‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 737 sur 741 · IV. c. xvi · texte numérisé non relu

IV. c. xvi

si bien évident qu'ils s'envee là où est l'un, là aussi se

iiiiinsession des deux frères I lin 1 In/ I .inirr. l'un dans

iiiliiiient de l'un ablement la voie

qui le :

vêle. Cf. S. Atha- P. G., t. XXVI, AriUid .\li\andrie. Thés, assert., XII, P. G., 178; S. Fulgence, De lide ad Petrum,c. i, t. LXV, col. 674; S. Hilaire, De Trinitate, P. L., t. X, col. 78; Petau, De Trinitate, : Rniy. De Trinitate, disp. CVII, sect. v, |i. s;;(; . li, , rehun pro jacobilis, dans Den-

■J" L'iiriiiiiir rst 1 anirn fait qui exige et prouve la circuminsession. Les opérations en Dieu ont une immanence parfaite, la vie divine est même la seule dont les opérations présentent l'immanence totale. Les autres vies sont toujours en quelque chose dépendantes du dehors, elles empruntent aux êtres étrangers, ou s'écoulent au dehors, ou sont conditionnées par d'autres agents. La vie de Dieu se déroule toute au sein de la divinité. Dès lors, le Père, quand il engendre le Fils, lui donne non pas une vie distincte, une nature autre, une substance différente, il l'engendre par la communication de sa propre nature, c'est sur le théâtre de celte nature infinie que se déroule la scène inénarrable de l'enfantement du Verbe. Dieu en se parlant, en se disant lui-même à lui-même, produit un Verbe qui n'est pas autre chose que sa propre nature. Le verbe né de l'esprit, reste dans l'esprit qui l'a proféré, i prit reste en lui. E.r mente enim et in mente ■

est semper, kteoque mens est in main'l in meule geiieranic et nu bel tolaliler m se, et ojiorlul sin.

Filiiim et cicissim Patrem cm d'Alexandrie, Dial., ii, de 'Jri col. 767; S. Fulgence, Ad Mm L., t. LXV, col. 204; S. Tliomis, q. II, a. 2. Cet aspect de la qiies

verbo... (lia) Verbiim 'iitem generanlem haul existere cum Paire ', niio. Cf. s. Cyrille

, c. VII, P.

, dist. XIX, nontre sur-

CIRCUMINSESSION — CISTERCIENS

tout pourquoi la tradition patristique et théologique a parlé de perr»eaiio, àe circumpernieatio, de circuminsessio, de 7tE?i x<«'P';'"î> c'est-à-dire d'attraction mystérieuse par laquelle les trois personnes sont portées l'une vers l'autre, vont l'une à l'autre. C'est une sorte de mouvement qui. rl.ms la génération du Fils ou la procession <lii S, mil I -pi il, conduit l'un à l'autre et réciproqueiiu'iii l'-tni < lui consister plus particulièrement la cirLiiiiiMi-.--iMn iliins ce mouvement. C'était ouljlier la paruli' iiu'iiic il.' .\oli-c-.Seigneur qui n'a pas dit seulement I'uIit ad Filiiiiii, ou apud Filinni ni Filins ad Palrein ou apud Pdlrciti, mais Pater in me est et ego in Paire. Il y a donc une réelle présence des personnes qui résident l'une dans l'autre et celte idée est mise en relief surtout par la consuhstantialité de nature, et traduite par le mot de circimiinsessio.

3" Enfin, les relations pUes-mémes, tout en constituant les personnes et on hs distinguant, les rapprochent et appellent la circuminscssion. Le Père, parce qu'il est Père, appelle le Fils, il se l'oppose, mais il l'enveloppe, il ne peut être Père si le Fils n'est pas ; un concept entraine donc l'autre et lui est attaché par un lien analytique essenliil. l'areillement le Fils appelle le Père et ne peut éhv inin ii -:iii~ lui- M.ii~ il \ ii plii^ iph' r.- i-jp-

port logiijiK- inh. h- .lilliiMil- Irin,, , A, ~ \.\. n..

Comme les liLtli^n- -■■ni intnii-i ■|in - ,i l.i .ji.Miih •■\ qu'elles sont n.ii.--tiliu l» \>m dus acte-, iimii.iin.iil.--, lis personnes elles-mêmes sont inséparablement unies dans la nature indivisihle qu'elles se communiquent réciproquement. Ita nohis hoc dignala est ipsa Trinilas evidenler ..xh-udm:. m eli.ini u, liis iiniiiiiiihiis .jinhiis

cognoscilur, ,u;: sine Pahc Fdius nircuilii,-. ndalio qnippe ipsa vocabuU persoiialis personan separari vetat, gnas etiani dum non simid nonfinat, simtd insinuât. iXemo aulem audire potest unumqncmque isloruni nominum, in que non intelligere eogatur et alterum. XI- concile de Tolède, Denzinger, n. 227, 228.

