Moïse frappant le rocher. — La signification gêné
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raie de cette scène très ancienne et très fréquente a été exposée, t. I, col. 2007-2008. La signification particulière, comme symbole du baptême, est clairement exprimée par les artistes, par exemple, dans la chapelle des sacrements a-, Wilpert, Malereien der Sakramentskapellen, p. 16, fig. 9, où le pêcheur évangélique retire le poisson, symbole du chrétien, de l'eau même qui sort directement du rocher (fig. 2). Sur un sarcophage de Soissons, Le Blant, Sarcophages de la Gaule, p. 14, Moïse frappant le rocher fait pendant à la scène réelle du baptême du Christ.
1. Le paralytique qui emporte son grabat, se rencontre dès le IIe siècle dans la chapelle grecque, la chapelle des sacrements a3, etc. Les Pères parlent surtout de celui qui a été guéri dans la piscine de Bethsaïde, Joa., v, 1-16, dans laquelle ils voient une figure des eaux salutaires du baptême. On pourrait peut-être se demander quel paralytique est représenté sur les monuments; mais le doute cesse quand on voit apparaître, comme sur un sarcophage du Vatican, aujourd'hui au Latran, Garrucci, Storia,t.\, p. 28, pi. 314,
1" Autres figures sxjmboliques ou allégoriques. — 1. Le cerf. — Il est l'image du catéchumène qui soupire après la régénération. Il a cette signification quand il se désaltère aux eaux du Jourdain, par exemple, au baptistère de la catacombe de Saint-Pontien, Garrucci, op. cit., t. il, p. 90-99, pi. 86-88; Perret, Les catacombes, t. m, pi. 52; ou quand il s'approche d'un vase d'eau, comme sur un sarcophage de Ravenne, Ciampini, op. cit., t. il, pi. 3 ;Corblet, op. cit., t. Il, p. 517; Martigny, op. cit., p. 79, n. 7; Kraus, Real-Encxjclopadie, t. u, p. 666; Paciaudi, De sacris Christian, balneis, 2e' édit., Rome, 1758, p. 154. Ce symbole ne parait que dans la dernière phase de l'art chrétien primitif, en particulier, dans les baptistères. Cf. Kraus, Gesclnchle der christi. Kunst, t. i, p. 114-115.
2. La pèche. — S'appuyant sur les paroles de Jésus, Matth., iv, 19; xm, 47, 48; Marc, i, 17; Luc, v, 10, les Pères s'accordent à voir dans le pêcheur « l'apôtre qui convertit, et spécialement Pierre, et à identifier l'homme baptisé avec le poisson qui est tiré de l'eau ». Clément d'Alexandrie Pœdag., ni, 11, P. G.r
Le pêcheur tirant le poisson de l'eau. D'après P. Allard, Rome souterraine, 2' édit., pi. vi, n. 1.
5; Martigny, op. cit., p. 652, les eaux ou les portiques, où gisent d'autres malades, ? ou quand cette scène fait pendant à quelque autre composition baptismale. »
5. L'aveugle-né, dont la guérison, d'après Corblet, op. cit., t. a, p. 515, symboliserait la guérison de l'aveuglement spirituel par le baptême. Ce symbole nous parait bien douteux. Voir Symbolisme de l'art chrétien.
6. Le baptême du Christ, d'après Nuovo bullett., 1897, t. m, p. 132; 1901, t. vu, p. 206-207; Wilpert, op. cit., p. 16, 17, etc. Les Pères aiment à rapprocher le baptême du Christ de celui des chrétiens, ses disciples. Les artistes chrétiens établissent aussi ce rapprochement par certains détails de composition non historiques et par des scènes symboliques juxtaposées. Ainsi à la chapelle des sacrements A- où, à la suite du baptême de Jésus, on voit des scènes eucharistiques, ou bien sur un sarcophage du iv° siècle récemment découvert au forum romain, où la scène du baptême fait suite à une pêche symbolique. Nuovo bullett., 1901, t. vu, p. 205-216, pi. vi. Voici le thème ordinaire : le Christ, de petite taille et nu, est en partie plongé dans les eaux; saint Jean, revêtu de la tunica exomis ou d'un autre costume particulier, est sur la rive du tleuve et procède au baptême. Dans la plus ancienne peinture, à la crypte de Lucine, il tend la main à Jésus pour l'aider à sortir de l'eau. Ailleurs il lui pose la main sur la fête. D'autres fois l'eau descend du ciel, ou coule du liée de la colombe
mystique plananl au-dessus de Jésus. Au v° siècle appaent les an^es el le Jourdain personnifié; au vr, le Père éternel. J. Strzygowski, Iconographie der Tarife Christi, Munich, ls,^,">; de Waal, l><c Taufe Christi auf vorkonttantinischen Gemàlden, dans lluniische Quartahchrifl, 1890, t. x, p. 335-319.
