‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 213 sur 400 · BENOIT D'ANIANE (Saint).- 1. Vie. II. Œuvres · texte numérisé non relu

BENOIT D'ANIANE (Saint).- 1. Vie. II. Œuvres

I. Vie. — Benoit Wittiza, surnommé d'Aniane, fils du comte de Maguelone, naquit en 751. Après avoir été élevé à la cour de Pépin le Bref et attaché au service de Charlemagne, il embrassa la vie monastique à Saint- Seine (774), d'où il alla sur les bords de l'Aniane (vers 780) fonder un monastère, qui devint bientôt un foyer intense de vie religieuse et intellectuelle. Il y fit revivre la règle de saint Benoit et les meilleures traditions monastiques. Grâce à son exemple, à son action personnelle et à la protection de Louis le Pieux, cette réforme s'étendit à un grand nombre de monastères de l'Aquitaine d'abord, puis de tout l'empire. Devenu empereur, Louis attira Benoit auprès de lui pour avoir ses conseils et il le chargea de la réforme de tous les monastères. Le concile d'Aix-la-Chapelle, réuni à cet effet (817), fut un grand chapitre général, dont les canons tendaient à unifier dans tous les monastères de l'empire la pratique de la règle bénédictine. Le monastère d'Aniane fut un centre d'études, pourvu d'une riche bibliothèque. Benoît d'Aniane fut l'un des premiers à découvrir et à combattre l'adoptianisme. Il contribua à le faire condamner au concile de Francfort. Charlemagne l'envoya à Urgel avec Leidrade de Lyon et Nébride de Narbonne essayer de ramener à la vérité catholique l'évêque Félix, l'un des docteurs de l'adoptianisme.

Benoît d'Aniane mourut le 11 février 821, à Kornelimiïnster, monastère que l'empereur lui avait fait bâtir. Sa vie a été écrite par son disciple et successeur Ardon Smaragde (f 8i3). Mabillon, Acta sanct. ord. S. Benedicti, scec. iv, part. I, Venise, 1735, p. 184-215; Vie de saint Benoit d'Aniane, traduite du latin avec notes par M. Classan, Montpellier, 1876.

II. Œuvres. — 1° Saint Benoît d'Aniane, voyant la vie monastique abandonnée dans la pratique à l'arbitraire de chacun, voulut en fixer la pratique traditionnelle. C'est dans ce but qu'il réunit le texte des règles écrites et observées jusqu'à son époque en Orient et en Occident. Ce recueil forme son Codex regularum monasticarum et canonicarum, quas SS. Patres monachis, canonicis et virginibus sanctimonialibus servandas prsescripserunt, édité par Holsten, in-4°, Rome, 1661 ; Paris, 1663; etreproduit par Migne, P. L., t. cm, col. 393- 702. — 2° Pour augmenter aux jeux des moines l'autorité de la règle de saint Benoît et lui donner un commentaire utile, il rapprocha de chacun des chapitres de cette règle les passages de ces règles diverses qui présentaient avec lui une analogie. Cette Concordia regirfarum est par le fait un véritable commentaire de la règle bénédictine. Dom Hugues Ménard l'a publiée, d'après le ms. de Fleury, qui est du ixe siècle, en y ajoutant des notes précieuses, in-8", Paris, 1638; Migne l'a rééditée, P. L., t. cm, col. 703-1380. — 3° Deux lettres écrites par le saint à George, abbé d'Aniane, et à Nébride, archevêque de Narbonne. Ibid., col. 1739-1382. Baluze a publié sous son nom des opuscules d'une authenticité plus que douteuse. Ils ont été reproduits par Migne, P. L., t. cm, col. 1381-1420.

Sa vie par Smaragde est reproduite P. L., t. cm, col. 353-384; Histoire littéraire de la France, édit. Palmé, t. IV, p. 447-459; dom Ceillier, Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, édit.

BENOIT D'ANIANE — BENOIT BE NURSIE

Vives, t. xn. p. 257-262; Von Nicolai, Der h. Benedikt, Grûnder vonAnianeundCornelimùnster, ReformatordesBenedictiner-

ordens, in-8-, Cologne, 1805-1877 ; Foss, Benedikt von Aniane in-4", Berlin, 1884; Seebass, Ueber das Regelbuch Benedikts von Aniane, dans Briegers Zeitschrift fur Etrchengeschichte, 1895, t. x 7, p. 244-260 ; Paulinicr, S. Benoit a" Aniane et la fondation du monastère de ce nom, in-4", Montpellier, 1871.

J. Besse.

17. BENOÎT DE NURSIE (Saint). - I. Vie. II. Règle. III. Ordre.

I. Vie. — Saint Benoit naquit à Norcia, dans l'Ombrie (480), commença ses études littéraires à Rome, s'enfuit à Enfide pour échapper aux mauvais exemples d'une jeunesse corrompue, s'en alla à Subiaco, où il se retira pour de longues années dans une grotte, après avoir reçu l'habit monastique des mains du moine Romain. A une époque qu'il est impossible de déterminer avec quelque certitude, des disciples vinrent à lui. Ils furent bientôt assez nombreux pour lui permettre de fonder douze monastères de douze moines chacun.

