‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 196 sur 400 · X. Le Bachelet · texte numérisé non relu

X. Le Bachelet

BELLECIUS Aloïs, écrivain ascétique, né à Fribourg-en-Brisgau le 15 février 1704, entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Landsberg (Bavière), le 22 octobre 1719, professa la philosophie un an, la théologie sept ans, et travailla pendant quatre ans, avec succès, comme missionnaire parmi les sauvages des bords du Maranon, dans l'Amérique méridionale; rappelé en Europe, il fut chargé de la formation spirituelle de ses confrères plus jeunes au troisième an de probation, de la direction du séminaire de Porrentruy (diocèse de Bàle), etc., et mourut saintement, à Augsbourg, le 27 avril 1757. On lui décerna cet éloge funèbre : « Il a vécu comme il a écrit. » Il reste de lui plusieurs ouvrages ascétiques, composés en latin, souvent réimprimés et traduits en plusieurs langues, notamment : Christianus pie moriens sert adjumenta bonsc mortis, in-12, Fribourg-en-Brisgau, 1749; Virtutis solides prœcipua impedimenta, subsidia et incilamenta, in-8°, Ratisbonne, 1755; Medullaasceseos seit exercilia S. P. lgnalii de Loyola accuraliuri quant hactenus ab aliis

factum, et menti ejus propiori methodo explanala, in-8°, Augsbourg, 1757. Ce dernier surtout a eu d'innombrables éditions, jusqu'à nos jours, et a été traduit en français, en allemand, en anglais, en espagnol, en italien, en polonais.

De Backer-Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésus, 1. 1, col. 1260-1205; t. VIII, col. 1808-1809; documents particuliers.

H. Watrigant.

BELLEGARDE (Octave de Saint La ry de), archevêque de Sens, né en février 1587, mort à Mon treuil près Paris, le 26 juillet 1646. Il étudia la philosophia et la théologie à Toulouse et n'étant que simple clerc fut pourvu par Henri IV de riches bénéfices parmi lesquels se trouvait Saint-Germain d'Auxerre. Peu après avoir reçu cette dernière abbaye, il fut nommé à l'évêché de Conserans, puis à l'archevêché de Sens dont il prit possession en 1623. Il se montra toujours un ardent détenseur des droits et des immunités du clergé. Malheureusement il fut un des prélats qui approuvèrent avec le plus de chaleur le livre De la fréquente communion d'Antoine Arnauld. Il fit imprimer un livre intitulé : Sanctus Aiiguslinus per seipsum docens catholicos et vincens pelagianos, et y joignit une lettre pour le recommander au clergé et aux fidèles de son diocèse. L'auteur de cet ouvrage est le P. du Juannet, oratorien.

Gallia christiana, 1770, t. XII, col. 100.

B. Heurtebize.

BELLELLI Fulgence, théologien de l'ordre de Saint- Augustin, né en 1675 à Buccino, dans le diocèse de Conza, au royaume de Naples, mort à Rome en 1742. Après son ordination, il dirigea les études dans diverses maisons de son ordre; en 1710, il accompagna à Lucerne comme théologien le nonce apostolique Jacques Caracciolo; mais il ne demeura qu'une année dans cette ville que sa santé l'obligea de quitter. Il enseigna ensuite la théologie avec éclat à Venise, à Pérouse et à Rome. Clément XI le nomma procureur général de son ordre et préfet de l'Angelica. En 1727, il fut élu général de son ordre. Il publia Mens Augustini de statu creaturse rationalis ante peccatum, in-4°, Lucerne, 1711, où il combat les erreurs de Pelage, de Baius et de Jansénius. Cet ouvrage fut dénoncé à l'Inquisition comme renfermant de nombreuses erreurs; mais le tribunal n'y trouva rien de répréhensible. Ce religieux avait fait paraître un autre écrit dans le but de montrer l'accord de la bulle Unigenilus avec la doctrine de saint Augustin : Mens Augustini de modo reparationis humanse naturœ joosl lapsum adversus baianam et jansenianam lisercsim, 2 vol., Borne, 1737. Un an après la mort de Bellelli, en 1743, parut un ouvrage entièrement composé contre ce théologien par Jean d'Yse de Saléon, sous le titre Baianismus et jansenismus redivivus. Le Père Berti, augustin, qui était également attaqué dans cet écrit, prit la défense de son ancien supérieur et aucun des écrits de ces deux religieux n'encourut de condamnation. Voir Baii'S, col. 62.

