C. Constantin
BOLGENI Jean-Vincent, né à Bergame le 22 janvier 1733, entra chez les jésuites dans la province de Rome le 31 octobre 1747 et prononça ses derniers vœux le 2 février 1766. Pendant plusieurs années il enseigna la philosophie et la théologie à Macerata et semblait devoir parvenir par son talent aux premiers emplois de la Compagnie, lorsque parut le décret suppressif deClémentXIV.
Fidèle aux principes qu'il avait reçus au cours de sa formation religieuse, Bolgeni ne cessa de les défendre avec beaucoup de précision et de vigueur contre les jansénistes dans les premières années de la sécularisation. Pierre Tamburini, le célèbre professeur de Pavie, venait de publier son livre acrimonieux sur La véritable idée du saint-siège. Bolgeni lui oppose aussitôt YEsame délia « Vera idea délia santa sede », in-12, Macerata, 1785, ouvrage plusieurs lois réimprimé; puis 11 critico corretlo ossia ricerche critiche sopra la lettera m di tin teologo Piacentino..., in-8°, Macerata, 1786. Ce critique corrigé n'était autre que Pierre Tamburini, qui avait imprimé en guise de défense une prétendue Lettre d'un théologien de Plaisance à Mar Nani, évêque de Rrescia. L'archiprètre de Cividate di Valcamonica, Jean- Baptiste Guadagnini, s'étant permis alors d'intervenir pour censurer ses deux ouvrages, Bolgeni lui répond victorieusement par la Confutazione délia Censura ail' Esame délia Vera idea délia S. sede e al Critico corretto, in-12, Macerata, 1786. L'année suivante, pour faire pièce à deux factums jansénistes sur le droit d'appel au concile publiés à Plaisance en 1784 et dont l'un était certainement de Tamburini, parait la Riposta la questio ; Cosa è un appellante? in-8", Macerata, 1787.
BOLGENI
La. lutte devenait vive et s'étendait. En 177Ô, l'évêque de Pavie ayant voulu publier une nouvelle édition du catéchisme de Bellarmin, à l'usage de son diocèse, le Père Natali, des Écoles pies, censeur des livres, proposa des modifications doctrinales que l'évêque rejeta. Natali ne relâcha rien de ses prétentions; il fut excommunié. Mais à Vienne, au contraire, on prit son parti, et le dominicain Sua, qui avait écrit contre lui, fut éloigné. Guadagnini ne manqua point de soutenir Natali dans un grand ouvrage : Esame délie rijlessioni, etc., Pavie, 1786, où il attaquait pélagiens et molinistes, traitait à ce propos, dans le sens le plus outré, la question des enfants morts sans baptême et donnait les bases d'un nouveau catéchisme. Bolgeni à son tour, dans le Stato de' bambini morti senza baltesimo esposto da Gian Vincenzo Bolgeni in confutazione d'un lïbro del Signor Giamballista Guadagnini, in-8°, Macéra ta, 1787, combattit avec force cette doctrine rigide, qui condamne au feu de l'enfer les enfants morts sans baptême et s'attachait à démontrer que ce n'est pas une doctrine augustinienne. L'année suivante parait son traité des faits dogmatiques : Fatti dommatici ossia délia infallibililà délia Cliiesa nel décidera sulla dottrina buona o catliva de' libri, 2 in-8°, Brescia, 1788.
