, les (.'-"/". . ■ n - n-diii - t statuts.

La célébration du concile de Trente terminé en 1563, et la bulle de Paul IV prescrivant à tous les fidèles l'observance de ses décrets, à partir des calendes de mai 1564, obligèrent le chapitre général des chartreux à conformer les statuts de l'ordre avec la nouvelle discipline ecclésiastique. L'affaire était de la plus haute importance, et les difficultés de l'entreprise s'augmentaient par les terribles épreuves auxquelles furent soumises à cotte époque la Grande-Chartreuse et beaucoup de maisons d'Allemagne, de France, de Belgique et des Payslias par les guerres de religion. Néanmoins, dom Bernard garasse, général de l'ordre, confia à deux religieux éminents par leur vertu et leur doctrine le soin de revoir tous les statuts, de les fondre en un seul corps et de les mettre d'accord avec les décrets du concile. Dom Jean- Michel de Vesly, qui mourut général de l'ordre en 1600, fut chargé de rédiger la première partie du nouveau code cartusien, et dom Millesius Le .lars, autrefois recteur de l'Académie de Paris (f 1590), s'occupa de la deuxièmç partie, qui concerne spécialement les moines, et de la troisième, qui regarde les frères lais et les moniales. Au chapitre général de 1571, on présenta au déflnitoire une copie de la nouvelle rédaction. On trouvera dans l'ouvrage intitulé : La Grande-C/iartreiise par tin chartreux, 5« édit., Lyon, 1891, p. 113-116, le résumé des circonstances qui retardèrent, pendant près de onze années, l'approbation délinitive de cette oeuvre importante. Finalement, avec l'assentiment de Grégoire XIII, l'ordre fît imprimer la Nouvelle collection de ses statvts, 2 in-8", portant ces titres respectifs : Ordinariiini carttisiense, conlineiis noi-ss collectionis statutorum ejusdem ordinis partent primam, in qua de Jns tractanlur quae ad uniformcm modum ac ordineni divina celehrandi officia cum eisdcm cœremottiis in loto ordine cartusiensi faciiml. l'^triv. I.">S-2; in-16, Lyon, 1641; in-18, Grenoble, \i>i'<U - A""- ■> mllrriio statutorum ordinis cartiisiensis, ca 'l'i:' m l'iiin/nis et novis statutis ac tertia cotnpilalionc <?is/jf/sa et vonfusa habebantur compleclens, Paris, 1582. L'introduction et la conclusion de ce dernier volume sont de dom Bernard Garasse.

En 1681, dom Innocent Le Masson, général de l'ordre, avec l'approbation de Rome et du chapitre général, lit imprimer à la Correrie de la Grande-Chartreuse la 2« édition de la Noui-etle collection des statuts, en deux formats, petit in-4^ et in-S». Cette édition reproduisait celle de 1582 avec ces trois différences : 1» en marge de certains passages plus obscurs, le général avait ajouté des notes pour les éclaircir; 2" les ordonnances du chapitre général concernant tout l'ordre publiées depuis 1582 se trouvaient intercalées dans le texte, ou à la fin de chaque chapitre; 3" on avait adouci quelques expressions du chapitre De reprehensinnc, mais ce changement ne regardait pas l'observance. Cette édition ri'pondait à plusieurs vœux exprimés par le saint-siège, et elle fut reçue avec applaudissement dans toutes les provinces de l'ordre. Cependant, quelques religieux d'Espagne firent des réclamations contre les notes marginales et contre une ordonnance du chapitre général de 1679. L'affaire aurait pu être réglée par les supérieurs de l'ordre; mais la cour d'Espagne à Madrid et son ambassadeur à Rome, en raison de la rivalité qui animait alors les Espagnols contre les Français, s'emparèrent

du litige et suscitèrent à l'ordre une des plus terribles épreuves qu'il ait traversées. Dom Le Masson soumit l'affaire au pape et triompha de la politique espagnole. Innocent XI accueillit son recours et nomma une Congrégation spéciale de cardinaux pour l'examen des statuts, en vue de les approuver spécialement. Cet examen dura six années et les deux parties en litige furent admises à présenter leurs mémoires contradictoires. Finalement, le 27 mars 1688, Innocent XI, par sa bulle Injnnctuni Nohis, approuva l'édition publiée en 1681 à la Correrie et corrigée en quekptes endroits de moindre importance par la Congrégation spéciale qu'il avait constituée à cet effet. Dans cette bulle, le pape loua le zèle de dom Innocent Le Masson et répéta solennellement l'éloge de l'ordre : Cartiisia nitnquam reformata, quia nunquam deformata, en ces termes : Innocentius prior cartusise... ac definitores capituli generalis... aninio revolventes ineffabilem divines bonitatis altitudinem, quafactum est, ut idem ordo...singulari plane prserogaliva ad hoc îisque septimum a fundatione sua sxculum in suo primœvo inslituto absque ulla reformatioiiis necessilate perseveraverit. Un chartreux italien, dom Pierre Bandini (f 1797), rapporte que le même pape dit cjue si on lui présentait les preuves 'qu'un chartreux fut mort avec la réputation d'avoir toujours observé sa règle, il n'hésiterait pas à le canoniser. Cf. Dinbani, Vita del beato Pietro Petrorti, Senese, in-4», Venise, 1762, p. 115.

Dès que dom Innocent Le Masson eut communication de la bulle Tnjtinctum Nobis, et de la liste des corrections à faire dans l'édition de 1681, il fit imprimer des cartons [pour les coller sur le texte primitif, et en même temps, il voulut qu'une édition exacte parût à Rome à la typographie de la chambre apostolique, sous le titre suivant : iVoia collectio statutorum... a S. sede ajyostolica examinata, atque in forma specifica confirmata, 3'! édit., in-8o, Rome, 1688. Les éditions suivantes sont conformes à cette édition romaine, in-8», La Correrie, 1736; Montreuil-sur-Mer, 1879. La hnWeInjunctum Nobis, avec le texte des statuts, se trouve aussi dans le buUaire d'Innocent XI, Rome, 1734, t. viii, p. 448-518. Dom Innocent Le Masson fit traduire en langue vulgaire la III' partie des statuts, qui concerne les frères convers et les donnés. Il y eut des éditions française, italienne, espagnole, etc. il publia aussi les Statuts des moniales chartreuses tirez des statuts de l'ordre et de quelques ordonnances des chapitres généraux, in-8», La Correrie, 1690. Pendant que la Congrégation spéciale nommée par Innocent XI examinait les statuts, le célèbre abbé de Rancé, dont la ferveur, selon le cardinal Bona, ressemblait à de la fureur, publia un livre dans lequel il prétendait que l'ordre des chartreux était déchu de sa ferveur primitive. L'ouvrage paruten 1683, et, grâce aux jansénistes amis de l'auteur, il eut une grande vogue. Des raisons particulières obligèrent dom Le Masson à prémunir ses religieux français contre les assertions du critique. En 1689, il raconta en un volume, qui n'était pas destiné au public, toute la lutte qu'il dut soutenir pour la défense de l'ordre : E.rplications de quelques endroits dj!s anciens statuts de l'ordre des chartreux, avec des cclaircissemens donnez sxir le sujet d'un libelle qui a été composé contre l'ordre, et qui s'est divxdgué secrettement, in-4», La Correrie, s. d. Le volume, qui n'avait d'abord que 122 pages, fut complété pour répondre à plusieurs points de doctrine exposés par l'abbé de Rancé. Celui-ci en eut connaissance et il essaya de justifier ses assertions. Dans un autre travail, publié d'abord en 1687, sous le titre de t. i" des Annales de l'ordre, et ensuite, en 1703, sous celui de Disciplina ordinis cartusieiuis, dom Le Masson fit une réfutation indirecte, mais plus ample et plus calme des mêmes assertions du critique, sans que son nom fut jamais exprimé. Cette polémique a eïcité le zèle des biographes de l'abbé célèbre; mais.

