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BIGAMIE (IRRÉGULARITÉ) — BILLI, BILLY

censure d'excommunication latse sententise, réservée aux ordinaires, cf. Const. Aposlolicm sedis, et à cause de l'infamie de fait, ces clercs et ces religieux ne peuvent recevoir les ordres supérieurs ni exercer les ordres déjà reçus; et s'ils contreviennent à cette défense, ils encourent l'irrégularité pour violation de censure. Ci. Gasparri, loc. cit., t. i, n. 397.

II. Effets. — 1° Les bigames sont non seulement exclus de l'accès aux ordres sacrés, même à la simple tonsure, mais ils sont encore privés de l'usage et de l'exercice des ordres déjà reçus. Cela ressort des c. Il, m, tit. De bigamis non ordinandis, et du décret du concile de Trente, sess. XXIII, c. xvn, De reforni., auquel s'ajoute la déclaration de la S. C. du Concile du 28 janvier 1587.

2° Les bigames sont privés ipso facto de tout privilège clérical et rentrent dans la juridiction du for séculier, et cela nonobstant toute coutume contraire. Bien plus, ils ne peuvent porter la tonsure et l'habit ecclésiastique sous peine d'excommunication ferendse sententise. Ainsi s'exprime le décret du concile général de Lyon, rapporté par Boniface VIII dans le c. un., tit. De bigamis, in VI", et cela avait déjà été statué dans le can. Quisquis, dist. LXXXIV. Cf. S. C. du Concile, in Togentiua, 12 septembre 1620; in Fulginaten., 29 juillet 1752. Cependant cette peine ne regarde que la bigamie réelle et la bigamie interprétative encourue par celui qui épouse une veuve ou une femme déshonorée, comme il appert clairement du can. Quisquis renouvelé par Boniface VIII. Ensuite cette peine n'atteint que les clercs séculiers et parmi eux seulement les clercs initiés à la première tonsure et les clercs minorés, mais non les religieux et les clercs dans les ordres majeurs; enfin, elle n'a lieu que dans le cas d'un mariage validement contracté. Cf. Pirhing, loc. cit., n. 25 sq.; Beiffenstuel, loc. cit., n. 24 sq.

L'évèque qui sciemment admettrait aux saints ordres un bigame, encourrait une suspense l'empêchant de conférer les ordres sacrés et de célébrer la messe pendant un an. Cette suspense établie par le droit des Décrétâtes, c. 2, De bigamis, est-elle latœ sententise ou ferendse sententise? La question est controversée; et, en tout cas, si cette suspense était lalse sententise, elle serait abolie par la constitution Apostolicse sedis qui n'en fait pas mention. Cf. Gasparri, loc. cit., t. i, n. 400.

III. Dispense. — 1° Le souverain pontife et le concile général peuvent dispenser de toute irrégularité de bigamie. Cette irrégularité ne relève, en effet, que du droit ecclésiastique, même pour la bigamie réelle au sujet de laquelle l'apôtre saint Paul, loin d'alléguer le droit divin, a simplement promulgué une défense apostolique, comme il l'a fait pour écarter des ordres sacrés ceux qui se rendent coupables d'actes de violence. C. 4, 5, tit. xxv, De clerico percussore, 1. III. Mais cette dispense ne peut être accordée que pour une cause juste et grave, ainsi qu'il ressort des paroles de Lucius III au c. n, tit. cit. De bigamis : Quia in bigamis contra apostolurn dispensare non licet ut debeant ad sacros ordines promoveri. Cf. Beiffenstuel, loc. cit., n. 28 sq.

