‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 99 sur 114 · ETH · texte numérisé non relu

ETH

ETïl

Etat monastique ou religieux. Foy.

Moixe.

ÉTERNELS, hérétiques des premiers

siècles. Ils croyoient qu'après la résur- ' père Le Brun en a rendu compte dans rection générale le monde dureroit éter- . une dissertation particulière , Explic.

religion s'est conservée parmi eux; c'a été un sujet de dispute entre les protestants et les théologiens catholiques. Le

nellement tel qu'il est, que ce grand événement n'apporteroit aucun changement à l'état actuel des choses.

ÉTERNITÉ, attribut de Dieu par lequel nous exprimons que son existence n'a point eu de commencement et n'aura jamais de fin. C'est une conséquence immédiate de la nécessité d'être, de Vaséite, ou de la perfection par laquelle Dieu est

des cérém., tom. 4, p. M 9 ; nous nous bornerons à en donner un extrait abrégé. Il est dit dans les Actes des Apôtres , c. 8, f. 27, qu'un eunuque de Candace, J reine d'Ethiopie , fut baptisé par saint Philippe; l'on présume que cet homme , qui étoit fort puissant auprès de sa souveraine , fit connoître Jésus-Christ à ses compatriotes. Mais comme plusieurs

de soi-même ; il n'a point de cause de régions de l'Asie et de l'Afrique ont porté son existence , il est lui-même la cause j le nom d'Ethiopie, on ne peut pas sade l'existence de tous les êtres. (NeXLÏlI| voir précisément dans laquelle de ces

Comme V éternité est l'infini , notre esprit borné n'y conçoit rien ; cependant cet attribut de Dieu est démontré. Par une précision subtile on distingue Y éternité antérieure au moment où nous sommes, et Y éternité postérieure : celleci convient aux créatures que Dieu veut conserver pour toujours; la première appartient à Dieu seul. Les athées ne s'entendent pas eux-mêmes lorsqu'ils admettent une succession de générations d'une éternité antérieure; ils la supposent infinie, et elle se trouve finie ou terminée au moment où nous sommes; c'est une contradiction. Rien de successif ne peut être actuellement infini.

ÉTHICOPROSCOPTES, nom par lequel saint Jean Damascène, dans son Traité des hérésies , a désigné des sectaires qui enseignoient des erreurs en matière de morale, qui blâmoient des actions bonnes et louables, en pratiquoient et en conseilloient de mauvaises. Ce nom convient moins à une secte particulière, qu'à tous ceux qui allèrent la morale chrétienne, soit par le relâchement, soit par le rigorisme.

ÉTHIOPIENS ou ABISSINS. La religion de ces peuples , placés dans l'intérieur de l'Afrique, mérite beaucoup d'attention ; c'est un christianisme mêlé de quelques erreurs, mais qui est fort ancien. Comme ces chrétiens sont séparés de l'Eglise romaine depuis douze cent;, ans, il est bon de savoir en quel état la

contrées ces premières semences du christianisme furent répandues.

Il passe pour certain que les habitants de la Nubie, qui est la partie de l'Ethiopie la plus voisine de l'Egypte, furent convertis à la foi par saint Matthieu ; que le christianisme s'est conservé par eux jusque vers l'an 1500; que depuis ce temps-là ils sont devenus mahométans, faute de pasteurs pour les instruire.

Pour les peuples de la haute Ethiopie, que l'on nommoit Axumiles , et que l'on appelle actuellement Abissins , on sait qu'ils furent convertis au christianisme par saint Frumentius, qui leur fut donné pour évêque par saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, vers l'an 319 , et que l'arianisme ne fit aucun progrès chez eux. Toujours soumis au patriarcat d'Alexandrie, ils ont conservé la foi pure jusqu'au sixième siècle , temps auquel ils furent entraînés dans le schisme de Dioscore et dans les erreurs d'Eutychès , ou des jacobites. Ils y ont persévéré, parce qu'ils n'ont point eu d'autres évoques que celui qui leur a toujours été envoyé par les patriarches cophtes d'Alexandrie, successeurs de Dioscore.

Au commencement du seizième siècle, les Portugais ayant pénétré dans l'Ethiopie, travaillèrent à réunir les chré* tiens de celte partie de l'Afrique à l'Eglise romaine. On y envoya plusieurs missionnaires , qui eurent d'abord assez de succès ; ils en auroient peut-être eu davantage, s'ils avoient eu moins d'em-

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pressement d'iniroduire dans ce pays-là les rites , la liturgie, la discipline, les usages de l'Eglise romaine; tout ce qui n'y éloit pas conforme parut hérétique à ces missionnaires, qui n'éloicnt pas assez instruits des anciens rites des

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dit des missions ; mais il a eu la prudence de ne rien dire de la croyance ni des pratiques religieuses suivies par les Abissins.