CHARTREUX

II' yonoral des chartreux a pu aussi ses apologistes, par iM'inple un rédacteur des Mémoires de Trévoux, de jan- \i, r I70i. ft (loni Piolin, bénédictin de Solesmes, ISSS. j I ir^imii^ntinii ilc l'ordre. — L'ordre des chartreux, .1- |iiii^ I in-hiiiihiii ^iiilile du chapitre général et l'appro-

I III I., ni 1,1 s/in i/icade ses statuts par Innocent XI,

il iinsi organise: Le chapitre général est l'autorité

iipréme de la religion cartusienne. II s'assemble, i li,ii|iie année, à la Grande-Chartreuse, sous la présida iici' du prieur de ce monastère, qui, de droit et tou-

I - . -I ^. II, i.éI ili' l'ordre, chef du délinitoire et des

, l< . I, m- lin ,1, iiiiii.iire. Avec le prieur de Chartreuse, il \ ,1 hiiil ili liiiii'ur.s élus, chaque année, par six élec- I iii s. Un deliiiileiir ne peut remplir cette charge deux I unies de suite. La tenue du chapitre général dure i|n('l(|ues jours à peine, mais son autorité est univer- -. Ile. Le définitoire peut reprendre, condamner et iinine déposer le supérieur général. Tous les prieurs peuvent assister au chapitre général, et tous, à l'exemple ilu prieur de Chartreuse, demandent prosternés la miséricorde, c'est-à-dire l'absolution de leur charge. Les prieurs absents remplissent ce devoir par une lettre.

Pendant l'année, le prieur de Chartreuse a l'autorité et les pouvoirs du chapitre général. Il peut faire des ordonnances, instituer et destituer les prieurs et les autres officiers, déléguer des commissaires pour la visite des maisons et changer un religieux d'une chartreuse à une autre. Le général est assisté par dom scribe, qui est son secrétaire, son aide et son conseil, dans le gouvernement de l'ordre. A Rome, il y a un procureur général, qui représente l'ordre et traite avec les Congrégations romaines. Chaque année, le définitoire désigne les visiteurs et les convisiteurs de chaque province. La visite des maisons soumises à leur inspection a lieu tous les deux ans. Leurs propres maisons reçoivent la visite tous les quatre ans. La Grande-Chartreuse, maisonmère, est visitée tous les six ans par des commissaires nommés spécialement par le définitoire. Un visiteur ne fiiit pas la visite de la maison de son convisiteur, ni de celle où il a fait sa profession.

Une maison est régulière lorsqu'elle a un prieur, douze moines ou religieux de chœur au moins, et un nombre relatif de frères convers et de frères donnés. Dans chaque maison, il y a trois officiers principaux, le P. vicaire, le P. procureur et le P. sacristain. Si la maison a le noviciat du cloître, un religieux en est chargé avec le titre de P. niailre. Le noviciat des frères est souvent confié au P. procureur. Dans les maisons plus fréquentées par les étrangers, il y a un P. coadjuteur, dont les attributions sont réglées par le prieur. Les obédiences, c'est-à-dii-e les emplois des frères, sont l'objet principal de la sollicitude du P. procureur, qui est aussi l'économe du monastère.

Chez les chartreux on devient prieur d'une maison : 1» par élection faite par les profès du couvent, qui y résident au moment de la vacance; 2" par institution du chapitre général; 3" par institution du général de l'ordre faite pendant l'année. La communauté d'une maison ne peut élire son prieur que dans un de ces trois cas : 1» après la mort de son prieur; 2" après l'absolution ou déposition du prieur faite dans la visite, ou par les commissaires délégués à cet effet; 3° après l'abdication spontanée du prieur. Autrefois, le chapitre général après avoir fait niisérico)yie à un prieur, concédait souvent à la communauté le pouvoir d'élire son successeur. La Grande-Chartreuse a le droit d'élire prieur, tout prieur de n'importe quelle maison de l'ordre. Un prieur d'une chartreuse est inéligible dans toutes les autres maisons, excepté dans celle où il a fait profession. L'élection se fait au scrutin secret, après trois jours de jeûnes et de prières, à l'issue d'une messe solennelle du Saint-Esprit, chantée en présence de

toute la communauté. Deux confirmaleurs président à l'élection au nom de l'ordre. Pour être électeur, il faut être profès et résident de la maison, avoir fait les vœux solennels, et avoir reçu au moins le sous-diaconat. Une communauté ne peut procéder à l'élection de son prieur, que lorsqu'elle possède au moins quatre profès ayant fait leurs premiers vœux dans la maison.

Les moniales chartreuses, admises dans l'ordre vers Uiô, reçoivent du chapitre général un supérieur spirituel avec le titre de vicaire, qui a toujours avec lui un autre religieux de chœur, appelé coadjuteur, et un ou deux frères pour le service. Les communautés des moniales ont pour dignitaires la prieure, la sous-prieure, la celléricre et la maîtresse des novices. La prieure peut être élue par la communauté ou instituée par le chapitre général et le Père général.Tousles ans, la prieure envoie au chapitre général la demande de sa miséricorde. Dans le gouvernement de la maison, la prieure est souvent obligée de consulter le P. vicaire. Les moniales chartreuses de chœur reçoivent la consécration des vierges par l'évêque diocésain, suivant l'ancienne coutume et le rite de l'Église. Elles admettent des .sieurs converses, des sœurs données et des sœurs louriéres.