2° L'évèque ne peut, en dehors d'un privilège spécial, •dispenser de l'irrégularité de bigamie réelle ou interprétative. En effet, cette irrégularité découle du droit commun, et on ne lit nulle part que les évèques soient délégués pour en dispenser. Doit-on faire exception pour la première tonsure, les ordres mineurs et les bénéfices simples, au moins dans le cas de nécessité? L'opinion assez commune des interprètes ne le pense pas. Fagnan, In c. 2 De bigamis; Suarez, loc. cit., sect. vi, n.4; Beiffenstuel, loc. cit., n. 32,citantles déclarations de la S. C. du Concile, 30 janvier 1589, 23 avril 1630, etc., — contre S. Thomas, In IV Sent., 1. IV, dist. XX VII, q. in, a. 3; Sanchez, loc. cit., disp. LX XXVI, a. 11. Mais si l'irrégularité provient d'un délit occulte

l'évèque aura-t-il le droit d'en dispenser? Plusieurs lnflirment en s'appuyant sur le décret du concile de Trente, sess. XXIV, c. vi, De reform., qui concède aux évêques d'une manière générale le pouvoir de dispenser de toute irrégularité et de toute suspense naissant d'un délit occulte. Cf. Sanchez, loc. cit., n. 14; Barbosa, De offlc. episc, alleg. 49, n. 13. D'autres le nient et soutiennent que l'irrégularité de bigamie même dans ce cas est une irrégularité ex defectu et non pas ex delicto. Cf. Fagnan, loc. cit., n. 40 sq.; Suarez, loc. cit., n. 9. De cette controverse il résulte que le caractère de cette irrégularité de bigamie est douteux, et il semble qu'en pratique l'évèque puisse dispenser dans un pareil cas de bigamie ex delicto occulto. D'Annibale, loc. cit., n. 406; Gasparri, loc. cit., t. i, n. 402.

Cependant il est certain que l'évèque a le pouvoir de dispenser de l'irrégularité de bigamie similitudinaire, même pour la réception ou l'exercice des ordres majeurs. Cela est contenu dans les c. 5, tit. m, De dericis conjugatis, 1. III; c. 1, tit. vi, Qui clerici vel voventes, 1. IV. Cf. Suarez, loc. cit., n. 18; Beiffenstuel, loc. cit., n. 38; Schmalzgrueber, loc. cit., n. 14.

Toute demande de dispense doit exprimer non seulement les causes de dispense, mais encore l'espèce de bigamie d'où provient l'empêchement canonique.

Les canonistes dans leurs commentaires du 1. 1" des Décrétâtes, tit. xxi, De bigamis non ordinandis, entre autres : Fagnan, Commentaria in I- l. Decretalium, Besançon, 1740, tit. xxi, n. 40-45; Schmalzgrueber, Judex ecclesiasticus seu Decretalium t. I, Ingolstadt, 1728; tit. xxi, n. 2, 5, 7, 8, 14; Reiflenstuel, Jus canonicum universu>ii, Decretalium Gregorii IX t. I, Anvers. 1755, tit. xxi, n. 6, 17, 24-38; Pirhing, Jus canonicum, Decretalium Gregorii IX l. I„ Dillingen, 1722, tit. XXI, n. 3 sq., 21, 25 sq. ; Leurenius, Forum ecclesiasticum, 1. I, Venise, 1729, tit. xxi ; De Angelis, Prœlectiones juris canoiuci, Rome, 1877, t. i a ; Santi-Leitner, Prselectiones juris canonici, Ratisbonne, 1898, t. i, etc. Parmi les théologiens, Sanchez, De sacmmento matrimonii, Anvers, 1607, 1. VIII, disp. LXXXIV, n. 6; LXXXV, n. 5, 10; LXXXVI, n. 14; Layman, Theologia moralis, 1. I, De irregularitate, Paris, 1627, part. V, c. VI, n. 5; Salmanticenses, Cursus theologix moralis, De censuris, Venise, 1764, t. x, p. 275, n. 28; Suarez, De censuris, Lyon, 1608, disp. XLIX, sect. h, m ; Kugler, De sponsalibus et matrimonio, Nuremberg, 1713, n. 1265-1268; Rossignolo, De matrimonio, Milan, 1686, disq. I, n. 5; III, n. 12; S. Alphonse de Liguori, Theologia moralis, Naples, 1871, 1. VII, n. 436-454; D'Annibale, Summ uta tlteolunix moralis, Rome, 1890, part. I, n. 416-421; Gasparri, Tractatus de sucra ordinatione, Paris, 1893, t. i, n. 373-405; Millier, De bigamise irregularitatis fonte et causa, Breslau, 1868. Pour les documents officiels, Corpus juris canonici, édit. Richter, Leipzig, 1839, t. I, col. 107, 112, 185, 253; t. n, col. 141, 142; Benoit XIV, Bullarium, Rome, 1757, t. IV, p. 66; Pallottini, Collectio omnium conelusionum et resolutio num quse... apud S. C. card. S. Coiic. Trid. interpret., Rome, 1869, t. m, p. 662-669.

