‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 732 sur 741 · LL · texte numérisé non relu

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tiens, Nec decens existimanius esse vel utile policie christiane theologicse scientiœ professores ea qnœ in dictis tractatibus scripta sunt peniliis ignorare. Capitulum XL, ibid., ad calcem. Mais, sous cette forme affirmative, ces excès spéculatifs constituent l'exception et il convient de reconnaître que les professeurs de théologie, même décadents, suivirent avec beaucoup de modération les conseils plutôt tumultueux et déconcertants de Pierre d'Ailly,

2" Nature du ciel empyrée. — L'hypothèse étant admise d'un lieu spécial réunissant tous les élus, il fallait bien admettre que ce lieu est matériel ou corporel. Malgré la fine remarque, et profonde aussi, de saint Augustin que Dieu est le lieu des esprits, il serait contradictoire d'affirmer, du moins en vertu des données scolastiques, que le ciel est un lieu spirituel, et, par ailleurs, il serait étrange de considérer le non-être, ce que les anciens appelaient le vide, comme habitable. C'est en ce sens que les théologiens du moyen âge enseignaient que le ciel empyrée ne peut être qu'un corps, Ciclum empyreum est corpus, dit .Alexandre de Halès, Utiiv. llieol. Summa, part, II, q, XLVii, m, ii, Cologne, 162'.', t. ii, p. 162, Pour saint Bonaventure, le ciel est le corps le plus vaste qui soit, maximum mole, parce que tous les autres corps sont pour ainsi dire renfermés en lui, oninia corpora locat per ambitum. In IV Sent., 1. Il, dist, II, part. II, a. 1, q. Il, Quaracchi, 1889, t. II, p. 74; cf, Albert le Grand, Summa theol., part, I, tr. XVIII, q. Lxxiii, m, ii, a. 1, ad S""", Paris, 1894. t, xxxii, p, 757, Saint Thomas parle du .ciel, comme du corps suprême, Sh»!. theol., I», q, Lxi, a. 4, Jean Bacon suppose, et c'est pour lui une vérité acquise, que le ciel des bienheureux ne peut être conçu que comme un lieu réel. Ciclum beatorum est locus realis. Super l. IV Sent., dist, XLVH, q, i, a, 1 sq., Paris, 1485, fol, 219, Parfois, la question du ciel n'était pas posée différemment dans les commentaires : Utrum ultra aquas quse sunt svpm firmamcntum sit corporale cselum'7 Richard de MhIiIIiImw n. Suppr IV Sent., 1, II, dist, II, a, 3, q, I, llirsni. I.V.H. i. n, p. 43.

Mais déjà s'était agitée nnr i|ni.>linii nouvelle, suscitée naturellement par ces premières investigations : si le ciel est un lieu matériel, de quelle matière doit-il être constitué"? ,\lcuin, sans formuler directement le problème, avait fourni une solution première, que d'autres reprirent après lui. Le ciel créé par Dieu avec la terre, dans le principe de toute chose, n'était autre que la matière sans forme et sans figure, destinée à devenir ensuite, en vertu de l'organisation divine, le ciel sidéral. Informis illa maleria quam de niUilo fecit Deus, appellata est primo cselum et terra, non quia jam hoc erat, sed quia jam hoc esse proterat. Interrog. et resp. in Gènes., n. 28, P. L., t. c, col. 519. Dans la pensée d'Alcuin, le ciel où se trouvent les élus n'est pas d'une autre nature que le reste de l'univers. Bandinelli précise cette pensée en indiquant le plus subtil des éléments, le feu, comme servant à former, sous un mode inconnu, le séjour des anges et des saints. Creata fuit ançiclirn nntiira in empireo cela, id est in igneo. Pir i-iiim r/rirrr, liiiim' ilicilur ignis. Inde dicitur empirriiiii. kI i'si I, III, ■mil.... prx nimio splendore. GietI, liir Sriih'ini'ii niiliinds, p. 88, Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, le ciel, c'est-à-dire les deux éléments supérieurs, le feu et l'air, au dire des saints docteurs, S'omine cœli duo superiora intelligunt elcmenta, igneni videlicet et aerem. Ibid., p, 104, Pierre Lombard touche légèrement et prudemment la difficulté. Cet élément n'aurait du feu que l'éclat, Empyreum, id est igneuni, a splendore, non a calore. Sent., I, II, dist, II, n. 6, P. L., t, cxcii, col. 656. Avec Albert le Grand reparait cette hypothèse. Le ciel serait le plus noble des corps simples. Et propter hoc dicunt sancli quod sit igneum. Summa de creaturis, tr. III,

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] \i. a. I, Paris. ISilô. i. wxiv, p. 4'2I. A plusieurs iL-priscs, ce grand espiit r ■■ i^iii -ni' cette question qui paraitavoir sollicitéviï. 1, II! I il i ' ,lr son génie investigateur. Sa pensée est il I ! nue tout entière en ces mots : Cxhim est r. , y.: s ,, -, . , , iialiirasimplicissunum, essenlia SKlililiisinniiii. iiiron-iiptibililate soUdissi>nuni,quantitateniaxiniuni, nialei-iai^urissimitni. Compend. theol. veriC, 1. II, c. iv, ibid., p. 43-44. C'était en quelque sorte, pour l'harmoniser parfaitement avec sa destination, affiner la matière, spiriluali.ser encore, si l'on peut dire, le plus immatériel des éléments.

