C. Toussaint
CHIERICATO Jean, oratorien italien, né à Padoue le 8 septembre 1033, mort le 2S) déccmlire 1717. Entré chez, les philippins de sa ville natale, il fut l'ami et le conseiller du C. Rarbarigo, évêquede Padoue. Outre plusieurs volumes d'édification, il a laissé un grand traité de Decisiones sacramentales, Iheologicas, canonicas et Zermfes, 9 in-4», Venise, 1727, et des Discordix foreuses, 3 in-fol., Venise, 1734, ouvrages qui font toujours autorité en la matière.
B. Iberti, Mémoires sur la vie et les œuvres de Mgr Chiericato, in-8', Padoue, 1790; ViUarosa, Memorie d. scrit. fllippini, t. II, p. 41.
A. Ingold.
1. CHIFFLET Laurent, frère du suivant et comme lui jésuite, né à Besançon en 1598, entré au noviciat en 1617, mort à Anvers en 1658, a publié, outre divers ouvrages ascétiques et de dévotion, un Catéchisme de la première communion, qui a eu plusieurs éditions aux xvir et xviii' siècles.
H. DUTOUQUET.
2. CHIFFLET Pierre-François, savant et laborieux jésuite, naquit en 1592, à Besançon, d'une famille notable de cette ville et féconde en érudits. Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1609. Après avoir professé la philosophie, l'hébreu et l'Écriture sainte dans divers collèges, il fut appelé à Paris en 1675 ; il mourut au collège de ClermontfLouis-le-Grand), le 5 mai 1682. Ses publications, qui se rapportent surtout à la patristique, à l'histoire ecclésiastique et à l'hagiographie, sont nombreuses; on en trouvera la liste dans de Backer-Sommervogel. Notamment, il donna la première édition, ou une réédition corrigée d'après les anciens manuscrits, des œuvres de Victor de Vita et de Vigile de Tapse, évèques africains des y et vi= siècles; de Fulgence Ferrand, diacre de Cartbage et disciple de.saint Fulgence de Ruspe, etc. Il publia également des dissertations sur la famille de saint Bernard de Clairvaux ; sur la vie et les écrits de saint Paulin de Noie; sur l'identité de Denys l'Aréopagite et de l'apôtre de Paris, etc. Les communications du P. Chifflet aux bollandistes lui ont valu de
CHINOIS (RITES
leur part la qualification : diligentissiinus et de sanctis merilissimits, et ont pris place dans plusieurs endroits des Acta saihinnan. Ilnliii -jn a de lui : Histoire de l'abhaije ro\iiilr,lr lu nlh- ilr Tournus, avec les preuves, enrichies de j)lnsiriirs iiirrcs très rares, el les tables nécessaires pour en facilUer l'usage, m-'t", Dijon, 1664. Le défaut de ressources pécuniaires l'empêcha de publier un autre travail du mêmegenre, et plus considérable encore, (|u'ilavait fait sur l'hisloire de r;inlii|ue .ililiave de
Augendit^a.'.
i/uentius a dernier ouvi fut envoyé, a
.,hs vero ai/hinc aniùs fre- /"i(i()u. Le manuscrit de ce iprèslamortduP.Chifllet, ers intéressant l'hagiogra-
phie, aux bollandistes, qui en ont publié de longs extraits. Voir Acla saiiclorum, t. i junii, p. 646; t. viii septernbris, p. 714. Le collège Louis-le-Grand conserva cependant le Cartularium abbalise S. Claudii el Eugendi sive Condatensis, recueil de 142 chartes ou diplômes concernant l'abbase ,1e Sainl-Claude, ,|ue Cliim,'! avait eo-
suivant l'ordre alpli.i manuscrits de celte ordre du parlement,
du CMlllIn.ll.^ ,!■■ M ,,!.
dios ,, ■•-, . I I iiiii-
sur cotte vente : Episode d't
ères. Quand les eut vendus par liion qu'absents ni i\re les co- M.i.is, Meer- II \n^lelerre, I" I lin. Un peut cunliscalion de biens congréganistes J1762). Les manuscrits des jésuites de Paris, dans les Eludes du 20 août 1901, Le lieau catalogue que les bibliotln'ciin - ili liilin mil iiuMii-
en 1892 de leurs Coi/iee.^ /•/,,.'',., .1. imli-
cations sur le contenu de er in i i liM n I-
lement répartis sous leiilniiili i. i i - 'liilri - iiN. Verzeirluiiss .Irr r,,„ ,lrr /,. -„ n;'' ' '"" /.■' ''/'"//.e/. :» Berlin, enrurh,;,,;, M, ■,;■„,. nis-ll. ,. <h./u-, / lr„ .1rs .s/r r/,o>}HUsl'hUI,l.ps.\.\{o^,:U„'lulrn,is,'ln;,II.,n.lsr/n;flen, p. 476480; Ali'r. .Scbuize, Dw romauischcii Hiiiidschriflen, p. 11-12. Ce sont, pour la plupart, des copies de documents relevés dans les archives des diocèses, des chapitres et des monastères de Bourgogne et de Franche-Comté, et intéressant surtout l'histoire ecclésiastique de ces provinces. Il va, par exemple, plus de 300 pièces relatives à la ville de Dijon, ilestinées évidemment à un iiti-,r:i p i(iii. rrnprès une lettre citée par
le P. Sommeil.. . 1 ■ n-i . éhv imiMh'. en 1665, et
qui aurait éti' m ■ . ■>' ■ . h , ,sii,n,,t . , lu^^lmiix Burgmidiee capul. . '.;-^i "n,., i,.,ilj:r ii,ni mlinium decus. Le P. Pierre-François t'.iiifllet avait déjà aidé son frère Jean-,Iacques, médecin du roi d'Espagne, dans la composition de son histoire de Besançon, Vesonlio, etc., Lyon, 1618, comme le montre encore un manuscrit de Berlin. Voir le catalogue déjà cité. Die lai. Handschr., p. 343-344. Apparemment, il collabora aussi à l'ouvrage De linteis sepulchralibus Christi servaloris crisis historica (Anvers, 1624), où son aine cherche à démontrer simultanément l'authenticité du « saint suaire » de Turin et de celui de Besançon; ses papiers, à Berlin, renferment en elTet plusieurs document-- toneleuit cette question. Cf. les .Éludes, 20 juin l'u'l. p. "J'i imle.
De Backer-Sommervoi;il /. , /.' la C" de Jésus,
t. II, col. 1125-1132; Huiler. \ -. , i. n, col. 486-489.
11 Dltouquet.
CHINOIS ( RITES). -I. État de la question. II. Histoire de la controverse. III. Application des décisions romaines et sentence définitive. IV. Les permissions.
CHINOIS (RITES
I. Etat de la question. — Le nom de rites chinois rappelle une longue controverse, dans laquelle les papes sont intervenus par plusieurs actes solennels. La question portait principalement sur l'emploi de certains termes chinois pour désigner le vrai Dieu, et sur les honneurs qu'il est d'usage en Chine de rendre à Confucius et aux ancêtres ou parents défunts.
1» Noms divins. — Le seul nom aujourd'hui autorisé par le saint-siège pour signifier le vrai Dieu, en chinois, est Tien-tchvi'. s. i^n. m du ciel. » Il a déjà été employé par les ]! -n! i - in diciteurs de la foi qui pénétrèrent dans I ml lu 1.1 .1. lu Chine, au xvi« siècle. Le célèhre P. Jl..lll,ieu ll.cci (en Chine 1583-1610) Ta mis dans le titre du plus populaire de ses ouvrages chinois, rien-tchou-che-i, « vraie notion du Seigneur du ciel. » En conséquence, cette dénomination fut bientôt comme consacrée parmi les missionnaires et les néophytes, et même parmi les païens, quand ils voulaient parler du Dieu des chrétiens. C'est également de cette époque lointaine que datent les désignation? en n-ni'p pour les églises, la religion et le dogme I\iihI,i|]i.iiI,i| du christianisme, qui contiennent le mémr ih>iii : y ,1 ii-i< lioH-tang, Il temple du Seigneur du ciel: 1 irn-irlnui-kiao, « religion du Seigneur du ciel; » T ien-lchmi-kiaiig-c/ieng, « incarnation du Seigneur du ciel. » Cependant, les premiers missionnaires, s'ils ne l'ont pas su d'abord, n'ont pas tardé à apprendre que ce nom était affecté en Chine à diverses idoles du bouddhisme ou du taoïsme populaires. Mais cet abus d'une appellation qui, dans son sens propre et naturel, ne convenait qu'au vrai Dieu, n'était pas une raison suffisante de ne pas la maintenir à celui-ci : ,Ies termes ©eô;, Deus, adoptés par les 'apôtres et les premiers chrétiens pour nommer le Dieu de l'Évangile, ne servaient-ils pas aussi aux Grecs et Romains païens pour désigner leurs fausses divinités?
.Mais, à côté de T'ien-lclioii et moins couramment, les anciens missionnaires de Chine ont encore employé d'autres noms, qui ont prêté à des objections plus graves. Les principaux sont Tien, « ciel, » et Cliang-ti, « souverain Seigneur. » Naturellement, par le « ciel », il faut entendre « celui qui siège ou règne dans le ciel », suivant la métonymie familière à tous les peuples et autorisée même par la Bible. Cela supposé, il est évident que ces deux noms n'olfrent, par eux-mêmes, rien que de convenable à la majesté divine. Les difficultés viennent de la signification qu'ils ont ou paraissent avoir dans l'usage chinois. Ils avaient été adoptés par le P. Ricci et ses compagnons d'apostolat, après mûr examen, précisément, parce qu'ils leur paraissaient désigner le vrai Dieu, dans les King ou livres canoniques des Chinois.
Ces vieux textes, en effet, tels que les comprenaient les missionnaires jésuites, sous les noms de Tien et de Chang-ti, parlaient d'un souverain maître des esprits et des hommes, être spirituel, connaissant tout ce qui se passe dans le monde, source de toute puissance et de
toute autorité légitime, régulateur supir l d. r.n^i'iir
des lois morales, récompensant ceux uni l<~ ^.udrut . 1
châtiant ceux qui les violent. Cette iiil.i invi, n df,
J^ing, à la vérité, n'est pas celle des commenlidonrs indigènes les plus en vogue, du moins depuis le xiii« siècle; les missionnaires ne l'ignoraient pas, mais croyaient pouvoir montrer qu'ils avaient pour eux les interprètes les plus anciens et surtout le maître respecté par-dessus tous, Confucius.
Ces notions sur la divinité, éparses dans les monuments de l'antique sagesse chinoise, étaient, aux yeux des missionnaires, avant tout des débris de la révélation primitive. On a certainement exagéré, parfois, ces vestiges de la révélation; quelques missionnaires, surtout du xviii» siècle, ont même cru entrevoir dans les King, sous le voile de caractères symboliques et de mystérieuses allégories, la plupart des dogmes chrétiens"; toutefois ces ligurisles n'ont jamais été qu'en très petit nombre
et, à une ou deux exceptions prés (Bouvet, Prémare), ne comptent point parmi les plus savants. Mais l'interprétation du P. Ricci et de la presque totalité de ses successeurs au XYii"^ siècle, pour T'ie» et Chang-ti, reste parfaitement [légitime et soutenable, si l'on s'en rapporte à des sinologues de premier ordre, tels que James Legge, G. von der Gabelentz et d'autres, qui la soutiennent eux aussi avec conviction. Voir J. Legge, The notions of the Chinese concerning God and spirits, Hong-kong, 1852; Id., The religions of China, Londres, 1880; Id., A letter ta prof. Max Minier chiefly on the translation of the chinese terms Ti and Chang ti, Londres, 1880; et ses traductions des King chinois, où il a rendu constamment Ti et Chang-ti par God, « Dieu; » Georg von der Gabelentz, Confucius und seine Lehre, Leipzig, 1888, p. 42.
Elle a été contestée par d'autres, il convient de l'ajouter, même par des jésuites. De ceux-ci plusieurs, dans les premiers temps de la mission, passèrent par des opinions contraires ou du moins des hésitations, qui furent dissipées par des études plus approfondies et surtout par les conférences où les missionnaires s'éclairèrent mutuellement sur la question. Presque seul le P. Nicolas Longobardi, qui succéda au P. Ricci, en 1610, dans la direction de la mission de Chine, ne put jamais donner une adhésion convaincue à l'interprétation favorable que les anciens textes chinois avaient reçue de son prédécesseur. Il a motivé ses scrupules dans plusieurs écrits, destinés à être lus seulement de ses confrères, mais dont un fragment a été publié par le fameux dominicain Navarrete, dans ses Tratados historicos, Madrid, 1676, t. I, et traduit en français par L. de Cicé, de la Société des Missions étrangères, sous le titre : Traité sur quelques points de la religion des Chinois, Paris, 1701. Il y combat l'emploi des termes Tien et Changti, comme noms de Dieu ; mais il parait que, dans un autre écrit perdu, il attaquait encore plus vivement le terme Tien-tchou.
Autre remarque dont on reconnaîtra l'intérêt. Les inscriptions juives de K'ai-fong-fou (datées de 1489, 1512. 1663) désignent couramment par T'ien et Chang-ti le Dieu d'Abraham et de Moïse. Jérôme Tobar, S. J., Inscriptions juives de K'ai-fong-fou, Chang-hai, 1900, p. lOi-105. .Mais l'inscription chrétienne de Si-ngan-fou (de r.iiiii'i T'^l 111 iiiploie comme nom du vrai Dieu qu'uni h iii|.!i.ii du nom syriaque, ^!a/ia. Henri Ilavn I, - I , ' -1,'lc chrétienne de Si-ngan-fou, III' p.iul.:, i:iKUi„-hal, 1902, p. 19.
Quelle que .soit la valeur absolue de l'interprétation des anciens missionnaires jésuites, convaincus de sa légitimité, ils l'ont fait servir avec succès à la propagation de l'Évangile, surtout auprès des lettrés. Ces rapports entre les doctrines confuciennes et le christianisme, habilement mis en lumière, ont certainement contribué à diminuer la répulsion comme innée aux Chinois, et particulièrement développée chez les lettrés, pour toute nouveauté venant de l'étranger. Puis ils fournissaient encore un point d'appui précieux dans la lutte contre l'athéisme et le matérialisme, par laquelle devait habituellement débuter l'apostolat des hautes classes en Chine. Aussi, l'évèque de Béryte, dont les dépositions ont trouvé si grand crédit dans le procès des rites, avouait-il lui-même que « beaucoup de Chinois s'étaient convertis en voyant dans leurs livres antiques le fondement de ce qu'affirment les chrétiens ». Cité dans le votum du P. Philippe de Saint-Nicolas, qualificateur du Saint-Office, en 1700.