Picot, Mémoires pour se?'vir à l'histoire ecclésiastique du xvin' siècle, 1854, t. Il, p. 408; Hurter, Nomenclutor literarius, 1895, t. n, col. 1309; t. m, col. 2; Kirchenlexikon, 2° édit., Fribourg-en-Brisgau, 1883, t. Il, col. 293.

B. Heurtebize.

BELLENGHI Philippe-Marie, archéologue italien, de l'ordre des camaldules, né le 22 novembre 1757, mort le 2 mars 1839. Il enseigna la théologie et le droit canon et reçut en 1802 la dignité abbatiale. Léon XII en 1828 le nomma archevêque de Nicosie. Il avait composé divers écrits, parmi lesquels on mentionne une dissertation De antiquis eucharistie custodibus.

Hurter, Nomenclatur literarius, 1895, t. m, col. 872-873.

B. Heurtebize.

BELLEVUE (Armand de). Voir Armand de Bellevue, t. i, col. 1887-1888.

EELLI — BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES

BELLI François, de Sciacca en Sicile, appartenait au Tiers-Ordre régulier de Saint-François. Maître en théologie et prédicateur de renom, il publia : Libro délia verità cristiana, nel quale s'apportano moite figure dell' antico Testamento intorno a' misteri di nostrafede, in-12, Pavie, 1001. On lui attribue aussi un ouwage sur le Décalogue que les bibliographes déclarent n'avoir pas vu.

Mongitore, Bibliothcca sicula, Palerme, -1707, t. i, p. 207. P. Edouard d'Alençon.

BELLUTI Bonaventure, de Catane, entra chez les conventuels et acheva ses études de théologie au collège de Saint-Bonaventure érigé par Sixte-Quint dans leur couvent des Douze-Apôtres à Rome. Il y rencontra le P. Barthélémy Mastrio de Meldola, avec lequel il se lia étroitement. Scotistes passionnés tous les deux ils résolurent de donner un nouveau lustre aux systèmes du docteur subtil. Créés régents des éludes au couvent de Césène d'abord, puis à Pérouse et à Padoue (1638-1641), ils travaillèrent de concert au but proposé et pour cela ils publièrent d'abord un court traité de logique qui reparut quelques années plus tard sous ce titre : lnslituliones logicx, quas vulgo Summulas, vel Logicam parvam nuncupant, in-12, Venise, 1646. Pendant leur séjour à Pérouse ils donnèrent le premier volume du cours de philosophie : Disputaliones in Aristolelis libros Pfiysicorum,quibus ab adversantibus, tum veterum, tum recentiorum jaculis Scoti philosophia vindicalur, in-4°, Rome, 1637. Cet ouvrage, imprimé à mille exemplaires, fut très favorablement accueilli du public savant, et l'édition était épuisée en moins de cinq ans. Il fut réédité à Venise en 1644. Il avait été suivi des Dispulationes in Organum Aristotelis, quibus... Scoli logica vindicatur, in-4°, Venise, 1639, 1646; Naples, 1660; Dispulationes in libros de cœlo et metheoris, ...Disputaliones in libros de generatione et corruptione,^ in-4°, Venise, 1640, 1652, 1659; Disputaliones in lihros de anima, in-4°, Venise, 1640, 1652, 1671. Ces divers livres, écrits en collaboration avec le P. Mastrio, forment les trois premiers volumes du Cursus in léger philosophiez ad mentem Scoti, 5 in-fol., Venise, 1678, 1688. Le triennat de leur régence à Padoue expiré, le P. Belluti revint à Catane, où il ne tardait pas à être élu provincial; il l'était en 1645. Pendant que son ancien collaborateur continuait à s'occuper de Deo in se, il se proposa de traiter de Deo homine et il publiait des Disputaliones de Incarnalione dominica ad mentem docluris sublilis, in-4°, Catane, 1645. Il annonçait comme devant les suivre un traité De sacrameulis tum in génère, tum in specie, mais il ne fut jamais édité. Le P. Belluti mourut à Catane le 18 mai 1676, à l'âge de 77 ans; après sa mort on publia un Liber moralium opusculorum atque resolutionum miscellaneo apparatu digeslorum, in-fol., Catane, 1679.

B. Mastrio de Meldola, Scotus et Scotistx, Bellutus et Mastrius expurgati a querelis Ferchianis, Ferrare, 1050; Mongitore, Bibliutheca sicula, Palerme, 1707, t. I, p. 112.