E. Valton.

BILLI, BILLY (Jacques de), bénédictin, littérateur, né à Guise en Picardie en 1535, mort à Paris le 25 décembre 1581. Il fit ses premières études à Paris; puis vers l'âge de 18 ans alla à Orléans et à Poitiers pour y apprendre le droit selon le désir de ses parents. A leur mort, il suivit son penchant pour les lettres et se retira à Lyon et à Avignon pour étudier le grec et l'hébreu. Jacques de Billy était déjà en possession du prieuré de Tauffigny en Touraine et de l'abbaye de Saint-Léonard de Ferrières lorsqu'il fit profession de la règle de saint Benoit. Un de ses frères, Jean de Billy, voulant se faire chartreux, résigna en sa faveur les abbayes de Saint- MicheI-en-1'IIerm et de Notre-Dame des Chàtelliers. Jacques de Billy mourut à Paris dans la maison de son ami Gilbert Génébrard. Voici la liste de ses ouvrages : S. Gregorii Nazianzeni opéra omnia latine, ex nova translatione Jacobi Billii. Adjunctum est prœterca Nontii opusculum adversus Julianum Apostatam ; addita sunl etiam ejusdem Jacobi Billii scholia qusedam , in-fol., Paris, 1569; Recueil des consolations et in$t/uc~

BILLI, BILLY — BILLUART

fions salutaires de l'âme fiili-le. extrait du livre de saint Augustin sur les Psalmes, in-8", Paris, 1570; Récréations spirituelles, tirées du livre des Morales de saint Grégoire le Grand, in-16, Paris, 1573; S. Gregorii Nazianzeni episcopi ojmscula guaedam, Cyri Dadybrensis episcopi commentants illustrata, in-8°, Paris, 157."> : ïnterpretatio latina xrm priorum capitum libri 1 S. lreneei ad versus hœreses cum scltoliis Jacobi Billii, publiée dans l'édition des œuvres de saint Irénée par Feuardent en 1575; Sonnets spirituels recueillis pour la plupart des anciens théologiens tant grecs que lutins, commentes en prose, avec quelques autres petit* traitt < poétiques, 2 in-16, Paris, 1575-1576, qui se retrouvent traduits en latin dans l'ouvrage suivant : Anthologies sacra1 ex probatissiniis utriusque linguœ Patribus collectée atque octaslichis compreliensee ac brevi commentario illustrâtes libri duo : adjectis ad calcem aliquod octaslichis grœcis, in-16, Paris, 1576; Les six livres du seront! avènement de Notre-Seigneur avec un traité de saint Basile du jugement de Dieu, plus les quatrins sententieux de saint Grégoire, évêque de Naziance, avec une briéve exposition, tournés en vers français par Jacques de Bïlly, in-8°, Paris, 1576; S. Joannis Damasceni opéra partim latine, partim greece et latine, in-fol., Paris, 1577; S. Gregorii Nazianzeni opéra omnia quse exstant, nunc primum propter novani plurimorum accessionem in duos tomos distincta, cum doclissimis grœcorum Nicetœ, Serronii, Pselli, Nonni et Elles Cretensis commentariis, in-fol., Paris, 1583; S. lsidori Pelusiotee epistolarum libri 1res, nunc primum greece edili, quibus e regione accessit loti nu ïnterpretatio Jacobi Billii. Ejusdem Jarobi liillii libri II observationum sacrarum, in-fol., Paris, 1585; S. Epiphanii opéra latine auctiora et emendatiora, ex sacris observation! bus Jacobi Billii, in-fol., Paris, 1612. Jacques de Billy traduisit en outre une partie des œuvres de saint Jean Chrysostome, traduction qui fut insérée dans lY'dilion des œuvres de ce Père publiée à Paris en 1581.