Dès son origine, l'ordre des chartreux n'usait jamais d'aliments gras par coutume qui, au chapitre général de 1254, devint une loi stricte, même pour les malades. L'ordre des chartreux est un ordre contemplatif, et partant nécessairement solitaire. Les statuts cartusiens imposent aux religieux la solitude qui les éloigne du monde, et le silence qui les sépare, en quelque sorte, de leurs confrères. Les pratiques de piété et de pénitence, prescrites par la règle, la méditation, la lecture spirituelle, l'office canonial chanté de jour et de nuit, la messe solennelle, sont les principaux moyens de sanctification communs aux chartreux et à tous les religieux qui mènent la vie contemplative. Il n'exagéra donc pas le pape Innocent II, lorsqu'il dit que la religion des chartreux est une religion angélique : angelica religio! Ce qui distingue les chartreux des autres ordres contemplatifs, c'est le juste partage entre les exercices de la vie érémitique et ceux de la vie cénobitique. Ce mélange des deux genres de vie des anciens Pères du désert caractérise le dessein principal de saint Bruno et donne la preuve de sa sagesse pratique. « Dans notre ordre, dit le pieux Lansperge, vous avez les deux vies érémitique et cénobitique, et l'une et l'autre tellement tempérée par le Saint-Esprit que tout ce qui, dans l'une ou dans l'autre, aurait pu vous être un danger, n'existe plus, et que l'on a seulement conservé et augmenté tout ce qui sert à votre avancement spirituel et votre perfection. » Encliiridion, c. XLix. Le chartreux est cénobite au chœur, au chapitre, au réfectoire, en récréation. En dehors de ces réunions, il est ermite, et, selon la remarque de dom Guignes, dans les Coutumes de Chartreuse, c. Lxxx, sa vie est modelée sur celle de .lésus-Christ au désert. La vie en cellule est le devoir capital du chartreux. «Il doit veiller, dit le statut, avec toute diligence et sollicitude à ne point se créer des nécessités, en dehors des observances réglées et communes, de sortir de cellule, mais plutôt de la considérer comme étant aussi nécessaire à son salut et à sa vie (intérieure), que l'eau est nécessaire aux poissons et la bergerie aux brebis. Plus il demeure en cellule, plus il l'aimera, pourvu qu'il s'y occupe avec ordre et utilité à la lecture, à l'écriture, à la psalmodie, à la prière, à la méditation, à la contemplation, au travail; tandis que s'il en sort .souvent, et par légèreté, elle lui deviendra bientôt insupportable ! » Part. II, c. xiv, n. 1. La diversité de ces exercices délasse l'esprit, entretient la santé du corps, fait aimer la solitude et facilite singulièrement la reprise des occupations spirituelles, objet principal de la vie d'un religieux. Nous parlerons spécialement plus loin de l'étude des chartreux. Quant au travail manuel, nous dirons avec M. l'abbé Lefebvre :

CHARTREUX

« L'enfant de saint Bruno est, selon ses goûts et ses aptitudes, tourneur, menuisier, sculpteur; ou bien encore, il cultive les fleurs de son parterre, enchaîne des grains de chapelet, fend ou scie du bois, et ainsi se rend utile, tout en se récréant. Aux jours de fête, ce travail doit être plus modéré. »

Outre les jeûnes ecclésiastiques communs à tous les (idèles, les chartreux ont des jeûnes particuliers, qu'ils appellent jeûnes d'ordre ou fixés par la règle. Les jours de jeune, ils ne font qu'un seul repas ; cependant, le soir, ils peuvent prendre, avec du vin, un morceau de pain de trois à quatre onces. Les jeûnes d'ordre commencent le 14 septembre et se poursuivent sans interruption jusqu'au carême. En dehors de ce temps, il y a jeûne d'ordre aussi une fois par semaine, le jour de Vabstinence, qui le plus souvent est le vendredi, et dans quelques autres jours de l'année. Cette abstinence consiste à manger du pain et de l'eau avec un peu de sel. Il faut une dispense spéciale du prieur pour en être exempté. Tous les vendredis de l'année, sans exception, il y a abstinence d'œufs et de laitage.

Les chartreux prennent leur repas ensemble, au réfectoire commun, le dimanche, les jours de fêtes avec chapitre, durant les octaves .de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, les jours d'enterrement et le jour d'installation d'un nouveau prieur. Au réfectoire, le silence est de rigueur, et pendant tout le repas, un religieux fait une lecture fixée par le P. vicaire, dans l'Écriture sainte, les homélies des Pères de l'Église, ou les sermons des anciens chartreux.

Le dimanche et les jours de fêtes de chapitre, en dehors du carême, il y a, entre none et vêpres, un colloque ou récréation commune, et, chaque semaine, les religieux sortent en « spaciment », c'est-à-dire en promenade sous la conduite du P. vicaire, et restent ensemble environ trois heures et demie.

L'habit des chartreux se compose d'une tunique ou robe longue en laine blanche, retenue à la taille par une ceinture de cuir blanc, à laquelle, du côté gauche, pend un chapelet de six dizaines. Sur la robe, ils portent une cuculle ou scapulaire de même couleur, aussi en laine, et cousu sous un capuchon, qui couvre leur tète pendant la psalmodie et leurs tournées dans le cloître. Leurs iuniceUes ou chemises, leurs has, cliaussons et petites calottes sont également en laine, ainsi que les draps de lit. Des chaussures en cuir complètent leur costume. En voyage, les n^oines ou religieux de chœur portent une chape et un chapeau noir, les frères convers ont une chape et un chapeau châtain, et les frères donnés n'ajoutent rien à leur habit ordinaire.

Guillaume de Saint-Thierry, au xii« siècle, écrivant aux Pères de la chartreuse du Mont-Dieu, fit cet éloge de leur genre de vie : AUissima est professio vestra, cselos transit, par angelis est, angelicse similis puritali. Aliorumest Deo servira, vestrum, udhxrere. AUolumest ûeum credere,scire, amare, revereri; vestrum est sapere, inteUigere, cognoscere, frui.

III. Histoire de l'ordre. — Nous avons vu précédemment l'origine de l'ordre des chartreux en résumant la vie de son fondateur; nous avons exposé aussi la formation successive de sa règle et son organisation. Il nous reste à le considérer dans son ensemble, à travers les huit siècles et plus de son existence. Nous nous bornerons à signaler sa propagation en Europe, les approbations qu'il a reçues de l'Église, les hommes illustres sortis de ses rangs, les faveurs que les rois, les princes et les grands lui ont accordées, et les épreuves auxquelles il a été soumis dans les persécutions générales des ordres religieux.