P. Edouard d'Alençon.

BENEDICTI Jean, que Wadding dit originaire de Laval, religieux franciscain de l'Observance, très versé dans la connaissance de l'hébreu, du grec et du latin, fut secrétaire du 1'. Christophe de Cheflbntaines, général de son ordre, et il l'accompagna dans ses visites à travers l'Europe. 11 lit de plus un pèlerinage en Terre- Sainte pour accomplir un vœu. Sur le frontispice de son principal ouvrage il prend le titre de professeur en théologie et Père provincial delaTouraine Pictavienne. Le I'. Benedicti était mort en 1600. Nous avons de lui une Somme des péchez et le remède d'iceulx, publiée pour la première fois à Lyon en 1584, cl rééditée quinze lois, au dire de Wadding, Nous pouvons citer : Lyon, 1593; in-fol., l'aris, 1597, 1599; in-12, ibid., 1600,1601; in-fol., 1002; Ljon, 1604, 1610 (?), 1628. Après la mort

de l'auteur, celte Somme fut revue, corrigée et augmentée par les docteurs de la Faculté de théologie de Pa>-is. Elle démontre la profonde érudition de l'auteur qui s'appuie sur les grands maîtres de la théologie scolastique. Il publia encore : La triomphante victoire de la Vierge Marie sur sepl malins esjjrits finalement chassés du corps d'une femme dans l'église des Cordeliers de Lyon: est ajouslé un petit discours d'un autre diable possédant une jeune fille et aussi expulsé, in-S°, Lyon, 1582; in-12, 1612. Dans cet écrit l'auteur annonce un Mariale qui ne fut probablement pas publié.

Wadding, Annales minor., ad ann. 1596, t. iv ; Sci'iptores ord. min.; Sbaralea, Supplementum ad scriptores O- M-, Rome, 1806; Migne, Dict. de bibliuç/raphie catholique, t. u, col. 661 ; Angot, Dictionnaire de la Mayenne, Laval, 1900, t. r, art. Benoit (Jean).

P. Edouard d'Alençon.

BÉNÉDICTINS (Travaux des). — I. D'après la règle. II. Aux vie et vne siècles. III. Au vin6 siècle. IV. Au IXe siècle. V. Au Xe siècle. VI. Au xi° siècle. VII. Au XIIe siècle. VIII. Aux xme et xiv siècles. IX. Au xvesiècle. X. Au xvie siècle. XI. Au xvn° siècle. XII. A l'université de Salzbourg. XIII. Au xvme siècle. XIV. Au xixc siècle.

I. D'après la règle. — Après avoir vécu quelques années de la vie érémitique, saint Benoit avait fondé douze monastères dans les environs de Subiaco et s'était ensuite retiré sur le Mont-Cassin où il établit une célèbre abbaye qui subsiste encore. Ce tut là qu'il mourut en 543 après avoir mis la dernière main à la rédaction de cette Règle célèbre, remarquable entre toutes par sa discrétion et que beaucoup de saints ont déclarée avoir été directement inspirée par l'Esprit-Saint. Il y recommande fréquemment à ses disciples la lecture des sainles Écritures, lecture attentive et méditée où ils trouveront l'aliment de leur vie spirituelle. Il veut que l'abbé soit choisi parmi les religieux les plus recommandabks non seulement par la sainteté de la vie, mais encore par la pureté de la doctrine. Régula, c. lxiv. Il doit en outre être '< docte dans la loi divine, sachant où puiser les maximes anciennes et nouvelles », Régula, c. lxiv, car « ses enseignements doivent se répandre dans les âmes de ses disciples comme le levain de la divine justice ». Régula, c. II. S'agit-il de choisir quelques religieux pour venir en aide à l'abbé dans le gouvernement de son monastère, le saint patriarche exige qu'ils soient désignés, non d'après le rang qu'ils occupent, mais d'après le mérite de leur vie et la sagesse de leur doctrine. Regi:la, c. xxi. De ces quelques textes il est facile de conclure qu'un enseignement doctrinal doit exister dans le monastère où saint Benoit admet de jeunes enfants. Nul en effet ne saurait acquérir une doctrine sûre sans !a direction d'un maître expérimenté. Dans toute abbaye doit se trouver une bibliothèque renfermant avec les saints Livres les écrits des Pères. Si en tout temps le moine doit vaquer pendant quelques heures chaque jour à l'étude ou à la lecture, il le doit surtout pendant le temps du carême; aussi chaque moine recevra-t-il pour cette période de l'année un livre delà bibliothèque qu'il devra lire en entier et par ordre. Régula, c. xi.vm. En terminant sa règle, le saint législateur renvoie ceux qui veulent atteindre à la vie parfaite aux enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme au sommet de la perlection. Régula, C.LXXIII. Les (ils de saint Benoit se montrèrent fidèles observateurs des sages préceptes de leur père et s'ils mirent de tout temps leur gloire? à posséder de riches bibliothèques, ils eurent non moins à cœur d'étudier la doctrine contenue dans les saintes Écritures et dans les écrits des docteurs qui les avaient précédés.