t. vin, col. 633, dit : « Si l'on voit représenté un pêcheur, que l'on se souvienne de l'apôtre et des enfants qui sont tirés de l'eau. » Cf. ibid., 12, col. 681. De même Paulin de Noie, Epist., xx, ad Delph., 6, 7, P.L., t. lxi, col. 249,250. Saint Ambroise, Hexaem., v, 6, 7, P. L., t. xiv, col. 212, 213, s'écrie : « Ne crains pas, à bon poisson, l'hameçon de Pierre : il ne tue pas, il consacre..., bondis à la surface de l'eau, ô homme, puisque tu es poisson : que les Ilots de ce siècle ne t'écrasent plus... » C'est donc sous la forme allégorique du pêcheur qu'on se figure le prêtre chrétien administrant le baptême. Cette signilication symbolique est indiquée aussi par les monuments, où la série des scènes ne laisse aucun doute sur les intentions de l'artiste, par exemple, dans les deux chapelles des sacrements a2 et a3 à Domitille, sur une fresque du 1er siècle, Bullett., 1865, p. 44, sur le célèbre sarcophage de la Gayolle, du n0 siècle, Le Blant, op. cit., p. 157-160, pi. lix, 1, et sur un fragment de sarcophage trouvé à Saint-Valentin. Nuov. bullett., 1897, t. ni, p. 103 sq., pi. iv. — Quant aux autres symboles que citent Corblet, de Waal, etc., leur signification nous parait plus que douteuse. Plus généralement ces symboles s'expliquent autrement, par exemple, par les nécessités de la décoration. Kraus, Geschichle der christi. k'unst,t, I, p. 112. Notons enfin que pour juger, avec sûreté, île la signification de ces symboles, il faut observer les règles indiquées ailleurs, 1. 1, col. 2001, 2005, et Symbolisme de l'art chrétien.
IL Valeur théologique. — Ces représentations réelles ou figurées du baptême donnent lieu à d'importantes conclusions théologiques, que les inscriptions viennent Confirmer et corroborer.
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/. nature du daptéme. — L'ablution baptismale est une action symbolique qui. par une vertu supérieure, produit un ellet surnaturel dans l'àme du baptisé. Cela est indiqué : 1° Par l'origine de l'eau dont on se sert pour l'iniusion. Dans les deux chapelles des sacrements a2 et a3, et ailleurs, cette eau sort du rocher mystique, qui est le Christ, par la vertu ou la puissance sacerdotale de son représentant Moïse-Pierre, fondement et chef de son Église ; le pécheur en tire le poisson, symbole du chrétien baptisé, et c'est dans cette eau qu'on administre le baptême (fig. 2). Cette connexion était certainement voulue par le peintre de ces deux chapelles. — La même conclusion est fournie par les eaux qui descendent du ciel, comme sur la pierre d'Aquilée (lig. 1), où le ciel est figuré par le cercle rempli d'étoiles, ou par celles qui sortent du bec de la colombe mystique, comme st>r la cuiller d'Aquilée, et sur un bon nombre de représentations du baptême du Christ, par exemple, au baptistère catholique de Ravenne,où les rayons partant du bec de la colombe ont la couleur verdàtre de l'eau. Cowe et Cavalcaselle, Histoire de la peinture italienne, édit. allem. de Jordan, 1869, t. I, p. 23. Sur d'autres monuments cités par de Rossi, c'est sûrement «de l'eau qu'elle (la colombe) répand sur le .Sauveur et non des rayons de lumière comme on le suppose communément. Sur un bas-relief de Monza, du vu0 siècle, elle verse l'eau au moyen d'un urceolus (burette) qu'elle tient à son bec. » De Rossi, Bullelt., édit. franc., 1876, p. 15. La conclusion serait identique, si la colombe ne lançait que des rayons, symbole de la grâce, d'après le poète Juvence du ive siècle. P. L., t. xix, col. 110 sq. De cette façon on marque que l'eau du baptême n'est pas une eau ordinaire, mais un /lumen cœleste, De Rossi, Inscript, chriit., t. h, p. 135, 6; p. 247, 11, qui tire du Saint-Esprit et du ciel sa vertu génératrice. — 2° Par le nimbe, qui se trouve sur quelques monuments, par exemple, la pierre d'Aquilée (fig. 1). Le nimbe symbolise « l'autorité divine au nom de