Le désir de se soustraire aux procédés coupables d'un prêtre jaloux le poussa à quitter Subiaco et aller au Mont-Cassin fonder un nouveau monastère (529). Il détruisit en ces lieux les derniers vestiges de l'idolâtrie, convertit les païens qui restaient encore, s'imposa au respect des populations voisines par sa grande charité et l'éclat de ses miracles. Des hommes avec qui il eut des relations, son biographe conserve le souvenir du roi des Goths, Totila, et de saint Germain, évêque de Capoue. Sa sœur, sainte Scholastique, gouvernait au pied du Mont-Cassin à Plumbariola un monastère de femmes. Il mourut le 21 mars 543. Les Lombards détruisirent son monastère en 580. Les moines, qui eurent la vie sauve, s'en allèrent à Rome. Les reliques du saint patriarche et celles de sa sœur furent dérobées au Mont-Cassin et transportées, les premières à Fleury-sur- Loire, près d'Orléans, les secondes au Mans (633).

Saint Benoit eut pour biographe saint Grégoire le Grand, qui lui consacre le livre II de ses Dialogues. P. L., t. lxvi, col. 120- 204. Le saint pape raconte de préférence ses miracles et les faveurs extraordinaires dont Dieu le favorisa. C'est accidentellement qu'il fait connaître quelques-uns des traits historiques ayant marqué son existence. Cette vie fut plus tau traduite en grec par le pape saint Zacharie. Ange-Marie Quirini édita ces deux vies : Vitam latino-grxcam S. P. Benedicti, Venise, 1723. Cozza- Luzzi en a donné une édition critique annotée, Grotta-Ferrata, 1880. Il y a encore une réédition de la vie de saint Benoit par saint Grégoire dans R. Mittermùller, Vita et régula SS. P. Benedicti, Ratisbonne, 1880. Voir aussi Mège, Vie de saint Benoît, Paris, 1690, P. L., t. lxvi, col. 125-204; Cartier, Les Dialogues de saint Grégoire le Grand; Tornamira, Il palriarcato del P. S. Benedetto, Palerme, 1673 ; MecoUeta, Vida y milagros del glorioso patriarca de los monjes, san Benito, Madrid, 1733; De Rivas, Vida de San Benito, Saragosse, 1890; Luck, Tlie life and miracles of S. Benedict, Londres, 1880; Gasquet, A sketch of the life and mission of S' Benedict, Londres, 1895; Potthast, llibtiotheca historica rnedii sévi, Berlin, 1896, t. H, p. 1200-1202; lirandès, Leben des lit. Vaters Benedict, Einsiedeln, 1858; Griitzmacher, Die Bedeutung Benedicts von Nursia und seiner Hegel, Berlin, 1892; Tosti, Dalla vita di S. Benedetto, Mont-Cassin, 1892, trad. franc., Lille, 189y; Vida y milagros del Smo l 'n <lre San Benito... en laminas gravadas, Rome, 1577; Clausse, Origines bénédictines, Subiaco, Mont-Cassin, Mont-Olivel, Paris, 1899; Chamard, Les reliques de saint Benoit, Paris, 1882; lleurtcbize et Tiïger, Sainte Scholastique, patronne du Mans, Solesmes, 1899; dum Morin, La translation de S. Benoît et la chronique de Lcno, dans la Revue bénédictine, 1902, p. 337-352.

II. RÈGLE. — 1" Son caraclîrc. — Saint Benoît, usant du droit de tout fondateur de monastère, donna une règle à ses disciples. Comme les règles pratiquées alors étaient imparfaites et vagues, il la rédigea lui-même. Les traditions monastiques de l'Orient et de l'Occident furent mises à contribution par lui. La règle de saint Baaile, traduite par Rufin, les Institutions de Cassien et la lettre ccxi de saint Augustin sont, avec les divines Écritures, les sources principales auxquelles il a puisé.