Ces peuples ont la Bible traduite dans leur langue. Voy. Bijjles Ethiopiennes.

Eglises orientales. Les Ethiopiens, alla- ! Us admettent comme canoniques tous chës à ce qu'ils avoicnt pratiqué de tout ; les livres que nous recevons pour tels r temps, se révoltèrent contre un chan- j sans exception; mais il n'est pas vrai gement aussi entier et aussi absolu que i qu'ils regardent l'Ecriture sainte comme celui qu'on exigeoit d'eux; ils chasse- ! la seule règle de foi et de conduite. Ils rent et maltraitèrent les missionnaires, ! ont beaucoup de respect pour les déciet depuis ce temps -là on a tenté vainc- ' sions des anciens conciles, pour les écrits ment de pénétrer chez eux. Si l'on s'é- j des Pères , surtout de saint Cyrille d'Atoit borné d'abord à leur faire abjurer j lexandrie , puisqu'ils n'ont rejeté le con- Feutychianisme , on auroit pu , dans la ; çile de Chalcédoine que parce qu'ils se suite , leur faire quitter peu à peu ceux j sont persuadés faussement que saint de leurs usages qui pouvoient être une j Cyrille y a été condamné. Ils sont soumis occasion d'erreur. j aux anciens canons, que l'on nomme

Ce mauvais succès des missions d'E- i canons arabiques du concile de Nicée r thiopie a été un sujet de triomphe pour j c'est par attachement, non à la lettre de les protestants. La Croze semble n'avoir \ l'Ecriture sainte , mais à leurs anciennes écrit son Histoire du Christianisme ! traditions, qu'ils sont obstinés dans le d'Ethiopie, que pour faire remarquer • schisme.

les fautes vraies ou prétendues de Té- Us ne sont dans aucune erreur sur le vêqùe portugais Mondes, devenu pa- i mystère de la sainte Trinité; ils croient triarche ou seul évoque de ce pays-là. ! fermement la divinité de Jésus-Christ; Mosheim en a parlé sur le môme ton , ! ils disent également analhème à Ncsto- JÏist. ccclésiastiq.,\le siècle, sect. 2, j rius et à Eulychès , parce que, selon 2(' part., c. 1 , § 17. Le principal objet ; leurs idées, Eutychès a confondu les dcLudolf, dans son Histoire d'Ethiopie, j deux natures de Jésus-Christ; ils eon-

a été de persuader que la croyance de ce peuple est la même que celle des protestants; que s'il s'étoit fait catholique , sa religion seroit devenue beaucoup plus mauvaise qu'elle n'est.

Mais ces deux écrivains ne se sont pas piqués d'une bonne foi fort scrupuleuse dans leur narration. Par la liturgie des Ethiopiens , par leurs professions de foi, par leurs livres ecclésiastiques, il est prouvé que sur tous les points controversés entre les prolestants et nous, les chrétiens d'Ethiopie ou d'Abissinie sont dans les mêmes sentiments que l'Eglise romaine. C'est un fait que les protestants ne peuvent plus contester avec décence , parce que, dans le quatrième et le cinquième tomes de la Perpétuité de la foi , l'abbé Uenaudot en a donné des preuves irrécusables. Aussi Mosheim, plus circonspect que Ludolf cl La Croze , s'est borné à copier ce qu'ils ont

viennent qu'il y a en lui la nature divine ! et la nature humaine , sans confusion y i et, par une contradiction grossière, ils j soutiennent que ces deux natures sont [ devenues une seule et même nature : par leur union. C'est l'erreur générale | des jacobites ou monophysiles.

On voit chez eux sept sacrements j comme dans l'Eglise romaine ; mais on 1 leur reproche de renouveler leur bap- | tème tous les ans le jour de l'Epiphanie : [ quelques-uns d'entre eux , cependant, i ont prétendu qu'ils ne regardoienl pas ce ; baptême annuel comme un sacrement, ! mais comme une cérémonie destinée à | honorer le baptême de Noire-Seigneur.

Leurs prêtres, comme ceux des antres communions orientales , donnent la continuation ; mais ils croient que J'évèque seul a le pouvoir de conférer les ordres. Quelques-uns de leurs patriarches ou métropolitains ont retranché la cou-

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