‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 141 sur 400 · V. UULET · texte numérisé non relu

V. UULET

BARSOV Nicolas Ivanovitch, théologien russe, né dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg, le 21 avril 1839. Ses humanités achevées auséminaire de la laure Alexandre Xe\vsky,il fréquenta les cours supérieurs de l'académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg, et en 1864, il obtint le diplôme de magistcr theologiae pour sa thèse intitulée : Les frères André et Sémène Démisov (xviiie siècle) et leur place dans l'histoire du raskol. Professeur de théologie pastorale et d'homilétique à l'académie en 1871, membre de la commission chargée de décrire et de publier les documents des archives du saint-synode (1874), attaché au ministère de l'instruction publique russe en 1889, Barsov est mort le 30 mars (13 avril) 1903.

La plupart de ses ouvrages ont trait à l'histoire de la théologie chrétienne des premiers siècles, ou à l'histoire de la théologie russe. On lui doit lest, n (1878), vi (1881), vin (1891), de la grande collection paraissant à Saint- Pétersbourg depuis 1868 sous ce titre : Description des documents et des pièces conservées dans les arc/tires du saint-synode (Opisanie dokoumentov i diel, khraniiaclitchikhsiia v arkhivie sv. synoda). Ce recueil, dont le t. xn vient de paraître, est une mine précieuse de renseignements pour l'histoire moderne de l'Église russe. Dans la liste bien longue des ouvrages de Barsov, citons les suivants : 1° Istoriia pervobylnoi khristianskoi propoviedi (Histoire de la prédication chrétienne primitive [jusqu'au ive siècle]), Saint-Pétersbourg, 1865; 2° Jstoritclieskie, krititclieskie i polémitcheskie opyty (Essais historiques, critiques et polémiques), Saint- Pétersbourg, 1879; 3° Malérialy dlia biograpliii Innokenliia Khersonskago (Matériaux pour servir à la biographie du métropolite Innocent de Chersone [célèbre écrivain russe, f en 1857|), 2 vol., Saint-Pétersbourg, 1884, 1887; 4° Otcherk iz istorii khristianskoi propoviedi (Essai sur l'histoire de la prédication chrétienne), 3'' livraison, Karkov, 1894; 5° Nicskolko izsliedovanii istoritcheskikh, razs-ujdenii o voprosakh sovremennykh (Recherches historiques et considérations sur plusieurs questions d'actualité), Saint-Pétersbourg, 1899. Dans l'organe officiel de l'académie théologique de Saint- Pétersbourg, la Lecture chrétienne (Khristianskoe Tchténie), Barsov a inséré des travaux très ('tendus sur le système théologique de Khomiakov (f 1860), un des plus grands théologiens russes du xix° siècle (1869-1870). et l'influence exercée par lui sur la théologie russe contemporaine (1873), un essai sur l'indifférence en matière de religion et le scepticisme (1880), etc.

Lopoukhine, Encyclopédie théologique orthodoxe, Saint- Pétersbourg, 1901, t. il, col. 271-273; Nouvelles ecclésiastique*. Saint-Pétersbourg, 1903, n. 16, p. 628-629; Messager ecclésiastique, Saint-Pétersbourg, 1903, n. 14, col. 442-443.

A. Palmieri.

1. BARSUMAS (Bar-Sauma), évêque nestorien de Nisibe, après 457, mort avant 406, l'un des premiers et des plus ardents propagateurs du nestorianisme en Perse. — I. Vie. II. Ecrits.

I. Vie. — Barsumas fut d'abord l'esclave de Mara de Beit Kardou, près de Gozarte. Il fut ensuite professeur à l'école des Perses à Edesse et se trouvait encore dans cette ville en 449, lors du Brigandage d'Êphèse. Il ne fut donc pas évêque de Ninive des 135, comme l'écrivit Assémani, d'après un manuscrit syriaque du Vatican (ms. 67, fol. i.'i), mais seulement après l'expulsion d'Édesse des professeurs de l'école des Perses, c'est-àdire après 157 sous le règne du roi Péroz (Pirûz). D'après b' nestorien 'Ainr, Péroz aimait beaucoup Barsumas et

lui donna la première place parmi ses familiers à cause

de son érudition, de sa grandeur d'âme et de sa belle prestance; il le chargea même de veiller à la sécurité de Nisibe et des régions qui touchaienl à l'empire romain; aussi Barsumas leva des soldats et plaça des garnisons pour protéger les provinces frontières contre