En résumé, l'emploi des termes T ien et Chang-ti, comme noms du vrai Dieu, pouvait se justifier par de sérieuses raisons; il restait néanmoins que, par suite de la signification tout autre qu'y attachaient beaucoup, sinon la plupart des lettrés modernes, ils n'excluaient pas toute équivoque et pouvaient prêter à une concep-
CHINOIS (RITES
lion fausse des doctrines chrétiennes. C'est cette consi- (I. nilion qui a Hnalement déterminé le saint-siège à les iniriilii'.', comme nous le verrons.
1 I .-i-rDioities en l'Iionneur de Cnnfucius et des pa- ' Irfiints. — Si la question des noms divins chi- 11 il • M. iilevé des problèmes assez (''pineux, la question I i II hionies en l'honneur de Confucius et des par m I Innts était encore bien plus complexe. Disons '\ it 1,1. pour écarter certaines calomnies, répétées uiéiMc (lo nos jours, qu'il ne s'est jamais agi de permettre ou tolérer chez les chrétiens chinois des observances reconnues comme idolàtriques ou superstitieuses, himais aucun missionnaire n'a autori.sé, en quelque manière que ce soit, des pratiques qu'il savait être de cette nature. Nous en avons pour sur garant Ma'MaigTot lui-même, dans la lettre qu'il écrivit au pape, en même temps qu'il lui envoyait son fameux mandement de 1693 contre les rites. « Quand je parle d'idolâtrie, dit-il, je ne veux pas donner à entendre qu'il y ait en Chine des missionnaires se livrant à une grossière et honteuse idolâtrie ou permettant à d'autres de s'y livrer; car on ne saurait affirmer cela sans énorme calomnie. » Il avait déjà déclaré à la fin de son mandement même, qu'il « n'entendait point inculper ceux qui avaient jusque-là pensé autrement que lui et suivi une pratique différente de celle qu'il pre.scrivait pour l'avenir; vu qu'on ne devait point s'étonner, si 'en pareille matière tous les missionnaires n'avaient pas été du même avis, et si chacun avait embrassé la pratique qui lui avait paru dans le Seigneur plus conforme à la vérité ». Cette déclaration fut louée par le Saint-Office, dans son décret du 20 novembre 170i, et la S. G. y ajouta, de son côté, la défense de « faire passer pour fauteurs d'idolâtrie » les missionnaires qui, avant ce décret, avaient cru pouvoir permettre des choses qu'il interdisait.
La controverse n'a donc jamais roulé sur les observances des sectes bouddhistes et taoïstes, qui se montrent partout, en Chine, à côté du confucianisme officiel. Il s'agit des cérémonies que la coutume antique et les lois réputées les plus sacrées de l'Étal chinois prescrivent aux lettrés pour honorer leur premier maître, Confucius, et à tous les Chinois pour honorer leurs ancêtres ou parents défunts. Ces cérémonies sont-elles des actes 7'eligieu-x, au sens propre, et constituent-elles ainsi un culte de Confucius et des ancêtres, semblable à celui qui n'appartient qu'à Dieu et à ses saints? Toute la controverse qui a engendré tant d'écrits et de polémiques passionnées se résume dans cette question.
Pour la résoudre, l'extérieur ou, pour ainsi dire, l'être matériel de ces cérémonies ne fournissait que peu de lumières. De ce point de vue, la plupart pouvaient justement être considérées comme indifférentes. Cela d'autant mieux qu'elles ne se pratiquaient pas seulement en l'honneur des morts, mais aussi des vivants, et n'avaient évidemment, dans ce dernier cas, rien de religieux. De fait, les missionnaires jésuites, en tolérant ces rites dans leurs chrétientés, avant les décisions pontificales, avaient pour règle de ne permettre à l'égard de Confucius et des ancêtres que les honneurs qu'on rendait aussi aux mandarins, maîtres, parents ou amis vivants. Pour juger du caractère véritable de ces pratiques, il importait donc, presque uniquement, de savoir dans quel sentiment et à quelle fin les Chinois s'en acquittaient : c'est-à-dire quelle conception ils avaient des morts qu'ils honoraient de cette manière; s'ils leur attribuaient quelque caractère divin et quelque pouvoir surnaturel ; s'ils leur demandaient et espéraient d'eux quelque chose.
Les missionnaires qui ont permis ces rites, avec certaines restrictions et conditions, l'ont fait parce qu'ils n'ont cru autoriser en cela rien qui eût un caractère religieux. Ils avaient jugé, en effet, que ces rites, de par leur institution primitive et les lois qui les prescri-
vaient. Comme d'après la pratique commune des classes éclairées de la nation, n'étaient que des manifestations du respect et de la reconnaissance que les disciples doivent à leurs maîtres et les enfants à leurs parents : en un mot, suivant la formule connue, c'étaient des usages purement civils ou politiques. Cette opinion n'avait pas été formée â la légère; elle s'appuyait sur une longue et consciencieuse étude des livres qui sont comme la Bible des Chinois, sur les informations prises auprès de nombreux lettrés, et des plus compétents en la matière, enfin sur l'observation directe des faits, continuée pendant bien des années, dans toutes les provinces de la Chine, par des missionnaires de toute nationalité, auxquels on ne peut refuser ni des connaissances et des qualités scientifiques remarquables, ni un sincère désir d'atteindre la vérité et de la suivre, une fois connue, dans une question où leur responsabilité d'apotres et le salut des âmes étaient si gravement engagés.
C'est encore le fondateur de la mission qui, sur ce point comme pour le choix des noms de Dieu, montra la voie que suivirent après lui, non sans contrôle réitéré, ses confrères jésuites, presque sans exception, et plusieurs autres missionnaires avec eux. Aux yeux du P. Ricci, non seulement les démon s (rations de respect, comme saluts, prosternements, mais encore les encensements, les oblations de victuailles qui se faisaient devant les tablettes portant les noms des ancêtres, n'étaient destinées qu'à traduire sous forme sensible, suivant les idées chinoises, l'amour et la reconnaissance des descendants. « On ne reconnaît dans ces morts, écrivait-il, aucune divinité, on ne leur demande rien, on n'attend rien d'eux : c'est pourquoi il n'y a en tout cela nulle trace d'idolâtrie. » Il disait de même, au sujet des offrandes faites à Confucius par les mandarins et les lettrés : « Ils lui offrent avec grande solennité, pour lui marquer leur gratitude de la bonne doctrine qu'il leur a laissée dans ses livres, par le moyen desquels ils ont obtenu leurs charges et leurs degrés; toujours sans lui adresser aucune prière, ni lui demander aucune chose, comme nous avons dit pour les morts. » Voir Vera Sinensium sententia de tabella Confucio et progenitonbus inscripta... secundum PP. Societatis Jesu, [Rome,] 1700, p. 43-44.
Cette conception des rites chinois est donc le principe de la tolérance que tant de missionnaires ont cru ne pouvoir refuser à ces rites, plus exactement à une partie de ces rites : car cette tolérance n'a jamais été absolue et sans réserves. Ces missionnaires n'ont pas ignoré que, pratiquement, aux cérémonies traditionnelles, licites en elles-mêmes, les Chinois païens en mêlaient souvent de moins pures ou même de franchement superstitieuses, empruntées au bouddhisme ou au taoïsme : telle la coutume de brûler des monnaies de papier en l'honneur des morts. Les adjonctions de ce genre étaient signalées et rigoureusement interdites aux chrétiens. En outre, les missionnaires ne manquaient pas d'instruire avec un soin particulier leurs néophytes de ce que la foi enseigne sur l'état des morts et de ce qu'elle permet de faire pour eux. D'ailleurs, ils n'autorisaient pas tous les rites licites en eux-mêmes, mais seulement ceux dont les chrétiens ne pouvaient se dispenser sans grave préjudice. Par exemple, ils permettaient aux étudiants chrétiens de rendre à Confucius, dans la salle affectée à cet objet, l'hommage sans lequel aucun grade n'était conféré; au contraire, ils ont toujours interdit aux lettrés chrétiens de participer à roblationso(('((>ie/(e, qui est faite deux fois par an devant la tablette du grand maître : non qu'ils la regardassent comme idolâtrique ou superstitieuse, mais parce qu'elle n'est pas rigoureusement commandée. Aussi bien, quelque justifiée que leur partit cette tolérance, dans les limites où ils la renfermaient, les missionnaires ne la
considérèrent jamais que comme une concession provisoire, destinée à prendre lin dés que le développement de la chrétienté et le progrès de la liberté religieuse en Chine le permettraient. Ils s'appliquèrent, dés les débuts de la mission, à préparer le jour où les néophytes chinois ne feraient plus pour leurs défunts que les cérémonies en usage dans l'Église universelle; c'est dans celle \ue, notamment, qu'ils donnaient le plus d'appareil possible à ces cérémonies dans les funérailles des chrétiens, de manière à montrer à tous que la religion du Christ ne faisait rien perdre aux morts du respect qui leur était dû.
Voilà les conditions dans lesquelles les chrétiens chinois étaient admis à pratiquer leurs rites nationaux, depuis presque un demi-siècle, quand s'éleva la controverse dont nous avons maintenant à esquisser brièvement l'histoire.
II. Histoire de la controverse. — Les jésuites étaient depuis 47 ans les seuls missionnaires de la Chine, quand, en 1631. .iliordèrent an Fou-kien les deux dominicains Ange Coc|iii • i Ihonii- -^.M-ra. Le premier mourut déjà en 1633: il. m- I : m. im uinée, on vit arriver à Fongan le P. Je.'ni-I;.i|.li~i.> Aldiales avec un autre dominicain espagnol, et deux franciscains également espagnols, dont l'un était le P. Antoine de Sainte-Marie. En 1637, dominicains et franciscains étaient arrêtés parles mandarins delà province et décrété* d'expulsion. Ils durent retourner à Manille et n<- i- i im .ni ,ii Chine que quelques années plus tard, i ;. - inu,, .mv missionnaires n'avaient guère eu le liii,|i- .1 i|i|i!.ii.iinlir les
choses de Chine et ir;n,H.iil \^u ", \mii' nue liini
petite partie des clnvii. i !. - i - |Mr Iciii^ pirnl...
cesseui'S, que di-ja il- ,.i m i.i mr di.inion 1res
défavorable de la lui (h.jil-j îuhi-. yjv ceux-ci. Et ils n'avaient pas gardé à part eux leurs impressions. Émus par leurs rapports, dès 1635, l'archevêque de Manille et l'évêque de Zebut, aux Philippines, avaient cru devoir signaler au pape Urbain VIII l'indulgence outrée des jésuites à l'égard de l'idolâtrie et des superstitions chinoises. Il est vrai que, bientôt renseignés plus amplement, ils écrivirent de nouveau à Rome, l'évêque en 1637, l'archevêque en 1638, pour rétracter leur dénonciation, comme Jondée sur des informations erronées.
Cependant la polémique était allumée entre les ordres religieux, les jésuites repoussant comme des calomnies les accusations des dominicains et des franciscains. -Du moins elle resta quelque temps limitée à des répliques circulant en manuscrit dans le monde ecclésiastique plus spécialement intéressé. Mais, en 1643, le P. J.-B. Morales, déjà mentionné, était à Rome pour soumettre au saint-siège une série de cjuestiom ou doutes, qu'il présentait comme n controversés » entre les missionnaires de Chine, jésuites, d'une part, dominicains et franciscains de l'autre. Les deux premiers articles concernaient la facilité à dispenser les néophytes chinois de certains préceptes positifs de l'Église et de certaines cérémonies sacramentelles; les deux suivants étaient relatifs au prêt à gros intérêts usité en Chine; les articles 6-16 traitaient de la participation des chrétiens aux cérémonies en l'honneur soit des esprits, soit de Confucius, des ancêtres et des autres morts, soit de l'empereur régnant; enfin le 17' se rapportait à la prédication de la passion de J.-C.
Ces questions reçurent leurs résolutions dans un décret de la S. C. de la Propagande, daté du 12 septembre 1645, auquel le pape Innocent X donna son approbation et dont il enjoignit rigoureusement l'observation à tous ceux qu'il regardait, « jusqu'à ce que Sa Sainteté ou le saint-siège apostolique en ordonnât autrement. >> Les réponses aux questions touchant les rites en l'honneur des esprits, de Confucius et des ancêtres furent toutes négatives; c'est-à-dire que ces rites, tels qu'ils étaient exposés par le P. .Morales,
CHINOIS (RITES
étaient condamnés et prohibés. Or, Morales croyait sans doute avoir proposé des cas réels, non fictifs; c'étaient les pratiques permises par les missionnaires jésuites qu'il avait prétendu exposer; mais ces missionnaires, à qui ses imputations étaient connues avant qu'il les portât à Rome, les avaient toujours repoussées; bien plus, avant comme après le décret de 1645, ils nièrent l'exactitude de son exposé, tant pour ce qui concernait le caractère des rites chinois en général, que pour l'étendue de la tolérance accordée parles missionnaires de la Compagnie de Jésus. Dans le décret lui-même, la question de la réalité des faits n'est pas touchée.
Cependant la tendance avouée de la démarche de Morales et le retentissement qu'elle donnait à ses attaques contre la méthode d'apostolat des missionnaires jésuites de Chine, imposait à ceux-ci le devoir de s'expliquer solennellement. Ils le firent en envoyant à Rome le P. Martin Martini pour exposer, au nom de tous, leur conduite au souverain pontife et le prier de l'approuver ou de la corriger par son jugement souverain. Parti de Chine en 1651, Martini ne put atteindre Rome qu'en 1654. Comme Morales, il présenta des questions, qui furent examinées par le Saint-Office. Il n'y en avait que quatre, dont les deux premières correspondaient aux deux premiers articles de Morales; les deux autres concernaient les cérémonies pratiquées en l'honneur de Confucius à la collation des grades de lettrés, et celles qui se faisaient dans les maisons immédiatement après une mort ou dans les salles des ancêtres ou auprès des tombeaux. Ces cérémonies étaient présentées comme des actes de courtoisie, de respect filial et de reconnaissance, n'ayant par elleslaéiiies rien de religieux. .