IV. l'XF. ERRELR A CE SUJET. — Certains théologiens, comme Suarez. De Trinilate, 1. IV, c. xvi, n. il-13; Ruiz, /JeTrinifa^e, disp. CVII, sect. vu, ont pensé devoir établir la circuminsession sur l'immensité divine. Le Père est partout, le Fils est partout, le Saint-Esprit est partout, ils se rencontrent donc toujours et on ne peut citer un point de l'espace réel ou possible où ne se trouvent simultanément ou ne puissent et ne doivent se trouver les trois personnes divines. Elles sont donc partout présentes l'une à l'autre, elles coexistent, elles agissent en tout de concert et dune seule action commune et identique. Certes, il est vrai que la divinité est omniprésente, qu'elle n'est enfermée en aucun lieu et limitée par aucune frontière, que dès lors les personnes divines coexistent partout. Mais outre la confusion que cette théorie introduit entre l'immensité et l'omniprésence divines, il faut remarquer que cet aspect de la circuminsession est très secondaire et ne constitue donc pas primitivement ce concept. Ce qui fonde avant tout la circuminsession, c'est la consubstantialité des trois personnes divines. Étant consubstantielles, elles se rencontrent et sont présentes l'une à l'autre dans cette nature. Étant consubstantielles et présentes mutuellement, elles agissent ensemble, créent de concert le monde et l'espace, et coexistent dans l'immensité. Mais cette coexistence suppose l'immensité, laquelle suppose l'espace et la création, et la circuminsession est un fait éternel, antérieur à toute création et à toute étendue. Du reste, s'il fallait entendre la circuminsession à la façon de Suarez et de Ruiz, on devrait l'étendre à tout le créé : car Dieu est présent à toutes choses; il n'en est aucune qu'il n'enveloppe et ne pénétre, et toutes choses sont en lui. 7)1 ipso enim vivimiis, movemur et sumus, disait saint Paul à l'Aréopage. Act., xvn, 28, cf. 24.

V. Autre sens et portée théolooique de la circuminsession. — Notons enfin un sens secondaire de la circuminsession ou Tt^pt/wpr.Tt;, chez les Pères : c'est la présence du Verbe dans l'humanité à laquelle il s'est uni par l'incarnation. L'union hypostatique fuit assister l'humanité par le Verbe et la rend piV-' n^ - ■ 'm i. C'est une circuminsession particulière .111 \ >: i ■,

dans le temps, du l;nt de l'incarnati In' i !■

l'autre circuminsession par plusieurs (■! - h il I li

première est propre aux trois personnes divines et marque leur compénétration mutuelle, la seconde est propre au seul Verbe, à la nature divine considérée comme possédée par le seul Verbe, et marque son rapport avec la nature humaine du Christ: la première est fondée sur l'unité de nature et accuse la multiplicité des personnes habitant une même nature unique, la seconde est fondée sur l'unité de personne et accuse la multiplicité des natures unies l'une par l'identité, l'autre par l'incarnation au Verbe divin. Enfin la compénétration des personnes, indiquée par la première, dillère grandement de la compénétration de la nature humaine par la nature divine et la personne du Verbe signifiée par la seconde. Les deux sont une arme excellente contre I lui' -le. |Mii-,|ii,. 1,1 pu 1,11. re. en affirmant la consub- -iiiiiiilii- ,!■ - pi -,.1111. - .Inines, détruit l'arianisme, 'I- 'Il -iip|"'-,uii Li ili-iiiaiiuii des personnes, réfute le salji-lli.uiisuie , 1,1 seconde, en établissant la circuminsession des deux natures du Christ dans l'unité de la personne, combat du même coup le nestorianisme avec ses deux personnes dans le Sauveur et le monophysitisme avec sa confusion des éléments du Christ en une seule nature. Cf. Franzelin, De Deo trino, th. xvi, p. 225 sq.