Saint Thomas, dans cette voie, fait un pas de plus. Pour lui, le ciel n'est pas de la même nature que les quatre éléments, comme l'avaient enseigné saint .Augustin, saint Basile et d'autres docteurs épris de la philosophie platonicienne. La philosophie péripatéticienne, qui fait consister le ciel en une quintessence, lui paraît plus sensée et plus belle : résolument il adopte cette doctrine, qui a pour elle, en outre, l'autorité de saint Ilenys. El ideo liane positiunem sequens dico quod cselum non est de natura quatuor elementoruni, sed est guintum corpus. In IV Sent., 1. II, dist. XIV, q. i,' a. 2; cf. Quodlib., YI, q. xi, a. 19. .\ussi le ciel empyrée est-il de tous les corps le plus lumineux et le plus noble, celui qui est le plus actué par la forme. Cseluni empyreum in natura sua luceni habet eo quod maxime formate est. In IVSent., 1. II, dist. II, q. n, a. 2.

Cette dernière expression devait être reprise par les tenants de l'école scotiste, mais dans un sens tout autre, qui convenait mieux à leur théorie de la pluralité des formes. Pierre .\uriol enseigna que la matière du ciel est le résumé de toutes les formes, le principe d'actuation de la matière terrestre. In IV Sent., 1. II, dist. II, q. m, a. 3, Rome, 1596, t. ii, col. 56-58; cf. Werner, Die nachscolistiche Schoiastik, Vienne, 1881, p. 178-181. C'était une autre façon de relever la noblesse de la matière appelée à constituer la demeure des élus.

Sur les théories de l'école augustinienne et l'opinion particulière de r.illes de Rome, voir Werner, Der Amimiifi^^,,,.'^ . ),■ Sc/iolastik des spâteren Mittelallers. \i. lin. , !>-:. p. 100-103.

3» ^' / .' / -l'iues du ciel empyrée. — Bède le Vénér.ilili n ni il- j i niuarqué que les lois qui régissent le mouvement des autres cieux ne s'appliquent point au ciel empyrée, dont le privilège est dès lors un état d'absolue immobilité. Comment, in Pentateuch., ii, P. C, t. xci, col. 192. Bandinelli observait à son tour que le nom même de ciel empyrée signifiait l'extrême splendeur de ce lieu, Gietl, Die Sentenzen Rolands, p. 88, et Pierre Lombard s'appropriait cette réllexion. Sent., 1. II, dist. II, n. 6, P. L., t. c.ui, col. 656. Saint Bonaventure ajoute que le ciel doit être aussi partout semblable à lui-même, uniforme dans son aspect lumineux. In IV Sent., 1. II, dist, II r^''' " ^ '. q- i, t. II, p. 72. Ces trois proprid. - ■ n - i- i pn^s sont mentionnées par Albert le Graiiil^ , part. I,

tr. XVIII, q. Lxxiii, m. n, a. 1, ■ilii \ n- - [■ t:.T. Comme les autres cieux, l'empyrée passait pour incorruptible.

La raison en vertu de laquelle on peut admettre l'existence de cette triple propriété physique du ciel est fournie par saint Thomas d'.Vquin, qui l'emprunte d'ailleurs à ses devanciers : c'est l'harmonie qui doit exister dans l'au delà entre l'état glorieux des élus et le caractère de leur séjour. A des êtres qui seront incorruptibles, à l'abri de tout changement, et éclatants de splendeurs, il fallait une demeure en rapport avec ces dons et avec cette gloire, en dehors de la mobilité et de toute transformation, apte à répondre magnifiquement à la destinée des saints qui est de contempler Dieu dans son essence, à la source incréée de toute lumière. Sum. theol., I», q. Lxvi, a. 3. Suarez, qui est d'ailleurs très affirmatif sur ces questions, s'engagera plus tard

DICT. DE THÉOL. CATHOL

dans des considérations plus quintessenciées. De opère sex dierum, 1. I, c. iv, n. 4, 5, édit. Vives, t. m, p. 22, 23. Mais les théologiens du moyen âge s'en tiennent à ces raisons de convenance ou à des raisons analogues de perfection et de beauté de l'univers, s:ins s'exagérer en rien la valeur de ces proMi m iii|ii> - n ^uinents. Cf. Bonaventure, loc. cit.; DuimuI I - > m- l'niii-rain. In IV Sent., 1. II. dist. I, q. i, \.y u 1 i .' ji 1 IJ. '