{"Propagation de l'ordre. — En Calabre, saint Bruno consentit à l'érection d'un monastère régulier, dédié à saint Etienne et dirigé par le B. Lanuin avec le titre de prieur. Cette maison fut construite à l'entrée du dé-

sert de Sainte-Marie de la Tour, résidence habituelle de saint Bruno, « maître de l'ermitage, » et de ses successeurs. Après la mort de saint Bruno, le monastère de Saint-Étienne devint une communauté exclusive de cénobites. Mais alors dut disparaître le petit couvent ou la II celle » de Saint-.Iacques de Montauro, situé à proximité de la mer Ionienne, établi aussi du vivant de saint Bruno par le B. Lanuin, avec l'approbation de Pascal II. C'était, pour ainsi dire, un lieu d'épreuve, où l'on examinait si les postulants devaient rejoindre les ermites de Sainte-Marie, ou les cénobites de Saint-Étienne. Quoi qu'il en soit, la chartreuse de Calabre, à l'exception d'une colonie de religieux envoyés à Casottes (Piémont), en 1171, pour y fonder une nouvelle maison indépendante, ne se propagea pas, et finit par se soumettre à l'ordre de Cîteaux vers H93. L'expansion de la religion cartusienne dérive donc tout entière de l'ermitage de Chartreuse. Depuis l'an 1115, où fut fondé l'ermitage de Portes, dans le Bugey, à l'instar de celui de Chartreuse, selon la liste chronologique publiée par M. Vallier, dans la Sigillographie de l'ordre des chartreiu; jusciu'k 1200, il y eut trente-sept fondations, dont deux étaient de moniales, Prébayon en ■1145 et Bertaud en 1188. Dans le siècle suivant, 1201-1300, surgirent trente-quatre maisons, dont douze étaient pour les moniales. Au xiv^ siècle, cent dix fondations vinrent agrandir la famille religieuse des chartreux; trois d'entre elles étaient des couvents de moniales. Quarante-cinq noms de chartreuses nouvelles, fondées au xv< siècle, allongent la liste des maisons de l'ordre. En 1503 et 1507, il y eut quatre fondations, mais deux d'une existence éphémère, et une. autre fut transférée, en 1511, à Grenade (Espagne). Le total des chartreuses fondées depuis 1115 jusqu'à 1507 monte à 230, dont 17 étaient des maisons de moniales. Cependant le catalogue officiel publié en 1510 ne donne que IW chartreuses divisées en dix-sept provinces. La suppression de 40 chartreuses environ doit être attribuée â une de ces trois causes : 1" plusieurs des maisons supprimées étaient transférées dans des endroits plus solitaires, plus salubres et plus convenables au genre de vie des chartreux; 2» quelquefois la dotation était insuffisante pour entretenir une communauté de treize moines, de plusieurs convers et des domestiques nécessaires; 3» dans d'autres cas, l'esprit d'indiscipline et d'opiniâtre rébellion au chapitre général déterminait l'ordre à retrancher du corps les membres récalcitrants. Cette dure nécessité est avérée pour quelques maisons de moniales. Ainsi, en 1510, l'ordre possédait sept monastères de religieuses; mais celui de Bertaud, incendié en 1448, n'existait plus que nominalement, puisque la communauté s'était réfugiée dans les propriétés de la chartreuse de Durbon [unita domui Durbonis), où elle demeura jusqu'au commencementdu XVII» siècle, époque à laquelle le chapitre général la fit incorporer à la chartreuse de Prémol.Enl495, le même chapitre dut se montrer sévère envers les moniales de Poleteins, et en 1605, l'ordre supprima le couvent et transféra ses professes à la maison de Salette. Depuis cette époque, le chapitre général refusa toute nouvelle fondation de chartreuses de moniales, même celle que lui proposa Anne d'Autriche, reine de France, et jusqu'à la grande Révolution l'ordre conserva seulement cinq de ces monastères : Prémol, Salette et Gosnay, en France, Mélan, dans la Savoie, et Bruges, en Belgique. En 1513, Léon X publia la bulle de restitution de la maison de Calabre aux chartreux. La reprise de possession eut lieu le 27 février 1514. Le protestantisme, le schisme d'Angleterre et les guerres de religion n'arrêtèrent pas seulement l'élan des généreux fondateurs et bienfaiteurs des monastères, ils firent encore disparaître, par l'usurpation légale et violente des biens, par le pillage, l'incendie et la destruction des bâtiments, un grand nombre de maisons. L'opuscule du chanoine Aubert Le

CHARTREUX

Mi 10, publié à Cologne, en 1609, sous le titre : Origines , inlnsiaiiiiruiii riwttasterioruni per orbem universum, (li.iirii 1( s nniii, lie cleux cents chartreuses, même de M 11 ! I I iriit plus. Trente ans plus tard, en li.;'.i, .i-ii i.r 1,11,1 i:ioy publia un autre catalogue des cli:irlieiisi's, i\u il ;iiinexa à ses commentaires de la vie de saint Bruno par Surius, mais il n'en compte que 22ii, tandis que la liste plus exacte de M. Vallier nous présente '257 nuisons |iisi|uà 1633 inclusivement. D'après cette liste, di'iiiii- IMI |ii-.'|u';'i 1667, il y eut trente-trois fondations ni. Il i luclre était parlagé en seize

provinces. >,iii I <i- il il de dom Innocent Le Masson, les ni:ii^iii! il' 1- |.i ... mer ili- ri-:ni.'i', qui pn •1510 étaient di',|:i ih l'i . : ■ i' 1 1 ... i, ...i! i .: - fui inl ili-

Sur-Loirc. I..i [Hiinh i ■' . .iiii|iivii.i|[ ili\ < h irliriK,.s. la seconde neuf. .\ii nionienl de la liiAulntion, il y avait dans les sept provinces de France soixante-huit maisons. Selon M. Taine, à cette époque, l'ordre comptait 1 444 religieux français. Kn 1776, par ordre du gouvernement espagnol, on fil le recensement des chartreux d'Espagne, et l'on trouva, dans 15 maisons, 299 Pères et 122 frères, donc au total ; 421 chartreux. La maison de Burgos ne figure pas dans ce recensement. Un siècle auparavant, dom Le Masson écrivait : « Actuellement, on compte environ 2500 religieux, 1300 convers ou donnés et 170 religieuses, ce qui donnerait une moyenne de douze Pères au plus et de huit à neuf frères dans chaque couvent. A Paris, Villeneuve-prés-d'Avignon, Naples, Pavie et dans cinq ou six autres de nos maisons, il y a une quarantaine de Pères; dans la plupart une douzaine ordinairement, et un certain nombre n'en ont que huit, neuf ou dix. » Annales ord. cart., t. i, p. 93.

Le xwiw siècle, léger et incrédule, ne comprit ni la grandeur de la vie contemplative ni son utilité pour la société. Aussi fut-il le siècle de la destruction de presque tous les monastères. L'ordre, sauvé miraculeusement de la tourmente révolutionnaire, a repris au xix« siècle une nouvelle vie. En 1900, les chartreux étaient environ sept cents religieux, et dans les trois monastères de moniales on comptait une centaine de religieuses. La France possédaitonze chartreuses, dont cinqavec noviciat ; l'Italie avait deux maisons rachetées par l'ordre, dont une avec noviciat, et trois autres chartreuses appartenant au fisc, mais confiées à la garde des religieux ; la catholique Espagne tolérait l'existence de deux maisons; l'Angleterre, la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche avaient chacune une colonie de chartreux.