laquelle le ministre du baptême prononce la formule et accomplit le rite de la régénération ». Il est réservé dans l'art chrétien au Christ, aux anges et plus tard aux saints. De Rossi, Bullett., 1876, p. 14, regarde donc le personnage qui en est orné comme ministre du sacrement et comme tel investi d'une puissance surnaturelle et divine. Car quel que soit le ministre, c'est toujours le Christ qui baptise. Augustin, In Joa., tr. VI, c. i, n. 7, P. L., t. xxxv, col. 1428. — 3° Par les effets qu'on attribue à cette ablution et par certains symboles qu'on emploie. En choisissant celui du paralytique, les artistes montrent le caractère auguste et miraculeux qu'ils reconnaissent à l'action du baptême. De même que l'ange descendait dans la piscine pour communiquer à l'eau la vertu de guérir, de même « le Saint-Esprit pénètre l'eau du baptême et lui donne la vertu de guérir le néophyte de sa maladie spirituelle, le péché ». — 4° Par la juxtaposition des scènes du baptême à d'autres scènes représentant réellement ou symboliquement l'eucharistie, comme à la crypte de Lucine, à la chapelle grecque, etc.
//. mode de collation. — Durant les premiers siècles, le baptême s'administrait de deux façons, par immersion et par infusion. La première manière était d'un usage plus répandu, probablement parce qu'elle symbolisait plus sensiblement la mort et la résurrection du baptisé avec le Christ. Cependant l'infusion, dont la validité a été l'objetde graves etd'ardentes discussions, était aussi employée. Voir plus haut. L'immersion complète n'est représentée dans sa réalité nulle part, si ce n'est dans une miniature, de date postérieure, d'un pontifical delà bibliothèque Casanate, à Rome. D'Agincoui t, Histoire de Varl par les monuments, Paris, 1823, t. v, pi. 39. Mais on y fait probablement allusion soit dans les différentes scènes de la pêche, où le poisson symbolique est retiré de l'eau, soit dans la main du bapti-
seur posée sur la tête du baptisé, qui, d'après l'interprétation commune, signifie l'immersion à laquelle le ministre va procéder et non pas l'imposition des mains, qui n'avait lieu qu'au moment où le baptisé sortait de l'eau. Strzygowski, op. cit., p. 8. — La simple infusion, au contraire, et l'infusion avec immersion partielle se rencontrent fréquemment, par exemple, dans les chapelles des sacrements a2 et a3, sur le verre de Rome et le marbre d'Aquilée (fig. 1). D'aucuns, par exemple, Kraus, Real-Encyclopûdie, t. n, p. 828, ont objecté que les règles de l'art s'opposent à la représentation d'une immersion complète et que les représentations d'immersion partielle doivent être interprétées comme reproduisant l'immersion totale. Mais l'intention de l'artiste est évidente : qu'il représente le baptême du Christ ou celui d'un fidèle, il a voulu indiquer l'infusion, quand il fait descendre l'eau soit du ciel, soit du bec de la colombe, soit d'un vase suspendu et renversé, ou bien quand il la fait verser par le ministre tenant la coupe dans sa main. Pareille cérémonie était tout à fait inutile après une immersion complète. D'autres preuves peuvent encore être apportées en faveur de l'infusion. D'après De Rossi, Bullett., édit. franc., 1881, p. 136 sq., un urceolus en terre cuite, trouvé à Carthage en 1880 et provenant d'un antique baptistère, aurait servi à verser l'eau sur la tête du néophyte. On suppose que la coupe en bronze du musée Iurcher avait le même usage. Garrucci, op. cit., t. vi, p. 89, pi. 461, 1-3; de Rossi, Bullett., 1861, p. 58; 1867, p. 88. L'eau coulait d'en haut dans certains baptistères, par exemple, dans celui de Milan décrit par Ennode. Epigr., il, 149, édit. Sirmond, Venise, t. I, p. 1145. Ces monuments, il est vrai, sont en dehors de l'époque qui nous occupe (Yurceolus, par exemple, est de la fin du Ve siècle); mais les petites dimensions des vasques dessinées sur les deux monuments