‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 18 sur 400 · Cum Pelagio sentiunt, qui C'est penser comme Pelage · texte numérisé non relu

Cum Pelagio sentiunt, qui C'est penser comme Pelage

textum Apostoli ad Romanos, que d'entendre des gentils qui

h : Gentes,qux legem non ha- n'ont pas la grâce de la foi, ce

bent, naturaliter ea, qux logis texte de l' Apôtre aux Romains,

sunt, faciunt, intelligunt de c. n : Les gentils qui n'ont

gentibus fidei gratiam non ha- pas la loi, font naturelle-

bentibus. De prima homin. ment ce qui est de la loi. just., c. vi ; Baiana, p. 92.

Dans son apologie, Baius se rejette sur l'exemple et l'autorité de saint Fulgence, Epist., xvn, de incarnat, et gratia, c. xxv, P. L., t. lxv, col. 481 ; mais il l'a interprété à sa manière. Comme cette proposition est l'une de celles où il importe de faire grande attention au sens propre de l'auteur, résumons le chapitre d'où elle a été extraite. Il a pour titre : Que la vraie justice était naturelle au premier homme. Baius apporte à l'appui de sa thèse les raisons déjà indiquées, puis il la confirme par le texte de l'Apôtre, entendu des gentils qui, convertis à la foi du Christ, recouvrent par la vraie justice l'image de Dieu reçue dans la première création. Les gentils, dit l'Apôtre, observent la loi naturellement ; si donc cette observation de la loi s'opère par la vraie justice, celle-ci, comme l'image de Dieu, était naturelle à l'homme dans sa première création. Telle est la preuve de Baius, certainement inefficace; mais la question n'est pas là. L'argument développé, l'auteur ajoute : « Il y en a pourtant qui pensent avec Pelage que le témoignage de l'Apôtre doit s'entendre de ces gentils qui, se trouvant complètement en dehors de la grâce chrétienne, mais possédant encore quelques restes de l'image première et guidés

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par leur propre raison, posent certains actes dignes de louange et ressemblant aux. bonnes œuvres. » Après avoir remarqué que saint Fulgence n'accepte pas cette interprétation. 1 Juins continue : « Et c'est avec raison, car bien que l'acte extérieur, où la loi semble observée, paraisse suffisamment contorme à la nature humaine, cependant l'intention, qui alors même se tient loin de Dieu, est entièrement contraire à la nature de l'homme; aussi les impies, pour qui rien n'est pur, mais dont l'âme et la conscience sont souillées, n'accomplissent pas ce qui est de la loi suivant la nature, nonnaturaliter, mais d'une façon vicieuse, apparente et mensongère. »

Le sens de l'auteur nous étant connu, il faut distinguer, dans la proposition 22", la censure qu'il inflige aux adversaires et la raison sur laquelle il l'appuie, c'est-à-dire sa propre manière de voir. Par ce dernier côté, la proposition rentre dans la doctrine générale de Baius sur le caractère naturel des dons primitifs et sur l'impossibilité de toute bonne œuvre dans les infidèles. Il y a donc, sur ces deux points, la même erreur dans l'application que dans les principes. Erreur aussi dans la censure, en ce qu'elle traite durement les adversaires et prétend identifier leur interprétation avec celle de Pelage; c'est une fausseté et une injustice. Nombreux sont les Pères, les théologiens et les exégètes qui l'ont suivie, avec une différence toutefois : pour les uns le mot naturaliter s'oppose seulement à la loi écrite des juifs, considérée comme principe directif des actions morales : pour les autres, il s'oppose à la grâce considérée comme secours actif. Ces derniers seuls concluent du texte de l'Apôtre que les lumières de la raison et les forces du libre arbitre suffisaient aux gentils pour accomplir non pas toute la loi, mais quelque chose de la loi. Baius pouvait contester la valeur réelle de cette interprétation, comme on peut encore le faire, mais il n'avait pas le droit de l'identifier avec celle des pélagiens, car ces hérétiques appliquaient le texte de saint Paul aux gentils qui n'avaient pas la foi, pour soutenir que ces gentils, en vertu des seules forces de la nature, observaient pleinement la loi, parvenaient à la justification et faisaient des œuvres méritoires pour le ciel. Enrésumé, la proposition 22e avait un double vice : sous le rapport de la censure qu'elle infligeait à des auteurs catholiques, elle était téméraire et scandaleuse, en même temps que fausse; sous le rapport de la doctrine, elle supposait des vues erronées. Ripalda, op. cit., dist. XIII, sect. ni, n. 11 sq.; dist. XX, sect. m, n. 20 sq.; Palmieri, op. cit., th. xui.

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