Liturgie syrienne. — Malgré la divergence des
rus, 11 est tacite île recueillir les mêmes aperçus dans la liturgie syriaque de saint Jacques et dans les diverses transformations qu'elle a subies. A la messe, le prêtre formule la prière que l'Église soit placée au ciel, à la droite de celui qui a envoyé le Christ sur terre. Liturgia S. Jacobi, dralio ante osruUim pncis, Renaudoti Liliir,iiani,,i oneiihiliinn collrcli,>. Paris. 1715, t. II,
]i. -J'.l. Le eiel e~l h' vrai s,.|,MII' lie 1,1 I ,,,.l I i llille et de la "
jui,'. Lil„,;iu, s. i:/,,-,is,,sh,,,n. ihid., p. -rxi. Il est dédit coiLiiiie le lieu du repos, de la lumière et de la paix. Lit. .S". Jae.. Oratio pro mortuis, p. 43. Dans la liturgie de saint Cbrysostome, au Mémento des morts, le prêtre prononce cette prière : « Seigneur, donne-leur le repos dans tes demeures célestes, dans le paradis des délices, dans les tabernacles de la lumière, dans le lieu du repos. " Le peuple répond : « Donne-leur le repos. » La i-('iinion avec les sainis et la jouissance en comninn lie liiiis 1, - 11,11- ilii ciel est mentionnée en termes pariieiili, 1,111, ni ^i-niliealifs: « Que nous vivions ensemble av.e e, s 1,11 liliemvux élus : avec eux et au milieu d'eux que nous rendions gloire et louange à ton nom. » Lit. S. Chrysos., p. 250. La liturgie syriaque de saint Marc formule la même prière. En même temps, elle évoque la suprême jouissance île se trouver au ciel avec le Christ, en pn's, ne,, il,, la ,li\inili-. Lit. S. Marci, au Mémento des .1, Inni-. ,//,/,. |i. IsL f.,, ciel est vraiment le lieu qui n unit l,,ii> 1, - an^,-. ,1 les saints au Christ
et à hieu. " .Xnii^ sii].|,| ~ 1.- S, ■ I l' m 'iir notre Dieu qui
a ia|.i„'l,' auprès ,1,. lui !.■- - . ,ie nous faire parvenir au eiel, dans -en i ,n auiu,'. I Irai, reuds-nous dignes Uu la juio ii''panilu,' iLin- !,■ --,111 .iAl.raham, d'isaac et de .lacob, où r,^pl, mlil la Inuii.i,, de ta face. » Lit. i). Jac, Con\ii, ,;,,,,, ,11.,, ji,!,-!, ,1 ,,, il,-fiinctoriim, ibid., p. 37-38. Dans l.i liliirgie il,, saml Clirysostome, le ciel est également désigné comme le lieu de la vision béatifique pour l'assemblée des anges et des élus, dans l'éclat de la gloire qui rayonne du Christ-Roi. Lit. S. Chrys., ibtd , p 250 251
En raison de sa provenance orientale, il est naturel que la liturgie byzantine reproduise a son tour ces
heu ou sont leunis les \um erequiai \im n 13,
I tlcGixcoium Pans 1647, 11 1 ^ii-,nLUi de lui accoidei le lovaume PaaOe a/ Tmv ojpavmv n 6 p ■)27 de porte du paradis, fij^av ■icapa6''ti7ou, n 9, Imettie dans le séjour des vivants e/ /«pot p 533 ou brille la lumière delà vie, oitou i-s, n "19, p 537 Le ciel est en outre le bus 1 I soci t dis s uiits (J" a -uv aituv T lus seiontreu-
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1 \ 1 J 1 1 ant lu piradis,
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Siii l.s |iri,ir^ liturgiques pour les défunts dans la 111 --' .1 Aiiii.M Ih' il la pensée de l'union des âmes >.Mnir- ,1.111- liiiinih' bienheureuse, voir Probst, Oie uiiliinht'iiii.rlie Messe nach den Schriften des heilig. Joannes C/injsostonius, dans Zeilschrift fur kalholisclw Théologie, Inspruck, 1883, t. vu, p. 294-296.
