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C. Toussaint

BACCALAURÉAT. Voir Grades.

BACCHINI Benoît, bénédictin italien, né le 31 août 1651 à Borgo-san-Domnino, dans le duché de Parme, mort à Bologne le 1er septembre 1721. Ses études terminées au collège des jésuites à Parme, il entra chez les bénédictins de l'abbaye de Saint-Jean dans la même ville et y fit profession le 10 décembre 1668. Devenu secrétaire de l'abbé Ange-Marie Arcioni, il parcourut avec celui-ci une grande partie de l'Italie. De retour à Parme en 1683, il devint bibliothécaire de son monastère. Théologien du duc de Parme, il fut supérieur des bénédictines de Saint-Alexandre. En 1691, le duc de Modène le prit près de lui pour en faire son conseiller et Bacchini entreprit divers voyages pour visiter les principales bibliothèques. Le cardinal d'Aguirre voulut même le retenir à Rome; mais il préféra revenir à Modène où le duc l'avait chargé du soin de sa bibliothèque. En 1704, il était prieur d'un monastère de cette ville et en 1711 abbé de Saint-Pierre. Il eut ensuite à gouverner les abbayes de Reggio et de Bobbio. Il abandonna cette dernière à cause de la rigueur du climat et il se retira à Padoue, puis, après un court séjour à Ferrare, il vint à Bologne pour y professer l'Écriture sainte. Bacchini a beaucoup écrit et parmi ses ouvrages un bon nombre sont demeurés manuscrits. Parmi ceux qui ont été publiés nous n'avons à citer que le suivant : De ecclesiasticse hiérarchise originibus dissertatio, in-4°, Modène,

Goujet, Bibliothèque des auteurs ecclés. du xvin' siècle pour servir de continuation à celle de M. Dupin, in-8% Paris, 1736, t. i, p. 194; dom François, Bibliothèque générale des écrivains de l'ordre de S. Benoît, t. I, p. 85; Ziegelbauer, Hist. rei literarix ord. S. Benedicti, t. III, p. 445; Armellini, Bibliotheca Cassinensis, in-fol., Assise, 1731, p. 76.

B. Heurtebize.

BACCHYLE était évêque de Corinthe, depuis 190 environ, lorsque, dans les dernières années du ne siècle, la question pascale un moment assoupie se réveilla sous

le pontificat de saint Victor I« et menaça la paix et l'unité de l'Église. Eusèbe, H. E., v, 23, P. G., t. xx, col. 493, et saint Jérôme, De vir. ill., P. L.,t. xxnr, col. 657, ont rangé Bacchyle parmi les auteurs ecclésiastiques, en considération de la lettre synodale qu'il écrivit, vers 195, au pape saint Victor et dans laquelle il se prononçait pour l'usage romain, contre le rite asiatique de la célébration de la Pâque. Cette lettre, qu'Eusèbe pouvait lire dans la bibliothèque de Césarée et dont saint Jérôme fait l'éloge, a totalement péri.

Harnack, Geschichte der altchrist. Lilteratur, Leipzig, 1893, part. I, p. 261; Id., Die Chronologie der altchrist. Lilteratur, Leipzig, 1897, t. I, p. 313, 723 ; Bardenhewer, Les Pères de l'Église, trad. franc., Paris, 1898, t. i, p. 213.

P. Godet.

BACHIARIUS, écrivain du \"> siècle, dont les écrits nous révèlent sa profession de moine et que les critiques s'accordent à croire d'origine espagnole. Nous avons de lui deux ouvrages certains : 1» Liber de fide, édité par Muratori, Anecdota, Milan, 1698, t. n, p. 9 sq., et réimprimé parMigne, P. L., t. xx, col. 1019-1036, c'est une apologie de sa foi que l'auteur adresse au pontife romain ; il se justifie de l'accusation d'admettre des erreurs semblables à celles de Priscillien; 2° Ad Januarium liber de reparatione lapsi, P. L., ibid., col. 1037-1062, où il supplie cet abbé de punir moins sévèrement la faute d'un moine. Gennade,Z)e script, ecd.,24, P. L.,X. lviii, col. 1074- 1075, l'appelle vir chrislianx philosophise, ou, d'après les variantes de quelques manuscrits, episcopus vir pliilosophiœ, et il le dit exilé pour sa foi : peregrinationcm propter conservandam vitse integrilatem elegit, ou, du moins, pour sa profession monacale : pro conservanda propositi integritate, d'après l'édition de Richardson, dans les Texte und Untersuch., Leipzig, 1897, t. xiv, fasc. 1er, p. 71. En raison de celte circonstance, Schepss, Priscilliani quse supersunt, Vienne, 1889; S. Berger, Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p. 28; Fritzsche, dans la Zeitschrift fur katholische Théologie, 1896, t. XVII, p. 211- 215, ont regardé comme plausible l'identification de Bachiariusavec l'évêquePeregrinus, le correcteur pseudonyme des Canons de Priscillien sur les Épitres de saint Paul et l'éditeur de la recension espagnole des Livres saints. Si cette conjecture était vraie, Bachiarius aurait joué un rôle important dans l'histoire de la Vulgate latine. Mais Wordsworth et White, Novum Testamentum D. N. J. C. latine, Oxford, 1898, t. I, fasc. 5, p. 708, jugent cette hypothèse peu vraisemblable. Les documents anciens affirment bien que Bachiarius fut moine, mais ils ne disent pas qu'il ait été évêque. D'ailleurs, sa profession de foi contient des expressions qui sont peu conciliables avec son épiscopat; il déclare qu'ilveut obéir aux prêtres et aux docteurs, qui surit capita populi et columnœ ecclesiarum. P. L., t. xx, col. 1035.

