‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 738 sur 741 · III. RÉFORMES ET CONGRÉGATIONS DIVERSES. — LeS · texte numérisé non relu

III. RÉFORMES ET CONGRÉGATIONS DIVERSES. — LeS

cisterciens conservèrent leur ferveur religieuse pendant les xiis et xiil« siècles. La décadence qui envahit toutes les familles monastiques ne les épargna pas au siècle suivant, malgré la tentative de réforme de Benoît XII et les mesures prises par quelques chapitres généraux. La tenue régulière de ces assemblées maintenait quand « même une certaine unité dans l'ordre. Les fréquentes, interruptions qu'elles subirent au xv siècle, jointes aux troubles profonds qui alors agitaient la France et presque toute l'Europe occidentale, compromirent d'une manière irréparable cette unité. Les besoins de réforme, qui se faisaient sentir dans les monastères espagnols et italiens vers cette époque, amenèrent la formation de congrégations distinctes.

1» Congrégation de l'observance de Saint-Bernard ou du Mont-Sion. — Cette congrégation eut pour fondateur Martin de Vargas (1425), moine de Piedra. Le projet de l'ériger reçut l'approbation du pape Martin

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CISTERCIENS

V. Ses monastères furent déclarés exempts de l'autorité du cli:ipitre généial de l'ordre, pour ne dépendre que d'un -n|..i uni' \,m\\\, portant le titre de réformateur gV'tiri il II Ini in. iiiial après la mort de Martin de Varj^as II il. , I.- .Mis des monastères particuliers furent égali'iiiiut liiLiiiiaux, contrairement à la coutume générale de l'ordre, qui avait toujours conservé la perpétuité de celte dignité. Les moines se stabilisèrent dans la congrégation, non dans chaque abbaye, comme à Citeaux; aussi les déplaçait-on fréquemment. Les réformés établirent leur premier monastère au Mont-Sion près de Tolède. Celui de Val de Euena adopta leurs observances (1430). Eugène IV remit cette congrégation sous l'autorité de l'abbé de Citeaux, qui eut sur elle droit de visite (1437). La réforme ne prit son extension qu'après 1469, date de l'union de l'abbaye de lluerta. Parmi les autres monastères (jui se soumirent à ses observances, on peut citer Palacuelos, au diocèse de Palencia, qui devint la résidence du général. Il y eut des monastères de femmes, parmi lesquels Las Huelgas de Valladolid. Les études furent en honneur dans cette congrégation, qui eut plusieurs collèges auprès des universités espagnoles.

2» Congrégation d'Aragon. — Les monastères d'Aragon, de Catalogne et de Valence échappèrent complètement à rinlluence de la congrégation du Mont-Sion. Ils furent groupés en une congrégation spéciale, avec le consentement du chapitre de Citeaux (1613), confirmé par le pape Paul V (1616). Elle eut pour la gouverner un vicaire général et des visiteurs, sous le contrôle et la dépendance de l'abbé de Citeaux et du chapitre de l'ordre.

L'abbaye de Las Huelgas, près Burgos, devint, au commencement du xviF siècle, le centre d'une réforme pour les religieuses cisterciennes, qui fut suivie par

quel.

trepi le M.

^nastères et dans les fondations en- |. .1 I I. Hormées. Elles furent connues sous

■ I. -■..Il.ll.'.s.

3 ' ; .//' Saint -Bernard d'Alcobaça. —

Ccli . M Il II. f.jrmée en Portugal, sur le type de cell. I ' ■■ 11. fut conlirmée en 1567 par saint Pii' \ I II-' . i.t |.i.ur centre l'abbaye d'Alcobaça. Son supérieur général était triennal. Le nombre des maisons s'élevait à 17, parmi lesquelles 4 de fondation récente. Les religieux s'appliquèrent aux études; quelques-uns fuivnt il'..--- l'Ii- li-I"l i.'MS.

k" Cungii'i " I I 'le Toscane. —hes

monastères .11 i .;die furent réunis

par Alexanili. \l 1 '.'.iT .iin:;i-égation réformée,

que gouvernait un chapitre gcnéial Iriennal, chargé de nommer les supérieurs, triennaux eux-mêmes. Jules II rétablit celte union (1511), qui avait été quelque temps interrompue. Les fonctions restèrent triennales. Le supérieur général assistait au chapitre de l'ordre et prenait rang après les abbés des premières filles. Le régime ou gouvernement rappelait celui de la congrégation bénédictine du Alont-Cassin. Les cisterciens réformés eurent quelques monastères dans les États pontificaux, Sainte-Croix de Jérusalem et Saint-Paul-Trois-Fontaines entre autres. Le nombre de leurs maisons s'élevait à. 45, dont 26 de fondation récente. Il y eut parmi eux des théologiens, des canonistes et des historiens.