i. LUitrgie alexandiine. — Les prières du canon de la messe sont toutes pénétrées de la pensée du ciel et •des espérances de l'au-delà. Dans la liturgie de saint Basile au Mémento des vivants comme à l'oraison de la fraction du pain, le prêtre demande que les fidèles aient leur place inscrite au royaume des cieux, dans le chœur •de tous les saints, (jiETâ TtàvTwv /ôpo-i twv ii-^lwi aovi èv ■cyj PafTiXstï -un oOpav&v. LU. S. Basilii, Oratio ad fractioncni, Rcnaudot, LU. orient, coll., t. i, p. 72. "Voir aussi les prières post diptycha, ibid., p. 73. Le Mémento des morts ajoute à la mention ordinaire du repos dans le sein d'Abraham, la réunion dans la gloire ■de l'assemblée des saints, dans le lieu de la verdure, parmi les eaux du rafraîchissement, au paradis des •délices. î^jva'J^ov eIç TÔitov ■/'•ô»)? Éit'i viSaTo; àvaTcaùoEo); âv TîapaôscTw Tpuçr,ç... âv rr, )>a[jL7rpôr/iTt t(ov âyt'wv cto'j. Ibid., p. 72-73. Le caractère populaire et symbolique de •ces expressions trouverait ailleurs son correctif, s'il en •était besoin : en maints passages est émise la pensée que les biens célestes sont au-dessus de toute conception ■et échappent dés lors aux lois ordinaires du langage humain. Lit. S. Basilii, ibid., p. 84. La liturgie grecque <le saint Marc élève également les esprits ^ui (l,l;i ilr toute idée terrestre. Lit. divi Man-i. ihiJ.. p. I.".ii, cf. Swainson, The greek Liturgies, CjudunL, . L^s;; p. 42. Ces biens sont d'un autre ordre que Ils Ijiliis Jl ce monde, «vtI twv âTttYEiwv ta o-jpàvta, Lllurgy of Alexandria, dans Swainson, op. cit., p. l-S : ils sont divins, célestes, éternels. Voir Oratio ad fractioneni, oitwç 5v xai TiHEtç iJ.£Tà TtâvTwv âyi'uv ^izayo: -w'/ aiwvitov •o-ou àYaOwv. Lit. S. Basilii, Renaudot, ibid., p. 75.
La liturgie copte est d'accord avec toutes les autres dans sa manière expressive de figurer à l'esprit des fidèles la gloire et le bonheur du séjour céleste. Sur ce point la liturgie copte de saint Basile au canon de la messe, comme en général dans toutes les oraisons, reproduit exactement la teneur de la liturgie grecque alexandrine. Lit. S. Basilii, ibid., p. 18 sq.; cf. LU. S. Cyrilli, Post diplycha, ibid., p. ii-
L'eucologe copte à l'usage des orthodoxes, publié par G. Labib, d'après les versions de quinze anciens manuscrits, contient les mêmes prières. Il suffit de mentionner le Mémento des défunts, en raison de son caractère antique : « Qu'ils soient, avec tout le chœur des saints. Daigne, Seigneur, accorder le repos à leurs âmes dans le sein de nos vénérables pères, Abraham, Isaac et Jacob. Nourris-les dans le lieu de la verdure, dans le paradis de la joie, dans la céleste Jérusalem. » La préface complète et précise le sens de cette prière en élevant le cœur et la pensée vers le ciel où les anges adorent la majesté du Très-Haut, « avec les séraphins aux six ailes et les chérubins couverts d'yeux. » Labib, Kitdb el-hùlâgi el-nwkaddas, Le Caire, 1903, p. 317. ). Voir aussi la Messe de saint Cyrille, ibid..
lll. Spéclxations scolastiques. — La question du ciel se ramène surtout pour les théologiens du moyen âge à l'étude de la vision intuitive et de la condition ■des corps ressuscites. L'existence d'un séjour destiné à réunir les élus dans la jouissance commune de la divinité ne faisait doute pour personne : aussi ne faut-il point demander aux scolastiques la démonstration d'un fait accepté de tous et qui ressortait d'ailleurs avec évidence de l'ensemble même de leur doctrine. Cf. Hugues de Saint-Victor, De sacramentis, I. I, part. V, c. i; I. II,
part. XVIII, c. XVI, xx, P. L., t. CLXXvi, col. 613, 617; Pierre Lombard, .'ient., 1. IV, dist. -VLIX, n. 1, P. L., t. cxcii, col. 957; S. Bonaventure,'/n IV Sent., 1. IV, dist. XLV, a. I, q. Ii. Opéra, Quaracchi, 1889, t. iv, col. 940-943; Albert le Grand, In IV Sent., 1. IV, dist. XLIV, a. 45, Opéra, Paris, 1890, t. xxx, col. 603- 604; Compendimn Iheologiss veritatis, 1. VII, c. xxiii, ibid., t. .vxxiv, col. 253; S. Thomas, Sum. theol., SuppL, q. Lxix, a. 3; Biel. In IV Sent., dist. XLV, q. i, m. iv, Brescia, 1754, t. ii, p. 518-519.