Le Saint-Office répondit par un décret daté du 23 mars 1656 et approuvé par le pape .\lexandre VII. On y rappelait d'abord les questions proposées par le P. Jean- Baptiste Morales, dont la 1", la 2», la 8« et la 9= étaient reproduites avec les réponses données en 1645; puis le décret continuait ainsi :,( Mais les missionnaires de la Compagnie de Jésus en Chine n'ayant pas été entendus en ce temps-là, ils ont proposé, l'année dernière 1655, à la S. C. de la Propagande quatre questions, avec la diversité de fait qui se rapporte à chaque question. L'affaire ayant été renvoyée par l'ordre du Saint-Père à la S. C. de la suprême et universelle Inquisition, celle-ci, après avoir entendu les suffrages des qualificateurs, a répondu de la manière suivante... » Les réponses sont affirmatives sur les quatre demandes du P. Martini; sur la B', concernant l'hommage des candidats à Confucius, le décret dit : « La S. C., d'après ce qui a été proposé ci-dessus, a jugé qu'on doit permettre aux Chinois chrétiens les cérémonies susdites, parce qu'il semble que c'est un culte purement civil et politique. » X la 4», on répond : « Suivant ce qui a été proposé cidessus, la S. C. a jugé qu'on peut tolérer que les Chinois convertis pratiquent ces cérémonies à l'égard de leurs défunts, même en compagnie des païens, en retranchant néanmoins toute superstition; que même, tandis que les païens font des actions superstitieuses, ils peuvent encore être présents avec eux, surtout après avoir fait profession de leur foi, quand il n'y a pas de danger de perversion et s'ils ne peuvent autrement évi. ter des ressentiments et des inimitiés. »
On a reproché à l'exposé du P. Martini de n'être pas conforme à la vérité, parce qu'il était incomplet et ne disait rien, par exemple, du » sacrifice solennel » à Confucius. Les jésuites ont répondu que l'exposé était vrai et complet, en ce sens qu'il rapportait tout ce que les missionnaires de la Compagnie permettaient aux néophytes, dans les matières sur lesquelles on les avait accusés ; s'il n'avait point parlé du « sacrifice solennel » à Confucius, c'est que ce prétendu sacrifice (car on contestait qu'il y en eût un, au sens propre) n'était pas de
CHINOIS (RITES
ces choses que ses confrères permettaient, et nous avons en plTet dojà relevé raffirmation constante des missioniiaiiv^ j.^iiil, s ^iir ce point.
I '■'■ <li . li 1 (iMiinaii satisfaction aux partisans de la tolér.in. , (|. h ni- lii-il celui qu'avait obtenu en 16i5 le !'. II.. Moi:il,s-,' Cette question posée au saint-siège par le P. Jean Polanco, dominicain, fut résolue, le •20 novembre 1669, par un troisième décret du Saint- Office, approuvé par Clément IX. La S. G. déclara que les doux décrets antérieurs subsistaient dans leur force, in suo robove, et que l'un et l'autre devait être observé, suivant les questions, les circonstances et tout ce qui est contenu dans les doutes pioposés. C'est-à-dire qu'on laissait à la conscience des missionnaires de voir, dans chaque cas particulier, si les circonstances étaient celles des quœsila de 1645 ou celles des qusesita de 1656, pour interdire ou permettre une pratique aux néophytes.
A cette époque, un réel progrès dans le sens de l'accord se manifestait ; plusieurs missionnaires distingués de l'ordre de Saint-Dominique, encouragés par leurs premiers supérieurs, s'étaient ralliés à la pratique approuvée par Alexandre VII; les jésuites, de leur côté, faisaient des concessions aux scrupules des autres, notamment dans la question des noms de Dieu. Des événements, malheureux en eux-mêmes, favorisèrent ce mouvement. Durant la terrible persécution qui s'éleva contre le christianisme, en 1665, tous les missionnaires que les mandarins purent saisir dans les provinces furent relégués à Canton. Ils s'y trouvèrent ainsi 23, enfermés dans la même maison, pendant cinq ans : sur ce nombre, trois étalent de l'ordre de Saint-Dominique, un de celui de Saint-François et les autres de la Compagnie de Jésus. Ils pensèrent ne pouvoir mieux employer leurs loisirs forcés qu'à s'entendre définitivement sur une méthode uniforme d'apostolat. Dans des conférences qui durèrent quarante jours, ils discutèrent tous ensemble et formulèrent en articles 42 points, où la discipline de l'Église demandait à être adaptée aux nécessités du milieu chinois. Le 41= article, qui réclama la plus longue délibération, était conçu en ces termes :
Circa cœremonias quibus Sinae magistrum suura Confucium et morluos venerantur, sequenda omnino sunt responsa S. C.
S. et U. Inquisitionis a SS. D.N.
Alexandro V 1 1 approbata a. 1656 : quia fundantur in valde probabili opinione, cui nuHa contraria evidentia opponi potest ; qua posita probabilitate, non est occludenda janua salutis innumerabilibus Sinis, qui arcerentur a christiana religione, si prohiberentur ea facere quœ licite ac bona lide facere possunt et non sine gravissimis incommodis prseterniittere cogerenlur.
Quant aux cérémonies par lesquelles les Cliinois honorent leur maître Confucius et les morts, il faut décidément suivre les réponses de la S. C. de l'Inquisition approuvées par N. S.
P.Alexandre VH.en 1656 : parce qu'elles sont fondées sur une opinion très probable à laquelle on ne peut opposer aucune évidence contraire ; et, cette probabilité supposée, il ne faut point fermer la porte du salut aux innombrables Chinois, qui seraient écai-tés de la religion chrétienne, si on leur défendait de faire ce qu'ils peuvent faire licitement et de bonne foi et ce qu'ils ne sauraient ometU'e sans de très graves préjudices.
Le principal parmi les dominicains était le P. Dominique Fernandez Navarrele, chef {prxses) de la mission de son ordre, en Chine, où U était depuis 1659. Son supérieur majeur, le P. Vincent Prot, vicaire provincial des dominicains de l'Extrême-Orient, lui avait donné mandat exprès de faire l'union avec les missionnaires de la Compagnie et l'avait autorisé à signer, au nom de toute sa famille religieuse, ce qui serait statué à la majorité des voix dans les conférences de Canton. Ces conférences s'étaient terminées le 26 janvier 1668 par le choix unanime de saint Joseph comme patron des missions de Chine; les 42 articles, successivement votés, après discussion et amendements, par la majorité des Pères présents, avaient été souscrits par tous. Seul peut-
être le P. Antoine de Sainte-Marie, franciscain, fameux pour son intransigeance certainement excessive, autant que pour son zèle et sa haute vertu, ne les signa point ou, s'il signa d'abord, fit bientôt effacer son nom. Le P. Navarrete suivit cet exemple, un peu plus tard. Le 8 mars 1668, il remit au P. de Govea, vice-provincial des jésuites Internés avec lui, une longue note contenant les difficultés qui lui restaient contre l'article 41. Le P. de Govea chargea plusieurs de ses subordonnés d'y répondre : les PP. Prosper Intorcetta, François Brancatl et Dominique Gabiani, italiens, et le P. Jacques le Favre, de Paris, le firent dans des écrits qui sont d'amples et savantes dissertations. Le P. Navarrete parut satisfait de ces réponses, surtout de celle du P. Brancatl, bourrée de citations chinoises; et, le 29 septembre 1669, il donna par écrit au P. vice-provincial son adhésion claire et nette aux pratiques de la Compagnie concernant les rites, dans le sens du décret de 1656. Mais, le 19 décembre de la même année, il s'échappait furtivement de Canton et passait à Macao, et de là en Europe. En Espagne, où il était en 1672. puis à Rome, où il arriva le 6 janvier 1673, il ne travailla plus qu'à détruire ce qu'on avait tenté de faire dans les conférences de Canton. En iCûCi. pnrul ;i Madrid le i" volume de ses Tratados hisiun. ,,^. /''.hiirns, ethicos y religiosos de la monarchia ilr './w,,.» Il -. compose, en majeure partie, d'attaques coiitrv les iii.iliodes d'apostolat des jésuites au Japon et surloul en Chine, spécialement quant à la question des rites. Sur cette question roule encore plus exclusivement le t. ii, Imprimé à Madrid en 1679, peutêtre sans avoir été terminé par l'auteur, devenu archevêque de Saint-Domingue, où il rechercha de nouveau l'amitié des Pères de la Compagnie.
La controverse, qui, avant cette publication, était restée à peu près dans le cercle des hommes compétents et autorisés pour la résoudre, se trouvait, maintenant, jetée dans le grand public, ignorant, incapable de juger autrement que d'après ses sympathies ou ses antipathies pour les parties Intéressées. Écrit, d'ailleurs, par un homme lui-même passionné, d'esprit plutôt léger, comme le prouvent ses variations, pour ne point parler de sa sincérité très contestée, l'ouvrage de Navarrete fournit à souhait des armes aux protestants, tel le pasleur Jurieu, contre l'Église catholique, et surtout aux jansénistes, contre la Compagnie de Jésus.
En 1674, Navarrete proposa également au Saint-Office une longue série de questions sur les rites chinois; la S C. chargea deux de ses consulteurs, les PP. Brancatl de Laurea et Jean Bona, depuis cardinaux, d'y répondre, mais ne rendit pas de nouveau décret.
Une intervention de plus grande conséquence pour la solution de la controverse se produisit en 1693. Charles Maigrot, de la Société des Missions étrangères, était entré en Chine avec Ma' Pallu, premier vicaire apostolique de cette Société, en 1683. Il était vicaire apostolique du Fou-kien, sans être encore évêque (il fut nommé évêque de Conon in partibus infidelium, en 1697), quand, le 26 mars 1693, il publia un mandement, édictant pour tous les missionnaires de son vicariat une règle de conduite uniforme par rapport aux pratiques controversées, « en attendant que le saint-siège eût décidé la question. » Il y proscrivait les noms de T'ien et de Chang-ti; il défendait de permettre en aucun cas aux chrétiens la participation ou l'assistance aux « sacrifices ou oblations solennelles » en l'honneur de Confucius et des morts ; il n'autorisait les tablettes des ancêtres qu'en y changeant l'inscription usuelle et en plaçant à côté une profession de foi chrétienne; il blâmait et Interdisait certaines assertions trop favorables, selon lui, à Confucius et aux anciens philosophes chinois. L'article de l'ordonnance le plus hardi, et certainement le principal dans l'intention de Ma' Maigrot, était celui qu'il mettait en troisième lieu, ainsi formulé : « Nous déclarons que
CHINOIS (RITES
1 expose
fait autrefois au pape Alexandre VII sur les
points controversés entre les missionnaires (de Chine), n'est pas véridique, en plusieurs endroits; et que, par suite, quoique les réponses faites par le saint-siège aient été justes et sages et appropriées aux circonstances exprimées dans les questions, les missionnaires ne peuvent s'en prévaloir pour perjneltre le culte de Confucius et des ancêtres en usage chez les Chinois. »
Le but de Mo' Maigrot, il le laisse assez entrevoir dans sa lettre au pape Innocent XII, était d'obliger en quelque sorte le saint-siège à faire examiner de nouveau la question des rites chinois, surtout au point de vue des faits, si diversement exposés et encore plus diversement interprétés dans les quxsita résolus en 1645 et 1656. Dans cette vue, le 10 novembre 1693. il adressa son mandement au pape, avec la lettre à laquelle je viens de faire allusion, et un « bref exposé de toute.la controverse » ; il y demandait à pouvoir la discuter à Rome, contradictoirement avec les Pères jésuites, soit personnellement, soit par ses procureurs. Il envoya en effet à Rome, au commencement de 1694, MM. de Quemener et Nicolas Charmol, des Missions étrangères. C'est surtout le second qui poursuivit la confirmation du mandement et la condamnation des rites, avec mv tPiiMrit.i extraordinaire et une habileté incontcsiil ! ;■ : in , de son propre aveu, il ne sût point le Chili - i <^^■ que
deux ans et demi en Chine. iicN/i < ~/' i" > pislolani R. P. Prœpositi generalis Socielatis Jesii. 0 aug. 1691,
La S. C, à qui le pape renvoya les pièces présentées par Maigrot et ses procureurs, ne s'en occupa sérieusement que vers le milieu de l'année 1697. Les quatre cardinaux Casanate, Noris, de l'ordre des augustins, Ferrari, dominicain, et Marescotti furent désignés pour instruire l'afl'aire, dans 'une Congrégation particulière. Vers la fin de 1699, ils étaient parvenus à établir la formule [définitive des quœsita, avec leurs raliones duhilandi, sur lesquels devaient porter les votes des qualificateurs et des cardinaux, et les décisions finales du Saint-Office. Dans ces laborieux préliminaires, surtout pour le contrôle des faits entrant dans les rationes dubitandi, on fit particulièrement appela l'expérience et aux connaissances chinoises du P. Jean-François de Nicolaï, de Leonessa, franciscain, alors à Rome; missionnaire en Cliine depuis 1684, il avait été vicaire général il-' 1'.'\.m|ii.' clnnois ,1,. Xiiil.in^. ;\r,ii Lopez, puis
Les guœsita étaient distribues en sept articles, avec plusieurs subdivisions ; ils répondaient, en général, pour l'ordre et la teneur, aux sept articles du mandement Maigrot. Le l"' et le 2' étaient donc relatifs aux noms de Dieu chinois. La solution du 3« quœsititni, relatif au décret d'Alexandre Vil, dépendant de la décision donnée pour le 4' et le 5% on le renvoyait à la suite de ceux-ci pour la délibération et la réponse. Le i' traitait du culte de Confucius et des ancêtres : il allait plus loin que l'article correspondant du mandement ; car, tandis que Maigrot, par une singulière inconséquence, n'interdisait que les oblations solennelles, et laissait ainsi libres des cérémonies, qui, pour n'être pas solennelles, n'en devaient pas moins rester idolâtriques ou superstitieuses, dans son système, le 4» giiœsitum posait aussi la question de licéité quant aux rites moins solennels. Le 5« s'occupait des tablettes des ancêtres. Le 6« et le 7= avaient rapport aux idées religieuses et morales des anciens Chinois.
