‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 367 sur 400 · L. LœvENnnucK · texte numérisé non relu

L. LœvENnnucK

BRUNON D'ASTI ou DE SEGNI (Saint), l'un des plus énergiques champions de la liberté de l'Eglise dans la querelle des investitures en même temps que l'un des esprits les plus cultivés de son siècle, l'émule par la fermeté du caractère comme par la science des Yves de Chartres, des Anselme de Cantorbéry, des Anselme de Lucques, était originaire probablement d'Asti en Piémont, vers l'an 1044 ou 1048, et de noble naissance. Le soin de son éducation fut confié aux bénédictins du monastère de Saint-Perpet, dans les environs d'Asti; après quoi Bruiion acheva ses ('tudes à Bologne avec un particulier éclat. Chanoine régulier d'abord dans sa ville natale, puis peut-être à Sienne, il se rendit ensuite à Borne et y acquit promptement une réputation telle qu'on le Chargea d'argumenter, devant le concile qui s'ouvrit au Latran le H février 1079, contre Bérenger de Tours. La conséquence de la discussion fut à la fois que Bérenger rétracta ses erreurs et que Brunon, l'année suivante, monta sur le siège épiscopal de Segni. dans le pays des Volsques. Il avait refusé, a-t-on dit, par humilité le chapeau de cardinal. Sur le siège de Segni, Brunon sera le confident, le conseiller, le bras droit de saint Grégoire VII et de ses successeurs, Victor III, Urbain II et Pascal IL Ainsi, en 1095, il accompagnera Urbain II à ce concile de Clermont où fut acclamée la première croisade; et, avec le titre de légat du saint-siège, il présidera en 1106 des conciles en France, travaillera en 1110 à la réforme de la Sicile, interviendra ici et là comme arbitre dans une foule de conllits locaux. En 1105, pour accomplir le vœu qu'il avait fait dans une maladie d'embrasser la vie monastique, Brunon était entré au Mont-Cassin et, dès 1 108, il en était devenu l'abbé, sans se démettre toutefois, à la faveur d'un induit de Pascal II, de son évêché de Segni. Mais, en 1111, on voit Brunon, grégorien détermine', marcher à la tête des cardinaux et des évèques qui protestent violemment contre les concessions extorquées à Pascal II par l'empereur Henri V, et, dans une lettre au souverain pontife, il s'oublie jusqu'à taxer le pape d'hérésie. Pascal 11, afin d'amoindrir, sinon de ruiner l'influence de cet adversaire, se ressouvint à propos du canon 12e du concile de Clermont, et, en étant à Brunon l'abbaye du Mont-Cassin, lui enjoignit de se retirer dans son diocèse, qui aussi bien l'avait redemandé maintes fois et soupirait après son retour. Brunon vécut encore douze ans à Segni, remplissant avec un zèle exemplaire tous les devoirs de sa charge, sans plus intervenir de sa personne, sous Calixte 11, son ami, dans la querella des investitures. Il mourut en odeur de sainteté' le 18 juillet 1123, et fut canonisé en 1183 par le pape Lueius 111.

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