BARSUMAS

toute incursion. 'Amr, p. 18. Il est vraisemblable que Barsumas profita de la faveur du roi pour propager le nestorianisme et pour augmenter sa situation personnelle. Il engagea la lutte contre le Catholicos (patriarche nestorien) Baboé (Babùi ou Babùiali), moins pour raison dogmatique que pour cause de prééminence ; car les droits de l'évêque de Séleucie-Ctésiphon, capitale de la Perse, au titre de patriarche de l'Orient, étaient très faibles et très vagues et beaucoup de métropolitains étaient en fait plus puissants que lui. Barsumas, d'après son propre aveu, excita de mauvais évêques contre le Catholique et ils tinrent un synode contre lui à Beit- Lapat, en avril 48i. Dans ce synode, on attaqua Baboé, on proclama la foi nestorienne et on approuva les œuvres de Théodore de Mopsueste, on supprima officiellement, pour la première fois, le célibat des moines, des prêtres et des évêques. D'après Bar Hébroeus, Barsumas cohabitait avec une religieuse nommée Mamoé, Bibliotheca orient., t. ni, p. 67, qu'il appelait son épouse légitime. Il prêchait ouvertement qu'il valait mieux prendre une femme que brûler du feu de la concupiscence. Ce ne fut toutefois qu'au synode d'Acace, successeur de Baboé, que la loi du célibat fut abolie par le Catholicos nestorien qui reprit en son nom le canon de Barsumas. 0. Braun, Bas Buch der Synhados, Stuttgart, 1900, p. 69-72. « Dès maintenant, aucun évêque, dans le diocèse qu'il gouverne et dans l'Église qu'il sert, ne doit user de violence et de contrainte à l'égard de l'interdiction du mariage. En voilà assez des adultères et des fornications qui ont été attribués jusqu'ici à notre troupeau et dont le mal s'est étendu jusqu'à arriver aux oreilles des gens du dehors et à exciter contre nous la dérision de tous les peuples. Personne de nous ne doit imposer la contrainte de cette promesse à son clergé, ou aux prêtres des villages, ou aux religieux qui lui sont soumis. Que son enseignement soit conforme en cela à la sainte Écriture; que l'on reconnaisse aussi par sa propre faiblesse la faiblesse des autres. » Suivent des citations et commentaires de Matth., xix, 11-12; I Cor., vu, 1-2, 8-9; I Tim., m, 1-2, 12. « Pour guérir complètement, même malgré eux, les malades qui dépendent de nous, ceux qui, selon la parole de l'Apôtre, ont supprimé leur espérance, Eph., iv, 19, en se livrant, dans leur avidité, au plaisir et à l'impureté, ceux qui aiment la fornication et l'adultère, mais ne veulent pas se lier légitimement et procréer légitimement selon la volonté de Dieu, nous ordonnons par ce canon, que désormais aucun évêque n'élève au diaconat quelqu'un de sa ville ou d'un village qui dépend de lui, avant d'avoir recherché si sa conduite est bonne, s'il est digne de l'ordination, s'il vit dans des liens légaux en procréant des enfants, afin de faire disparaître complètement de l'Église du Christ l'orgueil et la jactance de ceux qui proclament mauvais le mariage et l'union légitime et qui assouvissent leurs désirs par l'adultère, la fornication et une mauvaise hypocrisie... Celui qui choisit librement l'éloignement du mariage, que celui-là demeure seul, pur et fort dans le recueillement d'un cloître... Si un prêtre qui n'a pas encore été marié veut contracter un mariage et engendrer des enfants, ou si sa première femme est morte et s'il veut en prendre une autre et garder avec elle la foi conjugale, son évêque ne l'en empêchera pas; carie mariage légal est aussi beau et aussi agréable aux yeux de Dieu après le sacerdoce qu'avant... » Telle fut cette célèbre réforme, attachée au nom de Barsumas, qui en appelait à la raison et à l'Écriture sainte, et qui était destinée, d'après ses auteurs, à diminuer le nombre des adultères, des fornications, des péchés internes et des actes d'hypocrisie. Zacharie le Scolastique nous apprend encore que le roi de Perse considérait le célibat comme une cause de faiblesse pour son royaume et que Barsumas voulut ainsi fortifier l'empire perse. Nau, Vie de Sévère, 'patriarche d'Antioche, Paris, 1900, p. 80. Si l'on en

croit Bar Hébraeus, celte loi eut bien les effets prolifiques attendus. Les enfants des chrétiens gisaient sur les fumiers, nous dit-il, et le Catholicos fut obligé de fonder une maison pour y élever les enfants abandonnés. Il nous semble exagéré cependant de voir là une cause efficiente des invasions des Perses dans l'empire grec, invasions successives et dès lors ininterrompues jusqu'à la prise de Jérusalem et de la sainte Croix sous Héraclius.