Un problème qui agitait beaucuup I l.culo <^u déclin du moyen âge est celui de rinfiuence que l'on peut attribuer au ciel empyrée sur le reste de la création matérielle et spécialement sur certains plu-noinènes de la vie terrestre. Les un-~ m nui ■■, ~ iniiii. ii>, - c.'Iestes oulesréduisaientàdesc'll :- ii ' im n .1 < ..n-iivation vitale. Cf. S. Bonavenluii , ' . |. : : 7:. -unt Thomas, qui apporte à ce dLlail l.i .-iiu. ni. il l.i yravité dont il ne cesse de faire preuve dans l'étude des plus hautes questions, a soutenu successivement l'une et l'autre opinion, .iprès avoir nié cette influence occulte, on le voit se rétracter et l'admettre avec une grande fei-meté, et sans doute il n'est pas oiseux de relever ce fait qui peut servir à faire mieux connaître sur un point la physionomie de ce grand esprit. Respondeo dicendum quod quidam ponunt cselum empyreum non liabere in/luentiam in aliquacorpora, quia non est instilutum ad effectus nalurales, sed ad hoc quod ail locus beatorum. Et hoc quidem mihi aliquaiiihi lisum ust. Sed dilirjentius considerans , may is vnlvin,' ,li, iininm quod influât in corpora inferiora. VA i' li i ii \.ilu de la grande loi d'unité qui régit la naluii' di > ilres, (juia toluin universum est imuni unitate ordinis. Quodlib., VI, q. XI, a. 19. Mais cette thèse ou hypothèse, reprise par Richard de Middletown, Super IV Sent., 1. II, dist. II. a. 3, q. m, Brescia, 1591, t. il, p. 45, ne put rallier tous les suflrages, et c'est avec une pointe légère d'ironie que Durand de Saint-Pouryain résuma dans son enseignement l'état de la question : Hic est duplex modus dicendi non solum diversoruni doctorum, sed unius et ejusdem in diversis locis [nec mirum), quia cum nihil sciamus de illo cselo an sit. tiixi pcr aricloritatem, parum possumus scirc >■ - /'' ' ' -i '/; agat. In IV Sent., 1. II, dist. I, q. ii. n : I n 1m;;i, i. n, p. 113. Au fond, si l'on excepte I , il |ii<< spéculatifs à outrance de l'école auL;u-iiiii. un Ii- ('.•colo

scotiste, cf. Werner, Der Augusliiiisnnts in iler Schoiastik des spâteren Mittelalters, Vienne, 1883, p. 103- 105: Die naschscotistiche Schoiastik, Vienne, 1883, p. 152-154, c'était bien la pensée qui dirigeait l'enseignement général de l'École. Gabriel Biel en reproduisait assez fidèlement l'esprit, quand il se refusait à prendre parti sur ces questions qui échappent aux prises de notre intellect. Recitabuntur opiniones cuni suis motivis sine determinalione ut eligat quisque qux sibi probabilior videbitur. In IV Sent., l. II, dist. IX, q. ii, Brescia, 1574. t. Il, p. 85.

Ces remarques suffiront peut-être à dissiper, au moins sur ce point, les préjugés couramment répandus sur le dogmatisme de l'École.

IV. Erreurs dogmatiques et décisions de l'Église. — En dehors de l'organisme et du millénarisme, qui ne rentrent pas directement dans le cadre de cette étude, les erreurs concernant l'existence d'un séjour commun à tous les élus n'ont jamais été ni bien nombreuses ni bien importantes, et l'on ne rencontre guère dans l'histoire des doctrines adverses que des fantaisies sans originalité ou des négations sans crédit.

Pour les débuts de l'âge chrétien, il suffit de mentionner sommairement et pour mémoire les rêveries des gnostiques, dont saint Irénée et saint Épiphane nous ont transmis scrupuleusement les détails. Les valentiniens admettaient l'existence de sept cieux, doués de vie et d'intelligence et qu'ils tenaient pour des anges, des dieux ou des seigneurs, des éons. Dans cette théo- II. - 79

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rie, au-dessus du troisième ciel se trouvait Je paradis, un ange révélateur qui avait instruit Adam. Le démiurge habitait au-dessus des sept cieux. Seuls les pneumatiques étaient admis à monter vers ces régions et leur ambition constante était de s'élever au-dessus du démiurge. Mêmes extravagances chez les disciples de Basilide. Entre le séjour du démiurge et le monde sublunaire s'étendait, d'après eux, l'espace éthéré, le monde intermédiaire composé de 365 cieux, dont le premier, Ogdoade, était habité par le grand Archon, nommé .ibraxas ou Abrasax, terme qui représente, si l'on établit l'addition des nombres figurés par les lettres du mot, le chiffre de 365 unités. Seuls les pneumatiques seront sauvés; seuls les hommes de la filiation ou -jiÔTy;; quitteront la terre pour ce séjour, et après une série d'illuminations toujours grandissantes, leur destinée sera de goûter une sorte de bonheur négatif, loin de tout commerce avec le monde supérieur. S. Irénée. Cont. hseï:, 1. I, c. v, n. 2; c. xxiv. u. 7. P. G., t. vu, col. 679-680; S. Épiphane, Uxi-., c. xxiv,n. 7, P. G., t. .\u, col. 316; cf. Atzberger, Geschichle der chrislUcIten Eschatologie innerhalb der vornicânisr.hen Zeit, Fribourg-en-Brisgau, 1899, p. 243; voir Basilide, col. 467-469.