Quatre qualificateurs furent désignés par Innocent XII, pour donner le premier avis sur les sept questions. C'étaient le P. Gabrielli, feuillant,' dont on connaît les relations avec Fénelon, le P. Nicolas Serrano, général des ermites de Saint-Augustin, le P. Philippe de Saint-Nicolas, ex-général des carmes déchaussés, et le
P. Charles François Varese, ex-commissaire général des FF. mineurs réformés. Mais Gabrielli, nommé bientôt cardinal, laissa vide une place de qualificateur, qui ne fut pas remplie. Les trois qui restaient remirent leurs suffrages, probablement, au cours de l'automne 1700. La Bibliothèque nationale de Paris en possède une copie, mss. latins, n. 17610.
Le P. Serrano, qui insiste sur des arguments scolastiques venant assez mal dans cette matière, approuve en tous ses points le mandement Maigrot. Tout à l'opposé, le P. Varese adopte et fait valoir habilement les idées des missionnaires jésuites. Pour ce qui concerne spécialement les cérémonies en l'honneur de Confucius et des ancêtres, il admet que telles qu'elles sont exposées dans le 4« qiiœsitum, elles ne pourraient être permises; mais il ajoute qu'aucun missionnaire ne les a jamais autorisées sous cette forme, et il maintient que celles qui sont actuellement permises par les Pères de la Compagnie de Jésus se réduisent à des rites purement civils, qui ne doivent pas être proscrits.
Le P. Philippe de Saint-Nicolas, dans la première partie de son votum, datée du 4 août 1700, se prononce pour l'emploi libre des termes Tien et Ckang-ti comme noms de Dieu, en ajoutant que bien loin de condamner l'opinion qui accorde aux anciens Chinois la connaissance du vrai Dieu, il faudrait plutôt défendre d'attaquer la probabilité de cette opinion. Ms. cit., fol. 174>. Quant aux cérémonies en l'honneur de Confucius et des ancêtres, il est d'avis de les prohiber toutes, à l'exception de celles qui sont en usage aussi pour les vivants et certainement inolïensives. La raison, à noter, c'est que, plus jiroliableitient, elles sont superstitieuses ; u or, le Saint-Ltflice se décide toujours pour le parti plus probable et plus sur [semper sequendam existinwt partem probabiliorem ac tutiorem), principalement dans les matières dont il s'agit. » Il ajoute : « Bien plus, même s'il y avait égale probabilité des deux côtés, je crois encore que, suivant la pratique des saints Pères, il ne faudrait pas permettre ces rites aux chrétiens, conformément au mot de l'Apôtre : « De toute apparence (I mauvaise abstenez-vous. » Il défend d'ailleurs la véracité du P. Martini, lirii ijin. dil-il, son exposé, tel qu'il ressort des çf»a'w/i .1 j.-; m incomplet, notamment en ce qu'on y ti. i : i i ~,ins réserve des cho.ses qui ne sont que |ii^ 1 (lii - «l- In eu des jésuites.
Les qualificateurs avaient à peine pu commencer leur travail, que Charmot, l'ardent procureur de Ma' Maigrot, communiquait les qusesila à l'archevêque de Paris, Jl'ji de Noailles, que cette affaire intéressait pour des raisons où n'entrait guère la bienveillance à l'égard des jésuites. Il sollicitait en même temps son intervention, à l'effet d'obtenir « une censure de la Sorbonne — pour contrebalancer, disait-il, l'autorité de ceux des qualificateurs qui pourraient être favorables aux jésuites ». Lettre du 1'^ décembre 1699, dans le ms. lat., n. 16981 de la Bibliothèque nationale, fol. 161. L'archevêque lui fit envoyer en effet, le 17 juin 1700, un acte signé de plusieurs docteurs. Ms. cit.. fol. 30, 114. Cette pièce, datée de Paris, 8 mai 1700, a été publiée, sans les signatures, à la suite de la Lettre d'un docteur de l'ordre de saint Dominique (le P. Noël Alexandre) sur les cérémonies de la Chine au R. P. Le Comte, de la O' de Jésus, 1700; elle est intitulée : Plurium S. Facultatis Parisiensis Iheologorum sententia, de propositionibus ceremonias et cultiis Sinarum spectanlibus. Des 29 propositions qui, dans cette consultation, reçoivent les notes les plus infamantes, 21 sont tirées des gusesita
Cependant, pour renforcer l'effet de cette censure dont les signataires n'osaient livrer leurs noms au public, les adversaires des rites chinois et des jésuites demandèrent, le 1" juillet, à la faculté en corps de censurer cinq propositions des PP. Le Comte et Le Gobien sur la religion
CniNOIS (RITES)
des anciens Chinois. Elles se trouvaient, partie dans les Nouveaux mémoires sur l'état présent de la Chine, publiés par le premier de ces jésuites à son retour de Chine, 3 in-I2, Paris, 1696-1700, partie dans l'ouvrage du second intitulé : Histoire de l'édit de l'empereur de la Chine en faveur de la religion chrestienne, avec un éclaircissement sur les honneurs que les Chinois rendent à Confucius et aux morts, in-12, Paris, 1698. La censure fut prononcée le 18 octobre 1700, après trente séances d'une discussion animée. Voir Journal historique des assemblées tenues en Sorbonne, pour condamner les Mémoires de la Chine, etc., in-12, [Paris,]
A Rome, néanmoins, on ne se croit pas en droit d'aller aussi vite qu'à Paris, dans la décision de cette controverse qui, agitée depuis si longtemps,' reste toujours si épineuse. Les délibérations du Saint-Office, interrompues par la mort d'Innocent XII (27 septembre 1700), sont bientôt reprises et activées par les ordres de Clément XI (élu le 23 novembre 1700) ; malgré tout, elles n'aboutiront pas avant trois ans. La difficulté vient du désir qu'on a de résoudre péremptoirement la question de fait, c'est-à-dire d'établir le véritable caractère des rites .discutés, et de l'affirmer dans le décret même de manière à couper court à toute nouvelle tentative d'en éluder l'application. Mais quelle rude tâche pour le Saint-Office, que de se faire d'abord sa conviction et de formuler ensuite un arrêt inattaquable, sur les coutumes et les idées d'un peuple, non moins éloigné de l'Europe par la distance des lieux, que par le genre de son esprit et de sa civilisation, alors que les juges n'ont d'autre ressource humaine, pour cela, que de chercher à démêler le vrai dans une masse de témoignages contradictoires !
Et pourtant les jésuites, après beaucoup d'autres documents de réelle valeur qu'ils avaient déjà présentés au saint-siège pour la défense de leur pratique contre Me Maigrot, en avaient ajouté un qui leur paraissait décisif: c'était le témoignage de l'empereur de Chine lui-même et des principaux lettrés de son empire. On sait quelle bienveillance Kang-hi (1662-1723) montra longtemps aux missionnaires, surtout à ceux de la Compagnie ; il la poussa jusqu'à faire publier, à leur prière, en 1692, un édit proclamant la liberté de la religion chrétienne dans ses vastes États. Les jésuites de Péking crurent donc devoir profiter de sa faveur pour lui demander, à titre d'information désirée par les savants d'Europe, une déclaration authentique concernant le sens et la portée des cérémonies chinoises. A cet effet, ils lui soumirent, le 30 novembre 1700, un exposé conçu entièrement suivant leurs idées, où les honneurs rendus à Confucius et aux ancêtres étaient dépeints comme choses purement civiles et politiques. L'empereur donna sa pleine approbation par un acte officiel, qu'il permit de publier dans tout l'empire. Les missionnaires s'empressèrent d'envoyer leur exposé et l'approbation de Kang-hi au souverain pontife, par quatre voies différentes, le 3 décembre 1700. Ils lui adressèrent de nouveau les mêmes pièces, accompagnées des adhésions de plusieurs grands mandarins et lettrés chinois, le 12 novembre 1701. Brevis relatio eorum qum spectant ad declarationeni Sinaruni Imperatoris Kani Hi circa Cseli, Cumfucii et avorum cultum, datam anno ilOO. Accedunt primatuni doctissimorumque]viroruni, et antiquissimse ti-aditionis testimonia. Opéra PP. Societatis Jesu Pekini pro Evangelii propagatione laborantium, in-8°, imprimé à] Péking,, en latin et chinois. A la Bibliothèque nationale, Fonds chinois, n. 925, et lat. Nouv. acq., n. 145.
Dans les lettres dont ils accompagnaient ces envois, ils avaient soin de déclarer qu'ils ne s'étaient adressés à l'empereur que pour .savoir de lui, chef des lettrés et souverain législateur de la Chine, le vrai sens des lois et
coutumes chmoises; et tout en exprimant leur conviction, fortifiée par ce témoignage capital, touchant le caractère purement civil des rites qu'ils jugeaient devoir encore tolérer, ils n'en protestaient pas moins de leurs sincères efforts pour les remplacer peu à peu par les cérémonies de l'Église ; et ils observaient que c'était déjà fait, en grande partie, dans les funérailles des chrétiens, où l'on portait solennellement la croix à travers les rues de Péking.
Les missionnaires paraissent avoir espéré beaucoup de cette déclaration impériale, pour prouver la justesse de leur opinion concernant les rites; mais il ne semble pas qu'à Rome on en ait jugé comme eux. Leurs adversaires affectèrent de dire que l'empereur n'avait fait que leur donner un témoignage de complaisance : il n'est pas vraisemblable, cependant, que le souverain chinois, simplement pour complaire à des étrangers, ait pu répondre contrairement aux idées et aux traditions de ses sujets, en une matière si importante à leurs yeux. D'autres reprochèrent aux jésuites d'avoir porté au tribunal d'un prince païen une cause qu'il n'appartenait qu'au saint-siège de juger : le reproche n'est pas équitable, car on ne demanda qu'un témoignage à Kang-hi, et non une décision.
Les délibérations du Saint-Office sur les rites chinois étaient encore loin de leur terme, quand Clément XI forma le projet d'envoyer en Chine un visiteur apostolique avec pouvoirs de légat a latere. En annonçant son dessein, dans son allocution consistoriale du 5 décembre 1701, le pape assignait pour but à cette légation d'établir l'union entre les ouvriers apostoliques, de pourvoir à diverses autres nécessités de cette vaste mission de Chine, enfin, de renseigner exactement le saint-siège sur la situation générale et sur les travaux des missionnaires. Il ne parlait pas explicitement de la question des rites; mais l'intention de Clément XI était de charger aussi le légat de Vexécution des décisions attendues sur cette grave affaire. En effet, son secrétaire d'État, le cardinal Paulucci, écrivait au nonce à Paris, le 6 décembre 1701, avec ordre de le redire au cardinal de Noailles : « Cette expédition apostolique ne retardera point la décision de la controverse, qu'on examine au Saint-Office ; bien plutôt elle donnera lieu de l'accélérer, afin que le visiteur apostolique puisse être l'exécuteur de ce que décidera Sa Sainteté. » Papiers Gualterio à Londres, Bi-itish Muséum, Addit. mss., n. 20247, fol. 230; cf. fol. 29i, où est une copie de l'allocution. Malgré le désir ilu pape d'en finir, l'affaire ne fut conclue au Saint-Office que dans les derniers mois de 1704. Voici le résumé et, pour les plus importantes, le texte même des réponses approuvées par Clément XI, dans la congrégation tenue le 20 novembre 1704.
Sur l'art. 1" des questions que nous avons indiquées plus haut, le terme T'ien-tchou, « Seigneur du ciel, » est permis pour désigner le vrai Dieu ; les autres. Tien et Chang-li, sont prohibés, « de peur que les missionnaires, en les employant, ne donnent occasion aux païens de penser que le Dieu des chrétiens n'est pas autre chose que le ciel matériel ou la vertu qui y est contenue. »
Sur le 2« article, concernant l'inscription King-tien, « Honorez le ciel, » que l'empereur Kang-hi avait écrite de sa main pour une église de Péking, et qu'on avait ensuite placée dans d'autres églises ou chapelles de la mission, il est décidé, en conformité avec l'art. 1", que" l'inscription doit être enlevée de toutes les églises, toujours à cause du scandale possible.
Sur le ¥ article, la S. C. réprouve d'abord toutes les oblations et cérémonies, soit « solennelles », soit « moins solennelles », faites dans les « temples ou salles » de Confucius et des ancêtres. Puis elle continue : « Enfin il ne faut plus permettre aux chrétiens de faire les oblations, rites ou cérémonies usités en l'honneur de morts, comme ils sont rapportés dans les quxsita, devant
CHINOIS (RITES
les tablettes des ancêtres, dans les maisons particulières ni aux tombeaux de ces ancêtres, ou avant l'enterrement des défunts, que ce soit 'avec les païens ou à part; ni d'y faire fonction de ministre, ni d'y assister. Bien plus, toutes les choses qui précèdent, étant inséparables de la superstition, selon ce qui a été exposé dans les questions, ne doivent pas être permises aux chrétiens, même s'ils protestaient auparavant, en public ou en secret, qu'ils ne prétendent par tout cela que rendre aux morts un culte civil et politique et non religieux, et qu'ils ne leur demandent rien, et n'en attendent rien. »
Au reste, la S. C. déclare que, par ces réponses, elle n'entend pas condamner r la- présence ou assistance purement matérielle >■, passive, à ces cérémonies, si les néophytes ne peuvent s'en dispenser sans encourir des haines et des inimitiés, pourvu qu'ils fassent une profession de leur foi et qu'il n'y ait pas danger de perversion.
De même, par ces réponses, il n'est pas interdit de faire à l'égnrd des morts d'autres choses, s'il y en a
dan? Ir
li iiiliiiii. <{in iir soient pas veri- . lin ji.is l'apparence de
I hi I luis les bornes-de
-. I ii . ili lin r nuelles sont ces [ui'lk's précautions elles peuvent ? laisser au jugement de M»'' le commissaire et visiteur général , ,iin-i i|ii(- di'- l'vèques et vicaires ^1 11- iiii\-ri n'en devront pas !ii II /Il - ' iiiiit le soin possible I 11- .. Il inclines des païens et à ige des chrétiens, pour
SUpiM -!, , .h. l; ,1,- -
rites riMl- l'i ii-lnnin choses tl iiiovennaiil i être tolérées, il faut 1 patriarche d'Antioche.
dans l'empire dr riiiiii apostoliques di - i ■ moins travaillai i i ii à éliminer entii i ■ im n faire passer peu à peu
les chrétiens, les rites que l'Église catholique a pieusement prescrits pour les défunts.
