C. Constantin
CHATEL Ferdinand-François, fonda teurde l'Église catholique française. — 1. Vie et écrits. II. Doctrine, constitution et culte. III. Démembrements de son Église.
I. Vie et écrits. — L'abbé Chalel naquit à Cannât (Allier), le 9 janvier 1795, dune famille pauvre. Ses parents lui firent apprendre le métier di' l.iilli m , in.iiun ecclésiastique de la paroisse, frapp. il 1 i i !■ ^ mu-
manifestait ce jeune homme en assist;nil .i l.i --, Im
fit obtenir une bourse au collège de Cluiuioiil-l 1 1 ijud. Ses humanités achevées, Chatel entra au grand séminaire de cette ville, dirigé par les sulpiciens. Ordonné prêtre en 1818, il fut d'abord vicaire de la catln'drale de Moulins, puis en 1821 curé de Jlnn. i l^ mi I .in.
Malgré le conseil du vicaire général il. \l i i -
quenta les libéraux et les constitutioiiiit i mais, au bout de six mois, il devint auim luci du -i) ixgiment de ligne. En 1823, il eut la même qualité au 2« des grenadiers à cheval de la garde royale, en garnison à Versailles. De cette époque à 1830, il prêcha dans diverses églises de Paris. Quelques-uns de ses sermons, dans lesquels il exposait les idées du libéralisme politique, lui attirèrent des avertissements de l'archevêque de Paris. Il écrivit dans le même sens quelques articles dans l'Écho de la religion. Ses idées de tolérance, de libéralisme et de respect de la constitution s'accentuèrent de plus en plus. Le 31 mai 1830, parut le premier numéro d'un journal religieux, politique et littéraire qu'il avait fondé sous le titre : Le réformateur ou l'écho de la religion el^ du siècle. La couverture jaune représentait un prêtre et un laïque s'abordant, le prêtre par cette affirmation : « Je suis prêtre, mais tolérant, » et le laïque par cette réponse : « Je vous cherchais. » Les rédacteurs voulaient rélever le christianisme renfermé dans la loi divine et combattre le christianisme prêché par l'ultramontanisme. Deux autres numéros furent publiés en juin et en août. Le dernier contenait un article sur « l'éducation des séminaires inutile dans plusieurs de ses parties et dangereuse dans quelques autres ». Les idées principales de l'abbé Chatel sont exposées dans cette publication : il voulait que la religion fût indépendante des gouvernements; il attaquai! la hiérarchie ecclésiastique et les pratiques chrétiennes telles que le jeûne et l'abstinence. En politique, il était napoléonien et déclarait antisocial l'esprit de la Restauration. Il vant-iit enfin les philanthropes.
Survint la révolution de Juillet. L'article 5de la charte accordait la liberté religieuse. L'abbé Chatel en profita
pour réaliser ses projets de réforme. Hesté sans emploi par la suppression de l'aumônerie militaire, il adressa au ministre, au mois d'octobre, une pétition contre le despotisme épiscopal, puis il lança dans les journaux, le 23 novembre, ce manifeste : « Un très grand nombre de prêtres patriotes, réunis à Paris, ont l'honneur de prévenir leurs concitoyens qu'ils sont à la disposition des autorités des différentes communes qui manquent de curés. La conduite antinationale et despotique des évêques a déterminé cette société d'ecclésiastiques, amis de leur pays et jaloux de marcher avec les institutions constitutionnelles, à rompre avec leurs chefs et à n'écouter que la voix de leur conscience et les intérêts des peuples qui les appellent. On les a mis dans la cruelle alternative d'opter entre l'obéissance aux lois de leur pays et l'obéissance passive, aveugle, fanatique, à un pouvoir éminemment ennemi de leur patrie. Ils n'ont point hésité; ils ont rompu d'une manière éclatante avec des évêques en hostilité ouverte avec la France entière. » Ces ecclésiastiques n'étant pas mus par l'appât du gain, s'engageaient à remplir gratuitement toutes les fonctions religieuses et à ne pas mêler de choses étrangères à leurministèretoutspirituel.Onpouvait s'adressera l'abbé Chatel, rue des Sept-Voyes, n. 19, auprès du Panthéon. Des .ifliches avaient déjà offert aux Parisiens les services religieux gratuits des associés. Ceux-ci étaient en fort petit nombre. L'un d'eux, installé à liourg-la-Reine, ne put y demeurer; la population refusa son ministère. Deux autres, établis à Selles- en-Hermpis et à Pancourt (diocèse d'Orléans), furent expulsés par ordre du préfet du Loiret. L'accès do l'église do Lanne-Corbin, au diorrvr ,1,. T.irlH--, fiil iiil.nlii ,N pii'lir' (|ue Chatel y avait ■in.n.v l;i'iii|ii,' 1, !iiiiii-i ,|, 'iiii's ait adressé aux |iivi,i^. I,- :; i-ï,],, |-,;i ,;, ,.i,nl,,ire refusant les lirc-.|,;i.ir, ,■! ir- r ii.,.- Ml-, . Il ii.lii-.i,is, la cour de Pau autorisa ce dernier ;ï se servir do l'église paroissiale.
Cependant, le dimanche 23 janvier 1831, l'abbé Chatel avait fondé, à Paris, l'église catholique française. Il dit la messe en langue vulgaire dans un salon du 2« étage, rue de la Sourdière, n. 23; il se servit d'un missel romain, traduit en français, et prononça un sermon d'ouverture qui fut imprimé. Les curieux y afiluèrent. Un des dimanches suivants, la première communion fut distribuée à six enfants, à qui Chatel avait fait une seule fois le catéchisme. Le schisme recruta deux prêtres récemment ni. mur- |iu- Poulard, l'ancien évéque constitutionnel i i I iie..\fin d'accroître
■son crédit, Chatel mu . ! mi . \éque. Après le l't février, il s'adre.s>.i ■ i. . ^ ,i ni à trois prélats constitutionnels, Grégoire, de l'radt et Poulard, qui refusèrent de le sacrer. Rebuté de ce côté, il s'aboucha avec le grand-maître de l'ordre des templiers. Bernard- Raymond Fabré-Palaprat, dit de Spolète, docteur en médecine, était un ancien prêtre du diocèse de Cahors, qui prétendait avoir i-eçu lépiscopat des mains de Mauviel, évêque de Saint-Domingue, etqui se disait patriarche etsouverain pontife des dirétiens catholiques-primitifs ou de la religion johannite. Le i mai 1831, Chatel et ses associés, Auzou et Blachère, furent admis dans les rangs de la milice du Temple et signèrent un acte d'adhésion à l'Église primitive. Chatel fut élevé à l'honneur de l'épiscopat par le patriarche et la cour apostolique et sacré par le bailly Jean de Jutland, quai de l'École, n. 6. L'ordre lui fournit les insignes épiscopaux et lui conféra le titre de primat des Gaules. Le nouveau primat installa provisoirement sa cathédrale dans un bazar de la rue de Cléry. Le 2 juillet, il alla célébrer la messe à Clichy-la-Garenne et, sur l'appel d'une population sans curé, il prit possession de l'église paroissiale. Dans son discours, il prétendit avoir été sacré par un évêque catholique romain, qui occupait alors un siège épiscopal en France, qui devait bientôt se déclarer publiquement en faveur de la réforme, mais dont il taisait le nom par