Dupin, Histoire de l'Église et des auteurs ecclésiastiques du xvi' siècle, de 1550 à la fin du siècle, in-8°, Paris, 1703, p. 426; Gallia christiana, in-fol., Paris, 1720, t. n, col. 1290, 1421; [dom François,] Bibliothèque générale des écrivains de l'ordre de s. B( unit, in-4-, Bouillon, 1777, 1. 1, p. 120; Ziegelbauer, Hist. rei titerarix ord. S. Benedicti, in-fol., Vienne, 1754, t. ni, p. 353; t. iv, p. 90, 90, 100; Niceron, Mémoires, t. xxu; Bayle, Dictionnaire historique et critique, Paris, 1820, t. m, p. 440-443.

B. Heurtebize.

B1LLICK Everard, un des plus vigoureux antagonistes du luthéranisme au xvie siècle, né à BilU, pris de Dusseldorf, mort le 12 janvier 1557. Son nom de famille ('lait Steinberger. Il s'adonna de bonne heure aux études, entra chez les carmes à Cologne et devint successivement prieur de son couvent et provincial de la (ierinanie inférieure (1542). Dès 1526, dans un discours synodal, il déclara hautement sa fidélité à la doctrine catholique. Au colloque de Worms, en 1540, le nonce Morone lui fournil l'occasion de réfuter la Confession d'Augsbourg. I)eux ans plus tard, il traita en chaire à Aix-la-Chapelle des sujets de controverse. Quand llerinann de Wied, archevêque de Cologne, se montra favorable à la Réforme el voulut introduire le luthéranis

dan- SOIl diocèse, Bïllick fut un de ses adversaires

décidés el déploya i activité extraordinaire. Au nom

des délégués de l'université et du clergé de Cologne, il publia : Judicium deputatorum universitatis et secunilnrn cleri Coloniensis de doctrina et voi alione Martini Buceri ad Bonnam, 1543, où il montre la faiblesse du système de Bucerel son opposition à L'Évangile et aux Pères. Mélanchthon, Corpus reformatorum, t.v,p. 1 1 : i— 114, loua au moins l'expression classique de ce vigoureux écrit de polémique. Deux ans après, parut une réplique de Billick ;Judicii universatis et cleri Coloniensis adversus calumniat l'h. Melanchlonis, Mar-

tini Buceri, Oldendorpii et corum asseclarum defensio cum diligenli explications materiarum controversarmit, Cologne, 1515. L'empereur, qui avait apprécié le provincial des carmes, l'invita au colloque de Hatisbonne. A Cologne, où il avait fait rentrer les jésuites, Billick joua jusqu'à sa rnort un r61e important, notamment au synode provincial de 1549. Le nouvel archevêque, Adolphe de Schauwenberg, allant au concile de Trente en 1551, le choisit pour son théologien. Le 1er janvier 1552, Billick fit à l'assemblée un discours qui fut imprimé : Oratio habita in festo circumeisionis Domini in concilia œcumenico Tridentino, Cologne, 1552, reproduit dans Labbe, Sac. et œc. Trid. conc. canones et décréta, Paris, 1667, col. 36S-387. Cf. A. Theiner, Acla authentica ss. c. oeconc. Trid., Agram, t. i, p. 635, note. Après son retour du concile, l'archevêque le choisit pour son vicaire général et son sullragant; Paul IV le nomma évêque de Cyrène. Mais Billick mourut peut-être avant sa consécration épiscopale ou peu après. On cite encore de lui : 1° De ralione summovendi pressentis temporis dissidia, Cologne, 1557; 2° De dissiiliis Ecclesiee componendis, Cologne, 1559. Ses lettres, pour la plupart inédites encore, sont une source à consulter pour l'histoire de son temps. Beaucoup de ses écrits sont perdus, notamment son histoire du concile de Trente.