5» Congrégation romaine et de Calabre. — Les monastères italiens obéirent à la même impulsion que ceux d'Espagne; ceux qui n'avaient pas embrassé la réforme austère de la congrégation de Saint-Bernard se groupèrent en congrégations distinctes d'une observance moins rigoureuse. Les maisons des États pontificaux et du royaume de Naples formèrent la congrégation de Borne, approuvée par Grégoire XV (1623); elles n'étaient pas plus de 11. Les monastères de Calabre se groupèrent à part (1633). L'abbaye de Flore et les rnai- .sons qui en dépendaient s'unirent à eux. Ces congrégations, gouvernées par un chapitre et un supérieur géné-

ral, restaient néanmoins sous l.i dépendance de l'abbé et du chapitre de Citeaux.

6° Congrégation de saint Bernard dr l'.illeniagne du Nord. — Elle fut érigée par Nicolas Boucherai, abbé de Citeaux, au monastère de Furstenfeld (1595) et comprit 20 abbayes. Elle restait sous l'autorité de l'abbé et du chapitre de Citeaux et avail à sa tèle un président assisté d'un secrétaire et d'un commissaire. Les maisons autrichiennes, bohèmes et hongroises ne se groupèrent point.

7" Congrégation de Pologne. — Les monastères de ce pays se réunirent en congrégation au chapitre provincial de Wargowice, le 19 juin 1580, toujours sous la dépendance des autorités de l'ordre. Ils étaient au nombre de 20 dont 5 de femmes.

8" Les feuillants. Voir ce nom.

9° Religieux de l'étroite observance. — Quelques monastères françjiis tentèrent de sortir du relâchement au commencement du xviiesiècle. C'était aller au-devant de la réforme qu'Urbain VIII et Louis XIII avaient chargé le cardinal de La Bochefoucauld d'établir. Dom Denis Largentier, promoteur de ce retour à la discipline, le lit approuver par le chapitre général de 1618. Les réformés constituèrent la congrégation de l'étroite observance, soumise à un chapitre spécial et gouvernée par un vicaire général. Le cardinal de Richelieu el les papes encouragèrent ouvertement la réforme, qui fit de rapides progrès,sans s'étendre néanmoins à toutes les maisons. Celles qui refusèrent de reprendre l'abstinence furent connues sous le nom de Coniniime observance. Les réformés el les 11. 11-1 r.i NI. - continuèrent d'appartenir à l'ordre sou.s Ini ii ... h.ipitre et de l'abbé de Citeaux. dan.s .1 il! Il iléterminées par un bref d'Alexandre Vil l'.i .nnl ItiGti).

10" Congrégation de la Trappe. — Il y eut au xviFsiècle plusieurs tentatives isolées de réforme. Bernard de Montgaillard, feuillant de Paris et ligueur intrépide, ayant reçu l'abbaye d'Orval au diocèse d. tJ. :,. Iiln". . v lit revivre la stricte observance de sa r..!- . I n-i .. ii. .|,". Beaufort, abbé commendataire de Stpi-i ni h , -.• d'Autun). entreprit avec le plus grand sul.j.j.^ Ij iiluime de son monastère (1663). Le plus célèbre de ces réformateurs fut Armand Jean le Bouthillier de Rancé, abbé commendataire de la Trappe (diocèse de Séez), qui embrassa lui-même la vie religieuse (1664). La discipline qu'il fit adopter par ses moines est empruntée aux Us de Citeaux et aux écrits des Pères du désert. La réputation qu'il avait laissée dans le monde, l'éclat de ses connaissances et son mérite littéraire attirèrent sur sa personne et sur son œuvre l'attention de ses contemporains. Dans son zèle pour la réforme, il dépassa la mesure, en blâmant sans raison ceux qui ne partageaient pas sa manière de voir, en particulier sur la pratique des humiliations et sur l'incompatibilité de l'étude et de la vie monastique. Mabillon, au nom des bénédictins de Saint-Maur, et Le Masson, au nom des chartreux, durent défendre contre lui les traditions de leurs ordres. Voir Chartreux, col. 2286-2287, el M.\bil- LOK. Cf. Sainjore (Richard Simon), Bibliothèque critique, Paris, 1708, t. i, p. 478-486. Rancé mourut en 1700, Les moniales des Clairets (diocèse de Chartres) adoptèrent sa réforme. Les trappistes réformèrent l'abbaye de Buon-Solazzo, près de Florence, à la demande de Côme III, duc de Toscane (1705).

