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BÈZE

rôle d'un directeur responsable ou d'un patron bienveillant, qui donne à ses subordonnés dus instructions plus ou moins détaillées et qui finalement orne, de quelques considérations générales ou de quelques pages de préface, une œuvre déjà .lai. orée par d'autres. — 3° Icônes i.e. verse imagines virorum doctrina simul et pietale insignium, Genève, 1580, traduit en français par Simon Goulard sous le titre de Vrais pourtraits des hommes illustres en piété et en doctrine, Genève, 1581, ne s'élève point au-dessus du panégyrique. Il contient de courtes esquisses sur les personnages que Bèze considère comme les principaux représentants ou soutiens de son système religieux. Au rang des précurseurs de la Réforme il met Wicleff, Huss, Jérôme de Prague et Savonarole. Parmi les soutiens du protestantisme au xvie siècle sont rangés Érasme, Reuchlin, et même François Ier, Vatable, Michel de l'Hôpital, Scaliger, Bolxi t Etienne, Clément Marot.

///. ŒUVRES BIBLIQUES. — 1° En 1551 Bèze publia une traduction de 34 psaumes; en 1552 il y joignit les 40 psaumes que Marot avait déjà traduits; enfin en décembre 1561 il compléta le psautier par la traduction des 67 psaumes qui restaient. De 1561 à 1565 ce psautier eut plus de 60 éditions. — 2° En 1556 il publia avec des annotations une traduction latine du texte grec du Nouveau Testament, sous ce titre : Novum Testamentum Domini nostri Jesu Cla-isti latine jam ohm e veteri interprète nunc denuo a Theodoro Beza versunx cum ejusdem annotationibus in quibus ratio interprétations redditur, Genève, 1556, souvent réimprimé; la meilleure édition est celle de Cambridge, 1642. — 3" En 1565 il publia sa première édition du texte grec du Nouveau Testament, auquel il joignit la Vulgate et sa propre traduction latine accompagnée de notes communément estimées, sous ce titre: Jesu Christi' Domini nostri Novum Testamentum sive novum fœdus cujus grseco textui respondent inlerpretationes duse, unà vêtus, altéra nova Theodori Bezai diligente)' ab eo recognita, Genève, 1565. Pour cette édition, que l'on peut appeler la première édition critique du texte grec, Bèze consulta 17 manuscrits et s'aida des variantes recueillies par Henri Etienne ainsi que de l'édition publiée par Robert Etienne en 1550 et basée elle-même sur les plus récentes éditions d'Erasme. Simplement reproduite en 1576, celte édition fut complétée en 1582 avec l'aide nouvelle du Codex Bezse ou Codex Cantabrigensis, ainsi que de la Peschito et d'une traduction latine de la version arabe. Si Bèze a eu le mérite de publier la première édition critique du texte grec du Nouveau Testament, il ne jouit point cependant d'une grande autorité critique, suit à cause des moyens encore si imparfaits dont disposait alors la critique textuelle, soit à cause de la méthode plutôt dogmatique de l'auteur, qui visiblement cède plutôt à drs préoccupations dogmatiques qu'à des raisons critiques. John Kitto, A cyclopœdia of biblical Htcralure, 3" édit., Edimbourg, 1870, t. I, p. 362; Dictionnaire de la Bible, Paris, 1895, t. i, col. 1773; E. Reuss, Bibliotheca N. T. grwri, Brunswig, 1872, l>. 84-96; S. Berger, La Bible au xvr 'siècle, Paris, 1879, l>. 131-136. - î" Bèze collabora à la traduction delà Bible corrigée sur l'hébreu et le grec par 1rs pasteurs de l'Église de Genève, in-fol., 1588. —5° Il a également laissé' quelques commentaires bibliques : Methodica apostolicarum epistolarum brevis explicatio, Genève, 1565; /.,-,, lin riiiiritli.s, rerenionialis et politica ex libris Mosis excerpta ri in ccrlas classes distributa, Bàle I577; Jobus comnientario et paraphrasi illustratus, Genève, 1583; Canticum canlicorinn latiuis rersibus , xprcssum, Genève, IÔN'i ; h'cclesiasles Salamonis paraphas'/ illustrai «s, Genève, 1588. L'exégèse de Bèze, non mollis que sa Cl'ilique textuelle, lellèle constamment ses