Bolgeni fut moins heureux dans la publication de son livre Délia carità o amor di Dio, 2 in-8°, Borne, 1788. où il s'attache à réfuter la dissertation du P. de Bubeis sur le même sujet et à prouver contre lui que l'acte propre de la vertu théologale de charité ne consiste pas à aimer Dieu pour lui-même, ce qui est bien au-dessus de notre pouvoir et tout à fait en dehors de l'enseignement scripturaire et traditionnel, mais à l'aimer d'un amour de concupiscence parce qu'il est bon pour nous, de sorte que l'objet formel de la charité n'est point la bonté absolue de Dieu, mais seulement sa bonté relative. Cette thèse, taxée aussitôt de nouveauté pernicieuse, souleva d'ardentes polémiques et, à part le P. Hervàs y Panduro, qui exposa cette même doctrine dans son Idea dell' universo, in-4°, Césène, 1792, t. xxn, les anciens confrères de Bolgeni se firent un devoir de la combattre. Citons, comme bibliographie du sujet : Mazzarelli, Lcttera amicltevole, in-8", Foligno, 1790; Lettcra a Soffia, in-4°, Foligno, 1791 ; Del motivo forniale speci/ico e primario dell' alto di carità, in-8", Foligno, 1791 ; Risposta ad alcuni objezioni, in-8°, Foligno, 1791; Joachim Cortès, Anli- Bolgeniana de aniore Dei dissertalio, in-8°, Forli, 1790; Dissertazione Anti- Bolgeniana... difesa, in-8°, Borne, 1793; Antoine Begono, Rimonslranze amicltevoli, in-8°, Venise, 1791; Joseph Chantre y Uerrera, Tractatus de charitate, in-i°, Bologne, 1792; Jean-Baptiste Gentilini, Sopra la virtà délia carità, in-8°, Brescia, 1803. D'autres ne gardèrent point la modération qui distingue tous ces ouvrages. Un certain Teoiilo Cristiani, auteur d'une Leltera teolugico-crilica sull' amore di Dio, in-8", Fermo, 1791, accusa bientôt Bolgeni dans une nouvelle Leltera teologico-crisliana, in-8°, I'ermo, 1791 , d'admettre comme suffisante pour l'attrition la crainte servilement servile. Bolgeni, contre cette accusation, avait la partie belle; mais sa théorie de l'amour divin ne pouvait se défendre. Aussi montra-t-il plus de subtilité que de précision théologique dans les c éclaircissements » qu'il donna sur son système : Schiarimcutt dati da Gio. Vincenzo Bolgeni in confermazione c difesa délia sua dissertazione sopra la carità o amor di Dio, in-8°, Foligno, 1790, et Apologiadell' amor di Diodello di concupiscenza, in-8°, Foligno, 1792. Agapit de Palestrina en fit ressortir toute la faiblesse dans Y Idea genuina délia carità o amor di Dio opposla ai pensamenli dei signori Gianvincenze Bolgeni e Lorenzo Hervas, in-'i", Rome, 1800. Mais Bolgeni, déconcerté, s'était retranché déjà dans le silence. Au reste, il avait d'autres adversaires à combattre, qui ne désarmaient pas contre lui, les jansénistes et les joséphistes, et en face de ceux-là il était plus fort, très sûr
de lui et portant de beaux coups. Les applaudissements des catholiques étaient de nature aussi à l'encourager. On fit le plus flatteur accueil à son essai de systématisation des erreurs courantes : Speccliio istorico da servire di preservativo contro gli errori correnti tratto da alcuni opuscoli francesi, in-8°, s. 1., 1789, et surtout à son livre sur l'épiscopat : L'episcopato, ossia la piotestà di governare la Cliiesa, in-4°, s. 1., 1789, plusieurs fois réédité. L'ouvrage fut imprimé à Borne, bien qu'il n'en porte pas le nom. La première partie traite de l'origine de l'épiscopat; la seconde est dirigée contre l'ouvrage de l'abbé GennaroCestari : Lo spirilo délia giurisdizione ecclesiastica, Naples, 1788.