Outre les auteurs cités, voir le Maître des Sentences, / Sent., dist. XJX, P. L., t. CXCII, col. 573 sq. ; S. Bonaventure, In I Sent., dist. XIX, p. i, q. iv, Opéra, Qiiararchi. •1882, t, i n, p. 341 sq. ; .^uréolus, /it / Sent., di<i M\,p ii, n, 1: Gf^né-

brai-d, De lYinitate, 1. II; Vita-. /' -. m Tn,,f

tale,dansleCursustheol.comph-iir- h w, ,. m p, ihi-j -,| ; Suicer. The.iau;

4, Ha

Pesi

lie Deo

prop. Lxxxvi, Pribourt'-en-Brisgau. ISÛO, p. 322; Tli. de Régnon, Études de théologie positive sur ta sainte Trinité, 3- série : Théories grecques des processions divines, Paris, 1898. A. Chollet.

CISTERCIENS. - 1. Origines de l'ordre. IL Règle et organisation. III. Réformes et congrégations diverses. IV. Privilèges et liturgie. V. Services rendus. VI. Personnages célèbres, saints et bienheureux. VII. Écrivains.

I. Origines de l'ordre. — Les cisterciens doivent leur nom à l'abbaye de Citeaux ICisterciuni), qui fut le berceau de leur ordre. Ce monastère eut pour fondateur (1098) saint Robert, abbé de Molesmes, qui voulut y pratiquer avec quelques-uns de ses religieux la règle de saint Benoit au pied de la lettre. 11 ne songeait, pas plus que ses deux successeurs, le B. Albéric et saint Etienne Harding, à établir un ordre nouveau. Cette création leur fut imposée par l'aflluence des vocations et le grand nombre des monastères qui sortirent de la filiation de Citeaux. L'entrée de saint Bernard au novi-, ciat (M 12) fut le point de départ de ce développement extraordinaire. La fondation de la Ferté (1113), Pontigny (1114), Clairvaux et Morimond (1115) ne se fit guère attendre. Ces maisons reçurent dans la suite le titre de premières filles de Citeaux. La sainteté de saint Bernard, l'élévation de sa doctrine, le feu de son éloquence, l'éclat de ses miracles, l'étendue de son action religieuse et politique attirèrent dans les abbayes cisterciennes les âmes éprises de l'idéal religieux. Sous la

CISTERCIENS

poussée des Tocalions de plus en plus nombreuses et sur rinvitation des papes, des évèques, des rois et des seigneurs, on dut multiplier les essaims monastiques. Il yen eut bientôt dans tous les royaumes de la chrétienté latine, en France, en Espagne, en Portugal, en Italie, dans la Grande-Bretagne, en Allemagne, en Pologne, dans les Pays-Bas et dans les Pays Scandinaves, en Hongrie et en Palestine. Leur nombre s'élevait en 115'2 à 350, sans compter les granges ou prieurés placés sous la dépendance des principales abbayes. On essaya vaineuient alors d'arrêter cette expansion, qui parut excessive ans. supérieurs eux-mêmes. L'ordre compta 530 maisons à la fin du SU« siècle. Il s'accrut encore, si bien que, malgré les pertes subies pendant la crise protestante, il en restait plus de 700 au milieu du xvil" siècle.

Cette diffusion de la famille cistercienne se fit principalement par voie de fondation directe. Il y eut néanmoins des affiliations de monastères établis antérieurement. Tel fut le cas de Savigny, fondé au diocèse d'Avranches (vers 1105) par le B. Vital de Mortagne, et de ses 27 filles, d'Obazine, établi au diocèse de Limoges par saint Etienne (1142) et de quelques monastères de bénédictins noirs. L'ordre compta de nombreuses maisons de femmes soumises à la même règle que les hommes et à l'autorité des mêmes supérieurs majeurs. Saint Bernard et d'autres cisterciens prirent une part active à la fondation des grands ordres militaires de cette époque et leur donnèrent des règles inspirées par celles de Citeaux ; ce furent les ordres du Temple, de Calatrava, de l'Aviz, de Saint-Michel, de Saint-Lazare, de Mont-Sion, d'Alcantara, de Saint-Maurice, de Montesa et du Christ. Voir Ordres militaires.

II. Règle et organis.\tion. — Les cisterciens reçurent le nom de grisei (blancs, gris), à cause de la couleur de leur habit, par opposition aux moines clunistes et autres, qui furent appelés nigri (moines noirs). L'observance qu'ils adoptèrent et propagèrent marque une réaction très vive contre celle qui prévalait à Cluny et dans la plupart des anciens rnonasléres. Elle prit dès l'origine tous les caractères d'une réforme, c'est-à-dire d'un retour à la pratique de la règle primitive. Les moines noirs avaient adouci l'observance, allongé l'office divin au détriment du travail et adopté dans les constructions, le vestiaire et leii^crnble de la vie, des coutumes peu conforne's ;, ]., -!iM|ilh ih' antique. Les cisterciens diminuèrent li l'ii.n- m l la solennité des offices, s'adonnèrent pei^niiiirllnii, ni ;iux travaux agricoles, suivirent un régime plus austère et adoptèrent une architecture grave et simple.