d'Aquilée et sur la peinture de Sainte-Pudentienne excluent par ellesmêmes l'immersion complète. Quant aux antiques baptistères visibles encore aujourd'hui aux catacombes de Sainte-Félicité, Marucchi, Éléments, t. n, p. 304, et de Priscille, Nuov. bullett., 1901, t. vu, p. 73, et surtout à la basilique Saint-Etienne, sur la voie Latine, leur disposition et leur peu de profondeur semblent peu favoriser l'hypothèse d'une immersion complète. Sans recourir à une analogie avec les taurobolies et les criobolies, où il ne peut être question d'immersion, nous pouvons donc dire que les monuments prouvent plutôt en laveur de l'infusion ou de l'intusion unie à l'immersion partielle qu'en faveur de l'immersion totale et montrent, du moins d'une certaine façon, « l'importance donnée à l'infusion de l'eau dans un temps où beaucoup s'imaginent qu'on baptisait seulement par immersion ; point fort important dans la controverse avec les Grecs modernes. » De Rossi, Roma sottcr., t. il, p. 334. — Dans l'infusion, il faut que l'eau coule sur une partie essentielle du corps, de préférence sur la tête, la pars in qua vigent omnes sensus et manifestantur opéra animœ. S. Thomas, Sum. theol., IIIa, q. lxvi, a. 7. Les monuments justifient cette prescription. Le baptisé est non seulement parfois debout dans l'eau qui coule, mais l'infusion sur la tète est souvent telle que tout le corps, dépouillé de vêtements, en est inondé (lig. 1). A la chapelle des sacrements a-, l'enfant est debout dans l'eau qui vient de passer en grande abondance sur sa tète. Dans tout cela nous avons vraiment l'ablution dont parle l'inscription de deux époux sur un sarcophage de Tolentino : ... quos Probianus sacerdos la vit et unxit, De Rossi, Bullett., édit. franc., 1869, p. 23, et que mentionnent d'autres inscriptions par les termes : unda, amnis, flumen, fluentum, lavacrum, liquor, etc.
III. LE ministre. — C'est le prêtre, évèque ou simple prêtre, quelquefois le diacre. Le prêtre est ministre du baptême sur les monuments. Sur la plus
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ancienne représentation du sujet de la chapelle a2, le ministre porte le costume des prêtres d'alors, la tunique et le pallium, les simples fidèles n'ayant d'ordinaire que la tunique. Rôm. Quartalschrift, 1896, t. x, p. 3't't ; Wilpert, Mal. der Sakramentskapellen, p. 17, lit. 23. 11 en est de même sur deux autres scènes baptismales, mentionnées par Wilpert, loc. cit., p. 19, et Rôm. Quartalschrift, 1900, t. x, p. 330, sur le marbre d'Aquilée (fig. 1), le sarcophage de Mas-d'Aire (la peinture de Sainte-Pudentienne) et si nous adoptons le sentiment de M. De Rossi, sur le verre du mont délia (riustizia. Dans le personnage nimbé de la pierre d'Aquilée, Mo' Wilpert, Epltemeris Salonilana, loc. cit., p. 40, voit le Christ; mais le nom de Mirax donné au personnage nimbé sur le verre de Rome (et la peinture de Sainte-Pudentienne) exclut cette interprétation. D'après M. De Rossi, ce personnage est le ministre, tandis que l'autre personnage habillé différemment serait le parrain. Cette première preuve n'a donc pas une certitude absolue. Il en est autrement du sarcophage de Tolentino, précédemment mentionné : l'intervention du sacerdos Christi comme ministre du baptême y est clairement exprimée. Une inscription de Priscille, aujourd'hui au Latran (ix, n. 39), publiée, entre autres, par Marini, Atli e monum. de' frat. Arvali, t. i, p. 171, et Perret, Les catacombes, t. v, pi. 15, 9, dit qu'on a recours à l'Eglise pour faire baptiser un enfant sur le point de mourir : D. M. S. Il Florentius filio suo Aproniano \\ fecit litulum bene merenti quixit (=qui vi.rit) |] annum et menses nove[m] dies quin || que cum soldu (= solide) amatus fuisset a mainre (= avia) sua et vidit \\ lame morli consti- [tu]tum esse petivit de aeclesia ut || fidelis de sec/do recessisset (= recederel).