2" Apjvobations de l'ordre par les souverains pontifes. — Nous avons déjà rapporté que le B. Urbain II s'intéressa au rétablissement de l'ermitage de Chartreuse, à l'érection d'un petit monastère à Rome, et donna plusieurs bulles en faveur de la maison de Calabre. Tous ses successeurs ont favorisé les enfants de saint Bruno. Le recueil de bulles imprimé à Bâle, en 1510, sous le titre : Privilégia ordinis cartiisiensis et multiplex confirinatio ejusdem, n'est pas le bullaire complet de l'ordre. Il ne renferme que 133 bulles d'un caractère général, et les archives du Vatican en conservent un très grand nombre d'autres concernant tant l'ordre entier que les maisons particulières. Presque toutes débutent par un éloge de la vie cartusienne. Nicolas V, qui connaissait de bien près les enfants de saint Bruno, le 25 juin 1454, en tète d'une bulle promulguée en faveur de la chartreuse de Mayence, loua solennellement l'ordre entier. Pie II, dans une bulle du mois d'août 1460, manifesta son affection particulière pour les chartreux.

Dans les temps modernes, Léon X restitua à l'ordre la chartreuse de Calabre et autorisa le culte de saint Bruno; Pie IV donna aux chartreux de Rome la permission de quitter le monastèi'e de Sainte-Croix-de-Jérusalem pour se fixer aux Thermes de Dioclétien, où il venait

de faire construire l'église de Sainte-Marie-des-Anges; saint Pie V étendit à l'ordre les privilèges accordés aux ordres mendiants; Sixte V approuva le bréviaire; Grégoire XIV, en 1591, confirma les privilèges des chartreux; il étendit le culte de saint Bruno à toute l'Église (1623) et renouvela le droit de jouir de tous les privilèges des religieux mendiants (1623); Clément X éleva le rang de l'office de saint Bruno et le rendit obligatoire dans toute l'Église; Innocent XI accorda la faculté d'absoudre des cas réservés de la bulle In cœna Doniini et les autres cas réservés au pape, approuva les statuts in forma specifica et ratifia l'approbation de la liturgie cartusienne donnée par la S. C. des Rites; Innocent XII renouvela, en 1698, la bulle de Jules II promulguée pour sauvegarder l'unité de l'ordre; Clément XI, ancien cardinal protecteur des chartreux, leur donna pour protecteur le cardinal Albani, son neveu, et fulmina une excommunication latœ sententix contre quiconque oserait manger de la viande dans l'enclos de leurs monastères (1712); Benoît XIII, en 1727, confirma tous les privilèges accordés à l'ordre; Clément XII, en 1737, exempta les chartreux de la visite de l'évêque respectif, lorsque dans les granges dépendantes des monastères on érigerait des oratoires; Benoît XIV autorisa le culte du B. Nicolas Albergati et, à cette occasion, déclara solennellement sa grande estime pour l'ordre des chartreux; en 1741, il avait agréé la dédicace de la vie de saint Bruno composée par le chanoine Zanotti; Pie VI gémit de la suppression arbitraire des chartreuses ordonnée par Joseph II et n'accorda qu'à contre-cœur celle des maisons de Fribourg, de Mayence et de la Valsainte; Pie VII fit rétablir les chartreuses de Rome et de Trisulti, dans les États pontificaux, et applaudit au retour des religieux de la Grande-Chartreuse; Léon XII, après avoir lu le Directoire des novices, s'écria : « Donnez-moi un chartreux qui a l'esprit de ce petit livre; et je le canoniserai sans demander d'autres preuves de sa sainteté; » Grégoire XVI, Pie IX et Léon XIII ont favorisé l'ordre et applaudi à son extension durant le xix' siècle.

3» Hommes illustres sortis de l'ordre des chartreux. — L'Église a autorisé le culte du B. Lanuin {f 1121), de saint Ayrald, évêque {f 1146), du B. Jean d'Kspagne (t 1160), de saint Anthelme, évêque (f 1178), du B. Guillaume Fenoglio, fiére convers (-;• \ers 12001, du B. Odon

(tl200), de sailli llii^ih -. . -.. ;- iJiin .\. -,,,iii \i-

thaud, évêqui- , Ijn'i .[:■ ■ 1. 1,' i ' i- nu. ....ii l.!iis,

delaBs'Béaiii.. , \-::>" .i ^.i- !.. - • , i ;-j'i , du B. Nicolas .Vll>ri^ali, cuduial ,.i • ■.■,■;"- ., Hi.;,, des dix-huit religieux anglais morts pour la primauté du pape sous Henri VIII. Le nombre de chartreux morts en odeur de sainteté est très grand. Cependant l'ordre s'est toujours montré difficile pour demander au saintsiège l'autorisation de les honorer d'un culte public. Selon la juste remarque de dom Pierre Dorland, répétée par Benoît XIV, il aime plutôt faire des saints que manifester au monde la sainteté de ses membres.

Plusieurs chartreux reçurent la pourpre romaine : dom Bernard, profés de la Grande-Chartreuse (f vers 1137), dom Jourdain, profès du Mont-Dieu (f 1154), dom Guillaume, évêque démissionnaire de Modène, profès de la Grande-Chartreuse (f 1251), le B. Nicolas Albergati (f 1443), dora Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu (f 1653). Pendant le grand schisme, Benoît XIII donna le chapeau cardinalice à dom Dominique Bonafede, en 1415, qui, plus tard, s'étant soumis à Martin V, renonça à sa dignité. La pourpre fut refusée par les généraux dom Jean Birelle (1361), dom Élizaire de Grimaurd de Grisac (f 1367), dom Guillaume Raynaud (f 1402) et dom François Maresme (f 1463). Nicolas V voulait introduire dans le sacré-collège son directeur dom Nicolas de Cortone, prieur de la chartreuse de Florence (f 1459), qui ne voulut jamais y consentir. Après la mort de .saint Pie V, on trouva dans ses papiers la liste des ecclésias-

CHARTREUX

tiques et des religieux qu'il se proposait de créer cardinaux; dom Laurent Surius, chartreux, et son ancien condisciple, le B. Pierre Canisius, jésuite, y étaient inscrits. Les généraux de l'ordre, dom Guillaume Raynaud et dom Antoine de Montgeffond, refusèrent le titre et la dignité d'abbé, que les papes Urbain V et Benoit XIII voulaient accorder au prieur de la Grande-Chartreuse à perpétuité.

