‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 206 sur 400 · II. Hemmer · texte numérisé non relu

II. Hemmer

6. BENOIT VI, pape, successeur de Jean XIII, élu dans le dernier quart de l'année 972, consacré le 19 janvier 973, mort étranglé en juillet 974.

Le cardinal-diacre Benoit fut l'élu à Borne du parti impérial et le délai prolongé de son ordination vient sans doute de ce que l'on attendit, pour le consacrer, l'assentiment d'Otton Ier. Après la mort de ce grand prince, tandis qu'Otton II était occupé en Allemagne, une révolution éclata à Home sous la conduite de Crescentius, fils de Théodora et frère du défunt Jean XIII. Le siège pontifical fut donné par le parti « national » à un intrus, le diacre Franco, qui devint Boniface VII. Les protestations du missus impérial ne furent point écoutées. Benoit fut étranglé dans sa prison (juillet 974).

La principale décision donnée par Benoit a trait à la rivalité de l'archevêque de Salzbourg et de l'évêque de Passau, qui se disputaient la juridiction sur la Pannonie. L'évêque Piligrim de Passau prétendait faire restaurer à son profit l'archevêché légendaire de Lorsch (Laureacum des Bomains) et les diocèses de Pannonio et de Mésie. Les pièces fausses de son dossier, Jaffé, 767, 2566, 3602, 3614, 3644, ne sont peut-être point toutes de son invention; il est possible qu'il s'en trouve d'une fabrication plus ancienne. D'après une pièce fausse, Jaffé, 3771, Benoît VI aurait fait un partage et donné à l'archevêché de Salzbourg les diocèses de Pannonie supérieure, à l'archevêché de Lorsch les diocèses de Pannonie inférieure et de Mésie. Il semble, au contraire, que Benoit établit Frédéric, archevêque de Salzbourg, comme son vicaire dans la Norique et dans les deux provinces de Pannonie. Jalfé, 3767.

Jaffé, Begesta pontificum, t. i, p. 477; Duchesne, Liber pontificalis, t. n, p. 255; Watterich, Pontificum romanorum vitse, t. i, p. 65; Langen, p. 364; Gregorovius, 2" édit., t. m, p. 3n7, mentionnés pour Benoit I** ; Diimmler, Piligrim von Passau, Leipzig, 1854 ; Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, Leipzig, 1896, t. m, p. 161, 181.

H. Hemmer.

7. BENOIT VII, pape, successeur de Benoît VI, élu en octobre 974, mort en 983.

Le comte Sicco, missus impérial, qui n'avait pu protéger Benoit VI contre le prétendu Boniface VII, réussit à l'approche d'Otton II, à faire élire le fils d'un Romain, évéque de Sutri, qui fut le pape Benoit VII. Franco gagna Constantinople et y attendit une heure plus favorable. Les circonstances de cette élévation expliquent l'hostilité que rencontra Benoit VII, et dont quelques chroniques parlent en termes vagues et l'extrême complaisance du pape pour l'épiscopat allemand; il accorda divers privilèges à des monastères d'Allemagne et des faveurs personnelles à l'archevêque Dietrich, de Trêves, et à Willigis, archevêque de Mayence.

Benoît était un pontife estimable; il condamna la simonie dans un synode de 981. Jaffé, 3804. Il précéda de quelques mois dans la tombe son protecteur Otton II, dont l'appui lui permit d'achever paisiblement son pontificat.

JafTé, Begesta pontificum, t. I, p. 479; Duchesne, Liber pontificalis, t. Il, p. 258; Watterich, Pontificum romanorum vit.v. t. I, p. 66, 686; Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, Leipzig, 1896, t. ni, p. 146, 199; Giesebrecht, Jahrbucher îles deulschen Beichs tinter Otto H, Berlin, 1840, p. 141; ld., Geschichte der deulschen Kaiserzeit, 4' édit., Brunswick, 1873, t. i, p. 580.

H. Hemmer.

8. BENOIT VIII, pape, successeur de Serge IV, élu en 1012, mort le 9 avril 102L

ïhéophylacte, qui prit le nom de Benoil VIII. était le troisième fils de (irégoire, chef de la maison de Tusculum qui se rattachait, comme celle des Crescentius, à l'ancienne famille du prince Albéric, et qui cherchait à supplanter les Crescentius dans le gouvernement de l'État romain en se niellant à la télé du parti ger-

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