II. Aux vr kt viie siècles. — 1° Saint Grégoire le Grand, qui professa la vie monastique dans le monastère qu'il avait fondé sur le Mont-Calius, monta eu 590 sur la chaire de saint Pierre et mourut en 604. Fidèle aux

BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES

préceptes de la règle bénédictine il ne cessa d'étudier les saintes Ecritures. Plusieurs commentaires nous sont demeurés de ce saint docteur et son Expositio in librum Job sive Moralium libri XXV, est comme un vaste répertoire des connaissances théologiques de son époque. Un grand nombre de lettres de ce pape sont parvenues jusqu'à nous et elles sont d'une grande utilité pour la connaissance de la discipline ecclésiastique dans les divers pays de la chrétienté. Dans un livre écrit vers 591 et dédié à Jean, archevêque de Ravenne, le Pastoral, Liber requise, pastoralis, il expose les devoirs du ministère sacré et dans les Dialogues il raconte la vie et les miracles de saints personnages du VIe siècle. Si on ne peut entièrement attribuer à saint Grégoire le Grand le Sacramentaire qui porte son nom, il n'en reste pas moins hors de doute que la liturgie de l'Eglise doit beaucoup aux travaux de ce grand pape. Il envoya le moine Augustin (-J- 604) porter la lumière de l'Évangile aux infidèles de la Grande-Bretagne. Celui-ci devint le premier évêque de Cantorbéry. Plusieurs monastères bénédictins ne tardèrent pas à s'élever dans ce pays et à y devenir, au témoignage du Vénérable Bède, des foyers de science et de doctrine. Parmi les religieux qui amenèrent ce résultat il nous faut mentionner saint Benoît Biscop (f 690), le fondateur de Wearmouth et de Jarrow, qui établit dans ces monastères de riches bibliothèques, Théodore, archevêque de Cantorbéry (f 690), et Adrien, abbé du monastère de Saint-Pierre en la même ville.

2° L'ordre de Saint-Benoit se répand dans les divers pays : peu à peu la règle du patriarche des moines d'Occident supplantera les autres règles et ses disciples travaillent à déraciner les derniers restes du paganisme. Établissant leurs monastères au milieu de populations encore infidèles, ils en font des foyers d'où la lumière se répand au loin et autour desquels les nouveaux convertis viennent se fixer. A la fin du siècle inauguré par saint Grégoire le Grand, un autre bénédictin occupe le siège de saint Pierre, saint Agathon (f 681). D'accord avec l'empereur Constantin Pogonat, il réunit à Constantinople le VIe concile œcuménique qu'il fait présider par ses légats et lui adressa deux lettres dogmatiques demeurées célèbres et qui portèrent le coup de mort au monothélisme.

Dans la Grande-Bretagne, saint Adelme, abbé de Malmesbury, puis évêque de Sherborne (f 709), s'efforça de ramener les Bretons aux coutumes de l'Église romaine. Il composa en vers et en prose divers traités parmi lesquels un ouvrage De laudibus virginitatis sive de virginilate sanetorum, un livre De septimano, un poème De laudibus virginum. Par sa science et sa sainteté, il acquit une grande réputation et de nombreux disciples vinrent se grouper autour de lui. A la même époque se firent remarquer Otsfer (f 692), évêque de Rochester, deux abbés de Jarrow, Céolfrid et Hucbert, et saint Jean de Beverley (-f 721), évêque d'IIagulstad, puis archevêque d'York. Parmi les disciples de ce dernier, on place souvent saint Bède, plus connu sous le nom de Vénérable Bède, et que Léon XIII a mis au nombre des docteurs de l'Église universelle. Moine du monastère de Jarrow, il n'avait rien de plus à cœur, nous dit-il lui-même, que de méditer les saintes Écritures et d'enseigner aux autres la doctrine qui y est renfermée. Il en commenta presque tous les livres et résume fidèlement l'enseignement de ceux qui l'ont précédé. Voir col. 52.'i-527. Il est à noter que son traité sur le prophète Habacuc fut écrit à la demande d'une de ses sœurs religieuse. Les moniales alors, en effet, faisaient, selon les prescriptions de la règle, de la méditation et de l'étude de la Bible une de leurs principales occupations, s'efi'orçant d'y trouver l'aliment de leur piété. Il nous faut nommer encore à cette époque Tobie (f 727), évêque de Rochester, elBritwald (-J- 731), archevêque de Cantorbéry.