Mais au fait lui-même, ainsi posé et hors de conteste, divers problèmes se rattachaient dans l'ordre purement spéculatif de la pensée, problèmes qui paraissent à première vue échapper à toute solution, mais qui n'en sollicitaient pas moins vivement la curiosité partout en éveil d'une époque où l'effort intellectuel ne coûtait point et où l'on se plaisait, par désir sincère de tout connaître et de tout mesurer plus que par jeu d'esprit, à aborder intrépidement l'étude des plus abstraites et des plus audacieuses questions : Où est le ciel '? Quels peuvent être sa nature, ses propriétés, ses rapports avec l'ensemble de l'univers? Les réponses positives fournies par les scolastiques à ces interrugations dime métaphysique trop éthérée n'oll'rent liinini pm^ . mir m -srr gravement la théologie pn. pi ■ m ni .1 ; \u I l'sgrands théologiens du moyen .1- n n: :,,i, ;,, ni mépris sur la valeur de leuis LuiitUi,-.ioii, . . u.v-i.n'ines ont toujours pris soin, on ne doit pas l'oublier, d'en signaler et de d'en faire ressortir le caractère hypothétique et conjectural. Toutefois, pour l'historien (1rs do.umes
-s le
d un
époque et il n est pas sans intérêt de suivre dans ses lignes sommaires la marche continue de cette évolution.
1" Où est le ciel? — C'est dans la pensée de saint Basile que se pose pour la première fois cette question. Homil., i,,iu Hexaemeron, n. 5, P. G., t. xxix, col. 13. La réponse ne pouvait être fort précise : elle se borne à déclarer que le ciel est distinct du firmament et qu'il se trouve en dehors du monde, mais non pas sans relation avec lui. Voir col. 2488. Saint Bède, Hexaemeron, 1. I, c. I, P. L., t. xci, col. 14, reproduisit, non sans la développer, cette théorie qui ne tarda point à prendre consistance dans les esprits. Cselum et terrant creavil tanquam duplicem domum, interjeclo firmamento. Comment, in Penlateuch., ii, P. L., t. xci, col. -192. S'appuyant directement sur ces autorités et sur celle de la Glosse, Pierre Lombard, dans son traité des anges, exposa ses vues sur le ciel empyrée, qu'il place, lui aussi, au delà du firmament, supra firmamenltim. Il explique ainsi le texte de saint Luc, x, 18 : Videham Satanani sicut fidgur de ceelo cadentem. Sent., I. II, dist. Il, n. 6, P. L., t. cxcil, col. 656. Voir Bandini, Sent., 1. II, dist. II, P. L., t. cxcii, col. 1031, et avant même le Maître des Sentences, Bandinelli, qui avait affirmé déjà au sujet de la création et du séjour des anges, l'existence du ciel empyrée, situé par delà le ciel atmosphérique. Gietl.Die Sentenzen Bolands, Fribourgen-Brisgau, 1891, p. 88, 104.
Alexandre de Halès prend soin également de citer ses sources et, à propos du texte de Bède, surgit dans son esprit une difficulté nouvelle, qui exercera plus tard la sagacité de ses disciples ou de leurs advers.iircs : An recte dicitur a Beda r.^.'- ,,. ..,,y- /,.,,,. ,,,,,',/.-,,, ,.,,. sanctis angelis? Il np. i : i • . p , -
salent pas matérielleiiinn - ;. l mi i . n. n i u ni
l'ornement et que tout d.A.iii r.nn: ir ^Lm- •■ -npr. m,'
séjour à l'harmonie des desseins de Dieu, l'niversse theologise Sunima, part. II, q. xix, m. m, a. 2, Cologne, 1622, p. 63. Saint Bonaventure s'excuse en quelque sorte de traiter ces sortes de questions, alors que les
