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m.iLrne nous trouvons avec Alcuin, saint Benoit, abbé d'Aniane, puis de Cornelimunster. En 79't il avait pris part au concile de Francfort où il défendit la pureté de la foi contre Félix d'Urgel. Il fut l'inspirateur du synode d'Aix-la-Chapelle en 817 et fut regardé comme le restaurateur de la discipline monastique. Voir Benoit d'Aniane.
IV. Au IXe siècle. — 1° Tliéodemir (f vers 825), abbé de Psalmodi, défendit contre Claude de Turin le culte des images qui, quelques années plus tard, aura parmi ses défenseurs Walafrid Strabon, abbé de Beichenau, Dungdalle, moine de Saint-Denis, et Hincmar, archevêque de Reims. Bans le diocèse de ce dernier prélat, un moine de l'abbaye d'Orbais, Gottschalk, après avoir étudié les écrits de saint Augustin et de saint Fulgence, avait quitté son monastère pour aller répandre partout de funestes erreurs, enseignant une double prédestination, l'une à la béatitude, l'autre à la damnation. Ce nouvel hérétique fut condamné dans les conciles de Mayence en 8i8 et de Kierzy en 849 et soumis à une sévère pénitence. Il fut en outre combattu par les écrits de Raban Maur, ancien abbé de Fulde, devenu archevêque de Mayence, et d'Hincmar, archevêque de Reims. Malheureusement Scot Érigène se mêla à la controverse et, en voulant réfuter les doctrines du moine d'Orbais, tomba dans d'autres erreurs qui eurent parmi leurs principaux adversaires Loup, abbé de Ferrières, et Ratramne, moine de Corbie. Aussi ces derniers, ainsi que Rémy, archevêque de Lyon, se trouvant en contradiction avec diverses assertions d'Hincmar, furent-ils à tort considérés par plusieurs comme partisans de Gottschalk. Les erreurs de ce dernier, censurées par divers synodes, furent définitivement condamnées par le concile de Touzy en 860. Voir t. i, col. 2527-2530.
2° A la même époque le schisme de Photius menaçait de se répandre dans les Gaules et dans tout l'Occident, et le monastère de Corbie fournit deux des principaux défenseurs des droits et des coutumes de l'Église romaine dans la personne du moine Ratramne et dans Celle d'Odon qui, d'abbé de ce monastère, devint évéque de Beauvais (f881). Le premier de ces religieux que nous avons déjà eu l'occasion de mentionner écrivit à ce sujet quatre livres contre le's Objecta Grœcorum. On lui doit en outre un ouvrage De prœdeslinatione, composé à l'occasion des controverses suscitées par les erreurs de Gottschalk, et un livre De nalivitate Christi. On lui attribue en outre un traité De corpore et sanguine Chrisli. Il se trouve souvent dans ces divers écrits en contradiction avec un religieux du même monastère, saint Paschase Radbert (f 865), qui en devint abbé et se rendit célèbre par ses travaux théologiques : De corpore et sanguine Domini ; De par tu Virginis,ei De fide, spe et charitate libri III. Adrevald (f 858), moine de Flcury-sur-Loire, écrivit également un traité De corpore et sanguine Domini, dirigé surtout contre Scot Érigène.
3° Dans les Gaules, Leidrade, archevêque de Lyon, puis moine de Saint-Médard de Soissons où il mourut en 816, publie sur le désir île Charlemagne un traité sur le baptême. Il rétablit les écoles de son église cathédrale et y met pour écolàtre le diacre Florus (f 859) qui revêtit l'habit monastique à l'abbaye de Saint-Trond et prit une pari active aux querelles théologiques nées de l'hérésie de Gottschalk. Sinaragde, abbé' de Saint-Mihiel en Lorraine (819), est auteur de divers ouvrages bien connus au moyen âge sous les titres de Diadema monachorum et Via regia. Hilduin, abbé de Saint-Denis (+842), fait connaître les livres célèbres attribués à saint l)cii\s l'Aréopagite. Un moine de ce monastère, Hincmar, devient en 845 archevêque de Reims. Il prend, ainsi que nous l'avons dit, la part la plus active aux luttes contre les erreurs de Gottschalk, On lui doit
divers ouvrages parmi lesquels des traités De preedetinatione; Dr una et non Irma Deilate ; De cavendis
vitiis et virtutibus e.vcerccndis ; Exposiliones ad Carolum regem pro Ecclesise liberlalum defensione.
