‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 107 sur 400 · PEINE DU DAM, C'EST-A-DIRE SONT EXCLUS DE LA VISION · texte numérisé non relu

PEINE DU DAM, C'EST-A-DIRE SONT EXCLUS DE LA VISION

béatifique. — L'Écriture enseigne clairement cette vérité, quand elle dit : Nisi quis renalus fuerit ex aqua et SpirituSancto,nonpotest introire in regnum Dei. Joa., m, 5. Les pélagiens eux-mêmes sentaient si bien la force de ce texte, que, pour y échapper, ils imaginèrent une distinction entre le royaume de Dieu, dont le baptême seul ouvrait l'entrée, et la vie éternelle, où l'on pouvait parvenir sans recevoir le sacrement. Saint Augustin fit bonne et prompte justice de cette distinction aussi nouvelle que futile. Voir Baptême chez les Pères. Les pélagiens, du reste, employaient un autre argument pour soutenir leur théorie. S'appuyant sur le texte : In domo Patris mei mansiones mullx. sunt, Joa., xiv, 2, ils prétendaient qu'il y avait dans le royaume des cieux ou quelque part ailleurs, un lieu intermédiaire, où les enfants morts sans baptême vivaient heureux, partageant plus ou moins avec les élus le bonheur surnaturel de la vision béatifique. Cette prétention fut condamnée par une décision synodale, généralement attribuée au IL' concile de Milève (416), et reproduite par le concile plénier de Carthage (418), tous deux approuvés par le pape. Si quis dicit ideo dixisse Dominum : IN domo patris mei mansiones mL'lt.e SUNT, ut intelligatur quia IN REGNO CjElorum erit aliquis médius AUT ullus alicubi locus ubi deate vivant parvuli qui sine bajiïismo ex hac vila migrarunt, sine quo in regnum cœlormn qvod est vit a .eterna intrare non possunt, anatliema sit. Denzinger, Enchiridion, n. 66. Voir, sur l'authenticité de ce canon, Milève (Conciles de). C'était déclarer, en termes très clairs, que les enfants morts sans baptême sont exclus de la vision béatifique. Les Pères ont enseigné souvent la même doctrine, d'une façon équivalente, en affirmant la nécessité absolue du baptême pour être. sauvé. Voir Baptême chez les Pères. Voir aussi les textes cités au paragraphe suivant. Cette doctrine fut souvent rappelée dans la suite par les papes et les conciles. Signalons, entre autres, la décrétale d'Innocent III, où il est dit que « la peine du péché originel est la privation de la vue ■ de Dieu », Denzinger, Enchiridion, n.341; la déclaration du concile de Florence, où il est dit que le sacrement de baptême est le seul moyen pour les enfants d'échapper à l'empire du démon, et de devenir enfants de Dieu : Cum ipsis (pueris) non possit alio remedio subveniri, nisi per sacramentum baptismi, per quod eripiuntur a diaboli dominatu et in Dei filios adoptantur, etc., Décret, pro Jacob., Denzinger, n. 603; la définition du concile de Trente sur la nécessité du baptême pour le salut éternel des enfants, sess. V, can. 4; enfin les différentes professions de foi que les papes et les conciles ont prescrites aux orientaux (voir Denzinger, n. 387, 588, 870, 875) et d'après lesquelles « descendent aussitôt en un lieu inférieur, in infernum descendere, les âmes de ceux qui meurent avec le seul péché originel ».

Tous ces documents prouvent, d'une façon évidente, combien sont inutiles et vaines les tentatives faites par quelques théologiens pour trouver, en cas de nécessité, un équivalent quelconque au baptême, et assurer par ce moyen le salut éternel des enfants non baptisés. — 1. Au premier rang de ces opinions inacceptables est celle de Cajetan, qui émettait comme une hypothèse très vraisemblable l'opinion que les prières des parents pouvaient, d'une façon régulière et normale, obtenir à leurs enfants le bienfait de la justification et du salut, quand il était

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