M. Giustiniani.à la suite de Pallavicini, Histoire du concilede Trente, édit. Migne, Paris, 1845, t. m, col. 1047; Kirchenlexikon, 1' édit., 1883, t. il, col. 836-838; Hurter, Nomenclator, Inspruck, 1899, t. IV, col. 1224-1226.

E. Mangenot.

BILLUART Charles-René, naquit à Revin dans les Ardennes, le 18 janvier 1685. Après avoir achevé ses études au collège des jésuites de Charleville, il prit l'habit des frères prêcheurs à Bevin, en 1701, fit son noviciat à Lille, et sa profession religieuse dans sa ville natale, le 7 novembre 1702. Quand il eut achevé ses études de philosophie et de théologie au couvent de Bevin et eut été ordonné prêtre, le 1er janvier 170S, il continua ses études de théologie à Liège, enseigna la philosophie à Douai, 1710, puis à Revin, 1711. L'année suivante, il professa la théologie dans le même couvent de sa ville natale, et il le fit jusqu'en 1715, où il fut envoyé à Douai, comme maître des étudiants du collège dominicain de Saint-Thomas. C'est de cette même année que date le début de son activité littéraire. Créé bachelier en 1717, il remplit de 1719 à 1721 les fonctions de second régent. Il retourna à Bevin comme prieur de 1721 à 1725, et s'y signala par ses qualités administratives. Il était premier régent du collège de l'ordre à Douai depuis 1725, quand il fut élu provincial le 15 octobre 1728. Il continua ces fonctions jusqu'au mois de novembre 1733 et fut nommé alors pour la seconde fois prieur de Bevin. Il fut réélu provincial en 1741 et une troisième fois en 1752. Il mourut à Bevin, le 20 janvier 1757, après deux années de continuelles souffrances. Eu dehors de ses fonctions professorales et administratives et de son activité littéraire, Billuart se livra à la prédication, et un grand nombre de chaires furent témoins de son zèle apostolique et de ses succès oratoires. Il soutint en outre avantageusement des disputes publiques contre les ministres réformés,

1» SummaS. Thomse hodiernis Academiarutn moribus accommodata, sive cursus théologies juxta mentent, et in quantum licuit, juxta ordinem et litteram Divi Thoma in sua Summa, insertis pro re nota digressionibus in historiam ecclesiasHcam, 19 in-8°,

Liège, 1746-1751 . - Sujiplemenlum cursus tlieologXSS cmi-

linens tractatus de opère sex dierum, de statu reUgioso, ci de mysteriis Christi. Opus posthumum <di eodem mu turc elucubratum, in-8", Liège, 1759. 11 a été donné de tout l'ouvrage les éditions suivantes : 3 in-fol. et 20 in-8°. Wurzbourg, 1758-1760; 3 in-fol., Venise, 1761;

BILLUART — BINAGE

1787 ; 2 in-S° (incomplète ?), Florence, 1824-1825 ; 20 in-8<\ Paris, 1828; 4 in-fol., Rome, 1836; 10 in-8°, ibid., 1840; 10 in-8», Lyon, 1847, 1861 ; 8 in-4», édit. Lequette, Paris, 1872-1877; 10 in-8», ibid., 1878; 9 in-4», édit. Lequette, Arras, 1890; 8 in-4°, édit. Lequette, Paris, s. d. Certaines de ces éditions, comme celles de Wurzbourg, portent en titre : Cursus tlieologiee univer salis, et celle de Florence : Institutiones theologicse.