Logiquement, en vertu de ses théories individualistes outri'es, le protestantisme devait exclure de sa conception du bonheur éternel tojit caractère impliquant pour les élus un lien de vie commune dans un séjour commun. Luther, avec ce tour d'esprit irrespectueux et railleur qui le servait si bien pour jeter le discrédit sur les doctrines les plus saintes de l'Église catholique, déclare légèrement, dans son Commentaire sur la II' Epitre de saint Pierre, m, 13,quelecielsera partout.» Cherche qui voudra si les bienheureux iront voleter dans les cieux ou sur la terre. Ce texte prouve à l'évidence qu'ils habiteront la terre, et que terre et ciel ne formeront qu'un, seul paradis où Dieu résidera, car il n'a point coutume d'hal;iter seulement les cieux, mais il est partout. Donc là où sera Dieu, seront aussi les élus. » Opéra, édit. de Wittemberg, t. v, p. 333.

Des critiques modernes ont prétendu, sur un système de preuves purement négatives, que telle était la croyance de la primitive Église. Cf. Wabnitz, art. Ciel, dans VEncijclopédie des sciences religieuses, Paris, 1878, t. III, p. 182.

De leur côté, les ubiquistes sont arrivés par une voie toute différente aux mêmes conclusions. Dans leurthéorie, le ciel était identifié en quelque sorte avec l'humanité glorieuse du Christ, qui se trouve en tous lieux. L'ubiquité du Christ entraînait naturellement l'ubiquité du ciel, qui comprenait ainsi dans sa sphère universelle l'enfer pt les démons. Brentz se lit le champion ardent de ces assertions blasphématoires : il n'y a pas de ciel, si l'enfer n'est pas au ciel. Imo csslum est ea conditione ut in eo non tantum sancti honiines, sed etiam Saloi el titnji'li ejtis invenianlur. Et Satan et inferiiii.-. smil m yrqiio caelesti. De majeslate Christi honiiii,^. i ih> |i u lini-er. Opéra, Batisbonne, 1734, t. v, p. 'il.".. \l, hii^ ,\, ,^ d'impiété dans sa Recogiiilio. Si generiihi, , ;..,/i/, /,,,,,,■ de domo Dei Palris. tiiiir iii

doniii l;il,is ri rr.iiin CSelcSti non COntilirnllu- Iniilnm

sancli. r,'ri:ni iii,i,ii liomines impii et ilmlidi. uifr,mtsiiisr, XiDiia l'iiiiipilius, atque adeo otiuu'S l'Ilniici. Tvrcse, Judsei. Dans Gretser, ibid., p. 247; cf. Wei-ner, Gescinchte der Apologetik, Vienne, 1865, t. iv, p. 624,

A ces erreurs dénuées d'un caractère particulièrement dangereux ou discréditées par leur extravagance même, •[Eglise n'a jamais jugé opportun d'opposer une définition spéciale et explicite. Mais sa croyance ressort manifestement des formules employées par elle dans les documents dogmatiques. Du symbole alexandrin, on pourrait déjà la déduire dans ses grandes lignes. IIkj- •ceuw... £>; xov y.-jpti>v.-. i-iX'Tzm-f. é» vEy.pôjv... xa: àv£>,-

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Dans la confession de foi proposée à Michel Paléologue par Clément IV, en 1267, et reçue par Grégoire X au 11" concile œcuménique de Lyon, en 1274, la distinction est formulée explicitement entre le séjour des élus, celui des damnés et celui des âmes qui ont à satisfaire après la mort. De ces âmes, il est dit qu'elles sont reçues dans le ciel, au terme de leur épreuve, moœ in cseliini rt'cipi. Denzinger, n. 387. Le décret d'union des Grecs, dans la bulle d'Eugène IV Lœtcntiir cseli, reproduit ces paroles en ajoutant que dés leur entrée au ciel les saints jouissent de la \isiûn intuitive. Denzinger, n. 588; cf. Professio /idci Gi'œcis priescripta a Grcgorio XIII per conslituliunein LI Sanctissinnis Dominus nosler, Denzinger, n. 870; Professio fidei Orientalibus prxscripta ab Urbatjo VIII et Benedicto XIV per constitutioneni LXXIX Niiper ad nos, Denzinger, n. 875.