Pie VI, instruit du mérite de Bolgeni, l'avait mandé à Borne et nommé théologien de la Pénitencerie. L'ancien jésuite justifia pleinement cette confiance par ses écrits et par son zèle. Après avoir mis au jour une défense de son livre sur l'épiscopat : Analisi, e difesa del libro intilolato l'episcopato, in-8°, Borne, 1791, il publie la Dissertazione sulla giurisdizione ecclesiastica, in-8°, Borne, 1791, en réponse à une brochure du théologien George Sicardi, où la distinction entre le pouvoir d'ordre et de juridiction était combattue et rejetée. Puis il se hâte de reprendre la plume contre Guadagnini. Déjà avait paru avec éclat contre ce dernier L'economia délia fede cristiana, in-8°, Brescia, 1790 (traduite dans les Démonstrations évangéliques de Migne, t. xvm, col. 9-18); peu après, c'est la Leltera del Sig. abbate Giovan-Vincenzo Bolgeni al Signor Don Giovan-Batlisla Guadagnini, in-8°, Bologne, s. d. La lettre est datée du 4 février 1791. Tamburini, qui venait de publier ses Lettres théologiques et politiques sur la situation des affaires ecclésiastiques, est réfuté à son tour clans un ouvrage qui eut en un an trois éditions : Problema se i giansenisti siano giacobini, in-8°, Borne, 1794. Bolgeni se prononçait énergiquement contre la nouvelle Église constitutionnelle de France et allait jusqu'à soutenir que tous les jansénistes, c'est-à-dire les constitutionnels, étaient des jacobins. Entre temps, le théologien de la Pénitencerie préparait son ouvrage sur le probabilisme, dont il ne put éditer que la première partie : Il possesso, principio fondamentale per decidere i casi morali, in-8", Brescia, 1796. C'est l'argument de possession mis au service de la thèse probabiliste. La seconde partie, sur les actes humains, parut après la mort de l'auteur : Dissertazione seconda fra le morali sopra gli atti uman i, in-8°, Crémone, 1816.
Bolgeni jouissait d'une existence honorable et tranquille ; il résidait au Collège romain à titre de préfet de la bibliothèque, quand éclata la révolution qui vint s'en prendre si brutalement à la papauté. Pie VI ayant été enlevé de Borne en 1798, les cardinaux, les prélats, les hommes en place furent bannis, dépouillés, inquiétés et le serment de haine à la royauté fut imposé à tous par les jacobins au pouvoir. Faiblesse ou conviction, Bolgeni opina que la démarche exigée ne répugnait en rien à la conscience. Betenu chez lui par la goutte, il ne semble pas que lui-même se soit soumis au serment; mais, sur son avis, les professeurs du Collège romain et de la Sapience n'hésitèrent plus à prononcer la formule. Cet avis, Bolgeni crut opportun de le défendre et de le motiver dans une suite d'écrits intitulés : Parère <it Gian Vincenzo Bolgeni sul guiramento civico,in-S", Borne, 1798; Sentimenti de' profession délia università del Collegio Romano so]>ra il giuramento preseritlo dalla Republica Bomana, in-8", Borne, an Vil; Sentimenti di Gian Vincenzo Bolgeni bibliotecariodelCollcgio Romano sut giuramento civico prescrittO dalla Jlcpublica Bomana, in-8", Home, an Vil. Cette apologie répétée il u serment civique valut à l'auteur lesplus amers déboires.