4° En Allemagne l'école monastique de Fulde brille d'un vif éclat sous la direction de Raban .Maur, écolàtre, puis abbé de ce monastère et archevêque de Mayence. Outre les écrits composés contre Gottschalk, ce prélat est auteur de commentaires sur un grand nombre de livres de l'Écriture sainte et a laissé divers traités parmi lesquels De laudibus S. Crucis; De institutiune clericorum et cœremoniis Ecclesise; De oblatione puerorum, et un Pénitentiel. Parmi les religieux qui fréquentèrent l'école de Fulde se lit remarquer Walafrid Strabon, mort en 849 abbé de Beichenau, auteur d'un ouvrage De ecclesiaslicarum rrruni exordiis et incremenlis. Dans le même monastère avait étudié Loup Servat, écolàtre, puis abbé de Ferrières en Gàtinais, dont il ne nous reste, outre un certain nombre de lettres, que le De tribus quœstionibus, où il traite du libre arbitre, de la prédestination et de la rédemption de tous les hommes par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il combat diverses assertions d'Hincmar, mais, comme nous l'avons dit, ne saurait être rangé parmi les partisans de Gottschalk. Parmi les moines de Ferrières qui vécurent à cette époque nous avons à mentionner Adon, archevêque de Vienne (-j-874), célèbre par le martyrologe qui porte son nom. Voir t. i, col. 401-102. Haymon, évèque d'Halberstadt (f 853), fut moine de l'abbaye de Fulde. Outre des commentaires sur divers livres de la Bible et des homélies, il nous reste de cet auteur des traités De corpore et sanguine Domini; De varietale librorum sivede amore cœlestis palriœ. Dans les mêmes régions, Éginhard, le fondateur de Seligenstadt (+844), composait un ouvrage De cruce adoranda, que nous ne connaissons que par l'éloge qu'en fait Loup de Ferrières, et Helfride, moine d'Hirsauge, au dire de Trithéme, m omni génère doctrinam ad plénum institue tus, écrivait divers traités parmi lesquels un livre Dr sacramenlo altaris, qui n'est pas parvenu jusqu'à nous.
5° En Angleterre, vers la lin du IX» siècle, les études se sont relevées dans les monastères sous l'impulsion de moines venus des Gaules et quelques auteurs voudraient même faire remonter jusqu'à eux les commencements de l'université d'Oxford. Parmi les religieux qui se distinguèrent alors en ce pa\s par leur science et leur piété, on peut nommer les moines Neotus, Jean, Grimbald et Asserius.
V. Au Xe siècle. — Les premières années du Xe siècle sont marquées par un fait important dans l'histoire monastique : la fondation de l'abbaye de Cluny par le saint abbé Bernon et Guillaume, duc d'Aquitaine. Cet illustre monastère va être pendant plusieurs siècles le plus solide rempart de l'orthodoxie romaine. Au B. Bernon, mort en 928, succéda dans la chaire abbatiale de Cluny, saint Odon (f 949), auquel nous devons un abrégé des Morales de saint Grégoire le Grand et trois livres de conférences. Sous son impulsion bienlaisante, la réforme s'introduit dans un grand nombre de monastères bénédictins. Dans les Gaules, Rémi d'Auxerre (+ vers 908) s'était fait remarquer comme grammairien et comme théologien et en cette dernière qualité il composa, outre des homélies, un traité De dedicatione Ecclesiœ, et une Expositio île celebratione missœ. A la fin du siècle, Adson (+992), moine de Luxeuil et abbé de Montier-cn- Der, écrit entre autres ouvrages un Libellas de Antichristo, généralement publié' parmi les œuvres d'Alcuin. Voir t. I, col. 463-464. En Allemagne, les écoles monastiques sont très florissantes et il nous faut mentionner celles de Saint-Gall, de Saint-Maximin de Trêves, de Saint-Matthias en la même ville, d'Echternach, de Corwey, et de Saint-Alban de Mayence, De l'abbaye de Lobbes sortit Rathier (+974) qui devint évèque de Vérone et lutta sans trêve pour la réforme de si. n clergé et la pureté de la doctrine, comme en témoignent ses écrits,.