Ce dernier point avait été défini déjà par Benoit XII en 1336, dans la constitution Benedictus Dens, en réponse aux erreurs de Jean XXII concernant le délai de la vision béatiflque. Jean XXII distinguait l'admission au ciel et la jouissance parfaite du ciel, le séjour et les biens que comporte ce séjour. Selon lui, les âmes libres de tout péché et de toute peine attachée au péché étaient reçues au ciel après la mort, mais vraisemblablement elles ne devaient être admises à la vision béatiflque qu'après la résurrection du corps et le jugement général. Benoit XII fixa sur ce point la doctrine de l'Eglise en définissant que le séjour du ciel implique dès maintenant la vision intuitive pour les bienheureux. En même temps les termes de cette définition reproduisent, en les résumant, les traits principaux qui, dans la doctrine traditionnelle, sont consacrés généralement à exprimer les divers aspects ou les différents biens du séjour de la gloire. Les âmes des justes se trouvent au ciel, au royaume des cieux, dans le paradis céleste avec le Christ, réunies aux saints anges et en communauté de vie avec eux, jouissant de la vision intuitive et faciale, sans intermédiaire entre elles et l'o??i nce divine dans l'ordre de la connaissance. Sunt in • nln. culuinm rogno et paradiso cxlesti ciim Chrisli'. .^"ik tn,-i,,,i dinjeloruni consorlio aggregatœ... et vident iJuui'i,,, taseiiliani viMone inluitiva et faciali, nitlla luediaiite creatura in ratione objecti visi se liabente. Ces âmes sont vraiment heureuses, elles possèdent la vie et le repos éternel. Stmt i-ere beats et habent vitam et requiem seternam. Denzinger, Enchiridion, n. 456. Pour les détiiils de la controverse et l'historique de la déOnition, voir BenoIt Xll, col. 657-696.

Outi-eles nombreux ouvrages cités au cours de cet article, on pourra consulter utilement, pour le développement de certains détails, Bellarmin, De xternu felicitate sanctoruin, Lyon, 1616; Gretser, Disputatio de variis cseUs lutheranis, zwinglianis, uhiguitariis, calvinianis, et sanctorum vel veris vel fictitiis receptaculis et habitaculis, Ingolstadl, 1621 ; cet opuscule, raiissime, a été réédité dans les Opéra, Ratisbonne, 1734-1741, t. v, p. 206-260; Mm-atori, Deparadiso regnique cœlestis gloria, non exspectata corporum reaurrectione, justis a Deo collatœ adversus Thomœ Burneti librum de statu nwrtuor^on et resurgentium, Vérone, 1738, spécialement p. 32-43, 101-117, 127-138; Siuri, De novissimis, Valence, 1756; Plazza, Disser-

CIEL — CIENFUEGOS ALVARO

tlialer, De regni divini

bonne, 1888; Th.-Henri Martin, La vie /■«««)■ -

ta raison, 3- édit., Paris, 1870, p. 57-188, r.J i- '■ \

La Bible et les découvertes modernes, 4' ^ilil , !■ i l'^^i i m.

p. 101-180; Chambers, Our Hfe aftei- death, ur thr l,;,chin<j of

the Liibie concerning tlie unseenumrld, Londres, 1894; Moody,

Heaven: its Iwpe: Us inhabitants ; its riches; its liappine^,

2" édit., Londres, 1804 : Abraham (Sein ri'), dans le Dictionnaire,

t. I, col. 111-116; dora Cabrol, La prière antique, Paris, 1900,

p. 175-187, 464-470; Turmcl. Histoire de la théologie catholique

depuis l'origine jusqu'au concile de Trente, Paris, 1904,

P- ■ISS sq. P. Bern.vRD.

CIENFUEGOS ALVARO, théologien dogmatique, né le "27 février IG57. à Oveto, dans le lerritoire de Aguerra (Asturies), entra dans la Compagnie de .lésos à Satamanque en 1G76, enseigna la philosophie à Compostelle et la théologie à Salamanqueavec un grand succès. Lors delà guerre de la succession d'Espagne, il accepta du prétendant Charles, archiduc d'Autriche, une mission à la cour de Lisbonne et, au triomphe du duc d'Anjou, Philippe V, il ne put rentrer en Espagne. L'archiduc Charles, devenu l'empereur Charles YI, l'appela à Vienne et lui confia encore des missions d'État en Angleterre et en Hollande; puis, il demanda pour lui au pape Clément XI le chapeau de cardinal. Sa' création eut lieu en 1720, après avoir été retardée quelque temps par un ouvrage qu'il avait publié à Vienne, en -1717, et où certains docteurs romains avaient relevé des propositions téméraires concernant la Irinité et la liberté divine. Cienfuegos avait en eO'et prétendu traiter les difficultés inhérentes à ces grands mystères nova quadani via et sivgiilari cogilatione, comme il le dit lui-même. Voici, d'ailleurs, presque en entier le titre de cet ouvrage, qui révèle à lui seul le dessein de l'auteur, sa méthode trop exclusivement rationnelle en pareil sujet et, par suite, trop peu respectueuse du mystère, comme aussi le caractère de déchéance organique où, tout en raffinant, se desséchait de plus en plus la scoiastique d'alors. C'est tout un document : jEnigma tlieologicum, seu potius senignialuni , et obscui-issimaruni i/usestionum compendium, nunquam hactemts prorsiis solutum, nec solis viribus ingenii plane solvenduni, expedUissimeenodalurmodu,nova quadain viaetsingulari cogitatione. Qua solide et profunde slabilita, wluli ex radiée feracissima lucis, orilur clarissinia et universalis explicalio plurium implexissimantm difficullatum, tuni inira fines arcani Trinilatis et liberlatis divinas, quam extra, scholasticorum mentes torpenlium,et infactionesoppositas velienienter torquentiunt , et in factiones oppositas vehemenler concilantium : ila ut ea doctrina semel firniata admissaque, vel omnino dispareant et exulent a Iheologia nost7-a, vel apertissime dissolvantur, in unximqve deinceps inprsefatis traclalibus conspirent onines : perindeacsialma pax magnat'xparte iUuxissel orbi //(tecario... L'idée fondamentale était pourtant fort simple et rien moins qu'une nouveauté; elle tendait à prouver que la pluralité hypostatique dans l'unité essentielle n'est point en contradiction avec ce principe premier : deux choses égales à une troisième sont égales entre elles. Mais parfois les hardiesses de l'expression pouvaient donner le change sur la juste valeur de la pensée.