Il commença par expérimenter sa règle au milieu de ses disciples avant de lui donner au Mont-Cassin sa rédaction définitive. Cette règle est un résumé très personnel et complet de toute la tradition antérieure. L'auteur se fait remarquer par une discrétion impeccable, un grand sens pratique et un génie organisateur très puissant. Avant lui, le monastère et ses observances avaient quelque chose d'indécis, de flottant. Il leur imprime une forme nette et vraie, répondant aux besoins d'une association religieuse et que les siècles respecteront. Les législateurs de la vie religieuse qui se succéderont lui emprunteront ses traits principaux. Saint Benoit a fait de sa règle un code complet de la vie monastique et de ses obligations. Il organise le monastère, les attributions de l'abbé et la distribution des offices, l'emploi du temps, l'exercice des vertus religieuses et chrétiennes, la liturgie, la répression des fautes, en un mot tout ce qui entre dans la pratique de la vie religieuse. Il expose en même temps une doctrine spirituelle élevée et discrète. Son monastère est 1 école du service divin. Le moine y entre pour la vie entière en contractant l'engagement solennel de sa profession. L'abbé, qui gouverne la communauté, est élu par les religieux; sa charge est perpétuelle. Il est secondé par des officiers de son choix : le prieur, les doyens, le cellérier, etc. Chacun d'eux préside à un service de la maison, dont il a la responsabilité. Les moines sont toujours ensemble au chœur, au réfectoire, au dortoir, au travail, formant une famille très unie. Leur vie est austère. Ils jeûnent une grande partie de l'année, avec un seul repas. Leur abstinence est perpétuelle. Ils couchent sur une natte. Leur costume se compose d'une tunique, d'une ceinture de cuir, d'une coule, qu'ils remplacent au travail par un scapulaire. Leur pauvreté est absolue. Tantôt étudiant, tantôt travaillant des mains, ils mènent une vie très occupée. Leurs fautes publiques sont punies avec une sévérité miséricordieuse. Le chant des offices leur prend de longues heures. Ils le prolongent surtoul la nuit. Les offices sont distribués dans l'ordre que le bréviaire romain a conservé.

Les moines, formés dans le monastère à la pratique de toutes les vertus religieuses, étaient capables de servir Dieu à l'intérieur du cloître et au dehors. L'Église et la société ont trouvé parmi eux des hommes qui ont su dépenser pour le bien commun une activité, une intelligence et un savoir-taire remarquables. L'histoire est pleine du récit de leurs actions utiles. L'autorité de l'abbé, éclairée par les circonstances et par les aptitudes personnelles de ses sujets, a toujours su leur ménager dans les cadres de l'organisation cénobitique ou à côté le moyen de les produire.

Il y a dans la règle de saint Benoît deux éléments, très mêlés l'un à l'autre : le premier se compose de tout un ensemble de principes sur la vie religieuse, la constitution du monastère et son fonctionnement; ils forment la doctrine de saint Benoit et ils sont de tous les temps. Le second se compose de règlements précis, qui subissent forcément l'inlluence variable des individus et des milieux; ils sont de leur nature caduques et condamnés à une évolution, qui finira seulement avec la vie monastique elle-même. Cette évolution a laissé des traces dans une foule de documents, où se trouve consigné l'état de la discipline des monastères et des congrégations. Nous en donnerons une liste plus loin. Mais elle n'a jamais infligé la moindre modification au texte même de la règle.

Saint Benoît se propose uniquement d'organiser le monastère isolé. Il ne prévoit pas ces fédérations de monastères, venues après lui et qui ont reçu les noms d'ordres et de congrégations. Cette union a nécessité une législation nouvelle, qui s'est formée peu à peu sous les yeux et le contrôle du saint-siège. Ces lois, qui ont présidé à l'organisation des monastères entre eux, et les

BENOIT DE NURSIE

règlements destinés à préciser ou à modifier l'intelligence de la sainte règle, sont devenus un tout ajouté au texte même de la règle, et qui a reçu le nom tantôt de déclarations, lorsque ces additions étaient placées à la suite du chapitre dont elles étaient le complément naturel, tantôt de, constitutions, lorsqu'on les a réunies après le texte entier dans un corps de lois distinct.

2° Tradition du texte. — L'autographe de saint Benoit, emporté à Rome après la destruction du Mont-Cassin et rapporté dans ce monastère par l'abbé Pétronax, disparut en 896 dans l'incendie du monastère de Teano, où les moines du Mont-Cassin s'étaient réfugiés à cause de l'incursion des Sarrasins. Mais des manuscrits anciens ■ont été conservés : celui d'Oxford (VIIe ou VIIIe siècle) , celui de Tegernsee, aujourd'hui à la bibliothèque de Munich, cod. lat. 19i08 (vme siècle) ; celui de Saint- Emmeran de Ratisbonne, à Munich également, cod. lat., 29169 (vin* siècle) ; celui de Saint-Gall, cod. 914 (commencement du ixe siècle) ; et le -texte donné par Hildemardans son commentaire (848), etc. Ces textes présentent des divergences venant d'interpolations postérieures à saint Benoit. Traube, Textgcschichte der Régula S. Benedicti, Munich, 1898; Chapman, Le texte de la règle ■de S. Benoit, dans la Revue bénédictine, 1898, p. 503- 512. Cf. Revue bénéd., 1902, p. 279-280, 314-317.