Galland, Bibliolheca Patrum. t. IX, p. 181-202, P. L., t. xx, col. 1015-1020; Fessler-Yungmann, Instiiutiones patrologiœ, Inspruck, 1892, t. Il, p. 418-427; S. Berger, Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p. 15, 16, 18, 19, 28, 42, 43, 121, 160, 181-184; Id., Les préfaces jointes aux livres de la Bible dans les manuscrits de la Vulgate (extrait des Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, \" série, t. xi b), Paris, 1902, p. 17, 46, 63; Bealencyklopàdie fur protest. Théologie und Kirche, 3' édit., 1896, t. u, p. 342-343; O. Bardenhewer, Les Pères de l'Église, trad. franc., Paris, 1899, t. il, p. 458.

E. MANGENOT.

BACHKINE Mathieu Séménov, célèbre hérétique russe du xvr siècle. La date de sa naissance est inconnue. Kostomarov le soupçonne d'origine tatare. Sa jeunesse est enveloppée de mystère. On sait seulement qu'il s'enrichit dans le commerce et qu'il se passionna pour l'étude des questions religieuses. Sous l'influence de ses maîtres, l'apothicaire Mathieu de Lithuanie et

BACHKINE — BACON

André Khotiéev, imbus tous les deux des enseignements hérétiques des judaïsants (ères jidovstvouiouchtchikh), il se prit à formuler des théories nouvelles sur les dogmes et la discipline de l'Eglise orthodoxe russe. Ces théories étaient un mélange de rationalisme luthérien et de judaïsme rajeuni. Les inlluenc.es luthériennes, en effet, se faisaient déjà sentira Moscou, où Ivan le Terrible (1533-1581) avait permis aux disciples de Luther d'élever deux temples. Dobroklonski, Manuel d'histoire de l'Église russe, i- édit., Riazan, 1889, t. I, p. 285. Mathieu Bachkine fit parade de ses nouveautés doctrinales à un pope de l'église de l'Annonciation à Moscou (1553). Ce pope, appelé Siméon, reçut l'hérétique à confesse, et à son grand étonnement, l'entendit lui demander l'explication de maints textes de l'Ecriture sainte. Siméon se trouva fort embarrassé dans ses réponses. Bachkine lui-même le remit sur la bonne voie et lui énonça des théories qui, sur bien des points, étaient contraires au catéchisme orthodoxe. Siméon en fut surpris. Cependant il le laissa s'expliquer à son aise, et eut avec lui plusieurs entretiens. Il finit par se persuader que les opinions émises par son pénitent étaient étranges, et fort peu soucieux du secret de la confession, il en rendit compte au protopope Sylvestre, qui jouissait de la faveur du tsar. Sylvestre ne tarda pas à apprendre que l'orthodoxie de Bachkine éveillait des soupçons justifiés par les faits. Il se crut dès lois eu devoir d'en référer à Ivan IV. Bachkine fut arrêté et soumis à un interrogatoire. Il exposa par écrit son enseignement, et dévoila les noms de ses disciples et admirateurs.

Le tsar réunit un synode dans son palais (1553-1551) et y convoqua Bachkine et ses adhérents, qu'on accusait : 1° de ne pas reconnaître la divinité de Jésus- Christ et sa parfaite ressemblance avec le Père; 2° de ne pas admettre la présence réelle de Jésus sous les espèces eucharistiques; 3° de rejeter la confession, en partant de ce principe que le pénitent n'est pas responsable de ses fautes, puisqu'il continue à souiller son âme par le péché, môme après l'absolution; 4° de renoncer aux traditions des Pères, au culte des saints et aux décisions des conciles; 5° d'interpréter à leur guise et sans tenir compte de la tradition, les livres du Nouveau Testament; 6° de qualifier les saintes images par l'épithète malséante d'idoles; 7° de nier l'utilité des églises en pierre et en bois, sous le prétexte que la véritable Église n'est que l'assemblée spirituelle des fidèles; 8° de s'insurger contre la légitimité des biens acquis parles monastères; 9° de stigmatiser l'ignorance et l'avarice du clergé de leur temps, et de le discréditer en présence des fidèles; 10° de regarder la liturgie de l'Eglise orthodoxe comme un corps sans âme, comme un recueil de formules purement extérieures, et partant dénuées de toute influence sur la vie surnaturelle.