Ministre plénipotentiaire de l'empereur à Rome, depuis 1712,1e cardinal Cienfuegos fut encore pourvu de l'évéché de Catane, en Sicile, puis en 1724, de l'archevêché de Monreale (aussi en Sicile), auquel il dut renoncer, lorsque Charles de Bourbon se fut emparé du royaume des Devx-Siciles, enfin de l'évéché de Fiinf. Humble, modeste, affable pour tous, malgré ses hautes dignités, il menait à Rome la vie d'un religieux. H y mourut le 19 août 1739. Cienfuegos doit surtout sa célébrité à un traité

dogmatique sur la vie eucharistique du Christ, paru à Rome en 1738 et dont le long titre résume également le contenu : Vita abscondita, seu speciebus euc/iaristicis velala, per polissimas sensuuni operationes de facto a Christo Dnmitw ibidem indesinenter exercita circa objecta altari, et amori vicina : ejus mira utilitas, décor et claritas; et ad luendam verani rationem tum sacrificii incruenti, tum sacerdotii nécessitas : fructuurnque ex ea fœcunda radiée prodeuntium ubertas, raritas et vetusta novitas : Accedit conjunctio intima {eucharistie peculiaris gloria) sancte eommunicanlis cum Hervatoris nosiri anima, tanquam cum motore assxmente, postquam desinit sacramentalis prœsentia, nondum theologis satis nota: quœque incipit, et proficit in via, et exundat in patria. Les deux questions agitées dans cet ouvrage, aussi bien le mode de présence sacramentelle sous les espèces que le mode de présence unitive dans le communiant, n'étaient point nouvelles dans l'École, et les solutions proposées p-ir iMiil.nr ii^- li l.iieiil pas non plus à tout égard. Que I, i im-i. ,, 1 , lii -,n i unentel, puisse exercer miraculeii-riiH lit .riiun^ ,i. !,■, ,1e la vie sensitive, aucun théoloj^ieu u a jain.ii.^ l'ail dilliculté de le reconnaître ; qu'il les e.xerce réellement, ces actes, qu'il nous entende et qu'il nous voie par l'usage de ses sens, c'est une opinion que (i)rneliiis à Lapide, Lessius,

Gonet .ivai, ni aee.pl.',.. Mai. fa, ,,rii.-o> Va plus loin

que la |i., --il ni II.' ri .pii' Ir 1,(1 1 liii~ lin me : cette action des S'Ti. i|.\ i.-iil [i.au lui iMi.' le r.--ii-. à ce point que, .sans ellr. Ir vaeniier mj si i,|i,,. ,|, lautel ne se concevrait plus. Car le sacrifice, suivant ce système, consiste précisément dans la suppression momentanée des actes de la vie sensible, que Xotre-Spii;neur commence par exercer au moment de la emi^i < i aiii.n pour y renoncer

aussitôt, et qu'il repreml uni i • la conimixtion

des espèces, symbole de la e -m i n (//,. cit., disp. Il,

lect. 1, n. 1 sq. Quant à I uiiinii .[ni - ipere, en vertu du sacrement, entre le Christ et le communiant, ce serait, d'après Cienfuegos, du moins pour les âmes parfaitement disposées, une union d'ordre physique, survivant à la corruption des espèces, et consistant en ce que l'àme de Notre-Seigneur demeurerait associée efTeclivement au corps du communiant, à peu prés comme s'associaient les esprits angéliques aux corps de forme humaine sous lesquels ils apparaissaient (modo assumptionis propriu). L'âme du Christ deviendrait ainsi un principe de mouvement organique, parlant par notre bouche, pensant par notre cerveau, agissant par tous nos membres. Elle n'est d'ailleurs qu'un intermédiaire entre le Verbe et nous; car c'est à proprement parler le Verbe, à l'exclusion des autres personnes, prœcisive ab aliis personis, qui s'unit à nous. Op. cit., disp. VIII. Ces théories, que nous nous bornons à exposer historiquement, sans les apprécier, furent accueillies en Espagne avec la plus grande faveur. Cf. J.-B. Gêner, Theologia dogmaticoscholastica, Rome, 1767, t. i, prodr., n. 61. Seul le dominicain espagnol Thomas Madalena, dans Xtic/us seslivalis circa fervorem igneum, 1730, aiguisa contre elles quelques épigrammes ; mais elles furent défendues par divers théologiens de la Compagnie de Jésus, entre autres par François Rabago, sous le pseudonyme de Granvosca, dans C/di ' ^ /,, ^;, ,. fiabile bene/icio eucharistix apud Sri, , ,:is ponens domicilium,