Partout s'élevèrent les protestations les plus vives sous
forme de brochures, de lettres, de réflexions, de traités, et émanant d hommes de grand crédit, comme Simon
BOLGENI — BOLINGBROKE
de Magistris, évoque de Cyrèrie, Jean Marchelti, Marie Buchetti, Laurent ïhiulen, Jean-Baptiste Gentili. Bolgeni essaya d'abord de se disculper, tout en opérant une diversion, dans les Metamorfosi del dott. Gio. Marchelti, da penitenzière mutalo in pénitente, in-8°, s. 1., 1800, où il réédite deux brochures sur l'aliénation des biens ecclésiastiques parues en 1798, mais sans indication de date ni de lieu : Tiirere del ciltadino exgesuita Gio-Vincenzo BolgenisuW alienazione de' beniecclesiastici, in-i", et Schiarimenti dati dal cittadino Gio-Vincenzo Bolgeni in difesa et conferma del suo Parère sopra l'alienazione de' béni ecclesiastici, in-4°. La brochure fut condamnée et l'auteur adressa sa rétractation aux cardinaux alors assemblés à Venise pour l'élection d'un pape : Rilrattazione di Gio-Vincenzo Bolgcni dirctla a Monsignor lllr'no et Rmo Vicegerente di Ronia, in-8°, s. 1. n. d. Il réprouve surtout ses écrits sur le serment civique, en faisant remarquer qu'ils sont antérieurs à la condamnation du serment par Pie VI,
Destitué par Pie VII de ses fonctions, Dolgeni mourut à Rome le 3 mai 1811, assez malheureux, mais soutenu dans l'infortune par une piété qui ne se démentit point. Motelli composa son épitaphe; elle est rapportée par Caballero,' Bibliotlieca scri ptorum Soc Jesu supplementa, in-4°, Rome, 1814 (suppl. i, p. 100); on a publié sous son nom après sa mort : Dissertazione sopra l'impiego del danaro e l'usura, in-18, Lugano, 1835, et Dci lirniti délie due potestù ecclesiastica e secolare, in-8°, Florence, 1849. Ce dernier ouvrage, édité par L. M. Rezzi, a été mis à l'Index, le 19 décembre 1850, donec corrigatur; mais vraisemblablement (cf. La Civiltà cattolica, 1S50, t. il, p. 451 sq.) il est apocryphe.
Outre les auteurs cités, Cernitore, Biblioteca polemica degli scritlori clie dut 1770, fino al 1793, hanno o di/esi, o impugnati idogmi delta cattolica romana Chiesa, Rome, 1792, p. 19 sq. ; L'ami de la religion, t. xxxu, p. 1316; Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésus, t. i, col. 1611 sq. ; Hurler, Nomenclator literarius, t. m, col. 530 sq. ; Reusch, Der Index, t. n, p. 959, 960, 906, 1012.
P. Bernard.
BOLINGBROKE (Harry Saint-John, lord, vicomte de), homme d'Etat, orateur parlementaire, écrivain politique et philosophe anglais, né en 1672 à Battersea (comté de Surey), mort à Battersea le 25 novembre 1751.
Saint-John appartenait à une famille de vieille aristocratie. Doué d'une intelligence supérieure, il fit de brillantes études au collège d'Eton et à l'université d'OxIord. Mais il ne donna d'abord « qu'un parlait roué ». Enfin en 1700 il entrait à la Chambre des communes. Sa vie politiquecommençait. Son éloquenceet sestalentsallaient lui faire jouer un grand rôle pendant un demi-siècle. Il se mêla très ardemment aux luttes politiques entre wighs et tories, jacobites et partisans de la maison de Hanovre, et aux luttes religieuses. D'une façon générale, l'on peut dire qu'il soutint les tories, bien que son père fût un wigh, et l'Église établie, bien que sa première éducation religieuse eût été faite par des non-conformistes. Le beau moment de sa vie politique est le règne de la reine Anne (1702-1714). Il est deux fois ministre alors : de 1704 à 1708, il est ministre de la guerre et de la marine; de 1710 à 1714, il est chargé du P'oreigrï Office avec le titre de secrétaire d'État. Il fut ainsi mêlé à la guerre de succession d'Espagne et ce fut lui qui rendit la paix à l'Europe occidentale en préparant et négociant la paix d'Utrecht (1713). Ce fut durant ces négociations, en 1712, qu'il fut créé pair sous le nom de vicomte de Bolingbroke. A la mort de la reine Anne (1714), ses tendances jacobites le firent frapper de proscription par les wighs et par le roi George Ier de Hanovre. 11 se réfugia en France, intrigua avec le Prétendant, l'abandonna, le décria dans un pamphlet et parvint à rentrer dans sa patrie en 1723, mais non à la Chambre des pairs. Il n'en redevint pas moins le chef du parti
tory et mena contre le ministère wigh d'alors, le ministère Walpole, une violente campagne de presse qu'il interrompit cependant pour faire un second séjour en France (de 1735 à 1738). En 1742 il assistait à la chute de Walpole. Mais c'était un nouveau venu dans le domaine de la politique, William Pitt, qui prenait le pouvoir. Bolingbroke vécut encore neuf années, sinon dans la retraite, du moins dans un calme relatif.