Sur le 5« article, les tablettes des ancêtres avec les inscriptions usuelles sont prohibées. « Quant aux tablettes, où le nom du défunt seul serait inscrit, on peut en tolérer l'usage, pourvu qu'il n'y ait pas de scandale, c'est-à-dire pourvu que ceux qui ne sont pas chrétiens ne puissent pas croire que les chrétiens gardent ces tablettes dans le même esprit qu'eux-mêmes; et à la condition d'ajouter une di'-rlaration écrite à côté des tablettes, marqii.nil i|iiillr i^i la foi des chrétiens touchant les moi N I t ,|ni|li ilnii l'itre la piété des enfants et des descend. inN :i I.^jhI des ancêtres. »
A la question du 3 article, renvoyée à cet endroit, la S. C. a jugé préférable de ne rien répondre : pour que le saint-siège n'ait pas à se départir de l'ancienne règle, qu'il a suivie jusqu'à pp'-s'iil dnns res controverses chinoises; en effet, si les •■\\' ■ ■ - im Im ont été présentés, suivant les circonstann - ni < ! iliilinnts, il a toujours répondu sur chacun ;ni > n mIi . m, us ne s'est jamais prononcé sur la vérité on l:i Ruisselé de ces exposés.
Sur le 6" article, la S. C. déclare n'avoir pas les lumières nécessaires pour y répondre. Kn attendant, elle charge encore le visiteur apostolique de pourvoir à ce qui sera nécessaire, après avoir consulté les évêques et les vicaires apostoliques et les plus savants missionnaires.
Sur le 7" article, même réserve : Supposé que les livres chinois contiennent l'athéisme, etc., comme il est dit dans le mandement de M'i' de Conon, on approuve l'avertissement qu'il a donné à ce sujet, et la S. C. conclut : Il Enfin, il faut louer la déclaration mise à la lin du mandement, où il est dit qu'il ne faut pas blâmer les missionnaires qui ont cru, jusque-là, devoir suivre une pratique ditlérente de celle qui est prescrite dans le mandement; parce qu'on ne doit pas s'étonner que, dans une matière discutée depuis tant d'années et où le saint-siège a donné des réponses différentes, suivant les circonstances différentes qui lui étaient exposées, tous ne se soient pas ralliés au même sentiment. En conséquence, dans cette affaire, Ma' le patriarche d'Antioche,
aussi bien que les autres à qui sera commise l'exécution des réponses ci-dessus, devront faire en sorte que toute apparence de superstition païenne, et la tr.ace même de son souflle, suivant le mot de Tertullien, soit écartée bien loin ; mais, en même temps, mettre à couvert l'honneur et la réputation des ouvriers évangéliques, qui travaillent avec vaillance et application dans la vigne du Seigneur et qui, avant que les doutes proposés plus haut fussent tranchés avec la prudence et la rectitude ordinaire de ce saint-siège, ont été d'un autre avis; et ne pas soufl'rir qu'on les fasse passer pour fauteurs d'idolâtrie; d'autant plus qu'ils ont eux-mêmes déclaré n'avoir jamais permis la plupart des choses qui, d'après les réponses ci-dessus, ne doivent pas être permises aux chrétiens; et qu'il n'est pas à douter, que la cause étant finie, ils n'obéissent aux ordres du saintsiège avec l'humilité el l'obéissance convenables. »
Dans l'approbation qu'il donne à ces réponses longuement discutées en sa présence. Clément XI tient à faire observer encore qu'il a non seulement conféré plusieurs fois en particulier avec les évêques de Béryte et de Rosalie (Ms' de Nicolaï et Ma' de Lionne), vicaires apostoliques en Chine, opposés aux rites, mais encore entendu tout ce qu'ont voulu proposer en faveur dé ces rites les PP. François Noël et Gaspar Castner, de la Compagnie de Jésus. Il termine en ordonnant de transmettre ces réponses au visiteur apostolique en Chine, pour les faire observer de tous, missionnaires et fidèles. En attendant, il en suspendait la publication et la divulgation, tant pour Rome que pour toute l'Europe.
Le secret, du moins sur le détail des dispositions, fut assez bien gardé jusqu'en 1707. Quand on les connut, on remarqua fort que le décret ne donnait ni entièrement raison à Ma' Maigrot, ni complètement tort aux jésuites. La réponse sur le 3« article, où la S. C. refusait de blâmer l'exposé du P. Martini, était une sorte de consolation pour ces derniers. Ils pouvaient même dire, jusqu'à un certain point, que Ms' Maigrot était frappé avec eux, puisque les «petites cérémonies», pour lesquelles il acceptait la tolérance au moins provisoire, étaient réprouvées aussi bien que les solennelles. Mais, en fin de compte, c'était la méthode des jésuites qui était condamnée, et ce qui était plus grave, le décret de 1704 édictait une sorte de révolution dans les missions de Chine. Révolution nécessaire sans doute, puisque Rome en jugeait ainsi, mais combien difficile à réaliser sans désastres ! La très grande majorité des 300000 chrétiens de l'empire allaient, en elfet, avoir à changer une habitude séculaire, où ils ne voyaient jusqu'à présent rien que de légitime, et pour la changer, ils devaient heurter les préjugés les plus invétérés, rompre avec les traditions les plus sacrées de leurs nationaux; et comme suite nécessaire, se préparer aux persécutions les plus sensibles, à la perte de leur fortune, et peut-être de leur
m. Applic.wion des décisions romaines et sentence DÉFINITIVE. — Pour ménager Ce changement, sans ruiner du même coup la mission, le visiteur choisi par Clément XI aurait eu besoin de bien des qualités. Malgré le soin apporté à ce choix, une étude scrupuleuse de ce qui suivit ne permet pas de dire que l'homme envoyé fut cehii qu'il fallait.
Il s'appelait Cliarles-Thomas Maillard de Tournon et sortait d'une noble famille de Turin. Docteur en l'un et l'autre droit, maître en théologie, prélat estimé dans la cour romaine pour sa piété, sa science, son entente même des affaires, au témoignage du pape, qui l'avait admis parmi ses familiers, il avait certainement plus qu'il ne fallait pour beaucoup d'emplois moins ardus que celui qu'on lui confiait. Clément XI voulut le consacrer évêque de ses propres mains dans la basilique vaticane, le 27 décembre 1701, et lui conférer le titre de patriarche d'Antioche. Mo"' de Tournon quitta l'Europe
CHINOIS (RITESj
lo 9 février 1703 et se rendit d'abord diins llndr, où il devait remplir une mission an, dogue à crllc (|ni lui était confiée ponr la r.liiiM' . il .uiixa à l'on.lii Im i\ , -nr le vaisseau du roi de I'imimc, Ir W.mo'./hjs. Ir li iinnuiln r '1703, et n'en repartit qn-' ir 1 1 jnillri I7iii |i.iiii li - rinlippines, d'où il arriva k' 2 ,i\iil ITiC. ,i Mji.k., \r {'> du même mois à Canton, et le l décembre à l'éking.
Nous ne racontons pas ce qui se passa durant son séjour dans celle capil.de. Il suflil de dire que l'cmpe-
Cban'.. , ,1, ','l, ,'.', : ,',,,' .1. .p. il |,nt .)'■ "-i '^l-
buis ,1. -., ,H,-- ',ul .!,■ -i,,,pr r L. i-i |im- ,lrs
rites li,(lhi|l,.nN i . 1,1, l|.n,rliiil.il-. l.eli,,l|-|,Mvl„>
était revenu a .\,iiil, m^, ,|n,iud il apprit que Kany-bi ordonnait à lun^ Irv im^-hiiiuaires, sous peine d'expulsion, de venir Im d, ;imiiiI, i un piao ou diplôme, conférant l:i |i. 111,1- I., Il .1, |,i,,Im.| l'Riangile, et qu'il ne l'accdnliii ,|,i.i r,,i, .i,,i |,i .,iii,it,ui'iil de ne pas combat he \r- I II, -, I . 1. ,1 , , II! I,. ment venu de faire
connaih., 1,1 -, iih M,,, ,1. |.i leiiiliie, mais non publiée, contre ces riles. En ellet, il savait que le Saint-Uflice avait fini par donner ses réponses sur le mandement de Mur Maigrot, et que le pape les avait approuvées, le 20 novembre 1704. Le texte même de ces réponses ne lui était point parvenu, il est vrai, mais il en connaissait le sens, quand, le 25 janvier, il lança un décret ou mandement, dictant aux ndssionnaii'es les réponses à faire quand ils <,i.iii,iil iiiln f,.;;^'^ |i,ir laiilenl,ihirieise au sujet des ril,'-, 11 I,- ,,l,h^(',iii ^,,iis |ii,mi,' d lAinmmunication cil/,r s,-,,l,nli;i lie iliel.ir,!' i|llll \ .u,iil « plusieurs cboses «, dans la ducUine et les cuntuiiies chinoises, qui ne s'accordaient pas avec la loi divine, et que tels étaient, notamment, les « sacrifices de Confucius et des ancêtres » et « l'usage des tablettes des ancêtres »; de même, que C/iang-fi et Tien n'étaient pas «le vrai Dieu des chrétiens » .
S'ils sont inteiT.isc-s, ceiiliniiail-il, pourquoi ils jugent ainsi de
ces cil, ^,-, il- , , I . I, h , 1,1 ,| , -: I .,1 , ,■ ,iiroUes ne s'accordent
pas ;i\, , I, . ,,' , ,(, , , I ' , , , , ',, ainsi décidé par le
, ,!,■,- chrétiens dans les 11,1,1 e ■,- -III I., ,lale de cette décision : a ■lé icndiie le 20 novembre 1704. Si enfin on leur demande, comment en êtes-vous certains? Ils répondront : Nous en sommes certains par la déclaration que nous en a faite le patriarche d'.Vntioche notre supérieur, qui porte en lui-même les oracles du souverain pontife en vertu de ses pouvoirs (qui oracula summi jwnti/icis in se habet vigore suarum f'acultatum), et nous sommes tenus de le croire (et tenemur ei credere).
Mar de Benavente, de l'ordre des augustins, évêque d'Ascalon in partibus infidelium et vicaire apostolique du Kiang-si, et plusieurs missionnaires à sa suite, en appelèrent au souverain pontife de cet acte autoritaire qui, dans les circonstances, leur paraissait manifestement dépasser, sinon les pouvoirs du légat, du moins les intentions de celui qui l'avait envoyé. En attendant que le pape eut fait connaître sa volonté, ils se croyaient en droit, voire obligés de demander et de recevoir le piao, même aux conditions interdites par le décret de Nanking, pour empêcher la destruction complète de la mission. Quand l'empereur Kang-hi eut connaissance de ce décret, il fit reconduire Mu' de Tournon à Macao, avec défense d'en sortir avant le retour des envoyés (des missionnaires jésuites) qu'il chargeait lui-même de porter au pape ses objections contre l'interdiction des rites.
Le 30 juillet 1708, on vit revenir à Paris Ma' Maigrot, expulsé de Chine par ordre de Kang-hi; plusieurs autres missionnaires du séminaire des Missions étrangères ou dominicains, franciscains, etc., avaient dû également sortir de l'empire; cependant, des religieux d'autres ordres que la Compagnie, en assez grand nombre, avaient demandé et obtenu le piao, et parmi eux, l'évêque
DICT. DE TIIÉOL. CATHOL.
souvii ,
que tous sache
de l'ékin;.;, .Min délia Chiesa, franciscain. Enfin, dans les derniers mois de l'.innée 170S, on reçut à Homo le décret de Nankin-. |mi- .1,- |,,ii-ii,- r.l.ilinn - il.- Mur de
Tournon et de s,- e,,ii,|i.i^ -, ,1,, ,1, i,,|ii ,i Macao.
L'émotion do Cl.n,, ni \ I ,1 il,,- iMr,liii.iii\. ., i.hiIos ces nouvelles, fut \i\e, un !,■ e , ln,,,|iir- i Tournon s'ajoutait à celle d, m, -, , II,, m, -m-uliére-
men t aggravée par l'inlrr 1,11 h, M ,|, K,iii ln.i :i, luentXl,
avant tout, s'cll'ore.i, (ur ,1, \, n- ,h|.|,,iii.ilii|ues, de
rendre moins ai^n,- l,i iIhiImh ,, !,i,|iii,|le les procédés
trop brusques (I, ,, l, ,i n , lu, ni pas étrangers. Il adressa donc, il, l, l mn IVii'.i. une assez longue lettre à l'empeivin , nm 1,, r.ji ul. mais seulement en octobre 1712. Elle débutait par de grands compliments; puis, le pape, tout en réclamant avec une dignité apostolique le droit pour les cliréliens de pratiquer leur religion dans ~,i |,nnl,', ,i ,,,,mi,iii fi in,liriiient le
patriarche, qui , ii ,l, ,i ,l ,, ,, i,,iinaires
le sentiment II II ,i,,i i, , , , n ,!,ins rites
chinois, pronieil.n .1,, hi,, ,,■.,,, ,,ii, ,ii,,,n l, - ilueuments nouvellement apportés à Uume par des missionnaires de Péking, et espérait ensuite s'expliquer plus amplement. Celte promesse vague, qtii n'était, dans la pensée de ri,-ni,nil XI, i|n'nn.- s,,lM-|ili .IVerl,- 'i l'.i m, ,i. i-
dans I illii-i,,n ,|ii, I,, • ,,ii |,.ir -,. ,',,n,.,ii,, i,
mettrait aux cliréliens dans le sens de la déclaration impériale. En attendant, il maintint ses mesures contre les missionnaires opposés aux rites, et déclara même qu'il n'en laisserait plus entrer en Chine aucun nouveau, avant d'avoir reçu de Rome une réponse satisfaisante.
Clément XI ne voulait nullement laisser croire qu'il pourrait revenir sur les décisions données, ou désavouer le cardinal de Tournon (il l'avait créé cardinal le l" août 1707), pour ce qui concernait le fond de son mandement de Nankin-, Il le prouva en faisant publier aussi, en mars 17(i',i. I, s i, |i,in^es du Saint-Oflice approuvées le 20 novemln ■ i7ni. Il le montra encore plus, en faisant rendre p,ir \.i imnie .s. C., le 25 septembre 1710, un nouveau di'cret, confirmant l'acte du cardinal-légat, enjoignant à tous de l'observer sous les peines qu'il marquait, et rejetant les appels qui y avaient été opposés. Mais le pape déclarait en même temps que le mandement de Nanking devait être entendu dans le sens des réponses de 1704, sans rien y ajouter ni rien en retrancher. Il annonçait aussi qu'il faisait rédiger une insti-uction, à envoyer au cardinal de Tournon ou n soti successeur et aux évêques et vicaires apostoliques de Chine, laquelle réglerait toutes les difficultés pendantes « de manière à procurer à la fois l'exécution des décrets apostoliques, l'union des missionnaires, le progrès de la prédication évangélique et le bien des âmes ». Enfin, pour opposer une digue au torrent d'écrits que les deux partis ne cessaient de produire sur cette matière, avec plus de scandale pour les fidèles que de profit pour la solution de la controverse, Clément XI défendait de publier, désormais, quoi que ce fût sur les rites chinois, sans une permission spéciale du saint-siège, à obtenir de la S. C. de l'Inquisition.