Cet ouvrage, qui a fait la grande réputation théologique de Iiilluart, est né d'une ordonnance du chapitre de la province de Sainte-Rose, tenu à Douai en 1733, qui en avait déterminé l'esprit général : une exposition de la doctrine de saint Thomas adaptée aux besoins du temps où devaient trouver place les questions historiques connexes à la théologie. L'exécution de ce projet fut confiée au P. Billuart et l'impression de l'ouvrage put être exécutée de 1746 à 1751. Billuart prépara un supplément qui fut édité après sa mort par les soins de son ami le P. Adéodat Lahye, qui plaça en tète une biographie substantielle de Billuart, et qu'on retrouve d'ordinaire dans les éditions postérieures de tout l'ouvrage. La partie historique de cette Somme s'inspire spécialement des savantes dissertations de Noël Alexandre sur l'histoire ecclésiastique. La partie polémique vise fréquemment Honoré Tournély. Aucun autre ouvrage important d'un théologien déjà ancien, la Somme de saint Thomas exceptée, n'a joui d'un aussi constant crédit au xixe siècle et n'a eu un aussi grand nombre d'éditions. Ce succès est dû aux qualités foncières de l'œuvre : l'abondance des matières, la clarté de l'exposition, la précision des formules et des solutions. En matière de doctrines Billuart est lidèle à saint Thomas d'Aquin et à son école. En morale il est probabiliorisle et s'attache aux solutions modérées. Le traité de la pénitence jouit d'une estime spéciale.

Billuart, se rendant compte de l'utilité qu'il y aurait à mettre son ouvrage à la portée d'un plus grand nombre de lecteurs, en prépara un abrégé, encore utilisé de nos jours : 2° Summa Summee S. Tliomse, sive compendium theologiœ, etc., 6 in-8°, Liège, 1754; 6 in-12, Gand; 6 vol., Wurzbourg, 1765; 3 in-4°, Venise, 1788; 4 in-4», Rome, 1834; 6 in-16, Paris, 1884-1890. Une édition, accommodée à l'enseignement actuel, est en cours de publication à Mondovi, 1903.

Billuart a été un polémiste vigoureux et nous a laissé un certain nombre d'écrits de circonstance qui se rapportent spécialement aux questions soulevées par la publication de la bulle Unigenitus dans laquelle les jansénistes et les molinistes voulaient voir la condamnation des doctrines de saint Augustin et de saint Thomas sur la prédestination et la grâce. Nous donnons dans leur ordre chronologique les écrits polémiques de Billuart : 3° De mente Ecclesiœ cat/iolicœ circa accidcntia eitcharistise, dissertatio unicaadversus dom. Antonium Lengrand S. Th. licenciatum et philosophiœ cartésienne prof essorent in academia Duacensi, in-12, Liège, 1715. L'ouvrage de Lengrand portait en titre : Dissertatio de accidenlibus absolutis, in-12, Douai, 1711. — 4° Le thomisme vengé de sa prétendue condamnation par la constitution Unigenitus, adressé en forme de lettre à un abbé par un religieux de Tordre de S. Dominique, in-12, Bruxelles, 1720. - 5» Lettre du R. P. C. R. Bxtluart, etc., « MM. les docteurs de la facilité de théologie de l'université de Douai, avec des réflexions sur les notes calomnieuses qu'ils ont attachées à leur censure du 22aoùt 17*2-2 contre les RR. PP. Massouillé et Conteuson de l'ordre des FF. Prêcheurs, in-4°, s. 1., 1723. La censure des théologiens de Douai portait en titre : Censura sacrée facultatif theologiœ Duacensis, in quasdam propositiones de gratia, depromptas ex dictatis pliilosophicis Dominorum Lengrand et Maréchal, etc., Douai, 1722, 1729. Voir d'Argentré, Collectio judiciorum, t. m, à la fin. La censure de la faculté fut con-