Le nom de Bolingbroke appartient aussi aux lettres, à côté des noms de Pope et de Swift. Bolingbroke écrivit d'abord contre ses adversaires politiques. A partir de 1710, dans sa lutte contre la politique belliqueuse des wighs et de Marlborough, il collabore avec Prior, Atterbury et Swift au journal The Examiner; dans sa lutte contre Walpole, c'est-à-dire dès 1723, il collabore au journal The Crafstman.
Dans les loisirs de son exil ou dans les trêves que lui accordaient les événements il composa aussi des écrits politiques, mais où, malgré son génie, il est bien inférieur à Locke ou à Hobbes : les grandes vues générales lui manquent en effet. La plupart ont été traduits en français sous ces titres : 1° Lettres sur le patriotisme, sur l'idée d'un roi patriote, trad. par de Bissy, in-8°, Londres (Paris), 1750; 2° Lettres sur l'histoire, suivies de Béflexions sur l'exil et de la lettre sur le véritable usage de la retraite et de l'étude, trad. par Barbeu- Dubourg, 3 in-12, Londres (Paris), 1752; 3° Mémoires secrets sur les affaires d'Angleterre depuis 1710 jusqu'en il 10, trad. par Favier, 3 in-8°, Londres (Paris), 1754, etc.
Philosophe, Bolingbroke est bien de ce xvme siècle qui ne fut difficile ni sur la qualité des idées, ni sur la valeur des arguments. Il fut l'un des représentants les plus avancés et les plus influents du déisme anglais : il a dicté, pour ainsi dire, à Pope l'Essai sur l'homme. Il fut aussi l'un des maîtres de Voltaire qu'il vit en France et à qui il offrit l'hospitalité en 1726, dans le séjour forcé que Voltaire fit alors en Angleterre. C'est là que Voltaire prépara ses Lettres pldlosophiques. Bolingbroke fut ainsi l'un des précurseurs de l'encyclopédisme.
Ce qui caractérise le déisme c'est la négation de toute révélation. Bolingbroke ne croit à aucune religion révélée; toutefois, par une contradiction à laquelle nous a habitués Voltaire, cet ennemi des religions positives veut une religion d'État. Les libres-penseurs sont « les pestes de la société », et durant sa vie c'est à peine si le public soupçonna ses sentiments intimes. Quand ses écrits philosophiques eurent été publiés, Voltaire put lui attribuer impunément un de ses plus violents pamphlets contre la révélation qu'il publia en 1767 sous ce titre : Examen important de mi lord Bolingbroke ou le tombeau du fanatisme écrit sur la fin de 1730, et avec cet « Avis mis au-devant des éditions précédentes de Y Examen important de milord Bolingbroke » : « Nous donnons une nouvelle édition du livre le plus éloquent, le plus profond, et le plus fort qu'on ait encore écrit contre le fanatisme... Ce précis de la doctrine de milord Bolingbroke, recueillie tout entière dans les six volumes de ses Œuvres posthumes, fut adressé par lui, peu d'années avant sa mort, à milord Cornsbury. «
Si la révélation n'existe pas, que nous dit la raison de Dieu, de l'àme et de la vie future?
La doctrine de Bolingbroke ne forme pas un tout cohérent et systématique. Il a sur les procédés et sur les limites de l'intelligence les doctrines de Locke : nos connaissances nous viennent des sens et de la réflexion. Les métaphysiciens Platon, Descartes, Berkeley se sont bercés d'illusions et de pures chimères. Dès lors pouvons-nous être certains de Dieu? Il y a, répond Bolingbroke, une intelligence créatrice que l'expérience suffit à nous prouver. Il y a de l'ordre et de l'art dans le monde : il existe donc de toute nécessité une intelligence toute-puissante. C'est d'ailleurs ce que l'humanité entière.