Barsumas continua sa lutte contre le Catholicos Baboé, dont il semble avoir convoité la succession. Après l'avoir fait condamner, au synode de Beit-Lapat, il trouva occasion de le déférer au bras séculier et de le faire mettre à mort. D'après Bar Hébroeus en effet, Baboé, réprimandé par les évêques occidentaux au sujet du nestorianisme et du concubinage des clercs, qui s'étendaient dans son patriarcat, leur répondit : « Nous vivons sous un roi inique, nous ne pouvons pas punir les coupables, aussi beaucoup d'abus s'introduisent malgré nous et contre les canons. » Barsumas intercepta cette lettre et la fit remettre au roi Péroz ; il accusa aussi Baboé d'être un espion des grecs. Le roi de Perse, irrité, fit pendre le patriarche par le doigt portant l'anneau qui lui avait servi à sceller cette lettre, et on le frappa jusqu'à la mort. D'après Jacques bar Salibi (ms. syr. de Paris, n. 201, fol. 183), les évêques occidentaux demandèrent à Baboé d'adhérer au concile d'Éphèse (réuni tout spécialement contre Nestorius) ; il envoya son adhésion et celle des évêques de l'Orient; quand ses messagers arrivèrent près de Barsumas, celui-ci les trompa, leur prit les lettres, et, voyant que Baboé parlait « d'un pouvoir tyrannique et impie », il porta ces lettres au roi Peroz et accusa le patriarche d'être un espion des grecs. Nous croyons volontiers que c'est pour un motif de foi et pour une phrase imprudente que Baboé fut ainsi déféré au roi de Perse. Cette version est la plus vraisemblable et rend compte de tous les détails des lettres de Barsumas relatifs au patriarche. Il nous semble moins probable que Baboé ait eu l'imprudence d'écrire à l'empereur de Constantinople pour lui demander d'agir auprès du roi de Perse en faveur des chrétiens persécutés. Cette version put être imaginée parles nestoriens pour faire de la mort de Baboé un acte purement politique; d'ailleurs 'Amr, qui nous l'a conservée, commet deux grossiers anachorismes en supposant que la lettre fut adressée à l'empereur Léon (•{• 474)et qu'elle fut lue par le médecin Gabriel de Sigar (vie-vne siècle) ; nous ne pouvons donc accorder grand crédit à son récit.

Barsumas remontra au roi de Perse que les chrétiens de ses États lui seraient plus dévoués s'ils avaient une foi différente de celle des chrétiens grecs et devenaient ainsi les ennemis de ceux-ci; il obtint donc plein pouvoir pour convertir par la force les chrétiens orientaux au nestorianisme. D'après Bar Hébrœus, il détruisit des monastères et mit à mort les évêques, les prêtres, les moines et les fidèles qui ne voulurent pas penser comme lui, en tout 7 700 personnes. Jacques bar Salibi, loc. cit., porte à 7800 le nombre des victimes de Barsumas et l'accuse en plus d'avoir fait couper la langue, puis la tête, à Baboé. Vers cette époque mourut Péroz (484), le protecteur de Barsumas, et son successeur Balas fit donner la charge de Catholicos à Acace, parent de Baboé (483). Barsumas, déçu dans ses espérances, dut faire amende honorable. Il fut contraint de venir au petit synode de Beit 'Adri (août 485) et de souscrire aux conditions suivantes : 1° annulation des actes du procès de Baboé ; 2° reconnaissance d'Acace comme Catholicos ; 3° acceptation d'une pénitence ; 4° promesse de paraître à un grand synode à Séleucie-Ctésiphon. — Depuis lors Barsumas montre la plus grande déférence pour Acace et recourt même à son autorité quand il trouve des difficultés à Nisibe.