(( Tout cela, dira Clément XI dans sa constitution Ex illa die, après avoir rappelé ses décrets de 1704 et de 1710, aurait dû suffire pleinement et abondamment, pour que la zizanie, semée par l'homme ennemi dans le champ de la mission de Chine, fiit arrachée jusqu'à la racine, et que tous les fidèles se rendissent aux ordres du saint-siège avec l'humilité et l'obéissance requises; d'autant plus qu'à la suite des réponses confirmées et approuvées par Nous, comme il a été dit, il était déclaré en termes clairs et nets que la cause était finie.
« Cependant, continue le pape. Nous l'avons appris non II. - 75
sans une profonde douleur par les relations venues de ces pays, l'exécution de ces Réponses, si instamment prescrite par Nous, est, depuis longtemps, en grande partie éludée ou du moins trop retardée par la plupart : soit sous le faux prétexte qu'elles auraient été suspendues par Nous ou ne seraient pas régulièrement promulguées; soit en raison des conditions qu'on affirme à tort )' être incluses, qui devraient être réalisées avant l'cxéciilion, et des faits sur lesquels elles ont été rendues, qui iii -iriii m |i,is vérifiés; soit sous couleur de déclaraliuii- ni!' 1 1' III . - à publier par Nous; soit par crainte di> Lir.' - .1,111^1 i'! qui peuvent résulter de l'exécution ooiiiiiiaiidi-c, laiil pour les missionnaires que pour la mission elle-même; soit enfin sous couvert du décret rendu le 23 mars 1656, au sujet des mêmes rites ou cérémonies chinoises, par la Congrégation des cardinaux du Saint-Office, avec l'approbation de notre prédécesseur Alexandre VII. Et tout cela ne s'est pas fait sans grave atteinte à notre autorité pontificale, ni sans scandale des fidèles et détriment du salut des âmes. »
Nous ne voulons pas justifier les missionnaires dont parle ici Clément XI, qui ont continué, après les décrets de ITOÎ ri il.- 1710, à |h im. llir Ir^ liles prohibés, en es;-a\,.iii .!'■ M r.iii\ i ji ilc- rii^mi- que le pape indique et irjril. I.ii|iiil'' nMj- iii ,ii!iii(iiii~ de leur accorder des ciieiiii>l,inr,> [r. ^ a I Icnii.iiiles. Ils étaient vraiment pris entre le marteau et l'enclume ; d'un coté, des décrets redoutables pour une conscience de prêtre et de religieux, et dont certainement aucun missionnaire ne s'est jamais écarté d'un cœur léger; de l'autre, la prévision humainement certaine, que l'exécution de ces décrets serait la fin de la mission ou du moins la destruction des plus beaux résultats obtenus depuis 130 ans et la ruine des espérances plus belles qu'ils avaient fait concevoir pour l'avenir. C'est cette perspective s'imposant avec une certitude morale (le mot n'est pas trop fort) qui fit que plusieurs missionnaires (et pas exclusivement des jésuites), pendant quelque temps, cherchèrent le moyen d'éviter les prescriptions rigoureuses de 1704 et de 1710, ou d'en relarder au moins l'application. Qu'ils se soient trop facilement contentés, pour ce faire, d'arguments sans valeur, on doit le croire, puisque Clément XI l'affirme; mais ils ne seront point blâmés le plus sévèrement par ceux qui ont le plus au oœur l'amour des âmes.
Quoi qu'il en soit. Clément XI, voulant couper court à toutes ces » difficultés, tergiversations, subterfuges et préle\l.^ ., lil piililier, le 19 mars 1715, une constitution a]i,.-tiilh|ii. , plus solennelle et plus précise que tous les acii - aiit'ijiuis. Elle portait ce titre : Précepte sur l'obiervuliuH totale, absolue, entière et inviolable de ce qui a été précédemment décrété par Sa Sainteté dans la cause des rites ou céréiuonies chinoises, où sont rejetées toutes les raisons ou excuses alléguées pour éviter l'exécution de ces décrets, et prescrivant une formule de serment à prêter sur celte matière par les missionnah-es présents et futurs de ces contrées.
Le pape déclare d'abord que, depuis le début de son pontificat, il n'a rien eu plus à cœur que d'amener les missionnaires de Chine à l'unité de sentiment et de pratique sur la question des rites. C'est dans cette vue qu'il a confirmé les réponses données par le Saint-Office en 1704. Ici la nouvelle constitution reproduit tout ce qui est proprement décision dans ces réponses, en omettant presque tous les motifs qui les accompagnaient dans le décret complet de 1704. Comme le texte des réponses contenu dans la constitution est celui que Benoit XIV, avec quelques explications, a encore prescrit comme rO'gle finale en la matière, nous devons le reproduire ici en entier. Nous jugeons inutile de le traduire, mais nous ajoutons des renvois aux articles du texte de 1704 et nous mettons en italiques les princi-
CHINOIS (RITES
paux endroits où le texte de 1715 diffère un peu de celui de 1704.
congi-ue apud Sinas vocabulis Europaeis exlumdem verum Deum significandum vocabup cmli Dnminn». rnind a Sinensibus missio-
Cum Deus 0. M.
Tien, cselum 1 appensas in
po-
.^'1 II I -1 1 il I I , ' I iiiittendum esse ctiri-
stitidiiiln ,|ii I 11 I iii iiiiiM- i.i m iiilersint solemnibus saciiliLji^ scu .iUatu.iiilHi.^, qu.e a Miieu^ibub in utroque asquinoctio cujubcuinque auui Cunfuciu et pii.iyenituribus defunctis fieri soient, tanquam superstitione imbutis. Similiter, nec esse permittendum, quud in sedibus Cunfucii. qiiœ Smico nomme Miao appellantur, iidem christifideles exerceant ac peragant ceremonias, ritus et oljlationes, quœ in honorem ejusdem Confucii fiunt tum singulis mcnsibus in novilunio et plenilunio a mandarinis seu primis magistratibus, aliisque officialibus et liUeratis; tum ab eisdem mandarinis seu gubernatoribus ar magisfratibus. antequam dignitatem adeant, seu saltem post eiiis iinssessionem adeptam; tum denique a litteratis, qui postquaiu .ni çiadus sunt admissi, e vestigio ad templum seu œdem Ccailucn se c. nferunt.
Pr.Eterea non esse permittenduni clirj.sUanis, in templis seu œdibus progenitorum dicatis oblationes minus soleranes eisdem facere, nec in illis ministrare, aut quomodolibet inservire, vel alios ritus et ceremonias peragere.
Item, nec esse permitlendum prœfatis christianis oblationes, ritus et ceremonias hujusmodi coram pregenitorum tabellis, in privatis domibus sive in eorumdem progenitorum sepulchris, sive antequam defuncti sepulturse tradanlur, in eorum honorem fieri consuetas, una cum gentilibus vel seorsim ab illis peragere eisque minisU'are aut interesse. Imo prœdiota omnia, utpote qua?, perpensis hinc inde deductis, necnon diliycnter ac mature discussis omnibus, ita peragi comporta sunt, ut a superstitione separari nequeant, christian;c legis cultoribus nequidem permittenda esse, prœmissa publica vel sécréta protestatione se non religioso, sed civili ac politico tantum cultu erga defunctos illa prœstare, nec ab eis quidquam petere aut sperare.
Non tamen per luec cen.sendarii esse damnatani prjesentiam illam seu assisl..-iri.iiii m-i.' hùi'.-i i.ii.'in. mu. un ''11111 lientilibus
superstiliosapii:,. ■ < i: - -uetacitam
gestorum ap)a'"l'.'' i. 'i . . " 'i i ' niiu- secluso,
eisdem superstili(i-i. ii'-ili: - I , ',., i' . i ',' '.'h '-niiiigat a christianis, cum aliter odia ii " 'H' .'i"i ii"n possunt : facta tamen prius, si comniu.l < ■ i "I. i protestatione ac
cessante periculo suhver-i' I ' i
Demum permittenduni nu '- i'^ iihli/libus tabellas de-
functorum progenitorum in suispri\atis d.uiiibus retinere, juxta itlarum partium morem, hoc est, cum inscriptione sinica, qua thronus seu sedes spiritus vel animœ N. significetur; immo nec cum alla, qua sedes seu thronus, adeoque idem ac priori, licet magis contracta, inscriptione designari videatur. Quo vero ad tabellas solo defuncti nomine inscriptas, tolerari posse itlarum usum, dummodo in eis conficiendis omittantur omnia quîe superstitionem redolent, et secluso scandato, h. e., dummodo qui christiani non sunt. arbitrari non possint tabellas hujusmodi a christianis retineri ea mente, qua ipsi illas retinent, necnon adjecta insuper declaratione ad latus ipsarum tabeUarum apponenda, qua, et qua' sit clu-istianorum de defunctis fides et qualis filiorum ac nepotum in progenitores pietas esse debeat, enuncietur (a. 5).
l'er prœmissa nihilominus non vetari, quominus erga defunctos peragi possint alla, si quœ sint, ab ils gentibus peragi consueta, quœ vere superstitiosa non sint, nec supersti bonis speciem prœseferant, sed intra limites civilium et politicorum rituum contineantur. Porro qusenam hœc sint et quibus adhibitis cautelis tolerari valeant, tum pro tempore existentis Commissarii et Visitatoris generalis apostolici seu ejus vices e.wrientis in imperio Sinanun, tum episcoporuiii '■' U' 'M'Iuiu jp-i !,i'iii:i! ilianiiu partium
judicio relinqui'ii'ii. ' ' '' "h ;"" poterunt
studio ac diligeiiii.' . "' ,' ■ '!• i " l'i; ■ i i ' ni , ' l 'incniis penitus sublatis, illi -rh-nn ;i ' II! i-iiaiii> ri l'i" ' 1,1 i-iMiii^ hac in re usu recipiantur ritus. quos catholica Ecclesia iro defunctis pie prœscripsit (a. 4, § 6).
Les articles 3 et 6 de 1704 sont omis.
Le pape rappelle encore le décret qu'il a rendu, en 1710, pour l'approbation du mandement de Ma' de Tournon. Puis il ajoute la plainte, que nous avons déjà citée, sur les difficultés opposées à toutes ces décisions. Pour
i:iS3
CHINOIS (RITES
€11 finir donc, il ordonne, sous les peines les plus srvéres, y compris l'excommunication lalx senteiHia;, à tous ceux que cela regarde, d'observer et faire observer entièrement et sans réserve tout ce qui est contenu dans les réponses insérées ci-dessus. Il termine par la rorinule du serment, que devront prêter tous les missionnaires, avant d'exercer ou de continuer aucune fonction du ministère en Cliine, et par laquelle ils s'engagent dans les formes les plus sacrées à observer tout ce que la consliluin.ii leur prescrit.
Un acte si solenn.l. .i\. .■ .\.~ -(ne lions si rigoureuses, ne pouvait rencoiih' i nu mi. i Mslance chez les missionnaires. La consliiiai<iii i'.i i //a i/ie parvint à Canton au mois d'août 1716, et le procureur des missions de la Propagande en envoya secrètement des copies dans toutes les provinces. Tous les missionnaires, sans exception, prêtèrent le serment imposé, et, en somme, ceux qui, jusque-là, avaient cru licites les cérémonies défendues, firent tout ce qui était humainement possible pour en détacher leurs chrétiens. Mais il aurait fallu que ceus-ci fussent héroïques; malheureusement, ils en étaient bien loin ; d'ailleurs ceux qui avaientlété formés par des missionnaires ennemis des rites, ne le furent pas davantage. A. la notification du pi-écepte de Clément XI, les uns aimèrent mieux se voir refuser les sacrements que de promettre d'obéir, les autres donnèrent la promesse et la violèrent tout de suite après; beaucoup allèrent jusqu'à l'apostasie. Le nombre de ceux qui, de fait, renoncèrent aux rites fut minime, et ne se recruta que dans les plus basses classes de la population. La vieille haine des païens, surtout des lettrés, contre le christianisme n'en fui pas moins réveillée, et put exploiter plus aisément que jamais le grand grief, mépris des devoirs à l'égard des parents et ancêtres et du maître de la nation. Les vexations, puis de véritables persécutions surgirent bientôt de tous côtés pour les malheureux néophytes, tandis que leurs protecteurs habituels, les missionnaires, étaient de plus en plus réduits à l'impuissance, par leur petit nombre, par la diminution de leur iniluence, par les entraves que les dernières mesures deKang-hi mettaient à leur ministère. L'empereur, naguère si favorable au christianisme, qu'il avait donné occasion de rêver d'un Constantin chinois, s'aigrissait de jour en jour contre la religion et ses sujets chrétiens. Quand il connut la constitution de 1715, il déclara plus haut que jamais qu'il ne lui était pas possible de laisser prêcher à ses sujets une doctrine si opposée aux lois et aux coutumes fondamentales de la Chine. S'il ne donna pas cours aussitôt à tout son ressentiment, ce fut en considération de tant de services que lui avaient rendus les missionnaires. Encore, quand les neuf plus grands tribunaux de l'empire rendirent, le 16 avril 1717, une sentence, d'après laquelle tous les missionnaires devaient être expulsés, la loi chrétienne prohibée, les églises détruites et les chrétiens chinois contraints d'abjurer la foi, Kang-hi, non seulement ne fit rien pour les retenir, mais signa cette cruelle sentence, un mois plus tard. A la vérité, quand les missionnaires qu'il écoulait le plus volontiers lui en firent leurs plaintes, il s'efforça de les rassurer, en leur promettant que ces rigueurs ne seraient jamais appliquées à ceux qui étaient munis de son piao. Cette promesse était désormais une garantie bien précaire, et la facilité avec laquelle l'auteur de l'édit de 1692 en faveur du christianisme avait ratifié la sentence du 16 avril 1717, était d'un sinistre augure pour l'époque, peu éloignée, où il aurait un successeur qui n'avait jamais partagé ses sentiments bienveillants pour le christianisme.