La règle de saint Benoit, telle qu'ils la comprirent et la pratiquèrent tout d'abord, était complétée par des coutumes, que l'abbé enseignait et faisait observer. Elles furent rédigées par saint Etienne et sont connues sous le nom de Consuehidines ou Us de CUemix. Les règlements liturgiques y ont une place très large; il y est question des exercices communs et des officiers du monastère; toutes choses qui entrent dans les constitutions des ordres et congrégations modernes. Les Us pouvaient être modifiés et complétés, et ils le furent souvent par les chapitres généraux.

Les Consueludmes réglaient tout ce qui concerne le gouvernement de chaque maison. Les relations des maisons entre elles et leur organisation en ordre étaient fixées par la Charte de charité, œuvre encore de saint Etienne. L'abbaye de Citeaux était chef d'ordre et son abbé remplissait les fonctions de supérieur général. On tenait compte dans la subordination des monastères de l'abbaye fondatrice. Ils se rattachaient tous par voie de fondation à l'une des premières filles de Citeaux et formaient sa filiation. Toutes les maisons devaient suivre les Us de l'ordre et tes décisions des chapitres généraux. Ces chapitres étaient dans l'ordre la grande auto-

rité; ils pouvaient interpréter les Consuetudinps, promulguer des décisions obligatoires, trancher des difficultés existant dans les monastères ou dans l'ordre, réprimer les abus, déposer les abbés, s'il y avait lieu, accepter les projets de fondation. Ces assemblées, présidées par l'abbé de Citeaux, se réunissaient tous les ans dans son abbaye; les abbés de tous les monastères devaient s'y rendre. On dut, à cause des distances, permettre aux abbés de Danemark, de Suède, de Prusse et de Hongrie de n'y venir que tous les trois ans, à ceux d'Irlande, d'Ecosse et de Sicile, tous les quatre ans, et à ceux de Palestine et de Syrie, tous les sept ans.

Le premier chapitre se réunit en 1119 pour approuver la Charte de charité. Les suivants eurent lieu très régulièrement toutes les années jusqu'en 1411. Ces assemblées furent dès lors intermittentes; il y eut même une interruption de vingt années. Lorsque l'ordre se réorganisa au xviie siècle, on se contenta de chapitres triennaux.

Les visites régulières, faites par les abbés des quatre premières filles, complétaient l'organisation de l'ordre. Elles contribuèrent avec les chapitres généraux au maintien de la discipline et au développement des monastères. De bonne heure, on s'occupa de codifier leurs décisions. Le premier recueil, œuvre de l'abbé saint Raynard, Institiita capituli generalis, fut promulgué en 1134. Le suivant, Institutiones capituli generalis, commencé vers 120S par l'abbé Arnaud I", fut promulgué après le chapitre de 1240.11 y en eut un troisième (1289 et 1316) qui porte le nom de LiheUi antiqvariini deffinilionum capituli ;y, .,.,'.?;< •.r,i:,,i^ cislerciensis. Le chapitre de 1350 prou il- > ç (le/initiones,

conformément à la Cun^ir iirline; c'est le

nom donné dans l'ordre ,i Ij liiill. r^'hje/ix ut Stella de Benoit XII (12 juillet 1335), qui prescrivait la réforme de l'ordre. *

V 12; Les d, in-8%

leixietisiPj sen anlujutorcs oniitns asterciensisconstitutiones a R. 1' /j /"(,/,,/,,,•.,' //. -/r ucnotii et observationibus adornotf monuments primitifs de !o les inanuscrits de l'abbay- 'i> <./f.n<', ],,ii | Dijon, -I878;£îMde sur l'état intérieur des abhnjes cisterciennes et principalement de Clairvauœ aux sif et .xiir siècles, par d'Arbois de Jubajnville, in-8% Paris, 1858.

Les chapitres généraux, tels qu'ils fonctionnaient dans l'ordre de Citeaux, eurent sur tout l'ensemble des ordres monastiques et religieux une influence considérable et des plus heureuses. Les papes ont prescrit la tenue régulière de ces assemblées aux moines de Cluny, aux bénédictins noirs et aux chanoines réguliers. Les ordres mendiants et toutes les familles religieuses fondées depuis le moyen âge firent entrer cette institution dans leur organisation, en ayant soin de l'adapter à leurs besoins.

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