Deux chartreux ont dignement porté le titre de patriarches : dom Antoine Suriano (f 1508), patriarche de Venise, et dom Antoine de Saint-Joseph de Castro (f 1814), patriarche de Lisbonne. A la fin du xvn« siècle (1681), Morozzo comptait soixante-six archevêques et évêques chartreux. On peut ajouter à ce nombre Alexandre de Montecatini, archevêque d'Avignon (f 1688), Raymond Rubi, évèque de Catane (f 1729), le patriarche de Lisbonne mentionné plus haut et Léon Niccolaï, évèque de Pistoie et Prato (f 1857). Dom Jean Rode, chartreux de Trêves {f 1439), fut élu abbé de Saint-Martin de la même ville par ordre de Martin V, et prit l'initiative de la réforme des bénédictins d'Allemagne, dite de Bursfeld, qui finit par réunir plus de 140 monastères. Dom Léonard Bonafede, chartreux de Florence, fut abbé commendataire de l'abbaye bénédictine de Saint-Thiébaut, en Toscane, hospitalier du grand hôpital de Sainte- Marie-Nouvelle de Florence, commandeur de l'hôpital du Saint-Esprit de Saxe, à Rome, ensuite évèque de Vesta, dans le royaume de Naples, et puis de Cortone (1529). Il avait été parrain de Catherine de Médicis, reine de France. Grégoire XIII, en 1583, fit commandeur de l'hôpital du Saint-Esprit de Saxe, à Rome, le chartreux dom Jean-Baptiste Ruino (f 1589). Depuis le XIF siècle jusqu'en 1845, le saint-siège a confié à des chartreux des légations, des missions importantes et des visites apostoliques des autres ordres religieux.

4» Faveurs des rois, des princes et des grands envers les chartreux. — Nous avons déjà signalé les faveurs accordées par les papes. Chaque province de l'ordre pourrait publier son bullaire aussi bien que le livre d'or de ses bienfaiteurs. Parmi les fondateurs de chai-treuses nous pouvons mentionner Innocent III, Jean XXII, Innocent VI, Grégoire XI, Clément VII (Robert de Genève), Sixte IV et Pie IV. Plusieurs cardinaux, beaucoup d'évéques et autres dignitaires ecclésiastiques ont fondé ou favorisé, par des secours pécuniaires, la fondation de maisons cartusiennes. Deux empereurs d'Allemagne, les dauphins de Vienne, les comtes et ducs de Savoie, les ducs de Bourgogne, de Bavière, de Bretagne, et souvent leurs épouses et leurs parentes, les rois d'Aragon, de Castille, d'Angleterre, d'Ecosse, de Hongrie, et surtout de France sont inscrits sur la liste des fondateurs. Souvent des comtes, des ducs, des nobles, voire même des bourgeois, entreprenaient la coiiteuse érection d'une chartreuse. Quelques maisons seulement (à peine sept ou huit), jusqu'au milieu du xvii» siècle, purent en fonder d'autres. Des personnes pieuses fondaicnl un rh.i: iiin\, c'est-à-dire donnaient les fonds nécessiniv- [njui lulii' >me cellule au cloître, et le religieux, qm 1 li.ilul.iii. . levait prier pour ses fondateurs. Les noms ou les armoiries des bienfaiteurs étaient gravés sur une pierre à l'entrée de la cellule ou peints sur verre et placés dans une des fenêtres.

La tenue régulière du chapitre général et l'exacte observance de ses dispositions exigeaient des revenus relativement considérables; des bienfaiteurs y pourvurent. Alphonse, roi d'Aragon, en 1185, et saint Louis, roi de France, en 1237, sont les premiers de la longue liste de ceux qui donnèrent des fonds pour le chapitre général. En 1719, le régent accorda à tout chartreux, français et étranger, se rendant au chapitre, ou montant en chartreuse à d'autres époques pour affaire de l'ordre, le privilège de passer, en tout lieu, sans avoir à payer aucune redevance, ainsi que le droit de soustraire à

toutes visites les sacs de voyage, malles et valises. Les personnes qui accompagnaient les chartreux jouissaient du même privilège. Cette concession était la suite de beaucoup d'autres faveurs accordées par les rois de France à l'ordre des chartreux. Saint Louis offrit à la Grande-Chartreuse une des épines de la sainte couronne une relique insigne de la vraie croix et de magnifiques tentures en velours rouge qui disparurent en 1791 après avoir été arrachées aux flammes de huit incendies. En 1370, Charles V fonda à la Grande-Chartreuse la chapelle dite d'abord royale, et ensuite de Saint-Louis. On y célébrait tous les jours une messe pour le roi, la reine, le dauphin et le peuple français. Louis XIII dépensa 30 000 livres pour la restauration de celte chapelle, et Louis XIV le fit refaire après l'incendie de 1676. Déjà en 1663, « pour obliger davantage lesdits religieux à continuer leurs prières pour notre prospérité et bien de notre État, » comme il s'exprimait dans ses lettres patentes, le grand roi renouvela tous les privilèges et concessions accordés à l'ordre par ses prédécesseurs. Les princesses de la maison de France, qui devenaient reines de pays étrangers, favorisaient les chartreux. Au xvii« siècle, Christine de Bourbon, fille de Henri IV et veuve de Victor-Amédée, fonda la chartreuse de Collegno, près de Turin, et Marie-Louise d'Orléans, femme de Charles II, roi d'Espagne, appelée dans l'ordre « notre mère prieure », fit vœu, avec le roi son époux, de promouvoir l'exacte observance des statuts dans les maisons d'Espagne afin d'attirer les bénédictions du ciel sur la famille royale^.

5» Epreuves de Vordre des chartreux dans les persécutions générales des ordres religieux. — Un ordre religieux, qui compte plus de huit siècles d'existence, a nécessairement subi bien des épreuves. Au i" siècle de l'ordre, les chartreux eurent à souffrir à cause des schismes causés par les antipapes. Le premier martyr, le vénérable Landuin, périt victime de son attachement et de son obéissance au légitime pasteur de l'Église. Pendant le grand schisme d'Occident, deux chartreux italiens, délégués de Boniface IX auprès du roi de France, furent faits prisonniers par Clément VII (Robert de Genève), et ne furent remis eh liberté que par l'intervention de l'université de Paris et de Charles VI.

Au xv» siècle, les chartreux de Bohême furent massacrés par les hussites, mais le xvi« siècle est le siècle des martyrs cliartreux. En Styrie et en Autriche, les hérétiques (1.521) et les Turcs (1529) font les premières victimes. En Angleterre, Henri VIII fit mourir de diverses manières dix-huit fils de saint Bruno. En Hollande, à Ruremonde, et en France, les protestants, luthériens, huguenots ou gueux, détruisirent les monastères et massacrèrent les religieux. Au xvii« siècle, le sang cartusien fut aussi versé dans la Dordogne, en France, par les huguenots, et dans la Stjrie par les musulmans.