III. Au vme siècle. — 1° Abandonnant son nom de Winfrid pour celui de Bonilace, un moine de la Grande- Bretagne va prêcher la foi en Germanie. Son premier soin est d'établir en ce pays des monastères pour lesquels il réclame de la charité des amis qu'il a laissés en Angleterre des copies des Livres saints et les écrits du Vénérable Bède. S'étant rendu à Rome, il y reçut la consécration épiscopale et, en 738, Grégoire III le créa son légat dans la Germanie. En cette qualité il réunit de nombreux conciles parmi lesquels en 742 le premier de Germanie et l'année suivante celui de Liptine. Les canons qui y furent portés règlent la discipline ecclésiastique dans ces pays nouvellement évangélisés. En 744, saint Boniface réunit le concile de Soissons qui rétablit l'autorité des métropolitains et s'efforça de porter remède aux maux communs de la Gaule et de la Germanie. Les lettres et les quelques écrits qui nous ont été conservés de cet apôtre sont une des sources les plus importantes pour l'étude de la discipline ecclésiastique du vme siècle. Vers 747, il établit son siège métropolitain dans la ville de Mayence près de laquelle il avait fondé l'abbaye de Fulde dont son disciple saint Sturme fut le premier abbé. Saint Boniface fut mis à mort en 755 par les Frisons auxquels il prêchait l'Évangile.

2Û A Egbert, archevêque d'York, qui mourut en 766, nous devons un Pénitentiel et divers écrits parmi lesquels : Excerptiones e dictis et canonibus sanetorum ; Canones de remediis peccatorum, et un dialogue De institutione catliolica.

3° En Italie, le B. Ambroise Autpert (f 778), abbé de Saint-Vincent du Vulturne, commente plusieurs livres de la sainte Écriture, parmi lesquels l'Apocalypse, en se servant surtout des œuvres de saint Augustin et de saint Grégoire, et le livre De conflictu vitiorum et rirtutum, placé ordinairement parmi les Spuria de ces deux docteurs, peut lui être justement attribué. De Paul Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, moine du Mont-Cassin, mort à la fin du vme siècle, il nous reste un recueil, Honiiliarium pro totius anni circulo ecclesiasticum ex sanclis et anliquis Patribus.

4° Les diverses erreurs qui s'étaient glissées dans l'Église trouvèrent au cours du vme siècle des adversaires redoutables dans l'ordre de Saint-Benoit. Le Vénérable Bède en divers endroits de ses écrits combat les erreursde Pelage et saint Boniface démasque les doctrines erronées de quelques faux prêtres ou évêques. L'hérésie de l'adoptianisme répandue par Élipand, archevêque de Tolède, et Félix d'Urgel, est dénoncée par Béatus de Liebana, abbé de Valgabado, Ethérius, son disciple, qui devint évêque d'Osma, et Félix, abbé d'Obona. Voir col. 517. Mais son principal adversaire fut alors le célèbre Alcuin, qui la combattit par ses lettres et par divers traités : Libellus adversus liseresim Felicis ; Advcsus Felicem libri Vil ; Adrersus Elipandum libri 1 V ; et au concile d'Aix-la-Chapelle (799) il parvint à triompher de l'opiniâtreté de Félix d'Urgel. Originaire de la Grande-Bretagne, Alcuin avait dirigé à York l'école épiscopale. Sur l'invitation de Charlemagne, il vint dans les Gaules et fut mis à la tête de l'école palatine. Le puissant empereur lui donna le gouvernement de plusieurs abbayes, de Ferrières, de Saint-Loup de Troyes, de Saint-Martin de Tours. Fit-il profession sous la règle de saint Benoit? on ne saurait l'affirmer avec certitude; mais ce qui est hors de doute, c'est son influence sur l'enseignement dans les monastères dont les écoles prirent un grand développement dans les divers pays du monde chrétien. Voir t. i, col. 687-692.

Un bon nombre des religieux que nous aurons à mentionner dans le cours du IXe siècle remplirent les Jonctions d'écolàtre. Leur principal enseignement était l'interprétation des Livres saints commentés à l'aide des docteurs précédents. Parmi les conseillers de Charle-

BENEDICTINS (TRAVAUX DES)

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