Naples,1732, ell' I ^- mi ut, sous le pseudonyme

de Pereaet Honh ,1 m- I il, ijaiio pliysico-polemica

pro unione euc/inrinica, Valence, 1732. Le capucin Ludovic de .Murcie s'en lit également le défenseur. Cf. FranzeVin.TractatusdeSS. eucharistixsacramento, Ihes.xi, coroll. 2, p. 166; Dalgairns, La sainte communion, Paris, 1868, t. i, p. 182 ; Bougaud, Le christianisme et les temps présents, Paris, 1886, t. v, p. 221 sq. L'ouvrage du cardinal a été réduit en abrégé par le P. François-Xavier Alegre.

CIENFUEGOS ALVARO — CIRCONCELLIOXS

Il reste à mentionner de Cienfuegos, outre une Epislola pastomlis, Rome, 1737. un opuscule hagiographique lie jeunesse : Brève relacion de la vida, y heroicas virludesde et P. Juan Nielo de la Compania de Jésus, Salamanque, 1693, et une Vie de saint François de Borgia, Madrid, 1702, etc.

Mémoires rie Trévoux, 1732, p. 5-57. 191-221 ; 1743, p. 1014- 1020; Oudin, dans leflicîionfiaiVe/iisforiîuedeiMoreri; De Backer pt Sommcrvogel, Bibliothèque delà C" de Jésus, t. il, col. 1182- 1185; Hurter, Xomenclator, t. n, co\.9S0-9Sâ; Kirchenlemkon, t. lit. col. 362-364.

H. DlTOUQlET.

CIERAPaul, théologien de l'ordre de Saint-Augustin, né à Venise en 1576. Urbain VIII le nomma évêque de Città-Nova (Istrie), en I64I, et Tannée suivante le transféra au siège de Viesti dans le royaume de Naples. Il mourut à Velletri en 1648. En théologie on a de lui : 1" Traclatus de jure principum, Bologne, 1607 ; 2° Traclalus apologelicus pro slatu romanse urbis et curisc. Sienne, 1608; 3° Commentaria in primum Sententiaruni libruni, Rome, 1633.

Elssius, Eijcomiasticon augustinianum, p. 549; Ughelli, Itahasacra t Mi.ml SHKn-^m^ei. Bililnilhci ainigi(t,tiiuii>m p. 232; Albeiici ( ,//.// / ,

AUatius, Apcs n I , \l ri i

ria ecclesiœ \ > i i i

Dizionano dt c> n h , , i i ;

gionis augustiiiuiii.r, t m. p oVj. Id Ei'-mi saci a^ au<iHslinianm pars prima, p. 186: Lopez, Monastici augustmiani additamenla, Valladolid, 1903, p. lOO-lM, 304-305; Hurter. Nomenclator literanvs. t. i, p. 385.

CIPPULLUS Grégoire, d'une noble famille de Capoue, prit Ihaljil des frères-prêcheurs au couvent de Saint-Dominique de Naples. Il fut envoyé à Salamanque pour y étudier la théologie. De retour à Naples, il enseigna d'abord la philosophie au couvent de Saint- Dominique, puis fut nommé régent du collège Saint- Thomas. Promu au grade de bachelier en théologie, au chapitre général de Rome, en 16'29, il fut ensuite régent au Sludium générale de la Minerve. Le chapitre général de Valence, en 1647, lui conféra le titre de maître en théologie. Cippullus occupa dans son ordre la charge de provincial de la province d'Apulie. On ignore le lieu et la date de sa mort. On a de lui : Comnientariorum scholasliscorum in lll"" partem SuyvmsR théologien doctoris Atigelici S. Thomas Aquinatis, Tonnis primtis compl. xix priores qusest., in-fol., Rome, 1646. Ce t. i est le seul paru.

Qui'tif-Echard, Scriptores ord. pripd., I. II, p. 552.

R. COULON

1. CIRCONCELLIONS. C'est le nom donné en Afrique, à cause de leurs habitudes de vagabondage à travers les campagnes, circum cellas ritsticoruni ragantes, S. Augustin, In Ps. cxxxii,. 3, P. L., t. XXXVII, col. 1738; Cont. Gaud.. I. xxviii. 32. P. L., t. XLIII, col. 725, à un ramassi-; 'L' |iivi,iii- ippartcnant à la vieille race punique, dont il- l' ti lu. ni nui.niement la langue; le pt^iiplc les appel.iil rw,.;,', s Sans feu

ni lieu, ces prrliu l.,tl.'iii - ,i\,il.'iil ,, Imm.I. .nu- 1,, en II undes champs | •■ ^ ■ i ■ .1 n .In n - - n: l •. - \n\

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qu'ils appelainiii i..- n,,i,,i,n,n- J, - -.nni- - (ipLii, De schism. donat., m, 4, P. L., t. xi, col. 1U07, ils avaient fait entendre certaines revendications sociales, réclamant contre les maîtres la liberté des esclaves et contre les créanciers l'abolition des dettes : il- . j V, mnl ainsi une agitation d'ordre économique, in in. ij ni et rendait plus aiguë l'antagonisme des r:ne- |iiinn|ih il romaine. C'est ce qu'a démontré ThumrneK /»,■ /;.",teilung des Donalismus, Halle, 1893; dom Leclercq, V Afrique chrétienne, Paris, 1904, t. i, p. 345-346 ; Martroye, Une tentative de révolution sociale, dans la Reviie des questions historiques, octobre 1904, janvier 1905.