Prirent part à ce concile: Macaire, métropolite de Moscou, Nicanor, archevêque de Rostov, et les évèques Athanase de Souzdal, Cassien de Riazan, Acace de Tuer, Théodore de Colomène, Sabbas de S;trski. Le tsar, des boyards en grand nombre et une foule de prêtres intervinrent aux débats. Les adhérents de Bachkine qui avaient tout à craindre de la cruauté d'Ivan IV, essayèrent de nier tout ce qu'on leur reprochait. Les uns soutinrent qu'ils n'avaient jamais renoncé au culte des saintes images. Ceux-ci on les remit en liberté', après qu'ils eurent prêté serment de ne pas renouveler l'hérésie des iconoclastes. Les autres affirmèrent hardiment que les points d'accusation portés contre eux étaient absolument faux. L'évêque de Biazan prit la défense des accusés, mais il se heurta au mauvais vouloir des membres du synode qui ne surent pardonner à Bachkine ses justes critiques sur l'état déplorable du Clergé russe. Bachkine et quelques-uns de ses adhé-

rents furent envoyés en exil. Renfermé dans un monastère (Volokolokamsky), Bachkine mourut le 22 décembre 1554.

De lui date l'infiltration du protestantisme dans la théologie russe. 11 marque donc une étape importante dans le développement de la pensée théologique russe, et nous nous étonnons que la récente Encyclopédie orthodoxe de M. Lopoukhine n'ait pas consacré au fameux hérétique une courte notice.

Dobroklonski, op. cit., t. I, p. 270-271; Znamenski, Manuel d'histoire de l'Église russe, Saint-Pétersbourg, 1890, p. 133-184 ; Macaire, Histoire de l'Église russe (période de la division des deux métropoles), Saint-Pétersbourg, 1870, t. VI, p. 248-253; Philaréte, Geschichte der Kirche Russlands, trad. Blumentlial, Francfort, 1872, p. 296-298 ; Soloviev, Histoire de la Russie, t. vu, col. 124-131; Les conciles tenus à Moscou contre les hérétiques du xvi' siècle, Moscou, 1847, paru d'abord dans les Lectures (Tchténia) de la société d'histoire de Moscou, 1847, t. m; Emélianov, Sur l'origine de l'enseignement de Bachkine et de Kosoï en Russie, Travaux (Troudy) de l'Académie ecclésiastique de Kiev, 1862, n. 5, p. 31-78; Notices sur les conciles tenus dans l'Église russe depuis le .^jusqu'au xvr siècle, Lecture ch retienne (Khristianskoe 7"c/iîém'e),1852,t. I,p. 301-353; t. il, p. 529- 570; Golokhwastov et Léonidas, Sylvestre, prêtre de l'église de l'Annonciation à Moscou, et sur l'hérésie de Bachkine, Lectures de ta Société d'histoire et d'antiquité russe, 1874. n. 1 ; Kostomarov, Histoire de la Russie, ou biograpliies de ses principaux auteurs, Saint-Pétersbourg, 1874, t. Il ; Id., Rapport sur les esprits forts (volnodoumtzy) de la Grande Russie au xvr siècle, Recueil de monographies historiques, Saint-Pétersbourg, 1863, t. i; Andréiev, Le raskol et son importance dans l'histoire du peuple russe, Saint-Pétersbourg, 1870, p. 21-22; A. Palmieri, L'ancienne et la nouvelle théologie russe, Paris, 1901, p. 15-16.

A. Palmieri.

BACKER (Augustin de), jésuite belge, né à Anvers* le 18 juillet 1809, novice le 2G juin 1835, consacra presque toute sa vie aux recherches bibliographiques, et mourut à Liège, le 1er décembre 1873. Il n'est connu par aucun ouvrage de théologie; il a néanmoins un titre à être mentionné ici; c'est à lui, en effet, qu'on doit la connaissance exacte de tout ce qu'ont écrit et publié les théologiens de la Compagnie de Jésus. De 1853 à 18G1, le P. de Backer fit paraître, en sept séries, ses premières recherches sous ce titre : Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus ou Notices bibliographiques i° de tous les ouvrages publiés par les membres de la Compagnie de Jésus, etc., Liège. Ce grand ouvrage qui n'était qu'un essai, reçut un favorable accueil de la part des savants. L'auteur commença la publication d'une seconde édition, qui parut en trois volumes dans le format in-fol., à Liège, 1869, 1872, 1876. Son frère Aloys fut son collaborateur assidu et dévoué pour la préparation et l'exécution de ces deux éditions; il termina la deuxième après la mort d'Augustin. Un jésuite français, le P. Sommervogel, prêta aussi son concours aux PP. de Backer pour la deuxième édition, et, après leur mort, il en entreprit une troisième en neuf volumes, gr. in-8°, imprimée à Bruxelles de 1890 à 1900.

De Hacker et Sommervogel, Bibl. de la C'° de Jésus, t. i, col. 753-755.

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