saints docteurs ont eu si peu à nous dire, et les philosophes moins encore, sur ce sujet qui échappe à l'observation sensible. Quamvis sainii /«'.»,;, U.quanlur de hoc cselo, quia lalel sensus noslif--. ■ / /Jul, >■<,,!, In adhuc minus. In IV Sent., 1. II, dist. Il, p:!!!. II. :i. 1, q. i, Opéra, Quaracchi, 1889, t. ii, p. 71. Cohium' les autres docteurs, il admet que le ciel empyrée est situé au delà du ciel sidt'ral et qu'il enveloppe et contient tout l'univers. Ibid., q. II, p. 74, Même doctrine dans Albert le Grand, qui ne manque pas d'allé;^iiri \r |.'i]i.ii.^;nase, tel quel, de saint Augustin, de saiul li.il. , i ,|. Walafried Strabon, Ut dicunt sancli Augiixlnm^ , / l:,',l,i ri Slrabus. Sitmnia theologise, part, 1, tr. XVIIl. q. Lxxiii, m. ir, a. 1, ad 3""', Paris, 1894, p. 727; Compendimu theol. verit., 1. II, c, iv, ibid., t, xxxiv, p, 43,
Saint Thomas, tout en disposant cette théorie dans une sorte de perspective fuyante et vaporeuse qui met bien en saillie son caractère, l'admit sans difiiculté dans son enseignement, mais à titre d'hypothèse et non sans laisser sur elle l'empreinte de son génie. Il rrcoiiii.iit .1 iIhikI ,\\ir l'i xislence du ciel empyrée
repo>.' . - lui.- m Mil 1 .iiilorité de Bède el de Stra-
lli il ..|i|inrir lin nouvel appoint, le té-
anls. Tous
<ir,:lH ,•! Bedœ, :»,» Ihrnl., l", t\i\r Cl 'S témoiaccordent à ad-
bon. .1 l,H|iii 11 moignage dr s venitur posihn et ilerum per q, LXi, a, 4. El gnages sont di mettre que le ciel empyrée est le séjour des élus; mais les raisons qu'ils invoquent à l'appui de celte opinion sont loin d'être identiques. Cette raison, qui est toute de convenance, saint Thomas croit pouvoir la trouver dans sa vaste et belle conception de la finalité du monde et de l'unité des êtres. Du moment que Dieu avait destiné les saints à une double gloire, spirituelle et corporelle, il était dans l'ordre des choses qu'un séjour spécial et particulièrement glorieux leur fût réservé. D'ailleurs, l'ensemble des créatures matérielles et spirituelles constitue un seul et même univers. Les angef ont pour mission de présider, en vertu de leur nature immatérielle, au mouvement de toute la nature corporelle : il conveiiiiil ilis liM'^ iinils l'ii-^riit |il,ici's djn^ ],■ lieu suprême ipii ilMiiiuir V irv 1 1,.- ri i|iii imnira ainsi
tous Ir^ 'lu-. N""i //"■"/.. 1 . i|. I.\l. .1. 'i , >\. I .\vi, a. 3. De or.-, ln.]l..„r> ^,lUspll■
âges suivants. Cf. liichard Sent., 1. II, dist. II, a. 3, q Duns Scot, In IV Sent.. 1 1620, t, II, p, 191; Durand il,. S.m.l ruiii. .m 1. II, dist. I, q. I, n. 3, l.x.iii. l.'.H'.i. p. 11:^. Sent., 1, II, dist, XIV, lin.-u.i. i.'.T'i. ]. '.U . opère sex dieruni , 1. I, c. iv, l'jn.^, lï,')ti. p. admettent l'existence du ciel empyrée, mai observer presque tous qu'il s'agit seulement thèse acceptable. Durand déclare catégor sur cell). qurslidii m.ilr.. -Lience n'a poui le téiiMHL.iiim.. rslrins,.,|,i,.. ,1 non crlin delà rai.,.ii Ihni. .p ii. i, :;. p. 111 >q. tait méiiir. ,111 m. m il.- rt.rnliin. .1 ,1.. I.i li-aililion, l'existence lin rirl rnipMVr, K i > I / ,</ ,r,l i, i s, .j ,1 II Iri, : rirllDII.
ris. Cou, inrnl. in II ml i,',.,., v. Mil, l'.in-, I.VI-J, p, 113. De très rares esprits se livrèrent, sans la réserve commandée, à des spéculations dont ils ne mesuraient pas scientifiquement la valeur. Le nom de Pierre d'Ailly est mêlé à ces aventures. Sur l'accord de l'astronomie et de la théologie, il écrivit un opuscule où figure la représentation graphique du ciel au commencement du monde, Concordia astronomie cuni theologia, verbum XX : Figura cxli 'tempore principii mundi, Augsbourg, 1490, p, c, 4, Aux professeurs de théologie, il recommande vivement, pour l'honneur et le profit de la république chrétienne, l'étude de semblables ques-
.uiil tous les ilodeurs des de Jliddletown, Super IV
I, Brescia, 1591, t, ii, p. 43;
II, dist. XIV, q. I, Anvers,
. S.iinl-l'uiir. .1111. /)) Sent., 1. l.-.i;;i. p. W-l. l;i..|. In IV ■1.1. i.'.T 1. p ',i| . -n.irez. De l'dii.^, lïOii. p. ■,;l--27. Tous 1 faisant ne hypouement que Miantie que ^ choses et l:i|i.|an reje-