Les parrains et marraines, dont parle déjà Tertullien, De bapt., 18, P. L., t. i, col. 1221, doivent aider le ministre et les baptisés, ainsi que l'indiquent les noms de sponsorcs, fideijussores, susceptores ou àvâ- So/ot, etc., qu'on leur donnait. Leur présence sur les monuments a été signalée plus haut.
IV. LE sujet. — 1° Les enfants. — Le pédobaptisme ou baptême des enfants, que l'Église prescrit, est rejeté par certaines sectes religieuses. Les monuments lui semblent favorables. La petite taille du baptisé sur plusieurs des monuments mentionnés le prouve; car il n'est pas possible de l'expliquer uniquement comme représentation plastique, en disant que les néophytes, même âgés, recevaient après le baptême la dénomination de infantes ou pueri au sens spirituel. S. Zenon de Vérone, 1. 1, tr. XXXVIII, P. L., t. xi, col. 483. Les inscriptions sont formelles au sujet du pédobaptisme. Sur un mu lnv, Wilpert, Ephem. Salon., p. 49, la petite Pro- CLINA n'a que six ans; ailleurs, ibid., p. 53, l'enfant ASCLÉPIADOTE n'a qu'un an, Ivtautôvj ailleurs (musée du Latran, ix, n. 39), le baptisé n'a que deux ans, etc., etc.
Ces inscriptions parlent non seulement de néophytes morts peu après leur baptême; elles parlent encore d'autres enfants appelés simplement fidèles (= baptisés), et rien n'indique que le baptême leur ait été conféré in periculo mortis. L'abbé Corblet, op. cit., t. i, p. 384, observe qu'en pratique « mie grande liberté régna à ce sujet avant que les canons de l'Église aient réglé ce point de discipline... En danger de mort, on baptisait toujours les nouveau-nés; dans les autres cas, les ministres ne relu --.lient jamais de conférer les sacrements aux enfants, n'importe à quel âge... En général, on ne baptisait guère les enfants qu'âgés d'un an a quatre ans, et souvent même plus tard. Les inscriptions confirment ces données » (?).
2° I.e bapième des adultes: n'a jamais présenté de difficultés, Un nombre considérable d'épitaphes mentionnent des néophytes de 20, 30, 40, 50 ans, et au delà. D'après l'inscription de son sarcophage, De Rossi, Inscr.
christ., t. i, p. 80, le célèbre Junius Rassus meurt, en 359, néophyte, ncofitus Ut ad Deum, après avoir vécu annis XLYll, moi[sibus] 11. Suivant une habitude assez répandue dans l'Eglise, plusieurs ne recevaient le baptême que dans un âge avancé, quelquefois dans un état de maladie extrême. On les appelait clinici (xXîvr;), couchés. Cette coutume abusive de la procrastinatio, toujours réprouvée par l'Église, expliquerait un certain nombre d'inscriptions de néophytes morts peu de temps après leur baptême. Voir Fabretti, Incript. aittiq... explicalio, Rome, 1699, p. 563, n. 39, p. 577, n. 70; Renier, lnscr. de l'Algérie, Paris, 1885, n. 4041. — Certains marbres mentionnent le catéchuménat. Une inscription romaine De Rossi, Bullett., édit. iranç., 1883, p. 86, dit : KIT6 BIKTOP KATHXOYIVKNOC || AITOÙN €IKOCI rfAPO€NOC || AOYAOC TO KY PIOu eiHCO" ^ = (hic) jacet Victor catechumenus annorum viginti, virgo, servus domini Jesu C/iristi. Le tilre de servus Christi, que reçoit Victor, était généralement réservé aux vrais fidèles : c'est ce qui fait supposer à M. Marucchi, Di una pregevole ed médita iscrizione crisliana, Rome, 1883, p. 6, que Victor fut du nombre de ceux qu'une inscription de Milan appelle compétentes in Clirislo, « qui, préparés au baptême par l'instruction et la pratique de la vertu, attendaient d'un moment à l'autre la célébration du saint rite. » — Quant aux dispositions requises dans les adultes pour la réception du baptême, les monuments sont muets, à l'exception de l'inscription suivante (d'un baptistère) qui parle de la foi, De Rossi, lnscr. christ., t. n, p. 240, 4: Crede prius veniens, Christi te fonte renasci \\ Sic poteris mundus régna videre Dci \\ Tinctus in hoc sacra morlem non sentie! unquam \\ Semper enim vivit quem semel unda lavit.