Un certain nombre d'éditeurs se sont préoccupés de nous donner soit l'un de ces textes anciens soit une édition critique. On peut signaler les éditions de Beaudouin Moreau, Cologne, 1620 ; de Ferrariis, moine du Mont-Cassin, Naples, 1659; de Martène, 1690; de dom Vicente, Madrid, 1790; de dom Schmidt, Vita et régula S. Benedicti, Ratisbonne, 1880; 2e édit., 1893; des moines d'Einsiedeln, 1895; de Wôlfllin, Benedicti régula monachorum, Leipzig, 1895; de Sievers, Die Oxforder Benedictincr-Begel, Tubingue, 1887, reproduisant le cod. 237 de la Bodléienne du xne au xive siècle, et Regulœ S. Benedicti traditio codicum mss Cassinensiuma prsestantissimo teste usque repetita codice Sangallensi 914, Mont-Cassin, 1900, par dom G. Morin. Une édition critique est préparée par Héribert Plenkers pour le Corpus script, latin, de Vienne.

3° Traductions. — Il y a eu de nombreuses traductions ■de la règle de saint Benoit. Quelques-unes méritent •d'être citées : la traduction en vers français par Nichole, publiée d'après un ms. du XIIIe siècle provenant de Jumièges par Tougard, Paris, 1895; celle de Guy Jouvenceaux, Paris, 1500, 1501, 1505. Nos dépôts de manuscrits conservent de nombreuses et intéressantes traductions françaises, sur lesquelles il y aurait une utile étude à taire. Une traduction provençale du XIVe siècle a été éditée. Spicilegium cassinense, Mont-Cassin, 1895, t. iv. Une traduction allemande d'après un manuscrit d'Engeiberg du xme siècle, publiée par dom Trexler, Einsiedeln, 1884; une autre, publiée par les bénédictins de l'abbaye d'Emaùs à Prague, avec la vie de saint Benoit par saint Grégoire le Grand, 1902; Dr Schrôer, Die Winteney Version der Begida S. Benedicti lateinisch undenglisch, Halle, 1888; cf. J. Tachauer, DieLaute und Flexionen der « Winteney-Versionti der Régula S. Benedicti, Wurzbourg, 1900; Logeman, The ride of S1 Benêt, latin and anglo-saxon interlinear version, Londres, 1888. Trois versions en middle-english ont été éditées en 1903, par VEarly english Text sociely, Original séries.

Sur les sources de la règle de saint Benoit on peut consulter dom Schmidt, Ueber die wissenscha/tliche Bidlung des ht. Benedict, dans les Studien de Raigern, t. îx, p. 57-63 ; t. xii, p. 299 ; dom Spreitzenhiifer, Die historischen Voraussetzimgen der Regel des heil. Benedict von Nursia, Vienne, 1895; Wôlfllin, Benedict von Nursia und seine Mônchsregel, Munich, 1895.

4° Commentaires. — La règle de saint Benoît a été l'objet de très nombreux commentaires. Beaucoup sont imprimés; d'autres restent manuscrits. Nous ne pou-

vons citer que les plus importants. Le plus ancien est celui de Hildemar, édité par dom Miltermuller, Ratisbonne, 1880. Au Mont-Cassin, on le revendique pour Paul Diacre, édition du Mont-Cassin, 1880. Ceux de Smaragde, abbé de Saint-Mihiel (ixs siècle), P. L., t. lu, col. 689, de Rupert de Deutz, P. L., t. clxx, col. 447; de sainte Hildegarde, P. L., t. clxxxvii; de Pierre Boyer, évoque d'Orvieto(1316) ; de Bernard du Mont-Cassin (f 1282), édité par dom Caplet, Mont-Cassin; de l'abbé Trithème, Valenciennes, 1608; de Torquemada, Cologne, 1575; d'Antonio Perez, 2 vol., Barcelone, 1632; de Caramuel, Francfort, 1646 ; Lyon, 1665 ; de dom Mège, Paris, 1687; de l'abbé de Rancé, Paris, 1689 ; de la mère Angélique Arnauld, Paris, 1736; de dom Martène, Paris, 1690; de dom Calmet, 2 vol., Paris, 173i, traduit en latin, Linz, 1750, en italien, Arezzo, 1751 ; de dom Brandès, Einsiedeln, 1858; de dom Schneider, Ratisbonne, 1879 ; d'un bénédictin de Saint-Maur de Glanfeuil fdom Lhuillier], 2 in-12, Paris, 1901. Voir aussi dom B. Sauter, Colloquien ïiber die heilige Regel, 2eédit., Fribourg-en-Brisgau, 1901. La règle avec un commentaire latin se trouve P. L., t. lxvi, col. 215-932.

5° Adaptations et additions. — La règle de saint Benoît est entrée dans le corps des trois règles suivantes: la règle de saint Donat de Besançon peur les femmes, où l'on trouve fondues en une les règles de saint Benoit, de saint Colomban et de saint Césaire, P. L., t. lxxxvii, col. 267; la Régula magistri, qui mêle la règle de saint Benoît à une foule d'usages locaux, vie siècle, P. L., t. lxxxviii, col. 943, et la Régula solilariorum de Grimlaïc, qui est une adaptation de la règle bénédictine à la vie des reclus, P. L., t. cxxix, col. 863.