BÉNÉDICTINS (TRAVAUX T>ES
ses sermons et ses lettres. En Italie, Gezon (vers 950), abbé de Saint-Marcien île Tortone, écrit un traité De corpore et sanguine Boni: ni.
VI. Au XIe suxi.E.— !" I):ms le cours de ce siècle, l'ordre de Saint-Benoit se divise en plusieurs branches. Saint Romuald fonde les camaldules auxquels s'unissent les abbayes gouvernées par saint Pierre Damien, évèque d'Ostie et docteur de l'Église; saint Jean Gualbert établit Vallombreuse; saint Etienne de Muret, Grandmont; Robert d'Arbrissel, Fontevrault, et saint Robert de Molesmes inaugure la rélorme de Citeaux qu'illustrera saint Bernard. Nous laisserons de coté ces diverses familles du grand ordre bénédictin, nous attachant à la branche principale qui est celle de ceux qu'on a appelé les moines noirs et dont Cluny est à cette époque la plus puissante abbaye. La réforme inaugurée dans ce monastère se répand dans toute la chrétienté sous l'inlluence de ses grands abbés saint Mayeul, saint Odilon et saint Hugues. C'est dans cet ordre de Cluny que les papes, conseillés par le cardinal Hildebrand, moine de Sainte-Marie de l'Aventin avant de ceindre lui-même la tiare pontificale, trouveront leur plus ferme appui dans la lutte contre les investitures et les désordes d'un clergé simoniaque et concubinaire.
2° L'ordre bénédictin revendique à juste titre comme lui appartenant plusieurs papes qui illustrèrent l'Église au xic siècle : Silvestre II, Léon IX, Etienne X, Grégoire VII, Victor III et Urbain IL Tous luttent pour le maintien de la discipline et le respect des lois de l'Église. Les décrets promulgués dans de nombreux conciles réunis par leurs soins, leur volumineuse correspondance sont les meilleurs témoins de leur zèle pour la pureté de la doctrine. A Silvestre II, célèbre avant son pontificat sous le nom de Gerbert, moine de Saint- Gérault d'Aurillac, abbé de Bobbio, archevêque de Reims, qui n'ignorait aucune des sciences de son temps, nous devons un traité De corpore et sanguine Domini.
3° Nombreux sont ceux qui à cette époque écrivent sur la sainte eucharistie pour réfuter les erreurs répandues à cette époque et en particulier l'hérésie de Bérenger, archidiacre d'Angers. Durand (f 1088), abbé de Troarn en Normandie, Lanfranc (f 1089), prieur du Bec, puis archevêque de Cantorbery, écrivent des traités De corpore et sanguine Domini, et ce dernier, au concile de Tours en 1055, amena l'hérétique à abjurer ses erreurs. Un autre religieux du Bec, Ascelin, confond Bérenger à la conférence de Briosne et lui adresse une lettre où il affirme la doctrine catholique sur la présence réelle de Notre-Seigneur dans la sainte eucharistie. Voir t. i, col. 2036. Guitmond (1088), moine de la Croix-Saint- Leuffroy et évêque d'Aversa, compose une Confessio de sancta Trinitate et Christi humanitate corporisque ac sanguinis Domini nostri veritate,et un livre De corpore et sanguine Domini. Un moine d'un monastère inconnu traite le même sujet dans une Epistola de veritate corporis et sanguinis Christi. Le B. Wolphelme (f 1091), abbé de Brauweiler, écrit une lettre sur le même sujet et publie des règlements sur l'utilité de la lecture et de la méditation des saintes Écritures. L'ouvrage intitulé De multiplici Berengarii damnatione est également l'œuvre d'un religieux de l'ordre de Saint-Benoit. Albéric (f 1088), moine du Mont-Cassin et cardinal, combat les erreurs de Bérenger et de Pierre de Bruys dans un traité De realilate corporis Christi. Il écrivit en outre un livre De virginitale B. Mariée Virginis. Mais aucun de ces traités ne nous est parvenu.
