‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 100 sur 114 · ETH · texte numérisé non relu

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fession ; il est néanmoins certain qu'ils l'ont pratiquée autrefois, et qu'ils suivoient sur ce point l'usage de l'Eglise d'Alexandrie.

Dans leur liturgie, qui est la même que celle des cophtes d'Egypte , ils professent clairement la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie et la transsubstantiation, et ils adorent l'hostie consacrée avant la communion ; ils ont le plus grand respect pour l'autel et pour le sanctuaire de leurs églises , et ils regardent l'eucharistie comme un sacrifice. L'abbé Renaudot et le père Lebrun reprochent avec raison à Ludolf d'avoir traduit les morceaux qu'il a cités de cette liturgie, avec beaucoup d'inlldélité.

On y voit l'invocation des saints, surtout de la sainte Vierge , qu'ils honorent d'un culte particulier , la confiance •en leur intercession , le mémento des morts, ou la prière pour eux. Les Ethiopiens ont des images et des tableaux de dévotion ; ils pratiquent toutes les cérémonies rejetées par les prolestants : les bénédictions, les encensements, le

le christianisme avoit opéré autrefois ça prodige. Les Ethiopiens ont encore des prêtres et des diacres mariés , mais n'ont jamais permis que les uns ni les autres se mariassent après leur ordination. Leur évêque ou patriarche est ordinairement un moine, tiré de l'un des monastères cophtes d'Egypte ; ils le nomment Abbuna, notre père, et iis ont pour lui le plus grand respect.

Il est bon de savoir encore que la langue éthiopienne, dans laquelle les Abissins célèbrent leur liturgie, n'est plus la langue vulgaire de ce pays-là; elle ressemble beaucoup à l'hébreu, et encore plus à l'arabe.

Quoique le christianisme des Abissins ou Ethiopiens ne soit pas pur , il est cependant évident que les dogmes catholiques qu'ils ont conservés, étoient la doctrine universelle des Eglises chrétiennes, lorsqu'ils s'en sont séparés au sixième siècle. C'est donc très- mal à propos que les protestants ont reproché tous ces dogmes à l'Eglise romaine , comme des nouveautés qu'elle avoit introduites dans les bas siècles, et qu'ils

culte de la croix, l'usage des cierges et se sont servis de ce faux prétexte pour

des lampes dans leurs églises. Ils ont se séparer d'elle. Toutes les recherches

conservé les jeûnes, les abstinences, les qu'ils ont faites chez différentes sectes

vœux monastiques; ils ont des religieux de chrétiens schismaliques et héréti-

<et des religieuses en très-grand nombre, ques, n'ont tourné qu'à leur confusion, Ce qu'il y a de singulier, c'est que Lu- | et à mettre dans un plus grand jour la

dolf et ses copistes, qui reprochent à témérité des prétendus réformateurs du

l'Eglise romaine toutes ces pratiques seizième siècle.

comme des superstitions et des abus , les excusent ou les approuvent chez les Ethiopiens , à cause de leur haine contre •le catholicisme.

Ces peuples pratiquent aussi la circoncision : lorsqu'on leur en a demandé la raison, il ont dit qu'ils ne la regardoient pas comme une observance religieuse, mais comme une tradition de leurs pères. Peut-être a-t-elle été introduite en Ethiopie par des raisons de santé ou de propreté, comme autrefois •chez les Egyptiens.

Le divorce et la polygamie s'y sont établis , et c'est un désordre ; mais il est difficile que, sous un climat aussi brûlant, les mœurs soient aussi pures que dans les régions tempérées : cependant

Suivant les relations des voyageurs, les Abissins sont d'un bon naturel ; leur inclination les porte à la piété et à la vertu ; l'on trouve parmi eux beaucoup moins de vices que dans plusieurs contrées de l'Europe. Dans leurs conversations , ils respectent la décence et la pureté des mœurs. Rien n'est plus opposé à leur naturel que la cruauté; leurs querelles les plus animées, même dans l'ivresse, se terminent à quelques coups de poing ou de bâton ; IfiUis contestations finissent par le jugem-jn* d'un arbitre. Ils sont dociles et capables d'apprendre ; si les sciences ne sont pas plus cultivées parmi eux, c'est plutôt faute de moyens que de capacité naturelle.

Ils sont tellement enfermés de tous

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côtés, qu'ils ne peuvent sortir de leur pays sans courir de grands dangers, ni y recevoir des étrangers par la même raison. Les femmes n'y sont point renfermées comme dans les autres pays chauds, et on ne dit point qu'ils aient des esclaves. Hist. universelle , in-l° , lom. 24, 1. 20, c. 5, pag. 400; Mémoires géographiques , physiques et historiques sur l'Asie, V Afrique et V Amérique, tom. 5, pag. 509 et 545.

Voilà une preuve démonstrative des salutaires elïets que produit le christianisme prrlout où il est établi , et il en résulte qu'aucun climat ne peut lui opposer des obstacles insurmontables.

« C'est la religion chrétienne , dit Mon- » tesquieu, qui, malgré la grandeur de » l'empire et le vice du climat, a em- » péché le despotisme de s'établir en » Ethiopie , et a porté au milieu de l'A- » frique les mœurs de l'Europe et ses » lois. Le prince héritier d'Ethiopie jouit j » d'une principauté, et donne aux autres » sujets l'exemple de l'amour et de l'o- » béissance. Tout près de là on voit le » mahométisme faire enfermer les en- » fants du roi de Sennar ; à sa mort , le » conseil les envoie égorger en faveur » de celui qui monte sur le trône. »

Esprit des Lois, 1. 24, c. 5.

C'est donc un malheur, quoi qu'en disent les protestants, que les Abissins soient engagés dans le schisme et dans l'hérésie; la religion catholique, rétablie chez eux, y auroit introduit la culture des lettres et des sciences, et auroit rendu l'Ethiopie plus accessible aux étrangers.

ETHNOPHRONES, hérétiques du septième siècle, qui vouloient concilier la profession du christianisme avec les superstitions du paganisme, telles que Pastrologie judiciaire, les sorts, les augures, les différentes espèces de divination. Ils praliquoient les expiations des gentils, célébroient leurs fêles, observoient comme eux les jours heureux ou malheureux , etc. De là leur vint le nom tfethnophroms, composé dVi5>oc, gentil, païen , et de ©/sovsw, je pense, je suis d'avis, parce qu'ils conservoicut les sentiments des païens sous un masque

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