Pour comble de malheur, l'unité de vues et d'action que Clément XT avait voulu établir entre les ministres de l'Évangile en Chine, par le moyen de son Précepte, n'était nullement réalisée. Après avoir constaté tant de
fois l'impossibilité d'obtenir de la plupart des néophytes une sincère soumission au décret pontifical, et le peu de sûreté des promesses qu'ils faisaient pour obtenir le baptême ou l'absolution, les missionnaires durent se demander s'ils pouvaient en conscience continuer à conférer des sacrements si exposés désormais à la profanation. Beaucoup crurent qu'ils ne le pouvaient pas, et s'abstinrent de les administrer en dehors des cas d'extrême nécessité. D'autres, plus nombreux, ne purent se résoudre à laisser à l'abandon même ces âmes d'une disposition si douteuse; mais parmi ceux-ci encore, plusieurs tantôt administraient, tantôt, troublés par les scrupules, quittaient le ministère sacré, pour le reprendre quelque temps après.
Dans l'application même de la conslitution Ex illa die, les directions n'étaient pas uniformes. Le pape, on l'a vu, admettait expressément, qu'entre les usages établis chez les Chinois pour honorer les morts, il pouvait s'en rencontrer qui ne tombaient pas sous ses prohibitions, et il laissait aux prélats des missions le soin de les déterminer. Mais celte concession, dont il était naturel de profiter, pouvait s'interpréter de plus d'une manière. Ceux qui avaient été les plus ardents à demander l'interdiclion des rites, et qui en sentaient maintenant les conséquences comme les autres, ne lui donnèrent pas l'interprétation la moins large dans leur pratique.
Les lettres des missionnaires de cette époque (nous en avons lu beaucoup) respirent, avec la soumission résignée, mais complète, aux ordres du vicaire de Jésus- Christ, une poignante tristesse, presque le désespoir : eux-mêmes emploient ce terme pour caractériser le sentiment qui les oppresse, en voyant, témoins impuissants, s'accomplir la ruine de leur belle mission : comme le marin qui sentirait son navire s'enfoncer sous ses pieds, en vue de la terre désirée.
IV. Les permissions. — La situation de la chrétienté de Chine appelait donc par plus d'un endroit une nouvelle intervention du saint-siège. Clément XI résolut d'y envoyer un nouveau visiteur apostolique, pour reprendre avec des procédés un peu différents et, s'il se pouvait, avec plus de succès, l'œuvre laissée si imparfaite par le cardinal de Tournon. Celui-ci était mort, le 8 juin 1710, à Macao, où l'internement ordonné par Kanghi lui avait été rendu pénible, surtout par le gouvernement portugais, qui se vengeait ainsi des prétendues usurpations du légat sur son patronat des Indes. Le pape lui nomma pour successeur avec le titre de patriarche d'Alexandrie, M'JfJean-Ambroise Mezzabarba. Afin d'éviter une répétition des difficultés avec le Portugal, le nouveau visiteur prit son chemin par Lisbonne, où il s'embarqua, le 25 mars 1720. Il arriva le 26 septembre à Macao et le 12 octobre à Canton. Avant de le recevoir à sa cour, Kang-hi voulut être pleinement instruit du but de sa visite. Quand le patriarche avoua être venu pour prier l'empereur de permettre aux chrétiens d'obéir à la conslitution interdisant les rites, toute la réponse fut que l'ordre allait être donné d'embarquer tous les missionnaires, avec le légat, pour l'Europe. Ms' Mezzabarba, épouvanté, fit comprendre que s'il n'avait pas le pouvoir de suspendre la constitution, il était pourtant autorisé à permettre certaines choses; et invité à s'expliquer, il communiqua les huit « permissions », que nous aurons à citer tout à l'heure. L'empereur, sans être satisfait, se radoucit; mais le légat lui-même ne songea plus qu'à précipiter la fin de sa mission, en s'offrant à aller renseigner le souverain pontife sur les vœux de l'empereur et à rapporter promptement la réponse. Kang-hi accepta, en donnant clairement à entendre que si la réponse n'était pas celle qu'il désirait, les choses en seraient pires qu'avant. Le visiteur apostolique se rembarqua à Canton le 23 mai 1721. De Macao, où il s'arrêta six mois, il adressa aux missionnaires de
Chine une lettre pastoiale datce du 4 no\embre 1721 ApiL |n 1 |U liiisi ns 11 \ difl cultes qu il tviitren conti f de ne pouvoir
lenipl naires que pu
lettri. I 1 1 1 obéissance
■m siint 1 c n is il tunliiiu il m i textuellement
11 n est pas necessaii e en effet que nous fassions aucun acte poui q p ln= ordip rtf n tie =n nt Peie le p-ipe Clément M déjà
CHINOIS (RITES
jet de
OUs lie JjtiuieUul s 1 Ll LU. CL qi des doutes que quelques miss
't ifn que chi
défuntïî I or
I c n emble
unfec
I is s
Troi-f "Ite de Contucius, quand il
est ci\ Il , ' : t^ées quant aux lettres et à
rinscrijih II -"| ■ in|iagnées de l'explication re-
quise; de mt-me iiii il esl iicrnii-^ devant sa tablette corrigée d'allumer des chandelles, de brûler des parfums, de présenter des comestibles.
pense liims li- ihihim .- ili - iii:in n ii<-, ties parfums, en y
Cinq II
i le <li:
Sixiriiirn/'n: Il ■ -' |.i-nnis de dresser des tables avec des gàteaiiN. ili ini:N ,|. Kl cUmv et des aliments usuels auprès ou devant lu riiiiuil, 1 y a une tablette corrigée, avec l'explication requise et omellmit toute chose superstitieuse, simplement pour donner quelque témoignage de respect et de piété envers les morts.
Septièmement. Est permise devant la tablette corrigée la révérence dite Ko teu, tant au nouvel an chinois, qu'en d'autres temps de l'année.
Huitièmement. Il est permis devant les tablettes corrigées d'allumer des chandelles, de brûler des parfums, avec les précautions requises; de même devant le tombeau, où l'on peut aussi placer des aliments, comme il est dit plus haut, avec les précautions requises, comme ci-dessus.
Le patriarche ajoute encore une assez longue exhortation au zèle apostolique, et s'adressant spécialement aux missionnaires qui s'étaient volontairement suspendus du ministère sacré, il leur dit : « Quiconque, sous divers prétextes, croit devoir cesser les fonctions de blesse son âme et rendra raison des
autres au juye éternel. » Enfin, estimant que la connaissance ili -,i liiii. iiiiil inutile aux néophytes, il défendaii, -I i; I iM li . ri.ijimunication ia(œ seiiterafiœ, de la tr.Mi: ,j 1. lu ! il < ou en chinois, ou de la faire connaître .1 .[iii iju^ ec lût, qui ne serait pas missionnaire, « excepté quant aux permissions, qui ne devront être communiquées qu'avec précaution et seulement quand il y aura nécessité ou utilité. »
Ces « permissions » soulèvent un grave problème. Comme nous le verrons bientôt, elles firent l'objet d'une longue enquête dans les Congrégations romaines et, à la fin, Benoit XIV, par la bulle Ex quo, du M juillet
Ce-
iboi 1 des nu et conli pipe I nons I curieu
17d2 les 1 non seulement re\oquées et annulées, declai t contruiLS i h constitution E.r iUa die ptnd I M M I I en iccordant ces permissions, 1 hi puis pour faciliter la tâche it il de son propre mouvement u du moins les intentions du Ltnquète à laquelle nous veie\elé sur ce sujet des faits \l\ dans la bulle Ex quo, affirme issez eliirement par cette enquête, que les permissions n ont jimais été approuvées par le saint sie^e [salis apeite comperlum liabemus antedictas pe> niiisiones nunquam a saiicta sede probatas), cette déclaration dans ses termes soigneusement pesés, est rigouieurement exacte mtis n'exclut pas toute part de Ckment \I dans les concessions faites par son ksdt
^01C1 d iiUeurs les faits d ibord, suivant le résumé le Benoit \IV Les permissions (de Ma' Mezzabarba), Il n nous dans la bulle Ec quo, ont eu pour origine réponses donnces par deux hommes qui t t depuis longtemps en Chine, à quelques ques- I des missionmires a\ lient proposées concernant 1 \ ition et h pr-îtique de la constitution apostolique (Ev lUa die) Ces réponses avec les questions, furent dune ti insmises iu patinrche d'Alexandrie, mais sans lien qui indiqu it que le souverain pontife les eût appiouvees ou bien j eut mis du sien, et seulement pour 1 instruction du legit et alin qu'il en fît usage comme les ciiconstinces des affaires et du temps le demanderaient : a\ec reser\e du plein droit du siège apostolique de les approuver ou de les révoquer, suivant qu'elles pourraient un jour être trouvées conformes ou opposées à la constitution. »
L'enquête nous fournit, entre autres, les détails suivants à ajouter à ce résumé.
Les questions, qui donnèrent occasion aux réponses il'oi'i sont ixiraites les permissions de Mezzabarba, :i\,iii ni •■\r iiosées. tant par l'évéque de Péking, Frai l:ii iiiii iliii.i ilrlla Chiesa, que parplusieurs missionnaires ilr l:i ri(ip;iy;iiule etde la Compagnie de Jésus. Les deux anciens missionnaires auteurs des réponses, dont parle Benoît XIV, sont Us' de Nicolaï et Mo^Maigrot; on sait le rôle de l'un et de l'autre dans la préparation du décret de 1704 et, par suite, du précepte de 1715. C'est donc à ces deux grands ennemis des rites que Clément XI fit remettre ces questions pour les examiner en conférence privée avec d'autres personnes compétentes. Ils remirent au pape leurs réponses écrites, avec cette observation, qu'ils avaient répondu comme vicaires apostoliques et suppliaient Sa Sainteté, si elle envoyait ces réponses à Mil' Mezzabarba, de n'y rien- mettre du sien, mais de les envoyer comme faites et données par les vicaires apostoliques nommés. Ces réponses furent en effet adressées par le secrétaire d'État à Ma' Mezzabarba déjà rendu à Lisbonne, en même temps que V Insti-uction générale pour sa mission, dans le mois de février 1720.
Voici l'article de cette Instruction générale qui se rapporte à ces réponses : « Le Saint-Père veut espérer que vous trouverez à Péking les Pères jésuites revenus à l'exercice du saint ministère, dont, comme vous savez, ils se sont suspendus volontairement, après avoir juré l'obsersiilioii .Ir la coiislilution ; vu que cette suspensioa a été dr- iii|iiiiiiMi ilr leur P. général par une lettre écrite il.,i i li 'J a\ril I7IS et qu'il leur a été fait préceptede reprciiJiu proniplLiueut leurs fonctions ordinaires. Mais supposé qu'à cette heure ils n'eussent pas encore repris cet exercice, Sa Sainteté espère que les Réponses, qu'on vous envoie, à diverses questions proposées par différents missionnaires concernant l'exécution de la constitution, desquelles réponses vous saurez faire bon usage {délie quali risiioste Ella saprà far buon' usa), outre la déclaration qui à été faite sur ce sujet pac
CHINOIS (RITES
M" l'évèque de Pùking, et, par-dessus toute autre chose, lis sentiments que vous verrez exprimés dans la nou- M'ile lettre qu'écrit le P. général au P. visiteur de la (lliine, etc., suffiront pour les retirer en tout honneur II' la voie où ils se sont engagés. »
Il résulte de l'enquête déj:'\ citi'e, et notamment du i'iiioi^ii.i^c particulièremenl jni-n-i-i' iln cirilmi! IN'Ira, |ii ■ 1' I il'' l:i Propagande, ol il^ l'.lin (!.■ \l \l ,■ ■ ih n-l.a
III!- Il", que les huit jicmi ^v,, ,. ~,,rii i \ . -lilé
. lic.s dilU-fentes des réponses de .Xiculai d ili .M.Upi-ot, quant à la lettre », en ce sens que ces dernièius spécifient beaucoup plus nettement les circonstances des rites qu'elles permettent: néanmoins ces permissions sont, pour ]•' fninl. i xli-.iiles des réponses et peuvent facilement s \ i.innni i . i:n présence de ce fait et do l'article dr I In-ii n. ihii . iiérale que nous avons cité, on peut éviilLiiiiuLril suulL'nir que le visiteur apostolique était autorisé par le souverain pontife à donner ces permissions, supposé qu'il vînt à reconnaître la chose comme nécessaire ou expédiente pour le but de sa mission. Il faut seulement ajouter que l'octroi de ces permissions ne constituait pas. pour cela, un acte de l'autorité apostolique ; ce n'était toujours qu'un acte du légat, que le pape restait parfaitement libre d'approuver ou de désavouer, suivant qu'il y verrait un « bon usage », buon' usa, ou un abus des pouvoirs par lui conférés. Clément XI était mort, quand Mo' Mezzabarli.T revint en Europe. L'empereur Kang-hi mouinl . ii ITC'i ivoc le règne de son fils et successeur, Y. m- i. Km- imlïiença pour la mission une périodr iii'iin .! [lus d'un siècle, durant laquelle le cbri^ii.iiii-iin i -i.Ta officiellement prohibé, et les missionnaires, en iloliors de Péking, réduits à exercer leur ministère en secret, errant de lieu en lieu; et à la tolérance intermittente, dont les chrétientés des provinces jouiront encore en considération des services rendus à l'empereur par les missionnaires de la capitale, on verra souvent succéder des persécutions sanglantes. Les « permissions » de Mof Mezzabarba n'avaient point fait l'union dans cette mission si éprouvée : tandis que les jésuites en usaient, sans y trouver plus qu'un faible adoucissement aux rigoureuses prohibitions de 1715, d'autres les repoussaient comme énervant la constitution Exilla die, que le légat lui-même avait déclaré ne pas vouloir toucher. Les plaintes que ces derniers portèrent à Rome furent d'abord écartées comme non fondées; et même Ma' Saraceni, évêque de Lorima in partibus infidelium et vicaire apostolique du Chan-si et du Chen-si, ayant, par une lettre pastorale du 6 août 1730, interdit l'usage des permissions relatives aux tablettes, dans son vicariat, il en fut blâmé par les Congrégations romaines et obligé de révoquer sa lettre. En revanche, l'évèque de Péking, Mof François de la Purification, en 1733, ayant cherché à mettre l'uniformité parmi ses missionnaires en les obligeant à suivre les permissions de Mezzabarba, ses deux lettres pastorales dans ce sens furent annulées par bref du pape Clément XII, le 26 septembre 1735.