Elle a reçu au cours des siècles de nombreuses additions. Les documents où elles sont consignées offrent le plus grand intérêt pour l'histoire de la discipline monastique en Occident et de son évolution. Voici quelquesuns des plus importants : la lettre où Théodemar, abbé du Mont-Cassin (778-797), rend compte à Charlemagne des observances de son monastère; un Ordo conversationis monaslicse, faussement attribué à saint Benoit, P. L., t. lxvi, col. 957; les Actes du concile d'Aix-la-Chapelle (817) ; les statuts d'Adhalard pour son monastère de Corbie, édit. Levillain, Paris, 1900; les Capitula des moines de Saint-Gall et d'IIirsauge (818); la Concordia regularis attribuée à saint Dunstan (Reyner, Apostolalus benedic/inus, Douai, 1626, p. 77 sq.); les Consuetudines de Cluny, d'Udalric et de Bernard; les Consuetudines Farfenses, édit. Albers, Stuttgart, 1901 ; celles de Sahagun, de Fleury ; les principaux monastères eurent ainsi les leurs; les Statuta de Lanfranc, les Us de Citeaux; ceux des ordres fondés au moyen âge sous la règle de saint Benoît; les statuts des chapitres provinciaux, les constitutions et déclarations des congrégations de l'ordre de Saint-Benoit, et celles de plusieurs abbayes particulières.

Dom Calmet donne la bibliographie des auteurs qui ont écrit sur la règle de saint Benoit, dans son Commentaire, 1. 1, p. 73- 90, 592-597 ; Ziegelbauer, Historia rei litterarix O. S. fi., t. m, p. 12-91; Haften, Disquisitiones monastiese, Anvers, 1644; S. Benoit d'Aniane, Concordia regularum, édit. Ménard, Paris, 1638, P. L., t. cm, et Codex regularum, édit. Holsten, Rome, 1661 ; Brockie, Codex regularum, 6 in-fol., Augsbourg, 1759.

III. Ordre. — /. diffusion de plus en plus étendue de la REGLE. — L'ordre de Saint-Benoit n'a pas existé à l'origine dans le sens que l'on donne habituellement à ce mot. On peut néanmoins comprendre sous cette désignation les monastères qui ont suivi sa règle, bien qu'ils n'aient été liés entre eux par aucune organisation générale. La diffusion de cette règle se fit peu à peu dans toutes les Eglises de l'Occident. Personne ne la seconda plus que saint Grégoire le Grand. Les monastères basilicaux de Rome l'adoptèrent de bonne heure. L'abbé Pétronax la ramena au Mont-Cassin, sous le pape Za-

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charie ; on vit dans ce monastère des moines illustres : le B. Carloman et le roi des Lombards Didier. Saint linpoire le Grand est le plus connu des entants de saint Benoît en Italie.

Au VIIe siècle, la règle de saint Benoit était suivie dans la plupart des monastères tramais, mue a celle de saint Colomban e1 à des traditions locales. Ces monastères furent très nombreux ; par leurs écoles, l'apostolat monastique et des services de toutes sortes, ils servirent efficacement l'Église. On peut citer Luxeuil, Saint-Germain de Paris, Saint-Germain d'Auxerre, Micy, Saint-Calais, Jutnièges, Fontenelle, Saint-Evroul , Saint- Riquier, Saint-Médard de Soissons. De ces monastères sortirent un grand nombre d'évêques, d'apôtres et de saints. Le gouvernement restaurateur de Charlemagne affermit la pratique de la règle de saint Benoit dans toute l'étendue de l'empire. Louis le Débonnaire, pour continuer son œuvre, s'appuya sur saint Benoit d'Aniane. De nouveaux monastères furent fondés; les anciens reçurent un éclat nouveau. Les écoles monastiques prospérèrent. La plus célèbre fut celle de Tours, sous la direction d'Alcuin. Parmi les moines écrivains ou théologiens de cette période, il convient de nommer avec le B* Alcuin (f80i), Loup de Perrière (f 862), saint Adbalard (f 826) et Wala (•{-836), abbés de Corbie, Angilbert, abbé de Saint-Riquier, Angilram, abbé à Sens, Anségise, abbé de Fontenelle, saint Paschase Badbert, Gottschalk, Béginon de Prum, Adon de Vienne, etc.

Les monastères espagnols acceptèrent la règle de saint Benoit à une époque qu'il est difficile de déterminer. Ce fut avant l'invasion sarrasine. Les moines, qui, de la Catalogne et du nord de la péninsule, poussèrent leurs abbayes vers le sud avec la conquête, lui étaient soumis.

Saint Augustin de Cantorbéry l'introduisit en Angleterre, où elle eut de la peine à supplanter les traditions du monachisme breton. Dans un grand nombre de diocèses, les moines formèrent le clergé de l'église cathédrale, dont leur abbé étail l'évêque. Après avoir travaillé activement à la conversion des habitants, ils prirent en main l'organisation des paroisses. Les propagateurs de la règle bénédictine parmi les Bretons leur firent adopter les usages romains et ils leur donnèrent cet amour filial du pape, qui eut, dans les pèlerinages à Borne, sa manifestation ordinaire. Ces relations avec Borne contribuèrent beaucoup au développement des études et au progrès de la civilisation. L'archevêque Théodore de Cantorbéry (f690), saint Benoît Biscop (f690), fondateur de .larrow et de Wearmouth, saint Wilfrid, évêque d'York (-{-709), Bède le Vénérable (-J- 735) sont les moines les plus illustres de l'Angleterre. Leurs cloîtres envoyèrent de nombreux apôtres à l'Allemagne. Le monastère d'York eut une école célèbre, d'où est sorti Alcuin.