4° Dans l'œuvre de la réforme des mœurs du clergé, dans la lutte contre la simonie, dans la querelle des investitures, les papes trouvent dans l'ordre monastique leurs coopérateurs les plus fidèles, leurs conseillers les plus dévoués comme Hugues (y 1109) de Cluny, Richard (f 1121), abbé de Saint-Victor de Marseille, et les évoques sortis des cloîtres bénédictins. Un prieur de l'abbaye de
Nonantule, nommé Placide (vers 1070), écrivit un livre De honore Ecclesiœ, contre les investitures. Un moine du Mont-Cassin, Brunon d'Asti (f 1123), nommé par saint Grégoire VII évéquede Segni, se montre l'intrépide défenseur des droits de l'Église. A Rome, il combat les erreurs contre la sainte eucharistie et parmi ses écrits on remarque des traités De incarnatione Domiyù et ejus sepullura; De sacrificio azymo ; De sacramentis Ecclesiœ, mysteriis algue ecclesiasticis ritibus; Cur corrupitur Ecclesiœ status, et des lettres à Pascal II, où il reproche assez, vivement à ce pape les concessions accordées aux exigences de Henri V. Humbert (f 10G3), moine de Moyen-Moutier, cardinal-évêque de Sainte- Rufine et bibliothécaire de la sainte Eglise romaine, est envoyé par Léon IX à Constantinople pour combattre les prétentions schismatiques des Grecs qu'il réfute en plusieurs ouvrages ; il écrit en outre trois livres contre les simoniaques. Anselme (fl086), évêque de Lucques, défend par ses actes et ses écrits le pape légitime contre l'antipape Guibert.
5° Parmi les autres bénédictins remarquables par leur doctrine et dont les ouvrages sont parvenus jusqu'à nous, nous avons à cette époque : en Allemagne, Hériger (f 1007), abbé de Lobbes, auteur d'une lettre De diversitate quœ inler Dionysium et Bedam occurrit; il avait lui aussi composé un traité De corpore et sanguine Domini, qui n'a pas été publié. Burchard (1025), moine de Lobbes, puis évêque de Worms, a laissé un Pénilentiel. A Bernon (f 1048), moine de Fleury et de Prum, puis abbé de Reichenau, nous devons quelques petits traités qui intéressent surtout la liturgie, comme le suivant : Libeltus de quibusdam rébus ad missee sacrificium pertinentibus ; de plus il combat les erreurs de Cassien dans une lettre adressée à un nommé Frédéric très versé dans les questions théologiques. Othlon (f vers 1052), moine deTegernsee, de Saint-Emmeran de Ratisbonne, de Fulde où il exerce les fonctions d'écolâtre, compose un dialogue De tribus quœstionibus , id est de divinse pletatis agnilione, judiciorumqve divinorum neenon de varia bene agendi facultate, une lettre De permissionis bonorum et malorum causis et un Libellus metricus de doclrina christiana ; auteur ascétique, il écrit divers ouvrages De cursu spirituali ; De admonitione clericorum et laicorum.
6° A la fin du x° siècle, à la demande de saint Oswald, religieux de Fleury-sur-Loire devenu évêque de Worcesler, un moine de ce monastère, saint Abbon, qui en devait être abbé, se rendit en Angleterre pour y remplir les fonctions d'écolâtre, et plus tard le B. Lanfranc (f 1089), d'abbé du Bec devenu archevêque de Cantorbery, n'eut rien de plus à cœur que d'établir dans son diocèse des écoles semblables à celles où lui-même avait enseigné avant son épiscopat.