, onceptions dogmatique iY. œuvres polémiques, — lu Controverses sur la

punition des hérétiques, à l'occasion de l'exécution de Michel Servet condamné pour crime d'hérésie par les magistrats de Genève le 17 octobre 1553. A un ouvrage de Sébastien Castellion, Bàle, 1554, réprouvant le droit que s'arrogeaient les magistrats de Genève de condamner à mort les hérétiques rebelles, Bèze opposa son De hsereticis a avili magistratu puniendis, Genève, 1554, traduit en français par Nicolas Colladon sous le titre de Traité de l'autorité du magistrat en la punition des hérétiques, Genève, 1560. Le réformateur soutient que, selon la tradition chrétienne, les hérétiques qui s'insurgent contre la doctrine de l'Église de Dieu doivent être punis même de la peine capitale. Sa thèse s'appuie sur de nombreux passages de l'Ancien et du Nouveau Testament et sur le témoignage d'hommes tels que Luther, Mélanchtbon, Bucer. Cependant, pour éviter la cornpénétration des deux pouvoirs, le pouvoir des clefs et le pouvoir du glaive, Bèze ne reconnaît point aux ministres de l'Église le droit d'exercer par eux-mêmes ce pouvoir de punir les hérétiques. Ils ne peuvent l'exercer que par l'intermédiaire du magistrat civil, gardien et gouverneur né de la société humaine. A ce titre, le magistrat civil peut, même aux dépens de la paix extérieure, procurer le vrai culte de Dieu dans toute l'étendue de sa juridiction. Il peut, même par le glaive, réprimer la révolte obstinée des contempteurs de l'Église de Dieu. Conclusion imposée peut-être par le besoin de se défendre contre les excès tyranniques de l'esprit d'innovation, mais conclusion évidemment contraire au dogme protestant du libre examen et du jugement privé. — 2° Controverse avec les luthériens Westphal et Hesshus sur la cène. A la thèse luthérienne de Westphal, Bèze oppose la doctrine calviniste dans son De cœna Domini plena et perspicua tractalio in qua J. Westphali calumnias refelhtntur, Genève, 1559. Aux instances du luthérien Hesshus, Bèze répond par KpEwçayta sive ojclops et "Ovo; a-vXXoytÇôfjLevo; sive sophista, Dialogi duo de vera communicatione corporis et sanguinis Domini adversus Hesshusii somnia; his accessit abslersio aliarum calumniarum quibus aspersus est Joannes Calvinus ab codent Hessliusio ; perspicua explicatio controversiœ de coma Domini per T/teodorum Bezam, Genève, 1561. La controverse avec les luthériens sur la question de la cène se poursuivit encore plus tard. En 1578 Bèze publia Ad repetitas Jacobi Andréa: et Nicolai Selnecceri calumnias responsio, Genève, 1578, sui\i Dr corporis Christi omniprœsentia, 1578. — 3" Controverses arec Sébastien Castellion. Bèze le combat dans deux ouvrages, lui 1557 il résout ses objections contre la prédestination calvinienne : Ad Sébastian! Caslellionis calumnias quibus unicum nostruni fundamentum i. e. œternam Dri prœdestinalionem evertere nitilur responsio, Genève, 1557. En 1563, Bèze répondu de nouvelles .iliaques de Castellion contre sa traduction des Ecritures à laquelle ce critique reproche une recherche outrée de l'élégance aux dépens de l'exactitude : Besponsio ad defensiones et reprehensiones Sébastian! Caslellionis quibus suant Novi Testament'! interpretationeni adversus Bezam et ejus versionem vicissim reprehendere conatus est, Genève. 1563. — 4° Controverse arec Ochino de Sienne, ex-vicaire général des capucins el partisan des nouvelles doctrines. Ochino soutenait que la polygamie permise dans l'Ancien Testament pouvait encore l'être sous la nouvelle Loi. Bèze combat celle erreur dans sa Tractatio de repudiis et divortiis cui accedit tractatus de polygamia, Genève, l.v.H). — 5° Controverses ou polémiques avec

les rat Italiques. — 1, Avec Glande de Saintes, qu'il avait rencontré' à la troisième session du colloque de Poissy, Glande avait combattu la thèse calviniste sur la cène, dans un ouvrage intitulé : Examen de la doctrin Calvin et de Bèze sur la cène. Bèze répondit par Trois apologies à Claude de Saintes, 1567-1577, —2. Polémiqua

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