Les moines de Luxeuil, saint Colomban et saint Gall commencèrent l'évangélisation des Alamans. D'autres moines venus de fiance et d'Angleterre poursuivirent cet apostolat au milieu des peuplades germaines, avec la protection du saint-siège et des princes francs. Il y eut parmi eux des bénédictins. De nombreux monastères se fondirent dans ces contrées où ils devinrent des foyers intenses de civilisation chrétienne. Les plus connus sont Saint-Gall, Reichenau, Murbach, Fulda, la Nouvel le-Corl pie. Parmi ces apôtres on peut citer saint Pirmin (f753), saint Boniface (-J-754), saint Willibald (■J- 787), saint Anschaire, qui évangélisa surtout les Scandinaves, et saint Adalbert (f 997), l'apôtre de la Pologne et de la Prusse. Sous Louis le Débonnaire et ses successeurs les monastères de Fulda et de Saint-Gall furent des centres de vie intellectuelle, lialian Maur, llaymon d'Halberstadt, les Ekkehard et les Notker honorent par leur science les cloîtres de celte époque.

//. RÉFORMES l i ORDRES. — Le X'- siècle, ('prouvé par les conséquences des invasions normandes et de l'effondrement de l'empire carolingien, vit le relâchement et la

ruine détruire de nombreux monastères. Il surgit alors de saints rélormateurs pour reprendre l'œuvre interrompue de saint Benoit d'Aniane : saint Odon de Cluny (-f 941), saint Abbon de Fleury (f lOOi), saint Conrad, évèque de Constance (f 975), saint Wolfgang de Batisbonne (-j-994), saint Gérard de Brogne (-J-957), saint Jean de Gorze (f97i), saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry (-j-988), etc. L'ne renaissance rajeunit bientôt les monastères; les anciens ne suffisaient pas. On dut en fonder un grand nombre d'autres. Cette el'llorescence se manifesta dans toute l'Europe latine; elle suivit les croisés en Orient, Nous sommes à l'époque de la féodalité. Les monastères cèdent au besoin de se grouper autour d'abbayes puissantes, dont elles pratiquent l'observance et acceptent la tutelle. Ils forment les ordres. C'est une évolution très importante dans l'histoire monastique.

i° Ordre de Cluny. — Fondée par Guillaume d'Aquitaine et placée sous la protection du siège apostolique, l'abbaye de Cluny en Bourgogne prit un développement et une influence considérables sous le gouvernement des quatre grands abbés Odon, Mayol (f9S4),Odilon(f 1039)et Hugues (f 1109). Des monastères riches et puissants adoptèrent ses observances en France et à l'étranger : Fleury, Saint- Germain d'Auxerre, Saint-Denis de Paris, Saint-Bénigne de Dijon, Moyen-Moulier, Saint- Vanne de Verdun, Fécamp, Marmoutier, Tulle, Sarlat, Aurillac, La Béole, Saint-Paul-hors-les-Murs, laCava, Lérins, Sahagun, Ona, Hirsauge, etc., etc. Quelques-uns de ces monastères et d'autres qui s'y adjoignirent formèrent dans la suite le véritable ordre de Cluny, qui, sous le gouvernement de l'abbé de Cluny comme supérieur général, l'autorité des chapitres généraux et les visites, dura, au milieu de bien des vicissitudes, jusqu'au XVIIIe siècle.

2° Autres ordres. — Les nombreux prieurés qui gravitaient autour des grandes abbayes, formaient avec elles des ordres moins étendus que celui de Cluny. La Chaise-Dieu, fondée en 1046 par saint Bobert, compta sous sa dépendance près de 300 maisons en France, en Espagne et en Italie; celle de Cluse en eut plus de 100; celle de la Grande-Sauve, 70. On peut encore citer celles de Saint-Géraud d'Aurillac et du Bec en Normandie. Plusieurs de ces monastères, arrivés à une telle puissance, étaient de fondation récente.