BARSUMAS

Un des actes les plus importants de Barsumas fut la fondation de l'école de Nisibe, vers 490, pour continuer la célèbre école des Perses qui avait existé à Édesse. Celle-ci était devenue en effet, sous l'évêque Ibas, le foyer du nestorianisme à Edesse; à la mort d'Ibas (28 octobre 457), son successeur expulsa les principaux professeurs et étudiants nesloriens, qui se réfugièrent en Perse; parmi eux Barsumas, Acace et Narsès. Enfin l'école des Perses fut définitivement détruite en 489 par ordre de l'empereur Zenon. Barsumas fonda alors l'école de Nisibe, qui fut dirigée par Narsès, et lui donna ses premiers statuts. Ces statuts ne sont pas conservés, mais on possède ceux de son successeur, Elisée ou Osée, promulgués en 496 et édités avec d'autres règlements postérieurs par M. Guidi, Gli statuti délia scuola Nisibena, dans Giorn. délia soc. as. il., 1890, t. iv, p. 165-19.").

On ne connaît pas la date exacte de la mort de Barsumas. On sait seulement qu'en 496, son successeur Osée était évèque de Nisibe depuis quelque temps déjà. D'après Bar Hébraeus, les évêques occidentaux dirent à Acace, lorsque celui-ci fut envoyé en ambassade à Conslantinople : « Nous avons appris que le Catholicos, ton prédécesseur, a été tué iniquement par l'un de tes évêques qui a promulgué des canons impurs, et tu ne l'as pas réprimé. Nous t'ordonnons de le déposer à ton retour, sinon nous vous déposerons tous deux. » Acace aurait promis de déposer Barsumas et aurait nié être nestorien, mais à son retou1' en Orient il aurait appris que Barsumas était mort, tué, selon quelques-uns, dans une église par des religieuses du TourAbdin. En réalité, Acace semble avoir été nestorien et, après son retour de Constantinople, où Balas l'avait envoyé (485-487) pour demander à Zenon de l'aider dans la guerre contre les Huns, il reçut encore une lettre de Barsumas qui se plaignait de l'hostilité du parti romain à Nisibe contre lui et contre le roi de Perse, et qui lui demandait d'anathématiser ses ennemis et de les menacer d'une dénonciation au roi. Il est peu vraisemblable, comme le raconte 'Amr, Bibl. orient., t. ni, p. 383, que les habitants de Nisibe aient alors demandé à Acace de déposer Barsumas et qu'il les ait apaisés par ses sages paroles en leur demandant de lui indiquer un meilleur évèque. Il n'est pas vraisemblable non plus que Péroz ait envoyé Barsumas en ambassade près de Zenon comme le raconte 'Amr, p. 19-20. — En somme, il semble plus probable, comme le rapporte aussi Bar Hébrœus d'après une autre source, que Barsumas mourut paisiblement à Ninive et que l'on montrait son tombeau dans l'église de Saint-Jacques.

II. Écrits. — Il nous reste six lettres de lui, publiées, puis traduites par M. Braun. Les quatre premières ont un sujet commun : la rétractation de tout ce qui a été fait à Beit-Lapat contre Baboé, la reconnaissance d'Acace, le refus de paraître à un nouveau synode à cause de la guerre entre les Perses et les Boinains. Les deux dernières ont un but plus particulier; l'une demande à Acace d'intervenir dans un différend survenu entre un évèque et ses diocésains, l'autre lui annonce l'envoi de cent dariques pour ses œuvres et lui promet une rente annuelle de cinquante. D'après Êbedjésu, liarsumas composa des oraisons pour les défunts, des commentaires et des hymnes, une liturgie, des exhortations et des lettres. Assémani, Bibliotheca orient., t. m a, p. 66.

O. Braun, Des Barsauma von Nisibis Briefe cm deu Katholilcus Akak, dans les Actes du X' congres international des Orientalistes, Genève, 4894, Leyde, 1896, part, ni, p. 83-101; M., Das Buch der Synhados, Stuttgart et Vienne, 1900, p. 59- (54, 74-83 (on y trouve une milice sur liarsumas et Acace <t la traduction allemande des lettres de. Barsumas); Bar Hébrœus, Oironicon eccles., édlt. Abbeloos et Lamy , Louvaln, 1872, i. n, col. 01-77; Assémani, Bibliotheca orientons, Rome, 1710-1728, t. i, p. 340 sq. ; t. in a, p. no, 890 sq.; i. ni i>, p. lxxvii-lxxx; iiecijuii, Acftj martyrum et sanctorum, Paris, 1891, t. u, p.03l-

034 (martyre de Baboé); Gismondi, Maris, Amri et Slibx de patriarchis Nestorianorum comment aria, part. Il, Amri et stibœ textus versio latina, Rome, 1897, p. 17-21; R. Duval, La littérature syriaque, Paris, 1899, p. 170, 177, 345, 346. Lune des hymnes de Barsumas est conservée au British Muséum, Catal. Wright, p. 130, et à Cambridge, ms. add. 2036, fol. 133.