damnée par décret apostolique du 18 juillet 1729, avec ce considérant : Dcleantur parallelum contentum in monito ad lectorem ac in prœfatione, et scripta contra PP. Massouillé et Contenson, et contra sanctum Thomam, liisque correctis, censura Romain remiltalur ut approbetur vel reprobelur. Dans la seconde édition de la censure (1729) on retrancha les endroits visés. — 6» Examen critique des Réflexions sur le bref de N. S. P. le pape Renoit XIII, du 6 novembre 1724, adressé aux dominicains, in-4», s. 1. n. d. (1725). L'auteur anonyme des Réflexions avait prétendu que les calomniateurs de la doctrine de l'école de saint Thomas dont parle le bref Demissas preces, n'étaient pas les jésuites, mais bien les quesnellistes. Billuart établit le contraire et examine les conséquences du bref. L'anonyme ayant répondu à Billuart par une lettre injurieuse, celui-ci publia : 7° Le thomisme triomphant p>ar le bref Demissas preces de Renoit XIII, ou justification de l'Examen critique des Re flexions sur ce bref, contre une lettre anonyme adressée à l'auteur de l'Examen, par un théologien de l'ordre de Saint-Dominique, in-4», s. 1. n. d. Cette brochure fut le principe d'une nouvelle polémique avec Stiévenard, chanoine de Cambrai et ancien secrétaire de Fénelon. — 8» Réponse de l'auteur du thomisme triomphant à M. Stiévenard, chanoine de Cambrai, au sujet de son Apologie pour feu Monseigneur de Fénelon, archevêque de Cambrai, in-4°. — 9° Avis d'un ecclésiastique de Paris à M. Stiévenard sur la seconde Apologie pour M. de Fénelon, archevêque de Cambrai, in-4». — 10° Justification de l'avis d'un ecclésiastique de Paris, etc., in-4». — 11° Apologie du thomisme triomphant contre les neuf lettres anonymes qui ont paru depuis peu. On justifie aussi par occasion l'Histoire des Congrégations De auxiliis du P. Serry. contre les chicanes de ses adversaires, in-4°, Liège, 1731. — 12° Réponse d l'auteur d'un libelle imprimé cette année 1734 à Rolerdam, intitulé : La créance des Eglises réformées touchant la sainte Vierge ; où l'on fait voir les impostures grossières et les calomnies atroces, les paralogismes et les inepties dont cet ouvrage est rempli, in-4", 1734. — 13° Apologie du R. P. Pierre Solo, dominicain, et des anciennes censures de Louvain et de Douai, contre l'Histoire du baianisme, composée par le P. Duchesne, jésuite, et condamnée à Rome le 17 mars 1734, par Louis de Lomanise, in-12, Avignon, 1738. — 14° Qusestio theologica Patris Rilluart de relatione operum in Deum, adversus opusculum, sub nomme R. D. Hagens... typis Leodiensibus editum vindicata, in-8°, Ypres, 1752. —15° Ulterior elucidatio quœstionis theologicee de relatione operum in Deum, in-12, Ypres, 1753; in-8°, Louvain, 1755. — 16° Epistola expostulatoria et apologetica Ludovici Franc, sacrée theologiœ baccalaurei, ad reverendum ac eximium Patrem Josephum Mangis, ord. S. Augustini..., super dissertalionem ejus secundam de relatione operum in Deum, in-8», Anvers, 1756.

Vita B. P. C. R. Billuart. a F. Deodato Labye, O. P., en této de la plupart des éditions de la Summa ; Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des Pays-Bas, Louvain (t768), t. n, p. 108-113; Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée, art. Billuart ; S. Dunaime, Bevin et te P. Billuart, Charleville- Revin-Paris, 18Ô8; Hurter, Nomenclator. t. ri, col. 1284.

P. Mandonnet.

BILSEN (C. J. van), dominicain flamand, première moitié' du xvme siècle. — Prsedicatorii ordinis fuies et rcligio vindicata. In duas partes divisa. In quorum prima thomistas non esse jansenistas demonstratur. In secunda illud ipsum in singulis 5 famosis dilucide coincitur, in-8», Cologne, 1712.

P. Mandonnet.

BINAGE. On appelle ainsi la célébration par un seul prêtre de deux messes, le môme jour. Ce mot vient probablement du latin, bis agere. — I. Histoire. II. Disci-

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