C'est alors que ce souverain pontife ordonna la grande enquête, que nous avons déjà plusieurs fois mentionnée. Elle se prolongea jusque sous Benoit XIV. Les avis, dans la S.C. du Saint-Office, sur les concessions du légat, furent très divisés. La plupart des cardinaux et quelques consulteurs opinèrent qu'elles n'étaient pas opposées à la constitution Ex illa die; cependant, même parmi ceux qui pensaient ainsi, plusieurs admirent que, par suite de leur libellé trop général et trop vague, elles pouvaient facilement entraîner à enfreindre réellement les défenses de Clément XI. Pour plus de lumière, un certain nombre d'anciens missionnaires de Chine et même quatre jeunes Chinois furent interrogés, non seulement sur les faits ayant proprement rapport aux permissions, mais encore sur tout ce qui concernait le culte de Confucius et des ancêtres.
Enfin, le 11 juillet 1742, Benoit XIV, par la bulle Ex quo, rendit le jugement qui clôt la longue série des actes pontifie:iii\- ■■■iiv fette iiriliorp, t." ji .|... . .■■,,,p,>||e d'abord soiiiiii. II! I iiniil II- in-nli'iii- ilr.' 1 ' I l'inverse. jUSipi .111 il. I I . I .II' I .1. liii'lll \l .i]il . .11-
dement du cinlm il .l Imi n. Il i .j.! ..ii i i .,ir
de ce décret, puis cihii iln /'.v, ,■,,/,' ,l.. ITi:. I m mii..
il s'adresse à des « lim - il- -ni.- i--:iiiN i i -nphi-ii-^
{inobedientes et capii->., In^mii'-- , i|iii uni rrn imiiMiir se soustraire à robs(i\.iiiuji t\acl>: de clIIc couatitution, sous le prétexte (|u elle porte le litre de Précepte, comme si elle n'avait pas la force d'une loi indissoluble, mais d'un précepte luueuM'iU ecclésiastique «. Le pape détruit cette échappiiii-in imi .. ii.i .1. il.u ;ilion solennelle: « Nous donc, i.|i-i i :.ni i|mi n ilr .niiMiMilion (de Clément XI) regard.- 1 i imi. i. iIh . nli, rhr. liin. qu'elle prétend préservi- d" i nti i.i. In il super.slition, nous ne saurions SMiiili 11- mmi |i.i-. iin. n-e témérairement y
l'ésister ou I.; nu ini . i , I I, ^1 ill(. ne contenait pas
une décision >ii|iri un du -nv i|iii-lnlic|ue et coiiime si ce dont il s'agit ne toucliait pas à l:i iili^nui. mais était quelque chose d'indilTérent ou i|iii lim | nui dn discipline variable. En conséquence, v.imI.uii lum M^,n,n de l'autorité que nous tenons du Ditu luiil piu-sant pour la maintenir dans son entière vigueur, de par la plénitude de cette autorité, non seulement nous l'approuvons et la confirmons, mais encore nous lui ajoutons, autant que nous pouvons, toute force et toute valeur, pour la rendre de plus en plus stable et solide, et nous disons et déclarons qu'elle a en elle-même la pleine et entière autorité d'une constitution apostolique. »
Passant aux « permissions » de Mo' Mezzabarba, Benoît X'IVcn indique. comme nous avons dit, l'origine; il rcpi .iiliiil ;.i I.lir. |.i-',.r.il. .In . l-limii , ,|n'il excuse
en II!- iir .|ii i! I ,11 .1 .'I 1.1- .i..iinn ses per-
mis-i. Il-, - il I I" , I , ,1 I :■..!. ninrpréala-
blcin.nl niT' 11- iM.|ii.. 1 li.iiiii,.- diinins personnages, préoccupés uniquoiiienl de la pureté du culte chrétien et du respect de la constitution apostolique. » Il reproduit encore le bref de Clément XII annulant les deux lettres pasli.r;.!. - di l'.vri|ni- .!.■ PiLin- , i.uis,
après avoir énuméi.- .- ■pi -in im d. . m .i Ini-
même ont fait pour . . ! m . n I i i|ii.'-inni. il l.i himI.' I;i conclusion à laquelU' H -i .niH' . ,. -iimhi ipii . i- [nimissions, « jamais approuvées par le saint-siège, répugnent et sont opposées à la constitution apostolique du pape Clément XI, vu qu'en partie elles admettent les rites chinois proscrits par cette constitution, en partie elles sont contraires aux règles données dans cette constitution pour éviter le danger de superstition. » Et enfin, il décide comme il suit : « Ne voulant donc pas que personne use de ces permissions, pour détruire malicieusement la constitution elle-même, au grand détriment de la religion chrétienne, nous définissons et déclarons que ces permissions doivent être considérées comme si elles n'avaient jamais existé, et nous condamnons entièrement et détestons leur pratique comme superstitieuse. Et ainsi, en vertu de notre présente constitution à valoir à perpétuité, nous révoquons, cassons, abrogeons et voulons être privées de toute force et de tout effet, toutes et chacune de ces permissions, et disons et prononçons qu'elles doivent être tenues ,à jamais pour cassées, nulles, invalides et sans aucune force ni vigueur. — De plus, le pape Clément XI ayant mis dans sa constitution Ex illa die les mots : Par ce qui précède il n'est pas néanmoins défendu de faire pour les morts d'autres choses, s'il y en a, qui ne soient pas vraiment superstitieuses, etc., nous disons et déclarons que ces mots : d'autre-! <■'■->■ ■■;. ■''!! 7 en a (atia si qus; sm(),doivents'enlendri I II i - 1 ' . uioniesdifférentes de celles que le mèui.' j. ni* r I, jà interdites dans
sa constitution, et qu..' iiiin--i,iini. -. .,vec la même auto-
CHINOIS (RITES
lilô. nous proscrivons et interdisons, afin qu'il n'y ait plus aucune place pour les permissions susdites, que nous voulons être entièrement condamnées. »
Enfin, le pape interdit sévèrement à tous les missionnaires de faire usage de ces permissions ou d'interpréter autrement qu'il a fait les termes cités de la constitution de Clément XI: et après avoir enjoint, sous les peines les plus rigoureuses, l'observation intégrale de cette nouvelle constitution, pour oljtenir plus sûrement ce but, il prescrit à tous les missionnaires un nouveau serment, ajoutant à celui que Clément XI Imir avait déjà imposé, la promesse de faire tout leur pussiljje, pour que leurs néophytes obéissent pleincinfut, iii\ aussi, à la constitution de Clément \1. .1 n, |,i,itii|u.ni |:imais les cérémonies permises p^u M ' Mr/,Mli,ul,i 'i (^.ndamnées par Benoit XIV. En triiMiii.iiit. ]-■ iiip.- rs|iiiiiie .. l'espoir que. Dieu aidant, Ils uussiumiaii-cs chasseront de leurs cœurs la vaine crainte que par l'exacte observation des décrets apostoliques la conversion des infidèles ne soit entravée. Celle-ci dépend en effet principalement de la grâce de Dieu, qui ne manquera pas à leur ministère, s'ils prêchent intrépidement la vé-rité de la religion chrétienne, aussi pure qu'ils l'ont reiue du siège apostolique ».
Cette Ijulle, dont les termes sont parfois durs pour les missionnaires qui avaient autrefois défendu les rites, rencontra chez eux toute la soumission qui lui était due. L'un d'eux, missionnaire à Péking depuis 1739 et qui allait être nommé par l'empereur président du tribunal astronomique, écrit à son frère à Vienne, le G octobre 1743 : « Vous demanderez sans doute quelle impression a faite ici la nouvelle constitution du pape lîenoit XIVsurles rites chinois? Je réponds, celle qu'elle devait faire. Nous l'avons reçue, nous avons juré, nous l'observerons. Et de fait il n'y a plus tant de difficultés, cette chrétienté de Chine étant presque réduite aux pauvres gens, qui eux-mêmes ont à peine de quoi manger et de quoi se loger, bien loin d'être en état de
faire des oblations et ancêtres, ou de leur cor anecdote R. P. Aunn^i
China-.. ,-r'r^ :■ l' -ni
uix défunts leurs iples. » Epistolse '(S- Hallcrstein ex
' ' vr;/; in dis-
serliiii '. '' /' ' ' '' *- 'inposlu-
rlsilfi. ' .,.■'[■..]■ 1,11, le, 178-1.
Tell- ■ I.! i ■ . ■! :< .. ■ .' ri ; -Ir II- l'iiili-is. depuis
la piul;: iii ! i:' I' lli' iiii peut le dire, elle est
enc'iii ' |. ,1,! ■ I . Il II plus grand nombre. Aussi bien.il i i n i .ii un, — i liililé pour un chrétien chinois, ilfii-ininu- .1 m- pas luHL- les cérémonies prohibées, d'atteindre à aucun des grades littéraires, sans lesquels on ne parvient pas à la considération, à la fortune et à l'inlluence sociale en Chine. Loin de nous la pensée d'élever l'ombre d'une récrimination contre les décisions que le saint-siège s'est cru obligé de prendre pour sauvegarder la pureté de la religion parmi les chrétiens chinois. Nous ne voulons au contraire que faire sentir combien l'Église catholique tient à cette pureté. Aux adversaires de la papauté, qui l'ont si souvent accusée de compromissions avec la superstition, de calculs politiques et intéressés dans la propagation de l'Évangile, il n'est pas de démenti plus éloquent à opposer que sa conduite dans la controverse touchant les rites chinois.
La liste la plus complète des nombreuses publications sur la coiitrovrso rtns rites chinois est dans Henri Cordier, Bibliotheca
Siiii'-'- '" '■ ' ■ 'ihliographigue des ouvrages relatifs à
''<■"'/ ' nie, \i, Religion. 2' Question des rites,
2' lil ' : lii'i. Laissant de côté les ouvrages d'un
cor.ir iique, nous signalerons ceux qui sont les
pluc> .,,,,,,„,,,. I me, exposés des doctrines en présence et
comme lucucils Je ducuments.
Pour les actes des souverains pontifes, naturellement, il faut voir les bullaires, spécialement celui de la Propagande : Juris
pontiflcii de Propaganda flde, part. I, édit. R. de Martinis, 5 in-
fol Rome 1888-1893 On
les tiou e aus a ec les déciets du
sa nt Offce de 16 d
1 5 1 éponses plus récentes des
r ngré^at ons
1 rte» dans les Co;/ec(
eaS C de P
e 1893 Les q xsUa et
esi 0 sa du Sa
Janslédton dubullaie
d Luxemboui g
P ur les pren
utes
d une pa t et I
fsauf
les ese e ni |
N ar
rete T at 1os 1
le la
0 a cl i le Cl n
1 1 Mal d 1 L t qu s mpri
n a t Madr d en lb79 f t
s-\ s pai 1 Inqu s t on espagnole avant
la fin de 1 n près n (Q e
t f et Echard Se pto es o l p led
t n p 20) et 1 n n en c
nna i e deu tr « exempta res
t us ncomplets Lesdeu
1 1 rent largement
e plo tés par les auteurs j
/ p at lue des
lés les dans lest m M
1 1 utheque nat o
nile à Par s possède i
préc e IX reçue 1 de p eces
r n le Je Cl ne et nno
lee pa le P Couplet p
c reu des j e le H ne Rome
en 1681 1691 on î t ou
e le p en e c cl nfcés sur la
q erelle 1 i
1 1 d ant les conté
les c tat ons
cl n
les conférences
deC
Cantui ens a
S ers mSo
ceta
co» se» s. PP
doi
1 a atqi e illo
aaus» mpri
ires de la C de
J su
c lest très Info
0 aiw um Sinensium
Soec
data m Cl ma jai ah
I tado S J mS L)on
Par s (r p d
de Morales) R P P Infor
cetta S J rest o t
le c Mu S e s dat m anno 1668
n8 Pars(iéponseauxdfrcultesdeNa airete) De S» ensium
tb spoltcs
r P J 1 L r p ss e
s J sso a
a taSna ,
Co fucumm
au m n e1 D
CSC I
Resi
1 P D \ava ete 0 P
2 ni I
e I a n les o âges écr ts pou
lectl 1
t nr DCba SJ
les
',11 en
cla t l ^ lo e 4
0 / !, et
ux 0 (s n 1 Pa s
en e et n i r eu rinrm t p u obten i la confrmat on du sa nt 1 f/ T c Itus Smensiun seu
te ^ icarios apostohcos Gall I es soc etaus Jes t con
t 01 ito m Patru) i S J de
eale 1 e 1 00 Co» î nuat o histortx
cuit s S ne »i« m-8 C-ulo„De 1700 On peut voi aussi le
Rec eil des p ces des d ffe ens de Vessie t) s des V ss ons ett anget es, et des religieux de Foi dt e de S. Dominique, tou chant le culte qu'on rend à la Chine au philosophe Confucius, in-12, Cologne, 1700. Ce recueil, aussi publié sous le titre : Co>iformité des cérémonies chinoises avec VidoUUrie grecque et
romaine, qui est celui de la première « pièce i
le P. Noël .\lexandre, dominiTiin, fon'icnt, c
;)0>ises du P. J. F. de Lo i-' - î \ ' ■
italien ; la LeHî-e des si/;ji/ '
Missions étrangères uu j i I
avec les O«es(io»is àprrin. - ' i
1699, etc. Les jésuites onl i ' i ^ i '
par les PP. jésuites à la .si/
Questions de la Chine, uU: , i,-ij - 1 . i^
ferme :1" Instruction ousuj./.ii./((i i. Ui ■•>. i
ayant pour auteur tre autres, les Réen français et en i(Hsé»)nna!)'e des s, 28 avril 1700, ( Saint-Office en pièces présentées .1 l'Écrit intitulé «I. Ce recueil ren- . du Saint-Office:
2- Contr'exposé ou Exposé du fait par tes PP. jésuites, sur les contestations de la Chine; 3* Addition sur un nouvel écrit de M. de Leonissa... A. voit encore, entre beaucoup d'autres exposés, Fr. Noël, S. J., missionnaire, Philosophia Sinica .... suivi de Historica notitia rituum ac cxremoniarum Sinicarum, in-4', Prague, 1711.
Sur la légation de M'' de Toumon, il faut consulter avec beau-
CHINOIS (RITES