2. BARSUMAS (Bar Sauma), prêtre et archimandrite monophysite, le plus solide appui de Dioscore, archevêque d'Alexandrie, né près de Samosate, mort le 1" février 458.

Barsumas se retira dans une caverne pour y mener la vie érémitique; il eut ensuite plusieurs disciples, qui racontèrent de lui des faits du plus grand ascétisme : il se serait fait disposer des appuis de manière à être tenu constamment debout et à ne pouvoir jamais s'asseoir; il aurait jeûné des semaines entières. Ces récits, joints à ses luttes ardentes contre le nestorianisme qui envahissait l'Orient, le rendirent célèbre et le mirent hors de pair parmi les archimandrites. Les luttes religieuses portaient alors sur le mystère de l'incarnation. Nestorius avait été condamné à Éphèse (431) et Eutychés à Constantinople (448). Barsumas se plaignit à Théodose II de ce que le nestorianisme envahissait l'empire, aussi l'empereur convoqua un nouveau concile à Éphèse (Brigandage d'Éphèse, 4i9) et écrivit à Barsumas d'y assister « pour y représenter tous les archimandrites orientaux »; il écrivit, dans les mêmes termes à Dioscore et à Juvénal, évèque de Jérusalem. Cf. Mansi, t. VI, col. 593. Barsumas rendit témoignage, par son interprète Eusèbe, à la foi catholique d'Eutychès et y souscrivit, ibid., col. 862; il condamna Flavien, évèque de Constantinople. Ibid., col. 927. Il ne faut pas oublier toutefois que les monophysites disciples de Dioscore et de Barsumas, condamnèrent dans la suite les eutychiens aussi bien que les nestoriens. Plus tard, au concile de Chalcédoine (451), Diogène, évèque de Cyzique, qui avait adhéré à tout ce qui avait été fait contre Flavien, ibid., col. 911, et avait absous Eutychès, ibid., col. 838, et tous les très révérends évêques, dont la plupart avaient imité Diogène, racontèrent que Barsumas avait tué Flavien, qu'il présidait au meurtre et disait: tue, qu'il avait bouleversé toute la Syrie et avait amené mille moines contre les évêques. Mansi, t. vu, col. 68. Eusèbe de Dorylée, condamné ainsi que Flavien au conciliabule d'Ephèse, et qui en appelait de cette condamnation, racontait de son côté que Flavien avait été poussé et foulé- aux pieds par Dioscore. Evagre, H. £"., il, 28, P. G., t. i.xxxvi b, col. 2't92. Quoi qu'il en soit de ces tardifs repentirs et de ces récriminations, il est certain que Flavien, arrêté et condamné à l'exil, mourut trois jours après le Brigandage d'Éphèse, Acta sanctorum, februarii, t. m, p. 17, et que Barsumas fut poursuivi par Pulchérie comme s'il était responsable de cette mort. Il reparut au concile de Chalcédoine et présenta avec d'autres archimandrites une supplique en faveur de Dioscore, mais fut expulsé. Mansi, t. vu, col. 65-68. On lui donna trente jours pour souscrire au concile de Chalcédoine; il ne dut probablement pas souscrire; et mourut ainsi anathématisé comme le meurtrier de Flavien et le satellite de Dioscore, le 1« février 458.

Il est honoré comme un saint par les monophysites. Les Arméniens célèbrent sa fête le l,r février, jour de sa mort, et les monophysites syriens et égyptiens, le 3. Il écrivit quelques lettres. Mais ce ne fut pas par des écrits qu'il a^il sur son temps, ce fut par la réputation d'ascétisme qur lui firent ses disciples et par le zèle farouche et sauvage qu'il déploya contre les nestoriens et contre tous ceux qu'il cru! pouvoir assimiler à ces hérétiques. 11 ne donna sou avis au conciliabule d'Éphèse que par la bouche d'un moine interprète, Mansi, t. VI, col. 862, 927, ce qui nous autorise à croire qu'il ne savait pas le grec et qu'il devait avoir peine à

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