La Bévolulion française donna à la réforme de l'abbé de Rancé une extension que rien ne trii=.ni( pr.ivoir. Dom Augustin de Leslrange s'établit a\. . I. - m. .in. - .1... la Trappe à la Val-Sainte, en Suisse ITHI . - ii... -u abbaye trois ans plus tard. Il put travaill. r a l.i i.r. .ilion d'établissements nouveaux en Italie, en Belgique et en Amérique. 11 revint en France, lorsque Napoléon eut rendu la paix à l'Église; mais ce fut pour se voir exposé à une nouvelle suppression en 1811. La chute de

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l'empereur permit aux trappistes de se reconsliluor. Leurs maisons ne tardèrenr pas à se multiplier. Celles de France, de Ijeaucoup I - l'In- iMinlireuses, se partagèrent en deux cou- 1 - : " H-'le la Nouvelle réforme ou de la Grain I I i i ; . Ile de l'Ancienne réfonne. Les monaslrr. - il I' li. . J- lliljiique et d'Anô-leterre se groupèrent en congrégaliuns r.LiniKilr-,. ( .,■< maisons suivaient d'aussi prés que possilili- 1-- im. i( n-

Us de Citeaux et par conséquent av.iii n k-ium-

très sévère. Lron \11I .■ r.'ntii Inul.-, ir- mn^i, -allons en unseul ordl^'. ^Ill i\'-- .'i^lrrrims ,;'l:>rnir^ ,lt- Xolve-

Dame de la Impi-r ls;il .. .,,ii^ r.miMi iir ,!,■ l'abbé de Citeaux et du cIliihIi.' -ii,.|.,1. 1.- ur Mi,,iiwalion est empruntée à la Charte ilt i lui il/. Il- mui m loui 58 monastères, 21 en France: L'ini I;. Lh|iir : 1 , n Hollande; 3 en Allemagne; 3 en Aulruhr; :; m li.ili,-; i en Espagne; 3 en Angleterre; 4 en Asie: A en .\trique; 6 en Amérique; 1 en Océanie. Ce même ordre possède 17 monastères de femmes. La suppression des ordres religieux en France a modifié cette statistique.

11» Commune observance. — Les bouleversements politiques et religieux qui agitèrent l'Europe à la fin du xviiF et au commencement du xi.v siècle causèrent la ruine presque complète de l'ordre de Citeaux. Joseph II (1783) supprima un grand nombre de maisons en Autriche et dans les Pays-Bas; celles de France furent supprimées en 1790, celles de Bavière en 1803, de la Prusse rhénane en 1810, du Portugal en i83i, d'Espagne en 1835, de quelques cantons suisses en 1848, de Pologne un peu plus tard sous Nicolas I". Il en disparut beaucoup en Italie après les troubles de 1860. Celles qui subsistent forment la Congrégation de Saint-Bernard d'Italie, composée de 6 monastères; le Vicariat de la Commune observance de Belgique avec 2 abbayes; la Province cistercienne d'Aulriclie-Hongrie, qui en possède 12; la Congrégation suisse, qui en a 3. La congrégation de V Immaculée-Conception ou de la Moyenne observance, établie à Sénanque, diocèse d'Avignon (185i), fut érigée canoniquement en 1867; elle ne compte que 5 maisons.

IV. Privilèges et liturgie. — Grâce à son organisation, qui avait pour base le chapitre général et l'autorité de l'abbé de Citeaux, cet ordre a conservé depuis son origine une unité relative qui fait défaut aux moines noirs. Cela lui a permis de garder un grand nombre de traditions et une physionomie qu'on chercherait vainement chez les bénédictins. Il a, entre autres choses, maintenu un grand nombre de ses priviièftes et sa liturgie propre. On n'a pas pu, de fail. I .iliininci- dans la jouissance de ses droits, sous pn h \lf .1 inin luption. Le bullaire de Citeaux n'ajamai- rh iiiipi im.' : on en I.S di: la liiMiullièque de dans les mss. lat. 9003- |ue nationale. Jean de I recueil des privilèges vre imprimé à Dijon :

cisterciensis, in-i^, Di-

trouve II'- rniiifnt- ii'in Dijon, M ■ ' i:>

Cirey. al.lu' ,!,■ i :iir,,i;\.

de son ordre: c'osi lo i Collectio privilegiorun, jon,1491.Il y eut deux autres recueils imprimés à Paris, l'un in-8» en 1620 et l'autre in-4" en 1666, et Privilèges de l'ordre de Citeaux, recueillis et compilés de l'aulorilé du chapitre général et par so7i ordre e.vpri'S, divisés en deux parties contenant les bulles des papes et des lettres patentes des rois et leurs règlenienls,paT dom Louis llcchet, in-4», Paris, 1713. Les cisterciens firent imprimer de bonne heure leurs deux principaux livres liturgiques, le bréviaire et le missel : Breviarium secundum consuetudinenimonachorum cisterciensiuni, in-18, s. 1. (vers 1480); Missale secundum consuetudi-

nem fratrum ordinis cistercie, V. Services rendus. — Il n sur les services rendus par les ci^ la part faite par a rendus manifestes jusqu

in-fol

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