v. les effets. — Le baptême n'est pas une simple cérémonie, mais un rite qui produit des effets surnaturels. Les monuments, tant épigraphiques qu'artistiques, le prouvent.
1° L'infusion de l'eau produit dans l'âme l'infusion de la grâce du Saint-Esprit, en particulier de la grâce sanctifiante. La colombe mystique sur la pierre d'Aquilée (lig.l)et le verre de Rome, etc., exprime bien cette idée. A cause de cela, le baptême est appelé -Kr\-(r\ a^êpo-ro; 0£airs<TC<i>v vooctu>v (fons immorlalis aquarum \gratiœ\ divinitus manantium) , dans l'inscription d'Autun, Wilpert, Fraclio panis, édit. franc., p. 62; yipi; to0 9sg0, dans une épitaphe publiée (d'après Marini, Atli e mon. de' frai. Arvali, xx), par De Rossi, Bullett., édit. franc, 1869, p. 27: ZCOCIMOC KAI €YN€IKH T00 IA€lû0 TëKNCO €YN€IKC0 KAAWC HIIOMÉNCO THN XAPIN TOY 0€OY...; gratia, dans plusieurs inscriptions des catacombes qui mentionnent un Marcianus... qui gratiam accepit d\omini] n[ostri]... (en l'an 268 ou 279) ; un Postumius Euthenion fidelis qui G R ATI AU s l VCTA u consecutus est. De Rossi, Bullett., 1869, p. 27, etc. Une autro est plus expressive encore; elle porte : Qui accepit sanctum spmiTUM. De Rossi, Bullett., 1892, p. 41. Très souvent le mot gratia est omis sur les inscriptions, et les expressions techniques accipere, percipere, consequi (sine addito), ainsi que les substantifs acceptio, perceptio, etc. (cf. Tertullien, lie bapt., iS, P. L., t. i, col. 1222), désignent la réception du baptême, De Rossi, loc. cit., p. 26-29; Nuovo bullett., 1900, t. VI, p. 73; Le Blant, Inscript, chrét., t. i, p. 115, etc., comme elles indiquaient chez les païens la réception du taurobolium ou criobolium, rite analogue au baptême, dont il ('■tait peut-être une imitation. Tertullien, De bapt., 5, P. L., t. i, col. 1204; L205; Corblet, op. cit., t. i, p. 66. — La grâce ('claire, illumine cl fortifie l'âme. Une inscription citée par Muratori, Nov. thés, inscript., 1819, donne : Ici repose Acliillia NGO- (pCOTICTOC... ; celle illuiiiiiialion n'esl pas renseignement qui précède le baptême, puisque l'enfant n'a vé'ou
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qu'un an et trois mois. Au baptistère de Priscille, sur la via Salaria, on lisait, Nuov. bullett., 1901, t. vu, p. 82, et M. Ilim, Damasi epigrammata, Leipzig, 1893, p. 76: Sumite perpétuant sancto de gurgite vitam || Cursus liic est fidei, mors ubi sola périt || Roborat hic animos divino fonte lavacrum || Et dum membra nxadent, mens SOLIDATUR aquis. Une inscription du baptistère de Tipasa, en Afrique, dit : Si quis ut vivat quserit addiscere semper || Hic lavetur aqua et videat c.ELEsriA dona. Mélanges d'hist. et d'arch., 1894,
2° Le péché ne pouvant exister avec la grâce sanctifiante, le baptême en donne la rémission. En plusieurs représentations du baptême , comme à la chapelle grecque, à la chapelle des sacrements a3, etc., on remarque la scène du paralytique guéri et emportant son lit. Qu'il s'agisse du paralytique de Capharnaum, Matth., IX, 1-8, à qui cette rémission est accordée directement, ou de celui de Bethsaïde, la guérison de la paralysie symbolise la guérison spirituelle produite par le baptême, en raison du lien étroit qui rattache cette scène aux autres scènes baptismales juxtaposées. Wilpert, Principienfragen der christ. Arch., 1889, p. 34. Moïse frappant le rocher symbolise le même