Le xviii= siècle fut fécond en dissensions, en scissions et en ruines. D'abord, l'ordre dut sévir avec énergie contre un certain nombre de religieux de la province de France-sur-Seine imbus des doctrines jansénistes. et rebelles aux bulles des papes et aux lois de l'État. Plusieurs s'évadèrent de leurs monastères, sortirent de France et se réfugièrent à Utrecht, en Hollande, où ils prétendaient vivre en communauté régulière en attendant les décisions du futur concile, auquel ils avaient fait appel. Le général s'eflorça de les faire rentrer sous l'obéisssance de l'Église et de l'ordre; quelques-uns, revinrent au devoir, mais la plupart, circonvenus par la secte, demeurèrent dans l'apostasie. Une autre épreuve vint afiliger l'ordre dans la seconde moitié du xviif siècle. Les parlements français, animés de l'esprit gallican et janséniste, voulurent réformer les ordres religieux, sans mandat du saint-siège, et firent instituer une commission à cet effet. Le chapitre général de 1772 prit une résolution qui, tout en préservant les chartreuses de

CHARTREUX

France de la visite de la commission, ne put cependant pas préserver l'ordre de plusieurs dispositions, prises par le roi, mais contraires aux saints canons. Il adressa une supplique à Louis XV, le priant de confirmer de son autorité les statuts approuvés, en 1688, par Innocent XI. Le roi, « de l'avis de son conseil, » confirma et autorisa l'observance des statuts, mais avec ces restrictions : 1» Qu'il ne serait infligé aucune peine aux religieux qui auraient des causes légitimes de se pourvoir dans les tribunaux ordiniii. -, ; 2 .|iir les moniales ne pourraient faire profcs^mn qu .i dix huil ans accomplis; 3» que les statuts ne «i i ni ni .nvix/s dan.s les autres maisons qu'avec une coiiii- 'Ils Iriircs patentes et l'arrêt du parlement; i" qu'on ne notifierait les statuts aux religieux qu'avec ledit arrêt.

Vers la même époque, un esprit schismatique se répandit parmi toutes les nations catholiques. Cliacune voulait avoir son Église propre, ses ordres religieux particuliers, gouvernés par des supérieurs du même paj-s, absolument indépendants de toute autorité étrangère. Après bien des tracasseries et des débats, les deux provinces d'Espagne furent érigées en congrégation autonome par Pie YI (1784). [La cour de Naples publia, le 1" septembre 1788, un décret qui réunissait en un seul corps les chartreuses napolitaines, leur défendant toute dépendance et toute communication avec le général et le cliapitre de l'ordre. Ce décret n'avait aucune approbation du saint-siège, parce qu'à cette époque, les relations diplomatiques entre Rome et Naples étaient interrompues. Il n'y a aucune preuve que. dans la suite, le pape l'ait explicitenii'iit mnlinrH' I ^ s.'rr'niï-imr r/pnblique de Venise cl 1' :t i • i > i M , i > i ■ i les chartreuses de Inii , I i \: n- i .h . h pape et, sous le pri't.>\'. ^i .i n J- - i-hh- |.. ir i.tllir des collèges et propager rinslruclion iniMiiiue, un obtint la fermeture des maisons cartusiennes et l'aliénation de leurs biens. En Toscane, le grand-duc supprima, en 1783, la chartreuse de Maggiani, et en 1788, celle de Pontiniani. Les autres chartreuses de ce petit État furent soumises aux lois vexatoires dites léopoldines. Au début de la Révolution, le chapitre général n'avait plus d'autorité que sur les 68 maisons de France, qui comptaient 1144 religieux, sur les deux chartreuses du Portugal, sur celles de la Savoie et du Piémont, ainsi que celles des divers cantons de la Suisse et des États pontificaux. Les décrets de l'Assemblée nationale détruisirent les monastères de France, et les armées françaises parcourant l'Europe achevèrent la ruine presque totale de l'ordre. Au jour de la dispersion, on comptait à la Grande-Chartreuse (et dans ses succursales de Currière et Chalais) 34 Pères.

Pendant la tourmente révolutionnaire beaucoup de chartreux furent emprisonnés pour la foi, plusieurs montèrent à l'échafaud, ainsi que la Mère prieure des moniales de Gosnay,' Françoise-Marie Briois, décapitée à Arras le 27 juin 1794; beaucoup d'autres périrent de souffrances et de misère dans les prisons ou sur les pontons; quelques autres furent déportés. Dans la Grande vie des saints de Collin de Plancy et de l'abbé Daras, on a inséré, les noms de 29 chartreux au martyrologe de la Révolution française. Mais il y a erreur au sujet de dom Pierre Capelle, chartreux de Vauclaire, condamné à mort par le tribunal de Périgueux. Ce religieux ne fut pas exécuté, et rentra à la Grande-Chartreuse, où il était sacristain en 1822. M. l'abbé Lefebvre a reproduit cette erreur. Sa liste des chartreux martyrs et confesseurs de la foi à cette époque contient 50 noms parmi lesquels figurent deux frères et la Vén. Mère Briois.

Durant les premières années du xix"ï siècle, Napoléon et les rois créés par lui supprimèrent presque toutes les maisons de l'ordre. La Restauration favorisa les chartreux. Louis XVIII, sans restituer à l'ordre la propriété

avaient confessé leur prisons et sur les pon-

peniiii'ent le rétul royaume des Deux

du monastère de Chartreuse, permit néanmoins au R. P. vicaire général d'y demeurer avec sa communauté (27 avril 1816). La rentrée des solitaires eut lieu le 8 juillet aux acclamations des populations voisines. Dans la foule enthousiaste, il y avait un enfant de Saint-Pierre d'Entremont, nommé Chàtel, qui, 87 ans après, le 29 avril 1903, assista à l'expulsion des religieux de la Grande-Chartreuse. A la lin de l'année 1816, la nouvelle communauté de Chartreuse comptait seize religieux de clid m il rit |.

foi devant lc> lui

tons. Bienlui ' ' liilreuse, ayant trouvé des

l'essources iiiL-puiL,;, pui admettre gratuitement des postulants el, aprè.s le.s a\uir formés, les envoya successivement dans les chartreuses qu'elle rachetait à mesure que s'accroissait le noniljie des sujets. Elle fournil aux

maisons nouMlIrs i.- -i,|ii'i i. ui',., m m.' iiuii--, qui-

l'argent nécrs-jM r |,,,,i ! ,, -hini, 'i , >'.. Il

en résulta rmiili ■! ■ |.i i: i|iii i r'-n. ,i ,,, ,,,, ^

de diverses n.iiiuji- I. - i mi,cmi-,|,i|, r,ji,. !■.- uii- !•,■ saint-siège et les princes ilalie:

sèment de deux maisons dans '.

