F. NAU
BARTHEL Jean-Gaspard, né le 10 juin 1697 à Kitzingen, dans le pays de Wurzbourg, et mort à Wurzbourg le 8 avril 1761. Il est surtout connu comme canoniste. On l'envoya étudier le droit à Rome, sous la direction du célèbre Lambertini, le futur pape Benoit XIV. Quand il rentra dans son pays en 1727, on le nomma régent du séminaire et professeur de droit canonique à l'université. Dans son enseignement, il s'inspira surtout des maximes gallicanes de Pierre de Marca, Bossuet, Fleury, Van Espen, etc. Parmi ses nombreux ouvrages de droit, on ne peut guère en citer qu'un qui touche à la théologie : De eo quod circa libertatem religionis ex lege divina et ex lege imperii justum est, Wurzbourg, 1764.
Hurter, Nomenclator, Inspruck, 1895, t. in, col. 192-193; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le xmv siècle, 3* ëdit., Paris, 1855, t. iv, p. 469.
J. Belt.amy.
1. BARTHÉLÉMY D'ÉDESSE, vraisemblablement Syrien de nation, né peut-être à Édesse, mais certainement moine dans cette ville, puisqu'il se nomme ô (i.ova-/oç BapOoXojxaïoç ô 'E6£<tï]vôî, ou simplement 6 'ESicrpoç. On ne sait pas à quelle époque il vivait et on ne trouve dans ses écrits aucun indice sur son temps. Etienne Le Moyne a publié. Varia sacra, Leyde, 1685, p. 302-428, un traité de Barthélémy, dont le début manque et qui est intitulé : Elenclius et confutalio Agareni, réédité P. G., t. Civ, col. 1383-1448. L'auteur y réfute li'S objections des mahométans contre le christianisme, notamment contre les dogmes de la Trinité et de l'Incarnation, et il y prouve que Mahomet a été un faux prophète. Il s'y montre très instruit de l'islamisme qu'il critique avec esprit et une mordante ironie. Il fournit, col. 1385, un témoignage très explicite en faveur de la confession auriculaire, que les mahométans reprochent aux chrétiens. A ce traité le premier éditeur a ajouté un second, Contra Muhammed, P. G., t. civ, col. 1449-1458. Mais il n'est pas certain qu'il soit l'œuvre de Barthélémy d'Édesse. Si l'affinité des sujets, l'esprit de l'auteur et sa connaissance du mahométisme portent à le lui attribuer, d'autre part, des divergences dans le nombre et les noms des femmes et des enfants de Mahomet ainsi qu'au sujet du nom du moine nestorien qui a instruit Mahomet sur le christianisme, et des éditeurs du Coran, permettent de supposer une autre main.
Cave, Script, eccl., Genève, 1705, t. Il, Appendix, p. 168-169; P. G., t. civ, col. 1381-1382; Oudin, Script, eccl., 1722, t. I, p. 1783-1785; Fabricius, Bibliotheca grxca, édit. Harles, t. vin, p. 86; t. xi, p. 586; Ceillier, Hist. gén. des auteurs sacrés et eccl., 2' édit., Paris, 1862, t. XII, p. 103.
E. Mangenot.