effet du baptême, qui est indiqué d'une manière bien palpable « lorsque cette scène se trouve en regard de la chute du premier homme », comme sur le sarcophage de Mas-d'Aire , ou sur un arcosole de la catacombe des Saints-Pierre-et- Marcellin. Armellini, Antichi cimiteri, Rome, 1893, p. 337-338. Les inscriptions confirment la croyance en un baptisma in remissionem peccatorum. Saint Damase (?) parlant des martyrs grecs enterrés à Saint-Calliste, dit : ...post hune (= Hippolytum), Adrias sacro mundatus in amne. De Rossi, Inscr. christ., t. il, p. 67, n. 26. Une inscription du Ve siècle, d'un baptistère inconnu, aujourd'hui au Latran, porte : Corporis et cordis maculas vitale [lavacrum] purgat et omne simul abluit und[a malum]. De Rossi, op. cit., t. n, p. 147, n. 10, 10 a. — La rémission du péché a pour conséquence la pureté de l'àme, symbolisée par les habits blancs, 1s., i, 18, que portent les néophytes jusqu'au dimanche in albis et qui sont quelquefois mentionnés dans les inscriptions, par les expressions in albis decessit, albas suas ad sepulcrum deposuit, etc. De Rossi, Bullett., édit. franc., 1869, p. 26; 1876, p. 19; Le Blant, Inscr. chrét., t. i, p. 478.
3° Le baptême donne une vie nouvelle, une seconde naissance : le baptisé meurt au vieil homme et renaît à une vie nouvelle, surnaturelle. C'est ce qui est indiqué dans le rite de la submersion et de l'émersion. De là, dans les monuments, cette nudité absolue dont parlent aussi les écrivains ecclésiastiques, nudité propre à faire ressortir le dépouillement du vieil homme. La scène si ancienne du pécheur qui retire le poisson de l'eau du rocher mystique ((ig. 2) n'est que la « traduction graphique » de la célèbre parole de Tertullien, De bapt., 1, P. L., t. i, col. 1198 : Nos pisciculi secundum IX0YN nostrum Jesum Christum in aqua nascimur nec aliter quant in aqua permanendo suivi sumus. C'est le grand poisson, l'IXOYC ZCONTGJN, comme l'appelle une inscription du ii« siècle, au musée Kircher, Wilpert, Principienfragen, pi. I, n. 3, qui, dans l'eau baptismale communique cette vie en « y consacrant les poissons », comme dit Sévérien de Gabala (f vers 408). L'inscription d'Autun appelle les chrétiens « race céleste du divin poisson », t'yôuo; ovpavio'j 6sïov yâvo;, et elle met cette filiation en relation avec le baptême. D'après saint Augustin, Confess., 1. VIII, c. n, n. 4, P. L., t. xxxu, col. 750, et plusieurs inscriptions, Le Blant, op. cit., t. I, p. 476; De Rossi, Inscr. christ., t. I, p. 43 (la dernière date de l'an 338), les nouveaux baptisés étaient appelés pueri, infantes, quel que fût leur âfje, parce qu'ils venaient de naître à la vie de la grâce. |
Faut-il voir une application de celte allégorie dans le baptême du Christ, quand il « est figuré d'une taille enfantine, malgré le texte positif de saint Luc, m, 23»? Le Blant, Sarc. d'Arles, p. 27. — Par cette naissance nouvelle, le baptisé devient encore le fils adoptif de Dieu. De nombreuses inscriptions appellent les nouveaux baptisés néophytes, c'est-à-dire nouvelles plantes, ou nouveaux plants en Jésus et son Esprit-Saint. Cf. Rom., xi, 17. Un marbre funéraire de Sainte-Cyriaque, aujourd'hui au musée du Latran, VIII, 4, reproduit par Marucchi, op. cit., 1. 1, p. 183, porte : Aequiti in % Deo innofito (sic = neofito) \\ bene merenti qui vixit || an. xxvi, m. v, d. mi, dec. (decessit) m non. aug.