Mais conirairement à cette thèse trop exclusive, l'agitation créée par les circoncellions ne fut pa.s uniquement inspirée par les revendications sociales et l'antagonisme des races. Car bientôt d'autres motifs, des motifs" d'ordre religieux, vinrent se mêler à ce mouvement révolutionnaire et lui donnèrent le caractère d'une guerre religieuse. Voir von Nathusius, Ziir Charakteristik der Cirkumcellioner, des 4 und 5 Jahrhunderts in Afrika, Greifswald, 1900.

Quand on vit ces fanatiques à l'œuvre, pillant les maisons isolées, détroussant les voyageurs, bravant impunément les lois divines et humaines, ce ne fut qu'un cri de révolte. Il se trouva quelques évêques donatistes qui demandèrent au comte Taurinus la répression de pareils excès. S. Optai, De schisw. donat., m, 4, P. L., t. XI, col. lOOS. Mais bientôt, lorsqu'ils comprirent le parti i|n il- | .n.M.n. ni lirer de tels hommes, les donatistes Il 1 I II- main leur mouvement révolutionn.iii II 1 M Ml 1.1 direction et trouvèrent ainsi de docilr- I Miiliés dès lors au donatisme, les

circuii 1 •- |iréts à prendre les armes pour

couru liqiies. furent pendant plus d'un

siicb I H 1 I II 1 430. une cause incessante de liiiill I I iliii I - dans les provinces d'Afrique, de \ Il' i I ^\ m II iiiie, qu'ils ensanglantèrent à plu-

1 II I l'ii - I ' iinsi que, lorsque Constance en- \o\.i l'.ml 1 \l.n.aiiL, un 347, distribuer des secours en Afiique, Donat de Bagai, en Numidie, refusa de les recevoir et lit appel aux circoncellions. S. Optât, De schism. donat., m, 4, P. L., t. xi, col. 1003. Cf Pallu de Lessert, Fastes des provinces africaines, Paris, 1901, t. II, p. 240-246. La répression fut sanglante; Donat et Marculus y laissèrent la vie. Mais les circoncellions, un moment dispersés, n'en restèrent pas moins des champions dangereux, faisant peser partout une menace de terreur et n'attendant pour recommencer leurs méfaits qu'un signal ou qu'une occasion favorable. Sous Julien, qui a\ail |i iini- .ni\ nxilés de retourner dans leur patrie. In- : Il I - i iiii-,'.es des circoncellions prêtèrent main 1. i In h-les pour s'emparer des biens et

des éLjlisi - il<.= njllnjliques. C'est en vain que Valentinien, en 373, Gratien, en 377, firent des lois répressives contre le donatisme. Codex theod., XVI, vi, 1, 2; c'est en vain qu'en 392 Théodose en promulgua une contre les hérétiques, et Honorius une autre, en 398, contre ceux qui envahissent les églises. Codex theod., XVI, ii, 31, donatistes et circoncellions éludèrent tout et ne désarmèrent pas.

Une première fois, en effet, sous Yalentinien, ils profitèrent des troubles qui agitaient la Mauritanie pour faire cause commune avec les partisans de Firmus, qui, grâce à la faiblesse, peut-être à la connivence du comte Romanus, cherchaient à secouer le joug de Rome. Mais le comte Théodose, père du futur empereur du même nom, réduisit la révolte des Maures et des circoncellions.

Une seconde fois, un parti puissant de donatistes, toujours secondé par les circoncellions, reprit les armes et tint la campagne de 387 ;i 398 sous la conduite de Gildon. Il fut réprimé d'une manière sanglante. L'empire ne pouvait pas tolérer ce foyer de révolution permanente et seconda par intérêt politique autant que religieux l'effort des catholiques.

Cependant les conciles de Cartilage de 397 et de 401 se montraient coulants à l'égard des donatistes, puisqu'ils consentaient à admettre leur clergé avec toutes ses prérogatives et dignités. Celui qui se tint en 403 organisa même des conférences pour faire cesser tout malentendu et travailler efficacement à l'unité sociale et religieuse. C'était trop présumer. Les donatistes firent intervenir les circoncellions, et les violences recommencèrent. Plus de sécurité sur les routes pour les catholiques, chargés d'aller soutenir la cause de la paix

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celui Je recourir à l'autorité pulilique. Et c'est pourquoi le concile de Cartilage de iO't fit appel au bras séculier. Sur sn demande, Honoriiis publia une série de loisfoirn.iMl l'éilil ,1' -, r;,„/,. ,//„',„/,, XVI. II. -2: V.

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