Durant cette période l'ordre bénédictin atteignit l'apogée de son développement et de son influence religieuse, politique et sociale. Il fut le meilleur auxiliaire des papes dans la querelle des investitures et dans la lutte contre la simonie et le concubinage des clercs. Ses membres aidèrent les rois de France dans leurs efforts pour former autour de leur autorité l'unité nationale. Les sciences, les lettres, les arts, toutes les formes de la civilisation, furent en honneur dans leurs monastères et leur voisinage. Quelques-uns des papes qui jetèrent le plus d'éclat sur l'Église romaine appartinrent à l'ordre de Saint- Benoit, Silvestre II, saint Grégoire VII et le B. Urbain II. Cet ordre donna des hommes d'État comme Suger. Les écoles monastiques, fréquentées par une multitude d'étudiants séculiers, préparèrent la voie aux universités du moyen âge. La plus célèbre fut celle du Bec où enseignèrent tour à tour Lanfranc et saint Anselme. Il faut donner les noms de quelques-uns des bénédictins qui illustrèrent davantage leur ordre par leurs travaux : Anselme et Lanfranc, qui viennent d'être cités, Herbert, Guiberl de Nogent(f 1124), Rupert de Deutz (f 11351, Yves de Chartres, Aymoin, l'auteur de l'Historia Francorum, Abélard, Pierre le Vénérable, Raoul Glaber, Sigebert de Gembloux, Eadmer de Cantorbéry, Léon d'Ostie, Bauldryde Bourgueil, Mathieu Paris de Saint- Alban, Banni les femmes sainte Elildegarde, Hroswitha, sainte Gertrude et sainte Mech tilde.

Avec le X1II° siècle et l'apparition des ordres mendiants, commence le déclin de l'ordre de Saint-Benoit. Son union trop intime avec l'organisation de la féoda-

BENOIT DE NURSIE

lité, qui avait eu pour lui de grands avantages, devint une cause de faiblesse. Les vocations diminuèrent, ne furent pas toujours surnaturelles. Les offices, à commencer par la charge abbatiale, furent transformés en bénéfices. Le zèle disparut. L'ignorance envahit un grand nombre de cloîtres. Les papes, pour arrêter les progrès de la décadence, encouragèrent la tenue des chapitres provinciaux et l'organisation qui en résultait. Les collèges bénédictins, érigés autour de quelques universités, entretinrent une certaine culture littéraire. Des moines ne montèrent pas sans dignité sur le trône pontifical : Clément VI et le B. Urbain V.

Pour sortir de cet affaissement il fallut attendre les congrégations bénédictines, dernière forme de l'organisation des monastères entre eux. Voici les principales :

///. coxgrégatio.\s béxéuictines. — L'Union de Bursfeld (1440), qui finit par compter 136 monastères d'hommes et 42 de femmes, ne réussit pas, malgré diverses tentatives, à englober tous les bénédictins de langue allemande. Il y avait eu déjà autour des abbayes de Castel et de Melk, dans l'Allemagne du Sud, un mouvement réformateur très accentué. Après le protestantisme, on vit surgir de nouvelles congrégations allemandes : de Saint-Joseph en Souabe, des Saints-Anges de Bavière, de l'Immaculée-Conception en Suisse, celle d'Alsace et celle de Hongrie. Les monastères autrichiens, qui restaient isolés, eurent un centre dans l'université bénédictine de Salzbourg. Voir col. 617-620.

Dom Louis Barbo fonda à Sainte-Justine de Padoue en Italie une congrégation, approuvée par Martin V en 1417, qui s'étendit à tous les monastères de l'Italie et à l'abbaye du Mont-Cassin dont elle prit le nom (1505). Ses rapports fréquents avec la cour romaine mirent ses religieux à même de rendre les plus grands services à l'Église. Le collège Saint-Anselme, fondé à Saint- Paul-hors-les-Murs à la fin du xvir3 siècle, fut l'une de ses institutions les plus heureuses.

En Espagne, la congrégation des claustrales végéta en Aragon et en Catalogne. 11 en alla tout autrement de la congrégation de Saint-Benoit de Valladolid, fondée autour du monastère de ce nom pendant le XVe siècle. Elle finit par embrasser toutes les abbayes espagnoles. Ses moines surent se faire une place très honorable par leurs travaux et leur enseignement dans les universités. Leur collège Saint-Vincent de Salamanque et l'abbaye-université de Yrache jouirent d'un grand renom. La congrégation du Portugal, avec ses dépendances brésiliennes, sortit de Valladolid (vers 1500).

La congrégation anglaise est, elle aussi, une fille de la congrégation de Valladolid. Elledut établir ses monastères sur le continent, en Erance surtout. Elle se fit une place honorable auprès de l'université de Douai. Ses membres se consacraient, au péril de leur vie, à l'évangélisation de l'Angleterre. Plusieurs reçurent, au XVIIe siècle, la palme du martyre.

La réforme monastique commença en Erance par la congrégation de Chezal-Benoit, fondée en 1505. Les guerres de religion et surtout les abus de la commende arrêtèrent son développement. La congrégation des Exempts de France, établie à la suite du concile de Trente, ne donna que des résultats médiocres. Tout autre fut le sort de la congrégation de Saint-Vanne en Lorraine, due à l'initiative de dom Didier de la Cour (1C00). Elle engloba tous les monastères de cette province et quelques-uns des provinces voisines. Son meilleur titre de gloire est d'avoir donné naissance à la congrégation de Saint-Maur. 11 n'y en eut pas de plus justement célèbre dans tout l'ordre bénédictin. Approuvée par Grégoire XV (1621), elle réunit à elle la plupart des abbayes de France. Son centre fut à Saint-Germaindes-Prés à Paris.