4° Le baptême imprime dans l'âme un sceau, qui est nommé allégoriquement, signum, sigillum, signaculum Christi, Trinitatis, fidei, parce qu'il imprime « la marque du souverain domaine que le Seigneur prend sur notre âme et qu'il est le caractère qui distingue les soldats du Christ ». Ce sigillum est mentionné dans la célèbre inscription d'Abercius certainement antérieure à l'an 216. Voir t. I, col. 62. Parlant de Rome, cet évêque dit : Xabv S'elôov èxsï ).afmpàv a-çpayeîoav s/ovra. G. de Sanctis, Die Grabschrift des Aberkios, dans Zeitsehrift fur kath. Théologie, 1897, t. xxi, p. 673 sq. Le sigillum est encore regardé comme un effet de la confirmation qui était conférée en même temps que le baptême. Voir Épigraphie chrétienne.
5° Par le baptême on entre dans l'Église. De païen et d'infidèle on devient christianus et fidelis. Sur la différence entre ces deux dénominations, voir S. Augustin, In Joa., tr. XLIV, 2, P. L., t. xxxv, col. 1714. Cette vérité est attestée par une inscription de Catane, aujourd'hui au Louvre. De Rossi, Bullett., édit. franc., 1868, pi. VI, 1, p. 74. Elle est antérieure à la mort de Constantin et porte: Nil^e Florentines... quse pridie nouas martias ante lucern pagana nata... mense oclavo decinw et vicesima secunda die complelis fidelis facta... supervixit horis qualtuor... Ce titre de fidelis est mentionné sur de nombreuses inscriptions. Le page Alexamenos le revendique : pour toute réponse à l'insulte faite à sa foi au moyen du crucifix blasphématoire tracé dans une chambre du Palatin, voir t. i, col. 2014, il signe dans la chambre voisine : Alexamenos fidelis. On se vantait d'être chrétien et de descendre de parents chrétiens, mo-tb; êx hkttùv, etc., Perret, op. cit., t. v, pi. 21, n. 34, comme on disait consul ex consulibus. — Chrétien et fidèle, le baptisé est reçu membre de la communauté des frères, de VEcclesia fratrum comme l'appelle une inscription d'Afrique, antérieure à Constantin, Renier, op. cit., n. 4025; De Rossi, Bullett., 1864, p. 27'; il peut dire avec celui qui l'a fait graver : Salvete fratres puro corde et simplici\\Euelpius vos [salutat] satos sancto spiritu. — Le baptisé est admis à recevoir les autres sacrements de l'Église, en particulier, la confirmation, l'eucharistie. Ces deux sacrements présupposent le baptême. Nous n'osons affirmer que l'expression de cette vérité soit formelle dans les monuments. Mais la série des peintures correspond de lait à la suite logique des idées représentées dans les cycles de la chapelle grecque, des chapelles des sacrements, dans l'inscription d'Autun, etc.
6° Enfin le baptême confère un droit au ciel; quiconque meurt immédiatement après l'avoir reçu est bienheureux. Dès le IIe siècle, l'art chrétien donne comme pendant à une scène réelle ou symbolique du baptême (avec ou sans l'eucharistie) la résurrection de Lazare, figure de notre propre résurrection, ou bien une représentation symbolique du ciel et de ses joies, par exemple, à la chapelle des sacrements, à la crypte délie peccorelle, sur les sarcophages de la Gayolle, de Mas-d'Aire et sur celui de Junius Bassus, etc. La même idée est exprimée par la présence du paon dans les baptistères. Le texte et le dessin du marbre d'Aquilée disent que la bap-