ciles avec la subordination au chapitre général de Chai treuse, ainsi que de deux autres en Toscane. Pie Vil rétablit la chartreuse de Trisulti, et lui confia l'administration de celle de Rome. Sous Léon XII, Trisulti fut aussi chargé de l'ancienne abbaye de Fossanova, où mourut saint Thomas d'Aquin, et pendant quelques années il y eut une petite communauté. Après 1830, Charles-Albert rappela les chartreux à Collcgno, toléra I' l,.Ml>x( iiiirit de quelques religieux dans l'ancien cou- I ! Il lu lin de Saint-Julien d'Albaro, près de Gênes l> 1 1 1^ 1 J il autorisa le rachat de la chartreuse du Repi II II IIS la Savoie (1844), par la Grande-Chartreuse. En 1843, 1 empereur d'Autriche confia à l'ordre la célèbre chartreuse de Pavie. Tandis que l'ordre progressait en France et en Italie, la Révolution triomphante supprimait les maisons du Poilii,il is:'") pii i., ii.nl. toujours été soumises au R. I' ' u. i il In i m i.' année le gouvernement espa^ III 1 li i i m ' ni ition cartusienne et s'emparait il -. , Im n-. I i^ imm^iiis qui existaient encore en Suisse fimnt aii^si siippriim-es (1847). En 1854, le Piémont ferma la chartreuse de Collegno (Turin) et celle du Reposoir, en Savoie. Les succès de la maison de Savoie en Italie aboutirent à la loi de suppression de tous les couvents du nouveau royaume (186i8), loi qui, en 1873, fut étendue aux maisons religieuses des États pontificaux. Le Kidturkampf aMemand ferma, en 1873, la chartreuse de Hain, près de Dùsseldorf, dans la Prusse rhénane. Cette maison n'avait que quatre années d'existence. Cependant, la Grande-Chartreuse se dilatait en France et envoyait des colonies à Mougères, ancien couvent de [dominicains, prés de Caux (Hérault), en 1825. Dix ans plus tard, elle rachetait les chartreuses de Bosserville, près de Nancy, et de Valbonne, dans le Gard. En 1843, on put entreprendre la restauration de la chartreuse de Montrieux (Var); puis on acquit Portes (Ain), en 1855, et Vauclaire, eu 1858. Les moniales chartreuses possédaient à cette époque les maisons de Beauregard (Isère) et de la Bastide Saint- Pierre (Tarn-et-Garonne). Sous le généralat de dom Charles-Marie Saisson (1863-1877), l'ordre racheta les anciennes maisons du Reposoir (Haute-Savoie), de Sélignac (Ain), de Notre-Dame-des-Prés (Pas-de-Calais) et de Glandier (Corrèze). Les moniales eurent une autre maison à Notre-Dame-du-Gard, dans la Somme, et l'on commença) à établir des monastères à l'étranger. Ainsi, aux frais de la Grande-Chartreuse, -en racheta la Valsainte (Suisse) et Montealegre (Espagne) et on fit l'acquisition de Parkminster (Angleterre) et de Haïn (Allemagne). Le général dom Anselme-Marie Bruniaux eut la joie de recevoir la chartreuse de Miraflorès, près de Burgos, offerte à l'ordre par l'archevêque de cette ville

CHARTREUX

et par les derniers religieux de l'ancienne congrégation espagnole (1880). Les maisons d'Italie, confisquées par le gouvernement, ne pouvant plus recevoir de sujets, le même général raclieta la cliartreuse de Vedana, près de Belluno, et y établit un noviciat selon l'observance de Cliartreuse (1882). Le i 1 avril 1887, les chartreux de Ca- Jabre firent un contrat d'échange avec la commune de Serra-San-Bruno, et rentrèrent ainsi en possession de l'ancienne maison des Saints-Étienne-et-Bruno, où se conservent les reliques du fondateur et de son compagnon, le B. Lanuin. En 1890, les chartreux allemands fin-ent autorisés à rentrer dans la chartreuse de llaïn fermée pendant le Kulturkampf. En 1900, l'ordre était partagé en trois provinces et comptait environ 700 religieux et une centaine de moniales.

Maintenant la France, qui. pendant des siècles, a donné le plus grand uun ' : .1' ir'' ni- à saint Bruno, a fermé pour la secoi; ! i 1 Miits. et a obligé

les chartreux à vivre m In , i tlp loi du 1" juil-

let 1901, dix chartreu.sf- il n! 411,1 i avec noviciat, disparurent. Mais de nouvelles maisons surgirent à l'étranger. Sans parler des maisons dites de refuge, où les communautés chassées durent se fixer jusqu'au jour où elles ])niirrnnts',-t:il,lirp---;Ii.'n-nrii; dnii-- ri,- vrrilnlilrï cliarhrii^r-, l'di ih ,■ 11,1 :l , , |.. i iii li.ili. Il ,.i-

dana, prés de Belluno, ;iussi avec noviciat, Serra-San- Bruno, en Calabre. Il \ a, en Italie, trois chartreuses déclarées « monuments nationaux »,où le gouvernement permet à un certain nombre de religieux de demeurer à titre de gardiens; ce sont les chartreuses de Florence, de Pise et de Trisulti (province.de Rome). Deux anciens couvents du Piémont sont habités par des moniales sorties de France. 11 y a trois chartreuses en Espagne, une en Angleterre, deux en Belgique, une en Allemagne, une autre en Autriche et une dernière dans le canton de Fribourg en Suisse, où l'ordre, en 1903 et 1904, avec le consentement du saint-siège, a tenu son chapitre général.

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UQ elgeux de la cl a treu e de %edana (Belluno), in-16, Lecco 1902 — D Beno t T 0 0) profes de la chartreuse de Calab e (f 1788), H sposta d un anonimo ceitoswo... alla ecrillwa per lo regio fîsco data fuori dal sig. cavalière

D. Francesco Vargas Macciucca... colla quale si asserisca falsi quel diplomi delta medesima (certosa), che si difendono, e mostrano veri colla Storia critica e diplomatica^ in-4-, Naples, 1766. — Storia critico-cronologica diplomatica del patriarca S. Brunone e del suo ordine cartusiano... conipilata dal P. D. Benedetto Tromby, 10 in-fol., Naples,. 1773-1779. — D. Pétri Dorlandi, Diestensis cartusiœ prioris doctissimi, Chronicon cartusiense... ante annos quidem centum ab auctore conscriptum, nunc [antem primo e latebris erutuni, ac selectarum quarumdam adjectione notarum illustratum, publicoque bonopromulgatum, studio F. Théodori Petrœi, carlusise Coloniensis alumni, in-8", Cologne, 1608; trad. frano. par <i Maistre Adrien Driscart, pasteur de Notre-Dame en Tournay », in-8-. Tournai, 1644. — Opusculum Arnoldi B'^otii r-nrmi^Utœ Gandensis, de prsecipuis aliquot: carlu^iiii' r !-■■■ , ,. i''ri\,)ts...etenebris erutum studio ac labore l / ''//•('), carlusise Coloniensis alumni,

in-8', i;-; -;, , I ' l:,inotheca carlusiana sive illustrium sacri tu^ ;t(^,w.- ■•■^^ ^^'-rii'tf^rum catalogus, auctore

F, Theodoro 1'',' 1 .. .-./f origines omnium per

orbem cartusin,": < publicavit Rêver. D. Au-

bertus Mirteun. ii"^ • !■ • 1 — Appendix Bibliothecse^

Deipi.

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