Lanfranc eut pour successeur sur le siège de Cantorbery son disciple Anselme qui, né à Aoste en 1033 ou 1031, avait, en 1060, revêtu l'habit monastique à l'abbaye du Bec dont il ne tardait pas à devenir prieur, puis abbé. En 1093, Guillaume le Roux le choisissait pour archevêque de Cantorbery. Anselme ne tarda pas à entrer en lutte contre les prétentions sacrilèges du roi d'Angleterre, et sous ce prince et sous son successeur, Henri Beauclerc, il ne cessa de combattre pour les libertés de l'Église. Deux lois il dut abandonner son siège et venir chercher un reluge à Rome. Il mourut à Cantorbery, h' 21 avril 1109. Saint Anselme a laissé de nombreux écrits théologiques, comme le Monologium, le Proslogium, le Cur Deus homo dans lesquels, ne s'appuyant plus uniquement sur l'Ecriture sainte et la tradition, il applique la raison avec toutes ses ressources à la méditation des vérités de la toi. Aussi est-il regardé à bon droit comme le Père de la théologie scolastique. Dans le Proslogium auquel il avait d'abord donné ce titre significatif Fides quœrens inlellectum, se trouve le célè-
BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES
bre argument de l'existence de Dieu auquel saint Anselme a donné son nom. Lorsqu'il fut connu, un moine de .Marmoutier, nommé Gaunilon, souleva des objections dans un écrit intitulé : Liber pro insipiente, auquel il répondit par un Liber apologeticus. Voir t. I, col. 1327 sq. Saint Anselme eut pour biographe Kadmer (f 1124), religieux bénédictin, puis évèque de Saint-André, auteur de divers ouvrages : De excellentia B. Mariée Virginis ; De quatuor virlutibus quae fuerunt in B. Maria; De bealitudine cseleslis patriœ; De sancli Anselmi virtutibus. A l'école du Bec et sous la direction de saint Anselme se forma Guibert (-J-1124), moine de Saint-Germer de Flaix et abbé de Notre-Dame de Nogent dans l'ancien diocèse de Laon. 11 écrivit contre les juifs un traité de l'incarnation ; nous lui devons en outre une lettre De bucella Judse tradita et de veritate Dominici corporis; quatre livres De sanctis et de pignoribus sanclorum ; ayant à discuter sur l'authenticité de certaines reliques de Notre-Seigneur, il est amené à y prouver contre Dérenger la réalité du corps du Christ dans l'eucharistie; et divers opuscules De laude sanctse Marise et De virginitate. Arnoul (f 1124), moine de Saint-Lucien de Beauvais, puis de Cantorbéry, abbé de Peterborough et évêque de Bochester, avait également étudié à l'abbaye du Bec; on lui doit une Epistola de inceslis covjugiis, et des Responsiones ad varias Lamberli qusestiones de sacramento eucharislise. Gilbert Crispin (f H 14), religieux du Bec, puis abbé de Westminster, a composé une Disputatio judsei cum clirisliano. Hugues de Boves ou d'Amiens (f 116i), moine de Cluny, prieur de Saint- Pancrace de Lœwes et abbé de Beading, puis archevêque de Bouen, a laissé divers écrits parmi lesquels Dialogorum seu qusestionum tlieologicaram libri Vil ; De Ecclesia et ejus ministris libri III contre les hérétiques de son temps et un traité De jide catholica et oratione dominica.
VIL Au xnc siècle. — 1» A l'occasion des luttes de saint Anselme pour la défense de la liberté de l'Église un moine de Fleury-sur-Loire, Hugues (f 1124), écrit un livre De regia potestate et sacerdotali dignitate qu'il adresse à Henri Beauclerc, roi d'Angleterre, et dans lequel il recherche avec plus de naïveté que de bonheur les moyens d'accorder les droits de l'Église avec les prétentions du monarque. A la même époque Geoffroy (-J-1132), abbé de la Trinité de Vendôme, aidait de tout son pouvoir les souverains pontifes dans leurs luttes contre les investitures et le pape Urbain II le nommait cardinal du titre de Sainle-Prisque. Outre des lettres fort importantes et un livre De corpore et sanguine Domini, Geoffroy de Vendôme composa divers traités De ordinalione episcoporuni et de inveslitura laicorum ; De simonia et inveslitura laicorum ; De possessionum ecclesiaslicarum inveslitura quod regibus concedalur ; Qualité)' dispensaliones in Ecclesia fieri debeant.