Mékitar (f 1749) fonda une congrégation bénédictine arménienne. Voir t. i, col. 1917-1918, et Mékitar.

DICT. DE TIIÉOL. CATHOL.

Pendant les xvie, xvne et xvm« siècles, l'ordre de Saint-Benoit fournit à l'Église un nombre considérable d'hommes éminents et d'écrivains distingués. La liste suivante, tout incomplète qu'elle est, peut en donner une idée. Les Espagnols Antoine Pérez (f 1637) et le cardinal d'Aguirre (-j-1699); Beding, abbé d'Einsiedeln (f 1692), et le cardinal Sfondrate de Saint-Gall ; dom Bernard Lataste, l'adversaire des jansénistes, et dom Gall Cartier furent de grands théologiens. La théologie des moines de Saint-Gall compte parmi les plus estimées. Genebrard (f 1597), l'Italien Isidore Clari (f!555), l'Anglais Léandre de Saint-Martin (fl636), Pierre Sabatier (f 1742) et surtout dom Calmet (fl757), lurent réputés comme exégètes. Cajétan (f 1650), Yepes, Bucelin(fl681), Bacchini (f 1721 ),Maichelbeck (f 1734), Bernard Pez (f 1735), Bessel (fl749), Légipont (fl758), Ziegelbauer, Gerbert, abbé de la Forêt-Noire, Marquard Hergott furent des érudits et des historiens. Parmi les écrivains ascétiques, il convient de citer Louis de Blois, Clavenau et Garcia de Cisneros. Deux Espagnols du xviu8 siècle méritent une mention spéciale, à cause de leur immense savoir, Feijoo et Sarmiento.

C'est en France que la science bénédictine fut le plus dignement représentée. Les mauristes se signalèrent surtout par leurs nombreuses et doctes éditions des Pères de l'Église et des documents relatifs à l'histoire ecclésiastique et nationale, et par leurs travaux sur l'histoire monastique. A côté de Mabillon et de Montfaucon, qui sont les deux membres les plus célèbres de cette congrégation, il faut citer : Luc d'Achéry (-{-1685), Thomas Blampin (f 1710), Bouillart, Bouquet (f 1754), Chantelou(f 1664), Clémencet (f 1778), Coustant (f 1721), Delfau (f!676), Durand (f 1770), Estiennot (f!699), Félibien, Fonteneau, Garet (fl694), Garnier (fl725), Gerberon (fl711), Lamy (-j-1711), Lobineau, Maran (fl762), Martène (fl739), Martianay (fl717), Massuet (t 1716), Ménard (f 1664), Le Nourry (fl724), Buinart (f 1709), Bivet, de Sainte-Marthe (f 1725), de la Bue (f 1734), Tassin, Thuillier, Touttée (f 1718), Vayssette. Le jansénisme trouva dans cette congrégation des partisans dévoués ; Gerberon est le plus connu. Dans la congrégation de Saint-Vanne, Calmet (f 1757), Ceillier (-j-1761), et Petitdidier (fl728), l'adversaire des gallicans et des jansénistes, se sont acquis une grande célébrité.

Le gallicanisme parlementaire et le joséphisme inaugurèrent, contre les moines et tous les religieux, une opposition qui aboutit aux ruines accumulées par la Révolution française et ses conséquences en Europe. Néanmoins la renaissance de l'ordre bénédictin ne s'est pas longtemps fait attendre au xixe siècle. Voici son état au début du XXe siècle : congrégation du Mont-Cassin ou de Sainte-Justine de Padoue, 14 monastères ; congrégation anglaise, 4 et de nombreuses missions; congrégation suisse, 6; congrégation de Bavière, 8; du Brésil, 11 ; de France, 10; américano-cassinienne, 8;deBeuron, 6; helvéto-américaine, 4; cassinienne de la Primitive observance, 26; autrichienne de l'Immaculée-Conception, 10; autrichienne de Saint-Joseph, 6. On compte 8 autres monastères qui n'appartiennent à aucune congrégation.

Chaque congrégation est présidée par un supérieur général et gouvernée par un chapitre général. Léon XIII a établi une fédération de toutes ces congrégations sous l'autorité d'un abbé primat, élu pour 12 ans (1893). Le primat réside dans l'abbaye-collège de Saint-Anselme à Rome. En Allemagne, Suisse, Belgique, Angleterre et Amérique, un collège, destiné à l'éducation de la jeunesse, est annexé aux principales abbayes. Un grand nombre de moines se livrent aux travaux apostoliques. Il s'est même fondé près de Landsberg en Bavière une congrégation de Sainte-Othile (1887) spécialement vouée à l'évangélisation des nègres du Zanzibar.

C'est surtout par leurs œuvres littéraires que les béné-

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