2° Après avoir eu pour maîtres les chefs de deux écoles rivales, Boscelin et Guillaume de Champeaux, Abélard enseigna en diverses villes et en 1113 fut mis à la tête de la grande école de Notre-Dame de Paris. Fier de ses succès, il soutenait les opinions les plus téméraires et s'abandonnait sans retenue à toute l'ardeur de .ses passions. Ayant eu à subir des épreuves et des humiliations de toute nature, Abélard alla demander l'habit religieux au monastère de Saint-Denis. Il continua à y enseigner ainsi qu'à Saint-Ayoul de Provins, et en combattant les erreurs de Boscelin fit revivre le sabellianisme. Son opuscule Dr Unitate et Trinitate fut c mdamné au concile de Soissons. Après un séjour forcé à l'abbaye de Sainl Médard, il revinl à Saint-Denis où il nia l'origine aréopagitique du patron de son monastère. Il si' retira ensuite dans uni' solitude appelée le Paraclet, puis à Saint-Gildas de llhuys dont les moines l'avaient élu abbé. 11 reprit ensuite son enseignement,
ajoutant de nouvelles erreurs aux anciennes. Après sa condamnation par le concile de Sens et le pape Innocent II, il passa à Cluny où il fut accueilli charitablement par Pierre le Vénérable qui, par la douceur, l'amena à reconnaître sincèrement ses erreurs. Il mourut au prieuré de Saint-.Marcel de Chalon le 12 avril 1142. Ses principales œuvres théologiques, outre le traité De Unitate et Trinitate mentionné plus haut, sont : T/teologia ebristiana; Introductio ad theologiam ; E]>ilonie theologiœ chrislianm. Voir Abélard, t. i, col. 36 sq. Un des plus redoutables adversaires d'Abélard fut, avec saint Bernard, Guillaume, abbé de Saint- Thierry, qui renonça à sa dignité pour suivre la règle cistercienne. On a de lui entre autres écrits : Disputatio adversus Petnun Abselardum; Disputatio ad versus dogmata Pétri Abxlardi, et un traité De sacramento altaris. Un autre bénédictin, Abaudus, écrivit contre Abélard une dissertation De fractione panis, mais ne sut pas se tenir à l'abri de toute erreur. Pierre le Vénérable (-J-115G), abbé de Cluny, qui eut une grande influence sur Abélard pendant les dernières années de sa vie, est auteur de divers traités contre les juifs, contre les disciples de Pierre de Bruys et contre les mahométans. Bernard de Morlas (1 130), moine clunisien, a composé un livre De Verbi incarnalione, et un traité De contemplu mundi. A la même époque un chanoine de Liège, Alger (-{-vers 1131), avait embrassé la vie monastique à l'abbaye de Cluny, et parmi ses divers écrits on remarque trois livres De sacramento corporis et sanguinis Domini contre les erreurs de Bérenger et des traités De misericordia et justitia; De gralia et libero arbiirio; De sacrificio missse. Arnaud (1156), moine de Marmoutier, puis abbé de Bonneval, est auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels un traité De donis Spiritus Sancti; De cardinalibus operibus Christi. Dans les écrits de Pierre de Celles (f 1183), abbé de Saint-Bemi de Beims et évèque de Chartres, nous trouvons des opuscules De disciplina claustrali et De conscientia.
3° A l'abbaye d'Afflinghem, l'abbé Francion (fll35) compose un traité De gratia seu de beneficentia Dei, et à Saint-Martin de Tournay l'abbé Hermann, qui résigna sa dignité en 1137, a laissé un livre De incarnalione Domini. Le pieux et savant Bupert (■{■'1135), abbé de Deutz, près de Cologne, avait été moine et écolàtre de Saint- Laurent de Liège. Il commenta presque toute l'Écriture sainte, où il s'appliqua à reconnaître l'œuvre des trois personnes de la sainte Trinité. Aussi donnat-il à une partie de son travail le titre : De Trinitate et operibus ejus. Celui, dit-il, qui ne connaît pas l'Écriture, ne connaît pas le Christ : sa foi n'a pas de base solide et la moindre erreur le renverse. Notons parmi les autres écrits de Bupert : De glori/icatione Trinitutis et processione Spiritus Sancti ; De Victoria Verbi Dei, De volunlate Dei; De omnipotentia divina; Dr meditatione morlis ; De gloria et honore Filii honiinis; Dialogus inter christianum et judseum, et un ouvrage se rapportant surtout à la liturgie : De divinis officiis per anni circulum. Berengosus (vers 1112), abbé de Saint- Maximin de Trêves, compose un traite1 De mysterio ligni Dominici et de luce visibiliac invisibili per quam antiqui Patres meruerunt illustrari, et trois livres De inventione sanctiv crucis. Pothon, abbé de Prum, a laissé cinq livres De statu il.mtus Dei, qui selon quelques auteurs doivent ('Ire attribués à un autre bénédictin du même nom, Pothon (f 1 152), moine de l'itivening. D'Eckberl (fll85), abbé de Saint-Florin de Schonan, nous avons douze sermons contre l'hérésie
des cathares et un petit traité Dr laude .s', crucis. 11
é'iait le frère de sainte Elisabeth (-j- 1 165), abbesse de
Schônau, Célèbre par ses visions. A la même époque
vivait sainte Hildegarde (f 1 1 70). abbesse de Bingen, dont les ouvrages excitaient l'admiration de saint Bernard.
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